Préparation de la retraite d'hiver

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(cloche)

Bonjour, chère Sangha. Aujourd'hui, nous sommes le Jeudi 17 Novembre de l'année 2011. Nous sommes dans la salle du Dharma de l'Assemblée des Étoiles au Hameau du Bas du Village des Pruniers. Aujourd'hui est le dernier enseignement du Dharma de la retraite d'automne 2011. La semaine prochaine, nous commencerons notre retraite d'hiver. La retraite d'hiver est une opportunité merveilleuse pour approfondir notre pratique. Je suis très reconnaissant envers le Bouddha pour avoir établi la tradition de la retraite de trois mois, parce que pendant ce temps nous n'allons à aller nulle part. Nous pouvons rester ensemble comme une Sangha, et pratiquer ensemble, apprendre ensemble, construire la fraternité, et avoir une chance d'approfondir notre pratique et de réaliser notre compréhension. Que vous soyez un monastique ou une personne laïque, vous devriez essayer de faire une bonne utilisation de la retraite, afin d'approfondir votre pratique et d'aider à construire la sangha, créer et cultiver la fraternité.


Premier but : apporter la paix

La pratique est d'apporter plus de paix, plus de clarté, plus de compassion dans notre vie et dans la vie de la Sangha. Et chaque moment de la retraite est une opportunité pour nous de faire cela. Le Bouddha nous a donné de nombreuses façons concrètes afin de faire cela. Premièrement, la culture de la paix. Nous avons appris la pratique de la respiration en pleine conscience, la marche en pleine conscience, l'assise en pleine conscience. Et premièrement cette pratique nous aide à cultiver plus de paix dans notre corps, dans nos sensations, dans nos perceptions. La première chose qu'un pratiquant devrait faire est de rendre sa respiration plus paisible. Cela a à faire avec la qualité de notre respiration. Quand vous portons notre attention sur notre inspiration et inspirons, nous commençons à aider notre respiration à devenir plus profonde, plus lente, plus paisible, plus harmonieuse. Avec l'intervention de la pleine conscience, notre respiration deviendra plus paisible et plus plaisante. Et nous avons seulement besoin de respirer pendant une demi-minute ou une minute afin de remarquer que la qualité de notre inspiration et de notre expiration s'est améliorée et qu'elles sont devenues plus paisibles et plus plaisantes. Et quand notre inspiration et notre expiration sont devenues plus paisibles et plaisantes, notre corps commence à en bénéficier, parce que dans notre corps il n'y a peut-être pas assez de paix, des tensions, des pressions, des douleurs, et ainsi notre corps souffre. Que nous le sachions ou non, il y a de la souffrance dans notre corps, il n'y a pas assez de paix. Mais si notre inspiration et notre expiration commencent à avoir plus de paix, cette paix sera transmise à notre corps. Non seulement à notre corps, mais aussi à nos sensations. Donc la paix que nous obtenons par notre respiration peut bénéficier notre corps et nos sensations. Et chaque bon pratiquant devrait savoir comment apporter la paix à son corps. Dans la position assise ou dans la position allongée ou dans la position marchée, nous pouvons toujours relâcher les tensions de notre corps, et c'est l'objet du troisième exercice de la respiration en pleine conscience : 'Inspirant, je suis conscient de mon corps.' Nous ramenons notre esprit à notre corps. Nous reconnaissons la présence de notre corps.


Relâcher les tension du corps

Et alors avec le quatrième exercice, nous relâchons les tensions de notre corps : 'Inspirant, je relâche les tensions de mon corps.' Et ceci peut être fait en seulement quelques minutes, pour apporter la paix à notre corps. Que vous soyez debout, ou marchiez, ou soyez assis ou allongé, apporter plus de paix à votre corps est quelque chose de possible avec la pratique de la respiration en pleine conscience. Et la paix est quelque chose de très concret. L'harmonie, les sensations agréables nées de la paix. Et rendre votre respiration paisible est possible. Rendre votre corps paisible est possible, avec la pratique de la respiration en pleine conscience. Quand vous pratiquez la respiration assise, la première chose que vous faites quand vous vous asseyez est d'apporter de la paix à votre respiration et à votre corps. Si vous ne faites pas cela, vous ne pouvez pas aller très loin. Donc dès que vous vous asseyez, vous portez attention à votre inspiration et votre expiration. Vous respirez de telle façon que votre inspiration et votre expiration deviennent plus paisibles. Et vous vous focalisez entièrement sur votre inspiration et votre expiration. Et vous savez que si vous pratiquez vraiment, votre respiration deviendra paisible en un rien de temps, à condition que vous soyez vraiment pleinement conscient de votre inspiration et de votre expiration. Et quand votre respiration est devenue plus paisible, plus harmonieuse, vous devenez aussi présent et vous commencez à vous réjouir. Vous réjouir d'inspirer et d'expirer, et vous réjouir de l'harmonie et de la paix apportées par la pratique.


Reconnaître le corps

Et la prochaine chose est de reconnaître votre corps. Tout ce que je sais de mon corps est là. C'est une pratique très importante. Beaucoup d'entre nous dans notre vie quotidienne oublions que nous avons un corps. Donc le troisième exercice est de revenir à notre corps et de savoir que nous avons un corps et de nous en occuper. Si vous pouvez entrer en contact avec votre corps, alors vous pouvez entrer en contact avec la vie, avec la vraie vie. Quand vous vous perdez dans votre ordinateur, vous ne vivez pas dans le vrai monde. Et quand vous entendez la cloche, vous revenez à votre inspiration, vous inspirez, et vous reconnaissez que vous avez un corps, et si revenez à votre corps, vous touchez la vie, parce qu'en touchant votre corps, vous touchez toutes les choses qui entourent votre corps. Et quand vous inspirez et expirez et devenez conscient de votre corps, vous pouvez aider à relâcher les tensions de votre corps, et vous aidez à apporter la paix à votre corps, et vous sentez que c'est plaisant de donner cela au corps.


Calmer les sensations

Et vous pouvez apporter une sensation agréable. Si vous avez une sensation désagréable dans votre corps, comme la douleur, la pleine conscience vous aidera à la reconnaître, et avec le relâchement des tensions dans votre corps, vous pouvez réduire la quantité de douleur dans votre corps, et aussi dans vos sensations. Une sensation douloureuse peut avoir une cause dans votre corps, ou dans vos perceptions. Vous avez une perception erronée qui peut apporter la peur, la colère. Et si vous savez comment reconnaître vos sensations et les embrasser tendrement avec votre respiration en pleine conscience, vous aiderez à les embrasser et les calmer. 'Inspirant, je calme mes sensations, expirant, je calme mes émotions.' Donc vous apportez la paix. C'est la culture de la paix par la pratique de la respiration en pleine conscience, l'assise en pleine conscience, la marche en pleine conscience. Et si nous sommes un vrai pratiquant, nous devrions savoir comment le faire, et nous devrions être capable d'aider les autres personnes à le faire.


Deuxième but : Apporter plus de clarté

Et quand nous avons plus de paix en nous, nous devenons plus clair, parce qu'il y a peut-être de la confusion en nous. Nous ne voyons pas les choses clairement. Et quand nous ne voyons pas les choses clairement, nous agissons de mauvaise façon et nous créons de la souffrance, pour nous et pour les autres personnes autour. Et c'est pourquoi quand vous êtes paisible, vous commencez à voir les choses plus clairement, et c'est le second objectif de la pratique : apporter plus de clarté. Apporter plus de clarté signifie enlever les perceptions erronées. Sans paix, la clarté n'est pas possible. Et la seconde que vous apportez en vous est la clarté, qui aidera à enlever les perceptions erronées. Quand vous avez assez de clarté, de vue juste en vous, tout ce que vous faites et dites ne crée pas de souffrance pour vous et pour les autres personnes.


Troisième but : apporter la compassion

Et quand vous pouvez voir les choses avec clarté, vous commencez à avoir de la compassion. Vous pouvez enlever la colère, la jalousie. Parce que vous pouvez voir les choses plus clairement, vous commencez à avoir la compréhension, et vous ne voulez plus blâmer, vous ne voulez plus punir. Et c'est pourquoi au lieu de punir l'autre personne, de vous haïr, vous vous acceptez comme vous êtes, et vous les acceptez comme ils sont, et vous vous regardez et les autres personnes avec les yeux de la compassion. La compassion est la troisième chose que nous pouvons apporter avec la pratique.


Quatrième but : apporter le courage

Et la compassion est une énergie très merveilleuse, et avec la grande compassion en vous, vous avez la capacité d'agir avec courage. Vous avez assez de courage afin de prendre une décision. Décision de couper à travers les désirs, de couper à travers la colère et ainsi de suite. Si vous n'avez pas assez de compassion pour vous-même et pour les autres, vous n'avez pas le courage dont vous avez besoin afin de couper à travers les afflictions qui vous ont fait souffrir.


Notre notion de vrai bonheur :

- Paix et compassion

Donc le but de notre pratique est d'apporter ces quatre choses dans notre vie quotidienne. Premièrement la paix, deuxièmement la clarté, troisièmement la compassion, et quatrièmement le courage. Et si vous le faites dans une sangha, vous le faites ensemble avec d'autres personnes, et ensemble vous cultivez ces quatre vertus dans votre vie quotidienne. Et avec la culture de ces quatre qualités, notre bonheur continue à augmenter. Et c'est pourquoi un bon pratiquant devrait être heureux. Si vous n'êtes pas assez heureux, c'est parce que vous n'êtes pas un bon pratiquant, parce que vous n'avez pas assez cultivé ces quatre qualités. Avec ces quatre qualités, il est certain que vous avez assez de bonheur afin que vous puissiez être capable de servir, de servir les autres. Il est très important d'avoir une vue juste à propos du bonheur. Notre pratique devrait être capable d'apporter plus de bonheur pour nous et pour les autres personnes, les personnes dans le monde qui pensent au bonheur en terme de gloire, de pouvoir, de richesse, et de sexe. Mais nous savons que ces objets de désir peuvent apporter beaucoup de souffrance. Et c'est pourquoi nous avons une idée très différence du bonheur. Pour un pratiquant, le bonheur est premièrement d'avoir la paix en lui, en elle. Et ensuite d'avoir la clarté. Et d'avoir la compassion. Si vous avez la compassion, vous êtes une personne heureuse, vous êtes rarement seul, vous pouvez entrer en contact avec les autres êtres vivants. Quand vous avez la compassion, vous avez le courage afin de vous libérer et d'aider à libérer les autres personnes. Donc c'est notre notion de vrai bonheur. Le bonheur qu'un pratiquant devrait avoir.


- Fraternité

Et nous pratiquons ensemble, et c'est pourquoi durant le processus de pratique, nous construisons la fraternité. La fraternité est quelque chose qui peut nous soutenir pour longtemps. La fraternité est une chose durable, beaucoup plus durable que l'amour romantique. Et comme sangha, notre pratique est de cultiver la fraternité. Quand les personnes vivent avec les frères et soeurs, ils sentent qu'il y a la fraternité, qu'ils ne se sentent pas dans le monde. Quand ils viennent au prajna temple, ils sentent qu'ils peuvent dire ce qu'il y a dans leur coeur, et sans peur. Ils peuvent s'exprimer sans peur, beaucoup plus facilement que dans leur famille, dans la société, parce qu'il y a la fraternité. Nous nous faisons confiance les uns les autres, et nous pouvons nous dire les uns les autres ce qu'il y a dans notre coeur. C'est pourquoi quand les jeunes personnes viennent au Prajna Temple, elles veulent rester, parce qu'elles trouvent des choses qu'elles ne peuvent pas trouver à l'extérieur. La liberté de s'exprimer. Vous faites confiance aux frères et soeurs, vous pouvez leur dire la vérité. Et alors vous profitez de la fraternité, et même s'ils essayent de supprimer Prajna Temple, ils s'attachent encore à la sangha, parce que la fraternité est très soutenante, ils peuvent être très nourris, et c'est pourquoi dans une sangha notre but est aussi de construire la fraternité. La fraternité, l'amitié est plus durable que l'amour romantique. Et c'est un des autres aspects du bonheur. Nous sommes heureux parce que nous sommes nourris par la fraternité. Et si vous voyez si une sangha, une communauté de pratique, réussit ou non, vous pouvez regarder cet élément. Si vous voyez la fraternité dans la communauté, vous savez que c'est une bonne communauté, c'est une bonne et vraie sangha. Dans une vraie sangha, les personnes n'ont pas peur les unes des autres. Elles se font confiance les unes les autres, elles peuvent dire ce qu'il y a dans leur coeur, et elles peuvent profiter de la fraternité afin de continuer leur parcours.


- Avoir un chemin

Le prochain élément du bonheur est que nous savons que nous avons un chemin où aller. Nous savons où aller. Beaucoup de personnes dans le monde sont très confuses, elles ne savent pas où aller, elles n'ont pas de chemin. Mais vivant dans la sangha et apprenant, nous savons que nous avons un chemin, c'est le chemin des huit pratiques justes. Et nous savons que ce n'est pas une théorie, mais quelque chose à pratiquer. Quand nous pratiquons la pleine conscience, la concentration, la vision profonde, quand nous pratiquons la pensée juste, la parole juste, l'action juste, nous pouvons apporter le bonheur à nous-même et aux autres personnes. C'est pourquoi le chemin est quelque chose de très réel, et notre bonheur repose sur le fait que nous avons un chemin où aller, le chemin de la compréhension et de la compassion, le chemin de la fraternité, le chemin de la transformation et de la guérison. Donc c'est un élément du bonheur. Et alors ensemble, comme une sangha, non seulement nous pouvons aider nos frères et soeurs dans la sangha à moins souffrir et avoir plus de joie de vivre, mais nous pouvons aussi organiser des journées de pleine conscience, des journées portes ouvertes, organiser des retraites de pleine conscience, et aller dans d'autres villes et pays afin d'offrir la pratique de la pleine conscience. Nous allons ensemble comme une sangha, et nous pouvons offrir une retraite de cinq jours, ou six jours, ou sept jours, ou vingt-et-un jours, et nous remarquons que les personnes obtiennent une transformation et une guérison pendant la retraite. Nous allons avec nos frères et soeurs aînés pour les assister à organiser et enseigner et vivre la pratique, et nous remarquons que pendant les premiers jours les personnes souffrent encore, le deuxième jour les personnes souffrent encore, mais le troisième jour elles commencent à se relaxer, et le quatrième jour, la transformation et la guérison arrivent, et le cinquième jour, elles sourient, elles commencent à expérimenter la transformation et la guérison, le sixième jour elles peuvent se réconcilier les unes les autres. Et quand nous voyons la transformation et la guérison se passant dans nos retraites, nous savons que notre chemin est un bon chemin, notre pratique est une bonne pratique, et notre travail peut apporter de bon résultats, même pendant une petite période de temps. Il y a des politiciens qui essayent aussi de leur mieux, mais beaucoup d'entre eux ne voient pas le fruit de leur pratique. Mais nous avons seulement besoin d'organiser une retraite de six jours, et nous voyons toujours le miracle de la transformation et de la guérison se passer dans nos retraites, et nos sentons que notre vie a un sens, qu'elle est utile, et c'est un élément de notre bonheur. Et c'est pourquoi nous devons avoir une idée claire à propos du bonheur.


(cloche)

Préparations pour la retraite d'hiver

Une des choses dont nous devrions parler est l'histoire de notre transformation et guérison. Chacun d'entre nous a quelque chose à dire. à partager à propos de la transformation et de la guérison. Et ce que nous voulons entendre de nos frères et soeurs est leur histoire de leur transformation et guérison. Et nous devrions réunir aussi ces histoires de transformation et guérison même des personnes qui assistent à nos retraites. Cela apporte beaucoup de bonheur à notre sangha cela peut aussi être très nourrissant. Nous allons commencer notre retraite d'hiver le prochain dimanche. Premièrement, il y aura une cérémonie, et nous devrions nous préparer afin d'être capable de conduire notre retraite et de nous réjouir de notre retraite de la meilleure façon possible. Il y a plusieurs choses que j'aimerais proposer. Le dimanche et le jeudi, nous nous rassemblons pour une journée de pleine conscience, et peut-être que nous pouvons pratiquer l'assise ensemble, la méditation assise ensemble avant l'enseignement du Dharma, comme aujourd'hui, mais au lieu de quinze minutes, cela peut-être une demi-heure. Parce que quand la Sangha se rassemble et pratique l'assise, nous pouvons générer une énergie très puissante de pleine conscience et paix et joie et fraternité, et c'est pourquoi s'asseoir ensemble pour une demi-heure est bien. Peut-être que le jeudi et le dimanche, nous commencerons la journée avec le petit-déjeuner et pas avec l'assise, et nous nous rassemblerons et ferons l'assise en premier puis des mouvements en pleine conscience avant que nous fassions le chant et l'enseignement du Dharma. Donc s'il vous plaît, reconsidérez les horaires, et si possible, nous pourrons faire comme cela. Et Thay propose que l'assise soit en ligne en streaming, parce qu'il y a des personnes en Europe, à cette heure, qui sont déjà réveillés et qui peuvent pratiquer l'assise avec nous. Il n'y aura pas de son, mais parce que ce sera en ligne en direct, les personnes pourront sentir l'énergie émise par la Sangha. Parce que durant l'assise, ce que faisons est de produire l'énergie de la paix, générer la clarté et la compassion en nous, et ensemble, nous générons une énergie collective de pleine conscience, de paix, de compassion qui est nourrissante pour tout le monde dans la salle. C'est premièrement pour nous, et alors nous devrions penser à partager cela aux autres personnes qui n'ont pas la chance de venir au Village des Pruniers et de s'asseoir avec nous.


Toucher la Terre

Nous avons un texte appelé prière pour la Terre, et dans ce texte, nous considérons la planète Terre comme une mère, un bodhisattva. Un bodhisattva qui a donné naissance à de nombreux Bouddhas et bodhisattvas. Et dans cette retraite, nous pratiquerons toucher la Terre, la terre comme un bodhisattva, la Terre comme la mère de tous les Bouddhas et bodhisattvas. Et nous proposons que chaque temple, chaque hameau pratique toucher la Terre durant la retraite d'hiver. La pratique de toucher la Terre a été traduite en de nombreuses langues, c'est très guérissant. Et notre pratique de la méditation marchée devrait être faite dans cet esprit aussi. La méditation marchée est de toucher la terre avec nos pieds. Cultivons le regard profond avec que nous voyions que quand nous touchons le sol avec nos pieds, nous touchons un bodhisattva, que ce soit une feuille ou un caillou ou la terre. Nos ne voyons pas cela comme matière, nous le voyons aussi comme esprit. Nous touchons vraiment un bodhisattva avec nos pieds. Un bodhisattva non sous la forme d'une personne, mais un réel bodhisattva. Le texte 'prière adressée à la Terre' est prêt en vietnamien, et nous avons besoin de quelqu'un pour le traduire en anglais. Donc chaque pas que nous faisons, à chaque fois que nous touchons la terre avec nos pieds, nous voyons que le sol n'est pas matière : il est esprit, et nous transcendons la dualité matière et esprit, et c'est une pratique très profonde. Quand vous regardez dans cette fleur, vous voyez que cette fleur n'est pas vraiment matière, parce que c'est un miracle. Nous pouvons décrire cette fleur comme esprit aussi, parce qu'il y a conscience. Quand vous plantez une graine dans le sol, cette graine sait comment germer et devenir une plante, et c'est pourquoi on ne peut pas qualifier la graine comme matière : il y a esprit à l'intérieur, et même quand nous regardons un grain de poussière, nous ne pouvons pas dire que la poussière est seulement matière, parce que les scientifiques ont découvert que les atomes, les électrons, sont très intelligents, ils sont matière et esprit. Dualité et matière et esprit devraient être transcendés, afin que nous puissions transcender notre façon dualiste de regarder. Donc quand nous faisons la méditation marchée, nous touchons la terre, et nous savons que la terre n'est pas seulement la terre, la terre est aussi eau, la terre est aussi air, la terre est aussi feu, parce que si nous enlevons ces éléments de la terre, la terre n'est plus la terre. La terre, sa nature, est aussi la nature de l'inter-être, et bien que la Terre soit une petite planète, sa nature est aussi la nature de l'inter-être. Dans les temps anciens, nous croyions que la Terre était le centre du cosmos. Maintenant les scientifiques nous ont dit que non, la Terre n'est pas le centre du cosmos, mais sous la lumière de l'inter-être, tout peut être le centre du cosmos : un caillou, un moineau, un grain de poussière, c'est aussi le centre du cosmos, parce que l'un contient le tout. Dans le soutra d'Avatamsaka, il est dit que dans chaque grain de poussière il y a une multitude de Bouddhas, et chaque Bouddha est entouré d'une sangha. Donc chaque grain de poussière, chaque feuille, chaque fleur, chaque caillou, chaque animal est aussi le centre du cosmos. Et c'est pourquoi la méditation marchée peut devenir une pratique très profonde, qui peut nous apporter beaucoup de vision profonde, et cet hiver, j'aimerais que la Sangha pratique afin que quand nous touchons la Terre, nous sachions que nous touchons un bodhisattva, un réel bodhisattva, mère de nombreux Bouddhas et bodhisattvas.


(cloche)

La mère de tous les Bouddhas

Dans chaque hameau, les frère et soeurs ont défini les limites pour la retraite d'hiver. Il y a un chemin où nous marchons afin de relâcher les tensions dans notre corps, et Thay recommande que pendant que nous marchons, non seulement notre but est de relâcher les tensions, mais aussi de toucher la Terre. C'est comme quand nous faisons des mouvements en pleine conscience, non seulement nous faisons les mouvements, mais nous pratiquons la pleine conscience. Il est possible de définir le chemin où nous pouvons marcher chaque jour. Mais nous marchons de telle façon que cela nous aide à être conscient que c'est un grand bonheur que d'être capable de toucher le bodhisattva Terre, notre mère, et la mère de tous les Bouddhas et bodhisattvas. Dans le soutra Avatamsaka, il y a un chapitre dans lequel Lady Mahamaya dit à Sudhana, un jeune homme : 'Non seulement je suis la mère de Siddhartha, mais je suis aussi la mère de tous les Bouddhas du passé, tous les Bouddhas du présent et tous les Bouddhas du futur.' Et c'est la voix de la Terre, et c'est pourquoi quand nous pratiquons la marche, nous devrions devenir conscient que nous marchons sur Terre, que nous touchons un réel bodhisattva, bodhisattva non comme une idée, mais un réel bodhisattva avec lequel vous pouvez entrer en contact à chaque fois que vous le voulez. Et entrant en contact avec le bodhisattva, nous obtenons la guérison et la transformation dont nous avons besoin.


Les Paramârtha-Gâthâs

L'année prochaine, nous aurons une retraite de vingt-et-un jours, la science du Bouddha, et cet hiver, nous étudierons quelques textes, qui ont à faire avec cette retraite, et premièrement nous étudierons les Paramârtha-Gâthâs, les stances, les versets sur la vérité absolue qui sont prise du Yogâcâra-bhûmi sastra, et Thay a traduit les quarante-quatre versets en vietnamiens, en versets et en prose. Donc nous avons deux versions, quarante-quatre gathas en versets et quarante-quatre gathas en prose. Nous avons le texte chinois, et à chaque fois, nous pouvons écrire un ou deux gathas sur le tableau, et chacun devrait avoir une version chinoise afin de la garder et de l'étudier, et nous avons aussi une version en sanskrit. Il y a aussi une traduction anglaise faite par professeur Wayman, mais Thay préférerait que la version anglaise soit traduite directement du vietnamien, le vietnamien que Thay a préparé. Je souhaite aussi que vous ayez la traduction anglaise du professeur Wayman, et aussi la traduction vietnamienne de Thay. L'anglais et la traduction française devraient être basées sur le vietnamien, et nous pouvons faire utilisation du chinois et du sanskrit, mais la version vietnamienne est plus facile à comprendre, parce que Thay a essayé de le faire plus facile pour ses amis et ses élèves. Et si nous avons du temps, nous aurons un autre texte à étudier : 'Étude sur l'objet de la conscience' ou 'Examen sur l'objet de la connaissance.' Là aussi, il y a une traduction française et une traduction anglaise mais Thay n'en est pas satisfait, et il a produit une traduction anglaise de lui-même, et une traduction vietnamienne de lui-même, et nous pouvons nous baser sur cela afin de produire une traduction française, même une traduction allemande. Il y a tellement de choses à préparer avant que nous commencions notre retraite d'hiver, donc Thay souhaite à tout le monde une très heureuse, fructueuse, retraite d'hiver.


(cloche)


Enseignement donné le 17 Novembre 2011 en anglais, traduit et transcrit par Pháp Thân