Regarder profondément l'objet de la perception (5ème partie)

(Télécharger le PDF)


(cloche)

Chère Sangha, aujourd'hui nous sommes le 16 février de l'an 2012, nous sommes dans la salle de méditation de la Pleine Lune du Hameau Nouveau au Village des Pruniers pendant la retraite d'hiver 2011-2012.


Cultiver notre jardin

Ce dimanche, nous aurons le dernier enseignement de la retraite d'hiver, et après nous aurons la cérémonie de clôture, alors les moines et les moniales, souvenez-vous d'apporter votre sangati. Ainsi, lundi, nous n'aurons pas besoin de nous déplacer pour la cérémonie de clôture. Le jour de la clôture de la retraite d'hiver est une journée très joyeuse, et il y aura certainement des plats spéciaux. Et la journée de clôture est appelée dans les soutra la journée la plus joyeuse des Bouddhas, mais c'est aussi une journée joyeuse pour toute la Sangha. Après ces trois mois de retraite d'hiver, nous avons appris beaucoup, et nous avons avancé sur le chemin de la pratique, alors nous allons célébrer ce jour. Et il y a aussi les pratiquants laïcs qui ont pratiqué avec nous, et ils vont aussi participer à la cérémonie. Notre personne est similaire à un ordinateur, mais notre travaillons bien mieux qu'un ordinateur. Notre corps physique dans lequel il y a le système nerveux et le cerveau est comme le disque dur de l'ordinateur, et notre conscience est comme l'électricité, parce que sans électricité, l'ordinateur ne fonctionne pas. Et notre pratique a besoin de pleine conscience, notre pratique a besoin d'un courant électrique, et ce courant électrique est la pleine conscience. Quand il y a la pleine conscience, le courant est allumé, et quand il n'y a pas la pleine conscience, le courant est éteint. Quand il y a la pleine conscience, le courant est allumé et il y a la pratique, et quand il n'y a pas la pleine conscience, le courant est éteint et il n'y a pas la pratique. Alors la pleine conscience est une sorte énergie, un source d'électricité qui nous aide à être vraiment présent, à avancer. Sans pleine conscience, nous coulons. Alors ils faut toujours garder la pleine conscience allumée, et il y a plusieurs moyens pour la garder allumée. Nous pouvons pratiquer la respiration conscience ou la marche méditative. Tant que nous pratiquons la respiration conscience et la marche méditative, la pleine conscience est allumée. Et nous pouvons dire que la pratique au Village des Pruniers est d'être présent. Être vraiment présent, ici et maintenant. Comment faire pour être vraiment présent ici et maintenant ? Et être présent pour qui ? Pour notre corps, pour notre conscience, et pour la vie en nous et autour de nous. Être présent pour être en contact avec les merveilles de la vie pour nous nourrir et nous guérir, être présent pour reconnaître la souffrance, ce qui est négatif, pour pouvoir la gérer, et la transformer en éléments nourrissants, comme un jardinier. Le jardinier doit être présent pour jardiner, n'est-ce-pas ? Il doit être présent pour prendre soin des fleurs, des arbres, et des légumes, pour embellir la vie, pour nourrir le monde. Et s'il y a quelque chose qui est fané, qui est cassé, ou s'il y a des ordures, il peut les utiliser pour les transformer en éléments nourrissants pour les arbres et les fleurs. Alors la pratique est exactement comme le jardinage. Et quel est notre jardin ? Notre jardin est notre corps, nos sensations, nos perceptions, nos formations mentales, et notre conscience. Il faut être présent pour nous-même.


Prendre soin de notre territoire

Imaginons un pays sans gouvernement, sans roi. Alors dans ce pays, il n'y a personne qui gère, qui règne, qui prenne soin, et c'est pareil pour nous : on doit être présent dans notre territoire, dans notre royaume, pour prendre soin de notre territoire, qui est très vaste. Nous devons être roi, nous devons être président dans notre territoire. Il faut savoir ce qui est précieux, ce qui est beau, pour les protéger, et il faut savoir ce qui est corrompu, ce qui n'est pas bien, pour les transformer, les gérer, nous ne pouvons pas fuir. Mais parmi nous, il y en a qui ne veulent pas être roi. Ils préfèrent fuir, parce que c'est fatiguant d'être roi. Et nous fuyons en regardant la télé, en allant sur internet, en écoutant la musique, nous ne voulons pas revenir à notre territoire, à notre royaume. Nous sommes des rois, des reines irresponsables. Alors il faut être conscient de notre responsabilité, il faut être roi et reine pour revenir et prendre soin de notre territoire. Et nous pouvons apprendre comment faire, comment prendre soin de notre territoire. Pratiquer la pleine conscience signifie savoir prendre soin de notre territoire. Et le soutra de la pleine conscience de la respiration nous montre plusieurs méthodes de manières. Premièrement, nous revenons à notre territoire par la respiration. La respiration est le chemin royal pour revenir à notre corps. Nous ne prenons pas d'autre chemin, nous prenons le chemin royal. Nous devons prendre soin de notre corps, calmer la tension du corps, réduire les douleurs du corps, et nous apprenons les méthodes pour faire cela comme la relaxation totale, suivre la respiration afin de calmer le corps et les sensations. C'est ce que nous devons faire en premier. Une respiration suffit à calmer notre corps, à calmer, à réduire, nos douleurs, nos tensions. Et durant ce temps, notre esprit revient à notre corps, et nous sommes vraiment présent pour prendre soin des autres parties de notre territoire, qui sont les sensations, les émotions, et les autres formations mentales. Alors quand nous apprenons le troisième exercice : « J'inspire, je suis conscient de tout mon corps. » Revenir à notre corps pour le reconnaître, c'est très clair, revenir et reconnaître. Et le quatrième exercice est : « J'inspire, je relâche la tension de mon corps. » C'est très clair, nous allons pas à pas de cette manière très concrète. Et les pratiquants doivent savoir en premier comment calmer leur corps et leur esprit. Et c'est ça la paix. Il suffit de maîtriser les pratiques de la respiration, de la marche, de l'assise, et nous pouvons calmer notre corps. Alors le troisième exercice est de revenir à notre corps, de le reconnaître, et le quatrième exercice est de le détendre, de relâcher la tension du corps et de le clamer. C'est très clair.


Reconnaître les conditions de bonheur

Et quand nous arrivons au cinquième exercice, on apprend à créer une sensation de joie, parce que les pratiquants doivent être capables de créer la joie et le bonheur. Si vous voulez avoir la joie et le bonheur, vous pouvez les créer en utilisant votre respiration, vos pas, votre pleine conscience, et vous créer le bonheur, et vous pouvez aider les autres, les personnes en face de vous à créer le bonheur. Premièrement, une fois que nous sommes présents, nous regardons, et nous voyons que dans notre corps, dans notre esprit, et autour de nous, il y a les conditions du bonheur. Et il y en a beaucoup. Et c'est la fonction de la pleine conscience. La pleine conscience signifie être vraiment présent ici et maintenant, et quand on est vraiment présent, on peut reconnaître les conditions du bonheur qui sont présentes. Par exemple, nous avons nos yeux brillants, les oreilles qui entendent, nous ne sommes pas encore mort. Notre corps est souple et pas rigide comme un cadavre. Tout à l'heure, quand Thay a fait les mouvement de pleine conscience, Thay a réalisé : « Ah, je suis encore vivant, je soulève mes bras, quel bonheur ! » Ce n'est pas extraordinaire, mais quand on réalise : « Ah, je suis encore vivant, je peux soulever mes bras, je ne suis pas aussi rigide qu'un morceau de bois, à attendre la crémation. » Nous réalisons ceci, que nos yeux sont brillants, nos jambes sont fortes, nos oreilles peuvent entendre. Il y a beaucoup de conditions de bonheur. Il suffit d'être vraiment présent ici et maintenant, et on peut les reconnaître, et ainsi on peut créer la joie et le bonheur.


Comparer avec les images du passé

Et la deuxième méthode, est de comparer avec des situations sans bonheur, parce que dans la vie d'une personne, il y a toujours des périodes de difficultés, de souffrances. Par exemple la mort d'un être cher, ou des accidents qui sont arrivés à nous ou à des êtres chers, ou des maladies, quand nous sommes tombés gravement malades. À ces moments-là nous souffrons beaucoup, et il est difficile d'être heureux. Et nous tous, nous avons conservé ces souvenirs, et maintenant, si nous ramenons ces souvenirs, ces images, ici, pour comparer avec le moment présent, alors nous voyons clairement que le bonheur apparaît tout de suite. C'est comme avec ce livre qui a une couverture bleu, qui représente les images de souffrance : nous mettons un morceau de papier blanc devant, et le bonheur apparaît clairement. Il y a un arrière-plan de souffrance dans le passé, et si nous comparons avec le moment présent, le bonheur apparaît clairement. Sinon, nous avons le bonheur sans le savoir. C'est comme si nous mettons le morceau de papier blanc sur un autre morceau de papier blanc : on ne le voit pas clairement, on ne voit pas sa valeur, on ne voit pas la valeur des conditions de bonheur que nous avons maintenant. Donc la deuxième méthode est de ramener les souvenirs, les images de souffrance du passé, pour comparer avec le présent, afin que le bonheur apparaisse clairement. C'est un art. C'est très différent du fait d'être noyé dans le passé. Il y a des personnes qui sont allés en guerre en Afganistan, ou en Irak, et ils ne sont pas morts dans la bataille, mais quand ils reviennent dans leur pays, ils ne peuvent plus vivre dans le moment présent, ils retournent toujours au passé pour revivre les drames, le passé terrible. Ils ne peuvent pas lâcher prise, et ils ne peuvent pas être en contact avec ce qui est merveilleux dans le moment présent. Alors il faut quelqu'un, un psychothérapeute, ou un membre de la sangha ou un ami de pratique, qui le tire hors du passé afin qu'il puisse entrer en contact avec le présent, il faut quelqu'un qui lui rappelle : « Ce à quoi vous pensez appartient au passé. Pourquoi vous emprisonner dans ce passé ? Il faut revenir au moment présent pour entrer en contact avec ce qui est merveilleux dans le moment présent, pour continuer à vivre. Il ne faut pas laisser ce passé vous emprisonner, et vous avez besoin qu'un psychothérapeute ou un membre de la sangha vous aide à vous établir dans le moment. » Alors c'est une autre chose. Mais ce que nous faisons maintenant, ce n'est pas de retourner et de nous emprisonner dans le passé, mais de nous ancrer dans le moment présent, et de prendre une image du passé pour comparer, pour voir que dans le moment présent, nous avons de nombreuses conditions de bonheur, et cette image du passé nous aide à reconnaître le bonheur que nous avons maintenant. Ce sont les méthodes du bouddhisme.


Les pratiquants doivent être capables de générer la joie et le bonheur. Comment ? Premièrement, en reconnaissant les conditions du bonheur du présent, et deuxièmement, en comparant les difficultés, la souffrance du passé, avec les conditions du bonheur du moment présent. Et naturellement, la joie et le bonheur apparaissent immédiatement, très rapidement. Et quand un ami est noyé dans le passé et ne peut pas vivre dans le moment présent, a l'air triste, on peut lui demander : « À quoi penses-tu ? » n essaye de le tirer hors du passé : « Il faut tellement beau aujourd'hui. Les oiseaux chantent, le printemps commence à venir. Est-ce que tu vois cela ? » On essaye de le tirer hors du passé afin qu'il puisse entrer en contact avec les miracles de la vie du moment présent. Donc les pratiquants peuvent créer la joie et le bonheur pour eux-même, et ils peuvent aider les autres à faire de même. Et ce n'est pas très difficile, il faut nous entraîner, et quand on arrive à le faire, il faut faire de nombreuses fois pas jour. Chaque pas, chaque respiration, chaque sourire, peut générer la joie et le bonheur. C'est un art. Ce sont les cinquième et sixième exercices : créer la joie et le bonheur.


Et les septième et huitième exercices servent à gérer la souffrance. Quand la souffrance monte des profondeurs, les pratiquants doivent savoir comment la gérer, il ne faut pas la laisser nous submerger. Et on utilise aussi la pleine conscience : quand nous avons une souffrance, une peine, qui monte, il ne faut pas fuir. Il faut être présent : « Je suis là pour toi. » Il faut pratiquer la respiration consciente, la marche méditative, pour avoir l'énergie de la pleine conscience, avec laquelle nous pouvons reconnaître notre souffrance et l'embrasser. Nous la calmons, exactement comme lorsque nous embrassons notre corps. Quand nous arrivons à calmer notre corps, nous pouvons aussi calmer nos sensations, nos émotions. Et en pratiquant, nous pouvons avoir une sangha. La sangha est nos amis de pratiques, et tout le monde est capable de respirer et de marcher en pleine conscience, et ensemble, nous créons une énergie de pleine conscience collective très puissante. Quand on entend un son de la cloche, tout le monde respire en pleine conscience, et l'énergie collective de la pleine conscience est très puissante, elle est capable de transformer profondément, et en tant que pratiquant, nous pouvons profiter de cette énergie pour embrasser notre souffrance. « Chère sangha, chers frères, chères soeurs, ceci ma souffrance. S'il vous plaît, aidez-moi à l'embrasser. » Et nous nous laissons embrasser par la sangha comme une goutte d'eau qui laisse tout la rivière l'embrasser, et ainsi, on se transforme très rapidement. Les Vietnamiens disent que dans un repas, il y a toujours la soupe, et quand on pratique, il y a toujours la sangha. Et les huit premiers exercices nous aident à revenir à notre corps et à nos sensations, pour en prendre soin. C'est très important.


(cloche)

Aujourd'hui, nous allons étudier le huitième verset, qui le dernier, des huit versets de contemplation de l'objet de la perception.


Huitième verset :

8. Il n'est pas contradictoire que la potentialité se manifeste dans la conscience.
Ainsi la forme de l'objet et la fonction de potentialité
Se génèrent mutuellement
Et depuis des temps sans commencement.


(Ou encore : La potentialité de forme, sons, etc... se manifestent dans la conscience, comme les cinq organes, c'est ce qui se passe. Ces potentialités, ensemble avec les objets, images, se sont générées les unes les autres depuis des temps immémoriaux.)


La forme, en sanskrit, rupa, la matière, la forme. Et fonction, ou l'action, est quelquefois appelés bîja, graine. C'est une sorte d'énergie. Alors nous pouvons dire que la fonction et la matière sont deux choses. Premièrement, c'est la matière et l'énergie. Dans la conscience, il y a deux choses : la matière, la forme, et l'énergie. Et nous savons que lorsque nous avons une perception, cette perception comprend le sujet et l'objet de la perception. Ce que nous voyons dans notre perception est l'objet de la perception. Nous avons appris de nombreuses fois que ces deux parties de la perception, l'objet et le sujet de la perception, dépendent l'une de l'autre pour se manifester en même temps. Et selon ces enseignements, le sujet et l'objet de la perception, les deux se manifestent à partir de ces deux choses, qui sont appelées parfois matière, parfois énergie. En général, nous distinguons le corps de l'esprit, et la matière de l'énergie, mais en réalité, les deux sont deux facettes d'une même réalité. Comme les sciences d'aujourd'hui qui disent que la matière n'est qu'une forme de l'énergie. La matière n'est qu'une forme de l'énergie, elle peut se transformer en énergie à tout moment, et l'énergie peut se transformer en matière à tout moment. Par exemple, quand un électron négatif rencontre un électron positif, un positron, il peut créer des électrons positifs. Et il y a des particules qui sont tellement petits qu'elles n'ont presque pas de masse, et quand un positron et un électron négatif se rencontrent, ils se détruisent et disparaissent, mais ils font naître deux particules de lumière très puissantes, des rayons gamma. Donc la matière se transforme en énergie. Un électron négatif rencontre un positron, les deux se détruisent, il n'y a plus de matière, mais les deux se transforment en énergie, en deux rayons gamma. Et si ces rayons gamma se rencontrent, les deux se transforment encore en un électron négatif et en un positron, donc cette énergie ce transforme en matière de nouveau. Et donc l'énergie est une forme de matière et la matière est une forme d'énergie. Et des scientifiques d'aujourd'hui disent que la base de toute chose, matière et énergie, est le champ des forces. Des scientifiques déclarent fermement que la réalité ultime est le champ des forces. Ces champs de force sont équivalents aux bîja, graines dans le bouddhisme. Les graines ont six caractéristiques que nous avons apprises la dernière fois. Les six caractéristiques comme l'évolution continuelle, etc... Et quand nous regardons les cinq bases, c'est-à-dire les cinq organes sensoriels, les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps, pour toucher quelque chose, ce sont les cinq bases qui aident la conscience à se manifester, comme la conscience de l'oeil, la conscience de l'oreille, etc... Les yeux ne voient pas, les yeux ne sont que condition pour faire naître la conscience des yeux. Ce que nous considérons comme les yeux est un organe sensoriel, et quand nous regardons les yeux, nous voyons soit la matière, soit l'énergie, mais les deux sont un, parce que la matière est énergie, et l'énergie est matière. Alors quand on regarde les yeux, on doit s'entraîner à voir que ces yeux sont matière, mais que leur nature est aussi bîja, graine, énergie. Si l'on dit que les yeux voient, ce n'est pas correct. L'objet de la perception et le sujet de la perception se manifestent en même temps, et la base de cette manifestation est toutes les graines.


Alors quand nous regardons les cinq bases, les cinq organes sensoriels, comme lorsque nous regardons les autres choses comme le nuage, la montagne, la cloche, il faut voir aussi que ces choses-là sont la manifestation de l'énergie, et on peut conclure que les graines, et les images qui apparaissent à partir de cette base, les deux sont causes les unes pour les autres depuis la nuit des temps.


Une, deux, trois, quatre, cinq parties

Nous avons appris l'autre jour que dans l'école Sautrantika, ils enseignent que la matière et les graines sont des causes mutuelles, l'un fait l'autre et l'autre fait l'un, comme la matière et l'énergie. Et dans l'école Vijnanavada, il y a de nombreux maîtres qui essayent d'expliquer les enseignements. Et après maître Dinnaga, il y a eu dix maîtres excellents de l'école Vijnanavada. Parmi eux, il y a maître Hộ pháp, Dhammapâla, Protecteur du Dharma. Quand maître Xuanzang est arrivé parti de Chine pour aller en Inde, alors maître Dhammapâla avait alors plus de cent ans et il était directeur de l'Université Nalanda. Les étudiants étaient très nombreux, il y avait environ dix-mille étudiants dans cette Université. Et de nos jours, en Inde, ils ont établi de nouveau cette Université, et ils ont offert à Thay un diplôme, un Doctorat d'honneur, la dernière fois que Thay est allé en Inde. C'était une Université Bouddhique très renommée, et le directeur était maître Dhammapâla. Il avait plus de cent ans quand maître Xuanzang est allé en Inde au septième siècle. Et maître Xuanzang a pu apprendre directement de maître Dhammapâla, et après être retourné en Chine, il a écrit une encyclopédie de tous nombreux enseignements de l'école Vijnanavada.


Et au vingtième siècle, des occidentaux ont découvert une oeuvre d'un autre maître parmi ces dix maîtres renommés, maître an hué. Il a écrit une oeuvre pour expliquer les trente versets de la manifestation de la conscience, dans la psychologie bouddhique, et maître an hué a dit que même si notre perception, notre conscience a deux parties, sujet et objet, nous ne pouvons pas séparer ces deux parties, et donc il y a une seule partie, deux font une, et donc il a enseigné l'enseignement d'une partie. C'est équivalent au holisme, Une seule partie. Mais d'autre maîtres ont dit : « Mais il y a clairement deux parties. Pourquoi dites-vous qu'il y a une seule partie ? » C'était maître nandà, maître nandà a dit : « Non, il y a deux parties. » Et maître Dinnaga a dit : « Il y en a trois. » Il y a la troisième partie dessous qui est la base de ces deux parties, objet et sujet. C'est comme cette feuille de papier : il y a deux parties, recto et verso, et la troisième partie est la substance, le papier, parce que sans papier, il n'y a pas de recto et de verso, et donc il enseignait qu'il y avait trois parties. La troisième partie est la substance. C'est comme une pièce d'un Euro : il y a le côté pile et le côté face, et il y a la partie de métal, qui est la substance des deux côtés de la pièce, la fondation pour la manifestation des deux autres parties. Donc maître Dinnaga enseignant qu'il y avait deux parties et non deux. La troisième partie est la substance, le champ de forces. Donc il y a l'objet et le sujet de la perception, et une troisième partie qui est consciente qui a le sujet et l'objet de la perception, la troisième partie est témoin de ces deux autres parties. Ces deux parties se manifestent en même temps, et il faut une conscience de ces deux parties. C'est l'enseignement de maître Dinnaga. Mais il y a un autre maître qui enseignait qu'il y a quatre parties, et c'est le directeur de l'Université Nalanda, maître Hộ pháp, Dhammapâla. Et maître Xuanzang a étudié avec maître Dhammapâla, et il a tendance à dire qu'il y a quatre parties. Donc ces maîtres sont divisés en quatre groupes, selon leur enseignement d'une ou deux ou trois ou quatre parties. Dans les sciences, c'est pareil. Chaque groupe de scientifiques crée un modèle de réalité, chaque groupe essaye de décrire la réalité. Ils font des modèles en espérant que ce modèle va correspondre à la réalité des choses. Et nous avons le droit d'avoir plusieurs modèles. Par exemple dans le bouddhisme, parfois on enseigne qu'il y a deux parties, corps et esprit, parfois on enseigne qu'il y a quatre parties, comme dans le soutra des quatre fondations de la pleine conscience, c'est-à-dire corps, sensations, formations mentales et conscience, et parfois on enseigne qu'il y a cinq parties, les cinq agrégats, c'est-à-dire corps, sensations, perceptions, formations mentales, et conscience. Donc il y a beaucoup de modèles, mais cela ne signifie pas que ces modèles s'opposent. Si ces modèles sont utiles à notre pratique, c'est bien. Qu'il y ait une, deux, trois, quatre, ou cinq parties, peu importe. Il ne faut pas nous attacher à ces modèles et croire qu'un seul est vrai. Ce sont simplement des moyens pour expliquer. Et c'est pareil pour les sciences : ils offrent beaucoup de modèles, et les scientifiques aujourd'hui sont plus humbles, ils disent que ces modèles ne sont pas la réalité des choses, ce sont simplement des modèles à utiliser selon nos besoins. Et la quatrième partie est appelée la partie qui est témoin, qui est consciente des trois autres parties, et donc il faut une quatrième partie qui est consciente des trois autres : « Tiens, il y a trois parties. Le sujet, l'objet de la perception, et la base de la perception. » Et il y en a d'autres qui demandent : « Alors faut-il une cinquième partie qui est conscience de la quatrième partie ? » Et la réponse est non, on n'a pas besoin de la cinquième partie, parce que la troisième partie peut être consciente de la quatrième. C'est le modèle de maître Dammapâla. Et les sciences aussi proposent différents modèles.


Pas de nature propre

Alors dans la conscience du tréfonds, dans l'alaya, il y a des potentialités, des graines, des potentiels, et ces graines existent de la manière de co-existence. Être signifie inter-être. Elles existent de la manière de la co-existence, de l'inter-être. Quand il y a la graine de la tristesse, il y a la graine de la joie. Quand il y a la graine de la souffrance, il y a la graine de la libération. Comme quand il y a le gauche, il doit y avoir le droit. Quand il y a la matière, il y a l'énergie. Il y a toujours la symétrie. Quand y a le Bouddha, il y a l'être ordinaire. Sans être ordinaire, il n'y a pas de Bouddha. S'il y a l'éveil, il y a l'ignorance. Sans ignorance, il n'y a pas l'éveil. C'est la nature symétrique dans le bouddhisme. Donc quand on parle de la conscience du tréfonds, c'est une grande énergie collective. Et l'individuel et le collectif dépendent l'un de l'autre. Sans l'individuel, il n'y a pas le collectif, et sans le collectif, il n'y a pas l'individuel. L'individuel en peut pas exister seul, il peut seulement exister avec le collectif, et c'est pareil avec le collectif. Et il faut comprendre comme cela, les graines n'existent pas séparément, une graine est une partie de la totalité, il n'y a rien qui existe indépendemment des autres choses, comme la fleur ne peut pas exister indépendamment des autres phénomènes : dans la fleur, on voit de nombreux éléments non-fleur. Dans le bouddhisme on commence comme ça, comme dans les sciences, dans la physique : si on dit qu'il y a des phénomènes qui ont leur propre nature, cela nous aide à les distinguer, à les reconnaître. La fleur est la fleur. La fleur n'est pas un nuage, la fleur n'est pas une table. Au début, on commence comme ça. Et Einstein a dit aussi comme cela : « Chaque objet de la physique a une localité dans un lieu. » Nous appelons les objets dharma dans le bouddhisme, phénomènes. Donc on commence à dire que la fleur est différente des autres choses, mais en les regardant profondément, nous voyons clairement que la fleur ne peut pas exister séparément, elle n'a pas de nature propre, parce que dans la fleur, il y a le nuage, le soleil, la pluie, la terre, et si on enlève tous ces éléments de la fleur, la fleur n'est plus une fleur. La fleur n'est pas nuage, mais les nuages sont en elle, la fleur n'est pas soleil, mais le soleil est en elle, et si on enlève les nuages, le soleil hors des fleurs, les fleurs n'existeraient pas. Il n'y a pas de nature propre, il n'y a pas d'existence séparée. Dans le bouddhisme, on dit : « Ceci est parce que cela est. » La fleur est là parce que les nuages et le soleil sont là. Si le nuage et le soleil ne sont pas là, la fleur ne peut pas être là. Le Bouddha a dit une phrase très simple : « Ceci est parce que cela est. » C'est très simple. Le fils est là parce que le père est là. Le disciple est là parce que Thay est là. C'est la contemplation. Dans notre monde ordinaire, A est seulement A, A ne peut pas être B. C'est le commencement. La fleur ne peut être que fleur, elle ne peut pas être une table. C'est le principe d'identité. Le fils ne peut être que fils, il ne peut pas être père. C'est le début. Mais en regardant profondément A, on voit que A n'a pas sa nature propre, A est fait d'éléments non-A. Par exemple, la fleur est faite seulement des éléments non-fleur. A est fait des éléments non-A, comme B, C, D, E, etc... Des éléments innombrables, y compris l'élément de notre conscience. Alors si vous ne voyez pas que A est égal à non-A, vous ne voyez pas encore A. Vous avez une illusion à propos de A, vous croyez que A peut exister tout seul. Alors dans le soutra du diamant, il est dit qu'en regardant un bodhisattva, on voit de nombreux éléments non-bodhisattva. En regardant un Bouddha, on voit de nombreux éléments non-Bouddha, comme l'être ordinaire. Et si on ne voit pas ces éléments, on ne voit pas encore le bodhisattva. A n'est pas A, et si vous voyez que A n'est pas A, alors vous voyez vraiment A. C'est la dialectique bouddhiste. La fleur n'est pas fleur, la fleur n'est que soleil, nuage, graine, terre, fumier, etc... et quand on voit que la fleur n'est pas fleur, alors on voit vraiment la fleur, sinon on a simplement une illusion de la fleur. C'est la dialectique bouddhiste : A n'est pas A, et quand on voit que A n'est pas A, mais que A est seulement composé des éléments non-A, alors on voit vraiment A.


--- (Résumé) ---


A=A (Au début, on dit que A est A)


A ≠ B (A est différent de B)


A=B, C, D, E, ∝ (En regardant profondément, on voit que A est fait d'éléments non-A, comme B, C, D, E, etc...)


A ≠ A = A (Quand on voit que A n'est pas A, on voit vraiment A)


(cloche)

Quand nous regardons la naissance et la mort, l'être et le non-être, au début, nous voyons que ce sont des paires d'opposés. Par exemple, A est la naissance et B est la mort. Alors comment A pourrait-il être B ? Donc A est différent de B, on commence comme ça. La naissance est différente de la mort, le gauche est différent du droit, le haut différent du bas. La naissance ne peut pas être la mort, l'être ne peut pas être le non-être. Au début, on voit comme ça, mais selon la loi de la symétrie, avec la contemplation, on regarde A, et on voit que A est fait de nombreux éléments non-A, et la naissance et la mort dépendent l'une de l'autre. Sans naissance, il n'y a pas de mort, et sans mort, il n'y a pas de naissance. Alors selon les expériences des humains, dans notre vie nous avons la souffrance, et nous avons le bonheur. Nous disons que le bonheur est totalement différent de la souffrance. Le bonheur et la souffrance sont des réalités objectives à l'extérieur. Si c'est la souffrance, c'est simplement la souffrance ; si c'est le bonheur, c'est simplement le bonheur. Mais nous savons tous que le bonheur et la souffrance dépendent de notre façon de voir les choses. Il y en a qui disent que la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort sont souffrance. Mais il y en a qui disent : « Mais si vous voulez la vie, il faut accepter la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort. Alors ce n'est pas la souffrance. » Nous nous avons appris que sans détritus, nous ne pouvons pas avoir de compost pour nourrir les fleurs. Sans boue, on ne peut pas faire pousser les lotus, sans souffrance, on ne peut pas reconnaître le bonheur. Donc la souffrance crée le bonheur, et si on ne sait pas comment prendre soin du bonheur, le bonheur peut devenir la souffrance, comme l'énergie peut devenir matière, et la matière peut devenir énergie. Au début, on les voit comme quelque chose d'opposé, mais en réalité, ils inter-sont, l'un contient l'autre, ils sont impliqués et expliqués. Ils sont implicites et non explicites. Par exemple, pour cette feuille de papier, il y a le recto et le verso, et on dit : « Va-t'en, recto, ne reste pas ici, je ne t'aime pas. » Mais si le recto n'est pas là, le verso ne peut pas être là non plus. Dans le gauche, il y a le droit, dans le droit, il y a le gauche. Dans la souffrance, il y a le bonheur, dans le bonheur, il y a la souffrance. Alors au début, dans le monde de la discrimination, vikalpa en sanskrit, A n'est pas B : A ≠ B ; mais quand on entre dans le monde de la contemplation, on peut voir que A est B : A=B. Quand on met au monde un fils, on dit que le fils ne peut pas être le père, mais sans le père, il n'y aurait pas le fils. En regardant le fils, on voit le père, il y a beaucoup d'éléments père dans le fils. C'est la vue impliquée.


Ordre impliqué et ordre expliqué

David Bohm a dit qu'il y a deux ordres : l'ordre impliqué et l'ordre expliqué. À première vue, on voit que les choses sont expliquées, qu'elles sont en ordre expliqué, mais en les regardant profondément, on voit qu'elles sont à l'intérieur les une les autres, les choses sont impliquées, elles sont en ordre impliqué. Et les sciences ont trouvé l'enchevêtrement des choses, on ne peut pas sortir les choses les unes des autres. C'est la superposition, l'enchevêtrement. Alors de ce côté, on dit que A ne peut pas être B, et de l'autre côté, on voit que A est aussi B. Et dans le bouddhisme, il est dit que les naissances et les morts sont le nirvana, on ne trouve jamais le nirvana à l'extérieur des naissances et des morts. Où pouvez-vous trouver le Bouddha ? Si vous quittez les êtres ordinaires pour trouver le Bouddha, vous ne le trouverez jamais. C'est la vue non-dualiste, la vision de la non-discrimination. Et dans les mathématiques, on voit aussi cela. L'autre jour, Thay a dit que la géométrie est fondée sur les points et les lignes, et pour définit un point comme la rencontre de deux lignes. Sans la notion de ligne, on ne peut pas avoir la notion de point. Et qu'est-ce que la ligne ? La ligne est le déplacement d'un point. Et donc, la ligne et le point de sont pas deux choses séparés : le point se trouve dans la ligne et la ligne se trouve dans le point. C'est l'ordre impliqué. Dans les mathématiques, nous avons appris qu'il y a les nombres réels, et ces nombres doivent se trouver sur l'axe -∝ à +∝. Tout nombre sur cet axe, est un nombre réel. Par exemple, nous avons ici le nombre 3000, et ici le chiffre 5000.



Et 3000 ne peut pas être égal à 5000. 5000 est plus grand que 3000, n'est-ce-pas ? 5000 > 3000. Mais quand on regarde profondément, on voit que les notions de -∝ et +∝ sont des sortes de notion d''inter-être, parce que sans -∝, +∝ n'existerait pas, et sans +∝, -∝ n'existerait pas. -∝ est très loin de +∝, mais en fait, l'un se trouve dans l'autre. Dans -∝, il y a +∝, ils inter-sont. Par exemple, nous dessinons un cercle, afin d'enlever -∝ et +∝.



On ne suit plus l'axe, mais on suit cette ligne circulaire. (Thay suit avec le doigt le cercle autour de 3000 et 5000). Alors dans cette direction, 3000 est en premier, et pas 5000, mais dans l'autre direction, c'est différent.



Alors la valeur de ce point (Thay montre le point où le cercle du milieu croise la ligne à gauche) est égale à la valeur de ce point (Thay montre le point où le cercle du milieu croise la ligne à droite.)



Au début, A n'est pas B, mais finalement, A est B. Parce qu'on a enlevé le concept -∝ et +∝. Et quand on parle du nombre 1, c'est comme quand on parle de la fleur : si la fleur est faite des éléments non-fleur, le nombre 1 est pareil. Il est fait d'autres nombres qui ne sont pas le nombre 1, parce que sans les nombre 2, 3, 5, 10, ou 1000, il n'y aurait pas le nombre 1, et c'est pareil pour le 0. Donc le concept 1 est fait de nombreux éléments non-1. En regardant le nombre 1, nous voyons tous les autres chiffres, 1/3, 3/5, 1000, 1000000, tous se trouvent tous dans ce nombre 1. La fleur est faite seulement d'éléments non-fleur. Et nous pouvons aller jusqu'à l'infini.


La sagesse d'adaptation

Alors dans le bouddhisme, il y a une sorte de vision profonde très particulière, en sanskrit anuloma jnâna, la sagesse d'adaptation. Cette vision profonde est capable de nous amener du monde des conventions jusqu'au monde de la réalité ultime, sans nous mettre dans la confusion, sans nous faire perdre la tête. Du monde dans lequel A ne peut qu'être A, où A ne peut pas être B (A = A. A ≠ B), et on arrive au monde dans lequel A n'est pas A, A est B, (A ≠ B, A = B). Dans ce monde, A n'est pas A, mais tous les éléments qui se rassemblent pour faire manifester A. Donc, il y a deux mondes différents. Dans ce monde, la fleur est seulement fleur, et de ce côté, la fleur n'est pas fleur, mais la fleur est tout ce qui n'est pas fleur. C'est la vision profonde de la vacuité, sunyata. Au début, accepte que A est seulement A et que A n'est pas B, mais quand on introduit la vision profonde de la co-production, alors la fleur est fleur, mais on voit que la fleur est faite seulement d'éléments non-fleur. A est fait des éléments non-A, n'est-ce-pas ? A= (B + C + D + E + F +∝). A est égal à B + C + D + E + F +, jusqu'à l'infini. Voyez-vous cela ? C'est ce qu'on appelle la co-production. En sanskrit, c'est pratitya samutpâda. Avec cela, on sort doucement de ce monde des conventions, et c'est anuloma pratitya samutpâda, la sagesse d'adaptation qui suit la co-production. En suivant la co-production, on arrive à la vérité ultime, à la réalité ultime, et cela nous amène de ce monde jusqu'à l'autre monde. Du royaume de la réalité conventionnelle, où A est A et A n'est pas B, on utilise la sagesse de l'adaptation, anuloma jnâna, et cela mène les personnes au royaume de la réalité ultime, afin qu'ils puissent toucher la réalité ultime, sunyata samyukta, le vide d'existence séparée, et la relation, connexion. Et dans les sciences, il y a la même chose. Quand on parle des sciences classiques de Newton, il y a la vérité conventionnelle, où la planète Terre est seulement la planète Terre, elle ne peut pas être la lune ou le soleil. Cette étoile peut être seulement cette étoile, et pas une autre étoile. La matière ne peut être que matière et pas énergie, mais doucement, on arrive à, grâce aux enseignements de la co-production, on peut adapter, et doucement lâcher prise de la vérité conventionnelle, entrer doucement dans la vérité ultime. Dans le monde de la vérité de mécanique quantique, il y en a qui voient que c'est absurde, parce que c'est exactement contraire à ce que l'on a appris. Dans le monde de la physique quantique, c'est très différent, il y en a qui sont très choqués. Il y en a qui disent que la mécanique quantique est tellement illogique, parce que cela ne correspond pas à nos idées préconçues. Mais si nous avons la sagesse de l'adaptation, nous pouvons lâcher prise doucement les concepts que la fleur n'est que fleur, la planète Terre n'est que planète Terre, le père n'est que père. On peut lâcher prise de tous ces concepts pour entrer doucement dans le monde de la vérité ultime sans être choqué. Et donc, on arrive à anuloma pratitya samutpâda sunyata samyukta, la combinaison de tous ces termes. La sagesse d'adaptation qui utilise la production dépendante qui mène au vide d'existence séparé et aux relations. Si on compare ces deux vérités, cela peut rendre les gens confus, ils se demandent pourquoi c'est tellement différent. Mais si vous avez la sagesse d'adaptation, la sagesse de la conformité, vous pouvez amener les gens doucement du monde de la vérité conventionnelle pour arriver doucement au monde de la vérité ultime, dans lequel la vision correspond au vide d'existence séparée et d'interdépendance, sans être choqué, sans voir de conflit, et c'est ce qu'on appelle la vision profonde de l'adaptation, anuloma jnâna.


(cloche)


Creative Commons License fleursdudharma.com

Enseignement donné le 16 février 2012 en vietnamien,
transcrit par Pháp Thân d'après les traductions françaises et anglaises.