La feuille, le sol, l'arbre

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(cloche)

Bonne après-midi, chère Sangha. Aujourd'hui, nous sommes le 31 Décembre, c'est juste? De l'année 2008, c'est juste? Et nous sommes dans le temple du Nectar du Dharma au Hameau du Bas durant notre retraite d'hiver. Vous pensez que c'est correct? Le 31 Décembre, c'est à dire le dernier jour de l'année. Pouvez-vous le croire? Moi non. Et dans quelques heures, l'année 2008 sera partie, l'année 2008. Pouvez-vous le croire? Je ne le peux pas. C'est très difficile à croire. L'année 2008 s'enfuit, et même si nous essayons de courir derrière elle et de la ramener, cela semble très difficile. J'aimerais vous poser cette question: après que l'année 2008 nous aie quitté, où sera-t-elle ? L'année est encore avec nous, et l'année va nous quitter très bientôt, dans huit heures environ. Chacun pense comme cela, et ma question est: après nous avoir quitté, où va-t-elle aller? Nous pouvons la trouver quelque part, et dans quelle direction va-t-elle? Ce sont des questions que j'ai l'habitude de poser. Et la nouvelle année 2009 vient. Et de quelle direction vient-elle? Je pense que ce sont des questions très intéressantes. Nous, pratiquants de méditation, nous aimons les questions, parce que nous voulons réfléchir à des questions, car si nous avons une bonne question, nous pouvons trouver des réponses très intéressantes. Je pense que ces questions sont suffisamment intéressantes. Dans quelle direction 2008 va-t-elle, et de quelle direction l'année 2009 vient-elle? Il y a des raisons de croire que l'année 2009 viendra de l'Est, parce que dans le Japon, au Vietnam, elle va venir très bientôt, dans seulement deux heures, et ici nous devons attendre huit heures, donc il y a des raisons de croire que la nouvelle année va venir de l'Est, mais on ne peut pas être sûr. Supposons que ceci soit notre planète, la planète Terre. Nous sommes ici, en France, en Europe, et ici est la direction de l'Est, et le Japon, le Vietnam sont dans cette direction, et ils disent, et nous devons les croire, que la nouvelle année va venir de cette direction, parce que elle viendra au Japon, au Vietnam en premier, et elle va voyager, et dans quatre ou cinq heures elle viendra ici en Europe. Donc il y a des raisons pour que nous croyions que la nouvelle année vient de l'Est, mais si nous regardons profondément, nous ne pouvons plus le croire, parce que si vous aller à cet endroit, que vous restez ici et que vous regardez, l'Est est dans cette direction, vous voyez? Pour ceux qui restent de l'autre côté et qui regardent, ceci est l'Est, et ici, nous croyons que la nouvelle année vient d'ici. Et eux disent que c'est d'ici, donc on ne peut pas être sûr. Donc je suis confus. Avez-vous une idée? Et dans les enseignements du Bouddha, il est dit qu'il n'y a pas d'aller et pas de venue, et c'est aussi difficile à comprendre. Je devrais essayer de parler d'autres choses, en espérant que dans une douzaine de minutes plus tard nous comprendrons, que nous serons capables de résoudre le problème de savoir d'où l'année 2009 vient. Et ces questions sont très importantes, parce que nous voulons encore savoir que va devenir de l'année 2008 après qu'elle nous aie quitté.


La feuille et le sol

Quand nous regardons autour de nous, nous voyons la vie, la vie partout, et la vie est un miracle. Ce matin, j'ai fait la méditation marchée au Hameau du Haut, je suis descendu vers le temple, en bas de la colline, au pied de la colline, et chaque pas m'a aidé à toucher la vie, la vie à l'intérieur, à l'extérieur, et où je demeure, dans la 'cabane assise tranquille', au Hameau du Haut, peut-être avez-vous eu l'occasion de visiter ma hutte au Hameau du Haut, elle est appelée 'cabane assise tranquille', et j'ai suivi son petit chemin, couvert de feuilles de chêne. La neige est tombée la semaine dernière et a aidé les feuilles de chêne à pourrir, à se désintégrer un petit peu plus vite, afin que les feuilles de chêne puissent devenir la terre, la couche arable et nourrir les arbres. Parce que je marchais en pleine conscience, j'ai reconnu que les feuilles de chêne devenaient la terre, la couche arable, et je pouvais voir très bien, et je pense que si vous portez un peu d'attention, vous le verrez exactement comme je l'ai vu, que la couche arable est faite des feuilles, parce que les feuilles de chêne pourrissent, se désintègrent pour devenir le sol, et l'arbre a besoin du sol afin de grandir, et je peux voir très bien les feuilles dans le sol, parce que vous voyez en face de vous les feuilles de chêne se désintégrer afin de devenir le sol, et dans quelques mois, vous ne verrez plus les feuilles, vous verrez seulement le sol, mais nous savons que dans le sol il y a les feuilles. C'est plus facile maintenant, parce que quelques feuilles sont devenues sol, et quelques unes sont sur le point de devenir sol, donc vous devez prendre l'opportunité de regarder, et c'est très facile de voir que les feuilles deviennent le sol, et plus tard, quand vous regarderez le sol, vous pourrez dire 'Mais chères petites feuilles, je sais que vous êtes à l'intérieur du sol'. Si vous regardez profondément le sol, vous pouvez voir beaucoup de feuilles, parce qu'elles ne sont faites de rien d'autres que des feuilles. La couche arable est très nourrissante pour les plantes et pour les arbres, et chaque année, l'arbre secoue les feuilles afin de nourrir le sol , et si le sol est bon, l'arbre grandira bien, donc vous pouvez voir que les feuilles qui tombent du chêne deviennent le sol, et le sol nourrit l'arbre, et l'année suivante l'arbre produira des feuilles fraîches, et les feuilles resteront là plusieurs mois, et quand l'hiver viendra, elles tomberont et feront le tour, tourneront comme ceci. Quelquefois, elles sont vertes, quelquefois, marron, quelquefois vous ne voyez pas qu'elles sont encore là dans le sol, et elles font leur chemin pour revenir ici afin d'être des feuilles verte, et c'est très intéressant. Et quand je fais la méditation marchée, je vois des choses comme cela, je me sens très heureux que je puisse voir des choses comme cela, parce que quand je vois des choses comme cela je n'ai pas peur de mourir. Mourir n'est pas devenir rien, parce que quand les feuilles sont sur le point de tomber, ce n'est pas triste, c'est 'Maintenant, j'ai l'opportunité de joindre le sol, le sol est ma maison, et je vais rejoindre ma maison, et après quelques mois ici, les feuilles marron deviendront le sol, s'intégreront pleinement dans le sol, et à ce moment vous ne voyez pas les feuilles, mais vous savez, parce que vous êtes une personne intelligente, vous savez que les feuilles sont encore là dans le sol, donc bien que vous ne voyez plus la forme d'une feuille, vous regarder le sol, et vous souriez et vous dites: 'Ma chère petite feuille, je sais que tu es encore ici quelque part, et un jour tu vas te manifester comme une feuille de nouveau, dans une forme verte, une forme jeune'. Donc il semble que la feuille possède cette sorte de sagesse en elle-même, c'est pourquoi en tombant elle n'a pas peur, elle pense qu'elle rejoint la mère Terre, afin de se manifester à nouveau dans d'autres formes. Et si vous êtes en pleine conscience, le prochain printemps, quand vous ferez la méditation marchée, vous verrez votre petite feuille bien-aimée de nouveau dans cette très nouvelle forme jeune.


Le donneur, le don et le récepteur

Et j'ai dit que quand vous êtes vraiment ici, en pleine conscience, vous pouvez voir que la vie est partout en vous-même et partout autour de vous. Et la vie est un tel cadeau, et vous, chacun de vous, et moi, nous sommes très chanceux, parce que nous sommes la vie qui donne, à chaque moment, à chaque minute, à chaque seconde, et quelqu'un nous donne la vie, le donneur de vie. Dans le christianisme, dans le judaïsme, nos amis disent que c'est Dieu qui nous donne la vie. Dans le bouddhisme, on dit presque la même chose mais d'une façon différente. Quand vous parlez de donner, il doit y avoir quelqu'un qui donne, quelqu'un qui reçoit et quelque chose qui doit être donné. Nous distinguons trois choses: le donneur, le don, et le récepteur. C'est comme quand vous prenez une douche. À chaque fois que vous prenez une douche, vous avez une opportunité de vous voir comme une personne. C'est mon corps, vous voyez. Comme un garçon ou comme une fille. Et qui m'a donné ce corps? Ce corps est un cadeau, et il doit y avoir quelqu'un qui a fait ce cadeau. Donc en regardant en profondeur dans le cadeau, ici le corps, vous pouvez trouver. En regardant dans le cadeau, qui est la vie, vous pouvez trouver qui est le donneur, dans le don. Si vous êtes un scientifique, vous savez quelque chose de la génétique, vous voyez que c'est notre père, notre mère qui nous a donné ce corps. Et notre père, notre mère, sont aussi en nous. Il sont aussi en nous. Dans chaque cellule de notre corps, nous pouvons détecter la présence de notre père et de notre mère sous la forme de gènes. Le donneur est dans le don. Donc si vous dites que Dieu est le donneur de la vie, que Dieu est en vous, vous ne devez pas le chercher à l'extérieur, c'est ce que les pratiquant de méditation peuvent trouver, parce qu'ils ont le temps de s'asseoir et de regarder en profondeur, ils ne sont pas trop occupés, ils ont encore le temps de s'asseoir et et regarder en profondeur, et quand ils marchent, ils marchent d'une telle façon qu'ils puissent voir les choses en profondeur. Donc, quand vous regardez en profondeur dans la nature du don, vous voyez le donneur en lui, vous voyez votre père et votre mère en vous, donc vous ne pouvez pas prendre le donneur hors du don, le pouvez-vous? Non, nous ne pouvons pas enlever notre père et notre mère de nous. Il n'y a aucune façon de faire cela. Il y a de jeunes hommes qui sont en colère contre leur père, tellement en colère qu'ils disent quelque chose comme cela: 'Cette personne, je ne veux plus rien avoir à faire avec lui'. Ils parlent de leur père. Je ne veux plus rien avoir à faire avec lui. Ou s'ils sont en colère contre leur mère, ils disent: ' Cette personne, cette femme, cette lady, je ne veux plus rien avoir à faire avec elle, je suis tellement en colère contre elle', ils parlent de leur mère comme cela. C'est un non-sens, parce que vous ne pouvez pas enlever votre mère de vous. Vous êtes votre mère, vous êtes la continuation de votre mère, que vous aimiez cela ou non.


La graine de maïs et la plante

Plus tôt, cette année, je suis allé en Italie, avec quarante, cinquante membres de la Sangha, j'ai offert une retraite, et durant la retraite, j'ai offert à chaque retraitant, je pense à plus de huit cent personnes, beaucoup d'enfants, je pense soixante-dix ou quatre-vingt enfants, et je suis allé à l'épicerie, pas très loin de la retraite, et nous avons acheté deux paquets de graines de maïs. Et dans la retraite, j'ai offert à chaque garçon, à chaque fille, chaque homme, chaque femme une graine de maïs. Je les ai invités à garder la graine de maïs et leur ai demandé de planter la graine de maïs quand ils rentreraient chez eux dans un petit pot, et ils devraient faire attention à donner de l'eau à la graine de maïs tous les jours, de la garder au chaud. Et quand la graine germe dans une jeune plante de maïs, on commence à avoir naître deux feuilles, et ils doivent venir et parler à la jeune plante de maïs. 'Bonjour, chère jeune plante de maïs, je sais que tu es là, je veux te poser une question : te souviens-tu, il y avait un temps où tu étais une graine de maïs ?' Demandez-lui, demandez à la jeune plante, et elle sera embarrassée. Elle peut oublier, mais quelques temps avant, deux semaines avant, elle était une graine de maïs. Parlez à la petite plante, demandez à la petite plante si elle se souvient encore du temps, il n'y a pas très longtemps, seulement deux semaines avant, ou trois semaines. 'Chère petite plante, chère petite plante de maïs, te souviens-tu du temps une petite graine de maïs ?' Demandez à la plante, et si vous êtes patient, vous pourrez entendre une réponse, et s'il arrive que la plante de maïs oublie, vous pouvez l'aider. 'Je sais', vous dites: 'Je sais, c'est moi qui a planté la graine de maïs, et j'ai arrosé la graine de maïs tous les jours et je t'ai vue quand tu as germé, et je t'ai vu grandir, donc je peut certifier que tu viens d'une graine de maïs. Crois-moi, c'est la vérité.' Et la plante de maïs vous sera reconnaissante. Parce que beaucoup d'entre nous ne se souviennent pas qu'ils viennent de leur père, de leur mère. Vous pouvez dire que la graine de maïs est le père ou la mère de la plante de maïs, mais vous pouvez aussi dire que la plante de maïs est la continuation de la graine de maïs.


La vacuité du don

La même chose est vraie pour vous : vous êtes le fils, la fille, de votre père et de votre mère, vous venez de votre père et de votre mère, et vous êtes votre père et votre mère, parce que votre père et votre mère sont toujours avec vous. Et la vérité que nous trouvons est que le donneur et le don sont un. Vous ne pouvez pas prendre le don hors du donneur, et vous ne pouvez pas prendre le donneur hors du don. C'est ce que Thay a trouvé dans cette méditation. Et maintenant, qui est le récepteur ? Mon père et ma mère m'ont donné ce corps, et qui suis-je qui aie reçu ce corps? Parce que s'il y a un donneur il doit y avoir un récepteur, il ne peut pas en être autrement. Et qui est le récepteur? Il y a une façon pour nous d'identifier le récepteur, parce que nous avons réussi à identifier le donneur, et nous savons que le donneur est dans le don. Maintenant, nous continuons de regarder dans le don, et si vous avez assez de concentration, de pleine conscience, et que vous obtenez la vision profonde, vous voyez que le récepteur est aussi dans le don. Et c'est mon corps, c'est le don fait par mes parents pour moi. Je sais qui sont les donneurs, je sais où sont les donneurs, mais je ne sais pas qui est le récepteur, je ne sais pas qui je suis. 'Qui suis-je ?' est une question très intéressante. Cela a longtemps été une question pour les humains. Et afin de répondre à cette question, nous pouvons seulement regarder notre corps, regarder le don, et nous voyons que le récepteur peut être trouvé dans le don. Il n'y a pas de distinction entre le récepteur et le don lui-même. Quand j'étais un jeune moine, j'avais déjà reçu ces enseignements mais je n'avais pas compris. Cet enseignement est appelé la vacuité du don. La vacuité du don. Parce qu'en donnant, vous devez distinguer trois choses. Celui qui donne, le don qui est donné, et celui qui reçoit, et quand vous regardez en profondeur, vous voyez que les trois vont ensemble. Vous ne pouvez pas en prendre un hors des deux autres. Il n'y a pas de soi séparé, il n'y a pas de donneur séparé. Le donneur ne peut pas exister séparément du don et du récepteur. Maintenant, je voudrais aller plus près. La vie est partout, la vie est en moi, la vie est autour de moi, et je suis un récepteur de la vie, mais je sais que je suis le don, je suis la vie elle-même, et je suis le donneur de la vie moi-même. Croyez-le ou non, chacun de nous est un donneur de vie, parce que nous sommes la vie, et nous donnons la vie. Vous trouverez l'éveil concernant ce problème que nous sommes tous les donneurs de vie, et il y a une façon pour nous de donner la vie bellement. Ce n'est pas seulement un père ou une mère qui peut donner la vie, mais chacun de nous peut donner la vie, et nous pouvons donner la vie à chaque moment de notre vie quotidienne. Les enseignements de la vacuité de donner sont si profonds que bien que nous parlions de trois éléments: donneur, don et récepteur, nous ne pouvons pas trouver le donneur hors du don et hors du récepteur.


La mort et la vie s'embrassent l'une l'autre très tendrement

Maintenant, je voudrais vous donner un autre exemple. Regardez ce marqueur. Si vous utilisez l'esprit de discrimination, vous dites que ceci est le côté gauche et ceci est le côté droit. Et le gauche et le droit ont l'air d'être, des opposés, n'est-ce pas? Ils ont l'air d'être en dehors de nous. Comment pourrait-il en être autrement ? Le gauche doit être seulement le gauche, le gauche ne peut pas être le droit. C'est notre façon de penser. Mais si vous regardez en profondeur, vous voyez que ce n'est pas si simple. Le gauche et le droit vont toujours ensemble. Où le gauche est, le droit est aussi. C'est le gauche qui donne naissance au droit, et c'est le droit qui donne naissance au gauche, et ils se donnent naissance l'un l'autre, ils ont besoin l'un de l'autre, ils ne sont pas ennemis. Si politiquement vous êtes à gauche, ne souhaitez pas la mort de la droite. Si la droite est morte, vous êtes mort aussi. Et vous savez cela. Donc il y a une connexion profonde entre le gauche et le droit. Et le droit a besoin du gauche pour exister et le gauche a besoin du droit pour exister. Vous pouvez imaginer le gauche embrassant le droit tendrement, et le droit embrassant le gauche tendrement, comme le sol, la couche arable embrassant les feuilles de chêne tendrement. Et même si les feuilles de chêne sont en haut de l'arbre pendant l'été, elles embrassent la terre aussi. C'est merveilleux. C'est la sorte de sagesse que vous pouvez obtenir quand vous pratiquez la méditation. Tout est à l'intérieur de tout le reste. Et si vous pouvez voir cela, il n'y aura plus de séparation, il n'y aura plus de guerre et de colère. Et quand nous méditons sur la vie et la mort, nous voyons le même genre de vérité. Nous pensons, au début, nous pensons que la mort est l'ennemi de la vie. Et nous essayons d'échapper à la mort, nous essayons de courir après la vie. C'est parce que vous n'avez pas eu la vision profonde, la sagesse, c'est pourquoi vous faites comme cela. Mais la vie et la mort sont comme le gauche et le droit. Où est la vie, la mort est aussi, et où est la mort, la vie est aussi, et en fait elles s'embrassent l'une l'autre très tendrement, et il n'y a pas de raison d'avoir peur de la vie ou d'avoir peur de la mort. Vous pensez à la mort comme quelque chose de négatif, sombre, effrayant, mais la mort arrive avec la vie à chaque moment. Regardez notre corps. Notre corps est fait de nombreuses cellules, et à chaque moment de notre vie quotidienne, il y a la mort. Les cellules de notre corps meurent à chaque moment. Quand vous vous vous grattez comme ceci, vous savez que des cellules meurent afin de faire de la place et de créer des conditions favorables pour de nouvelles cellules. Donc la vie et la mort se supportent l'une l'autre, elles ne sont pas de vraies ennemies. C'est pourquoi à chaque fois qu'une cellule en nous meurt, nous n'organisons pas de funérailles, parce que si nous organisons des funérailles pour chaque cellule, nous n'avons plus de temps pour vivre, parce qu'en même temps, nous devons organiser des célébrations pour les nouvelles cellules qui viennent de naître en nous. Les nouvelles naissent à chaque moment où nous sommes occupés à organiser des anniversaire, et des funérailles, toute la journée.


Produire des paroles aimantes

L'amour est de donner, et la vie est la chose la plus précieuse que vous pouvez donner à vous-même, à votre bien-aimé, au monde, et nous devrions vivre de telle manière qu'à chaque moment nous devenons un donneur de vie, et comme nous donnons la vie, nous sommes la vie. Dans les enseignements du Bouddha, nous trouvons des façons très spécifiques d'aimer, afin que chaque minute de notre vie quotidienne devienne une minute d'amour, de beauté. Quand vous prononcez des paroles, des paroles d'amour, des paroles de compréhension, de compassion, de pardon, de joie, quand vous êtes capables de produire de telles paroles, vous donnez la vie. Et c'est tellement merveilleux pour quelqu'un de produire de telles paroles. Votre corps profite tout de suite de ces paroles, et votre esprit profite tout de suite de ces paroles, parce que ce sont de belles paroles, des paroles de compassion, des paroles de compréhension, des paroles de pardon, elles apportent la clarté, elles apportent la libération, elles apportent la joie, elles apportent l'amour, et vos paroles produites comme cela aura un effet de guérison sur votre corps tout de suite. Vous donnez de nouvelles vies. C'est merveilleux de produire des paroles de compassion, des paroles de pardon, de compréhension, des paroles produites dans la direction de la pensée juste. La pensée juste est le terme que le Bouddha utilise. La pensée juste est de penser de telle façon que votre pensée peut porter avec elle l'amour, la compassion, l'acceptation, le pardon. Et si durant les dernières heures du jour vous pouvez produire des paroles de pardon, de réconciliation, cela sera très guérissant pour vous et très guérissant pour le monde, pour les autres personnes. Nous avons le temps de faire un coup de téléphone, nous avons le temps d'envoyer un mail, nous avons le temps de penser à lui, de penser à elle en bonté aimante, en compassion, en pardon, et cela nous guérira et aide à guérir le monde, et vous devenez le donneur de vie, vous participez au travail de Dieu, de donner la vie, et vous savez, chacun de nous sait que nous sommes capables de produire de telles paroles, aujourd'hui, aujourd'hui même, à ce moment. Pensez à lui, pensez à elle, et autorisez la compassion à survenir, autorisez le pardon à survenir, et vous vous sentirez beaucoup mieux dans votre coeur, dans votre corps, et ces paroles vont guérir le monde. Ces paroles sont vous, et vous pouvez vous embellir. Il est possible de nous rendre de plus et plus beau.


Pensée juste, parole juste, action juste

Dans les enseignements du Bouddha, chaque parole peut être considérée comme étant déjà une action. Penser est déjà agir. Vous pouvez guérir le monde par la pensée juste. Vous pouvez vous guérir avec la pensée juste. Si vos paroles contiennent beaucoup de haine, de colère, de peur, alors ce sera destructif pour vous et pour le monde, mais si vos paroles contiennent les éléments de pardon, d'amour, de compassion, alors votre pensée juste est déjà le don de la vie, et vous vous guérissez vous-même, vous guérissez le monde, et c'est pourquoi penser est déjà agir. Il a le mot karma qui signifie action. Penser est déjà action, et vous pouvez changer le monde seulement en pensant, parce que la pensée juste peut vous guérir et peut guérir le monde. La pensée juste est recommandée par le Bouddha. et la pensée juste est possible quand vous pouvez voir que vous êtes dans l'autre personne et que l'autre personne est dans vous. Il n'y a plus de séparation. Vous êtes lui, il est vous. Vous êtes elle, elle est vous. Et votre bonheur, votre souffrance, a à voir avec son bonheur, sa souffrance. Et quand vous avez la vue juste, naturellement vous produirez beaucoup de pensée juste. La pensée juste est très guérissante.

Et le Bouddha recommande aussi la parole juste. La parole juste, parler dans la direction de l'amour, de la compassion. Vous êtes capables de dire quelque chose de compatissant, de pardonnant, et vous vous sentez merveilleusement bien tout de suite. Ce que vous dites, que ce soit sous une forme parlée ou une forme écrite, peut avoir un effet de guérison tout de suite sur votre corps et sur les autres. Et vous savez que, profondément, vous avez la capacité de pratiquer la parole juste. Vous pouvez dire quelque chose dans les heures qui restent de 2008, vous pouvez dire cela tout de suite, et vous pouvez l'envoyer. Vous utilisez votre portable, ou vous utilisez l'ordinateur, et vous envoyez ce message, et cela aidera à vous guérir vous-même, cela aidera à le ou la guérir, et cela aidera à guérir le monde. Et vous avez fait cela avant, et maintenant vous pouvez le faire encore, avec plus de force, parce que maintenant vous croyez dans cet effet. Et vous, le donneur de vie, celui qui produit la parole juste, vous êtes le premier à profiter de la pratique de la parole juste. Les autres personnes peuvent attendre quelques minutes avant qu'il ou elle ouvre la boîte aux lettre, mais vous, vous en profitez en premier. La pensée juste, la parole juste, et l'action juste.

L'action juste, l'action physique, l'action corporelle. Le genre d'action qui vise à protéger, à sauver, à aider, est appelée l'action juste. L'action juste est aussi très guérissante pour vous et pour le monde. Et le karma, l'action, peut être vu en triple aspect: penser, parler, et agir. Et votre pensée, votre parole, votre action, sont les produits de votre vie, ils sont votre continuation. C'est comme la jeune plante de maïs qui est le produit de la graine de maïs. La jeune plante de maïs vient de la graine de maïs, et votre pensée juste, votre parole juste, votre action juste vient de vous, un bon pratiquant, et c'est votre continuation. Et quand ce corps se désintégrera, vous continuerez par votre karma, parce que rien ne se perd. Ce sont de vraies énergies qui vont dans l'environnement, elles restent là, elles sont votre compte en banque, et c'est pourquoi dans le bouddhisme, nous parlons de rétribution. La rétribution est ce que nous obtenons de notre pensée, notre parole et notre action. Rétribution. Ceux qui croient qu'après la désintégration de ce corps ne seront plus là sont pris dans une sorte de mauvaise vue, appelée la vue de l'annihilation. C'est comme vous croyez que quand la feuille tombe de la branche, il n'y a plus rien. Vous avez tort. La feuille continue. La feuille continuera et la feuille renaîtra, dans une forme ou une autre. Rien n'est perdu. Lavoisier, ce scientifique français, a dit que rien ne naît, rien ne meurt. Il se manifeste dans cette forme, et il s'arrête et il se manifeste sous d'autres formes, il continue toujours. Nous produisons des pensées, des paroles et des actions, et ces pensées, paroles et actions sont de fortes énergies qui sont notre continuation.


Vous êtes votre environnement

Vous vous manifesterez de nouveau sur la base de votre karma, sur la base de vos pensées, paroles et actions. C'est comme le ciel nuageux. Si vous ne voyez pas votre nuage dans le ciel, ne pensez pas qu'il est déjà mort, qu'il n'est plus là. Non. Il est devenu pluie. Et peut-être qu'il est en vous parce que vous avez bu votre thé ce matin. Le nuage est peut-être entré en vous par le pot du thé, mais il est impossible pour un nuage de mourir, il est possible pour un nuage de devenir la pluie, le thé, mais il n'est pas possible pour le nuage de devenir rien. Et la même chose est vraie avec vous, vous ne pouvez pas mourir, vous ne pouvez jamais mourir, comme Lavoisier a dit : 'Rien ne se crée, rien ne se perd', et ainsi vous continuerez, que vous aimiez cela ou non, vous continuerez. Mais vous pouvez continuer plus bellement si vous écoutez le Bouddha, si vous savez comment produire de belles pensées, de belles paroles et de belles actions, vous continuerez bellement, vous donnez la vie à vous et au monde. Les rétributions sont de deux sortes. C'est ce que j'ai appris du Bouddha. Au début, ce n'était pas tellement clair pour moi, mais le plus j'ai médité, le plus clair c'est devenu. Vos pensées, vos paroles, vos actions résulteront dans vos rétributions, et les rétributions sont doubles. Premièrement, vous vous manifestez comme la rétribution principale, le rétribution centrale. Comme la nouvelle feuille que vous voyez naître le mois d'Avril, une nouvelle apparition, une nouvelle manifestation. Mais la feuille n'est pas tout, il y a l'environnement, l'arbre qui la nourrit, et le sol qui la nourrit. Donc l'énergie que vous produisez sous la forme de paroles, pensées et actions se manifesteront de nouveau comme un corps, un esprit, et aussi comme un environnement. La base, l'environnement. Donc il est très clair que dans le bouddhisme, vous n'êtes pas seulement ceci, vous êtes aussi votre environnement, parce que la rétribution est toujours double. Vous êtes votre environnement, vous venez de votre environnement, vous retournez à votre environnement, vous êtes votre environnement exactement comme les feuilles de chêne. Vous pouvez commencer par regarder les feuilles de chêne se désintégrer, devenir le sol, et nourrir l'arbre, et se manifester comme une jeune feuille de chêne. Et la feuille de chêne n'est pas seulement la feuille de chêne, elle est le sol, elle est l'arbre. Vous êtes votre environnement, c'est la vérité prononcée par le Bouddha et vous pouvez le vérifier par vous-même. Vous êtes votre environnement.


Le monde que nous sommes

Parallax Press a publié y a quelques mois un de mes livres à propos de l'écologie, appelée 'Le monde que nous avons', le seul monde que nous avons, et le titre a été sélectionné par l'éditeur. Mes disciples pensent qu'un autre titre est meilleur : 'Le monde que nous sommes'. Le monde que nous sommes. Cela va mieux avec les enseignements. Parce que nous sommes le monde. C'est pourquoi si vous voulez prendre soin de vous, vous devez prendre soin du monde. Le monde est vous. Et c'est pourquoi je voudrais que mes amis aient à ce moment de l'année quelques minutes de réflexion profonde. Non seulement vous envoyez votre amour à l'autre personne, vous produisez de belles paroles de compassion, de pardon, vous lui écrivez, l'appelez, mais vous parlez aussi à vous-même, votre environnement, vous parlez au monde, et dans quelques heures, vous devrez prendre un engagement envers notre environnement, parce que seulement nous pouvons nous sauver nous-même. Vous devez prendre un engagement, vous devez prendre une résolution afin de sauver notre planète, de sauver nous-même. Parce que nous sommes la planète. À partir de maintenant, quand vous vous déplacez, regardez tout les choses comme vous-même. Les arbres de bambou sont vous-même. L'air que vous respirez est vous, le nuage flottant dans le ciel sont vous, vous devez les protéger, parce que les protéger signifie que vous protégez vous-même. C'est pourquoi j'ai demandé à un frère de photocopier cette feuille pour vous. Malheureusement, nous ne l'avons pas en d'autres langues, mais vous pouvez utiliser cette feuille pour prendre quelques engagements spécifiques avant la fin de l'année. Vous savez que nos frères dans le monastère Deer Parc ont été capables d'adopter l'énergie solaire, ils produisent leur propre électricité. Plusieurs centaines de personnes viennent et pratiquent avec eux, et ils n'ont pas besoin de l'électricité de la ville, ils produisent leur propre électricité, ils ont des panneaux solaires. Et nos frères et soeurs observent aussi un jour sans voiture par semaine. Et des milliers de leurs amis qui viennent et pratiquent avec eux se sont aussi engagés à observer un jour sans voiture par semaine. Et beaucoup d'entre eux ont changé par des voitures qui utilisent de l'huile végétale pour fonctionner. Au Village des Pruniers, nous observons aussi un jour sans voiture par semaine. Et beaucoup, beaucoup de nos amis se sont engagés à arrêter de consommer de la viande, des oeufs et des produits laitiers, ou de réduire la consommation de viande au moins de cinquante pour cent, parce que cela aide l'environnement. C'est pour sauver notre planète, pour sauver nous-même, et il est absolument nécessaire que nous nous engagions à entreprendre certaines sortes d'actions afin de sauver nous-même, de sauver la planète. Comme quand vous vous laver vos dents, ne laissez pas l'eau couler, coupez le robinet et lavez-vous les dents en paix et avec bonheur. De petites choses comme cela, tout le monde peut le faire. Et quand vous regardez votre voiture, vous pouvez dire : 'C'est ma voiture. Je veux prendre un engagement envers ma voiture. Ma chère petite voiture, je te promets que je vais t'utiliser seulement quand c'est vraiment nécessaire. Quand ce n'est pas absolument nécessaire, je n'utilise pas ma voiture'. Et c'est un acte d'amour. Action juste, parole juste, pensée juste, et chacun de nous a la capacité de faire cela, parce qu'il y a un Bouddha en chacun de nous. Autorisez le Bouddha à agir, ne regardez pas le Bouddha à l'extérieur, le Bouddha est à l'intérieur de vous.


(cloche)

Vous savez qu'à chaque ouverture de la semaine d'été, quatre, cinq mille personnes viennent, et pendant un mois nous ne mangeons pas de viande, nous ne buvons pas d'alcool, nous ne consommons pas de produits laitiers, nous ne mangeons pas d'oeufs, nous contribuons beaucoup pour l'environnement. Cela ne signifie pas qu'en dehors de cette ouverture d'été nous ne le faisons pas, nous le faisons aussi toute l'année. Et vous vous sentez très bien parce que vous êtes capables de faire quelque chose pour votre environnement, c'est-à-dire pour vous-même. Donc, s'il vous plaît, regardez ceci, si vous pouvez marcher à l'endroit où vous travaillez ou vous pouvez y aller en vélo, et pouvez laisser votre voiture à la maison, c'est merveilleux, c'est un acte d'éveil, c'est un acte d'amour, de compassion, ce que vous faites est un bon karma. Prenez le bus, prenez le train. Quand vous sortez de votre chambre, éteignez la lumière, il y a tellement de choses comme cela. Ce que je suggère est que nous examinions tout cela, et que nous réfléchissions aux engagements que nous pouvons prendre pour l'année 2009. L'amour est juste là, nos autorisons l'amour à naître, à nous guider. Avec l'amour on se sent beaucoup mieux. Donc, pensez à l'autre personne, pensez à votre famille, pensez à votre bien-aimé, mais pensez aussi à votre environnement, parce que vous venez de votre environnement, vous retournez chez vous à votre environnement afin de sortir de nouveau. Le monde que nous sommes, notre environnement, les enseignements du Bouddha sont tellement clairs. Nous ne sommes pas seulement ceci, nous sommes cela. Et nous devrions faire la méditation marchée quand nous entendrons la cloche. À ce moment, vous aurez déjà un morceau de papier avec les engagements que nous prenons pour la personne que nous aimons, ainsi que pour notre environnement, et quand nous reviendrons, il y aura un feu, nous chanterons une chanson, ferons un cercle et chanterons une chanson autour du feu, et nous offrirons solennellement nos engagements feu, et nous savons que nous allons exprimer notre amour dans toute l'année 2009, et nos enfants nous verront le faire, nos amis nous verront le faire, prendre soin, aimer, et ils feront comme nous et c'est un moyen très significatif de célébrer la nouvelle année 2009.


(cloche)


Enseignement donné le 31 Décembre 2008 en anglais, traduit et transcrit par Pháp Thân.