Investir dans le passé

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(cloche)


Le bateau de la compréhension

Chère Sangha, je pense que les soeurs du Hameau Nouveau ont travaillé très dur pour nous accueillir aujourd'hui. Il y a au Vietnam une sorte de bateau qui est très populaire, c'est une sorte de bateau de pêche, fait de bambous et autres matériaux, et ce bateau peut être très gros et aller sur la mer. Cette année, les soeurs voudraient avoir un bateau dans la salle de méditation, parce que dans la tradition bouddhiste, le bateau représente un instrument qui peut nous porter vers l'autre rive, la rive de l'amour, la rive du bonheur. Quand vous vous sentez en colère, lorsque vous vous sentez malheureux, vous êtes sur la rive de la souffrance, et vous ne voulez pas y rester, vous voulez traverser vers l'autre côté, la rive du bonheur, la rive de l'amour, de la joie, vous ne voulez pas rester sur la rive de la souffrance, donc chacun de nous a besoin d'un bateau. Chaque pratiquant de méditation devrait avoir un tel bateau afin de traverser vers la rive de la liberté, du bonheur, de l'amour quand il en a besoin. Quand vous venez au Village des Pruniers, vous avez une opportunité d'apprendre comment laisser derrière la rive de la souffrance, la rive de la colère, afin de traverser vers la rive de la joie et de l'amour. Beaucoup d'entre nous ont appris à faire cela, et beaucoup d'entre nous ont besoin de seulement quelques minutes afin de traverser vers l'autre rive, ils savent comment utiliser le bateau. Vous êtes en colère, vous êtes malheureux, mais vous savez comment regarder, alors en seulement quelques minutes, vous n'êtes plus en colère, vous n'êtes plus malheureux, vous vous sentez beaucoup mieux parce que vous savez comment utiliser le bateau. Ce bateau est appelé quelquefois le bateau de la compréhension. Prajna paramita. Prajna signifie compréhension, paramita signifie traverser vers l'autre rive, et si nous savons comment utiliser notre compréhension, notre sagesse, alors cette compréhension et cette sagesse deviennent une sorte de bateau et il peut nous amener vers l'autre rive. Les bons pratiquants n'ont pas besoin de beaucoup de temps, quelquefois quelques minutes sont assez pour traverser vers l'autre rive, et à tous nos amis qui viennent au Village des Pruniers, nous vous souhaitons d'avoir un bateau afin d'être prêts à traverser vers l'autre rive, et c'est très agréable de traverser ensemble vers l'autre rive dans un grand bateau, et la Sangha est un grand bateau. Le bateau porte la compréhension. La compréhension est une sorte de carburant, la meilleure sorte de carburant qui peut amener le bateau vers l'autre rive très vite. Et nous savons que la compréhension apporte l'amour. Quand on comprend quelqu'un, on peut l'accepter et on peut l'aimer tout de suite. La rose que les soeurs ont mis dans le bateau représente l'amour. S'il y a la compréhension dans un bateau, il doit y avoir une rose, qui représente l'amour, dans le bateau en même temps. Peut-être qu'au début, quand vous avez l'intention de traverser vers l'autre rive, il n'y a seulement que quelques roses dans votre bateau, mais par la suite, le bateau est plein de roses. C'est tellement merveilleux. Et ce bateau est vous. Et chacun de nous doit se transformer en bateau. Nous devons porter la compréhension et l'amour en nous. Nous sommes plein de compréhension, nous sommes pleins de roses, d'amour.


Frère Adrian

Quand quelqu'un est plein de compréhension et d'amour, il est si agréable d'être avec cette personne, d'être proche d'elle, cela vous le savez déjà. Cette personne est pleine de compréhension et pleine d'amour. Et c'est si agréable, si confortable de voir une telle personne autour de nous. Et vous voulez être près de lui, près d'elle, vous passez du temps avec lui ou elle parce que c'est tellement plaisant d'être avec une personne pleine de compréhension et d'amour. C'est tellement merveilleux de s'assoir près d'une telle personne. C'est tellement merveilleux de la contempler, c'est tellement merveilleux de la regarder, de lui parler, parce que c'est très nourrissant. Comme pratiquant, même si vous êtes encore très jeune, vous pouvez être plein de compréhension et d'amour, et tous les enfants, toutes les jeunes personnes veulent passer du temps avec vous, parce que vous avez la compréhension, vous avez l'amour. Donc imaginez que chaque jeune homme, chaque jeune femme est un bateau, transportant beaucoup de compréhension et d'amour, c'est comme cela. Je voudrais prendre une photo avec ce bateau. (rires). Je veux être sur un bateau comme ça, plein de roses, plein d'amour, plein de compréhension. Vous voulez venir et prendre une photo avec le bateau aussi? Vous pourrez le faire plus tard. Connaissez-vous le temple Son Ha, le temple au pied de la colline, très proche de Hameau du Haut? Dans le temple Son Ha, il y a un moine, il est américain, on l'appelle frère Adrian. C'est un moine américain, il a pratiqué avec nous déjà depuis de nombreux années. Beaucoup d'entre vous l'ont rencontré. Il était un prêtre catholique, un moine catholique. Il est intéressant d'en savoir un petit peu à propos de son nom du Dharma, Pháp de. Il signifie jeune frère, deux jeunes frères. Et je lui ai donné ce nom du Dharma, parce que je voulais qu'il apprenne à être un jeune frère aussi, parce que dans le passé, il a déjà joué le rôle d'un père, père Adrian, donc il est temps pour lui d'apprendre à être un frère, un jeune frère, et il a pratiqué très bien comme jeune frère dans le Dharma. Cette année, dans la version vietnamienne de Mindfullness Bell, il a écrit un joli article à propos d'une journée de pratique comme moine bouddhiste catholique, une journée de pratique de moine bouddhiste d'origine catholique. Je pense que si vous vous vous renseignez, vous pourrez avoir son article en anglais, mais j'ai seulement lu son article traduit en vietnamien. (Télécharger ici l'article en anglais) Et il a dit quelque chose comme ça: pas très loin du temple Son Ha où il vit et pratique, nous entendons souvent la cloche d'église et cette cloche est très belle, le son de cette cloche est très belle. Chaque fois, pendant la méditation marché, il sonne la cloche, et nous nous arrêtons toujours pour écouter la cloche, et nous nous réjouissons d'inspirer et d'expirer profondément. Une cloche est une cloche, qu'elle soit catholique, ou protestante, ou bouddhiste, c'est une cloche. Et vous savez qu'au Village des Pruniers, nous pratiquons la respiration consciente afin d'écouter la cloche très profondément, que la cloche soit petite ou grande. Écouter la cloche est une pratique très profonde, une pratique très plaisante, elle nous apporte la paix, la solidité et la liberté à chaque fois que nous pratiquons comme cela. Et à chaque fois que je guide une méditation marchée au Hameau du Haut, nous nous arrêtons toujours quand la cloche d'église est entendue, et nous apprécions en très profondément le son. Toute la Sangha s'arrête et se réjouit. Pour moi, la cloche d'église est un des particularités, un élément de la culture de occidentale. Je ne pense pas que la culture occidentale pourrait exister sans le son de la cloche d'église, mais c'est un fait que de nos jours les personnes n'écoutent plus la cloche, et j'ai appris qu'aujourd'hui personne ne fait plus sonner la cloche, ils programment de sorte que quand le temps arrive, la cloche sonne automatiquement. Je souhaiterais qu'il y ait un vrai maître de cloche pour être là afin de sonner la cloche. Dans son article, frère Pháp De a dit que dans le passé tout le monde s'arrêtait toujours au son de la cloche, et ils récitaient des prières trois fois, mais de nos jours, ils ne le font plus, seulement les moines bouddhistes le font, et le titre de son article est 'seulement les moines bouddhistes s'arrêtent et écoutent la cloche'. Grâce au fait qu'il est devenu un moine bouddhiste, frère Pháp De a encore cette opportunité d'écouter la cloche d'église.


(cloche)


Sauver la cloche d'église

Vous avez été au Village des Pruniers, et vous savez qu'à chaque fois que nous entendons la cloche de la Sangha, nous nous arrêtons, nous écoutons profondément, nous inspirons et expirons profondément et nous sentons la paix, nous sentons la stabilité et la liberté. Et j'espère que vous, comme jeunes personnes, qui êtes nés en Europe, en Amérique, vous serez capable de faire quelque chose afin de sauver la cloche d'église, de la garder comme un élément précieux de la culture occidentale. Nous ne voulons pas que vous perdiez le son de la cloche d'église, parce que c'est une des choses les plus belles de la culture occidentale. Et vous pouvez faire des efforts, afin que dans le futur, à chaque fois que la cloche d'église sonne, tout le monde s'arrête, écoute et sourit. Je ne sais pas si c'est possible, mais c'est mon rêve, et comme jeune pratiquant, vous pouvez y penser. Pouvez-vous faire quelque chose afin de restaurer la cloche d'église, et de restaurer la pratique de la cloche d'église dans l'occident? Il y a quelques années, ensemble avec beaucoup de frères et soeurs, nous sommes allés dans l'Europe de l'Est, et un jour, nous marchions dans les rues de Prague, et tout à coup j'ai entendu la cloche d'église. Nous regardions des cartes postales devant des magasins de souvenirs, et tout à coup j'ai entendu la cloche d'église, et je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment précis j'ai senti que j'étais en contact profond avec l'âme de l'Europe ancienne. J'avais déjà entendu la cloche avant, mais pas comme cela. Ce jour, soudainement, je me suis senti en contact profond avec l'âme de l'Europe. Et pendant que j'écoutais la cloche de l'église, j'ai entendu aussi la cloche du temple bouddhiste dans l'arrière-plan, dans la conscience du tréfonds, cette sorte de rencontre entre une civilisation et une autre, quand vous entrez en contact profondément avec une, vous avez une chance d'entrer en contact avec l'autre. Donc ceux d'entre vous qui ont des racines chrétiennes ou juives devriez essayer de garder ces racines, parce que vous comprenez le bouddhisme mieux si vous avez été en contact avec le christianisme, avec le judaïsme. Cela a été comme cela pour moi, quand j'ai été en contact avec le christianisme et le judaïsme, j'ai mieux compris le bouddhisme, c'est drôle, mais cela a été vrai tout le temps. Levons-nous, inclinons-nous, et allons dehors en silence.


(cloche)


Un vrai foyer

Noël est un temps où tout le monde aime penser à la famille, au foyer. Et beaucoup d'entre nous n'avons pas de foyer. Bien, vous pouvez avoir un foyer, mais ce n'est pas encore un vrai foyer. Beaucoup d'entre nous n'avons pas de famille. Bien, vous avez peut-être une famille, mais pas le genre de famille que nous désirons. Donc beaucoup d'entre nous cherchent encore leur vrai foyer, leur famille. Très souvent, nous sommes dans notre propre pays, mais on ne se sent pas confortable dans notre propre pays, on se sent comme si on était en exil. Très souvent, nous sommes dans notre propre culture, mais on n'est pas en bon termes avec notre propre culture, on se sent comme en exil. Quelquefois, on est dans notre église, mais on ne se sent pas à l'aise dans notre église, on sent que l'on est en exil. Donc beaucoup d'entre nous sont encore en train d'essayer de trouver un vrai foyer, et Noël est le temps où l'on peut méditer sur notre vrai foyer, parce que tout le monde cherche son vrai foyer où il peut se trouver confortable, heureux, satisfait. Jésus-Christ a parlé pour nous. Il essayait aussi de trouver un vrai foyer. Jésus-Christ est le fils de Dieu, mais il est aussi décrit comme le fils des hommes. Il s'est décrit lui-même comme le fils des hommes, et comme fils des hommes il est un parmi nous, il appartient à l'humanité, et un jour il s'est plaint. Je pense que nous avons le droit de nous plaindre de temps en temps. Il a dit que les renards avaient leur propre foyer, et les oiseaux avaient leur nid, mais que le fils des hommes n'avait quelquefois rien pour mettre sa tête dessous. Il cherchait aussi son foyer. Jésus-Christ se sentait seul, il sentait qu'il n'avait pas de refuge, il cherchait un foyer, il est comme nous, un de nous. Et il a parlé pour nous. Comme le fils des hommes, il était nous représentait, et il a parlé pour nous. Il cherchait une vrai foyer, il cherchait un refuge, et beaucoup d'entre nous cherchent encore un foyer, un refuge. Nous avons beaucoup d'espoir, mais ceux qui ont réussi à trouver leur vrai refuge, leur vrai foyer, ne sont pas si nombreux. Vous pouvez trouver intéressant, ou même drôle, qu'au Vietnam, les gens appellent leur épouse 'mon foyer'. Votre mari ou votre femme, vous l'appelez 'mon foyer'. Quand vous visitez la maison d'un ami, vous dites: 'Bonjour frère'. Et votre ami vous dit bonjour en retour: 'Bonjour mon frère'. Ils s'appellent frère, pas frère de sang, mais chaque homme rencontrant un autre homme l'appelle frère. Les gens sont frère entre eux, et cela devrait être comme cela. 'Bonjour frère' 'Bonjour frère' 'Ma soeur est-elle à la maison?' Ma soeur, cela signifie ta femme. Et il répond: 'Mon foyer est au foyer. 'Elle est là. Donc cette sorte d'expression, cette sorte d'utilisation des mots révèle quelque chose, que vous voulez que l'autre personne soit votre refuge, que vous voulez que l'autre personne soit votre vrai foyer, et vous êtes une personne chanceuse si l'autre personne peut être votre vrai foyer. Vous cherchez une âme soeur, et si vous êtes capables de trouver une âme soeur, vous avez votre vrai foyer. Une épouse, un ami, ou une communauté, où vous pouvez prendre refuge, où vous pouvez retourner et vous sentir confortable, heureux, en sécurité, et chacun d'entre nous avons ce désir profond d'avoir un foyer. Donc Noël est une opportunité pour nous de méditer sur le sujet de vrai foyer, parce que trouver notre vrai foyer est un désir profond pour chacun d'entre nous. Et nous savons que Jésus-Christ aussi avait ce désir en lui.


Prendre refuge dans l'inspiration

Dans la tradition bouddhiste, nous pratiquons la prise de refuge, et prendre refuge signifie trouver un vrai foyer. Vous vous sentez comme des réfugiés, vous n'avez pas encore de refuge, et vous passez toute votre vie à chercher un foyer, à chercher une place où vous pouvez prendre refuge, et dans la tradition bouddhiste, nous parlons de prendre refuge dans le Bouddha, dans le Dharma, dans la Sangha, et les Trois Joyaux deviennent votre foyer. Mais Bouddha, Dharma, et Sangha peuvent être quelque chose d'abstrait. Quelquefois, vous le dites en pali, en sanscrit, en chinois, et vous sentez encore que ce n'est pas assez concret. La pratique de la prise de refuge est très importante dans la tradition bouddhiste, parce que si vous avez une bonne pratique, vous vous sentez au foyer tout de suite, et si vous pratiquez bien, alors cela deviendra très concret. Supposons que vous appreniez comment inspirer et expirer. Quand vous inspirez, vous inspirez en pleine conscience, et vous focalisez toute votre attention sur votre inspiration, et quand vous respirez comme cela, si vous sentez que vous vous réjouissez de votre inspiration, que vous êtes en vie, que vous êtes en contact avec les merveilles de la vie, alors vous prenez vraiment refuge, vous avez un refuge, et dans ce cas pendre refuge est prendre refuge dans votre inspiration. Une inspiration peut durer seulement quatre, cinq, six secondes, mais si vous savez comment prendre refuge dans votre inspiration, la paix, la compréhension, l'amour, la joie, la solidité et la liberté peuvent être obtenus pendant ce temps d'inspiration. Et parce que vous savez comment apprécier l'inspiration, vous avez l'énergie de la pleine conscience, de la concentration, et de la vision profonde nés dans ce moment d'inspiration. Quand vous inspirez, et que vous savez que vous êtes là, en vie, et inspirant, c'est la pleine conscience, et le fait que vous savez que vous êtes là, en vie, inspirant, cela signifie que vous êtes concentrés, et que vous avez la vision profonde. Savoir que vous êtes là, en vie, et inspirant, est une vision profonde. Il y a tellement de personnes qui inspirent et expirent tout le temps mais qui ne savent pas qu'elles sont là, en vie, et inspirant. Donc quand vous savez que vous inspirez, vous générez l'énergie de la pleine conscience, de la concentration, et de la vision profonde, et c'est le Bouddha, le Dharma et la Sangha, et vous prenez refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha d'une façon très concrète. En inspirant, vous êtes confortable avec votre inspiration, vous trouvez votre inspiration comme votre vrai foyer, et votre inspiration vous met en contact avec les merveilles de la vie qui sont disponibles en vous et autour de vous. Donc votre vrai foyer peut être disponible pendant le temps que vous inspirez. Votre vrai foyer est accessible tout le temps si vous savez comment y venir. Pendant trente ou quarante-cinq minutes d'assise, vous pouvez seulement vous réjouir d'inspirer et d'expirer, et d'entrer en contact avec votre corps, d'entrer en contact avec votre inspiration et votre expiration, d'entrer en contact avec vos sensations, et quand vous entrez en contact avec votre souffle, votre inspiration, vous avez une opportunité d'entrer en contact avec quelque chose qui est plus profond. Quand vous entrez en contact avec votre inspiration, vous commencez à entrer en contact avec vous-même. Parce que votre inspiration est une partie de vous-même. Il y en a tellement parmi nous qui essaient de trouver leur soi, leur vrai soi, mais qui n'ont pas réussi à le faire. Mais votre inspiration est une partie de vous-même, et si vous savez comment entrer en contact avec votre inspiration, vous commencez à vous toucher, C'est très important d'entrer contact avec soi-même. Il y a ceux d'entre nous qui sentent qu'ils ne peuvent pas toucher leur soi, ils ne savent pas où leur soi est. Donc en commençant avec notre inspiration, nous inspirons, nous savons que c'est notre inspiration, et si nous prenons notre inspiration en pleine conscience, notre inspiration nous connectera à notre corps, notre inspiration nous connectera à nos sensations, parce notre corps et nos sensations sont aussi nous. Donc, moi, suis fait des cinq agrégats, des cinq skandhas, et mon inspiration me ramène au foyer, au foyer de mon corps. Je ne suis pas seulement mon corps, mais mon corps est une partie de moi. Et mon inspiration en pleine conscience me met en contact avec mes sensations. Qu'elles soient plaisantes ou déplaisantes, elles sont moi, donc je reviens à moi-même, et je suis sur le chemin de trouver mon vrai foyer. Et si je continue bien, mon inspiration me mettra en contact avec mes ancêtres, mes parents. Je sais intellectuellement que mes ancêtres, y compris mes parents, sont là dans chaque cellule de mon corps, et je peux entrer en contact avec mes parents, mes ancêtres, parce qu'ils sont là en moi, ils sont des éléments qui font moi. Donc, de plus en plus profondément, vous entrez en contact avec vous-même, et avec vos racines, et votre vrai foyer peut être trouvée avec cette sorte de pratique. Quand vous êtes occupé, vous marchez très vite, et vous ne portez pas attention aux pas que vous faites, mais quand vous pratiquez la méditation marchée, vous savez que vous devriez être là, dans l'ici et maintenant, et d'apprécier chaque pas que vous faites, et chaque pas fait en pleine conscience vous ramène au foyer, vous ramène chez vous dans l'ici et maintenant, afin que vous puissiez comment à toucher vous-même. Sans vous toucher vous-même, vous n'avez pas accès à votre vrai foyer. Donc que ce soit votre inspiration ou les pas que vous faites, vous pouvez prendre refuge profondément en eux, et en prenant refuge dans vos pas ou votre inspiration, vos pas ou votre inspiration vous ramèneront au foyer. Certains peuvent dire: 'Si l'inspiration dure seulement quatre ou cinq secondes n'est pas long, pas assez long pour prendre refuge. Je veux prendre quelque chose de très solide qui dure de nombreuses années'. Mais nous savons que tout est impermanent, et même si votre inspiration dure seulement cinq secondes, vous pouvez y trouver la paix et votre vrai foyer. Et après votre inspiration, il y a une expiration, et vous pouvez prendre refuge dans votre expiration. Vous pouvez prendre refuge dans chaque seconde de votre inspiration ou expiration, ou chaque milliseconde de votre inspiration et expiration. Quand nous disons que nous prenons refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha, nous pouvons penser que l'objet de notre refuge est en dehors de nous. Le Bouddha, où est-il? le Dharma, où est-il? la Sangha, où est-elle? Si vous êtes un bon pratiquant, vous savez que le Bouddha, le Dharma, la Sangha sont disponibles tout le temps. Quand vous prenez refuge dans votre inspiration, le Dharma est dedans, le Bouddha est dedans, et la Sangha est dedans, et vous êtes empli avec votre vrai foyer. Votre vrai foyer est disponible, et la pratique du Village des Pruniers est assez simple pour trouver votre vrai foyer. Où que vous alliez, votre vrai foyer est là, et vous êtes un foyer pour vous-même. Vous devez être un foyer pour vous-même avant que vous puissiez être un foyer pour une autre personne. Beaucoup d'entre nous ont investi dans une autre personne, et cette personne a trop de hauts et de bas, est très fragile, instable, et prendre refuge en lui ou en elle nous fait souffrir, parce qu'il n'y a pas de stabilité, il n'y a pas de solidité. Vous ne pouvez pas compter sur lui ou sur elle, parce que cette personne n'a pas de pratique, afin que lui ou elle puisse être un foyer pour lui-même ou elle-même. C'est pourquoi, d'après ces enseignement, dès le moment où vous revenez à votre propre inspiration, vous commencez à toucher votre foyer, et avec quelques jours de pratique, vous pouvez devenir plus solide, vous commencez à avoir un foyer en vous-même, et chaque pas, chaque inspiration, aident à construire, à dresser ce foyer pour vous-même, et quand vous êtes au foyer, quand vous êtes votre vrai foyer, vous pouvez offrir vous-même comme un refuge à d'autres personnes. Quand vous aimez quelqu'un, la meilleure chose que vous puissiez lui offrir est votre stabilité, votre façon d'être au foyer. Si vous n'êtes pas au foyer, vous n'avez pas beaucoup à lui offrir, et c'est pourquoi la pratique de la prise de refuge est merveilleuse, elle vous offre un foyer tout de suite, et un jour de pratique peut faire votre foyer plus foyeux, plus plaisant.


Vingt-quatre heures nouvelles

L'année 2008 va se terminer, nous vivons la dernière semaine de cette année, il y aura le dernier week-end dans quelques jours, et alors nous irons dans l'année 2009. La question est de savoir si nous avons vécu cette année bien. Avez-vous vraiment bien vécu ces 365 jours? Un jour, vingt-quatre heures sont beaucoup, et votre jour peut être empli de solidité, de liberté et d'amour et de joie, et vivre est un art. Nous devons apporter la joie, la stabilité, la fraternité, l'amour dans nos jours ou mois. Nous devrions apprendre à vivre de telle façon qu'à la fin de l'année, alors que l'année se termine, nous sentons que nous avons bien fait, que nous avons vécu avec tout notre coeur. Au Village des Pruniers, dans l'assise du matin, le chant est comme cela: 'C'est un nouveau jour, et je veux y entrer en pleine conscience, afin que je puisse vivre profondément chaque moment des vingt-quatre heures.' Chaque matin, nous pouvons voir que les vingt-quatre heures que nous allons vivre sont comme un morceau de papier. Nous pouvons écrire un poème, nous pouvons écrire une histoire, nous pouvons écrire une lettre, comme ça, à chaque nouvelle page, et nous voulons que les pages soient emplies de choses merveilleuses. La même chose est vraie avec les vingt-quatre heures du jour. Je me réveille le matin, je souris, vingt-quatre heures nouvelles sont pour moi, et je fais le voeu de les vivre merveilleusement. Vous êtes un artiste, vous connaissez l'art de vivre, vous voulez emplir cet espace de vingt-quatre heures avec amour, compréhension, joie. Vous avez besoin d'art afin d'y arriver, et si nous savons comment utiliser notre inspiration, notre expiration, nos pas, nos pensées, nous pouvons emplir nos jours avec beaucoup de choses merveilleuses, et quand l'année est sur le point de se terminer, nous nous sentons satisfaits, nous avons cultivé la compréhension et l'amour, nous avons distribué la compréhension et l'amour, nous avons fait de notre mieux, il n'y a rien à regretter.


Investir dans le passé

Si nous pouvons vivre une année comme cela, nous avons quelque chose à déposer dans un compte appelé le passé. Le passé est encore là d'une certaine façon. Quand nous disons 'Le passé est fini', c'est une façon de dire, mais le passé est toujours là. Il y a ceux d'entre nous qui sont chanceux, ils ont un beau passé, ils ont eu une belle et heureuse enfance. Nous avons eu de merveilleux moments avec nos parents, nos frères et soeurs, avec nos amis, et c'est une sorte d'arrière-plan, quelque chose qui peut nous conduire à faire mieux dans le présent et dans le futur. Donc pensez au passé comme un compte, un compte en banque, une réserve. Et parce que vous avez un tel passé, vous êtes confiant que vous pouvez faire mieux dans le présent et même dans le futur. Mais il y a ceux d'entre nous qui ne sont pas aussi chanceux. Ils n'ont pas eu une enfance heureuse, notre famille peut être brisée, nous avons souffert étant enfant, nous avons souffert avec nos parents, nos amis. Que devons-nous faire? Et la réponse offerte par le Bouddha est que vous pouvez vois arranger avec le passé de la façon que vous voulez. Vous savez comment vous réveiller le matin, vous savez comment manipuler les vingt-quatre heures qui vous sont données à vivre, et vous pouvez les remplir avec compréhension, compassion, fraternité et joie, et à la fin des vingt-quatre heures, vous pouvez aller dormir heureux: 'J'ai investi un jour pour mon passé', et si vous passez une semaine en vivant comme cela, vous avez sept beaux jours pour votre passé. Normalement, vous dites 'Nous construisons le futur', mais vous ne dites pas 'Nous construisons notre passé', mais il est possible de construire un beau passé, comme un arrière-plan, comme une fondation pour le présent et le futur, et avec le Dharma, il est possible de construire la fraternité, la compréhension et l'amour, et chaque jour est une opportunité d'investir afin d'avoir un beau passé. Et si nous pouvons vivre une année comme cela, afin que l'année puisse être vue comme un investissement pour le futur, c'est une autre façon de regarder le passé. Nous savons que le passé, le présent et le futur inter-sont. Dans le passé, nous pouvons voir le présent et le futur. Dans le présent, nous pouvons voir le passé et le futur et ainsi de suite. Donc construire le passé est quelque chose de possible, avec l'art de vivre profondément dans le moment présent. Donc Noël, la nouvelle année, sont aussi une opportunité pour nous de réfléchir. Supposons que vous ayez sept jours pour faire un passé, et avec votre talent, avec votre art, vous faites de ces sept jours un succès, tous les jours sont emplis de fraternité, de réconciliation, de tolérance, et de joie. Et après avoir passé sept jours comme ceci, vous avez un passé que vous pouvez chérir, c'est pourquoi il est possible pour chacun de nous d'apprendre à construire un beau passé.


Un arbre solide

Quand vous venez au Village des Pruniers, vous apprenez des choses très concrètes, comme payer attention à notre inspiration, afin de relâcher vos soucis, votre anxiété. Revenant au moment présent, nous sommes conscient que nous sommes vivant, qu'il est possible de faire du moment présent un moment merveilleux. Nous faisons des choses ensemble, nous nous asseyons ensemble, nous cuisinons ensemble, nous marchons ensemble, nous apprenons à vivre dans le moment présent, nous apprenons à prendre refuge dans chaque moment de notre vie quotidienne, et nous entrons en contact avec notre vrai foyer. Toutes ces choses sont possibles pour chacun de nous, quand nous vivons ensemble comme une communauté, et durant le temps passé quand nous sommes pratiquons ensemble, nous sommes capables de construire beaucoup de fraternité, ce qui est aussi crucial pour notre succès dans le moment présent et notre futur. Quand nous regardons un arbre, nous savons que l'arbre a beaucoup de branches, et nous savons qu'il est enraciné dans le sol, et si l'arbre est solide, l'arbre peut résister à une tempête, parce que ses racines vont dans toutes les directions. La même chose est vraie avec nous. Nous savons qu'avoir seulement une racine n'est pas assez. Sans racines, nous ne pouvons pas survivre, donc nous voulons mettre des racines quelque part, peut être une personne, investir dans une personne. Nous mettons une racine dans cette direction, mais si l'autre personne n'est pas stable, si l'autre personne à laquelle on veut être enraciné n'est pas aussi solide que la terre, ses hauts et bas font qu'il est difficile pour nous d'être enracinés et d'avoir une stabilité. Beaucoup d'entre nous, psychologiquement, nous ne sommes pas stables, parce que nous n'avons pas assez de racines et le sol dans lequel nous mettons nos racines n'est pas stable. C'est pourquoi nous devrions réaliser que nous devrions nous comporter comme un arbre ayant beaucoup de racines. Si nous voulons être psychologiquement solides et stables, nous ne devrions pas penser à seulement une racine. Nous devrions avoir beaucoup d'amis, nous devrions nous connecter avec beaucoup de personnes, c'est la nature, notre nature, nous sommes des êtres sociaux, et nous devrions avoir une famille, nous devrions avoir une communauté, et nous devrions prendre racine dans beaucoup de personnes afin que nous puissions être un arbre solide. Quand vous venez au Village des Pruniers, ce dont vous profitez le plus est la communauté, la Sangha. La Sangha est la meilleure chose au Village des Pruniers. Les frères et soeurs qui restent ici, qui vivent ici, qui sont venus ici pour vivre apprennent l'art d'être ensemble, ils apprennent comment être enracinées entre eux, et grâce à cela ils deviennent de plus en plus stables psychologiquement, parce qu'ils sont enracinés dans tellement de personnes. Si quelque chose arrive à une personne, ils ne souffrent pas, parce qu'ils ont encore les racines dans la communauté toute entière.


Bouddha, Jésus-Christ, Mahatma Gandhi, Martin Luther King

Le vingtième était caractérisé par l'individualisme, la libération de l'individu. La structure familiale a perdu sa solidité dans le vingtième siècle, et psychologiquement, les hommes et femmes sont plus instables, pas assez solides. Nous avons appris cela. L'individualisme a apporté beaucoup de solitude et d'instabilité, c'est pourquoi nous devons apprendre comment reconstruire notre famille et notre communauté. Afin de réaliser votre rêve, le rêve de votre vie, vous devez penser à construire une famille, construire une communauté, parce que la famille est une sorte de communauté. Dans le passé, nous avions une grande famille. La famille nucléaire est trop petite: deux personnes ou trois personnes ne sont pas assez pour qu'un arbre soit solide, et à cause de la tendance à l'individualisme, nous pensons que nous avons besoin de liberté, et nous avons abandonné la grande famille, la grande communauté. Nous savons que le Bouddha, après son éveil, savait tout de suite qu'il devait construire une communauté. Donc, après avoir passé quelques semaines à l'arbre de la Bodhi, il alla chercher des membres pour sa communauté, sa Sangha. Le Bouddha était un excellent constructeur de Sangha, constructeur de communauté, et grâce au fait qu'il était un excellent constructeur de Sangha, il a créé une belle Sangha, qui a servi de refuge a tellement de personnes en son temps. Imaginez le Bouddha sans Sangha, il ne peut pas faire beaucoup. Alors après son éveil, il alla construire une Sangha, et grâce à cela, il fut capable d'avoir tellement de personnes, et son rêve devint réalité. Jésus-Christ fit la même chose: après avoir passé du temps seul sur la montagne, il alla chercher une Sangha, il fut capable de construire une Sangha de pratiquants, il a investi beaucoup dans sa Sangha. Mahatma Gandhi savait aussi qu'il devait construire une Sangha, et il a donné de nom Satyagraha, 'Holding to the truth', 'Tenir la vérité'. Il fut capable de construire une bonne Sangha, et son rêve devint vrai. Martin Luther King voulait aussi construire une Sangha. Il savait que sans communauté, il ne pourrait pas réussir dans sa tentative de se battre pour les droits civiles et ainsi de suite. Et il a utilisé le terme 'communauté bien-aimée' pour appeler sa Sangha, et il rejoint la Fellowship of Reconciliation. Dans un des discours qu'il a donné aux membre de la Fellowship o Reconciliation, il a parlé de la communauté bien-aimée. Donc Martin Luther King était très conscient de la nécessité d'une Sangha. Malheureusement il fut tué quand il avait environ quarante ans. Mon rêve a aussi été de construire une communauté. Quand j'étais une jeune moine, j'avais déjà ce rêve, et bien que j'ai passé presque quarante ans en exil, je n'ai jamais abandonné le désir de construire une communauté. Maintenant la Sangha est un petit peu partout, et vous êtes ma communauté, ma Sangha, et la Sangha est mon foyer, vous êtes mon foyer. C'est merveilleux de se sentir au foyer, de sentir que nous sommes au foyer. Donc chacun d'entre nous qui viennent pour pratiquer ensemble avons tous le désir d'une communauté, d'un foyer, et la construction de Sangha est une pratique très importante pour trouver notre vrai foyer, et de faire comme le Bouddha, comme Jésus-Christ, comme Mahatma Gandhi, et Martin Luther King. Nous savons que notre rêve peut devenir réalité seulement si nous investissons dans le travail de construire une Sangha.


Construire une vraie famille

Aujourd'hui, nous sommes venus ensemble célébrer Noël, et si nous nous sentons d'une manière ou d'une autre au foyer parce que nous avons une Sangha dans laquelle nous pouvons revenir, et à chaque fois que nous pensons à la Sangha, nous nous sentons chaud au coeur. C'est parce que nous avons dévoué notre temps et énergie à construire une Sangha. Nous pouvons penser au vingt-et-unième siècle, nous devons être conscient, nous devons être éveillés à propos du fait que suivre la tendance de l'individualisme causera beaucoup de souffrance à nous-même et aux autres personnes. Nous devrions nous réorienter, nous devrions voir que nous devons participer, contribuer au travail de reconstruire une Sangha, une vraie famille, une vraie communauté. Notre famille devrait être plus solide. Nous ne devrions pas être seulement une famille nucléaire, ce n'est pas assez. Et si la famille de sang n'est pas solide, nous devons demander de l'aide à une communauté spirituelle, et les deux sortes de communauté devraient s'aligner entre elles. Noël est un temps où nous avons une opportunité de réfléchir à cela. Comment construire une vraie famille où tout le monde se sent beaucoup plus en sécurité, plus solide, où chacun est enraciné dans tous les autres? Quel le rôle d'une communauté spirituelle, aidant à construire notre famille?


Joyeux Noël, Merry Christmas!


(cloche)


Enseignement donné le 24 Décembre 2008 en anglais, traduit et transcrit par Pháp Thân.