L'île verte

(Télécharger le PDF)


(cloche)

Chère Sangha, nous sommes le 4 Décembre de l'an 2008, au Hameau Nouveau au Temple de la Bonté Aimante du Village des Pruniers pendant la retraite d'hiver.


L'île verte du soi

Chaque fois que nous rentrons chez nous, après un long voyage, une fois arrivés, nous ouvrons la porte et entrons, et nous nous sentons tellement bien. Home sweet home. Nous nous sentons à l'aise, légers, chaleureux, chez nous. C'est comme après une journée de travail: nous avons fait face aux événements du travail quotidien, des difficultés de la vie quotidienne, et une fois arrivés chez nous, nous ouvrons la porte et entrons. Nous retrouvons cette pièce si familière, nous nous asseyons, ou nous nous allongeons pour nous reposer, et nous nous sentons tellement à l'aise. La pratique de retourner dans notre île verte doit être la même chose, parce qu'en nous, il y a une zone chaleureuse, en sécurité, très confortable. Et à chaque fois qu'à l'aide de la respiration consciente nous retournons dans cette zone, nous nous sentons tellement à l'aise, et c'est l'île verte du soi. Avant d'entrer dans le nirvana, le Bouddha a dit a ses disciples: 'Chers enfants, retournez à votre île verte du soi.' Et vous n'avez pas besoin de prendre beaucoup de temps pour retourner chez vous. Nous mettons trois ou quatre heures pour rentrer chez nous de Paris, mais avec la respiration consciente, il suffit de suivre une inspiration et nous pouvons rentrer chez nous, en sécurité, et nous sentir à l'aise, chaleureux. Et nous pouvons amener notre vraie demeure n'importe où, parce qu'elle ne se trouve pas dans l'espace ou dans le temps. D'après les enseignements du Bouddha, nous devrions retourner à notre vraie demeure, à cette île verte du soi. Quand nous ouvrons les portes des organes des sens, nous voyons, nous entendons des choses, nous touchons des choses, et ces choses sont comme des coups de vent qui soufflent chez nous et nous perturbent, et quand nous rentrons chez nous, nous devrions fermer les portes des organes sensoriels. Dans le bouddhisme, nous parlons de deux sortes de conscience. La grande partie de la conscience, c'est la conscience du tréfonds, et l'autre sorte de conscience est une petite conscience, la conscience du mental, et ici c'est la porte ouverte. Les sons, les images, les agitations, les occupations, les bruits de la vie quotidienne, tout cela entre dans notre conscience du mental pour entrer dans notre conscience du tréfonds. Parfois, il y a les coups de vent qui entrent et qui nous fatiguent, nous perturbent, et à ce moment là, nous devrions fermer la porte. Et nous retournons dans cette pièce pendant quelques minutes pour remettre de l'ordre, et ensuite, naturellement, il y a de nouveau la paix, la chaleur. Ceux qui connaissent bien la pratique peuvent restaurer la paix en une ou deux minutes. Lorsque nous allons au lit et que nous éteignons la lumière pour dormir, dans la position du lion allongé, en paix, nous retournons chez nous, nous sommes seuls, nous ne parlons plus, nous n'entendons plus rien, nous retournons à notre île verte du soi et nous respirons. Nous faisons quelques respirations, et cette salle devient si calme, si chaleureuse, si paisible, et nous nous sentons bien dans cette salle. Nous fermons la porte et nous nous isolons du monde extérieur et nous sommes tellement bien à l'intérieur. Si nous sommes habitués à la pratique de la respiration consciente, en quelques minutes, nous pouvons restaurer le calme, la paix, et nous sommes imprégnés dans cette paix, dans ce calme. Il y en a qui n'ont jamais fermé la porte, il y en a qui ne sont jamais retournés à leur île verte du soi pour se nourrir, mais nous, en tant que pratiquants, nous devrions savoir fermer la porte pour retourner à l'intérieur de notre île verte du soi.


Les nuages sont à l'intérieur

Nous savons que si nous pratiquons bien, dans cette île verte du soi, il y aura naturellement des oiseaux, des plantes, des ruisseaux, des papillons, des fleurs, le ciel bleu, les nuages blancs. Au début, nous croyons qu'il y a le soleil, le ciel bleu, les nuages blancs, les oiseaux, les plantes seulement dans le monde extérieur, mais en réalité, ici, à l'intérieur, il y a toute cela aussi. Souvenez-vous, de temps en temps, vous avez un rêve, et dans ce rêve, c'est encore plus beau qu'à l'extérieur, n'est-ce-pas? Et dans ce monde, il peut aussi y avoir le ciel bleu, les nuages blancs, et tout ça, ça vient des semences semées dans notre conscience du tréfonds. Les nuages et les rayons du soleil ne sont pas nécessairement à l'extérieur, ils sont aussi à l'intérieur, et nous pouvons créer des nuages et les rayons du soleil. Alors quand il n'y en a pas à l'extérieur, il y en a à l'intérieur. Créez des nuages et produisez des rayons du soleil. Créez-les vous-même, fabriquez-les vous-même. Tous les jours, pratiquons la marche méditative et la méditation assise pour toucher les merveilles de la vie comme le ciel bleu, les nuages blancs, afin que tout ça entre dans notre conscience du tréfonds, et ainsi nous aurons notre propre nuage, nos propres rayons du soleil, et nous les gardons précieusement. Au lieu de garder les euros, gardez les nuages et les rayons du soleil. Pendant un temps, après une demi-journée de travail, Thay faisait la sieste, et pendant sa sieste, il mettait les cd de chant d'un maître et les écoutait, se laissait imprégner par ces chants pendant son repos, pendant cinq minutes, dix minutes, mais après une période, Thay s'est dit: 'On n'a pas besoin d'écouter le chant, parce qu'à l'intérieur il y a aussi le chant'. À l'intérieur, chez Thay, il y a aussi le chant, et Thay ne met plus ce cd, Thay laisse le chant à l'intérieur se produire et c'est encore plus chaleureux. Maintenant, Thay écoute sa propre respiration consciente, et il a l'impression qu'il a tout à l'intérieur, il n'a plus besoin de rien à l'extérieur, et Thay espère que vous aussi, vous pouvez vous entraîner pour avoir cette habitude dans votre vie quotidienne. Cherchez à retourner à votre île verte du soi, et servez-vous de votre respiration consciente pour créer la paix, la chaleur, parce que cette île verte ne se trouve pas à l'extérieur, ne se trouve pas dans l'espace et dans le temps. Cette zone de sécurité, vous l'avez partout où vous allez, et selon votre pratique, elle peut être très belle. C'est comme lorsque vous décorez votre chambre avec des calligraphies, des tableaux, vous vous sentez tellement bien quand c'est bien rangé, quand c'est bien propre, bien net, et ici c'est pareil, avec la pratique, vous avez des fleurs, des papillons, de l'espace, des ruisseaux, et chaque fois que vous retournez à vous-même, vous vous sentez à l'aise, vous vous sentez bien, et c'est ça 'Home Sweet Home', 'Chère maison'. Et la nuit, quand vous allez au lit, vous vous réjouissez de vous-même. Il n'y a que vous, seul, et vous êtes bien. Alors, quand nous retournons à cette île verte du soi, nous nous nourrissons par la respiration consciente, et nous calmons notre corps et notre esprit. Peut-être qu'à l'intérieur il y a quelques perturbations, mais une fois rentré chez nous, avec la respiration consciente, nous prenons bien soin de notre corps et de notre esprit, et cette perturbation se calmera, et en quelques minutes, vous profiterez de ce calme et de cette paix. Et une fois que vous avez la respiration consciente et la paix, les trois joyaux, le Bouddha, le Dharma et la Sangha se trouvent en vous-même, et vous prenez refuge dans cette zone, c'est à dire dans les trois joyaux. Vous prenez refuge, et vous êtes protégé par ces trois joyaux. Prendre refuge, ce n'est pas joindre les mains pour réciter les trois phrases de refuge, mais c'est plutôt retourner à votre respiration consciente, et quand vous êtes bien établis dans l'ici et maintenant, vous avez le Bouddha, le Dharma et la Sangha qui vous protègent, et vous les avez toujours en vous. Vous avez aussi vos ancêtres, vos amis, en vous. Vous avez tout.


Le bien et le mal

L'autre jour, nous avons parlé de la vue juste. Lorsqu'il y a le mot 'juste', cela signifie qu'il y a le mot 'injuste', ou le mot 'faux'. Quand il y a la vue juste, il y a aussi la vue fausse, parce que sans la vue fausse, il n'y aurait pas la vue juste. Le faux et le juste s'opposent, mais ils inter-sont aussi, comme le gauche et le droit: sans le gauche, il n'y aurait pas le droit, sans le droit il n'y aurait pas le gauche. Le gauche et le droit inter-sont, c'est pareil pour le faux et le juste, les deux inter-sont. Comme la fleur et le compost, dans le compost il y a la fleur, et dans la fleur il y a le compost, et le juste et le faux sont liés entre eux aussi. Le juste va en parallèle avec le bon, et le faux va en parallèle avec le mal, mais comment décider que ceci est juste et que cela n'est pas juste, sur quel critères décide t-on, sur quel fondement se base t-on pour dire que ceci est le mal, ou faux, et sur quel critère nous basons nous pour dire que ceci est juste et que cela est faux? Dans le gatha de la méditation assise du soir, nous chantons: 'Assis au pied de l'arbre de la Bodhi, ma posture est stable. Corps, parole et esprit calmes et tranquilles, il n'y a plus de pensées ni de bien ni de mal.' Nous ne faisons plus de discrimination et nous transcendons le bien et le mal. Peut-être que pendant la journée nous étions occupés à savoir qui a raison et qui a tort, mais une fois assis dans la méditation, nous transcendons cette dualité. Dans le bouddhisme, il y a le bon, le mauvais, mais on voit très clairement que les deux inter-sont, et c'est ce qui est relatif, mais quand nous atteignons l'absolu, il n'y a plus le bon ni le mauvais. Un maître Zen, en parlant de la nature du Bouddha, a dit: 'La nature du Bouddha n'est ni bonne ni mauvaise.' En général, nous disons que le Bouddha est bon, dans le côté juste, et que le côté opposé, c'est le mauvais, mais la nature du Bouddha transcende le bon et le mauvais. C'est pareil avec le nirvana, nous ne pouvons pas dire que le nirvana est bon, non, il transcende toute idée, tout concept du bien et du mal.


Le corps du Dharma

Et c'est pareil avec le corps du Dharma: lorsque nous offrons du riz au Bouddha à midi, nous chantons: 'Le pur corps du Dharma', et nous croyons que le corps du Dharma devrait être pur, et bon, et juste, mais en réalité ce n'est pas ça, le corps du Dharma transcende le bien et le mal, le juste et le faux. Le juste et le faux, le bon et le mauvais sont créés par nous pour vivre dans cette vie, mais la vérité absolue transcende le bien et le mal, et c'est pour cela qu'un maître a répondu, quand on lui a posé la question: 'Qu'est-ce que c'est le pur corps du Dharma?', 'En regardant l'excrément, en regardant la bouse, ou dans l'urine des vaches, c'est ça le corps du Dharma'. Nous sommes emprisonnés dans le concept que le corps du Dharma devrait être pur et bon, que cela appartient au bon, au juste, et c'est pour ça que nous ne connaissons pas ce qu'est le corps du Dharma, car en réalité il transcende tous les concepts. Et la vue juste est pareille: quand nous parlons de la permanence, nous pensons que c'est la vue fausse, et quand nous parlons de l'impermanence, que c'est la vue juste. C'est dans l'éthique, la moralité, le soi est la vue fausse, le non-soi est la vue juste. Mais le soi et le non-soi sont tous les deux des vues. Ce sont des points de vue, et lorsque nous avons un point de vue, nous pouvons en avoir d'autres. Par exemple, lorsque nous montrons cette bougie tout le monde voit cette facette, mais ceci est aussi la bougie, ceci fait partie de la bougie aussi et c'est pareil, ce côté. Il y a plusieurs côtés, nous pouvons avoir six côtés, six facettes. Un poisson nage dans la mare et nous prenons une photo, et ça bouge, c'est un poisson, et la queue est aussi le poisson, mais si nous sommes attachés à cette partie du poisson, nous ne voyons pas sa vraie image, nous prenons six photos, en haut, en bas, à droite, à gauche, devant, derrière, et aucune photo du poisson n'est parfaite. Ce sont seulement des vues, comme dans l'histoire des aveugles qui touchent l'éléphant. Il y en a qui disent que l'éléphant est comme un pilier, d'autres comme un éventail. Mais vue juste transcende toutes les vues. La vue juste dans son sens absolu transcende toutes vues, non seulement le soi mais aussi le non-soi. Elle transcende la permanence et aussi la vue de l'impermanence. L'impermanence peut être simplement une vue et non pas une vision profonde. Lorsque nous sommes attachés à une vue, à une opinion, nous sommes encore attachés, emprisonnés. Lorsque nous sommes attachés à une vue tout en croyant que cette vue est la vérité absolue, nous allons considérer toutes les autres vues comme vues fausses, et nous devenons un dictateur fanatique, nous seuls avons la vue juste, nous seuls avons raison, et nous détruisons, nous tuons. 'Vous, vous êtes mauvais, vous êtes le mal.'


La destruction de l'attachement

Les enseignements du bouddhisme nous aident à nous libérer des vues fausses et aussi des vues justes, c'est ce qu'on appelle 'la destruction de l'attachement'. Lorsque nous sommes au quatrième échelon d'une échelle et que nous croyons que nous sommes au plus haut, nous n'avons plus de chance d'aller plus haut. Quand nous nous attachons à certaines connaissances, par exemple des connaissance scientifiques, nous ne ferons plus de progrès, il faut relâcher ces connaissances pour aller plus loin, et c'est ça la destruction de l'attachement. Et les pratiquants devraient faire la même chose que les hommes de science. Si nous atteignons quelque chose dans la pratique, il ne faut pas être si sûr, il faut être capable de lâcher prise pour aller plus loin. Nous avons appris le non-soi, nous avons appris que le soi n'est pas vrai, mais sachons que le non-soi est encore une vue, qu'il faut la lâcher aussi. Qu'est ce que le non-soi? Pour avoir le non-soi, il faut avoir quelque chose d'autre. Je suis non-soi, vous êtes non-soi, la table est non-soi, et vous êtes encore attachés à moi, à vous, au podium, à la table, et c'est pour ça que la vue juste, dans son sens le plus haut, son sens sublime, est la libération de toutes vues, même si de la vue du non-soi, de l'impermanence, de l'inter-être, du nirvana. Ce qui est le plus extraordinaire dans le bouddhisme, c'est la pratique du lâcher-prise: nous ne sommes attachés à aucune vue, c'est le non-attachement aux vues. On peut dire que c'est l'un des points les plus extraordinaires dans le bouddhisme, le non-attachement aux vues, aux idéologies et c'est un point de base dans le bouddhisme. Nous sommes attachés à une vue, nous croyons que nous sommes dans la bonne direction, nous servons l'idéal, et les autres sont les ennemis de Dieu, de la vérité, et c'est pour cela que l'on tue. Et il faut faire quelque chose pour introduire le non-attachement aux vues dans le premier entraînement des Cinq Entraînements à la Pleine Conscience. En ce moment la discrimination, la guerre, la tuerie, la violence, tout cela vient en grande partie de la croyance que nous sommes les bons et que les autres sont le mal, et que nous pouvons tuer, nous sacrifier, au nom du bon, au nom de Dieu. Nous tuons tout en croyant que nous faisons un bon acte, et qu'après avoir tué, nous irons au paradis, parce que nous servons l'idéal, le juste, et c'est pour cela que dans le premier entraînement à la pleine conscience, il introduire l'idée que l'origine profonde de la violence, de la tuerie, de la destruction, c'est l'attachement aux vues. Nous disons que la vue juste est la vue de l'inter-être, de l'interdépendance, et que l'inter-être est aussi l'impermanence, le non-soi, l'interdépendance, c'est ce que nous avons appris l'autre jour. Et lorsque nous parlons encore de l'inter-être comme l'interdépendance, la vacuité, le non-soi, l'impermanence, nous avons encore une vue, même si cette vue nous aide à nous libérer des vues justes, mais nous avons encore une vue, et si nous la gardons comme une vue absolue, nous sommes emprisonnés et nous ne transcendons pas encore la dualité. L'erreur de beaucoup d'entre nous, c'est la vue dualiste, notre façon dualiste de regarder les choses, parce que cela crée la discrimination entre moi et vous. 'Vous n'êtes pas moi, vous mourez, et pas moi; je souffre, et pas vous.' C'est une vue dualiste qui cause beaucoup de souffrances. Nous ne voyons pas encore que la graine de maïs est le plant de maïs, nous posons la question au maïs et il a oublié.


Le Dharma approprié

Alors le premier entraînement à la pleine conscience: 'Conscient de la souffrance provoquée par la destruction de la vie, je suis déterminé à cultiver ma compassion et à apprendre comment protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage à ne pas tuer, à ne pas laisser tuer et à ne soutenir aucun acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées ou dans ma façon de vivre.' Nous pouvons rajouter une phrase pour que cet entraînement ait un fondement. 'Je fais le voeu de regarder profondément pour voir la nature de l'inter-être de toutes choses afin de transcender la tendance de la discrimination, de l'attachement aux vues, du fanatisme, de l'endoctrinement et de la vue dualiste, fondement de toute angoisse, colère, haine, avidité et désespoir, ce qui mène à la violence et à la destruction de la vie.' Ici, nous voyons l'origine profonde de la violence: l'attachement aux vues. Cela signifie que nous sommes emprisonnés dans une opinion, dans une vue, et la vue juste ici signifie la vue de l'inter-être, la vue qui transcende la dualité, la vue qui ne s'attache à aucune idéologie, et c'est le critère de base de l'étique bouddhique. Nous pouvons rajouter ça, et Thay espère que ceux qui écrivent bien écrivent cette phrase, et ainsi, pendant cette retraite, nous pourrons compléter, nous pourrons réviser les cinq entraînements à la pleine conscience, parce que pendant cette retraite nous aurons d'autres visions profondes, et nous devrions les introduire aux Cinq Entraînement à la Pleine Conscience. Le bouddhisme, si c'est vraiment le Dharma, doit être approprié à notre temps, aux situations actuelles. En ce moment, il y a des souffrances comme la violence, le terrorisme, la haine, la destruction de l'environnement, le réchauffement planétaire, et nos entraînements à la pleine conscience devraient répondre directement à ces souffrances, sinon ils ne sont pas appropriés. Les entraînements à la pleine conscience devraient être appropriés à notre temps. Mais ils doivent être appropriés tout en restant fidèles au Dharma. S'ils sont seulement appropriés aux situations actuelles sans rester fidèles aux enseignements de base du Dharma, alors ce n'est pas juste. Ils doivent être appropriés aux situations actuelles et appropriés aux principes de base. Cela doit aller en parallèle avec l'impermanence, le non-soi, l'inter-être, cela doit porter le sceau du Dharma. Il y a trois sceaux du Dharma: l'impermanence, le non-soi et le nirvana. L'impermanence et le non-soi sont deux sceaux relatifs, de la dimension historique, et le nirvana est un sceau de la dimension ultime, de la dimension absolue, et tout enseignement qui ne porte pas ces trois sceaux n'est pas le Bouddha-Dharma. Si c'est approprié aux situations actuelles, mais pas aux principes de base, ce n'est pas bon. Si cela correspond aux principes de base, mais que ce n'est pas approprié aux situations actuelles, ce n'est pas bon. Il faut que cela soit approprié aux deux, à ces deux éléments. Cela doit suivre les enseignements et en même temps être approprié aux situations actuelles, et tout enseignement qui ne porte pas ces deux éléments appropriés, ces deux directives, ce n'est pas le bon Bouddha-Dharma, c'est pour cela que l'éthique bouddhique devrait changer pour correspondre, pour être approprié aux situations actuelles. Pendant quarante-cinq ans, le Bouddha a beaucoup changé les préceptes, au bout d'un certain temps, il y en a un qui se rajoutaient. À la première année, les préceptes n'étaient pas les mêmes que la dernière année, avant que le Bouddha entre dans le nirvana. À la fin de la vie du Bouddha, le Bouddha voulait simplifier les préceptes, mais comme le Bouddha n'était pas en bonne santé, Ananda n'osait pas lui demander exactement quels préceptes enlever. En quelques mots, le Dharma devrait se modifier pour être plus approprié aux situations actuelles, mais il doit suivre les trois sceaux du Dharma: l'impermanence, le non-soi et le nirvana.


(cloche)


Les dix préceptes

Beaucoup d'entre vous ne savez pas encore que les Quatorze Entraînement à la Pleine Conscience ont leur origine dans les dix préceptes traditionnels. Il y a un soutra sur les dix préceptes, où le Bouddha a enseigné les dix préceptes, les dix bonnes actions. Le nom du soutra en sanscrit est Sagara. C'est le soutra enseigné par le Bouddha au roi des dragons, le Sagara. Dans ce soutra, le Bouddha enseigne dix préceptes. Trois font partie du corps, quatre des paroles, et trois de l'esprit. Les trois préceptes sur le corps: Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de conduite sexuelle inappropriée. Quatre préceptes sur les paroles: ne pas mentir, ne pas dire de mots méchants, ne pas exagérer ou embellir vos paroles, ne pas utiliser de paroles calomnieuses. Les trois préceptes sur l'esprit: ne pas être avoir d'avidité, ne pas être en colère, ne pas être ignorant. Ces dix préceptes sont fondamentaux et cela englobe tout, cela englobe les Cinq Entraînement à la Pleine Conscience. Mais ces derniers soulignent beaucoup le corps et la parole et pas trop le mental, mais les dix préceptes sont plus avancés que les cinq, parce qu'ils se focalisent plus sur le mental. Dans le Noble Chemin Octuple, c'est très clair. La vue juste et la pensée juste font partie du mental, puis il y a la parole juste et l'action juste. L'action juste fait partie du corps, mais la pensée est à l'origine des paroles et du actions du corps. C'est pour cela que dans le bouddhisme, la pensée est la base, est le fondement, et cet enseignement est clairement enseigné dans le Dhammapada. La première phrase du Dhammapada est: 'La pensée est le chef, la pensée est maître, et la pensée crée. Si la pensée est pure, les paroles et les actions vont apporter le bonheur, la joie, et si la pensée n'est pas pure, les paroles et l'action vont causer de la souffrance.' c'est la première phrase du Dhammapada Les dix préceptes commencent avec le corps et les paroles, et les trois préceptes pour les pensées vont à la fin, et Thay a fait le contraire quand il a écrit les Quatorze Entraînements à la Pleine Conscience, il a mis les préceptes pour la pensée en premier, et si vous avez récité les quatorze entraînements, vous voyez très clairement qu'on commence tout de suite avec les préceptes de la pensée, parce que c'est la base, cela amène tout. Cela se focalise sur la pratique de la pensée. Si vous faites attention, alors vous avez vu ça. C'est pour cela que les quatorze entraînements sont appropriés à la situation actuelle, et qu'ils correspondent aux enseignements encore plus que les cinq entraînements, parce qu'ils s'approchent de l'essence, c'est à dire qu'ils se focalisent sur la pensée, et c'est une caractéristique des quatorze entraînements: ils suivent fidèlement les enseignements du Bouddha, et ils sont bien appropriés aux situations actuelles. Le premier entraînement à la pleine conscience: 'Conscient de la souffrance causée par le fanatisme, l'intolérance, je fais le voeu de pratiquer pour ne m'attacher à aucune doctrine, aucune idéologie'. Les enseignements du Bouddha devraient servir à développer la compassion, la compréhension. 'Conscient de la souffrance provoquée par le fanatisme, nous sommes déterminés à ne pas idolâtrer et à ne nous attacher à aucune doctrine, théorie ou idéologie'. Les enseignements du bouddhisme sont des directives qui nous aident à développer l'amour et la compréhension, et ce ne sont pas des doctrines pour lesquelles on tue. Et cet entraînement répond exactement à notre situation actuelle, parce que la plupart des tueries et des destructions de la vie viennent du fanatisme. Et si notre entraînement à la pleine conscience est encore plus fidèle aux enseignements du Bouddha et encore plus approprié à la situation actuelle, il est certain que le Bouddha doit être très content. Et il faut rajouter cela dans les cinq entraînements à la pleine conscience, et c'est pour cela que nous avons proposé: 'S'il vous plaît, travaillez, ne laissez pas Thay travailler seul. Vous tous, vous devriez réfléchir, travaillons comme une Sangha.' 'Je fais voeu de regarder profondément pour voir vraiment, clairement, la nature de l'inter-être de toute chose afin de transcender toute tendance à la discrimination, de l'attachement aux vues, du fanatisme, de l'endoctrinement, de la vue dualiste, fondement de toute angoisse, colère, haine, avidité, désespoir, qui mène à la violence et à la destruction de la vie.' Ici, nous introduisons l'élément de la pensée, parce que sinon le premier entraînement se focalise seulement sur l'action, sur le corps, mais nous savons que la pensée en est l'origine. Nous devons savoir comment faire pour ne pas avoir la vue dualiste, l'attachement aux vues, aux doctrines, et ainsi nous pouvons résoudre le problème de la guerre, de l'angoisse, et lorsque nous récitons les préceptes, nous savons que le premier entraînement est très profond. C'est pour cela que toutes les semaines nous récitons les entraînements à la pleine conscience et que nous avons une discussion afin de maîtriser les entraînements et de les mettre en pratique. Alors même si vous n'écrivez pas bien le vietnamien, ou le français ou l'anglais, vous devriez regarder profondément pour voir comment présenter cet entraînement pour qu'il soit complet. On voit que la pensée est le leader ici. Il faut avoir une vue claire, sans attachement aux doctrines, aux idéologies, une vue de l'inter-être, une vue sans discrimination, sans la croyance que nous sommes les meilleurs, que nous sommes les seuls à avoir raison. Dans les quatorze entraînements, nous commençons avec les entraînements de la pensée. Dans les entraînements de la pensée, les premiers visent à la vue juste et la pensée juste. Quand on a la vue juste, on a la pensée juste, et quand on a la pensée juste, l'action et la parole sont justes. C'est pour cela que dans les cinq entraînements, il faut introduire les éléments de la vue juste et de la pensée juste. Nous nous réunissons en tant que Sangha pour les réviser, nous allons faire ce que le Bouddha veut en continuant un Bouddha-Dharma approprié à notre temps tout en restant fidèle aux enseignements du Bouddha.


(cloche)

Les six premier membres de l'ordre de l'inter-être ont reçu les préceptes pendant la guerre du Vietnam. C'était une guerre d'idéologie. Un côté suivait le marxisme, l'autre côté suivait l'anticommunisme. Le Nord utilisait l'idéologie marxiste et le Sud utilisait l'idéologie anticommuniste. Et les deux côtés du pays ont importé leurs idéologies de l'extérieur du pays, et se sont entretués avec des armes importées de l'extérieur du pays. C'est pour cela que les bouddhistes n'en pouvaient plus. Ils se sont soulevés parce qu'ils n'acceptaient pas cette guerre. Les frères et soeurs s'entretuaient à cause des idéologies et des armes venant de l'extérieur. Et les bouddhistes qui se soulevaient étaient oppressés, personne ne les écoutaient, et c'est pour cela que quelques maîtres s'immolaient pour attirer l'attention du monde. 'Nous ne sommes pas d'accord avec cette guerre. Nous ne supportons pas l'importation de ces idéologies et de ces armes pour cette guerre.' L'immolation de ces personnes était comme le rugissement d'un lion. Et les quatorze entraînements aussi sont comme le rugissement d'un lion.


L'important

L'autre jour, nous avons parlé d'une vue du cosmos de nos amis judaïstes et chrétiens. D'après moi, c'est seulement une des vues des chrétiens et des juifs. Ils peuvent avoir d'autres vues, ils ont le droit d'avoir d'autres vues, et l'important, ce n'est pas la vue du cosmos, mais ce sont les enseignements de Jésus-Christ: ces enseignements soulagent-ils la souffrance du monde ou pas? C'est cela l'important. Savoir quand cet univers a été créé, ce n'est pas l'essentiel, ce n'est pas l'important. Dans le bouddhisme, on dit que juste après sa naissance, le Bouddha Sakyamuni a fait sept pas, et que d'un doigt il a montré le ciel, d'un autre doigt il a montré la terre en disant 'Moi, je suis le meilleur dans cette terre et ce ciel'. Ce n'est pas important, tout ça. L'important c'est de savoir si les enseignements du Bouddha ont soulagé la souffrance ou non. On ne pose pas des questions comme 'Le Bouddha est-il né à partir de la hanche droite ou gauche de sa mère?'. Peu importe. Et c'est pareil pour nos amis chrétiens: de savoir si cet univers a été créé à telle ou telle date, ce n'est pas important. L'important, c'est de savoir si les enseignements de Jésus-Christ ont soulagé la souffrance du monde ou non. Et peut-être que nos amis chrétiens et juifs nous offrirons un jour une nouvelle vue du cosmos. L'autre jour, nous avons parlé de cette vue, que les chrétiens et les juifs disent que cet univers a été créé par un Dieu, que cet univers a un sens, une signification et un but, que c'est le programme de Dieu. C'est la vue classique, traditionnelle, de nos amis chrétiens et juifs, et nous savons que d'après Aristote, les choses ont un but pour leur création, une fonction, un but. Il a décrit toutes choses comme ayant un but: la dent pour mâcher, la pluie pour faire pousser les plantes. Il y a des lois dans les choses, il suffit de regarder ces lois pour voir clairement ce qu'il faut faire et ce qu'il en faut pas faire. Dans le train, au retour d'Allemagne, Thay a posé une question à son intendant, une devinette: 'Est-ce que Dieu a créé l'éléphant avant l'herbe ou après?' Les occidentaux sont étonnés de cette devinette, parce que les vietnamiens ont un dicton: 'C'est Dieu qui créé l'éléphant et l'herbe', et c'est pour cela que Thay a posé cette question: 'Qu'est-ce qui vient en premier?' Et son intendant a dit: 'Je pense que l'éléphant vient en premier et l'herbe ensuite, parce que l'éléphant n'avait rien à manger et Dieu a alors créé l'herbe'. Mais Thay pense que Dieu a créé l'herbe en premier, puisque comme ça l'éléphant a tout de suite quelque chose à manger dès sa naissance. La loi naturelle dit que toutes choses ont un but: la dent sert à mâcher, l'oeil sert à regarder, à voir, le nez à sentir, le pied à marcher, le couteau à couper; toute chose a une fonction et en regardant la nature, nous pouvons en tirer les principes. La pluie nourrit la nature, la dent mâche. Si la dent ne mâche pas, cela va à l'encontre de la loi. C'est pour que selon cette croyance on dit que Dieu créé l'herbe parce qu'il y a l'éléphant, que Dieu a créé les humains et qu'ensuite il a du créer les animaux pour que les humains aient quelque chose à manger, et ensuite que Dieu a du créer l'herbe pour la nourriture des animaux, et on en conclut que la lune et les étoiles ont été créées pour les humains afin de servir de lumière, et donc que les humains sont les meilleurs, car tout est là au service des humains. On peut penser de cette façon. À cette époque, il n'y avait pas encore le christianisme. Quand le christianisme est apparu dans le monde, il y a eu les Dix Commandements, et l'éthique chrétienne se base sur ces commandements, et on croit que ces Dix Commandements ont été enseignés directement par Dieu, gravés par le feu sur les grands rochers. Si Dieu dit que c'est vrai, alors c'est vrai, si Dieu dit que c'est faux, alors c'est faux. Tout doit s'appuyer sur les ordres de Dieu, et l'éthique devrait s'appuyer sur l'ordre de Dieu. Mais plus tard, le christianisme a accepté la loi naturelle, et les théologiens chrétiens ont dit que quand Dieu a créé l'univers, il s'est arrangé pour que toute chose ait un but et un programme, et Dieu a donné aux humains la sagesse, la vision profonde pour voir le but et la fonction de chaque chose. En regardant les choses autour, nous savons ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. En voyant la fonction des choses, on voit aussi que les choses devraient faire ceci ou cela. Si le nuage ne produit pas de pluie pour faire pousser les plantes, ce n'est pas correct. Si les animaux ne sont pas nés pour être mangés par les humains, ce n'est pas correct. La théologie des ordres de Dieu a utilisé la loi naturelle pour se compléter.


Théories scientifiques

Cependant, les sciences ont offert une vue opposée à la vue religieuse, mais il n'est pas sûr que la vue scientifique soit vraie, parce que les sciences avancent aussi, et la religion avance aussi. Et le bouddhisme aussi. Si nous sommes libres, si nous avons la liberté, nous pouvons avancer facilement. C'est pareil pour les sciences: dans les sciences il y a aussi des scientifiques qui sont très attachés aux vues et qui ne s'améliorent pas. Ils ne font pas de progrès parce qu'ils s'attachent aux anciennes découvertes, mais ceux qui sont près à lâcher prise des vues font beaucoup de progrès. Et dans le bouddhisme, il y en a beaucoup qui sont conservateurs, qui s'attachent beaucoup. Et dans le christianisme, il y en a qui sont très progressistes, qui sont près à lâcher prise des anciennes vues pour en adopter d'autres. Dans tous les domaines, on peut avancer, faire des progrès. En ce moment, la vue scientifique peut s'opposer à la vue religieuse, mais il n'est pas sûr que la vue scientifique est vraie. Cet univers se manifeste seulement depuis quinze milliards d'années, depuis le Big Bang, et la planète Terre a été créée depuis 4,6 milliards d'années. Le processus d'évolution de la vie a eu lieu lentement selon le principe de la sélection naturelle. C'est seulement une vue scientifique. Les premiers hommes sont apparus dans ce monde récemment. L'extinction des dinosaures a eu lieu il y a 65 millions d'années, probablement à cause de la rencontre d'un astéroïde, ce qui a créé des conditions pour l'évolution d'un certain nombre d'espèces, et 63 ou 64 millions d'années plus tard, les humains sont apparus dans ce courant d'évolution. En ce qui concerne le temps, les humains sont seulement apparus hier. Dans le temps cosmologique, nous venons seulement d'apparaître et nos ancêtres ont cru que les humains étaient les plus importants de toutes les espèces. Il y en a qui croient que l'univers a été créé au service des humains, y compris la lune et les étoiles. Puis nous avons commencé à développer des théories du bien et du mal, les théories du hasard, mais c'est seulement une vue scientifique. D'après Thay, il y a plein d'erreurs, ce n'est pas très scientifique.


La théorie du hasard

D'après cette vue décrite dans un essai écrit en 1902 par Bertrand Russel, il n'y a pas de hasard dans cet univers, les électrons se frottent, et par accident cela a créé la vie, entièrement au hasard. Il n'y a pas de programme, ni de doctrine, ni de Dieu, et c'est une vue scientifique. Mais nous avons dit que les sciences progressent aussi, et il y a des hommes de science qui sont très libres de vue. La semaine prochaine, nous aurons la vue bouddhique de la création de l'univers. Et la vue bouddhique progresse aussi, avec le regard profond. Bertrand Russell est anglais et il croit qu'il a une vue qui s'approche de la vérité. Il dit que toute science ou toute éthique qui ne se base pas sur cette vue n'est pas solide. Chaque hameau aura une photocopie pour lire. Il a écrit cela en 1902, il y a 106 ans. "Les causes de l'apparition des humains n'ont pas prévu où les humains iront et ce qu'ils feront. L'origine des humains, l'évolution des humains, les espoirs, les angoisses, les croyances des humains sont tous des conséquences des frottements des électrons." Mais les bouddhistes parlent du karma, ce n'est pas le hasard. Cette vue est considérée comme scientifique, mais Thay pense que les sciences sont en train de transcender cette vue. Il n'y a rien qui ait la capacité de maintenir l'existence des humains après la décomposition de ce corps. Vous ne pouvez pas exister éternellement, et cela confirme l'impermanence. On peut accepter cela, mais c'est faux aussi: une fois qu'on est mort, il ne reste plus rien, mais le karma continue. C'est pour cela que cette vue n'est pas juste. "Toutes les dur labeurs de tant de générations, toutes les vénérations, les inspirations, la gloire des capacités des humains, tout va s'éteindre avec la mort du soleil, et toutes les oeuvres des humains seront enfouies sous la destruction de l'univers." Ce n'est pas correct, tout ça. Tout ça, même si les humains ne l'acceptent pas encore, cela va se produire, toutes les oeuvres des humains vont devenir poussière aussi, et si vous n'acceptez pas cette vérité, alors aucune éthique, aucune doctrine ne pourra tenir debout. C'est seulement sous cette lumière, seulement sur cette base sans espoir, que le refuge de l'âme des humains peut s'établir. Alors cela signifie que nous devrions établir notre espoir sur cette base, sinon il n'y a que des illusions. On ne peut pas espérer que ce monde va rester pour toujours, et toute doctrine qui n'est pas basée sur cette vérité ne peut pas tenir debout, et si nous voulons chercher une direction, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur cette vérité: un jour, cet univers va se détruire, il faut voir ça pour être réaliste. La vue religieuse avance, la vue scientifique avance aussi. Puis nous étudierons aussi la vue bouddhiste qui est très différente. Il semble que le bouddhisme ne soit pas une religion. C'est une source de vision profonde, ce n'est pas une religion, même s'il y en a qui le décorent comme une religion. Et ce sont des vues, et même si nous avons l'impression que notre vue s'approche de la vérité, nous devrions être prêt à lâcher prise, nous ne disons pas que seule la vue bouddhiste est vraie. En disant cela, on n'est pas bouddhiste, on s'oppose au bouddhisme, parce que le bouddhisme dit que vous devriez lâcher prise de tout, y compris des vues bouddhistes. C'est le premier entraînement à la pleine conscience, c'est le rugissement d'un lion.


Enseignement donné le 4 Décembre 2008 en vietnamien, transcrit par Pháp Thân d'après la traduction française