Enseignement pour les enfants : la rose et le nuage

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(cloche)

Une vraie fleur

Nous sommes assis comme un Bouddha. Chacun de nous est un Bouddha. Petits Bouddhas, grands Bouddhas, et nous respirons ensemble. « Inspirant, je me vois comme une fleur. Je suis une vraie fleur. » Quelques fleurs pleurent. (On entend un enfant pleurer.) Les fleurs sont supposées sourire. Donc il y a un exercice de méditation appelé « fleur fraîche ». « Inspirant, je me vois comme une fleur. Expirant, je me sens frais, je souris. » Si nous regardons un enfant, que ce soit une fille ou un garçon, nous voyons que l'enfant est une vraie fleur. Regardez son visage, c'est une vraie fleur, un beau visage. Et ses yeux sont une vraie fleur. Et regardez sa petite main. C'est une vraie fleur, une fleur à cinq pétales. Et le pied de l'enfant est aussi très beau. J'aime contempler un enfant quand il dort. Tout le corps de l'enfant est une fleur. Son visage est une fleur, sa main est une fleur, son pied est une fleur, donc l'enfant est une vraie fleur. Chaque homme, chaque femme, chaque garçon, chaque fille, est une fleur dans le jardin de l'humanité. Donc nous sommes une sorte de fleur. Une rose est une sorte de fleur, une tulipe est une sorte de fleur, et un garçon, une fille, un homme, une femme, sont des sortes de fleur. Et une fleur peut être très fraîche, très belle, rafraîchissante. Donc avec la pratique de la méditation, nous pouvons garder notre fraîcheur pour longtemps, nous pouvons garder notre florescence pour durer longtemps. Si nous ne pratiquons pas la méditation, nous perdons notre fraîcheur, notre florescence, et nous crions, et nous nous mettons en colère, et nous ne sommes plus beaux et frais. C'est pourquoi s'asseoir comme une fleur, respirer comme une fleur, sourire comme une fleur est notre pratique, et tout le monde peut le faire. Donc faisons ensemble l'exercice de méditation : « Inspirant, je me vois comme une fleur. » Je n'ai pas à imaginer que je suis une fleur, parce que je suis une vraie fleur. « Et expirant, je me sens frais et je souris. » Faisons cela ensemble avec la cloche.


(cloche)

« Inspirant, je suis une fleur. Expirant, je me sens frais, je souris. Fleur, sourire. »


Une fleur de lotus pour toi, Bouddha en devenir

Vous savez que l'Inde est un grand pays, et beaucoup de personnes vivent en Inde, il y a des centaines de millions de personnes vivant en Inde, et quand les indiens se rencontrent, ils ne se serrent pas les mains, ils joignent leurs mains et s'inclinent. Ils forment une fleur avec leurs deux mains. Nous avons deux mains, et ces deux mains se joignent pour faire une fleur. Ceci est une fleur de lotus. Donc quand vous rencontrez une autre personne sur votre chemin, vous pouvez essayer cette sorte de salutation, et dans beaucoup d'autres pays, ils font la même chose, comme en Thaïlande, En Birmanie, et ainsi de suite. Dans les temples bouddhistes, nous faisons aussi ceci. Quand un moine rencontre un autre moine, il forme une fleur en pleine conscience avec ses deux mains. Concentré, il ne pense à rien d'autre, il focalise son attention pour joindre ses deux paumes et faire une fleur. Et en inspirant et faisant une fleur, il dit silencieusement : « Une fleur de lotus pour toi. » C'est-à-dire pour le moine en face de lui. « Une fleur de lotus pour toi », et quand il s'incline, « Toi, qui es un Bouddha en devenir. » Chaque personne peut être un Bouddha, si cette personne sait comment respirer, marcher, en pleine conscience, et développer sa compréhension et sa compassion, sa compréhension et son amour en elle. Un Bouddha est un être humain, mais avec beaucoup de compréhension et d'amour. Chacun de nous a de la compréhension, de l'amour aussi, mais pas aussi autant que la compréhension et l'amour du Bouddha. Donc avec de la pratique de méditation, nous laissons la compréhension et l'amour en nous grandir, et un jour, nous devenons un Bouddha complet. Maintenant, nous sommes des Bouddha à temps partiel, et si nous pratiquons, nous devenons un Bouddha à temps plein, toujours empli de compréhension et d'amour. Donc dans cette retraite, essayons l'habitude de nous saluer les uns les autres comme ceci. Rencontrant un autre ami sur le chemin, nous arrêtons de penser, et nous faisons seulement une fleur : « Un lotus pour toi, Bouddha en devenir. » Cela signifie que si vous voulez être un Bouddha, vous pouvez être un Bouddha. Si vous êtes calme, si vous êtes frais, si vous souriez, si vous êtes agréable, si vous avez beaucoup de compréhension et d'amour, vous êtes un Bouddha. Et tout le monde a la nature de Bouddha, tout le monde peut devenir un Bouddha complet. Je me souviens du temps où nous avions juste ouvert le Village des Pruniers, pour que les amis puissent venir et pratiquer, il y a environ vingt ans. Il y avait des enfants français qui venaient, et ils n'avaient pas l'habitude de se saluer de cette façon, alors nous leur avons appris comment saluer avec une fleur de lotus. J'aimerais demander à deux garçons de venir et de faire une démonstration. Deux volontaires. (Deux garçons viennent près de Thay.) C'est la façon de faire en Occident, serrer la main. Quand deux messieurs en Angleterre se rencontrent, ils se serrent la main. (les deux garçons se serrent la main.) Bonjour. Et alors vous jouez maintenant les deux personnes indiennes qui se rencontrent. (Les deux garçons s'inclinent rapidement.) Mais nous pouvons le faire mieux. Nous le faisons en pleine conscience. « Inspirant, je forme une fleur de lotus. » Faites-le. « Inspirant, je forme une fleur de lotus. Expirant, je m'incline. Inspirant, je dis : « Une fleur pour toi. » » Et quand nous nous inclinons, nous disons : « Toi, un Bouddha en devenir. » Frère Pháp Lay, viens le faire avec Thay. Nous jouons, nous faisons comme les enfants. Maintenant, nous faisons comme deux Occidentaux. (Thay et Pháp Lay se serrent la main.) « Bonjour. » Maintenant, nous nous saluons comme deux Indiens, deux bouddhistes. « Un lotus pour toi, un Bouddha en devenir. » Mais cette fois, nous ne le disons pas tout haut, nous le disons seulement silencieusement, et nous inspirons et le faisons. (Thay et Pháp Lay s'inclinent.) Pouvez-vous le faire ? (Les deux garçons s'inclinent.) Merveilleux. Et il y a un garçon français qui a demandé : « Si un homme français et un bouddhiste se rencontrent, comment peuvent-ils combiner les deux ? » Et alors nous avons inventé un demi-lotus, et un demi-serrage de main, comme ceci, seulement à moitié. (Thay et Pháp Lay s'inclinent avec la main gauche et se serrent la main droite en même temps.) Pouvez-vous faire cela ? (Les deux garçons le font.) Mais un autre garçon français a dit : « Mais de cette façon, vous avez seulement un demi-lotus, nous voulons avoir un lotus complet. » Alors nous avons changé comme ceci. (Thay et Pháp Lay se serrent la main droite et joignent leurs mains gauche ensemble pour former un lotus.) Pouvez-vous le faire ? (Les deux garçons le font.) Merveilleux. Merci.


La main de maman

J'ai un ami qui était peintre. Il a quitté le pays alors qu'il était jeune. Il n'avait pas d'argent, alors il a essayé de se faire engager comme personnel sur un bateau. Il servait, nettoyait, afin de pouvoir avoir la chance d'aller en Amérique du Nord afin de devenir étudiant. Sa famille était très pauvre. Son père était déjà mort, alors il vivait avec sa mère. Et le jour où il est parti, il a pleuré. Il a dit : « Maman, tu vas me manquer beaucoup, mais je dois partir afin d'avoir un futur. Je me suis engagé pour travailler comme serveur dans un bateau, et quand je serai en Amérique, j'essayerai de travailler dur afin d'avoir assez d'argent pour étudier. » Et cette nuit-là, quand la mère et le fils passèrent la nuit ensemble, la mère dit : « Mon fils, quand tu seras là-bas, en Amérique, tu me manqueras beaucoup, et je sais que je te manquerai beaucoup. Donc, mon fils, à chaque fois que je te manque trop, tu lèves ta main et la regardes, et tu me verras dans ta main. Quand tu regardes ta main gauche, tu sais que c'est ta main gauche, mais que c'est aussi la main de maman. Ta main est une continuation de la main de maman. Donc quand tu regardes en profondeur ta main et y vois ma main, tu peux mettre doucement ta main sur ton front, et en même temps, il y a ma main, la main de maman sur ton front, et je serai avec toi. Parce que tu vas en Amérique, mais tu m'amènes avec toi en Amérique, parce que je suis en toi, ma main est dans ta main. » Vous savez, c'est une femme formidable. Elle n'a même pas eu le diplôme du lycée, et encore moins un diplôme d'Université, mais elle a pratiqué la méditation, alors elle sait qu'elle est dans son fils, et que son fils est en elle. Donc durant le temps où le jeune homme vivant en Amérique, de temps en temps, il levait sa main et regardait, et il était capable de voir dans sa main la main de sa mère, et puisque sa mère lui manquait beaucoup, il mettait sa main sur son front, et il sentait que la main de sa mère touchait son front, et il était très heureux, il souffrait moins, spécialement quand il avait de la fièvre. Souvenez-vous, quand vous étiez malade, votre front était chaud, vous souffriez tellement, et quand maman apparaît et qu'elle pose sa main sur votre front, vous vous sentez très bien. Elle n'a encore rien fait, elle a seulement mis sa main sur votre front, et vous vous sentez très bien, vous souffrez moins tout de suite, la main de votre maman est tellement merveilleuse. Et je pratique la même chose. Ma mère est morte il y a longtemps, mais à chaque fois que je regarde assez profondément dans ma main, je vois ma mère dans ma main, et quand je touche mon front avec ma main, j'ai l'impression très réelle que ma mère me touche avec beaucoup d'amour, et je me sens très heureux, j'ai la vision profonde que ma mère n'est jamais morte, qu'elle est toujours vivante en moi. Je peux être avec elle à n'importe quel moment. Je lui parle, je m'assois avec elle. Quelquefois, en session de méditation, je l'invite à s'asseoir avec moi et à parler avec moi. Je parle aussi avec mon père. Je me souviens, dans un ermitage, en France, un jour, je me suis assis en méditation, et je me sentais tellement libre, je n'avais plus aucun désir, j'étais complètement satisfait dans l'ici et maintenant, et j'ai dit au père en moi. « Papa, nous l'avons fait. Nous avons réussi. Je suis libre, et tu es aussi libre en moi. » C'était un moment très heureux. Et il y a quelques années, nous avons eu la chance de faire une méditation marchée à New Delhi, et nous avons été autorisé à utiliser la plus grande avenue de New Delhi pour faire la méditation marchée, et plusieurs centaines d'entre nous ont fait la méditation marchée. Je me souviens que j'ai invité mon père à marcher avec moi avec mes pieds, et nous avons marché ensemble à New Delhi, donc mon père est toujours vivant. Et quelques mois plus tard, j'ai invité ma mère à marcher avec moi avec mes pieds, parce que je sais que ce sont mes pieds, mais ce sont aussi les pieds de ma mère. Donc ma mère est toujours vivante en moi, dans chaque cellule de mon corps. Et aussi mon maître. Mon maître est passé au-delà en 1968. Une bombe est tombée sur les quartiers résidentiels des moines, mais heureusement, personne ne mourut. C'était en 1968, et j'ai appris la mort de mon maître. Je l'aimais tellement. Et quand je pratiquais de regarder dans ma main, je voyais que dans ma main, il y avait aussi la main de mon maître. J'ai appris tellement de chose de mon maître, et le meilleur de mon maître m'a été transmis, j'ai mon maître à l'intérieur, et c'est pourquoi quand je touche mon front avec ma main gauche, je sens que mon maître me touche avec beaucoup d'amour. Et je fais aussi cela avec le Bouddha, parce que je ne pense pas que le Bouddha soit à l'extérieur de moi, il est à l'intérieur de moi. J'ai reçu beaucoup du Bouddha, j'ai appris beaucoup du Dharma. Si j'ai de la compassion, de la compréhension, et la non-discrimination, c'est grâce au Bouddha, donc le Bouddha est en moi. Et ma main contient aussi la main du Bouddha. Cette main a pratiqué la non-violence. Mes deux mains n'ont depuis longtemps fait de mal à aucun être humain. Elles pratiquent la protection de la vie, ne pas tuer. Il y a la compassion, il y a l'amour dans mes deux mains, donc je sais que le Bouddha est dans mes deux mains. Donc à chaque fois que je veux que le Bouddha me touche, c'est facile. Je mets seulement ma main ici, et je vois la main du Bouddha me toucher. C'est merveilleux. Maintenant, vous pouvez essayer. Levez votre main droite, et voyez que la main de votre mère est dans votre main, et vous touchez votre front, et vous voyez votre mère vous toucher. Vous voyez ? Ce n'est pas difficile du tout. « Maman me touche. » Maintenant, avec l'autre main, je vois la main de mon père, et quand je touche mon front, mon père le touche. « Bonjour papa, je sais que tu es là, tu me touches avec ta main. » C'est ce que nous apprenons dans des retraites de méditation. Vous pouvez revenir après Pâques et dire à vos amis à l'école ce que vous avez appris dans la retraite. Et le Bouddha aussi. Le Bouddha est disponible en vous. Vous avez laissé le Bouddha venir en vous. Vous avez laissé la compassion, la gentillesse, la compréhension, la non-discrimination venir en vous, donc il y a le Bouddha en vous, et si vous voulez que le Bouddha vous touche, c'est possible. Pas de complexe. Donc en pratiquant comme cela, ce n'est pas de l'imagination, c'est réel.


Non-discrimination

J'ai beaucoup appris de mes deux mains. Elles sont des sujets de ma méditation. Mes deux mains ne se battent jamais entre elles. C'est une chose que j'ai appris de mes deux mains. Il y a deux mains, et cette main a un nom : main droite, et l'autre a un nom : main gauche. Elles ne sont pas la même main, et pourtant, elles se comportent comme si elles étaient une, elles ne se battent jamais. C'est comme les cinq doigts de la main : il y a cinq doigts, et chacun d'eux a un nom, et pourtant, ils ne se battent jamais, et je me suis demandé pourquoi, et j'ai trouvé que c'est parce que mes deux mains, et tous les doigts, ont une sorte de sagesse, appelée non-discrimination. Non-discrimination. Ma main droite ne discrimine jamais contre ma main gauche. Vous savez, ma main droite a aidé Thay a écrire de nombreux poèmes, des centaines de poèmes. Thay n'écrit pas ses poèmes sur un ordinateur, il utilise toujours un stylo. Les plusieurs centaines de poèmes qu'il a écrit ont été écrits avec sa main droite et avec un stylo, sauf un jour, où il n'avait pas un stylo avec lui. Il était à la maison d'un ami et il avait une machine à écrire. Thay avait un poème dans sa tête à transmettre, et il utilisa une vieille enveloppe et la mit dans la machine à écrire, et il écrivit son premier poème avec une machine à écrire. Je me souviens encore du titre du poème : « Le petit buffalo courant après le soleil. » C'était le poème, disponible aussi en anglais. « Le petit buffalo courant après le soleil. » Et ma main droite a aussi fait beaucoup d'autres choses, comme inviter la cloche, faire des calligraphies, mais ma main droite a la sagesse de non-discrimination. Elle n'a pas le complexe de supériorité sur la main gauche, elle n'est pas fière d'elle. Elle ne dit jamais à la main gauche : « Main gauche, tu as l'air d'être tellement fainéante. Tu ne fais rien. Tous les poèmes de Thay, c'est moi qui les écrit, et c'est moi qui invite la cloche à sonner. » Ma main droite ne pense jamais comme ceci. Ma main droite n'a jamais le complexe de supériorité sur ma main gauche. Ma main droite a la sagesse de non-discrimination, c'est pourquoi elle est toujours heureuse, elle ne souffre jamais. Et ma main gauche ? Ma main gauche a aussi la sagesse de non-discrimination, et elle ne souffre jamais, elle ne pense jamais : « Oh, je ne suis pas aussi bonne que ma main droite. Je n'ai écrit aucun poème pour Thay. Je ne suis pas capable de faire des calligraphies, j'envie la main droite. » Non, elle ne souffre jamais, parce qu'elle n'a pas de complexe d'infériorité. Et c'est pourquoi ma main droite et ma main gauche sont toujours ensemble, en harmonie, et il y a la paix, la compréhension, l'amour, le bonheur, entre les deux mains. Vous savez, un jour, j'essayais d'accrocher un tableau. Ma main gauche tenait un clou, et ma main droite un marteau. Mais ce matin-là, ma main droite n'était pas trop en pleine conscience, alors au lieu de taper sur le clou, ma main droite a tapé sur mes doigts. Il y avait de la douleur. Mais ma main droite a réalisé cela, parce que la douleur est partagée par le corps tout entier. Ma main droite voit la douleur de la main gauche comme sa propre douleur. Alors elle posa le marteau tout de suite et commença à prendre bien soin de la main gauche, comme si elle prenait soin d'elle-même. Et elle n'a pas besoin que la main gauche lui demande de l'aider, elle le fait tout de suite, naturellement, comme si elle prenait soin d'elle-même. Donc elles se comportent non comme deux entités, comme deux choses, mais seulement une chose. Et vous savez quelque chose, ma main gauche ne s'est pas énervée du tout. Elle n'a pas souffert de discrimination. Elle n'a pas dit : « Main droite, tu m'a fait souffrir. Je veux que justice soit rendue. Donne moi ce marteau. » Non. Ma main gauche n'a pas dit des choses comme ça. C'est pourquoi le bonheur est possible entre mes deux mains, parce qu'il n'y a pas de discrimination. Comme êtres humains, si nous souffrons beaucoup, c'est parce que nous avons beaucoup de discrimination. Ceux du Nord discriminent contrent ceux du Sud, les noirs contre les blancs, les blancs contre les noirs, les musulmans contre les hindous, les hindous contre les musulmans, les protestants contre les catholiques, et ainsi de suite. Nous ne savons pas que nous appartenons à la même famille des hommes, le jardin de l'humanité. Nous ne savons pas que nous sommes tous des enfants de la Terre, la Terre mère. La Terre mère est une mère pour chacun de nous. La Terre mère a donné naissance à de nombreux Bouddhas, de nombreux saints, de nombreux bodhisattvas. Le Bouddha Shakyamuni était un enfant de la Terre, Jésus-Christ était aussi un enfant de la Terre, et nous sommes tous des enfants de la Terre. Pourquoi nous comportons-nous de telle façon que nous faisons souffrir la Terre ? Parce que nous n'avons pas de pratique et ne laissons pas la sagesse de non-discrimination prévaloir.


La rose et le nuage

Maintenant, avant que vous sortiez pratiquer, j'aimerais que vous fassiez une méditation de plus. Nous avons juste fait une méditation sur les fleurs et la main. Avec deux mains, nous pouvons faire une fleur. Ceci est ce que nous appelons une fleur, et méditer signifie avoir le temps de regarder afin de voir profondément la fleur. Et quand vous regardez profondément la fleur, vous voyez que la fleur est faite de beaucoup de choses qui ne sont pas fleur, elle est faite de beaucoup d'éléments non-fleur. Supposons que nous parlions d'un nuage. Nous croyons que le nuage est dans le ciel, mais avec la méditation, nous pouvons voir plus profondément, et nous pouvons voir que le nuage est aussi dans la fleur. Pouvez-vous le voir ? Parce que s'il n'y avait pas de nuage, il n'y aurait pas de pluie, et aucune fleur ne pourrait pousser. Alors je sais qu'il y a un nuage dans ma rose. Et ceci n'est pas si difficile à voir. Il y a un nuage dans la rose. Si j'enlève le nuage de la rose, il n'y a plus de rose. Et vous pouvez distinguer entre une rose et un nuage. Une rose n'est pas un nuage, c'est ce que j'ai l'habitude de dire, mais sans le nuage, la rose ne peut pas être. Alors la rose peut dire quelque chose comme ceci : « Je suis une rose et tu es un nuage. Tu es différent. Je suis seulement moi et tu es seulement toi. Je suis seulement une fleur et tu es seulement un nuage. » Quelque chose est faux dans cette déclaration, parce que s'il n'y a pas de nuage, la fleur ne peut pas être. Et il y a autre chose dans la rose : il y a les rayons de soleil. Ne pensez pas que les rayons de soleil vont seulement autour de la fleur. Ce n'est pas vrai. Les rayons de soleil pénètrent profondément dans la fleur. S'il n'y a pas de rayons de soleil, aucune fleur ne peut pousser. Imaginez qu'il n'y ait pas de soleil. Rien ne pourrait pousser sur Terre, et aucune personne, aucun animal, ne seraient possibles sur Terre. C'est pourquoi entre les rayons de soleil et le nuage il y a une connexion profonde, et si vous essayez de sortir les rayons de soleil hors de la fleur, la fleur s'effondrera. La méditation nous aide à voir des choses que les autres personnes ne peuvent pas voir. Demain, nous continuerons, mais aujourd'hui, nous devrions nous souvenir de deux choses, peut-être d'une seule chose : une fleur est faite de choses qui ne sont pas fleur, comme les rayons de soleil, comme le nuage. Bien sûr, il y a beaucoup d'autres choses comme la terre, l'air, le fermier, la pluie, et ainsi de suite. Et quand je bois mon thé en pleine conscience, je peut remarquer qu'il y a un nuage dans mon thé. Hier, ce nuage était dans le ciel. Aujourd'hui, quand vous regardez en haut, vous ne voyez plus le nuage, vous pensez que le nuage est mort. Mais dans cette pratique, nous apprenons qu'un nuage ne peut jamais mourir. Il peut devenir quelque chose d'autre, mais pas mourir. Un nuage peut devenir de la neige, un nuage peut devenir une rose, un nuage peut devenir du thé, et si je bois mon thé en pleine conscience, je peux voir que je bois mon nuage. C'est très agréable de boire un nuage. Quand vous mangez votre glace, vous mangez aussi votre nuage en même temps. Quand vous entendrez la petite cloche, vous pourrez vous lever et vous incliner vers la sangha avant de sortir et de continuer.


(petite cloche)

Tournez-vous et faite une fleur de lotus, faite une fleur avec vos deux mains et inclinez-vous.


(petite cloche)

Merci.


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Enseignement donné le 7 avril 2012 en anglais,
traduit et transcrit par Pháp Thân