La méditation marchée lente

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(cloche)

Chers amis, le Bouddha a donné de nombreuses fois des enseignements sur la pratique de la respiration en pleine conscience. Il y a des douzaines de soutra sur le thème de la respiration en pleine conscience. Et notre pratique de respiration en pleine conscience est en rapport avec notre souffrance et notre bonheur. L'exercice numéro cinq est pour cultiver la joie.


5. Cultiver la joie.


Et l'exercice numéro six est pour cultiver le bonheur.


6. Cultiver le bonheur.


L'exercice numéro sept est de reconnaître, d'être avec votre douleur.


7. Être avec la douleur.


De reconnaître votre douleur, d'être là avec votre douleur, votre sensation douloureuse, votre émotion douloureuse. Et le huitième exercice est pour calmer la sensation.


8. Calmer la douleur.


Donc vous voyez que les cinquième et sixième exercices sont à propos de cultiver la joie et le bonheur, comment générer l'énergie de la joie et du bonheur, comment amener une sensation de joie et de bonheur. Et un bon pratiquant devrait savoir comment générer une sensation de joie, une sensation de bonheur à chaque fois qu'il le veut. Et un bon pratiquant sait aussi comment être là pour une sensation douloureuse, une émotion douloureuse quand elle se manifeste. Un bon pratiquant ne laisse jamais une sensation douloureuse toute seule, une émotion douloureuse toute seule ; il essaie toujours d'être là pour cette sensation et émotion douloureuse. Il pratique la pleine conscience de la respiration, la pleine conscience de la marche, afin d'avoir assez d'énergie de pleine conscience. Et avec cette énergie de pleine conscience, il reconnaît la douleur, il embrasse la douleur, et alors il calme la douleur, et commence à transformer la douleur. Donc le septième exercice est d'être avec votre douleur, avec votre souffrance, d'écouter votre douleur, d'embrasser tendrement votre douleur, et le huitième exercice est d'avoir un soulagement, de moins souffrir grâce à l'énergie de la pleine conscience et de la concentration. Et nous devrions nous entraîner afin de pouvoir gérer à la fois le bonheur et la souffrance. La souffrance en nous est toujours là, mais quelquefois elle se manifeste, quelquefois elle ne se manifeste pas. Dans la profondeur de notre conscience, il y a des graines de peine, d'anxiété, de peur, de colère, de violence, et quand elles ne se manifestent pas, nous sentons que nous pouvons vivre, que nous pouvons survivre. Et vous pourriez profiter de ces moments pour générer une sensation de joie et de bonheur, pour aider les graines de joie et de bonheur à grandir. Et quand les graines de joie et de bonheur sont assez fortes, il est très facile de les inviter à se manifester. Amener une sensation de joie, une sensation de bonheur, est quelque chose de très facile à faire quand les graines de joie et de bonheur sont devenues assez forte en nous. Mais quand les graines de douleur, les graines de peine et de peur sont touchées et se manifestent dans un niveau supérieur de notre conscience, nous ne devrions pas essayer de les supprimer, de les couvrir, d'essayer de fuir. Nous devons être là pour elles. Être là est notre pratique. Si nous connaissons la pratique de la respiration en pleine conscience, de la marche en pleine conscience, de l'assise en pleine conscience, nous pouvons générer assez de cette énergie de pleine conscience et de concentration, et nous pouvons être là avec notre douleur, et nous pouvons embrasser notre douleur, notre peine, notre souffrance tendrement, et nous pouvons obtenir un soulagement, nous pouvons calmer, et nous souffrons moins. Et quand il y a des membres de la Sangha autour de nous, ils peuvent nous fournir l'énergie de la pleine conscience et de la concentration, et nous pouvons très bien profiter de l'énergie collective de pleine conscience du groupe afin d'aider à être avec notre douleur et d'embrasser notre douleur. Alors dans cette pratique, la présence de co-pratiquants dans une communauté est très utile. Et quand la douleur, les peines, ont été embrassées, elles redescendent dans la profondeur de notre conscience, et alors nous avons encore la chance de cultiver la joie et le bonheur. Il y a une connexion entre souffrance et bonheur, et un bon pratiquant sait toujours comment gérer et le bonheur et la souffrance.


Mais avant, nous avons le premier de la respiration en pleine conscience, qui est de reconnaître, d'être avec notre inspiration et notre expiration.


1. Être avec l'inspiration et l'expiration.

Quand nous inspirons, nous voulons être avec notre inspiration, nous ne voulons pas être avec autre chose, nous ne voulons pas être avec le passé, avec les peines, avec les regrets concernant le passé. Nous ne voulons pas être avec une sensation de peur et d'incertitude concernant le futur. Nous voulons seulement être avec notre inspiration. Alors le premier exercice est d'être vraiment là avec notre inspiration et notre expiration. Et durant le temps où nous inspirons, nous devenons notre inspiration. Les seuls objets de notre esprit et de notre corps sont notre inspiration et notre expiration. Et en inspirant en pleine conscience comme ceci, focalisant toute notre personne sur notre inspiration et expiration, nous devenons une personne libre. Libre du passé, libre du futur, libre de nos projets, et avec cette liberté, le bonheur peut être possible tout de suite. « Inspirant, je reconnais, je suis conscient que ceci est mon inspiration. Expirant, je suis conscient que j'expire, et je peux aussi me réjouir de mon expiration. » Ceci est le premier exercice de la respiration en pleine conscience : reconnaître votre inspiration comme une inspiration, reconnaître votre expiration comme expiration, être entièrement avec votre inspiration, être entièrement avec votre expiration, et laisser toutes les autres choses hors de votre attention et pleine conscience. Cela a l'air simple, et c'est assez simple à pratiquer, mais en fait, c'est immense. Cela vous donne la liberté, vous déposez le fardeau, vous devenez plus léger et plus libre juste en inspirant et expirant et en focalisant votre attention entièrement sur votre inspiration et votre expiration. Et il faut de l'entraînement afin d'avoir une bonne habitude de se réjouir d'inspirer et d'expirer.


2. Suivre l'inspiration

Le deuxième exercice proposé par le Bouddha est de suivre notre inspiration et notre expiration tout le long. Supposons que mon inspiration dure trois secondes. Et ceci est le début de mon inspiration (Thay montre le côté gauche d'un marqueur), et ceci est la fin de mon inspiration (Thay montre le côté droit du marqueur). Et je veux être avec mon inspiration tout le long, il n'y a pas d'interruption dans le processus d'inspiration. « Inspirant, je suis mon inspiration du début à la fin, je suis mon inspiration tout le long, je me réjouis de mon inspiration tout le long. » Non seulement vous êtes pleinement conscient de votre inspiration, mais vous êtes pleinement concentré sur votre inspiration. L'énergie de la pleine conscience porte l'énergie de la concentration en elle. Et la qualité de votre inspiration s'est améliorée, parce qu'il n'y a aucune interruption, vous êtes pleinement conscient de votre inspiration, et vous êtes pleinement concentré sur votre inspiration. Et améliorer la qualité de l'inspiration amène plus de plaisir et de paix.


3. Être avec le corps.

Et le troisième exercice est d'être avec votre corps. C'est comme le septième exercice, être conscient de votre douleur. Ici, vous inspirez, vous devenez conscient de la présence de votre corps. Ici, vous devenez conscient de la présence de vos sensations douloureuses. Être là pour votre corps, reconnaître votre corps comme existant, réaliser la réunion heureuse entre corps et esprit est le but du troisième exercice de la respiration en pleine conscience. Et nous pouvons seulement être pleinement établis sans l'ici et maintenant quand notre esprit est chez lui avec notre corps. Et quand nous sommes chez nous avec notre corps, nous pouvons aider le corps à être dans un meilleur état.


4. Calmer le corps.

Dans le corps, il peut y avoir du stress, des tensions, des douleurs, et c'est pourquoi le quatrième exercice est de calmer le corps, de relâcher les tensions dans le corps. C'est exactement comme vous le faites avec vos émotions douloureuses. Le septième exercice est d'être avec vos sensations douloureuses, d'être conscient de vos sensations douloureuses, de reconnaître l'existence des émotions douloureuses, et le huitième exercice est d'embrasser et de calmer les sensations douloureuses. C'est exactement la même chose dans le cas du corps. Le troisième exercice est d'être avec le corps, de reconnaître la présence de votre corps, et le quatrième exercice est d'aider le corps à relâcher les tensions et de réduire la douleur. Donc les quatre premiers exercices se rapportent au corps, aident le corps à moins souffrir, à être plus relaxé, et calme. Et les quatre prochains exercices se rapportent aux sensations. Premièrement, une sensation de joie, une sensation de bonheur, ensuite être là avec les sensations douloureuses, et calmer les sensations et moins souffrir. C'est une pratique de base. Il y a huit autres exercices, mais nous devrions commencer avec les huit premiers. Les quatre premiers sont pour prendre soin de notre corps, et les quatre prochains sont pour prendre soin de nos sensations.


(cloche)

Alors il y a seize exercices de respiration en pleine conscience, et la pratique est de choisir la pratique dont vous avez besoin dans le moment présent. Vous ne devez pas aller du premier au seizième. Vous êtes conscient de la situation, et vous savez exactement quel exercice vous avez besoin de prendre et de pratiquer dans le moment présent. Supposons que la sensation douloureuse ne soit pas encore là : les graines de peine, de peur, de colère dorment encore en bas. Donc vous n'avez pas besoin tout de suite de pratiquer la reconnaissance des sensations douloureuses, vous attendez qu'elles se manifestent afin d'en prendre soin. Vous pourriez plutôt pratiquer la génération d'une sensation de joie, d'une sensation de bonheur. Et être assis comme ceci en pleine conscience peut produire une sensation joyeuse, une sensation heureuse. En inspirant, si nous savons comment faire, inspirer en pleine conscience peut produire une sensation de joie, une sensation de bonheur. Inspirant en pleine conscience, nous ramenons notre esprit à notre corps, et quand corps et esprit sont ensemble, nous sommes établis dans l'ici et maintenant, et dans cette situation, nous pouvons entrer en contact avec les merveilles de la vie, dans notre corps, dans notre esprit, et autour de nous. Elles sont nombreuses. Et c'est pourquoi générer une sensation de joie, générer une sensation de bonheur est toujours possible dans l'ici et maintenant, à condition que les graines de colère, de peur dorment encore en bas. La pratique recommandée par le Bouddha est une pratique de bonheur. Nous parlons de la souffrance, oui, et de la pratique de transformer la souffrance, oui, mais nous parlons aussi du bonheur, et de la pratique de comment générer le bonheur. La pleine conscience est la sorte d'énergie qui nous laisse être conscient de ce qui se passe dans les quatre domaines : corps, sensations, perceptions, et objets de notre perception. La pleine conscience est la sorte d'énergie que nous pouvons générer, et avec la pleine conscience, nous pouvons ramener notre esprit au corps. C'est la première chose, afin que nous puissions être établis dans l'ici et maintenant. Et la pleine conscience nous aide à entrer en contact avec les merveilles de la vie qui sont rafraîchissantes, nourrissantes, et guérissantes. Et sur la base de cette pratique de pleine conscience, nous pouvons toujours générer une sensation de joie et une sensation de bonheur. Non seulement pour nous, mais nous pouvons aider l'autre personne à faire de même. Nous pouvons l'aider à revenir chez elle, à s'établir dans l'ici et maintenant, et l'aider à entrer en contact avec les merveilles de la vie en elles et autour d'elles. C'est la pratique du bonheur, de cultiver le bonheur. La pleine conscience devrait avoir le pouvoir de calmer la douleur et de promouvoir le bonheur. La pratique de la respiration en pleine conscience devrait nous aider à calmer la souffrance. La pratique de la respiration en pleine conscience devrait nous aider à moins souffrir. La pratique de la respiration en pleine conscience devrait nous aider à générer une sensation de joie, une sensation de bonheur. Sinon, la pleine conscience ne servirait à rien. Alors inspirer en pleine conscience est une bonne chose, mais inspirez en pleine conscience de telle façon que cela calme la douleur et apporte le bonheur. C'est notre pratique. Et nous n'avons pas besoin de souffrir avec la pratique. Si nous sentons que nous souffrons pendant que nous inspirons, ce n'est pas une bonne pratique. Si en inspirant, nous nous sentons bien, c'est une pratique bonne, correcte. La même chose est vraie avec la marche. Je me souviens d'un jour où un journaliste est venu de Paris, et il nous a rejoint dans la méditation marchée. Il a tellement souffert durant la marche. Au même moment, beaucoup d'entre nous se réjouissaient de chaque pas, et obtenaient le nourrissement et la guérison, mais il était forcé à aller lentement, ce qui le faisait beaucoup souffrir. Alors ce n'est pas une bonne pratique quand vous souffrez. Même si vous êtes très attentif, si vous souffrez, ce n'est pas une bonne pratique. S'il-vous-plaît, souvenez-vous de ceci. Même si vous essayez d'être autant en pleine conscience que vous le pouvez, si vous faites le genre d'efforts qui vous fatigue, et vous fait souffrir, ce n'est pas la vraie pratique. En pratiquant la méditation marchée, vous pouvez suivre la pratique recommandée par nos maîtres : « Je vais lever mon pied. Je n'ai pas levé mon pied, mais je sais que je vais le faire. » Vous êtes conscient que vous allez lever votre pied. Et quand vous levez le pied, vous dites : « Je commence à lever mon pied. » Levant, bougeant, posant. Levant, bougeant, posant. Vous divisez la pleine conscience en trois parties. Levant, bougeant, posant. Levant, bougeant, posant. Mais vous pouvez faire cela comme une machine, et il ne pourrait y avoir aucune joie dans cette pratique. L'essentiel est de se sentir vivant, et joyeux, et heureux quand vous faites le pas. Faire un pas ne devrait pas être un travail pénible. Inspirer ne devrait pas être un travail difficile. Nous devrions être capable de nous réjouir d'inspirer, nous devrions être capable de nous réjouir de faire un pas. Quand vous posez le pied par terre, et si vous êtes vraiment en pleine conscience, vous sentez que vous touchez la Terre mère avec toutes les merveilles, et le bonheur peut être grand de sentir que vous êtes vivant et que vous touchez, marcher sur cette belle planète Terre. Cela dépend de votre pouvoir de pleine conscience et de concentration, d'avoir la vision profonde que vous êtes vivant, que vous êtes pleinement présent. Savoir que vous faites un pas sur cette belle planète Terre peut apporter beaucoup de satisfaction, de bonheur et de joie. Imaginez que vous êtes un astronaute, un scientifique, et vous devez passer six mois, vivant dans l'espace, toujours flottant, il n'y a pas de gravité. Et pour la première fois, vous pouvez revenir sur Terre, et vous vous réjouissez de chaque pas que vous faites sur la Terre. La méditation marchée est comme ça. Vous devriez être capable de vous réjouir de chaque pas. Le maître Zen Linji a dit : « Le miracle n'est pas de marcher dans les airs ou sur des chardons brûlants, mais le miracle est de marcher sur Terre. » De se sentir vivant, de sentir que la vie est une merveille, de faire un pas et d'entrer en contact avec toutes les merveilles peut apporter beaucoup, c'est produire un miracle, le miracle de marcher sur terre, et marchant comme cela, chaque pas vous amène au Royaume de Dieu, à la Terre Pure du Bouddha, et chaque pas comme cela peut être nourrissant et guérissant. Vous arrêtez complètement votre course, vous vous réjouissez du moment présent, vous obtenez la guérison, le nourrissement dans le moment présent. Et une chose devrait être rendue claire : notre notion du bonheur. Qu'est-ce que le bonheur ? Qu'est-ce que le vrai bonheur ? Beaucoup d'entre nous croient qu'afin d'être vraiment heureux, nous devrions lutter pour aller au sommet. Nous devons avoir du pouvoir, de la gloire, de la richesse, afin d'être vraiment heureux. Nous pouvons être pris dans notre idée du bonheur. Regardant autour, nous pouvons voir des gens qui ont beaucoup de ces choses : pouvoir, richesse, gloire, sexe, mais beaucoup d'entre sont très isolés, ils souffrent beaucoup du stress, et ils croient qu'ils n'ont pas assez de pouvoir et de gloire et de richesse, qu'ils ont besoin de plus. Et nous savons que le vrai bonheur ne peut être possible tant qu'on n'a pas de la paix à l'intérieur, tant qu'on n'a pas le pouvoir de comprendre et d'aimer. Il est très clair que quelqu'un qui n'a pas la compréhension et l'amour en lui ou en elle ne peut pas être une personne vraiment heureuse. Nous pourrions ne pas avoir beaucoup d'argent, de gloire, ou de pouvoir, mais si nous avons la paix, la compréhension, la compassion en nous, nous avons le bonheur. Imaginez quelqu'un qui n'a pas de compassion, cette énergie de compassion née de la compréhension. Comprendre la souffrance apporte la compassion. Une personne n'ayant pas la compassion en elle ne peut pas compter sur les autres êtres humains, elle est complètement toute seule. La compassion est ce qui peut nous aider à nous connecter aux personnes autour, sinon nous sommes complètement coupés, seuls. Et nous savons que la compréhension et la compassion peuvent être générées par la pratique. Et le Royaume de Dieu devrait être défini comme un endroit où il y a la compréhension et la compassion.


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Le vrai bonheur

Dans cette compétition d'arriver au sommet, que vous soyez dans le domaine de la politique ou de l'éducation, ou du business, dans cette compétition, il n'y a aucun vainqueur, parce que celui qui est au sommet souffle aussi du stress, et celui qui n'est pas au sommet souffre aussi. Il n'y a aucun vainqueur. La semaine dernière, nous avons eu une retraite pour enseignants, éducateurs, à Londres, et tous les enseignants nous ont dit qu'ils souffrent tous du stress, et non seulement les enseignants souffrent, mais les étudiants souffrent aussi, parce qu'ils sont forcés à courir, à faire tellement pour arriver au sommet, et les dégâts causés par la compétition sont grands. Il est très clair que dans cette compétition, tout le monde sera perdant, que vous soyez au sommet ou non, et c'est pourquoi il devrait y avoir un changement dans la structure de l'éducation. La même chose est vraie avec le business et la politique. La même chose est vraie avec les armes nucléaires, avec l'énergie nucléaire. Alors, nous devrions être capables de relâcher notre notion du bonheur et d'en avoir une plus réaliste, vraie idée du bonheur. Il est très clair que sans compréhension, sans compassion, il ne peut y avoir aucun bonheur, et même si vous avez beaucoup de gloire, de richesse, de pouvoir, vous vivez encore en enfer, et c'est pourquoi avoir une bonne, correcte notion du bonheur est le début, et si nous savons ce qu'est le vrai bonheur, nous pouvons générer l'énergie de la joie et du bonheur tout de suite, nous savons ce qu'est le vrai bonheur. Nous avons besoin de temps pour nous asseoir, et de regarder profondément pour voir ce que nous faisons, et comment nous le faisons, avec notre corps, avec notre esprit. Et alors les pratiques de la transmission, de la guérison, du nourrissement, seront possibles si nous avons la vue correcte sur le bonheur, le vrai bonheur. Est-il possible d'être heureux et joyeux quand vous vous brossez les dents ? Est-il possible pour vous d'être heureux et joyeux quand vous préparez le petit déjeuner pour votre famille ? Est-il possible d'être heureux et joyeux quand vous marchez du parking à votre bureau ? La réponse est oui. Cela dépend de votre façon de marcher, de brosser, de cuisiner. Si vous avez assez de cette énergie de pleine conscience et concentration, vous pouvez vous réjouir de chaque moment de votre vie quotidienne, et vous pouvez vivre profondément chaque moment qui vous est donné de vivre. C'est l'art de cultiver le bonheur. Et l'autre aspect de la pratique est de savoir comment gérer les sensations douloureuses, les émotions douloureuses. La pratique de la méditation a deux aspects : le premier est de s'arrêter. De s'arrêter de courir, de stopper le modèle, de reconnaître le modèle de comportement que nous avons. L'énergie d'habitude de courir et de chercher le bonheur dans le futur, croyant que le bonheur n'est pas possible maintenant et ici, que nous n'avons pas assez de conditions de bonheur.


La méditation marchée lente

La pratique de la marche en pleine conscience peut être une façon de stopper cette sorte de course, cette sorte de comportement. Quand vous inspirez, vous pouvez faire un pas en pleine conscience. Appelons ceci la méditation marchée lente. C'est possible quand nous sommes tout seul. « Inspirant, je fais seulement un pas. Avec beaucoup de pleine conscience, j'investis tout mon esprit et mon corps pour faire le pas. » Et en faisant le pas, je dis : « Je veux arriver, je suis arrivé. » Cela signifie : j'arrive dans l'ici et maintenant, où la vie est disponible, où les merveilles de la vie sont disponibles, où les conditions de bonheur sont déjà là. Donc, tant que je n'investis pas tout mon esprit et mon corps en faisant le pas, je ne peux pas vraiment arriver dans l'ici et maintenant, à cent pour cent. Et parce que je suis tout seul, faisant la méditation marchée, la méditation marchée lente, je peux me permettre d'aller très lentement. Une inspiration et un pas. Je suis arrivé. Je suis arrivé n'est pas une déclaration, c'est une réalisation. Si je sais comment investir tout mon corps et tout mon esprit en faisant le pas, je peux arriver à cent pour cent dans l'ici et maintenant. Ma pleine conscience et ma concentration sont assez puissantes pour m'aider à vraiment arriver avec un pas. Si je remarque que je ne suis pas arrivé à cent pour cent dans l'ici et maintenant, je ne fais pas d'autre pas, je reste dans la même position et expire et inspire encore, jusqu'à ce que je sois sûr que j'aie vraiment arrêté la course et sois vraiment arrivé dans l'ici et maintenant. Vous n'avez pas besoin que quelqu'un vous dise que vous êtes arrivé à cent pour cent, vous le savez par vous-même. Vous n'avez plus le désir de courir. Vous n'avez pas besoin que le Bouddha vous le dise. Et quand vous remarquez que vous êtes vraiment arrivé à cent pour cent dans l'ici et maintenant, vous pouvez sourire. Ce sourire est un sourire de victoire. C'est une révolution que vous faites : un pas et arriver, et stopper l'énergie, l'habitude de courir. Vous souriez un sourire de victoire et vous faites le deuxième pas. Et c'est ce que nous pouvons faire quand nous sommes tout seul, en pratiquant la marche lente. Et chaque pas comme ça nous apporte la liberté du passé, du futur, de nos projets. Chaque pas peut nous faire entrer en contact avec les merveilles de la vie. Et si notre concentration est profonde, puissante, nous pouvons toucher la dimension ultime, l'éternité dans l'instant. Mais quand nous marchons avec toute la sangha, il n'est pas convenable le faire la marche lente comme ceci. Inspirant, je vais faire deux pas, ou trois, je dirai : « Je suis arrivé, je suis arrivé. » Et je profite de l'énergie afin d'arriver pleinement à chaque pas. Je me laisse être porté, être transporté par l'énergie collective de la sangha, alors je me réjouis d'inspirer, je me réjouis de faire deux pas : « Je suis arrivé, je suis arrivé. » Et si je sens de la joie, du bonheur, de la paix, je sais que ma pratique est bonne. Si je souffre pendant la marche, ce n'est pas une pratique correcte. Et quand j'expire, je peux faire trois pas au lieu de deux, parce que notre expiration est toujours un petit peu plus longue que notre inspiration. « Je suis arrivé, je suis arrivé. Je suis chez moi, chez moi, chez moi. » Le rythme est deux, trois. Et vous pouvez vous réjouir de chaque pas, arrivant, et vous sentant chez vous. C'est une façon merveilleuse d'apprendre comment se réjouir de vivre dans le moment présent, faisant l'expérience de la joie et du bonheur dans l'ici et maintenant. Et avec l'énergie générée par la communauté, nous serons capables de faire cela. Plus tard, nous pouvons faire trois pas en inspirant. Il viendra un moment où nous sentirons que c'est beaucoup plus agréable de faire trois pas en inspirant au lieu de deux. Alors nous nous laissons faire trois pas en inspirant. « Je suis arrivé, arrivé, arrivé », toujours arrivant à notre destination. La destination est ici et maintenant, la destination est le Royaume de Dieu, l'ultime, la Terre Pure du Bouddha disponible dans l'ici et maintenant. Et quand vous expirez, vous faites cinq pas. Trois, cinq, trois, cinq. Arrivé, arrivé, arrivé, chez moi, chez moi, chez moi, chez moi, chez moi. Pour moi, c'est le rythme : deux, trois, ou trois, cinq, ou quatre, six, ou cinq, huit, ou six, neuf. L'essentiel est que vous vous réjouissiez, que vous vous sentiez en paix, nourris, heureux durant la marche. Et marcher comme ça rend le Royaume de Dieu, la Terre Pure du Bouddha disponible dans l'ici et maintenant, et c'est un plaisir de marcher dans le Royaume chaque jour. Et quand nous avons l'habitude, nous marchons comme cela du parking au bureau, à notre place de travail, nous pouvons marcher comme cela à l'aéroport, dans la gare, et le Royaume de Dieu est toujours avec nous. Marcher comme cela peut apporter beaucoup de satisfaction, de bonheur, et de joie. Donc après ceci, nous marcherons ensemble avec les enfants, et il est possible pour nous de générer assez d'énergie de pleine conscience et de joie, et de paix.


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Enseignement donné le 6 avril 2012 en anglais,
traduit et transcrit par Pháp Thân