La diligence juste

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Restaurer la communication

Chers amis, aujourd'hui, nous continuons avec le Noble Sentier Octuple. Ceci représente la vue juste, la vision profonde, l'éveil, la sagesse. Ceci représente la pensée juste, et ceci la parole juste. Dans les cinq entraînements à la pleine conscience, nous apprenons que la parole juste va ensemble avec l'écoute profonde, la parole aimante et l'écoute profonde. Et la parole juste est libre de la discrimination, et de la haine, de la séparation. Quand le père se voit dans le fils, et que le fils se voit dans le père, ils savent qu'ils ne sont pas vraiment deux personnes : ils sont la continuation l'un de l'autre. Le fils est la continuation du père dans la direction du futur, et le père représente la continuation du fils dans la direction du passé. Grâce au père, le fils a accès à tous les ancêtres, et grâce au fils, le père a accès au futur. Ce sont deux liens comme ceci. Et si les deux voient l'inter-connexion, la non-dualité des deux, il n'y a pas de discrimination, il n'y a pas de séparation, et la compréhension mutuelle devient très facile. Voilà pourquoi la vue juste est la fondation de la pensée juste et de la parole juste. La parole juste est, de ce que vous dites, ce qui va dans la direction de la non-discrimination, de la non-séparation, qui a la compréhension et la compassion. Et ces pratiques de la parole juste et de l'écoute profonde sont des instruments merveilleux pour restaurer la communication. Au Village des Pruniers, nous avons invité un groupe de palestiniens et un groupe d'israéliens à venir et pratiquer avec nous. Et c'est très difficile d'obtenir des visas pour les palestiniens, nous avons du travailler très dur avec le Ministre des Affaires Étrangères afin d'obtenir le visa pour eux pour venir et pratiquer avec nous. Au début, c'est toujours tellement difficile pour les deux groupes de se regarder l'un l'autre, de s'accepter l'un l'autre. Parce qu'un groupe considère l'autre groupe comme l'origine de leur propre souffrance. Et nous avons demandé à un nombre de membres monastiques et membres laïques de la communauté de prendre soin de ces deux groupes spéciaux, parce que nous avons de nombreux autres groupes. Et la première chose que nous faisons quand ils arrivent est de les aider avec la pratique du calme, parce il y avait beaucoup d'émotions, de colère et de peur. Alors nous avons proposé la pratique de la relaxation totale, et d'utiliser des exercices proposés par le Bouddha dans le sutra de la respiration en pleine conscience, pour se connecter au corps, pour relâcher les tension dans le corps, de reconnaître et d'embrasser les sensations de douleur, de colère et de désespoir. C'est très important, c'est très crucial. Et nous pratiquons avec eux, nous partageons de l'énergie afin qu'ils puissent réussir à calmer les tensions dans leur corps et la douleur dans leur esprit. Et les pratiques de la relaxation, de l'assise et de la marche sont très importantes à faire, et après une semaine environ, nous commençons à les initier à la pratique de l'écoute profonde et la parole aimante, mettant le quatrième entraînement à la pleine conscience en pratique. Alors beaucoup d'entre nous s'assoient avec eux. Ceux d'entre nous qui ont la capacité d'être paisible, d'être en pleine conscience, d'être concentrés, devraient être assez nombreux afin de créer une bonne énergie, une bonne atmosphère. Donc nous pratiquons la cloche, la respiration, la marche, l'assise, et alors nous demandons au groupe palestinien de s'exprimer, et le groupe israélien et les autres personnes écoutent seulement, et nous donnons des instructions sur comment écouter. Le but de l'écoute profonde est de laisser l'autre groupe de personnes d'avoir une chance de s'exprimer. Peut-être que personne ne les a écoutés, et vous pouvez être la première personne, vous pouvez être le premier groupe de personnes qui a la capacité de s'asseoir en silence et de les écouter. Et nous sommes convaincus que si nous savons comment écouter, une heure d'écoute profonde, d'écoute compassionnée, peut leur apporter beaucoup de soulagement, ils peuvent vider leur coeur. Et peut-être que c'est la première fois que des gens peuvent vraiment les écouter. En psychothérapie, on appelle cela l'écoute empathique. Dans la tradition bouddhiste, nous utilisons l'écoute profonde, l'écoute compassionnée. Cela signifie que vous écoutez avec seulement un but : de le laisser, de la laisser s'exprimer et de moins souffrir. Ainsi, pendant le temps que l'autre personne parle, même s'il y a beaucoup d'incompréhension, de perceptions fausses, d'amertume, d'accusations, vous êtes quand même capable de vous asseoir en silence et d'écouter, et n'essayer pas d'interrompre ou de corriger. Si vous interrompez ou corrigez, la session devient une genre de dispute, et plus une session d'écoute profonde. Vous devez pratiquer la pleine conscience de la compassion, et la pleine conscience de la compassion est de garder à l'esprit ce désir, ce but : 'Je l'ai écouté avec seulement un but, de lui laisser une chance de moins souffrir'. Ainsi vous êtes protégé par la compassion, et ce que dit l'autre personne ne peut pas toucher la graine d'irritation et de colère en vous, parce que la compassion est une sorte d'énergie formidable qui peut vous protéger, donc même si ce que dit l'autre personne est plein d'accusation, de complainte, de blâme, d'amertume, de fausses informations, la graine d'irritation et de colère en vous n'est pas arrosée, parce que vous êtes protégés par l'énergie de la compassion. Et la compassion est là parce que vous pratiquez la pleine conscience de la compassion, vous souvenant que vous écoutez comme ceci : 'J'écoute ceci avec seulement un but: seulement laisser à cette personne une chance de moins souffrir en s'exprimant.' Et ceci n'est pas trop difficile. Si nous ne pratiquons pas la pleine conscience de la compassion, les graines de la colère, de l'irritation seront exposées, et elles sont touchées par ce que dit l'autre personne, et l'énergie de la colère et de l'irritation vont sortir et nous serons perdus, nous perdrons notre capacité d'écouter. C'est pourquoi quand vous vous asseyez et écoutez, vous devez suivre votre inspiration et votre expiration, et vous souvenir de seulement une chose : 'J'écoute comme ceci avec seulement un but, c'est de le laisser, de la laisser s'exprimer et de moins souffrir.'


Jouer le rôle du bodhisattva Avalokita

Et c'est la pratique du bodhisattva Avalokita, et il y a un Avalokita en vous. Vous pouvez le faire, vous pouvez jouer le rôle du bodhisattva de l'écoute compassionnée. Vous pouvez écoutez votre mari, vous pouvez écouter votre femme, vous pouvez écouter votre père, votre fils, comme un bodhisattva. Le bodhisattva de l'écoute profonde n'est pas dans les nuages. Il est, elle est, dans votre coeur, et invitez-le à se manifester afin de vous aider à écouter. Dons chaque sorte d'amertume, accusation, ne vous mettront pas en colère parce que vous êtes protégés par la compassion. Et chacun d'entre nous a la graine de compassion en lui, c'est à dire le Bouddha en nous. Le Bouddha en nous n'est pas seulement un idée, c'est une réalité. Nous avons la capacité d'être compassionnés, d'êtres compréhensifs. Nous avons les graines de pardon, et de joie et de paix, et de libération en nous, c'est le Bouddha en nous. Nous devons faire confiance au Bouddha en nous, et laisser le Bouddha en nous d'avoir une chance d'opérer, et seulement pratiquer la respiration en pleine conscience, et le Bouddha se manifestera et aidera. Et quand vous remarquez que ce que dit l'autre personne est plein de perceptions fausses, vous souriez encore et vous vous dites : 'Pauvre personne, elle est victime de tellement de perceptions erronées. D'où a-t-elle eu ces informations ?' Mais vous ne l'interrompez pas. Votre travail maintenant est seulement d'écouter, avec tout votre coeur, et vous vous dites : 'Dans les prochains jours, la prochaine semaine, j'aurai beaucoup de temps, je lui offrirai des informations, afin qu'il ou elle puisse corriger ses perceptions. Mais pas maintenant, maintenant est le temps d'écouter'. Et nous écoutons comme ceci. Et si nous pouvons écouter comme ceci pendant une heure, cela sera très guérissant. Vous êtes le bodhisattva de l'écoute compassionnée, et vous avez de la confiance dans la pratique. Une heure peut apporter beaucoup de soulagement, vous écoutez avec tout votre coeur, même si ses paroles sont pleines d'accusation, de blâme, d'amertume, et ainsi de suite. Vous êtes un beau bodhisattva assis là et pratiquant. Et le groupe d'israéliens a eu ces instructions, donc quand ils écoutent le groupe de palestiniens, ils savent comment se protéger, afin d'être capables de continuer avec la pratique de l'écoute. Nous avons aussi donné des instructions au groupe palestinien sur comment parler. Nous avons dit : 'Vous pouvez dire tout ce que vous avez dans le coeur. Mais n'essayez pas de condamner, d'accuser, parce qu'ainsi l'autre personne reçoit l'information beaucoup plus facilement. Essayez d'utiliser la parole aimante. Vous pouvez dire toutes les sortes de souffrances que vous avez subies, vous, adultes et enfants, que votre peuple a subies. Vous devez nous dire tout, mais essayez de votre mieux d'utiliser la sorte de langage de non-accusation, de non-blâme, et ne montrez pas votre amertume. Dites-nous seulement tout sur votre souffrance, et cela rendra plus facile la réception de votre message par l'autre groupe.' Et la session ne commence pas tant que les groupes n'ont pas été informés sur la façon de parler et d'écouter. Et vous pouvez voir déjà le résultat de la pratique dans la première sessions. Et le groupe israélien nous a reporté après la première heure qu'ils étaient très surpris de découvrir que le genre de souffrance de l'autre groupe ressemblait beaucoup à leurs propres souffrances. Ce que les enfants et adultes de l'autre camp souffrance ressemble beaucoup à la souffrance que les adultes et enfants de ce côté souffre. Et pour la première fois, ils ont vu l'autre groupe de personnes non comme des ennemis mais comme des êtres humains qui souffrent comme eux. Avant cela, ils pensaient que l'autre côté ne souffrait jamais, qu'ils les faisaient seulement souffrir. 'Nous seuls sommes le groupe qui souffre. Tous les autres camps ne souffrent pas, ils veulent seulement nous faire souffrir.' Donc ce genre de mauvaise perception est enlevée dès la première session de pratique. Et quand vous les voyez comme des êtres humains qui ont souffert comme vous, soudainement il y a de la compassion dans votre façon de regarder, et quand vous les regardez avec compassion comme ceci, vous ne souffrez plus, et quand ils vous voient les regarder comme ceci, ils ne souffrent plus, et le miracle arrive comme cela, dès la première session de pratique. Invitons la cloche et respirons.


(cloche)

Apporter une dimension spirituelle à la vie politique

Une session n'est jamais assez, donc nous donnons à ces groupes une autre session, et encore une autre session si nous avons besoin de plus de pratique. Et ce côté pratique la pratique de l'écoute profonde et de la parole aimante, et découvre, et commence à comprendre la souffrance. Quand vous voyez la souffrance, la compassion s'élève en vous, et c'est la compassion qui neutralise la colère et la haine en vous. La guérison prend place quand vous vous asseyez et écoutez. La compassion est l'antidote de la colère et de la haine. Et quand vous écoutez, si vous reconnaissez que vous touchez la souffrance dans l'autre groupe, la compassion de s'élève pas vraiment. La première noble vérité est très importante, c'est pourquoi nous l'appelons 'noble'. Et ce groupe, pendant qu'ils écoutent, savent qu'ils auront une chance de s'exprimer aussi. 'Nous aurons une chance de leur parler de notre propre souffrance, la souffrance de nos enfants et des adultes.' Donc plusieurs sessions comme ceci prirent place, et ils firent la méditation marchée ensemble, ils partagèrent leur repas ensemble, ce qui est quelque chose qu'ils ne pouvaient pas faire quand ils arrivèrent. C'est très émouvant de voir des palestiniens et des israéliens se tenir la main et faire la méditation marchée, c'est très beau. Et le dernière jour de la retraite, ils viennent toujours comme un seul groupe et pas deux, et font un compte-rendu à toute la sangha du progrès de leur pratique. Et ils promettent toujours que quand ils reviendront au Moyen-Orient, ils organiseront des sanghas, ils organiseront des pratiques afin que d'autres palestiniens et israéliens puissent les rejoindre, et pratiquer et moins souffrir. Donc nous avons plusieurs sangha là-bas. Nous avons une monastique israélienne, et elle a aidé à éditer un livre sur la réconciliation, et elle va de temps en temps en Israël afin d'offrir des retraites de pleine conscience. Je pense que quand les politiciens organisent des négociations de paix, ils pourraient appliquer plusieurs de nos techniques. Parce que les conférences de paix organisés par les politiciens sont très différentes. Quand ils se rassemblent, ils voient l'autre groupe seulement comme un ennemi, ils n'ont jamais la chance de les voir comme êtres humains, et ils croient que l'autre côté ne souffre pas, que l'autre côté les font seulement souffrir. Donc vous avez peur, vous êtes suspicieux, parce que vous ne pouvez pas vous connecter avec eux comme êtres humains, et c'est pourquoi les négociations de paix ne peuvent résulter en rien de substantiel. Je pense que s'ils nous demandaient de venir les aider, nous serions prêts à venir, et nous proposons que quand les négociateurs viennent, la première chose à faire n'est pas de s'asseoir et de discuter, la première chose à faire est d'avoir une session de relaxation totale, de se calmer, d'apprendre comment embrasser la peur, la colère et la suspicion, et comment être en contact avec la souffrance non seulement de notre camp mais de l'autre camp. Cela prend environ une semaine ou dix jours de préparation de conférence, et les moines et nonnes et pratiquants laïques, nous pouvons venir et aider avec les négociations de paix, et les deux groupes seront initiés aux pratiques de l'écoute profonde, écoute compassionnée, et la parole aimante. Je pense que le résultat de cette conférence sera beaucoup mieux. Et peut-être que le temps des négociations sera plus court, parce que nous pouvons enlever tellement de discriminations, de peurs et de colères, parce que nous venons à nous comprendre les uns les autres comme êtres humains, et nous pouvons voir la souffrance et la peur de l'autre côté. Les politiciens sont entraînés en beaucoup de matières, mais je pense qu'ils devraient s'entraîner dans cette discipline. Donc si vous êtes professeur de science politique, pensez-y, essayez d'apporter cette sorte de pratique dans l'école de politiques, et aidez à apporter une dimension spirituelle à la vie politique, c'est très important.


La pluie du Dharma

Chacun d'entre nous a la graine de compréhension, de compassion, de pardon en nous, et dans une retraite, nous avons la chance de respirer, de marcher, d'écouter un enseignement du Dharma. Un enseignement est comme la pluie, la pluie du Dharma. Si nous écoutons à l'enseignement du Dharma avec seulement notre intellect, nous avons la tendance à comparer cette idée avec d'autres idées, mais l'enseignement du Dharma n'est pas seulement des idées, l'enseignement du Dharma vient de l'expérience vivante du maître, pas d'idées qu'il ou elle a appris de livres. Le meilleure façon d'écouter un enseignement du Dharma n'est pas avec l'intellect. Stoppez l'intellect. Laissez la pluie du Dharma pénétrer profondément dans votre conscience du tréfonds. Votre intellect est comme un morceau du ciment qui empêche la pluie de pénétrer dans la terre. D'habitude, quand vous entendez quelque chose comparez avec votre intellect, et si ce qui est dit est en accord avec ce que vous pensez, vous dites : 'Ceci est la vérité, j'accepte'. Et quand ce qui est dit est qui n'est pas en accord avec ce que vous pensez, vous dites : 'Ce n'est pas ce que je vois', donc vous le rejetez. Donc dans les deux cas vous n'apprenez rien. Et c'est le travail de l'intellect. Je pense que nous devons envoyer notre intellect en vacances et laisser la pluie du dharma pénétrer dans la terre de notre conscience du tréfonds, parce qu'il y a tellement de bonnes graines là en bas, les graines de compréhension, de non-discrimination, de compassion, et l'enseignement du Dharma arrose toujours les meilleures graines en nous. C'est pourquoi pendant l'enseignement du Dharma, nous nous sentons déjà tellement bien, parce que la pluie du Dharma a pénétré dans notre être. Dans le temps du Bouddha, beaucoup de personnes devenaient éveillées seulement pendant l'enseignement du Dharma, parce qu'elles laissaient l'enseignement du Dharma venir profondément en bas et toucher les meilleures choses en elles. Et une des graines est la graine de l'éveil, de l'illumination. Et pendant les premiers, deuxièmes, troisième, quatrième jours, avec la marche, l'assise, la respiration, et l'écoute des enseignements du Dharma, ils sont témoins de la transformation en eux. Les graines de colère, de peur, et ainsi de suite, ne sont pas arrosées. Les sortes de graines qui sont positives sont arrosées tous les jours, et c'est pourquoi le cinquième jour, la situation est différente.


Miracles de réconciliation

Et habituellement, le cinquième jour, nous demandons aux pratiquants de mettre en pratique les enseignements de l'écoute profonde et de la parole aimante. Nous disons : 'Messieurs dames, maintenant, il est temps pour nous d'utiliser les instruments que nous avons reçu du Bouddha afin de restaurer la communication avec les personnes avec qui nous avons des difficultés. Vous avez jusqu'à cette minuit cette nuit, pour vous réconcilier avec lui ou elle. Si elle est dans la retraite, c'est très facile, parce qu'elle a été exposée au bon arrosage des bonnes graines, donc si vous utilisez la parole aimante, vous continuez à arroser les bonnes graines en lui ou en elle, et alors la réconciliation peut être très facile. Et si l'autre personne n'est pas dans la retraite, vous êtes autorisés à utiliser votre téléphone portable Je me souviens, dans une retraite à Macao, le jour suivant, de nombreuses femmes sont venus me voir pendant le petit déjeuner, et m'ont rapporté que la nuit d'avant, avant minuit, elles avaient utilisé le téléphone et parlé à leur mari et furent capables de se réconcilier avec eux. Dans une retraite en Allemagne du Nord, un matin, quatre Allemands vinrent me voir et me dirent : 'Thay, nous nous sommes réconciliés avec notre père la nuit dernière, seulement en utilisant le téléphone.' Un Allemand m'a dit : 'Thay, je ne pouvais pas croire que je pouvais parler à mon père de cette façon. J'étais tellement en colère contre lui, je n'ai jamais pensais que je pouvais communiquer, que je pouvais lui parler de cette douce façon que vous recommandez. Mais quand je suis vos instructions, inspirant et expirant, et me mettant en contact avec la souffrance à l'intérieur de mon père, j'ai composé le numéro, et j'ai entendu sa voix, et j'étais capable de lui parler très gentiment. Cela faisait de nombreuses années que je ne lui avait pas parlé de cette façon.' Et il ne savait pas que c'était possible. Mais cela a pu être possible parce que pendant les premiers quatre jours de la retraite, les graines de compassion, de compréhension en lui ont été arrosées par les enseignements du Dharma, et c'est pourquoi cette nuit-là elles l'ont laissé utiliser ce genre de parole aimante. Quand vous voyez la souffrance à l'intérieur de l'autre personne, la compassion s'élève, et soudainement votre façon de parler change. Vous ne devez pas essayer, vous n'essayez pas, cela change naturellement. Ce qui est important ici est que vous pouvez voir et comprendre la souffrance en lui ou en elle, et quand vous entrez en contact avec la souffrance, naturellement la compassion s'élève en vous, et soudainement vous trouvez très naturel de lui parler avec compassion, et de se réconcilier avec votre père qui n'a pas pratiqué, qui n'est pas venu dans la retraite, mais qui vous ouvrez votre coeur et parlez et vous réconciliez. Des miracles de réconciliation arrivent toujours dans nos retraites. Et cela nous apporte beaucoup de joie, cela nourrit beaucoup ceux qui organisent des retraites, parce qu'avec seulement quatre, cinq jours, nous pouvons aider des personnes à souffrir moins et à se réconcilier, c'est très merveilleux. C'est pourquoi nous ne devrions pas sous-estimer le pouvoir du quatrième entraînement à la pleine conscience. Le quatrième entraînement à la pleine conscience peut restaurer la communication, réaliser la réconciliation, non seulement entre deux personnes, mais entre deux groupes et même deux nations. Si vous êtes un politicien, professeur de politique, si vous êtes dans le domaine d'activisme international, vous pouvez y penser et apporter cet instrument dans la pratique pour aider à restaurer la communication et apporter la réconciliation.


Les moyens d'existence justes

Ceci est la pensée juste. Parole juste. Action juste. Moyens d'existences justes, et diligence juste. Pleine conscience, concentration, vision profonde. Les moyens d'existences justes signifient sélectionner le genre de travail qui nous aide à réaliser notre idéal de compassion. Si ce travail vous aide à protéger l'environnement et aide les personnes à moins souffrir, vous êtes très chanceux. Tout le monde n'a pas un travail comme ceci. Mais je pense que même si le travail n'apporte pas autant d'argent, cela vaut la peine d'abandonner le travail actuel afin de prendre l'autre. Parce cela apporte beaucoup de bonheur. Vous devez peut-être avoir une voiture plus simple et vivre dans une maison plus petite, mais vous serez plus heureux, parce que vous savez que vous aidez l'environnement, vous vivez de telle façon que la planète et les générations futures auront un futur, cela apporte beaucoup de bonheur.


La diligence juste

Nous devrions venir à la diligence juste, et les enseignements sur la diligence juste dans le bouddhisme sont très concrets. Ils ont quatre aspects. Vous devriez avoir un peu de compréhension concernant notre esprit afin de les pratiquer. L'autre jour, nous avons dessiné un cercle et nous avons dit que l'esprit dans le bouddhisme avait au moins deux couches. La partie inférieure représente la conscience du tréfonds et la partie supérieur la conscience mentale. Et nous savons qu'il y a tellement de graines reposant au fond de la conscience du tréfonds, de bonnes graines et des graines négatives. Il y a des graines de désespoir, de colère, de discrimination, le pire est là, l'enfer est en nous. Donc la pratique de la diligence est de ne pas laisser à l'enfer une chance de se manifester. Mais le Paradis est en nous aussi. Le Royaume est en nous, la Terre Pure est en nous aussi, donc pratiquons la diligence juste afin de donner au Royaume, à la Terre Pure, au Paradis une chance. Dans la psychologie bouddhiste, il y a cinquante-et-une variétés de graines. Dans la physique, ils parlent de particules, et dans la psychologie bouddhiste, nous parlons de graines. Nous ne les voyons pas, mais nous savons qu'elles sont là, parce qu'elles ont l'habitude de se manifester et nous pouvons les voir. C'est comme dans la physique quantique, vous ne voyez pas les quarks, mais vous savez qu'ils sont là. Le caractère chinois signifie graine, et le mot sanskrit est bîja. Il y a cinquante-et-une catégories de graines, il y en a de bonnes, il y en a des négatives, et il y a celles qui peuvent être ou bonnes ou non-bonnes, selon les circonstances. Il y a une graine de colère là en bas, même quand vous êtes très joyeux, quand vous êtes aimants, compréhensifs, la graine de colère est toujours là, en bas. Et si quelqu'un vient et touche la graine de colère, si quelqu'un dit quelque chose ou fait quelque chose qui peut toucher cette graine de colère, elle se manifestera en haut comme une forme d'énergie, l'énergie de la colère, et quand cela se manifeste ici, on ne l'appelle plus bîja, graine, mais samskara, citta samskara. En anglais, c'est mental formation. En français, formation mentale. Une graine là en bas se manifestant là en haut est appelée formation mentale, et dans la psychologie bouddhiste, nous parlons de cinquante-et-une catégories de formations mentales. La colère est l'une d'elles, la pleine conscience est l'une d'elles, la compassion est l'une d'elles. 'Formation' est un terme technique dans le bouddhisme, il signifie 'choses composées'. Cette fleur est une formation, elle est faite d'éléments non-fleurs, comme les rayons du soleil, les nuages, la pluie, les minéraux, et ainsi de suite. Mais cette formation est une formation physique, et ma main est une formation physiologique, et ma colère est une formation mentale.


9- Reconnaître les formations mentales

Il y a cinquante-et-une formations mentales, et comme bon pratiquant, nous devons être capables d'identifier chacune quand elles se manifestent, et c'est l'objet de la pratique du neuvième exercice de la respiration en pleine conscience. L'autre jour, nous avons appris les premiers huit exercices de la respiration en pleine conscience, et le neuvième est de reconnaître chaque formation mentale quand elle se manifeste. Quand la colère est là en haut, vous inspirez, vous dites : 'J'inspire, je sais que la colère s'est manifestée.' Une simple reconnaissance de la colère comme formation mentale. Donc cela signifie que quand la colère vient là en haut, le pratiquant invite la formation mentale appelée pleine conscience de monter, et avec la pleine conscience, vous pouvez reconnaître la colère. 'Inspirant, je sais que la colère s'est manifestée. Expirant, je vais prendre soin de toi, ma chère colère.' La pleine conscience est une énergie. La colère est une énergie. La pleine conscience reconnaît la colère, embrasse la colère, et apporte un soulagement.


1- Ne pas donner aux graines négatives une chance de se manifester

Nous parlons de la diligence juste. Et le premier aspect de la pratique est que, si vous êtes un vrai pratiquant, vous ne donnez pas de chance pour les graines négatives, comme la colère, le désir, la peur, de se manifester. Le cinquième entraînement à la pleine conscience est très important. Cela dépend de votre façon de consommer si vous arrosez les graines de bonté en vous ou les graines négatives en vous. Supposons que vous regardiez la télévision sans pleine conscience : vous n'êtes pas conscients que ce programme à la télévision contient beaucoup de colère, de désespoir, de peur en lui. Vous vous autorisez et autorisez vos enfants à regarder ce film, alors vous consommez des toxines, des poisons, parce que pendant que vous regardez ce film, les graines de colère, de désir, de peur, sont arrosées et elles se manifestent. Et si elles deviennent fortes, ce n'est pas bien pour vous et pour vos enfants. C'est pourquoi le premier aspect de la pratique est de ne pas donner aux graines négatives une chance de se manifester, parce que quand elles se manifestent là en bas, les graines deviennent plus fortes, à la base. Donc dans une relation, nous devons appliquer ceci. Nous regardons l'autre personne, notre partenaire, et disons : 'Chéri, j'ai des graines négatives en moi, et si tu arrose ces graines, comme la jalousie, la colère, la peur, je vais souffrir, et si je souffre, tu ne peux pas être heureux, alors s'il-te-plaît, abstiens-toi d'arroser les graines négatives en moi, et en ce qui me concerne, je fais le voeu de ne pas les arroser moi-même, et je fais aussi le voeu de ne pas les arroser en toi.' Donc c'est un traité de paix, un traité d'amour que vous signez avec votre bien-aimé, ne pas laisser de chance aux mauvaises graines en nous avoir. C'est le premier aspect de la pratique.


2- Lorsqu'une graine négative s'est manifestée, inviter une graine positive à se manifester

Mais s'il arrive qu'une graine comme la colère ou le désespoir s'est déjà manifestée, que faire ? Le Bouddha recommande : faire quelque chose afin d'aider cette formation mentale de revenir aussi vite que possible à sa position d'origine. Le but n'est pas de la combattre, de la supprimer, mais de la reconnaître. Avec la pleine conscience, vous pouvez le reconnaître. Et vous avez beaucoup de belles graines en vous, alors vous pouvez inviter une d'elles à monter, spécialement une qui est opposée à ceci. C'est comme quand vous mettez un cd, et que vous n'aimez pas cette musique : pourquoi laissez-vous cette musique continuer ? Alors vous changez le cd, donc changer le cd est ce qui est proposé par le Bouddha. Vous avez beaucoup de beaux cd en bas, pourquoi ne pas les mettre, et laisser celui-ci continuer et continuer, et vous détruire, vous et votre bien-aimé. Donc le second aspect de la pratique est que s'il arrive qu'une graine négative s'est manifestée comme formation mentale, vous faites quelque chose pour l'aider à retourner à sa place d'origine en invitant une bonne à venir. Dans un soutra, le Bouddha utilise l'image d'un charpentier qui utilise une cheville afin de connecter deux blocs de bois. Si la cheville est pourrie, vous devez changer de cheville, vous devez utiliser une nouvelle cheville, et vous mettez là exactement au point et vous utilisez un marteau et mettez la nouvelle cheville en place et vous enlevez la vieille cheville. Donc changer les chevilles est l'expression utilisé par le Bouddha dans ce soutra. Et ceci est la seconde pratique de la diligence. Ne laissez pas cette formation mentale, la colère, la peur, le désir, rester trop longtemps, changez votre cd, changez la cheville.


3- Donner une chance aux graines positives de se manifester

Le troisième aspect de la pratique est de laisser beaucoup de chances pour les bonnes graines de monter. Vous avez tellement de belles graines, pourquoi ne les invitez-vous pas ? Une façon de faire est de venir dans une retraite, parce dans une retraite, une bonne graine a de nombreuses chances de se manifester. La graine de pardon, de compréhension, de compassion, de paix, et ainsi de suite. Et comme co-pratiquant, vous pouvez aider votre partenaire. Si vous voyez que votre partenaire est victime d'une mauvaise graine, vous pouvez l'aider à changer le cd. 'Chéri, à quoi penses-tu ? Pourquoi autorises-tu cette colère, cette peur, à te submerger comme cela ? Tu as beaucoup de belles choses en bas', et vous touchez les meilleures choses en lui ou en elle afin qu'elles puissent monter. Nous sommes des co-pratiquants, nous nous aidons les uns les autres dans la pratique, et comme bon pratiquants, nous savons comment donner une chance aux bonnes choses en nous pour se manifester, et nous pouvons toujours dire ou faire quelque chose pour aider à apporter les meilleures choses dans notre partenaire à monter. Vous le rendez heureux, vous la rendez heureuse, et vous pouvez profiter de son bonheur, et ceci ne prend pas longtemps. Cela peut être fait très rapidement. Je me souviens qu'un jour j'ai donné un enseignement sur ceci, nous l'avons appelé la pratique de l'arrosage sélectif. Nous arrosons seulement les bonnes graines, et j'ai remarqué que dans l'audience, il y avait une femme qui a pleuré du début de l'enseignement à la fin de l'enseignement. Et après l'enseignement, je suis venu voir son mari, et j'ai juste dit une chose : 'Cher ami, votre fleur a besoin d'être arrosée.' Le couple venait de Bordeaux, et le matin ils sont partis, et ce n'est pas très joyeux, parce qu'elle souffrait, elle pleurait beaucoup. Et je ne lui ai pas dit plus, c'est assez. Donc au chemin de retour, en conduisant, cela prend seulement une heure, et il a pratiqué l'arrosage sélectif, et il lui a dit combien merveilleuse elle est, combien talentueuse elle est, et quand ils sont arrivés, les enfants étaient très surpris, parce que leur père et mère étaient très joyeux. Donc cela ne prend pas beaucoup de temps, si vous connaissez l'art de l'arrosage sélectif, vous pouvez changer la situation en seulement cinq ou dix minutes. Cela marche.


4- Lorsqu'une graine négative s'est manifestée, la maintenir aussi longtemps que possible

Et le quatrième aspect de la vraie diligence est que si la bonne graine s'est manifestée en haut, vous essayez de la garder là aussi longtemps que vous le pouvez. C'est comme quand vous avez un bon ami qui vous rend visite, vous essayez de le ou la garder avec vous aussi longtemps que possible. La même chose est vraie ici : si les graines de joie, de bonheur, de pardon, de compassion se sont manifestées, pratiquez la respiration en pleine conscience, la marche en pleine conscience, gardez-la ici, parce que pendant qu'elle se manifeste ici, à la base, les graines continuent de grandir. Et c'est la pratique de transformation à la base. Vous ne le savez pas, mais là en bas, les bonnes graines poussent, et prochaine fois, quand vous en aurez besoin, elles pourront monter très facilement. Donc c'est la vraie signification de la pratique de la diligence juste. Je pense que nous devrions nous arrêter ici, et nous réjouir de la méditation marchée, les enfants nous attendent.


(cloche)


Enseignement donné le 11 Août 2011 en anglais,
traduit et transcrit par Pháp Thân