Enseignement pour les enfants
Apporter les parents dans le futur

(Télécharger le PDF)


(cloche)

Bonjour, chère Sangha. Aujourd'hui, nous sommes le jeudi 11 Août de l'année 2011, nous sommes au quatrième jour de notre retraite avec le thème 'Éveiller le coeur'.


La graine et la plante

Tous les deux ans, je vais en Italie et offre une retraite, et j'amène avec moi beaucoup de moines et de nonnes pour m'aider. La retraite en Italie est organisée dans un petit endroit pas très loin de Rome. Tellement de personnes aiment la pratique de la pleine conscience, et il y a beaucoup d'enfants dans la retraite. Alors à chaque fois que je vais en Italie pour offrir une retraite, je suis entouré de beaucoup d'enfants, et nous pratiquons joyeusement ensemble, et je me réjouis de m'asseoir avec eux, de marcher avec eux. Un jour, je leur ai donné des devoirs à faire. J'avais un sac de graines de maïs, et je les ai distribuées, j'ai donné à chaque garçon ou fille une graine de maïs. Et je leur ai dit de ramener cette graine de maïs chez eux et de la planter dans un petit pot, et de se souvenir de l'arroser chaque jour. Alors, quand la graine de maïs est devenue une jeune plante de maïs de deux ou trois feuilles, ils doivent poser à la plante une question : 'Ma chère petite plante de maïs, te souviens-tu du temps où tu étais une petite graine ?' Et ils attendent que la plante réponde. Et s'ils écoutent très attentivement, ils peuvent entendre la réponse de la petite graine de maïs. Elle va dire quelque chose comme : 'Moi ? Une petite graine ? Je ne le crois pas.' En fait, la jeune plante de maïs a été là seulement pour dix jours ou deux semaines, mais elle a déjà oublié qu'elle était une petite graine de maïs. Alors ils doivent l'aider à se souvenir, et ils disent quelque chose comme cela : 'Ma chère petite plante de maïs, c'est moi qui ai planté une graine de maïs dans ce pot, et je l'ai arrosée tous les jours, et tu viens de cette graine.' Peut-être qu'au début, la plante ne les croit pas, mais ils doivent être patient, ils doivent aider la plante à se souvenir. Et la plante se souviendra, elle acceptera qu'à un point de son histoire, elle était une petite graine. Et vous, qui êtes pratiquants de la méditation, quand vous regardez la plante de maïs, vous pouvez voir la graine de maïs dedans. Vous ne voyez plus la forme de la graine de maïs, mais la graine de maïs n'est pas morte. Vous ne pouvez plus voir la graine de maïs, mais vous savez très bien que la graine de maïs n'est pas morte. Si elle était morte, alors il n'y aurait pas de plante de maïs disponible. Donc vous le savez très bien, et vous pouvez aider la plante à comprendre. 'Chère petite plante de maïs, quand je te regarde, je vois encore la graine de maïs qui est devenue toi maintenant.' Elle est toujours vivante. Et c'est peut-être un petit peu difficile pour la plante de maïs de réaliser cela, mais c'est la vérité, la plante de maïs est seulement une continuation de la graine de maïs, et la graine de maïs est toujours là, à l'intérieur de la plante de maïs, bien que vous ne la voyez pas dans cette ancienne apparition. C'est la méditation. Quand vous méditez, vous pouvez voir des choses que les autres personnes ne peuvent pas voir. Quand vous regardez dans une plante de maïs, vous pouvez voir la graine de maïs à l'intérieur. Et vous savez très bien qu'une plante de maïs est une continuation d'une graine de maïs. Vous ne pouvez pas enlever la graine de maïs de la plante de maïs. Si vous le faites, il n'y a plus de plante de maïs.


Apporter nos parents dans le futur

Donc, chacun d'entre nous, que nous soyons un petit garçon ou une petite fille, nous devrions regarder en nous et voir. Et savez-vous quelque chose, au début, vous étiez aussi une très petite graine dans le ventre de votre mère, et beaucoup plus petite que la graine de maïs. Chacun de nous commence en étant une très petite graine, et nous ne nous en souvenons pas. Nous avons besoin d'un ami du Dharma, nous avons besoin d'un maître pour nous rappeler qu'au début nous étions une très petite graine plantée par notre père dans notre mère. En fait, la moitié et de la graine provient du père et l'autre moitié de la graine provient de la mère. Et alors cette graine continue de grandir, de se multiplier, et devient une très petit être vivant dans le ventre de notre mère. Et nous sommes restés là dans le ventre de notre mère environ neuf mois, c'était très confortable là. Alors, quand nous regardons la plante de maïs, nous pouvons voir la graine de maïs. Alors quand nous regardons en nous, nous pouvons voir la graine que notre père a planté, que notre mère a planté, et plus tard qui devenue nous. Et la même chose est vraie avec une plante de maïs. Vous ne pouvez plus voir la graine de maïs dans la plante de maïs, mais elle est toujours là. Nous sommes la continuation de notre père et de notre père, comme la plante de maïs est la continuation de la graine de maïs. Et nous croyons que notre père et que notre mère sont à l'extérieur de nous. Ce n'est pas vrai, et la plupart de nous croyons que notre père est à l'extérieur de nous, que notre mère est à l'extérieur de nous, mais en fait ils sont aussi à l'intérieur. Votre père est dans chaque cellule de votre corps. Votre mère est dans chaque cellule de votre corps. Vous ne pouvez pas enlever votre père de vous. Vous ne pouvez pas enlever votre mère de vous, parce que vous êtes la continuation de votre père, vous êtes une continuation de votre mère. En fait, le père est à la fois à l'intérieur et à l'extérieur, et le père à l'intérieur est plus jeune. Et nous portons le père à l'intérieur dans le futur, alors quand le père à l'extérieur meurt, il ne meurt pas vraiment, il continue à vivre en nous, et nous apportons notre père dans le futur. Notre père ne va pas mourir, c'est comme la graine de maïs : quand la plante de maïs est manifestée, vous ne voyez plus la graine de maïs, mais vous ne pouvez pas dire que la graine de maïs est morte, non. La graine de maïs continue dans la plante de maïs. Donc chacun de nous portons notre père, notre mère en nous, et nous les apportons dans le futur. Et si nous vivons une vie heureuse, une belle vie, notre père et notre mère en nous seront plus beaux aussi, et grâce à la pratique, nous pouvons rendre notre père et notre mère en nous plus beaux que dans le passé. Donc j'invite chacun de vous de méditer sur ceci, et de vous débarrasser de l'idée que le père et la mère sont seulement à l'extérieur, c'est une mauvaise perception. Votre père est à l'intérieur, votre mère est à l'intérieur, vous avez les deux en vous, et vous les portez toujours avec vous, et vous les emmenez dans le futur.


Papa, nous avons réussi

Et durant la méditation assise, j'aime parler à mon père à l'intérieur. Un jour, en méditation assise, j'ai dit à mon père à l'intérieur : 'Papa, nous avons réussi.' Ce matin-là, quand j'ai pratiqué la méditation assise, je me sentais tellement libre, tellement léger. Je n'avais plus aucun désir, aucune envie. J'étais si libre du désir, de l'envie, alors j'étais très léger. C'est pourquoi je voulais le partager avec mon père, alors j'ai parlé à mon père à l'intérieur : 'Papa, nous avons réussi, nous sommes libres.' Et j'ai aussi parlé à ma mère, parce que je sais que ma mère n'est pas vraiment morte, elle continue en moi. Quand je pratiquais la méditation marchée en Inde, avec un groupe de quelques milliers de personnes sur le plus grand boulevard de New Delhi, j'ai invité ma mère à marcher avec moi. J'ai dit : 'Maman, marchons ensemble. Ce sont mes pieds, mes ce sont aussi les tiens. Mes pieds sont la continuation de tes pieds. Alors que la mère et le fils se réjouissent de marcher à New Delhi.' Donc ma mère marchait avec moi, mère et fils marchant très paisiblement et heureux ensemble avec des milliers d'autres personnes. J'invitai aussi mon père à marcher avec moi, et ensuite j'invitai mon frère, ma grand-mère à marcher avec moi. J'invitai le Bouddha à marcher avec moi, j'invitai mon maître à marcher avec moi. Et cette marche était si merveilleuse. Nous marchions ensemble. Je sais que je porte en moi non seulement mon père, ma mère, mais tous mes ancêtres, et je porte aussi le Bouddha, parce que le Bouddha et mon maître sont aussi mes ancêtres. Nous avons des ancêtres de de sang et nous avons des ancêtres spirituels. Votre ancêtre peut être Bouddha, ou Jésus, ou Mohammed. Et vous les avez en vous, ne pensez pas qu'ils sont à l'extérieur de vous. Nos ancêtres de sang et nos ancêtres spirituels sont tous en nous, et quand nous marchons avec vision profonde, avec pleine conscience, tous marchent avec nous. Et quand vous faites un pas heureux, tous se réjouissent de marcher et de faire un pas heureux. Si vous marchez dans le Royaume de Dieu, tous marchent dans le Royaume de Dieu. Si vous marchez en enfer, c'est à dire si vous êtes très désespérés, et en colère, et haineux, vous marchez en enfer, et vos ancêtres doivent vous rejoindre, ce n'est pas gentil. Ce n'est pas gentil. Évitons cela, choisissons de marcher dans le Royaume de Dieu ou dans la Terre Pure du Bouddha, afin que nos ancêtres aient la chance de se réjouir aussi. J'ai rencontré des adolescents. Certains d'entre eux sont en colère contre leur père. Ils ne peuvent pas parler avec leur père. La communication n'est pas possible entre fils et père, fille et mère. Il y a la haine, il y a la colère qui bloque la communication. Et il y avait ce jeune homme qui a dit :'Cette personne, ce n'est pas mon père. Je n'ai rien à faire avec lui.' Il était tellement en colère avec son père qu'il ne voulait rien à faire avec son père. Mais si vous regardez profondément en lui, vous voyez qu'il est fait de son père. Son père est pleinement présent dans chaque cellule de son corps, il ne peut pas enlever son père de lui, c'est la vérité, et pourtant il a fait une affirmation très étrange : 'Je ne veux rien avoir à faire avec cette personne.' Non-sens. Donc quand vous êtes en colère avec votre père, vous êtes en colère avec vous-même, parce que vous êtes la continuation de votre père. Supposons que la plante de maïs soit en colère contre la graine de maïs : c'est regrettable. Donc s'il y a une sensation de peur, de séparation ou de colère, nous devons inspirer et expirer, et nous réconcilier avec notre père en nous, nous réconcilier avec notre mère en nous afin d'avoir la paix. Vous ne pouvez pas avoir le bonheur et la paix si vous êtes en conflit avec votre père, votre mère, parce que votre père et votre mère sont à l'intérieur de vous, et tout ce que vous faites afin d'apporter la liberté, la joie et le bonheur et le pardon à vous, vous l'offrez aussi à votre père et votre mère. Et vous êtes un fils très gentil, vous êtes une fille très gentille, parce que c'est la meilleure façon de payer votre dette à vos parents.


Considérons le Bouddha comme un ami, un frère, un maître

Au Village des Pruniers, en France, où vous vivons et pratiquons, il y a des centaines de moines et de nonnes et de personnes laïques, et en été, nous organisons quatre semaines de pratique appelée 'ouverture d'été', au Village des Pruniers, et vous savez quelque chose, les enfants viennent du monde tout entier, représentant plus de cinquante pays. Ils ne parlent pas la même langue, mais ils jouent ensemble, ils marchent ensemble, ils s'assoient ensemble très joyeusement, et chaque été, ils demandent à leurs parents qu'ils n'aillent pas à la plage ou à la montagne, ils veulent que leurs parents aillent au Village des Pruniers. Au Village des Pruniers, ils ont beaucoup d'amis, et les personnes au Village des Pruniers, les enfants et les adultes au Village des Pruniers, sont très, très doux, parce que nous savons comment pratiquer la respiration en pleine conscience, la marche en pleine conscience, calmer notre colère. Donc à la fois les adultes et les enfants sont heureux au Village des Pruniers. J'espère qu'un jour vous nous rendrez visite au Village des Pruniers. Mais aujourd'hui, ici, à Vancouver, dans cette salle du Dharma, c'est déjà le Village des Pruniers, parce que tout le monde est calme, tout le monde est gentil, et vous vous pouvez très bien créer un Village des Pruniers ici, à Vancouver, pour que les personnes viennent et pratiquent. Et les jeunes moines et nonnes au Village des Pruniers, ont organisé une organisation appelée 'Wake up', comprenant de jeunes bouddhistes et non-bouddhistes, qui veulent organiser, créer une société qui est plus paisible, qui est plus compassionnée. Et aujourd'hui vous pouvez leur demander des informations à propos du mouvement 'Wake Up', où les jeunes personnes se rejoignent et pratiquent l'assise, la marche, le chant, la danse, de telle façon qu'ils font la fraternité prédomine. Et ils apprennent comment transformer leur colère, leur souffrance, leur discrimination. Vous savez que le Bouddha n'est pas un Dieu, le Bouddha est un être humain comme nous. Quand il était jeune, il a aussi souffert, et il voulait pratiquer afin de transformer sa souffrance, et finalement, il a réussi, et est devenu une personne éveillée, pleine de compassion et de compréhension. Et nous sommes tous ses amis, parce que nous avons appris, nous pouvons apprendre beaucoup de lui, comment être paisible, comment être joyeux, comment transformer la colère et la haine, alors ne considérons pas le Bouddha comme un Dieu, mais comme un ami, un frère, un maître. Et je parle toujours au Bouddha, je tiens toujours la main du Bouddha pour faire la méditation marchée, et quand je tiens la main d'un enfant pour marcher, je sais que c'est aussi un Bouddha en devenir, parce que l'enfant qui tient ma main a aussi la graine de compassion, de compréhension et d'amour en lui. Alors je pratique prendre la main de deux petits Bouddha afin de me réjouir de la méditation marchée. J'ai appris que dans cette retraite, les enfants ont beaucoup appris. Ils ont appris comment être un maître de cloche,. Et nous, adultes, nous devons essayer de vous rattraper. Quand vous entendez la petite cloche, vous pouvez vous lever et vous incliner devant la Sangha avant que vous sortiez et continuez votre pratique.


(petite cloche)

Très bonne journée, pratiquez bien. Vous nous rejoindrez plus tard pour la méditation marchée à 11 heures.


Enseignement donné le 11 Août 2011 en anglais,
traduit et transcrit par Pháp Thân