S'occuper des émotions fortes

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Le Soutra de la respiration en pleine conscience

Bonjour, chers amis. La pratique et les enseignements que nous recevons ici étaient les pratiques et les enseignements que les personnes recevaient au temps du Bouddha. C'est très basique, c'est très concret, ce n'est pas des choses abstraites. Il y a un soutra appelé 'le soutra de la respiration en pleine conscience', que tous les moines et les nonnes connaissent par coeur. Il y a un texte sur comment pratiquer la pleine conscience, reconnaître ce qui se passe dans le corps et dans nos sensations et nos perceptions. Et tous ces textes étaient connus par coeur par de nombreux moines et nonnes. Donc, durant cette retraite, nous utilisons ces textes de base, ces enseignements de base et ces pratiques. Dans le soutra sur la respiration en pleine conscience, le Bouddha propose seize exercices, qui peuvent prendre soin de notre corps, de nos sensations, de nos perceptions, et ainsi de suite. C'est très concret. Et je voudrais passer en revue quelques uns de ces exercices, parce que vous voulez les mettre en pratique tout de suite.


1- Dedans/dehors

Le premier exercice est de reconnaître notre inspiration comme inspiration, et de reconnaître notre expiration comme expiration. Donc, c'est un exercice 'dedans/dehors'. Inspirant, je sais que c'est mon inspiration. Nous identifions simplement notre inspiration comme inspiration. Nous reconnaissons ce qui ce passe, et ce qui se passe est que vous inspirez. Donc inspirant, je sais que j'inspire. Et votre esprit se focalise entièrement sur votre inspiration. Et quand vous expirez, vous focalisez votre attention sur votre expiration. Il n'y a pas de pensées, il y a seulement une attention que l'expiration se passe. Donc c'est une sorte de pratique appelée 'simple reconnaissance'. Vous reconnaissez ce qui se passe, et ce qui se passe maintenant est une inspiration, et une expiration. Et la pleine conscience génère de l'énergie pendant que vous inspirez, et cette énergie de pleine conscience vous autorise à reconnaître qu'une inspiration se passe. Au même moment, l'énergie de la concentration est née, parce que vous êtes concentrés seulement sur votre inspiration. Donc la pleine conscience et la concentration sont les deux sortes d'énergie qui peuvent être générées pendant que vous inspirez. Et vous relâchez toutes les autres choses. Vous relâchez le passé, le futur, les projets, votre colère, et vous devenez plus libre, beaucoup plus libre, seulement en quelques secondes. Vous devenez une personne libre. Donc le premier exercice est d'identifier votre inspiration et votre expiration. On l'appelle 'l'exercice dedans/dehors'. Et quand vous êtes assis dans le bus, dans le train, ou pendant que vous conduisez votre voiture, vous pouvez vous réjouir, et reconnaître votre inspiration et votre expiration. Et votre pratique peut vraiment aller en profondeur et vous apporter la vision profonde. Les trois sortes d'énergie en méditation sont la pleine conscience, la concentration , et la vision profonde. La pleine conscience et la concentration apportent toujours la vision profonde, et la vision profonde a le pouvoir de libérer, de transformer. Supposons que vous respiriez en pleine conscience : vous ramenez votre esprit à votre corps, et durant le temps que vous inspirez, vous vous établissez dans l'ici et maintenant, et vous pouvez avoir la vision profonde que vous êtes vivant, que vous êtes vraiment ici, vraiment présent dans l'ici et maintenant, que vous êtes vivant. Savoir que vous êtes vivant est déjà une vision profonde, est déjà une sorte d'illumination, une sorte d'éveil. Vous êtes éveillé au fait que vous êtes là en vie. Quand quand vous expirez, vous vous réjouissez d'être vivant. Alors votre expiration peut être une célébration du fait que vous êtes vivant. Donc cet exercice très simple peut être une pratique très profonde, et il peut apporter la joie et le bonheur tout de suite en quelques secondes. Donc le premier exercice est 'dedans/dehors'. Reconnaître l'inspiration et l'expiration.


2- Suivre la respiration

Le second exercice de la respiration en pleine conscience est :'Inspirant, je suis mon inspiration du début jusqu'à la fin', et cet exercice est de suivre votre respiration. Le premier est d'identifier, le second est de suivre. Supposons que ceci représente mon inspiration. Il commence ici et finit ici. Cela peut durer deux ou trois secondes. Et supposons que ce doigt est mon esprit. Avec mon esprit, je suis mon inspiration du début à la fin, sans interruption. Pendant quatre ou cinq secondes, vous êtes pleinement attentif, pleinement conscient et concentrés, vous êtes très concentrés sur votre inspiration, donc cela aide à cultiver plus de concentration. Inspirant, je suis mon inspiration all the way though. Ceci est la pleine conscience et la concentration. Expirant, je suis mon expiration tout le long. Durant toutes ces secondes, la pleine conscience et la concentration sont cultivées, et c'est agréable aussi. Donc le premier est de reconnaître, le deuxième est de suivre.


3- Attention au corps

Le troisième : vous reconnaissez votre corps. Inspirant, je suis conscient de tout mon corps. Durant votre inspiration, vous ramenez votre esprit à votre corps, vous unifiez les deux. Votre esprit et votre corps sont ensemble, vous êtes vraiment ici, dans l'ici et maintenant. Dans notre vie quotidienne, très souvent notre corps est ici mais notre esprit est dans une autre direction, autre part. Très souvent, notre corps est sans notre esprit. Notre esprit est attrapé dans nos projets, dans nos anxiétés, dans nos peurs, dans le futur et le passé. Le corps est là mais l'esprit, non. Donc la respiration en pleine conscience est de ramener l'esprit au corps. Et ceci, ces exercices nous aident à faire ceci. Inspirant, je suis conscient de mon corps. Entre l'esprit et le corps, il y a quelque chose appelé la respiration. Nous pouvons renouer ce lien entre corps et l'esprit. Vous êtes dispersés, l'esprit et le corps dans différentes directions, rappelez-vous alors et focalisez-vous sur votre inspiration et inspirez en pleine conscience, et votre esprit et votre corps viennent ensemble. Et cela prend seulement une, deux, trois secondes pour ramener l'esprit au corps. Et quand l'esprit et le corps sont ensemble, nous ne sommes plus perdus dans le passé et le futur, vous êtes établis dans l'ici et maintenant. Cela va très vite, cela prend seulement une, deux, trois secondes. C'est une sorte de résurrection, parce que vous êtes vivant seulement quand vous êtes vraiment ici, dans l'ici et maintenant, et afin d'être vraiment vivant, pleinement présent, une inspiration, prise en pleine conscience, est assez. Donc c'est un miracle. Inspirant, je suis conscient de tout mon corps, expirant, mon esprit est avec mon corps et établi dans l'ici et maintenant.


4- Relâcher les tensions du corps

Le quatrième exercice est de relâcher les tensions dans le corps. Inspirant, je relâche les tensions dans mon corps. Quand nous sommes chez nous dans notre corps, nous pouvons remarquer qu'il y a des tensions, et des douleurs, et du stress, et nous aimerions faire quelque chose pour aider notre corps. Alors inspirant, j'autorise les tensions à partir. Relâcher les tensions est l'objet du quatrième exercice de la respiration en pleine conscience. Donc avec le troisième, nous revenons chez nous dans notre corps, et dans le quatrième, nous relâchons les tensions dans notre corps. Alors dans la position allongée, ou la position assise, ou en méditation marchée, avec la respiration en pleine conscience, nous pouvons toujours relâcher les tensions dans notre corps. Et dans le soutra appelé la contemplation du corps dans le corps, le Bouddha a dit que nous relâchons les tensions en observant notre corps, différentes parties de notre corps. Supposons qu'un fermier aille dans la cave et ramène un sac de graines, et il ouvre un côté du sac et laisse toutes les graines du sac tomber par terre. Et avec ses yeux encore en de bonnes conditions il reconnaît les graines de haricots mungo, les graines de maïs, il reconnaît toutes les sortes de graine. Et le pratiquant fait à peu près la même chose : en position allongée ou position assise, il passe en revue toutes les parties de son corps. Inspirant, je suis conscient de mes yeux, expirant, je souris à mes yeux. Inspirant, je suis conscient de mon coeur, expirant, je souris à mon coeur. Inspirant, je suis conscient de mon foie, expirant, je souris à mon foie. Et vous souriez à toutes les parties de votre corps, du haut, de votre tête, aux pieds. C'est comme scanner votre corps, pas avec des rayons x, mais avec les rayons de la pleine conscience. Et vous devenez conscient de chaque partie de votre corps, et vous envoyez votre énergie de tendresse, de compassion à cette partie. Et c'est pourquoi, il y a 'Inspirant, je suis conscient de mes yeux, expirant, je souris à mes yeux. Inspirant, je suis conscient de mon coeur, expirant, je souris à mon coeur.' Et la vision profonde peut venir. Peut-être que c'est première fois que vous portez attention à votre coeur. Votre coeur fonctionne jour et nuit afin de pomper le sang et nourrit toutes les cellules. Vous avez cinq, six, sept heures pour dormir, mais votre coeur fonctionne sans arrêt, et vous n'avez peut-être pas été très gentil avec votre coeur. Vous fumez, vous buvez de l'alcool, vous restez éveillé trop tard dans la nuit, vous n'avez pas été très gentil envers votre coeur. Alors maintenant, inspirant, je suis conscient de mon coeur, et ma pleine conscience et ma concentration m'autorisent à voir que je n'ai pas été très gentil envers mon propre coeur. Et c'est pourquoi quand j'expire, j'envoie mon énergie d'amour. Expirant, je souris à mon coeur avec compassion. Et avec cette sorte de connaissance, d'illumination, je fais le voeu de manger, de boire, de vivre ma vie de telle façon que je ne vais pas rendre la vie dure à mon coeur. C'est déjà une méditation sur l'amour, dirigée vers le coeur. Alors le Bouddha propose que nous allions du haut de la tête, jusqu'en en bas vers nos pieds, et que nous reconnaissions toutes les parties de notre corps, en inspirant et expirant, en scannant le corps avec pleine conscience, et à chaque fois que nous sentons que nous allons à un endroit, un point qui est douloureux dans le corps, comme le foie, ou les reins, nous stoppons, nous faisons une pause, et nous inspirons et expirons et envoyons de l'énergie de gentillesse à cette partie, c'est très guérissant. Bien sûr, vous pouvez continuer à prendre vos médicaments, mais ne comptez pas sur vos médicaments pour faire cela, parce que le corps a la capacité de se guérir lui-même seulement si nous autorisons notre corps à le faire. Relâchez les tensions, et donnez à votre corps la capacité de guérir, c'est très important. Nous savons que les animaux dans la forêt font encore cela. À chaque fois qu'un animal est blessé, blessé profondément, il sait s'arrêter. Et finalement, il trouve un endroit et s'allonge, parce que la seule façon de guérir est de se reposer, parce les animaux n'ont pas de pharmacie. Et ils ont cette sorte de sagesse, ils savent qu'ils ne devraient pas courir après un autre animal. Ils savent qu'ils ne devraient pas essayer de trouver quelque chose à manger. Ce dont ils ont besoin est de trouver un endroit calme et de s'allonger jusqu'à ce qu'ils guérissent. Nous, humains, nous avions cette sorte de sagesse, mais nous l'avons perdue. Nous ne savons plus comment nous reposer, et autoriser notre corps à se guérir. Nous laissons la peur, la colère venir, et nous comptons seulement sur les médicaments. Donc il est très utile de pratiquer la respiration en pleine conscience pour relâcher les tensions dans notre corps et de laisser à notre corps une chance de se guérir, c'est très important. Donc le quatrième exercice est de relâcher les tensions dans le corps. Si nous laissons les tensions s'accumuler trop longtemps dans le corps, toutes sortes de maladies vont se manifester. C'est pourquoi il est très important que nous sachions comment relâcher les tensions dans le corps, et chaque pratiquant devrait maîtriser l'art de relâcher les tensions. Vous êtes assis dans le bus, dans la voiture, pourquoi n'autorisez-vous pas votre corps à se relaxer ? Pourquoi restez-vous tendu comme cela ? Alors la pratique de la respiration en pleine conscience est très utile, elle nous autorise à ramener notre esprit chez lui à notre corps, et nous aide à relâcher notre corps. Et comme les tensions sont relâchées, la douleur dans votre corps peuvent être réduites. Si vous avez laissé grandir une douleur dans votre corps, vous pouvez réduire cette sorte de douleur seulement en autorisant votre corps à avoir moins de tensions. Alors en marchant de votre parking à votre office, pourquoi ne marchez-vous pas d'une manière relaxée, laissant chaque pas relâcher des tensions. C'est la pratique, et nous devons nous entraîner. Pourquoi devons-nous courir tout le temps ? Nous pouvons goûter, nous pouvons être heureux avec chaque pas, relâchant et touchant les miracles de la vie qui sont disponibles dans l'ici et maintenant. Dans le troisème exercice est d'être conscient du corps et le quatrième est de relâcher les tensions dans le corps.


(cloche)

5- Générer la joie

Avec le cinquième exercice, nous apprenons comment faire pour générer une sensation de joie. Ceci est recommandé par le Bouddha, parce que nous avons besoin de joie et de bonheur comme nourriture. Nous avons peut-être des des douleurs et des peines à transformer, mais si nous sommes trop faibles, si nous n'avons pas assez de joie et de bonheur, nous pourrions ne pas être assez fort pour nous occuper la douleur en nous. C'est comme une personne, un patient, avant une très importante opération : le docteur devrait savoir si il ou elle est assez fort pour s'occuper de l'opération. Alors nous devons apprendre l'art de nous nourrir avec des sensations de joie et de bonheur, avec que nous soyons assez fort pour nous occuper des blocs de douleur en nous. Et comment générer une sensation de joie ? Le Bouddha propose beaucoup de façons. Utilisant la pleine conscience et la concentration, vous pouvez générer la joie et le bonheur. La première méthode est de laisser aller, de relâcher. Ceci est la joie, et ceci est le bonheur. Et la joie et le bonheur naissent du laisser-aller. Nous ne pouvons pas laisser aller, c'est pourquoi la joie et le bonheur ne sont pas possibles. Vous croyez que vous ne pouvez pas laisser aller ceci, parce que c'est essentiel pour votre survie, mais peut-être que c'est le contraire, parce que vous ne pouvez pas le relâcher. Vous le trouvez essentiel à votre bonheur, mais c'est peut-être le contraire. Peut-être que c'est la raison essentielle pour laquelle vous ne pouvez pas être joyeux et heureux, et c'est pourquoi nous devons apprendre comment relâcher. Supposons queget ri vous ayez une idée de bonheur. Vous croyez que vous pouvez être heureux seulement si vous pouvez obtenir ceci ou cela, alors vous faites de votre mieux afin d'obtenir ceci ou cela, vous ne pouvez pas être heureux maintenant. Vous pensez que vous pouvez seulement être heureux si vous obtenez ce diplôme, cette position, et ainsi de suite. C'est votre idée. Ou vous pouvez avoir l'idée que vous ne pouvez être heureux que si vous vous débarrassez de ceci ou de cela. Donc tout ceci sont des idées. Et c'est à cause de ces idées que vous continuez à souffrir. Et c'est pourquoi il est très important d'apprendre à relâcher les idées. C'est une pratique très profonde. Générer la joie et le bonheur par la pratique de relâcher est la première proposition du Bouddha. Supposons que nous vivions dans une ville très bruyante, polluée, comme Los Angeles, et que nous en sortions. Samedi, dimanche, nous allons sortir, nous voulons aller à la campagne, mais nous ne pouvons pas, nous pensons que nous pouvons pas aller parce qu'il y a des choses que nous devons faire, alors nous restons. Mais ce jour, un ami vient et dit :'Tu peux remettre à plus tard cela la semaine prochaine, viens avec moi.' Et cet ami vous amène hors de la ville. Cela prend environ une heure ou plus pour sortir de la ville. Et maintenant vous sentez l'air frais, les collines, et vous êtes tellement heureux, tellement joyeux. Et d'où vient cette joie ? Vous exprimez la joie parce que vous avez été capable de laisser la ville derrière vous. Donc relâcher quelque chose est très important, pour que la joie et le bonheur deviennent possible, et la pratique de la pleine conscience et de la concentration nous aident à relâcher. Il y a des choses qui doivent être relâchées, si nous voulons que le bonheur et la joie soient possibles. Et la première chose à relâcher est notre idée du bonheur. Si vous n'êtes pas heureux, c'est peut-être parce que vous avez une idée de votre bonheur, et si vous pouvez vous débarrasser de cette idée, le bonheur pourrait venir tout se suite. Le second élément qui peut apporter le bonheur est la pleine conscience. Le mot pleine conscience en chinois est composé de deux partie. Le au-dessus signifie le moment présent et le mot au-dessous signifie l'esprit, le coeur. Votre esprit revient au moment présent, cela s'appelle pleine conscience. Vous n'êtes pas pris dans le passé, dans le futur, autre part. Il revient à l'ici et maintenant, et touche les merveilles de la vie dans l'ici et maintenant. Alors avec cette énergie de pleine conscience, vous ramenez votre esprit à votre corps, et quand vous êtes vraiment là, vous reconnaissez que le bonheur est possible maintenant. Il y a tellement de conditions qui sont déjà disponibles, vous n'avez pas à attendre d'autre conditions. Plus qu'assez. Alors la pleine conscience est un des facteurs qui apporte la joie, qui apporte le bonheur, et dans la tradition de la pratique bouddhique, nous savons que la pleine conscience est une source de joie, parce qu'avec la pleine conscience, nous revenons chez nous à l'ici et maintenant, et nous reconnaissons que nous sommes très chanceux, beaucoup plus chanceux que beaucoup d'autres personnes, et avec ces conditions de bonheur disponibles, nous n'avons pas à attendre, nous pouvons être heureux juste ici et maintenant. Seulement inspirer ou seulement faire un pas, seulement ouvrir les yeux afin d'entrer en contact avec le paradis des formes et des couleurs autour de nous. Donc le bonheur est possible avec la pleine conscience. Et la concentration aussi est une source de bonheur et de joie, Supposons que vous ayez un ami et que vous chérissez sa présence : vous voulez éteindre la télévision afin de vous focaliser entièrement sur votre ami. Si vous laissez la télévision allumée, alors votre esprit est dispersé, vous devez porter attention à ceci et cela et l'autre, alors essayez de focaliser votre attention sur seulement une chose. C'est comme durant le dîner : vous éteignez la télévision afin de mieux vous réjouir de la nourriture sur la table. C'est pourquoi la concentration est aussi une source de bonheur, et nous n'avons pas besoin d'acheter au supermarché la pleine conscience et la concentration, ils ne vendent pas ces choses. Nous devons générer la pleine conscience et la concentration par nous-même, avec la pratique de la respiration en pleine conscience, la marche en pleine conscience, et ainsi de suite. Donc c'est un art de bonheur, cultiver la pleine conscience, la concentration, et la capacité de laisser aller. Alors quand il y a une sensation de joie, votre pleine conscience reconnaît l'existence d'une sensation de joie, afin que vous vous réjouissiez encore plus. Mais s'il n'y a pas de sensation de joie, vous pouvez générer une sensation de joie, seulement en utilisant le lâcher-prise ou en pratiquant la pleine conscience et la concentration pour entrer en contact avec les conditions du bonheur qui sont déjà là.


6- Générer le bonheur

Et le sixième exercice de la respiration en pleine conscience est de générer une sensation de bonheur. Dans le bouddhisme, nous distinguons un petit peu la joie et le bonheur. Dans la joie, il y a encore des éléments d'excitation, mais dans le bonheur, cette excitation s'est apaisée, et vous êtes plus calme. L'image est une personne marchant dans le désert, et il est à court d'eau, il a très soif. Et soudain, il voit une oasis en face de lui, il sait que dans une demi-heure, il peut arriver, et il peut prendre refuge dans les ombres des arbres, et il peut boire de l'eau, et c'est la joie. Et une demi-heure plus tard, il s'agenouille et boit, et ceci est le bonheur. Et un bon pratiquant est quelqu'un qui a la capacité de générer une sensation de joie, une sensation de bonheur à chaque fois qu'il le veut, en utilisant seulement la pleine conscience, la concentration et le laisser-aller.


7- Reconnaître la douleur

Le septième exercice de la respiration en pleine conscience est de d'occuper d'une sensation douloureuse. Quand une sensation douloureuse s'élève, le pratiquant sait la reconnaître et l'embrasser tendrement. Si nous ne sommes pas pratiquant, alors quand une sensation douloureuse s'élève, nous faisons de notre mieux pour essayer de nous enfuir. Nous jouons de la musique, nous ouvrons le réfrigérateur pour trouver quelque chose à manger, pour oublier, nous lisons un livre, nous faisons tout ce qui est possible afin de couvrir la souffrance. Mais comme pratiquant, nous devrions être capables de reconnaître les sensations douloureuses, ou les émotions douloureuses, et essayer de les écouter, et les embrasser tendrement, parce que nous pouvons apprendre beaucoup d'elles, et nous pouvons aussi réduire les tensions de ces souffrances. Alors c'est comme comme dans le domaine du corps. Vous êtes conscient de votre corps et de la tension en lui, de la douleur en lui, et dans le domaine des sensations, inspirant, vous reconnaissez les sensations douloureuses, les émotions douloureuses qui sont là, et vous dites : 'Bonjour, ma petite douleur, ma petite colère, mon petit désespoir. Je sais que vous êtes là, je vais prendre bien soin de vous. Je ne vais pas m'enfuir, je vais prendre bien soin de vous.' C'est comme une mère marchant dans la cuisine. Et le bébé pleure, et la mère pose ce qu'elle tient, et va dans la chambre du bébé, et la première chose qu'elle fait est de prendre le bébé et de le tenir tendrement dans ses deux bras. C'est exactement ce qu'un pratiquant devrait faire quand une sensation douloureuse s'élève. Nous devons revenir chez nous et tenir notre propre bébé, qui est une sensation douloureuse, une émotion douloureuse. Parce nos douleurs, nos chagrins, nos peurs, sont nos bébés, nous devons être là pour eux. La mère ne sait pas encore ce qui ne va pas avec le bébé, mais le fait qu'elle tient avec tendresse le bébé dans ses bras apporte déjà du soulagement au bébé. Le bébé souffre moins, parce que l'énergie de tendresse de la mère a déjà commencé à pénétrer dans le corps. Souvenez-vous, quand vous étiez petit, et vous aviez de la fièvre. Vous êtes très seul, et vous souffrez beaucoup, et quand votre mère vient et pose sa main sur votre front, elle n'a pas fait beaucoup pour vous aider, et pourtant la présence de sa main sur votre front a apporte déjà du soulagement. Donc c'est exactement ce que le pratiquant devrait faire. Nous ne savons pas ce qu'est la racine de notre douleur, nos chagrins, nos peurs maintenant, mais notre capacité de reconnaître nos douleurs et embrasser tendrement nos douleurs peut déjà aider à apporter du soulagement. Ne vous enfuyez pas, reconnaissez-les et embrassez-les. Le septième exercice est de reconnaître.


8- Embrasser la douleur

Et le huitième exercice est d'embrasser. Après avoir tenu un bébé pendant quelques minutes, en pleine conscience, la mère trouve ce qui ne va pas avec le bébé. Le bébé est peut-être en colère, le bébé a peut-être un peu de fièvre. Et avec pleine conscience, la mère reconnaît ce qui ne va pas avec le bébé, elle peut fixer la situation très vite. Alors la première chose qu'un pratiquant devrait faire est d'embrasser pour reconnaître la douleur en lui, et alors d'embrasser la douleur. Il y a deux sortes d'énergie. La douleur, la colère en vous, est la première énergie qui se manifeste. Et puisque vous êtes un pratiquant, vous n'essayez pas d'y échapper, vous n'essayez pas de les couvrir. Vous pratiquez la respiration en pleine conscience et générez une seconde énergie, source d'énergie appelée pleine conscience, et vous embrassez cette première énergie. Pratiquant la marche en pleine conscience, vous générez la pleine conscience de la marche. Pratiquant la pleine conscience de la respiration, vous générez l'énergie de la pleine conscience. Et c'est exactement avec cette seconde énergie que vous reconnaissez et embrassez cette énergie. C'est la mère embrassant le bébé. Et vous obtenez un soulagement après quelques minutes de pratique.


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Les deux couches de conscience

Dans la position assise ou dans la marche méditative, vous continuez à pratiquer la respiration en pleine conscience, et vous continuez à reconnaître et à embrasser la douleur, et vous obtenez du soulagement. Dans la psychologie bouddhiste, nous savons qu'il y a au moins deux couches de conscience. La base de notre conscience est appelée alaya vijnana, la conscience du tréfonds. Et dans la profondeur de notre conscience du tréfonds, il y a des graines appelées bîja Ce sont les graines de colère, de peur, de désespoir, de violence, jalousie et ainsi de suite. Mais il y a beaucoup de bonnes graines dedans. Les graines d'amour, les graines de joie, les graines de fraternité, les graines de non-discrimination, les graines de pleine conscience, les graines de concentration et ainsi de suite. Et supposons que les graines de colère aient une chance de se manifester en haut, à ce niveau. Et à ce niveau, notre conscience s'appelle la conscience mentale. De cette graines, cela devient une formation mentale. La graine de colère peut s'élever vers la formation mentale appelée colère. C'est une sorte d'énergie, et quand la colère se manifeste comme une énergie ici, le paysage de l'esprit n'est plus beau, il souffre. Et c'est pourquoi le pratiquant n'autorise pas cette situation à continuer. Mais il n'essaye pas de les supprimer, de se battre contre elle, parce que c'est la violence. Ainsi, il invite la graine de pleine conscience ici en bas à monter. Avec la pratique de la respiration en pleine conscience, il invite la graine de pleine conscience à monter, et alors il y a une autre formation mentale appelée la formation mentale de pleine conscience. En fait, la pleine conscience est une formation mentale, une bonne. Ceci est la colère, et la pleine conscience est l'énergie qui reconnaît et embrasse l'énergie de la colère. Ceci est le premier temps de la pratique, et il peut obtenir un soulagement. S'il maintient la pleine conscience plus longtemps, et que la concentration devient puissante, il peut avoir un regard profond dans la nature de la colère, et ce genre de vision profonde peut aider à libérer et à transformer la colère, mais c'est le sujet d'autres exercices qui vont suivre. Ici la pratique est seulement de reconnaître et d'embrasser.


Prendre refuge dans la Sangha

Et comme un débutant dans la pratique, notre pleine conscience n'est peut-être pas assez puissante afin que nous puissions reconnaître et embrasser notre douleur. C'est pourquoi il est très utile d'appartenir à une communauté de pratique appelée sangha. Une sangha est composée de plusieurs membres qui savent comment pratiquer la respiration en pleine conscience, la marche en pleine conscience, générant une énergie collective de pleine conscience. Donc si votre pleine conscience et concentration ne sont pas encore assez fortes, vous pouvez venir et vous asseoir avec nous, et profiter de notre énergie collective. Vous dites : 'Chère sangha, voici ma peine, voici mon chagrin, voici ma colère. C'est trop grand pour moi pour les embrasser, parce que je suis seulement un débutant.' Alors vous laissez la sangha à vous transporter, à vous embrasser. Assis dans une sangha, vous vous confiez à la sangha. C'est comme une goutte d'eau qui se laisse transporter par toute la rivière. Ne restez pas comme une goutte d'eau. Autorisez-vous à être embrassés et transportés par la sangha, par la rivière, et alors l'énergie collective de la sangha sera capable d'aider à reconnaître et à embrasser votre douleur, et vous vous sentirez de mieux en mieux assis dans la sangha, parce que vous savez comment emprunter, et autoriser l'énergie collective de la sangha à aider à reconnaître et à embrasser vos douleurs et chagrins. C'est pourquoi dans la tradition bouddhiste, prendre refuge dans la sangha est très important. 'Je vais dans la sangha pour refuge, parce que la sangha a l'énergie collective qui peut m'aider au début à reconnaître et à embrasser ma douleur.' Quand vous pratiquez, vous avez des frères et soeurs dans le Dharma, et ils peuvent nous aider, nous supporter dans notre pratique. C'est pourquoi un bon pratiquant cherche toujours à construire un groupe de pratiquants appelé sangha, communauté, pour maintenir la pratique, pour continuer avec la pratique. Même le Bouddha, après l'éveil, savait que la sangha est nécessaire pour aider les personnes. Alors la première chose qu'il a faite après l'éveil est d'aller chercher des membres de sangha. Et le Bouddha était un excellent bâtisseur de sangha. En peu de temps, il a construit une sangha de 1250 moines, la plupart des jeunes gens. Et il a commencé la carrière d'un Bouddha. Un Bouddha sans sangha ne peut pas faire beaucoup.


S'occuper des émotions fortes

Et nous, comme pratiquants, nous devrions savoir que la sangha est nécessaire afin de maintenir notre pratique forte. Les jeunes personnes ne savent pas comment s'occuper des émotions douloureuses comme le désespoir, la colère, et beaucoup d'entre elles croient que la seule façon de stopper la souffrance est de se suicider. C'est pourquoi il y a tant de jeunes personnes qui se suicident. À Hong-Kong, les jeunes personnes sautent d'un grand immeuble pour mourir. Il y a beaucoup de jeunes personnes au Japon et au Royaume-Uni qui, seulement parce qu'elles ne savent pas comment s'occuper de leurs émotions douloureuses, se suicident. Mais sous la lumière de la pratique, une émotion est quelque chose d'impermanent. Une émotion est quelque chose qui vient, reste pour quelques temps et doit partir. Pourquoi devriez-vous mourir simplement à cause d'une émotion ? C'est pourquoi nous devons aider les jeunes personnes. Nous devons leur transmettre la façon de s'occuper des émotions fortes. Et si elles savent comment s'occuper des émotions fortes, elles ne se suicideront pas. Et comment ? Avec la pratique de la pleine conscience et de la concentration. Quand une forte émotion est sur le point de venir, vous le savez. Vous arrêtez de penser, vous arrêtez de parler, vous arrêtez de faire des choses, vous revenez à vous-même et pratiquez la respiration en pleine conscience en position assise ou en position allongée. Ne restez pas au niveau de la tête, ne continuez pas à penser. Le plus vous pensez, le plus l'émotion peut devenir forte, le plus fort elle peut devenir. Nous ne devrions pas rester au niveau de l'intellect, nous devons ramener notre esprit en bas, à l'abdomen. Il y a un point un petit peu plus bas que nombril. Voici le point où vous devez vous concentrer. C'est comme un arbre se tenant debout dans une tempête : il est vulnérable de se trouver en haut de l'arbre. Si vous allez en bas et embrassez l'arbre, vous êtes en sécurité, et le tronc, notre tronc est là en bas. Donc quand l'émotion vient, c'est comme une tempête. Vous ne pensez pas, vous ne regardez pas, vous n'écoutez pas, vous arrêtez tout. Vous arrêtez de nourrir cette émotion. Vous rentrez chez vous pratiquer la génération de l'énergie de la pleine conscience, étant conscient de votre inspiration et de votre expiration. 'Inspirant, mon abdomen se lève, expirant, il s'abaisse.' C'est le seul objet de votre esprit. Ne pensez pas, ne regardez pas, n'écoutez pas. Devenez juste conscient de votre inspiration et de votre expiration. Concentrez-vous entièrement sur montée et la descente de votre abdomen. Vous pouvez rester en position allongée, vous pouvez poser votre main sur votre estomac et sentir la montée et la descente de votre abdomen. Seulement cela. Et alors vous pouvez survivre facilement à l'émotion. L'émotion peut rester pour quinze minutes, ou une demi-heure, ou même une heure, mais vous êtes en sécurité avec la pratique, parce qu'il y a la conscience qu'une émotion est seulement une émotion. Une émotion est impermanente, une émotion est quelque chose qui vient, reste pour quelques temps, et finalement doit partir. Je ne dois pas mourir seulement à cause d'une émotion. Et si avez cela en esprit, la pleine conscience, alors vous êtes assez confiant, et quand cette émotion est partie, vous êtes heureux, vous dites que la prochaine fois, quand elle viendra, vous ferez seulement ceci, et resterez solide, et pas emporté par l'émotion. Et n'attendons jusqu'à ce que nous ayons une émotion forte pour commencer la pratique, parce que nous oublierons. Alors essayons tous les jours la pratique de l'écoute profonde, respiration de l'abdomen, respiration quotidienne, respiration profonde et devenez conscient de la montée et de la descente de votre abdomen, et après quelque chose comme trois semaines, cela deviendra une habitude, et c'est agréable aussi. Et à chaque fois qu'une forte émotion vient, nous nous souvenons de pratiquer, et nous pouvons survivre très aisément à une émotion douloureuse. Si vous avez un enfant, enseignez-lui. 'Chéri, tiens ma main. Pratiquons tous les deux. Inspirant, mon abdomen se lève, expirant il s'abaisse.' Ne pensez pas, portez seulement attention, et vous savez que votre énergie de pleine conscience est établie en votre enfant, parce que votre enfant peut avoir des crises aussi. Vous avez, comme pratiquant, l'énergie de la pleine conscience et de la concentration, et tenant la main de votre enfant, vous pouvez lui transmettre cette énergie, et vous le supportez en respirant, et vous l'éduquez. Et votre enfant saura comment surmonter une sensation ou émotion douloureuse. Un éditeur essaie de mettre cette sorte de pratique disponible pour les jeunes personnes. Nous avons organisé un mouvement de jeune, un mouvement pour les jeunes personnes appelé 'Wake up', dans chaque pays, et les jeunes personnes apprennent ces sortes de choses, et nous commençons à entraîner les maîtres d'école. Et les maîtres d'écoles peuvent transmettre la pratique à leurs étudiants, les étudiants de leur classe. Nous avons déjà commencé à entraîner les maîtres d'école en Thaïlande, à Hong-Kong, au Vietnam, en Allemagne. Nous entraînons les premiers groupes de maîtres d'école, et nous voulons parler aux ministres de l'éducation, afin que dans les écoles de maîtres, il y ait cette sorte d'entraînement pour les maîtres d'école, afin qu'ils puissent transmettre aux étudiants de tous les niveaux. En Allemagne, maintenant, nous avons un cours pour les maîtres d'école, nous transmettons ces sortes de pratique : comment relâcher les tensions dans le corps, comment générer une sensation de joie et de bonheur, comment s'occuper d'une sensation douloureuse, comment utiliser la parole aimante et l'écoute profonde pour restaurer la communication. Ce sont des éthiques appliquées, et qui viennent des enseignements et pratiques bouddhistes. Il est possible, entièrement possible de les présenter comme une pratique non-religieuse.


(cloche)


Enseignement donné le 9 Août 2011 en anglais,
traduit et transcrit par Pháp Thân