Flâner dans la Dimension Ultime (4ème partie)

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La patience est la meilleure protection du soi.
Le nirvana est ce que le Bouddha loue comme de plus beau et de plus élevé.
Rien ne peut nous nuire lorsque nous lâchons prise de la vie du monde,
Que nous menons une vie de chasteté sans transgresser de précepte
Et que nous sommes capables de calmer notre esprit.


L'absence de maladie est le bénéfice le plus grand.
Le contentement de ce que l'on a est la richesse la plus grande.
La loyauté est le meilleur ami.
Le nirvana est le bonheur le plus élevé.


La faim est la maladie la plus insupportable,
La formation mentale est ce qui cause le plus de souffrance.
En observant la réalité, on réalise que le nirvana est le plaisir le plus grand.


Dans la vie, peu de personnes ont la chance d'aller dans le bon chemin,
En revanche, beaucoup prennent la mauvaise voie,
Il suffit d'observer la vérité pour réaliser que le nirvana est le lieu le plus sûr.


Nous renaissons dans les cieux parce que nous avons semé de bonnes graines,
Et nous tombons dans les royaumes des ténèbres à cause de nos mauvaises graines.
Le nirvana est de même, il est le fruit des graines de notre pratique comme causes et conditions.


Les cerfs prennent refuge dans la campagne, et les oiseaux dans le ciel,
Les phénomènes se manifestent à partir de la discrimination,
Et les grands êtres prennent refuge dans le nirvana pour vivre librement.


(cloche)

Chère Sangha, aujourd'hui, nous sommes le 18 Novembre de l'an 2010. Nous sommes dans la salle de la Pleine Lune du Hameau Nouveau, et nous continuons avec le sutra 'Flâner dans la Dimension Ultime'. C'est une traduction du Dhammapada chinois du le chapitre du nirvana. Dans le Dhammapada pâli, il n'y a pas ce chapitre. Le nirvana, c'est l'endroit où on se promène en toute liberté.


Sixième Verset

Les cerfs prennent refuge dans la campagne, et les oiseaux dans le ciel,
Les phénomènes se manifestent à partir de la discrimination,
Et les grands êtres prennent refuge dans le nirvana pour vivre librement.


Les cerfs se réjouissent de la campagne, et les oiseaux se réjouissent du ciel, ils prennent refuge dans le ciel. Le bonheur n'est pas possible sans liberté. Les oiseaux aiment avoir de l'espace, ils n'aiment pas être en cage. Les cerfs aiment la campagne mais pas être enfermés. Les phénomènes se manifestent à cause de l'esprit discriminatoire. Et les grands êtres prennent refuge dans le nirvana. Les phénomènes sont les montagnes, les arbres, les personnes, les animaux, l'eau, l'air, et tous ces phénomènes se manifestent à partir de l'esprit discriminatoire; sans l'esprit discriminatoire, on ne peut pas entrer en contact avec les phénomènes. Les perceptions sont la base des phénomènes, et les racines de tous les phénomènes proviennent de l'esprit, ils se manifestent à partir de nos perceptions. Nous aussi, nous nous manifestons de quelque part et c'est le nirvana qui est notre racine. Et les vrais êtres prennent refuge dans le nirvana comme leur vraie demeure. Que le nirvana existe ou n'existe pas est seulement une perception; nos notions d'être et de non-être ne décrivent pas le nirvana, c'est comme pour un nuage ou le ciel ou l'espace: si nous pensons qu'il est limité ou non-limité, cela ne décrit pas vraiment le ciel, l'espace. Et il y a des vraies personnes, des grands êtres qui sont capables de toucher le nirvana, qui sont capables de toucher la vraie nature, et elles sont très légères, très libres, elles ne sont pas emprisonnées par les perceptions. C'est comme pour les oiseaux qui n'ont pas de limite, car le ciel est illimité, ou pour les cerfs qui sont aussi libres, car ils se basent sur toute la campagne, qui est très vaste. Notre pratique est d'être capable d'entrer en contact avec le nirvana, d'entrer en contact avec notre vraie nature afin que nous soyons libre, comme l'oiseau qui prend refuge dans le ciel ou le cerf qui prend refuge dans la campagne pour être libres. Mais ce sont seulement des exemples: le cerf, l'oiseau, le ciel sont seulement des exemples, et nous devons être intelligents pour ne pas nous emprisonner dans les exemples. Ils doivent nous aider à avoir une direction. C'est comme l'exemple du doigt qui pointe vers la lune: il faut suivre le doigt qui pointe la lune, ne pas se faire emprisonner par le doigt. Les oiseaux peuvent perdre le ciel et se faire enfermer. Les cerfs peuvent perdre la campagne s'ils se font enfermer, et nous aussi, être humains, nous pouvons nous faire enfermer dans nos soucis, notre colère et être incapables d'entrer en contact avec le nirvana. L'oiseau doit quitter sa cage afin d'être capable d'entrer dans le vaste espace du ciel, les cerfs doivent s'échapper de leur cage pour aller dans la campagne, et nous, nous devons quitter notre prison, nos notions, nos concepts pour être capable de toucher le nirvana, et le nirvana ne peut pas être trouvé dans l'espace et le temps, on doit aussi transcender cela. Et le ciel, l'espace, n'est pas en-dehors de l'oiseau, de même que le cerf n'est pas en-dehors de la campagne, et de même le nirvana n'est pas en dehors de nous, il n'a pas besoin d'être cherché en dehors de nous, en dehors de l'espace. Les exemples de l'oiseau retournant dans le ciel ou du cerf retournant à la campagne sont différents de la réalité de toucher le nirvana, nous n'avons besoin d'aller nulle part pour toucher le nirvana.


La Terre Pure du Bouddha Amithaba

Il y a des personnes qui sont nouvelles dans la pratique qui pensent que la Terre Pure du Bouddha Amithaba est dans un espace à l'ouest, et qu'après notre mort, nous renaîtrons dans la Terre Pure de l'Ouest, mais comprendre la Terre Pure de cette façon est se faire prendre par les exemples. Il y a des patriarches qui ont nous ont enseigné que la Terre Pure du Bouddha Amithaba n'est pas à l'extérieur de nous, qu'elle est en nous, qu'elle est notre propre nature. La Terre Pure est dans notre coeur et notre esprit, et pas en dehors de l'espace et du temps. Les personnes qui ont pratiqué depuis longtemps peuvent vraiment expérimenter cela. La Terre Pure n'est pas une réalité à l'extérieur de nous, mais elle est en nous, dans le présent moment, et si nous pouvons sortir de nos afflictions, de notre ignorance, nous pouvons l'expérimenter par nous-même. Des personnes chrétiennes croient que le paradis et Dieu sont des réalités à l'extérieur d'elles, là-haut dans le ciel, et que nous, nous sommes sur Terre. Et notre pratique est d'être capable d'être proche de Dieu, nous cherchons à être dans la présence de Dieu, et alors nous devons prier afin d'être nouveau à Dieu. Mais il y a des personnes qui pratiquent depuis longtemps, qui sont éveillées, qui voient que la Terre Pure et Dieu ne sont pas des réalités dans l'espace et le temps, mais qu'elles sont en elles. Il y a des chrétiens qui peuvent voir cela, qui peuvent être libres de la vue dualiste, qui peuvent voir qu'il n'y a pas de différence entre Dieu et eux-mêmes. Et ainsi, dans les deux traditions, bouddhistes et chrétiennes, il y a des personnes qui sont capables de transcender cette dualité, que nous et Dieu sont deux réalités différentes, et qui sont capables d'entrer en contact avec le nirvana dans le moment présent. Et le nirvana n'est pas en dehors de ces personnes ou dans le futur, les vraies personnes peuvent expérimenter le nirvana maintenant, dans le moment présent, et si nous sommes capables d'entrer en contact avec le nirvana, nous pouvons être libres, nous n'avons besoin d'aller nulle part, nous pouvons être juste ici, dans le moment présent, nous n'avons pas besoin de chercher un autre environnement, un autre endroit, nous pouvons être juste ici et être libres.


Remettre Dieu à sa bonne place

La science s'est développée et on a découvert que la terre n'est pas le centre de l'univers. Les personnes croyant a Dieu, à un seul monde créé par Dieu ont vu toutes leurs fondations s'effondrer, parce que la science a prouvé que la Terre n'est pas le centre de l'univers, et que ce n'est qu'une planète parmi de nombreuses planètes. Et les humains ne sont pas une espèce spéciale, ils ont évolué à partir d'autres espèces, de cellules simples en organismes pluricellulaires, ils ont évolué pour être des plantes, des êtres vivants, et l'espèce humaine est la plus jeune espèce sur cette planète. Il y a eu une crise spirituelle des personnes dans cette société quand la science ont présenté cette nouvelle compréhension, et beaucoup de personnes ont perdu la foi dans la Bible, n'ont plus cru que Dieu a créé le monde, créé l'environnement pour les personnes pour vivre, et avec cette foi ébranlée, les personnes étaient vraiment perdues, et quand les personnes sont perdues, elles n'ont plus d'éthique, vivent d'une façon irresponsable. Et nous devons remettre Dieu dans le bon endroit pour retrouver la foi et pour avoir une éthique pour nous guider. Pendant longtemps nous avons placé Dieu dans le ciel et nous avons besoin de remettre Dieu à sa bonne place, et si nous plaçons Dieu dans notre coeur, si nous voyons qu'il n'y a pas de différence entre Dieu et nous, que nous ne sommes pas deux réalités différentes, alors nous pouvons retrouver notre foi, nous pouvons apporter la paix en nous. Et c'est vrai dans le christianisme, c'est vrai dans le bouddhisme, c'est vrai dans d'autres traditions spirituelles. Dans le christianisme, il y a une notion que quand nous prenons refuge, ou que nous restons en Dieu, nous pouvons être vraiment en paix. Quand nous restons en Dieu, nous n'avons plus peur, nous ne souffrons plus, nous sommes libres, nous sommes heureux. Quand nous entrons en contact avec le nirvana, quand nous vivons le nirvana, alors nous ne souffrons plus, ne ne sommes plus malheureux, tristes. Et le nirvana est une partie de nous, le nirvana est nous, le nirvana est en nous.


(cloche)

Cinquième Verset

Quand nous lisons ce verset, nous avons l'impression que le nirvana est un phénomène comme toutes les autres choses, mais ce n'est pas comme ça.


Nous renaissons dans les cieux parce que nous avons semé de bonnes graines,
Et nous tombons dans les royaumes des ténèbres à cause de nos mauvaises graines.
Le nirvana est de même, il est le fruit des graines de notre pratique comme causes et conditions.


Les personnes qui font le mal renaissent dans les royaumes des ténèbres, les personnes qui font le bien renaissent dans les cieux, ce sont les fruits de nos actions. Et c'est pratique qui nous aident à réaliser le nirvana. On peut penser que le nirvana est un phénomène tangible, comme la fleur qui se manifeste à partir des graines, des fermiers, des nuages, de la pluie, et si l'on pense que le nirvana se manifeste par la pratique, quand nous pensons que nous devons pratiquer pour atteindre le nirvana, et que si nous ne pratiquons pas, nous ne touchons pas le nirvana, alors on peut mal comprendre le nirvana, et penser qu'il peut exister ou ne pas exister. Mais le nirvana transcende les notions d'existence ou d'inexistence. C'est comme pour Dieu: si l'on dit que Dieu existe ou que Dieu n'existe pas, ce n'est pas correct. Et nous ne devrions pas enfermer Dieu dans une notion, si nous disons que Dieu existe ou que Dieu n'existe pas, c'est une perte de temps. Et si nous disons que le nirvana existe ou n'existe pas, ce n'est pas correct. Penser que le nirvana existe ou n'existe pas, c'est aussi une notion, et on transcende toutes ces notions. Et il y a des personnes qui sont libres, heureuses, parce qu'elles capables d'entrer en contact avec leur vraie nature, la nature de non-naissance, non-mort, non-venir, non-partir, non-être, non-non-être, et elles se sentent libres, elles se sentent bien, elles sont capables d'entrer en contact avec le nirvana, elles sont capables de toucher Dieu. Les exemples que nous utilisons au Village des Pruniers, qui existent aussi dans les enseignements du Bouddha, sont les exemples des nuages ou des vagues dans l'océan. Les vagues sont en haut ou en bas, il y a la naissance et la mort de la vague, le venue et le départ de la vague, et la vague souffre, parce qu'elle se voit comme existant ou non-existant, mourant ou naissant, en haut ou en bas, et pour nous, c'est la même chose. Mais si la vague peut pratiquer, si la vague se regarde, elle voit qu'elle est la vague mais qu'en même temps elle est l'eau, et si elle peut se voir comme eau, alors elle ne souffre plus, et qu'elle existe ou n'existe pas, qu'elle aille en haut ou en bas, qu'elle meure ou naisse, cela ne l'affecte pas. L'eau est une métaphore du nirvana, et la vague n'a pas besoin d'aller autre part pour voir l'eau, parce que la vague elle-même est l'eau, et le nirvana est notre source, nous avons besoin de retourner à nous-même pour entrer en contact avec lui. Nous avons besoin de remettre le nirvana à sa juste place, nous devons remettre Dieu dans sa juste place et tout ira bien. Il ne faut pas mettre Dieu dans le ciel avec les jugements, les punitions, mais si on peut toucher Dieu en nous-même, cette réalité de bonté, de compréhension et d'amour, tout ira bien. Il faut remettre Dieu à sa juste place, le Bouddha à sa juste, le nirvana, la Terre Pure à leur juste place et tout ira bien. Donc ce soutra est très important, il nous donne des instructions sur comment entrer en contact avec le nirvana qui existe ici et maintenant en nous.


Premier Verset

Relisons depuis le début.


La patience est la meilleure protection du soi.
Patience ici signifie que nous ne nous pressons pas, et que nous acceptons les choses telles qu'elles sont. Toutes les choses sont là, nous devons pas paniquer.


Le nirvana est ce que le Bouddha loue comme de plus beau et de plus élevé.
C'est vrai parce que c'est la liberté.


Rien ne peut nous nuire lorsque nous lâchons prise de la vie du monde,
Que nous menons une vie de chasteté sans transgresser de précepte
Et que nous sommes capables de calmer notre esprit.


C'est la pratique. Le cinquième verset explique que nous sommes capables de réaliser le nirvana. Et le premier verset explique la pratique: pour pratiquer, nous devons lâcher prise de la vie du monde, vivre une vie de chasteté sans transgresser les préceptes que nous avons reçus, et être capable de calmer notre esprit. Si nous pouvons faire ces choses, alors rien ne peut nous affecter. Et nous sommes capables de toucher le nirvana par de simples pratiques comme celles-ci, et c'est très réaliste, très simple. Et si nous pratiquons les préceptes, nous n'avons pas peur; si nous sommes capables de calmer notre esprit, il n'y a rien qui puisse nous faire peur. Et si nous pouvons nous garder de la vie du monde, des cinq sens, nous ne sommes plus une victime de la souffrance, de l'attachement, et nous n'avons plus à avoir peur de rien, et aucun obstacle, aucun danger ne peut nous toucher. C'est la nirvana, c'est l'extinction de toutes les notions, et avoir cela est formidable.


Deuxième Verset

L'absence de maladie est le bénéfice le plus grand.
Des personnes achètent des actions maintenant parce qu'elles pensent qu'elles vont en bénéficier, mais les actions vont en haut et en bas, et nous aussi nous allons en haut et en bas, et ce n'est pas vraiment un bénéfice. Le bénéfice le plus grand est de vivre une vie sans maladie.


Le contentement de ce que l'on a est la richesse la plus grande.
Il faut savoir que vous avez assez, n'essayez pas d'avoir plus. Les personnes qui savent qu'elles ont assez sont les personnes les plus riches.


La loyauté est le meilleur ami.
Sans loyauté, nous ne pouvons pas être un ami, un bon ami, un meilleur ami. Un meilleur ami est quelqu'un qui est loyal.


L'absence de maladie est le bénéfice le plus grand.
Nous devons vivre notre vie d'une telle façon, manger de telle façon, boire d'une telle façon, vivre d'une telle façon, marcher d'une telle façon, pratiquer les préceptes d'une telle façon que cela protège notre corps, pour que nous puissions être légers et libres.


Le nirvana est le bonheur le plus élevé.
Le nirvana est l'extinction des notions. Avec l'extinction des notions, nous pouvons vivre et goûter profondément la réalité, et c'est le bonheur le plus grand.


En premier, le nirvana n'était pas un terme bouddhiste, mais on peut l'utiliser dans notre vie quotidienne. Le nirvana signifie refroidir. Par exemple, quand la soupe est trop chaude, nous la laissons refroidir avant de la boire. Donc, au début, nirvana était un mot ordinaire, mondain, qui veut dire refroidir. Puis le bouddhisme a inclus nirvana dans ses termes, et il signifie aussi cela, refroidir. Quand nous avons des afflictions comme le désir, la colère, l'anxiété, ce sont comme des choses qui brûlent, et quand nous brûlons, nous ne nous refroidissons pas, nous n'avons pas le nirvana, et quand nous pouvons ôter le désir, la colère, les doutes, tous ces feux qui brûlent, nous avons le nirvana, nous nous refroidissons. Donc le nirvana, en premier lieu, signifie refroidir, apaiser, rafraichir. Notre Terre est en train est en train d'avoir un réchauffement global, et on doit vivre de telle sorte que nous sachions que cela suffit, on rafraîchit un peu nos besoin. Plus tard, il a eu une signification plus abstraite, plus métaphysique, mais le nirvana signifie en premier lieu refroidir, et dans beaucoup de soutra, le nirvana est défini comme absence d'afflictions, d'avidité, de colère, de doute, de revanche, d'ignorance, de fierté. Le nirvana n'est pas quelque chose d'abstrait, le nirvana est l'absence de ces afflictions, de ces formations mentales, et quand nous sommes capables de dompter ces afflictions, nous expérimentons le nirvana, nous expérimentons le refroidissement. Les cerfs et les oiseaux sont capables de s'échapper de leurs cages pour retourner à la campagne ou le ciel pour être libres, et c'est la même chose pour nous, si nous pouvons enlever ces afflictions, être libre de ces afflictions, alors nous pouvons toucher le nirvana, nous pouvons être libres, et nous pouvons être assis juste ici, sans être brûlés par les flammes de l'affliction. Nous sommes le nirvana. Et la vague peut aller en haut et en bas, mais elles peut être très heureuse si elle sait que sa nature est l'eau.


Troisième Verset

La faim est la maladie la plus insupportable,
La formation mentale est ce qui cause le plus de souffrance.
En observant la réalité, on réalise que le nirvana est le plaisir le plus grand.


Ce verset signifie que quand les formations mentales comme le désir, la colère, la jalousie, les doutes, ne sont plus là, alors on peut être vraiment rafraîchis, et c'est quelque chose que l'on peut expérimenter. L'enfer est là et le nirvana est là. L'enfer est là quand nous sommes pris par ces afflictions, quand nous sommes emportés par ces afflictions, et lorsque ces afflictions sont enlevées, alors c'est le nirvana.


Quatrième Verset

Dans la vie, peu de personnes ont la chance d'aller dans le bon chemin,
En revanche, beaucoup prennent la mauvaise voie,
Il suffit d'observer la vérité pour réaliser que le nirvana est le lieu le plus sûr.


En observant la réalité, nous réalisons que le nirvana est le lieu le plus sûr. Pour les oiseaux, le ciel est le lieu le plus sûr, pour les cerfs, la campagne est le lieu le plus sûr, pour les êtres humains, le nirvana est le lieu le plus sûr, c'est un lieu où il n'y a pas d'afflictions. Et notre pratique consiste à se rapprocher au nirvana, de nager dans le nirvana, d'être dans le nirvana. Et la pratique n'est pas quelque chose de très difficile. Il y a cette histoire que Thay a racontée a beaucoup d'entre nous: Thay se trouvait dans un monastère, c'était très plaisant, mais à environ 2 heures, les nuages ont commencé à se rassembler, et il y a eu beaucoup de vent, et Thay devait rentrer dans son ermitage. Quand il est revenu dans son ermitage, Thay a vu que tout était en désordre, parce que Thay avait laissé ouvert les fenêtres et la porte pour que le soleil puisse rentrer, et le vent avait tout balayé dans l'ermitage. La première chose que Thay a fait était de fermer les fenêtres et les portes, et après avoir fermé les portes et les fenêtres, Thay a allumé une bougie, et ensuite Thay a allumé le feu dans le foyer, et quand le feu a brûlé dans l'ermitage, Thay a commencé à ramasser tous les papiers qui ont été soufflés. Et il n'y a pas eu besoin de dix minutes pour que la situation change. Au début, c'était froid, en désordre, et seulement après dix minutes de pratique, l'ermitage est confortable, chaud, clair, le vent ne pouvait plus rentrer et c'était très plaisant. Et c'est la même chose dans notre vie quotidienne: quand nous n'avons pas la pleine conscience et la concentration, nous ouvrons vraiment les portes de notre soi, les cinq portes et fenêtres, et le vent des cinq directions peut souffler, parce que nous ne sommes pas en pleine conscience, et nous laissons toutes les fenêtres ouvertes, et parce qu'elles sont ouvertes et que le vent rentre, même si nous essayons de notre mieux, le plus nous essayons, le pire cela devient. Nous essayons cette pratique, nous essayons les autres pratiques, et le plus nous essayons, le pire cela devient. Alors nous devons fermer nos sens, nos portes, et garder un lieu sûr. Nous devons cultiver la pleine conscience et le calme, la concentration, et nous devons en premier lieu fermer nos six sens. Et nous pouvons pratiquer cela par la respiration consciente. Nous n'avons pas besoin d'avoir plus d'informations de l'extérieur, tout ce que nous avons besoin de faire est de revenir à nous-même et de fermer les portes et les fenêtres des sens. Nous n'avons pas besoin de penser. Les sixième sens est notre esprit, et nous n'avons pas besoin de penser. Et c'est la pratique. Et après un moment, après cinq ou dix minutes, nous revenons à nous-même et la paix est là. Et cette paix est quelque chose que nous pouvons créer par la pratique de la respiration consciente, par la pratique de s'assoir tranquillement, par la pratique de revenir dans notre propre île. Ainsi nous ne laissons pas le vent de la vie entrer et nous causer des souffrances. Et cette pratique nous approche beaucoup du nirvana. Il est important que dans de telles situations nous sachions quoi faire, et savoir quoi faire ne signifie pas que nous devons faire des choses à l'extérieur, mais signifie que nous revenons à nous même afin de créer la paix à l'intérieur de nous, et la paix peut être créée avec l'énergie de la pleine conscience et de la concentration. Avec la pleine conscience et la concentration, nous pouvons allumer la lumière en nous. Et alors nous savons quoi faire. Il y a des moments dans notre vie où nous ne savons pas quelle est la bonne décision à prendre, c'est un état de confusion, nous ne savons pas vraiment quelle est la bonne façon de faire des choses. La meilleure chose que nous puissions faire est de revenir à nous-même, de fermer nos portes, nos sens, et de prendre soin de notre intérieur, avec l'énergie de la pleine conscience et de la concentration, et alors nous pouvons savoir ce que nous voulons faire de notre vie. Quand nous pouvons voir, c'est la compréhension, c'est la sagesse, et avec la compréhension, la sagesse, nous avons la paix; c'est avec la compréhension et la sagesse que nous savons ce que nous avons besoin de faire et ce que nous ne devons pas faire. Nous avons besoin de pratiquer, et ce texte du nirvana mentionne la pratique, ce n'est pas une contemplation métaphysique, ce sont des suggestions très concrètes, des pratiques que nous pouvons faire pour réaliser le nirvana, comme si nous revenions dans notre ermitage et changions la situation, apportant la paix et le bien-être à nous-même. Si nous pouvons prendre soin des afflictions comme la tristesse, le chagrin, la peur, alors nous pouvons toucher le nirvana, et comme pratiquants, nous devons savoir où nous allons, où nous voulons aller, ce que nous voulons devenir, et comment être heureux. Et nous devons être libres, nous devons avoir la liberté, nous ne voulons être brûlés par les afflictions comme la colère, l'attachement, la jalousie. Notre but principal est d'être capable d'expérimenter le nirvana dans notre vie quotidienne. Et le nirvana n'est pas un projet que nous devons réaliser dans cinq ou dix ans, mais le nirvana doit être vécu et touché ici et maintenant.


Être une fleur

Une fleur a cinq pétales, ou dix, ou vingt pétales. Quand nous regardons la fleur, nous pouvons voir la tige, le pollen, et être une fleur peut être très joli, être bénéfique, et pour nous c'est la même chose. Que voulons-nous être? Nous voulons être comme une fleur, nous voulons être utiles, être heureux, apporter le bonheur aux autres. Dans cette fleur, il y a beaucoup de pétales. et nous sommes un de ces pétales. Mais si nous avons la sagesse, la compréhension, nous pouvons voir que ces pétales ne peuvent pas être là, qu'ils ne peuvent pas exister sans les autres pétales, sans la tige, sans le pollen, sans le corps de la fleur. Nous voyons la nature de l'inter-être de nous-même comme un pétale qui inter-est avec les autres pétales et le reste de la fleur. Comme pratiquant, nous sommes comme un pétale de fleur, et nous savons que nous avons besoin d'être nourris par les autres pétales et par toute la fleur, et que nous jouons un rôle en aidant à nourrir les autres pétales et toute la fleur. Nous ne devons pas chercher un bonheur individuel, parce que le bonheur, la beauté la fleur est notre propre bonheur, notre propre beauté. Nous devons voir cela, et ceci est le non-soi, la compréhension du non-soi. Le non-soi ne signifie pas que nous ne sommes pas là, le non-soi signifie que nous sommes reliés, nous sommes inter-relié, nous inter-sommes avec toutes les autres choses. Et c'est la pratique, et nous ne pratiquons pas pour que seulement nous soyons beaux, mais nous pratiquons pour que toute la fleur puisse être belle; cette beauté n'est pas seulement la beauté d'un pétale, mais vraiment la beauté de toute la fleur parce que si les autres parties de la fleur ne sont pas belles, alors nous ne pouvons en aucune façon être beaux. Comme pratiquants, nous avons besoin de pratiquer avec une Sangha. Lorsque nous faisons la méditation assise ou la méditation marchée, nous sommes un membre de la Sangha; quand nous avons la pleine conscience et la concentration, chaque pas peut nous apporter la liberté et la paix à toute la Sangha; quand nous respirons en pleine conscience, nous sommes libres, en paix, et c'est la liberté et la paix de toute la Sangha. Et la pratique de paix et de liberté des autres personnes nous apportent aussi la paix et la liberté. Mais si nous sommes comme une goutte d'huile dans une bol d'eau, alors nous ne pouvons pas vraiment bénéficier des autres. Nous ne devons pas chercher un bien-être ou un bonheur individuel; notre bonheur est le bonheur de la Sangha. Si les personnes qui se marient, ont des enfants, fondent une famille veulent être heureuse, elles doivent aussi voir cela. La famille est comme une fleur, et quand les membres de la famille cherchent le bonheur, ils ne cherchent pas le bonheur pour eux-même, mais ils cherchent le bonheur pour toute la famille. Quand on se marie avec quelqu'un, il est très clair que le bonheur de l'autre est notre propre bonheur, et si cette personne connaît la pratique, alors cette personne aura plus de chance d'être heureuse, mais si cette personne ne connaît pas la pratique, ou la valeur du bonheur spirituel et de la paix, alors cette personne n'aidera pas à être heureuse et n'aidera pas à pratiquer. Comme monastique, nous savons que dans la Sangha tout le monde fait de son mieux pour pratiquer, et notre propre succès dans la pratique est le succès de toute la Sangha.


(cloche)

Donc le terme Sangha est très important. Un pétale a un corps, et ce pétale a besoin de prendre soin de son corps, mais ce corps n'est pas seulement ce pétale, son corps est toute la fleur. Ce pétale peut voir que c'est un pétale sur une fleur, mais il peut voir qu'il est aussi la fleur, et si la fleur n'est pas bien, si la fleur n'est pas belle, alors le pétale n'est pas beau, il n'est pas en paix non plus. Et comme pratiquant, si nous voyons que la Sangha n'est plus bonne pour nous, que nous voulons partir pour une autre Sangha, cela signifie que nous n'avons pas vraiment compris la signification d'une Sangha, que chacun pratique pour se manifester. Chacun d'entre nous a le corps de la Sangha, le corps du Dharma, et nous pouvons voir que les membres d'une Sangha qui pratiquent vraiment sont vraiment heureux, sont vraiment en paix, et c'est pourquoi ils peuvent aider cette Sangha. Et pour aider la Sangha à être belle tous les jours, nous devons prendre soi de nous-même avec la pratique. Nous ne devrions pas demander à la Sangha d'être comme ceci ou comme cela. Si nous voulons que la Sangha soit comme ceci ou comme cela, cela ne tient qu'à nous, ce ne tient qu'à notre pratique. Nous devons être une inspiration pour les autres personnes, et si la Sangha devient plus belle, alors nous devenons plus beaux aussi, il n'y a rien de privé ou de séparé, individuel.


La communauté bien-aimée

Dans une retraite à Hong-Kong, nous avons vu que le futur Bouddha peut venir comme une Sangha. Quand j'ai rencontré Martin Luther King, en 1956, nous avons discuté à propos de communauté, de Sangha, et nous avons vu que le 20ème siècle est un siècle dominé par l'individualisme, que les personnes ne pouvaient pas vivre ensemble et qu'il y avait beaucoup de discrimination, de violence. Le 20ème siècle est un siècle de sang, de tromperie, de ressentiment. Le Bouddha ne veut plus se manifester comme un individuel, mais le Bouddha veut se manifester comme une communauté, comme une Sangha. J'ai vu très souvent que le Bouddha du 21ème siècle est une communauté, et c'est seulement avec la communauté, avec la Sangha, que nous pouvons prendre soin de la maladie de l'individualisme, et seulement avec la vie communautaire que nous pouvons guérir la société, la guérir de la maladie de l'individualisme. Quand j'étais jeune et que Martin Luther King était jeune, quand nous étions seulement dans notre quarantaine, Martin Luther King a appelé sa communauté 'la communauté bien-aimée'. Malheureusement, Martin Luther King a été assassiné peu de temps après cela, donc il n'a pas été capable de continuer cette création, de construire sa communauté bien-aimée, mais Thay a eu plus de chance, Thay a eu la chance de développer, de construire sa communauté bien-aimée. Communauté bien-aimée est un terme très bon, la Sangha doit construire l'amour, la fraternité, parce que ce sont les éléments dont on a vraiment besoin dans notre monde maintenant. Ce dont le monde a besoin est d'amour, mais il ne peut pas être créé automatiquement, il peut seulement être créé par la pratique; l'amour ne peut pas être acheté au marché, il peut seulement être généré avec la pratique, avec la compréhension de la souffrance des autres personnes. Nous avons besoin de cette compréhension que l'amour est possible. Et comme le nirvana, le Bouddha n'est pas quelque chose qui appartient au futur ou quelque chose qui est à l'extérieur de nous, mais le nirvana ou le Bouddha sont à l'intérieur de nous, et le Bouddha est dans une forme de Sangha, le Bouddha s'est déjà manifesté, nous n'avons pas besoin de prier au Bouddha de se manifester, le Bouddha s'est déjà manifesté, et chacun de nous est le corps du Bouddha. Nous sommes déjà Bouddhas, et nous devons avoir cette compréhension que nous n'avons pas besoin de chercher un bonheur individuel, mais que nous devons chercher un bonheur collectif. Dans la Sangha, nous pouvons créer l'énergie de l'amour et de la compréhension, et quand nous pouvons voir cela, notre anxiété, nos soucis disparaissent. Mais en quittant la Sangha, nous n'avons vraiment rien. Nous devons voir que nous sommes une cellule du corps du Bouddha, une cellule, un membre, une part de la Sangha, et le bonheur d'une cellule peut aider à créer le bonheur des autres cellules.


(cloche)


Enseignement donné le 18 Novembre 2010 en vietnamien,
transcrit par Pháp Thân d'après les traductions anglaises et françaises.