Anusâra - Propensions

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(cloche)

Bonjour chère Sangha. Aujourd'hui, nous sommes le 12 Mars de l'année 2009, et nous sommes au Hameau Nouveau au Village des Pruniers pour notre retraite de printemps.


Anusâra - Propensions

Il y a en sanskrit le mot 'anusâra', qui signifie 'les forces latentes' qui sont dans la profondeur de notre conscience, et qui nous poussent à faire ou à dire des choses. Anusâra peut être traduit en anglais comme 'proclivities', en français comme 'propensions' Il peut être traduit aussi comme 'inclination', ou 'tendance'. Le sanskrit utilise anusâra. En vietnamien, on utilise deux termes : le premier terme signifie 'ce qui nous suit, ce qui nous suit tout le long, ce qui nous suit jour et nuit, ce qui est toujours là, et le deuxième terme signifie dormir, dormir là en bas. Donc c'est ce qui est vraiment là, qui ne semble pas être active, mais qui est là, et qui nous suit toujours. Et nous sommes fortement influencés par leur existence. C'est le genre d'attachement, la sorte de peur, la sorte de l'ignorance, la sorte de soucis, qui existent toujours en nous dans la profondeur de notre conscience. Peur, soucis, envie, colère, ignorance, complexes. Complexe de supériorité, complexe d'infériorité, et aussi complexe d'égalité. Elles dirigent la vie, elles sont là, elles ne sont pas vues par nous, nous ne sommes pas conscients de leur existence, mais elles sont vraiment là, et secrètement, elles dirigent notre vie. Alors la pratique est de savoir comment les reconnaître, les identifier comme elles sont. Parce qu'elles essayent toujours de se manifester, et si nous sommes assez en pleine conscience, si nous avons assez d'attention, nous pouvons reconnaître leur existence, leur présence, là en bas, dans la profondeur de notre conscience. Et elles ont tellement de façon afin d'agir, et en nous il y a beaucoup de souvenirs, beaucoup d'images, beaucoup d'images qui sont stockées dans notre conscience. Et premièrement elles agissent, elles produisent ces images, ces souvenirs. Nous savons que dans notre vie quotidienne, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous expérimentons sont tous possédés et préservés par notre conscience. Parce que notre conscience est une sorte de réserve qui peut stocker, qui peut préserver toutes ces images et expériences. Et c'est pourquoi nous parlons dans le bouddhisme de la conscience du tréfonds, alaya vijnana. Donc cette réserve possède, et préserve toutes les images, toutes les impressions, toutes les expériences, et il y a un trésor de matériaux qui sont dans notre store conscience, et ces propensions touchent toutes ces images. C'est comme si elles étaient une sorte de force qui aident le film, les images en nous à être projetées dans notre conscience. Quelquefois, nous chantons une chanson, mais nous ne savons pas que nous chantons une chanson. Nous chantons sans savoir que nous chantons, et c'est le film en vous, la cassette en vous qui commence à jouer par elle-même, et la force derrière est anusâra, les propensions, l'inclination, les tendances.


Projection de film

Supposons que dans le passé, quand vous étiez un enfant, vous avez été abusé sexuellement, donc la souffrance, la peur, la colère a été enregistrée dans votre conscience du tréfonds comme image, comme impression. Et bien que maintenant vous soyez un adulte, qu'il n'y a plus de danger, qu'il n'y a plus de risque, qu'il n'y a plus personne qui essaie d'abuser encore de vous, vous continuez à souffrir, et c'est parce que la souffrance là en bas, l'expérience là en bas est encore vivante sous forme d'images, sous formes de films. Et la peur en vous, les soucis en vous, sont encore là, et c'est eux qui projettent le film, le film est toujours là, ils projettent le film. Et nous vivons entièrement dans le passé, nous avons une tendance à revivre le passé, le passé est devenu une sorte de prison qui vous garde là. Vous n'êtes pas capables de vivre dans le moment présent, parce que le film est toujours projeté, et vous êtes immergés dans le passé, parce que le film est toujours montré à vous, pendant votre sommeil et pendant le temps où vous êtes réveillé. Vous regardez encore le film, tout le temps. Même si vous êtes assis avec nous, même si vous écoutez au même enseignement du dharma, le film est montré et vous êtes perdus dans ce film, et vous n'entrez pas en contact avec l'enseignement du Dharma, avec la Sangha qui est assise ici. Et parce que le film est projeté, vous croyez que la souffrance est encore là, et des émotions et sentiments naissent, et vous vivez ces émotions et sentiments et souffrances, et la souffrance est réelle. Supposons que vous regardiez un film au cinéma, et à un moment, vous pleurez, vous pleurez, vous versez des larmes de tristesse, vous avez beaucoup d'émotions en regardant le film, vous croyez que quelque chose de réel se passe. Quelqu'un tue quelqu'un d'autre, quelqu'un oppresse, perd quelqu'un d'autre, et vous pleurez, et vous versez de vraies larmes. La souffrance est réelle, les larmes sont réelles, mais quand vous marchez près de l'écran, et vous touchez l'écran, vous ne sentez personne, il n'y a personne abusant personne, il n'y a personne tuant personne, il y a seulement un écran, il y a seulement la lumière clignotant, c'est seulement un film, il n'y a pas d'histoire vraie. Et la même chose se passe en vous, le film est toujours projeté, et vous croyez qu'il est réel, qu'il est vrai, et cela vous cause d'avoir une émotion, une peur, une colère, du désespoir. Beaucoup d'entre nous vivent dans la prison du passé, parce qu'ils regardent toujours le film projeté en eux, et les projecteurs, les agents qui projettent le film sont anusâra, les propensions. C'est pourquoi, comme pratiquant, nous devons reconnaître que les auteurs, les projecteurs du film sont là en bas ; ils projettent toujours le film pour nous, et nous ne devrions pas confondre la réalité et les films. Si vous regardez avec pleine conscience, vous dites: 'Mais ceci n'est pas une histoire vraie, c'est seulement pour nous faire croire,' et alors vous souriez, vous n'êtes pas affecté par le film. Vous êtes seulement une image, vous n'êtes pas la réalité', et c'est ce que vous devriez dire à l'écran et au film : 'Vous êtes seulement un film, vous êtes seulement des images du passé, vous ne pouvez pas m'affecter.'


L'eau sous le pont

Supposons que vous preniez une photo d'un pont, avec l'eau coulant sous le pont. Vous poussez le bouton, et quand vous cliquez, et alors l'eau est figée dans une image. L'eau sous le pont continue de couler, mais l'eau sur la photo reste toujours la même. Et ce que vous avez est seulement une photo de l'eau et pas l'eau réelle dans la rivière et sous le pont. Et le danger, la souffrance du passé sont seulement passés, mais votre photo de la souffrance est encore là, et vous vivez encore avec la photo, vous pensez que la photo est réelle, est encore là, donc il est très important de vous dire : 'Vous êtes seulement une photo, vous êtes seulement un fantôme, vous êtes seulement le passé. Je ne veux pas vivre avec les fantômes du passé, je veux vivre avec le moment présent. Dans le moment présent, il y a les rayons du soleil, il y a la sangha assise avec moi, je veux vivre avec cela, être avec cela, je ne veux pas être une victime du passé, des photos, des films, et ainsi de suite. Donc la liberté concernant le passé peut être obtenue seulement si vous savez comment vous réveiller afin de savoir que les choses qui vous emportent appartiennent au passé, qu'elles ne sont pas la réalité, qu'elles sont seulement des images, qu'elles sont seulement des films. Vous ne voulez pas être noyés, être emportés par elles, vous voulez vivre votre vie.


Seulement une image du passé...

Ceci est quelque chose qui représente notre conscience, et la conscience du tréfonds est là en bas. Et supposons que vous ayez des images, des expériences là en bas. Ceci est l'image d'une sorte de souffrance que vous avez eu dans le passé. Et maintenant, vous lisez quelque chose, ceci est la conscience de l'oeil, ceci est la conscience mentale, la conscience de l'esprit. Supposons que vous regardiez un film, vous lisez un magazine, vous voyez quelqu'un. Et ce que vous voyez, ce que vous lisez touchent la graine là en bas. Et la graine là en bas projette un film qui rend une image vivante en vous. Et basé sur ce que vous expérimentez de ce film, de vos souvenirs, vous pensez qu'un danger vient, que la souffrance vient, donc la peur est née, ou la colère est née de cela. Peur et colère sont nées par cela. Mais d'autres personnes qui lisent la même chose, qui regardent la même chose, qui rencontrent la même personne, ne sentent pas la même chose, parce qu'elles n'ont pas eu les mêmes sortes d'expériences que vous avez eues. Elles ne souffrent pas alors que vous souffrez, que vous avez peur. Les autres personnes ne voient aucun danger, aucune souffrance, mais parce que les images là que vous avez reçues ont touché toutes les images là en bas, et que vous êtes habitués à cela, parce que dans le passé vous avez souffert plusieurs fois par cela, alors quand quelque chose de similaire arrive, vous pensez que vous allez souffrir de la même façon. Et les anusâra, les propensions, touchent les images de souffrance, et les images de souffrance touchent la peur et la colère. Et cela est la sorte de voie nerveuse qu'elles utilisent pour aller. Cela commence toujours avec anusâras, et parce que le film est projeté comme ceci, le film apporte toujours peur, colère, et souffrance. Mais quand le film est projeté, si nous avons la pleine conscience qui intervient, - la pleine conscience est la capacité de vous dire ce qui arrive réellement- nous pouvons dire : 'Inspirant, je sais que c'est seulement un film, que c'est seulement une image du passé, que ce n'est pas la réalité. Je ne devrais pas être affecté par seulement une image du passé. Elles ne peuvent pas m'affecter.' Et soudainement, l'image ne sera pas capable d'apporter la peur et la colère. Et si vous êtes un psychothérapeute, vous pouvez aider vos clients. Votre client est sous l'influence du passé. Votre client a une souffrance, et la souffrance est réelle, mais la souffrance est causée par une cause, quelque chose qui n'est pas réel, une image du passé. Donc comme psychothérapeute, vous dites : 'Mon cher ami, votre souffrance est réelle, mais la cause de la souffrance n'est pas réelle, c'est seulement une image du passé. Maintenant, il n'y a pas de danger, pas de souffrance dans le moment présent.' Et c'est ce psychothérapeute qui procure l'énergie de la pleine conscience pour aider le client à voir que la souffrance est réelle, et que la cause n'est pas réelle mais qu'elle affecte sa vue. Vous allez vers l'écran, vous touchez l'écran, vous ne voyez personne là, vous ne voyez aucune personne là, vous voyez seulement un écran, vous voyez seulement la lumière clignoter. Donc ceci est très important, c'est déjà une sorte d'illumination, c'est déjà une sorte d'éveil, et c'est apporté par la pleine conscience. Donc la pleine conscience devrait intervenir afin de vous stopper de suivre la même voie nerveuse. Donc l'intervention de la pleine conscience peut bloquer le chemin et ouvrir un autre chemin du cerveau.


Sourire à notre père, petit enfant de cinq ans

Dans la conscience du tréfonds, vous avez une graine de compassion. Compassion et compréhension. Ici vous avez l'énergie de la compassion. Elles sont là en bas. Vous avez l'énergie de la compréhension, elle est là en bas. Et si vous êtes un bon pratiquant, vous pouvez les inviter à venir et intervenir. Et si la compréhension et la compassion viennent, elles bloqueront la voie nerveuse habituelle, et ouvriront une nouvelle voie nerveuse qui ne mènera plus à la souffrance, à la colère, à la peur, mais qui mènera au pardon et à l'amour. Supposons que vous pratiquiez ceci : 'Inspirant, je me vois comme un enfant de cinq ans. Expirant, je souris avec compassion à l'enfant de cinq ans.' Comme enfant de cinq ans, vous êtes toujours vulnérable, fragile, donc quand vous voyez l'enfant de cinq ans, vous avez beaucoup de compassion, et vous savez que l'enfant de cinq ans en vous est blessé, et vous n'avez pas eu le temps d'aller à l'enfance en vous afin de prendre soin de lui ou d'elle, donc il reste un enfant blessé en vous, c'est pourquoi vous ne pouvez pas être heureux, parce que l'enfant en vous n'a pas été guéri. Et après avoir pris soin du petit enfant en vous, vous prenez soin du petit enfant qui a été votre père. 'Inspirant, je vois mon père comme garçon de cinq ans. Expirant, je souris à mon père quand il était un garçon de cinq ans.' Vous avez une image de votre père très froide, sans beaucoup de compassion, mais vous ne savez pas que votre père, quand il était un enfant de cinq ans, était très vulnérable. Il était très fragile, et il a pu être un enfant blessé, et quand il a grandit, il était malheureux, et il vous a éduqué sur cette base, mais puisque vous pratiquez, inspirant et expirant, vous voyez votre père comme un enfant blessé, et soudainement la compassion s'élève en vous, peut-être pour la première fois. Vous n'avez jamais vu votre père de cette façon, mais maintenant vous pouvez le voir comme un enfant blessé, fragile, facile à être blessé, et soudainement l'énergie de la compassion et de la compréhension s'élèvent en vous, vous savez que vous avez cette capacité à être compassionné, à être compréhensif. Donc maintenant, si votre père vous dit quelque chose de très fort, vous blâmant, en inspirant, vous dites : 'Pauvre père, il a été un enfant blessé, un enfant vulnérable, fragile, dans le passé. Il ne savait pas comment prendre soin de lui-même, il était victime de sa colère, et personne ne l'a aidé, mais maintenant, je suis différent. Je pratique la Dharma, je sais comme m'occuper de ma colère, de ma peur, mais il ne peut pas faire cela.' Donc cette sorte de réalisation, cette sorte de compréhension vous protège, et la colère ne s'élève plus en vous, et au lieu d'être en colère contre votre père, vous sentez de la compassion pour lui. Donc c'est une voie neurale totalement nouvelle que vous empruntez. Les anciennes voies neuronales sont les propensions, les images du passé, la colère. Les nouvelles voies neuronales sont les propensions, la pleine conscience, la compréhension et l'amour, et vous n'allez plus sur l'ancien chemin, vous allez sur l'autre chemin. Et ici vous traitez avec le pardon, la compréhension, la tolérance, et vous n'avez plus de souffrance.


Reprogrammer notre ordinateur

Donc la pratique est de ne pas suivre la même voie neuronale menant toujours à la colère, la peur et la souffrance. La pratique est d'ouvrir de nouvelles voies neuronales menant à la compréhension et la compassion. Et si vous savez comment utiliser votre pleine conscience, votre compréhension et cotre compassion pour intervenir, alors vous pouvez modifier, vous pouvez ouvrir de nouvelles voies neuronales. Notre esprit est comme un ordinateur. Et il a été programmé afin de faire de la colère, de la peur, de la souffrance, et si vous appuyez sur ce bouton, cela mènera à la colère, aux soucis, à la peur. Donc vous devez reprogrammer votre ordinateur. Vous devez mettre dans votre programme les éléments de pleine conscience, de compassion, de compréhension. Et à chaque fois que vous pousserez ce bouton, ce bouton ne mènera pas à la colère, à la peur, à l'anxiété, mais il mènera à la compassion et au pardon. Si nous laissons notre ordinateur prendre le chemin qu'il avait l'habitude de prendre, cela finira toujours dans la colère, la peur, et la souffrance. Donc nous devons apprendre à voir notre conscience du tréfonds comme un ordinateur, et nous devons le reprogrammer. Comme pratiquant, nous avons besoin de savoir comme le reprogrammer, d'ouvrir de nouvelles voies neuronales afin de changer. Au Village des Pruniers, on nous conseille de pratiquer la méditation marchée, la respiration en pleine conscience, afin de de rester en contact avec le moment présent. Rester en contact avec le moment présent nous aidera à ne pas être noyés dans les images, dans les films du passé, parce que le passé projette toujours des soucis et des images, et la plupart du temps nous sommes noyés dans le passé, et nous agissons, nous réagissons selon le passé. Nous produisons de la souffrance réelle, de la colère réelle, mais les causes de notre souffrance et de notre colère ne sont pas réelles, parce qu'elles sont seulement des souvenirs, elles sont seulement des images du passé. Donc il y a au moins deux choses que vous devez faire comme pratiquant : vous devez reconnaître qu'elles sont seulement des fantômes, des images du passé : elles ne sont pas réelles, elles ne peuvent plus vous affecter, vous devez dire à votre conscience du tréfonds, à chaque fois que le film est projeté, vous dites : 'Je sais que tu es seulement un film, tu n'es pas la réalité.' La seconde chose est de rester dans le moment présent, d'être en contact avec le soleil, les belles fleurs qui viennent avec le printemps, d'être avec la sangha, d'être avec notre respiration, de savoir que nous sommes en vie, que chaque pas peut être un miracle. Si nous pouvons rester en contact avec le moment présent, alors les images du passé ne peuvent plus nous affecter. Il y a deux choses à faire. Et la pleine conscience est l'énergie qui peut vous aider à faire cela. La pleine conscience vous aide à voir que ceci n'est pas la réalité, c'est seulement un film. La pleine conscience vous aide aussi à rester dans le moment présent.


Rester dans le cercle

Dans une histoire vietnamienne, un maître voyageait avec trois disciples et parmi eux, il y avait un très intelligent, et ce disciple représente la conscience mentale, et le maître représente la conscience du tréfonds. Le maître est supposé aller en Inde et chercher des textes sacrés, mais le chemin est très dangereux, il doit voyager des milliers de kilomètres, et il y a beaucoup de monstres dangereux et ainsi de suite. Alors ce disciple le défendait, l'aidait. Et un jour ils sont allés à un endroit où il y avait beaucoup de difficultés, et le disciple ne pouvait pas aider, alors il dit : 'Cher maître, vous restez ici, je vais à l'océan du sud afin de demander de l'aide au bodhisattva. Mais pendant que je suis sur le chemin, vous ne devez aller nulle part, parce que les monstres sont toujours prêts à vous manger. Il y a beaucoup de monstres autour.' Alors il dessina un cercle, et dit : 'Cher maître, restez dans ce cercle. Aussi longtemps que vous restez dans le cercle, vous êtes en sûreté. Si vous sortez du cercle, vous serez mangez par des montres. S'il-vous-plaît, souvenez-vous de cela.' Et le maître dit : 'O.K. Va. Je reste là, je ne sortirai pas du cercle.' Le disciple devait retourner à l'océan du sud afin de demander de l'aide au bodhisattva, et cela allait prendre du temps, même s'il avait le pouvoir magique de voler très vite. Donc après qu'il soit parti, les monstres se sont transformés en femme sans défense, et appelant à l'aide : 'Cher maître, cher maître, je suis en grand danger, pourquoi ne venez-vous pas m'aider ?' Et elle pleure, elle pleure, elle pleure, elle pleure. Et parce que le maître ne savait pas que c'était un monstre, une image, une mémoire, il est sorti du cercle est sorti du cercle et il fut dévoré par le monstre. Et le cercle ici représente le moment présent. Si vous sortez du moment présent, vous serez pris par les monstres du passé, vous serez noyés dans les films, les images du passé. Donc pratiquez la méditation marchée de telle façon que chaque pas vous laisse dans le moment présent. Pratiquez la respiration en pleine conscience de telle façon que chaque respiration vous laisse dans le moment présent, et vous serez en sécurité. Et si vous êtes un psychothérapeute, vous pouvez suggérer cette pratique à vos clients, et vous pouvez pratiquer avec lui, vous pratiquez avec elle, et vous pouvez utiliser les enseignements du Bouddha afin d'aider à guérir ceux qui sont victimes du passé.


(cloche)

Une personne complètement nouvelle

Donc, pour ceux d'entre nous qui ont été victimes d'abus sexuel dans le passé, si vous n'avez pas pu être capable de vous libérer de cette sorte de mémoire, vous devriez savoir que vous ne devriez pas être pris par une image du passé. La personne qui a abusé de vous est maintenant une personne différence. Elle est peut-être morte déjà, elle est peut-être devenue un arbre, ou un oiseau, et vous, vous êtes devenu une autre personne, vous n'êtes plus vulnérable comme avant. Et chaque cellule de votre corps est devenue une nouvelle cellule. Votre corps a été entièrement renouvelé, vous n'êtes plus cette personne qui a été abusée sexuellement. Vous ne portez plus de marque de cela, c'est comme quand vous avez cliqué, et que vous avez figé une image de la rivière. Mais c'est une image du passé, la rivière est maintenant déjà allée à la mer, et vous avez encore cette image que vous avez prise quand vous avez cliqué. Donc ne collez pas à cette image. L'image de la souffrance que vous préservez en vous est seulement une image. Vous dites : 'Fantôme, tu es maintenant une personne entièrement différente. Toutes les cellules en toi ont été remplacées par d'autres cellules. Tu es une personne complètement nouvelle.' Et vous savez que vous pratiquez pour savoir que la personne qui a abusé de vous a beaucoup souffert. Il a beaucoup de désirs, de difficultés dans son corps, dans son esprit ; il ne pouvait pas surmonter cela, personne ne l'a aidé. Il a agi comme un monstre, il a agi comme un animal, personne n'était capable de l'aider. Et vos parents étaient trop occupés, vous aviez si peur de dire cela à vos parents, et vous ne devriez pas blâmer vos parents, parce que vos parents étaient trop occupés. Maintenant, vous êtes un adulte, vous êtes capable de vous protéger, vous n'êtes plus sans défense, vulnérable, fragile comme avant, donc la situation est très différente. Vous ne devriez pas penser que vous êtes encore fragile, vulnérable, comme quand vous étiez un enfant. Maintenant vous avez des moyens pour vous protéger, et dans le moment présent il n'y a plus de danger, il n'y a plus personne qui abuse de vous, tout le monde vous aide, vous protège, et ainsi de suite. La pleine conscience vous aide à voir que les choses sont déjà très différentes, vous êtes totalement renouvelé, la personne qui a abusé de vous est morte ou est devenue très différente. Et si vous savez qu'il y a des enfants qui sont abusés sexuellement dans le moment présent, vous devriez être un de ceux qui essaient de les protéger, et c'est la pratique recommandée par les bodhisattvas, parce que vous étiez une victime de l'abus sexuel dans le passé, vous savez ce qu'est la souffrance, donc vous devriez faire un voeu puissant pour aider les enfants de notre temps. Et si vous faites le voeu d'apporter votre mieux afin de les aider, cette sorte de voeu commencera à vous guérir très rapidement, parce que vous connaissez la souffrance d'un enfant abusé, et comme pratiquant, vous pouvez toujours faire quelque chose afin de protéger les enfants dans le moment présent, afin qu'elles ne souffrent pas comme vous dans le passé. Cette sorte de grand voeu que vous faites comme pratiquant a un grand pouvoir de guérison. Au moment où vous faites le voeu de faire cela, le processus de guérison commence tout de suite. Et tout devrait être fait dans le moment présent, et le moment présent vous sauvera, vous donnera la liberté afin de vous réjouir de chaque moment de votre vie quotidienne. Il n'y a aucune raison d'être pris dans les mémoires du passé, et c'est le miracle de la pleine conscience. Et ceux d'entre nous qui viennent au Village des Pruniers devraient apprendre comment faire la méditation marchée, comme faire la méditation de la respiration, afin que chaque respiration, chaque pas nous garde dans le moment présent, afin que nous réalisions que les films, les souvenirs du passé sont seulement des fantômes. Ils ne devraient pas créer plus de peur, de colère et de souffrance.


(cloche)


Enseignement donné le 12 Mars 2009 en anglais, traduit et transcrit par Pháp Thân