Être une rivière

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Assis sur une fleur de lotus

Quand vous venez dans un temple, vous pouvez voir le Bouddha assis sur une fleur de lotus. Cela signifie que quand le Bouddha est assis, il se sent très léger, très frais, et il apprécie d'être assis. Donc, être assis sur une fleur de lotus est notre pratique. Où que vous vous trouviez assis, vous pouvez aimer apprécier d'être assis sur une fleur de lotus, sans soucis, sans peur, sans projet, juste apprécier d'être assis, et partout où vous allez, la fleur de lotus est avec vous. Quand vous vous asseyez, vous pouvez sentir la fleur de lotus qui vous soutient. Que vous soyez assis sur la berge d'une rivière, sur une plage, dans une gare, vous pouvez toujours être assis sur une fleur de lotus, souriant. Comme ami du Bouddha, comme disciple du Bouddha, vous devriez apprendre comment être assis sur une fleur de lotus. Mais la plupart d'entre nous s'assoient sur une branche de chardon. Vous n'appréciez pas d'être assis parce que c'est trop chaud, vous pensez à d'autres choses, vous ne pouvez pas rester assis immobile. Donc être assis, en premier lieu, est d'apprécier d'être assis, sans soucis. Et quand vous marchez, vous pouvez marcher comme un Bouddha, vous appréciez chaque pas, chaque pas vous ramène à la maison de l'ici et maintenant, afin que vous pouviez toucher les merveilles de la vie qui sont toujours disponibles dans le moment présent.


Se rendre disponible dans l'ici et maintenant

Dans notre vie quotidienne, très souvent nous sommes distraits. Notre corps est là mais notre esprit est autre part. Nous pensons au passé, nous regrettons le passé, nous nous sentons désolés à propos du passé. Nous pensons au futur, nous avons peur du futur, et nous ne sommes pas vraiment là avec notre corps. Nous sommes emportés par nos soucis, nos peurs, notre colère, nos projets, donc nous sommes très rarement avec nous-même. Donc la pratique nous aide, la pratique de la pleine conscience de la respiration, de la pleine conscience de l'assise, de la pleine conscience de la marche, nous aide à ramener l'esprit au corps. Vous avez seulement besoin d'inspirer en pleine conscience, d'expirer en pleine conscience, en sachant que vous inspirez et expirez, afin de ramener votre esprit à votre corps. Vous avez seulement besoin de faire un pas, ou deux pas en pleine conscience afin de ramener votre esprit à votre corps, et quand l'esprit et le corps sont unis, sont ensemble, vous êtes bien établis dans l'ici et maintenant, vous êtes pleinement présent dans l'ici et maintenant, et quand vous êtes pleinement présent, esprit et corps unis, vous êtes aussi pleinement vivant. Quand l'esprit et le corps sont unis, vous êtes pleinement présent, vous êtes pleinement vivant, et vous êtes dans une situation où vous pouvez entrer en contact avec les merveilles de la vie: la lumière du soleil, les jolies collines, les chants des oiseaux, le joli sourire d'une enfant: tout est disponible si vous vous rendez disponible dans l'ici et maintenant, et c'est la pratique de base.


Le Royaume de Dieu


Donc quand vous venez au Village des Pruniers, vous êtes invités à maîtriser la pratique de la pleine conscience de la respiration, à maîtriser la pratique de la pleine conscience de la marche, afin que vous soyez vraiment là afin de rencontrer les merveilles de la vie qui sont disponibles. Et beaucoup d'entre nous sont capables de savoir que la vie est une merveille. Tout peut être un miracle: une fleur, un caillou, un nuage, une rivière, un enfant, tout est un miracle, et pourtant vous n'êtes pas là pour apprécier les merveilles de la vie. Dans le christianisme, on parle du Royaume de Dieu, dans le bouddhisme, on parle de la Terre Pure du Bouddha, la Terre du Bouddha. Mais la plupart d'entre nous sont emportés par les pensées, les projets, les soucis, donc nous ne sommes pas capables d'être dans le moment présent afin d'être en contact avec le Royaume de Dieu, avec la Terre Pure du Bouddha, avec les merveilles de la vie. Et la pratique est très simple: prenez une respiration consciente, et revenez à la maison du corps, et établissez-vous dans l'ici et maintenant. Alors vous pouvez toucher les merveilles de la vie, et vous pouvez appréciez de marcher dans le Royaume de Dieu, vous pouvez apprécier de marcher dans la Terre Pure du Bouddha, vous pouvez entrer en contact avec les merveilles de la vie qui sont rafraîchissantes, guérissantes, afin que vous puissiez vous nourrir, vous guérir, corporellement, physiquement, et mentalement. Avec quelqu'un qui est bon avec la pratique, chaque inspiration, chaque expiration, chaque sourire, chaque pas peut être un agent de guérison, et la guérison peut se passer à chaque moment. Vous pouvez vous guérir seulement en appréciant votre respiration, vous pouvez vous guérir seulement en appréciant votre marche, votre assise, et ainsi de suite. Quand vous prenez votre thé, prenez votre thé en pleine conscience. Si vous êtes pleinement présent dans l'ici et maintenant, votre thé est aussi disponible dans l'ici et maintenant, et vous rencontrez profondément le thé. Afin que les merveilles de la vie deviennent disponibles pour vous, vous devez être disponible pour elles. Donc les pratique de respiration en pleine conscience, de la marche en pleine conscience, de l'assise en pleine conscience vous rendent disponibles à la vie, et la vie est disponible pour vous. En tenant mon thé, je suis profondément en contact avec le thé, parce mon thé est aussi une part des merveilles de la vie, et je suis concentré, je suis en pleine conscience pendant que je bois mon thé, et en buvant ce thé comme ceci, je vis profondément ce moment de ma vie quotidienne.


Ma chère émotion, je suis là pour toi

Dans un centre de pratique comme le Village des Pruniers, vous apprenez à vivre profondément chaque moment de votre vie quotidienne, vous appréciez chaque moment d'assise, vous appréciez chaque moment de marche, de respiration et ainsi de suite. Vous appréciez le moment où vous buvez votre thé, vous appréciez le moment où vous prenez votre petit déjeuner, chaque moment est un moment de pratique. Et vous n'avez pas besoin de beaucoup de jours, beaucoup d'années, beaucoup de mois afin de voir les résultats de votre pratique. Si vous pratiquez correctement la pratique de la respiration consciente, alors pendant que vous pratiquez l'inspiration, vous vous sentez déjà beaucoup mieux, parce que quand vous inspirez en pleine conscience et focalisez votre attention sur votre inspiration, vous ne pensez plus au passé, vous ne pensez plus au futur, vous ne pensez plus à vos projets, vous êtes entièrement avec votre inspiration et votre expiration. Vous êtes libre du passé , vous êtes libre du futur, vous êtes libre de vos projets, et cette liberté est déjà le bonheur, le bonheur ne peut pas être là sans liberté. Donc seulement d'inspirer et de focaliser votre attention sur votre inspiration peut déjà vous libérer. Et si vous continuer d'être conscient de votre inspiration et de votre expiration, la qualité de votre inspiration et de votre expiration s'améliorera. Après une minute ou deux minutes de respiration, vous trouverez que votre inspiration sera devenue plus profonde, votre expiration sera devenue plus lente, plus harmonieuse, plus paisible. Et cela vient tout seul, vous ne devez pas essayer de rendre votre inspiration et expiration plus paisible , plus profonde, elles deviennent naturellement plus profondes et plus paisibles par elles-mêmes. Et quand votre inspiration et expiration sont plus calmes, plus profondes, et que vous sentez cette sorte de calme et de profondeur dans votre corps, vous sentez ce calme et cette profondeur dans vos sensations aussi. Donc votre respiration est quelque chose qui peut se connecter à votre corps. Si votre respiration est calme, votre corps deviendra calme aussi. Si votre respiration est calme, vos sensations deviendront calmes aussi. C'est merveilleux. Donc il est très important d'apprendre à comment être avec respiration, et à apprécier d'inspirer, à apprécier d'expirer. De cette façon, votre respiration deviendra calme et profonde, et cela aura un impact tout de suite sur votre corps et vos sensations. Et quand les émotions fortes, comme la peur, la colère, la jalousie, le désespoir, viennent, vous savez quoi faire afin de vous occuper de vos émotions, parce que vous savez que si vous savez comment être avec votre inspiration et votre expiration et les rendre paisibles et profondes, alors avec cette énergie de la pleine conscience de la respiration, vous pouvez vous occuper de votre émotion, de votre peur, de votre colère, et vous dites: « Ma chère émotion, je suis là pour toi, j'inspire et j'expire paisiblement pour toi, je m'occupe de toi avec ma pleine conscience de la respiration. » Donc durant la temps des émotions, si vous savez comment pratiquer, vous occupant de vos émotions avec votre inspiration et votre expiration, vous êtes saufs, et le Bouddha est avec vous, le Saint-Esprit est avec vous.


Profiter de l'énergie collective de la pleine conscience

Mais cela a besoin d'entraînement, et le temps d'entraînement est notre pratique quotidienne. N'attendez pas jusqu'à ce que vous ayez un problème pour pratiquer, n'attendez pas jusqu'à ce que vous ayez une forte émotion pour commencer à pratiquer. Vous pratiquez pendant que vous vous lavez les dents, pendant que vous mangez votre petit déjeuner, pendant que vous marchez de votre chambre jusqu'à la salle de méditation. Et si vous savez comment apprécier chaque respiration, apprécier chaque pas, alors vous êtes habitués à la pratique, et quand la forte émotion vient, vous vous souvenez quoi faire, et vous restez sur votre respiration en pleine conscience, sur votre marche en pleine conscience, et vous continuez à générer cette énergie de pleine conscience de respiration et de marche, et c'est exactement avec cette énergie de la pleine conscience de respiration et de marche que vous pouvez reconnaître votre émotion, que vous pouvez vous occuper de votre émotion, et la libérer. Si vous avez un ami qui est aussi un pratiquant, cette personne vous aidera, cette personne pratiquera aussi la respiration en pleine conscience, la marche en pleine conscience, tenant votre main, et vous aidant à reconnaître et vous occuper de votre émotion. C'est tellement merveilleux d'avoir quelqu'un qui est aussi un pratiquant. Nous pouvons nous aider les uns les autres durant ces moments difficiles. L'avantage d'un centre de pratique, est qu'il y a beaucoup d'entre nous dans le centre de pratique qui savent comment s'occuper de nos émotions et de nos sensations, et à chaque fois que vous sentez que votre émotion est trop forte pour pouvoir vous en occuper tout seul, vous demandez à la Sangha de vous aider, parce que la Sangha peut apporter une énergie collective de pleine conscience qui peut aider à reconnaître votre douleur, votre peine, et l'énergie de la Sangha peut aider à s'occuper de votre douleur, votre peine, votre émotion, et c'est pourquoi il est très bien de venir à un centre de pratique, comme le Village des Pruniers, afin de profiter de l'énergie collective de la pleine conscience.


Être une rivière

Pendant que vous êtes avec la Sangha, ne restez pas comme un soi séparé, autorisez-vous à être enlacé par la Sangha. Nous pouvons nous comporter comme une rivière, au lieu d'une goutte d'eau. Si vous vous autorisez à être une rivière, vous êtes beaucoup plus fort, et si vous continuez à être seulement une goutte d'eau, vous êtes toujours isolé, donc c'est à vous de choisir, d'être seulement une goutte d'eau, ou d'être une rivière, et si vous vous autorisez à être enlacé par la Sangha, vous devenez la rivière, vous êtes très fort, vous arrivez soudainement à l'océan. Mais si vous êtes seulement une goutte d'eau, vous vous évaporerez à mi-chemin de l'océan. Donc la pratique de prendre refuge dans la Sangha est très importante. Vous ne choisissez pas d'être une goutte d'eau, vous voulez être une rivière. Donc quand vous venez dans un centre de pratique, considérez la Sangha, la communauté, comme votre famille. Regardez tout le monde comme votre frère, ou votre soeur, autorisez-vous à être transporté par la Sangha, autorisez-vous à être enlacé par la Sangha. « Ma chère Sangha, tu es ma famille, voici ma douleur, ma peine, ma peur, s'il te plaît aide-moi, occupe-toi d'elles, s'il te plaît », et si vous ouvrez votre coeur et autorisez la Sangha à vous occuper de votre peur, de votre peine, de votre désespoir, vous vous sentez beaucoup mieux. Récemment, nous sommes allés au Royaume-Uni pour une retraite à l'Université de Nottingham, et un pratiquant a demandé à soeur Gina, après avoir vu nos frères et soeurs monastiques fonctionnant comme une Sangha, il a demandé si le Village des Pruniers était une Institution ou non. Et soeur Gina a dit: « Nous ne sommes pas une Institution, nous sommes une famille. » En fait, le Village des Pruniers est une famille, nous avons des monastiques, nous avons des personnes laïques, et nous travaillons ensemble, nous vivons ensemble comme une famille. Et notre pratique est d'utiliser l'énergie de la pleine conscience et de la concentration afin de cultiver la fraternité. La fraternité est quelque chose de très nourrissant, de très guérissant. Si vous observez, vous voyez que les moines, les nonnes, les pratiquants laïques, marchent ensemble, organisent des jours de pleine conscience, des retraites, et ils se comportent comme des abeilles d'une même ruche. Parce qu'ils sont frères et soeurs. Donc une Sangha est une sorte de famille, et quand vous pensez à votre famille à la maison, vous savez que vous pouvez organiser votre famille de telle façon que votre famille puisse devenir une petite Sangha. Sangha signifie 'communauté', et une famille est une communauté. Peut-être qu'il n'y a que trois personnes, ou quatre personnes dans une famille, mais c'est une Sangha, et tout le monde doit être enraciné par tous les autres. Le père est enraciné dans la mère, la mère est enracinée dans les enfants, les enfants sont enracinés dans le père, et le père est enraciné dans les enfants. Quand vous voyez une abeille aller à des kilomètres de la ruche, collectant le nectar des fleurs, vous pouvez penser que l'abeille opère comme un soi individuel, mais ce n'est pas vrai. L'abeille opère comme une communauté, comme un organisme. Si une abeille est prise au loin de la ruche, elle s'assèchera et mourra. Une abeille ne peut pas être sans ruche. Donc tout ce qu'est l'abeille, tout ce que fait l'abeille est pour la ruche toute entière, et c'est pourquoi il y a l'harmonie, il y a le bonheur. Et la même chose est vraie avec la Sangha. La Sangha n'est pas faite d'individuels, et les personnes ne restent pas dans la Sangha comme individuels. Notre pratique est d'être un organisme, et c'est pourquoi ce matin, quand les monastiques chantaient, vous entendiez, vous écoutiez la Sangha comme un seul corps, chantant comme un corps, et respirant comme un corps. Laissons l'énergie collective de la Sangha nous laisser être une rivière, afin que nous puissions sentir qu'il n'y a plus de séparation, et couler comme une rivière, et de cette façon, nous pouvons transcender toutes sortes de complexes, y compris le complexe de supériorité, le complexe d'infériorité, et le complexe d'égalité. Beaucoup de nos amis posent la question: pourquoi le complexe d'égalité n'est-il pas bon?. Le complexe de supériorité n'est pas bon, tous le monde est d'accord avec ça. Le complexe d'infériorité n'est pas bon, tout le monde est d'accord. Mais pourquoi le complexe d'égalité n'est-il pas bon? En fait, nous avons l'habitude de dire que liberté, fraternité, égalité est une bonne vue, mais en fait, si vous pratiquez, regardant en profondeur, vous voyez que le soi est fait d'éléments non-soi. Une fleur est vraiment, mais la fleur est faite seulement d'éléments non-fleur, comme la lumière du soleil est un élément, le nuage est un élément, la pluie est un élément. Ce ne sont pas des fleurs, mais sans ces éléments non-fleur, aucune fleur n'est possible. Donc en regardant une fleur, nous pouvons seulement voir des éléments non-fleur, une fleur est faite uniquement d'éléments non-fleur, et la même chose est vraie avec une personne. Une personne est comme une fleur. Nous sommes faits avec un père, une mère, des ancêtres, de la nourriture, l'éducation et ainsi de suite. Tous sont des éléments non-moi qui peuvent faire, produire, ce que j'appelle moi. Le soi est fait seulement d'éléments non-soi.


(cloche)

La plante et la graine

Et regardant comme cela, je vous vois en moi, et je me vois en vous. Et cet enseignement est très clair dans la tradition bouddhiste. Cet enseignement est aussi disponible dans d'autres traditions comme le christianisme, le judaïsme. Vous savez que dans la Trinité, le Père est dans le Fils, le Fils est dans le Père, le Saint-Esprit est dans le Père est le Père peut être touché par le Saint-Esprit. Donc quand le fils regarde le père, il se voit lui-même dans le père, et quand le père regarde son fils, il se voit lui-même dans son fils. En Italie, nous avons invité les jeunes personnes à regarder une tige de maïs, une jeune plante de maïs, et à demander à la jeune plante de maïs cette question: « Ma chère plante de maïs, te souviens-tu du temps où tu étais une graine de maïs? » Et la jeune plante de maïs, la tige de maïs, peut ne pas se souvenir, mais en fait il y avait un temps où la jeune plante de maïs était une graine de maïs, et quelques jours après avoir été plantée, la graine de maïs a germé et est devenue lentement une jeune plante. Et la même chose est vraie avec le fils et la fille. Si le fils et la fille regardent profondément en eux, ils voient qu'ils viennent de leur père, de leur mère, et entre eux et leur père et mère, il n'y a pas de séparation. La jeune plante de maïs est la continuation de la graine de maïs, et nous sommes tous assez intelligents pour voir que la graine de maïs n'est pas morte, n'a pas disparu, qu'elle est toujours là, dans sa nouvelle forme, la jeune plante de maïs. Donc quand nous nous regardons, nous voyons notre père en nous, notre mère en nous, nous sommes la continuation de notre père, nous sommes la continuation de notre mère, nous sommes notre père, nous sommes notre mère, comme la jeune plante de maïs est toujours la graine de maïs, la jeune plante de maïs porte la graine de maïs en elle. Donc nous portons notre père en nous dans chaque cellule de notre corps, nous portons notre mère dans chaque cellule de notre corps. C'est vrai, c'est scientifiquement prouvé, donc quand vous êtes en colère contre votre père, vous êtes en colère contre vous-même, et quand vous vous faites souffrir, vous faites souffrir votre père. Et c'est la vérité du non-soi, rencontrer le père et le fils, rencontrer la mère et la fille, et c'est pourquoi le fils n'est pas égal au père, le fils n'est pas supérieur au père, le fils n'est pas inférieur au père, parce qu'ils n'ont pas de soi séparé. Vous pouvez comparer quand vous êtes des choses différentes, mais si vous êtes les mêmes choses, comment pouvez-vous comparer. Quand vous êtes deux choses différentes, vous pouvez comparer ces deux choses différentes, pour voir que ceci est supérieur à cela, ceci est inférieur à cela, ceci est égal à cela, mais s'il n'y a pas de soi, vous êtes lui et il est vous. Donc vous n'avez besoin d'aucune sorte de comparaison. Non seulement le complexe de supériorité est faux, le complexe d'infériorité est faux, mais le complexe d'égalité est également faux, parce que vous êtes lui, et il est vous, il n'y a rien à comparer. En psychothérapie, avoir une faible estime de soi est une maladie, donc les thérapistes essayent de supprimer votre faible estime de soi, et cela signifie que vous devez acquérir une sorte de forte estime de soi. Mais la forte estime de soi est aussi une sorte de maladie, parce que les personnes qui pensent qu'elles sont supérieures à d'autres souffrent et font les autres personnes souffrir aussi. Mais sous la lumière des enseignements bouddhistes, non seulement la faible estime de soi ou la forte estime de soi sont des maladies, mais penser que vous êtes égal à lui, à elle, est aussi une maladie, parce que vous pensez encore que vous êtes une entité séparée, que vous pouvez exister par vous-même, tout seul, et ceci n'est pas dans la lumière de l'inter-être.


Inter-être

Une fleur ne peut pas exister par elle-même toute seule, ne peut pas être par elle-même toute seule. Une fleur doit inter-être avec la lumière du soleil, avec le nuage, avec la pluie, avec la terre. Et nous sommes aussi comme une fleur. Nous ne pouvons pas être par nous-mêmes tous seuls, nous devons inter-être avec notre père, notre mère, nos ancêtres, notre culture, notre nourriture, l'air, l'eau, et ainsi de suite. Donc si vous touchez votre nature de non-soi, tous les trois complexes se dissiperont. Le complexe de supériorité, le complexe d'infériorité et le complexe d'égalité. Le complexe d'égalité peut aussi apporter de la souffrance. Vous vous efforcez afin d'être égal à lui ou à elle, et cela peut vous faire souffrir, mais si vous savez que vous êtes lui, que vous êtes elle, et qu'elle est vous, il y a la paix absolue, il n'y a plus de difficultés, et c'est la sagesse bouddhiste. Donc si vous vivez dans une famille, si vous êtes une communauté, et si vous avez cette sorte de sagesse, la sagesse de non-discrimination, le bonheur et la souffrance ne seront plus des problèmes individuels. La souffrance du père est la souffrance du fils, de la fille et de la mère. La souffrance du fils est la souffrance du père et de la mère. Le bonheur de la mère est le bonheur du père, du fils et de la fille. Et si vous voyez les choses comme ça, il n'y a plus de haine, de colère, de discrimination, et vous opérez vraiment comme une famille, vous fonctionnez vraiment comme une Sangha, une communauté. Donc il est bien de venir dans une communauté de pratique afin d'apprendre comment se comporter comme un organisme, et partager la souffrance et le bonheur de tous. Ses difficultés sont mes difficultés, je dois l'aider. Son bonheur est mon bonheur, j'apprécie son bonheur, je ne suis pas jaloux de lui. Donc la sagesse de l'inter-être supprime toutes sortes de discriminations, de souffrances, et les soi de notre corps essayent de se comporter comme ceci, ils fonctionnent comme un organisme, donc nous pouvons apprendre de notre cerveau, de notre corps, car chaque neurone se comporte comme le cerveau tout entier, chaque cellule du corps se comporte comme le corps tout entier, travaillant ensemble en harmonie. Et c'est possible dans vos poumons, dans votre coeur, dans le foie, et nous imitons seulement, nous pratiquons seulement ce genre de compréhension, ce genre de sagesse dans notre vie comme une communauté, comme une famille.


Construire une Sangha

Donc si vous êtes un constructeur de communauté, un constructeur de Sangha, vous savez que le bonheur et la force de la communauté repose sur la sagesse de l'inter-être. Comportez-vous comme un organisme et alors le bonheur et l'harmonie de la communauté rendra chacun heureux, et la communauté deviendra un refuge pour beaucoup de personnes qui viennent. Vous venez dans la Sangha parce qu'il y a de l'harmonie et de l'amour. Vous ne viendriez pas dans une Sangha s'il y avait de la division, de la haine, des luttes pour le pouvoir. Vous ne pouvez rien profiter d'un groupe de personnes qui n'a pas l'harmonie, la fraternité et l'amour, et c'est pourquoi la construction de Sangha est très importante, et selon les enseignements bouddhistes, construire une Sangha qui a assez d'harmonie, de fraternité, de compassion, est une chose très normale à faire, parce que si vous avez une Sangha comme cela, beaucoup de personnes en profiterons, viendront et prendront refuge. Construire une Sangha est une tâche très normale. Pour chaque pratiquant, qu'il soit monastique ou une personne laïque, construire une Sangha est très important, très important. Où que j'aille, je veux être avec la Sangha, et ce que j'ai essayé de faire ces soixante dernières années. Je suis un constructeur de Sangha, et je sais que pour réussir dans la construction de Sangha, vous devriez avoir cette sorte de sagesse, l'inter-être, vous devriez regarder le bonheur et la souffrance de tous dans la Sangha comme la votre, et vous devriez vous comporter comme un corps, un organisme, et pas comme un soi séparé, et c'est possible. Et quand il y a des Sangha comme cela, et beaucoup de familles peuvent venir et apprendre, et nous pouvons transformer notre famille en une petite Sangha, où le père est en même temps la mère, le fils et la fille, et le fils est en même temps le père, la mère et la soeur. Donc nous sommes à l'intérieur les uns les autres, et pas à l'extérieur les uns les autres. Nous sommes à l'intérieur les uns les autres, et pas à l'extérieur les uns les autres. Apparemment, il semble que nous soyons à l'extérieur les uns les autres. La lumière du soleil est à l'extérieur de la fleur, le nuage est à l'extérieur de la fleur, mais en regardant en profondeur, nous voyons que la lumière du soleil est à l'intérieur de la fleur, le nuage est à l'intérieur de la fleur, si nous enlevons la lumière du soleil et le nuage de la fleur, la fleur s'effondrera. Donc le fait est que nous sommes à l'intérieur les uns les autres, vous êtes en moi et je suis en vous.


Sans venir, sans partir

Au Village des Pruniers nous avons cette chanson: « Sans venir, sans partir, je te tiens près de moi, et je te laisse pour être libre, parce que je sais que je suis en toi et que tu es en moi. » Et une famille heureuse est une famille où les personnes se voient à l'intérieur les uns les autres. Une Sangha heureuse est une Sangha où tout le monde se sent à l'intérieur des autres frères et soeurs, et c'est possible. Comme j'ai étudié le bouddhisme, je sais que le Bouddha était un constructeur de Sangha excellent. Il a passé toute sa vie à construire des Sangha partout, et la Sangha existe jusqu'à aujourd'hui, et j'aimerais continuer le travail du Bouddha, à construire des Sangha. Et vous êtes mes amis, vous êtes aussi la continuation du Bouddha, ce serait très gentil à vous d'aider le Bouddha à continuer de construire des Sangha, parce que le monde a énormément de Sangha. Il y a tellement de divisions, de haine, de discrimination. La construction de Sangha est la meilleure sorte de remède. Donc chacun de nous devrait faire un voeu, devrait faire une forte aspiration de construire une Sangha.


(cloche)

Inspirant, je suis conscient que mon père est pleinement présent dans chaque cellule de mon corps. Expirant, je souris à mon père dans chaque cellule de mon corps. Papa, je sais que tu es là dans chaque cellule de mon corps. Inspirant, j'invite mon père à inspirer avec moi. Ce sont mes poumons, mais ce sont aussi les tiens, donc papa, apprécie de respirer avec mes poumons. Père et fils inspirant ensemble. Père et fils expirant ensemble. C'est merveilleux, mon père inspire avec moi en ce moment même, je peux le sentir, il est un avec moi, il n'est pas une personne différente. Inspirant, je me sens si léger, papa, sens-tu cette légèreté comme je la sens? Papa, tu es encore vivant, pleinement vivant en moi. Expirant, je me sens si libre, papa te sens-tu aussi libre que moi? Inspirant, je vois ma mère pleinement présente dans chaque cellule de mon corps. Expirant, je souris à ma mère dans chaque cellule de mon corps. Ma mère est encore vivante en moi, dans chaque cellule de mon corps. La graine de maïs est encore vivante dans la plante de maïs. Inspirant, j'invite ma mère à apprécier d'inspirer avec moi. Expirant, j'invite ma mère à expirer avec moi. Mère et fils inspirant ensemble, mère et fille inspirant ensemble, expirant ensemble. Maman, je voudrais t'inviter à t'assoir avec mon dos droit. C'est mon dos, mais c'est aussi le tien, donc apprécie de t'assoir avec mon dos. Je sais que tu es là, tu es assise avec moi, tu apprécies d'inspirer avec moi, tu apprécies d'expirer avec moi, je sens que tu es pleinement vivante en moi en ce moment même.


(cloche)

Inspirant, je me sens si léger. Maman, te sens-tu aussi légère que moi? Expirant, je me sens si libre. Maman, te sens-tu aussi libre que moi maintenant?


(cloche)

Inspirant, je me vois comme un enfant de cinq ans, fragile, merveilleux. Expirant, je souris à l'enfant de cinq ans en moi, fragile, vulnérable, avec compassion.


(cloche)

Inspirant, je vois mon père en moi comme un enfant de cinq ans, fragile, vulnérable, mon père comme un garçon de cinq ans. Expirant, je souris à mon père comme un garçon de cinq ans, fragile, merveilleux, je lui souris avec compassion.


(cloche)

Inspirant, je vois ma mère comme une fille de cinq ans, fragile, vulnérable. Expirant, je souris à ma mère en moi comme une fille de cinq ans, fragile, vulnérable. Je lui souris avec compassion.


(cloche)

Inspirant, je sens la guérison du garçon de cinq ans en moi, je sens la guérison du garçon de cinq ans qui a été mon père prenant place en moi. Inspirant je vois le garçon de cinq ans en moi guérissant. Je peux voir, je peux sentir la guérison du jeune enfant en moi, je peux voir voir la guérison de la fille de cinq ans qui a été ma mère en moi. Je vois la guérison prendre place dans le moment présent.


(cloche)

Chère Sangha, chacun de nous est venu dans la Sangha avec quelques blessures dans son coeur, peut-être dans son corps aussi. La pratique vise à guérir les blessures en nous. Nous comptons sur l'énergie collective de la Sangha afin de guérir et nous comptons sur le Dharma afin de guérir, et en nous guérissant, nous construisons une bonne communauté, un refuge pour beaucoup de personnes. En nous guérissant, nous reconstruisons, et faisons de la famille une fondation pour nos enfants. Les enseignements bouddhistes s'appliquant à la pratique de guérison sont très clairs. L'enseignement de l'inter-être, l'enseignement du non-soi, et toutes ces sortes d'exercices peuvent vous montrer que la sagesse de l'inter-être est possible, si nous pouvons voir notre père en nous, et nous-même dans notre père, notre mère, notre fils et notre fille, alors la compréhension et la compassion surviendront, et quand la compréhension et la compassion surviennent, la guérison prend place, et une bonne communication, l'harmonie, l'amour sont possibles de nouveau. Le devoir, le travail d'une Sangha est de pratiquer le regard profond, de toucher la nature de l'inter-être, la non-discrimination, afin que la fraternité, l'amour, deviennent possibles, et comme une communauté heureuse, nous pouvons servir tellement de personnes. La pratique de la famille est la même. Si nous savons comment profiter du Dharma, des enseignements, nous pouvons commencer à nous guérir et aider d'autres membres de notre famille à se guérir, afin que nous soyons une famille de nouveau, avec l'amour, l'harmonie et la compassion. Chacun de nous a deux familles. Une famille spirituelle, la Sangha, et une famille de sang, une famille génétique, et les deux familles peuvent se supporter entre elles. Nous avons besoin d'une famille spirituelle afin d'apprendre la pratique, afin de profiter de l'énergie collective pour la pratique de la guérison et de la réconciliation, et la famille spirituelle a aussi besoin de la famille de sang afin de continuer, donc chacun de nous doit avoir au moins deux familles, la famille spirituelle et la famille de sang. Et nous avons une balance, nous avons des racines dans les deux familles, et nous devons rendre les deux familles disponibles pour chacun de nous et pour le monde, parce que si nous pouvons construire une famille heureuse, c'est la meilleure contribution que nous puissions faire pour aider la société. Et méditer ne signifie pas nous couper de la vie réelle, mais de réentrer dans la vie avec profondeur et sagesse. Et les quelques exercices que nous avons essayés aujourd'hui prouvent que nous sommes vraiment concernés avec la situation réelle, et nous savons que la guérison, la transformation, sont possibles avec la pratique. Nous devons aider à rendre la pratique disponible à beaucoup de personnes dans notre société.


(cloche)


Enseignement donné le 07 Septembre 2008 en anglais, traduit et transcrit par Pháp Thân