Être un authentique enfant du Bouddha

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(cloche)

Bonjour, chère Sangha, aujourd'hui nous sommes le 16 Mars 2008, et nous sommes au Hameau du Bas dans la salle de méditation Assemblée des Étoiles.


Sravaka et Bodhisattva

La semaine dernière, nous avons parlé des bodhisattva qui tombent malade, et de la façon dont les bodhisattva se guérissent afin de pouvoir aider à guérir le monde. Dans le bouddhisme Mahayana, on fait une différence entre les sravaka et les bodhisattva. Les sravaka sont ceux qui écoutent les enseignements du Dharma données par le Bouddha et qui pratiquent. Et selon le bouddhisme Mahayana, ceux parmi nous qui se préoccupent seulement d'eux-mêmes, leur propre guérison, leur propre transformation, et qui ne se préoccupent pas de la guérison et de la transformation des autres sont des sravaka. C'est la définition donnée par les personnes de la tradition Mahayana. Je me préoccupe de ma transformation, de ma guérison, je pratique pour moi-même. Et d'après le bouddhisme Mahayana, ce ne sont pas de vrais enfants du Bouddha. Un enfant du Bouddha ne se comporte pas comme cela, il pratique pour tout le monde, et pas seulement pour lui. Et comme il pratique pour tout le monde, ils porte le nom de bodhisattva. Donc c'est à vous de choisir. Si vous voulez être un sravaka, vous n'êtes pas considérés comme un authentique enfant du Bouddha. Si vous voulez être un authentique enfant du Bouddha, vous devriez être un bodhisattva.


Pratiquer pour tout le monde

Donc l'élément de base, la condition de base, pour être un bodhisattva est de pratiquer pour tout le monde. Chaque respiration, chaque pas que vous faites n'est pas seulement pour votre propre guérison et transformation, mais aussi pour la guérison et la transformation de tous les autres êtres. En apparence, vous faites exactement ce que les autres personnes font, vous pratiquez la méditation marchée comme elles, vous pratiquez la méditation assise comme eux, mais vous êtes un bodhisattva, et elles sont des sravaka. Vous le faites pour tout le monde, et elles le font seulement pour elles, et ceci est le vrai point du Mahayana. Et quand vous voyez que le bodhisattva devient malade à cause de sa grande compassion, vous devriez comprendre que ce n'est pas parce que vous avez une grande compassion que vous devenez malades, parce qu'ici grande compassion signifie grande compréhension en même temps. Et grande compréhension signifie qu'il n'y a pas de distinction entre le je et le toi. Je suis toi et tu es moi. Et c'est pourquoi si nous regardons profondément, nous voyons que la fondation de la qualité de bodhisattva est l'esprit de non-discrimination. Ce qui fait la différence entre sravaka et bodhisattva est l'esprit, la sagesse de non-discrimination.


Main droite et main gauche

C'est comme les doigts de ma main. Ils ont la sagesse de non-discrimination. Ma main droite est douée pour faire des calligraphies et pour inviter la cloche. Ma main gauche ne le fait pas. L'année dernière, j'ai commencé à apprendre à brosser mes dents avec ma main gauche. Au début, c'était difficile, mais maintenant je le fais suffisamment bien. Ma main droite est capable de beaucoup de choses. Ma main gauche n'est pas aussi bonne que ma main droite. C'est un fait, mais ma main gauche n'a jamais l'idée de discrimination. Mes mains n'ont pas ces pensées de discriminations. Ma main droite ne pense pas comme ceci : « Je suis bonne pour faire beaucoup de choses, et toi, main gauche tu n'es bonne à rien. » Donc ma main gauche n'a pas un complexe de supériorité, et c'est pourquoi ma main droite est très heureuse. Ma main droite ne pense pas qu'elle est plus importante que ma main gauche, plus intelligente que ma main gauche. Et il est merveilleux de constater que ma main gauche a aussi la sagesse de non-discrimination. Elle ne souffre pas de sentiment d'infériorité. C'est pourquoi elle est aussi heureuse que l'autre main. Donc nous pouvons toucher, comprendre l'esprit de non-discrimination. Peut-être m'avez-vous entendu raconter l'histoire où un jour mes deux mains essayaient d'accrocher un tableau sur le mur. Ma main gauche tenait le clou et ma main droite le marteau, et ce matin-là, je n'étais pas trop en pleine conscience, et au lieu de taper sur le clou, j'ai tapé sur mon doigt, et cela a fait tellement mal. Tout de suite, ma main a posé le marteau et pris soin de ma main gauche, comme si elle prenait soin d'elle même, sans aucune discrimination. Ma main gauche n'était pas en colère du tout. Ma main gauche n'a pas pensé, n'a pas dit : « Main droite, tu m'as trahis, tu m'a fais souffrir, je veux que justice soit rendue. Donne-moi ce marteau. » Non, ma main gauche ne pensait pas comme cela. Donc il y a la sagesse de non-discrimination dans mes deux mains, c'est pourquoi il n'y a pas de dispute, pas de discrimination, pas de souffrance entre mes deux mains.


Pratiquer pour tout le monde

Donc les bodhisattva ont l'esprit de non-discrimination. Les bodhisattva ne pensent pas qu'ils sont une entité différente, et leur souffrance est la souffrance des autre êtres, et la souffrance des autres êtres est leur propre souffrance, et c'est pourquoi ils sont des bodhisattva, et c'est pourquoi quand les gens sont malades, je me sens malade aussi. Et quand les bodhisattva essaient de pratiquer pour soigner, ils ne pensent pas à leur propre guérison, à leur propre transformation seulement, mais ils pensent à la guérison de tout le monde. Donc ils pratiquent dans cet esprit. En principe, les sravaka ne pratiquent pas comme ceci, ils pratiquent pour eux, pour leur transformation et guérison. Donc, en apparence, les sravaka et les bodhisattva font exactement la même chose, mais un d'eux est un sravaka et un d'eux est un bodhisattva, parce que le bodhisattva fait cela pour tout le monde. Et si vous voulez être un authentique enfant du Bouddha, vous devez vous comporter comme un bodhisattva, vous ne pratiquez pas pour votre propre transformation et guérison, vous pratiquer pour la transformation et la guérison de tout le monde. Alors quand vous inspirez et relâchez la tension dans votre corps, vous inspirez de telle façon que vous voyez que l'acte d'inspiration est un acte de compassion, dirigé vers tout le monde, vous ne le fait pas seulement pour vous, vous le faites pour le monde entier. Quand vous pratiquez la méditation marchée, vous générez l'énergie de paix, de solidité et de liberté, et cette paix, cette solidité, cette liberté est pour le monde entier, pas seulement pour vous. Donc cela dépend de votre façon de regarder, de voir. Le bouddhisme Mahayana vous encourage à être un authentique enfant du Bouddha. Tout ce que vous faites devrait être pour le bien de tous les êtres, et pas seulement pour vous, et si vous faites comme cela, vous vous sentez léger. Vous vous sentez plus heureux, plus léger, comme c'est merveilleux, bien que vous fassiez apparemment exactement comme les sravaka. Donc si vous êtes motivés par une grande compassion, et si vous faites des choses sous la lumière de la grande compassion, vous êtes un bodhisattva, même si vous êtes encore faible. Un bodhisattva n'a pas besoin d'être fort. Un bodhisattva a besoin d'avoir ce genre de vision, qu'il n'est pas une entité séparée, qu'il est une partie du tout, et que tout ce qu'il fait est pour tout le monde.


Soutra de Vimalakirti

Lisons quelques phrases du soutra de Vimalakirti : Lorsque le bodhisattva Manjushri vint à la maison du maître de maison Vimalakirti. Il demanda : «Maître de maison, quelle est la cause de votre maladie, combien de temps va t-elle continuer, comment peut elle cesser? »

Le bodhisattva Manjushri représentait le Bouddha dans l'assemblée toute entière, la Sangha toute entière, en allant visiter Vimalakirti qui était malade. Et le grand adepte laïc répondit : « Manjushri, ma maladie provient de l'ignorance et de la soif d'existence, et elle continuera aussi longtemps que celle de tous les êtres. Lorsque tous les êtres seront libres de la maladie, alors moi aussi je ne serais plus malade. Pourquoi ? Manjushri, pour les bodhisattva, le monde consiste seulement en êtres vivants, et la maladie est inhérente au fait de vivre dans le monde. Lorsque tous les êtres seront libres de la maladie, le bodhisattva sera lui aussi libre de la maladie. »

L'idée est donc que je ne suis pas une entité séparée. Parce que vous êtes malades, je suis aussi malade. Et ce genre de vision est la vision de compassion, la vision de non-discrimination, et c'est la fondation de la qualité de bodhisattva. Et le maître de maison Vimalakirti utilisa ce genre d'exemple pour illustrer ceci. « Par exemple, Manjushri, lorsqu'un enfant unique tombe malade, les deux parents deviennent malades en raison de la maladie de leur fils. » Et ceci est très facile à comprendre. Lorsqu'un enfant est très malade, alors les parents ne peuvent pas être heureux, ils sont malades aussi. Ainsi, lorsque vous aimez, il n'y a plus de discrimination. Le bonheur de l'autre personne est votre propre bonheur, et la souffrance de l'autre personne devient votre propre souffrance.

Donc grande compassion est grand amour, et c'est aussi grande compréhension parce vous n'êtes pas une entité séparée. Vous êtes un avec lui, vous êtes un avec elle. Donc tout ce que vous faites est pour la guérison de tous les deux, et pas seulement pour vous, ou pour lui, ou pour elle, et ceci est l'esprit du bouddhisme Mahayana : plus de discrimination.

« Et les parents souffriront aussi longtemps que leur fils unique ne se remette de sa maladie. De même, Manjushri, le bodhisattva aime tous les êtres comme si chacun d'eux était son unique enfant. Il devient malade quand ils sont malades et il est guéri quand ils sont guéris. »


Le fils unique de Dieu

C'est très intéressant parce que le soutra de Vimalakirti utilise l'image du fils unique. Si vous êtes de tradition chrétienne, vous avez l'opportunité de prendre Jésus comme le fils unique de Dieu. Et sous la lumière du soutra de Vimalakirti, vous pouvez avoir une autre idée à propos du fils unique. Jésus est dit être le fils de Dieu, et il est aussi appelé le fils des hommes. Mais si nous parlons de l'amour de Dieu, Nous pouvons comparer l'amour de Dieu avec l'amour de ces parents qui considèrent leur fils unique comme eux-même, où si le fils est malade, les parents sont malades Ainsi l'amour de Dieu peut être compris sous cette lumière. Si nous appelons Jésus le fils unique de Dieu, c'est à cause de la nature de l'amour que Dieu a pour son fils. Chacun de nous est également le fils unique, la fille unique de Dieu, et si nous comprenons ceci, il n'y aura plus aucun problème. Et théologiquement, nous pouvons résoudre le problème du fils unique. Quand vous aimez quelqu'un intensément, vous le ou la considérez comme étant vous-même. Cette personne devient votre fils unique. Lorsque vous aimez le monde intensément, chaque personne dans le monde devient votre fils unique, votre fille unique.


(cloche)

Bodhisattva Mahasattva

Nous pouvons parler d'amour en terme d'affliction ou en terme de sagesse. Parce que dans le bouddhisme, la compréhension est la fondation de l'amour, la compréhension est un autre mot pour l'amour. Et la compréhension ici est la compréhension profonde, elle est appelée la sagesse de non-discrimination. Si vous avez eu quelques expériences de vrai amour, vous avez déjà vu que lorsque vous êtes vraiment amoureux, il n'y a plus de discrimination. Votre souffrance est sa souffrance, votre bonheur est son bonheur, et tout ce que vous faites est pour chacun de vous et non pas pour une personne seulement. Donc grande compassion, grand amour est aussi grande sagesse, et la grande sagesse ici est la sagesse de non-discrimination. Donc le bodhisattva est équipé du grand amour et de la grande sagesse, et c'est pourquoi il est, elle est un grand être, un mahasattva, un bodhisattva mahasattva.


Maitri

Dans le bouddhisme, quand on parle d'amour, on parle de maitri, karuna, mudita, et upeksha.

Maitri est la pratique qui aide à apporte la joie, qui aide à apporte le bonheur. Si l'amour ne peut pas apporter le bonheur, ce n'est pas le vrai amour. Si en aimant, vous vous faites souffrir et vous faites l'autre personne souffrir, ce n'est pas le vrai amour, donc le vrai amour doit avoir maitri. Donc pratiquez de manière à ce que maitri soit là, dans votre amour, et que chaque jour, à chaque moment, l'amour soit un élément guérissant. Marchez, soyez assis, respirez, faites tout avec amour, afin que chaque moment de votre vie quotidienne puisse être un moment de guérison pour chacun dans le monde. Et c'est possible. Vous pouvez exprimer votre amour en marchant. Vous pouvez marcher de telle façon que la relaxation soit possible. Stopper est possible, guérir est possible. Et la guérison prend place avec chaque pas, non seulement votre guérison, mais la guérison du monde, parce que vous savez que vous faites ça pour le monde entier. Vous n'êtes pas enfermé en vous-même, vous êtes libres, et ainsi chaque pas que vous faites exprime l'amour, exprime la guérison pour vous et pour le monde.


Karuna

Karuna est la capacité à transformer la douleur, la souffrance. Il y a de la souffrance en vous, il y a de la souffrance dans le monde, et karuna est le type de pratique qui libère la souffrance, qui peut apporter la libération de la souffrance, et chaque respiration, chaque pas, chaque mot, chaque parole peut être une expression de karuna, et vous guérissez le monde par votre façon de vivre quotidiennement. Ceci un art. L'amour est un art. Vous savez que quand vous faites un discours de compassion, un discours de pardon, c'est très guérissant, pour vous et pour le monde. La guérison prend place tout de suite quand vous faites un discours de compassion. Et pourquoi ne faites vous pas beaucoup de discours comme ceci en un jour ? Cela ce coûte rien. Vous avez seulement besoin de pleine conscience, de regard profond, et, motivés par la compassion, vous faites un discours de compassion, un discours de pardon, un discours de non-discrimination, vous dites quelque chose de gentil, vous dites quelque chose de joli, vous dites quelque chose d'inspirant, et tout ceci devient de la guérison. Ainsi, l'amour est une pratique, l'amour est une pratique quotidienne qui prend place à chaque moment de votre vie quotidienne. L'amour est un art, et l'aimant est un artiste.


Mudita

Mudita est la joie. Si vous avez la pleine conscience et la concentration, vous savez que le monde est plein de miracles. La royaume de Dieu, la terre pure du Bouddha est disponible ici et maintenant. Être en vie, marcher sur cette planète Terre est un miracle. Et aimer est une merveille. Et cette sorte de conscience, ce genre de pratique vous apporte beaucoup de joie, et lui apporte beaucoup de joie. Donc le vrai amour devrait apporter de la joie. Si l'amour n'apporte pas la joie, ce n'est pas le vrai amour. Si vous pleurez beaucoup, ou si vous le ou la faites pleurer beaucoup, ce n'est pas le vrai amour. Donc la joie est un élément de vrai amour. L'enseignement du Bouddha est tellement facile à comprendre, tellement simple.


Upeksha

Et le dernier élément est upeksha. Upeksha signifie que vous ne faites plus de discrimination. Vous et la personne que vous aimez êtes un, il n'y a pas de discrimination, et upeksha est seulement possible avec la sagesse de non-discrimination. Vous aimez parce que le monde a besoin de soulagement, a besoin de guérison, a besoin d'amour. Vous n'aimez pas parce que l'autre personne a le même genre de croyance, a le même genre de couleur de peau, le même genre de nationalité. Non, vous n'aimez pas comme ceci. Vous aimez sans discrimination, et vous embrassez tout le monde. Et upeksha signifie inclusivité. Vous n'éliminez personne, vous n'excluez personne, et c'est le vrai amour, et c'est l'amour des bodhisattva.


La compréhension est amour

Ainsi, du côté des l'amour, on a les quatre esprits illimités, et du côté de la sagesse, la sagesse de non-discrimination, et la fondation du bodhisattva est l'amour et la sagesse, ce sont les même choses. La compréhension est la fondation de l'amour, et nous savons tous que sans compréhension, le vrai amour n'est pas possible. Si le père ne comprend pas son fils, si le père pense que son fils est une autre personne, si le père n'arrive pas à voir que son fils est sa propre continuation, alors le père ne peut pas aimer son fils. Et la fille aussi, si elle pense qu'elle est une différente personne, elle ne sait pas qu'elle est une continuation de sa mère, elle pense que sa mère est une autre personne, elle a échoué à voir qu'elle est est sa mère, et elle n'aime pas sa mère avec un amour véritable. Si vous ne comprenez pas ceci, si vous ne voyez pas que l'autre personne est vous-même, si vous ne comprenez pas la souffrance, les difficultés, les espoirs, les désespoirs de l'autre personne, vous ne pouvez pas l'aimer, et c'est pourquoi la compréhension est la fondation de l'amour, c'est pourquoi la compréhension est l'amour, l'autre mot pour amour. Et l'amour requiert le regard profond afin de comprendre, et si vous vous regardez assez profondément, vous obtenez la sagesse de non-discrimination. Et tout ce que vous faites est pour tous les deux, pour tous, pour le monde.


(cloche)

Donc, dans le paragraphe du soutra de Vimalakirti, nous avons l'image du père aimant son fils unique. Et avec ce genre d'enseignement, ce genre d'image, nous pouvons mieux comprendre l'amour de Dieu, parce que si l'amour de Dieu est un amour véritable, il a les éléments de maitri, karuna, mudita, upeksha, et l'expression du fils unique signifie tout le monde. Parce qu'avec discrimination, il est mon fils, il n'est pas mon fils, elle est ma fille authentique, elle n'est pas ma fille authentique, ceci n'est pas l'amour véritable. Et l'amour devrait être amour véritable.


Suragama Soutra

Le Suragama Soutra est très populaire en Chine et au Vietnam. Dans la chapitre du souvenir du Bouddha, le bodhisattva Daiteti déclare ceci : « Les Bouddha aiment les êtres vivants comme une mère aimant ses enfants. » Donc ici il n'utilise pas les mots « père » et « fils ». Le Suragama utilise les images de « mère » et « fille », « mère » et « fils ». Ceci signifie: « Les Bouddha des dix directions aiment les êtres vivants comme leurs enfants. Mais si les enfants essaient de partir, il n'y a aucune chance que la mère et la fille, la mère et le fils puissent se rencontrer. Mais si le fils, la fille pense à sa mère de la même façon que la mère pense à son fils, ils se rencontreront sûrement très prochainement. » Et c'est le principe de la pratique du souvenir du Bouddha. Le Bouddha pense toujours à vous comme à un enfant. Il est une mère. Et si vous essayez toujours de partir, la chance que vous et votre mère puisse se rencontrer sera nulle, mais si vous pensez à votre mère, alors votre rencontre prendra place tout de suite. Si vous appelez le nom de votre mère, alors vous allez dans sa direction, et la rencontre prendra place tout de suite.


Le bodhisattva doit pratiquer

Vimalakirti a dit que le bodhisattva devrait pratiquer. Le bodhisattva commence avec la sagesse qu'il n'est pas une entité séparée, il est un bodhisattva immédiatement si il a la vision de non-discrimination. Mais un bodhisattva est supposé être quelqu'un qui a une pratique. Et parce le bodhisattva pratique, la guérison va prendre place, et le bodhisattva aura la chance de guérir les êtres vivants. Il est très important d'être un enfant authentique du Bouddha, un bodhisattva, mais comme bodhisattva, vous devez pratiquer. Vous devez pratiquer l'amour, vous devez pratiquer la guérison, vous devez pratiquer la transformation, et votre pratique apportera la guérison et la transformation au monde entier. Donc, pratiquez cet esprit de non-discrimination.


Prendre soin de soi, prendre soin de l'autre

Si les sravaka, même sans avoir reçu les préceptes des bodhisattva, pratiquent comme ceci, ils sont déjà des bodhisattva, parce que si les sravaka pratiquent la pleine conscience en marchant, en respirant, en mangeant, en lavant, et si les sravaka ont la vision, ont la compréhension, ils pratiquent pour tout le monde, et ils sont déjà des bodhisattva. Cela dépend de la façon dont vous le faites. Quand vous aimez quelqu'un assez profondément, vous lui dites : « S'il te plaît, prend soin de toi, quand tu prends soin de toi, tu prends soin de moi ». Parce que quand vous prenez bien soin de vous, vous prenez bien soin de moi, mon bonheur dépend de vous. Donc, si vous aimez vos parents, vous prenez soin de vous, vous allez à l'école, vous mangez, vous jouez, vous utilisez votre ordinateur, vous écoutez de la musique de telle façon que vous puissiez prendre soin de vous, et en faisant ainsi, en prenant soin de vous, vous exprimez votre amour pour vos parents. Vous n'avez besoin d'être à la maison afin d'exprimer votre amour. Et si vous partez de telle sorte que puissiez prendre bien soin de vous, vous exprimez votre vrai amour à vos parents. La même chose est vraie avec les étudiants, les disciples et les enseignants. Si l'enseignant prend bien soin de lui, il prend soin de son disciple, et l'enseignant devrait savoir comment marcher pour ses étudiants, pour ses disciples, comment respirer pour ses disciples. Tout ce qu'il fait tous les jours, tous ce qu'elle fait tous les jours est pour ses disciples. Et c'est le vrai amour. Le disciple peut pratiquer la même chose. Le disciple est conscient que son bien-être, son bonheur, sa transformation, sa guérison est le bonheur, la transformation et la guérison de son enseignant. C'est pourquoi lorsqu'il prend soin de lui, lorsqu'il pratique la méditation marchée et obtient la transformation, guérison et liberté, il exprime l'amour pour son enseignant.


Esprit Mahayana

Et c'est la voie du bodhisattva. La guérison prend place dès le moment où l'on pratique, et la pratique bénéficie à tout le monde en même temps, et c'est l'esprit du Mahayana. Il n'y a pas de séparation, il n'y a pas de soi séparé, nous sommes tous ensemble. Je pense qu'avec l'environnement, nous pouvons le voir très clairement: la façon dont nous conduisons, dont nous utilisons notre voiture, la façon dont nous utilisons notre électricité, la façon dont nous utilisons notre nutrition, la façon dont nous mangeons a à faire avec la survie du monde. Tout est lié à toutes les autres choses, et vous pouvez exprimer votre amour pour la Terre, pour l'humanité toute entière par votre façon de manger, votre façon de conduire, votre façon de vous assoir, votre façon de consommer,. C'est si simple à comprendre, et vous faites ceci en tant que bodhisattva parce que vous avez cette conscience. Tout ce que vous faites et la façon dont vous le faites a un impact sur l'ensemble. Vous avez quinze minutes, et vous voulez utiliser ces quinze minutes de façon à vous guérir et le monde entier. Vous êtes motivés par l'intention, le désir d'aider à guérir le monde. Donc vous vous asseyez, vous pratiquez la respiration consciente, vous apportez la relaxation à votre corps, vous apportez la guérison à votre corps, et vous savez que quand vous faites cela, vous aidez le monde. Le monde est malade de violence, de désespoir, et vous voulez aider le monde. Et apporter la relaxation et la paix et la guérison à votre corps a un impact sur le monde, tout de suite dans l'ici et maintenant. Faire un discours de compassion est guérir le monde, dire quelque chose de gentil, écrire des lettres d'amour à un ami est un acte de guérison. Et sous cette lumière d'enseignement, cette lumière de pratique, nous pratiquons pour guérir le monde, pour guérir nous-même, et nous devenons un enfant authentique des Bouddha et bodhisattva. Un sravaka, un étudiant qui pratique dans cet esprit, est un bodhisattva, même avant qu'il ne prenne les voeux de bodhisattva. Donc ce problème n'est pas la forme, c'est le contenu, la façon dont vous le faites.


(cloche)

L'arrêt

Il y a l'intention en chacun de nous de réussir. Nous essayons d'atteindre quelque chose, nous essayons de faire quelque chose. Nous essayons de devenir un Bouddha, nous essayons d'atteindre l'illumination, nous faisons des efforts. Et cela peut créer un genre de tension en nous et dans le monde. Vous voulez être le meilleur, vous comme homme d'affaires, vous comme politicien, vous comme artiste, écrivain, musicien, vous voulez être le meilleur. Donc vous êtes motivés par le désir de courir pour être important, et vous ne donnez aucune chance à votre corps et à votre esprit de se relaxer, d'être nourri. Et c'est pourquoi le monde devient malade, et c'est pourquoi les bodhisattva, afin d'aider à guérir le monde, devraient savoir, en premier lieu, comment s'arrêter, se relaxer, relâcher la tension dans leur corps et leur esprit. Et chaque pas, chaque respiration qu'ils font afin de relâcher la tension, est une action de bodhisattva. Vous pensez que vous êtes soulagés de la tension, vous pensez que vous êtes capables d'être en paix, vous pensez que vous êtes capables de vous arrêter pour contempler une fleur. Le monde a un espoir, parce que vous êtes capable de stopper, vous êtes capables de vous relâcher.


Être le changement dans le monde

Nos soucis, nos peurs, sont comme des prises tenant notre corps et notre esprit, empêchant notre corps et notre esprit de se guérir. Nous n'autorisons pas notre corps à se guérir, nous n'autorisons pas notre esprit à se guérir, parce que nous tenons notre corps et notre esprit dans les prises de nos soucis, nos peurs, nos violences, et c'est pourquoi il est très important de soulager notre corps, d'autoriser notre corps et notre esprit a être seuls, parce que notre corps a la capacité de se guérir, si tout est laissé tout seul. Notre esprit a aussi la capacité de se guérir si nous autorisons notre esprit à le faire. C'est pourquoi stopper et relâcher les tensions créées par la peur, la colère, le désir de succéder pour arriver en haut est très important. Et nous faisons ceci pour notre corps, notre esprit, nous faisons cela pour la société Si vous ne pouvez pas montrer l'exemple, vos enfants ne pourront pas le faire, vos étudiants ne pourront pas le faire, vos parents et votre communauté ne pourront pas le faire. Donc la pratique est d'être l'exemple, d'être le changement que vous voulez voir dans le monde.


Authentique enfant du Bouddha

Vous êtes capables de stopper dans le moment présent, vous êtes capables de plonger profondément dans le moment présent, vous êtes capables de vivre chaque moment de votre vie quotidienne intensément. Comme communauté, nous sommes venus ensemble et pratiquons ceci. Nous apprenons à vivre de telle façon que nous pouvons être en contact avec les éléments rafraîchissants et guérissants en nous et autour de nous, d'autoriser notre corps et notre esprit a être guéris, et nous nous supportons ensemble dans notre pratique, nous rendons la joie, la relaxation, la paix, la fraternité possibles dans l'ici et maintenant, et si nous sommes nourris, nous pouvons être transformés, et nous pouvons apporter la transformation et la guérison au monde. Il est très important que nous ayons le succès dans notre façon de vivre, dans notre vie quotidienne. Et selon les enseignements du bouddhisme mahayana, une personne qui est capable de pratiquer comme ceci peut aider tellement de gens. Cette personne est un bodhisattva, et vous êtes celui qui peut apporter le changement dans votre façon de faire, de vivre. Peut-être que vous faites exactement la même chose qu'ils font, mais votre façon de faire est totalement différente. Vous êtes relaxés, vous êtes capable de vivre intensément le moment présent, vous êtes capables d'amour, de gentillesse, de compassion, de joie et d'inclusivité, et vous êtes capables de faire de telle sorte que chaque moment de votre vie quotidienne puisse être un moment de guérison, de transformation, et vous êtes l'espoir du monde, parce que vous êtes un bodhisattva, vous êtes un enfant authentique du Bouddha.


Enseignement donné le 16 Mars 2008 en anglais, traduit et transcrit par Pháp Thân