Confiance, pleine conscience, sagesse

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(cloche)

Bonjour chère Sangha, aujourd'hui, nous sommes le 10 Mars de l'an 2008, et nous sommes au Hameau du bas.


La confiance

La ressource d'énergie dont on a besoin dans la pratique est la confiance. Il faut de la confiance pour pouvoir pratiquer avec succès. Et comment faire pour générer cette énergie de confiance en nous? La pratique vise à la transformation et à la guérison. Mais il faut d'abord avoir confiance que la transformation soit une chose possible, que la guérison soit une chose possible. Si vous n'avez pas cette confiance, vous ne pouvez pas pratiquer, alors il faut avoir confiance que la transformation soit possible, que la guérison soit possible.

Dans le bouddhisme, on parle de cinq sortes d'énergie, et la première source d'énergie, c'est la confiance, la foi. La confiance.


Confiance dans le corps

Tout d'abord, on doit avoir confiance à son corps. Nous avons un corps. Nous avons un esprit. Il faut avoir confiance dans notre corps, dans notre esprit, car notre corps possède cette capacité de se transformer, de se guérir. Il faut dire à votre corps: « Mon cher corps, j'ai confiance en toi. je sais que tu es capable de te générer, de te guérir, j'ai confiance en toi. » Et ce n'est pas une foi aveugle, en regardant en profondeur, on voit que son corps a cette capacité de se guérir. Quand vous vous coupez les doigts en coupant les carottes, vous savez que si vous lavez et laissez la blessure, alors votre corps va pouvoir guérir cette blessure par lui-même. Il ne faut pas trop intervenir dans votre corps. Votre corps a cette capacité de guérir par lui-même, et il faut savoir comment laisser votre corps se reposer, se renouveler, se restaurer. Alors le corps a besoin de détente, de repos, et on va donner à notre corps une chance de se reposer, de se détendre. Il faut avoir confiance à son corps. Peut-être avez-vous de la peur, des soucis, du désespoir, et si cette peur, ces soucis interviennent avec le corps, alors cela peut créer des obstacles. Il faut donc enlever cette peur, il faut enlever ces soucis, ce désespoir pour que le corps soit libre afin de pouvoir se restaurer. La peur, le désespoir, la colère, sont comme des griffes qui empêchent le corps de travailler, de se reposer, de se restaurer, alors il faut laisser le corps libre, il faut donner une chance à votre corps.


Confiance dans l'esprit

Notre esprit aussi a ce pouvoir de se générer, de se guérir, et il faut laisser notre esprit libre pour pouvoir faire cela. Nous savons très bien que la compassion et la compréhension sont des atouts de base pour la guérison, et il y a de la compassion en vous, il y a de la compréhension en vous. Vous savez que les choses comme la peur, la colère, le désespoir sont des choses destructives, et en regardant en profondeur, on verra que ces choses-là sont l'absence de la compassion et de la compréhension. Avec la compréhension, avec la sagesse, il n'y aura pas de peur, il n'y aura pas de colère, il n'y aura pas de désespoir, alors il faut avoir confiance dans la capacité de comprendre en nous.

Dans l'ancien temps, les hommes, les femmes avaient peur du tonnerre, il ne comprenaient pas ce qu'était le tonnerre. Maintenant, on en sait un petit peu plus à propos du tonnerre, on n'a plus peur. Ce n'est pas un génie, un esprit malfaisant qui est là pour nous détruire.

Donc, cette compréhension, cette sagesse peut enlever la peur, la colère, le désespoir, alors il faut avoir confiance dans cette sagesse, dans cette perfection de sagesse qui est en nous. Vous savez qu'avec la colère, avec la violence, on peut détruire beaucoup de choses, mais avec cette compassion qui se développe, qui se manifeste, alors on peut déjà transformer la colère et la violence en nous. Dans l'esprit, il y a la graine de la compréhension, de la sagesse, de la compassion, et si nous permettons à cette graine de sagesse, de compréhension de se manifester, alors on peut très bien gérer la colère, la violence, le désespoir.


Pratique de la respiration consciente

Donc, avoir confiance, c'est pouvoir avoir confiance en son corps et en son esprit. Dans notre esprit, il y a la compassion et la sagesse, la compréhension, et avec la compassion et la sagesse, la guérison devient beaucoup plus facile. C'est parce que la peur, la colère ne sont plus là quand la compréhension, la compassion se manifestent. Alors le corps et l'esprit ont au moins une chance pour pouvoir se générer, se guérir. Vous êtes dans une position assise, et vous pratiquez la respiration profonde :
«J'inspire, je sais que je suis en train de faire une inspiration. J'expire, je me détend.»

Et vous respirez de telle sorte que la respiration devienne un agent de transformation et de guérison, et c'est une chose possible. Quand vous faites une expiration, la détente doit être là. Je suis dans la position assise et la colonne vertébrale est droite. Je n'ai rien à faire. Je profite de l'occasion, de ce temps, pour pouvoir apaiser mon corps, pour amener la détente, parce que je sais que la détente, la paix sont essentiels pour ma guérison. Donc je pratique la respiration consciente pour pouvoir calmer mon corps, pour pouvoir donner à mon corps une chance de se reposer, de se générer. Je n'ai rien à faire, je fais une inspiration et je me réjouis de l'inspiration. C'est une chose formidable de pouvoir faire une inspiration afin de pouvoir apporter de l'air pur dans nos poumons, et c'est une chose agréable aussi.


(cloche)

En quatre, cinq, six, ou huit secondes, j'inspire. L'air pur entre dans mes poumons. C'est une chose agréable à faire, et je n'ai pas à faire d'effort du tout, parce que, en principe, je respire toute la journée. Maintenant, je respire, et je porte mon attention sur ma respiration, c'est tout. Donc je me réjouis de mon inspiration agréable, et il y a la détente, et si vous constatez que l'inspiration apporte un sentiment agréable, de détente, vous savez que votre inspiration a le pouvoir de guérison. Quand vous faites l'expiration, vous laissez l'air sortir. Seulement laisser l'air sortir, et vous vous réjouissez de la sortir de l'air de vos poumons. Et votre expiration peut durer beaucoup plus longtemps que l'inspiration. L'inspiration peut durer quatre secondes, mais l'expiration peut durer huit secondes, le double. Et pendant ce temps-là, vous laissez votre corps se détendre, et c'est une chose très agréable à faire, faire une expiration, laisser l'air sortir comme ça, et pendant huit secondes, ou dix secondes, la détente est là, et vous savez que la guérison est en train de se dérouler avec l'expiration. Et vous faites chaque inspiration et chaque expiration de cette manière.

Le temps de l'assise en méditation est aussi le temps pour la guérison. Vous savez très bien qu'avec la détente, avec la paix dans le corps, la guérison est une chose possible. Et vous pouvez vous réjouir d'une période de vingt minutes ou trente minutes d'assise pour donner une chance à votre corps de se guérir. Vous avez confiance en votre corps, c'est très bien. Vous pouvez pratiquer la relaxation totale dans une position allongée. Vous vous réjouissez de l'inspiration, de l'expiration, tout en laissant votre corps se reposer. Et tout le monde sait que si le corps se repose, la guérison commence.


Toucher le Royaume de Dieu

Quand vous faites la marche méditative, vous savez que la détente est une chose possible. Marchez comme si vous touchiez le royaume de Dieu à chaque pas. Vous êtes en contact avec le sol, la terre. La terre peut produire des choses magnifiques comme les fleurs, les feuilles, les fruits. C'est le royaume de Dieu qui est disponible dans l'instant. Que chaque pas vous aident à entrer en contact avec les merveilles de la vie qui sont là dans l'instant présent. Et s'il n'y a pas de soucis, s'il n'y a pas de peur, alors le moment devient un moment de guérison. Chaque pas est un facteur de guérison. Marchez de telle sorte que chaque pas apporte la guérison à votre corps et à votre esprit, et c'est une chose possible. Et quand vous marchez avec une Sangha dans laquelle tout le monde fait la même chose, alors la marche est facile, agréable à faire, vous profitez de l'énergie de groupe pour pouvoir vous nourrir et vous guérir.

L'important est de ne pas laisser les griffes de la peur, de l'anxiété entrer en vous, dans votre corps et dans votre esprit. Il faut respirer, vous libérer de cette peur, de cette violence, de ce désespoir. C'est très important. Et avec la sagesse, la compassion dirigées vers votre corps et votre esprit, alors cette peur, ces soucis ne peuvent plus vous faire souffrir. Bien sûr, quand vous allez chez un docteur, vous avez confiance que le docteur puisse faire quelque chose pour vous. C'est bien d'avoir confiance en le docteur, le médecin. Mais il faut avoir la confiance en vous-même, en votre corps. Votre corps a cette capacité de se générer, de se guérir, et avec le regard profond, on peut témoigner de cette vérité.

Ainsi, la pratique nous apporte des éléments de guérison. Le repos, la relaxation, la détente peuvent beaucoup aider notre corps et notre esprit, et cela favorise la transformation et la guérison. A chaque moment, vous devez regarder en vous et autour de vous pour reconnaître ces éléments de transformation et de guérison qui sont possibles, qui sont là, qui sont disponibles. Le chemin, le petit sentier devant vous, avec lequel vous faites la méditation marchée est un élément de guérison. L'herbe, les arbres, ce sont des éléments de guérison. Le rayon de soleil qui vous parvient est un élément de guérison. Alors les éléments de guérison sont partout! Avec la pleine conscience, on peut reconnaître ces éléments de guérison, et entrer en contact avec ces éléments-là, et la guérison arrive à chaque moment, et il faut en profiter.


La pleine conscience

Cette capacité de reconnaître les élément de guérison, de transformation qui sont disponibles s'appelle la pleine conscience. La pleine conscience est aussi notre source d'énergie. La pleine conscience est l'énergie qui vous aide à reconnaître ce qui est là. Ce qui est là, c'est votre corps. Ce qui est là, c'est votre esprit, ce qui est là, c'est l'environnement. Bien sûr, il y a des éléments négatifs autour de nous et en nous, et cela suscite la peur, le désespoir, mais il y a aussi des choses positives en nous, dans notre corps, dans notre esprit, et autour de nous, il faut reconnaître ces choses positives. Et avec quoi reconnaît-on ces choses positives? La pleine conscience. Dans une situation de désespoir, on a besoin de la pleine conscience pour voir plus profondément. Les éléments destructifs sont là, la peur est là, la violence est là, la discrimination est là, mais il y a d'autres choses qui sont là aussi. Il faut faire appel aux éléments positifs qui sont dans notre corps, dans notre esprit, et autour de nous, et c'est exactement cette énergie de pleine conscience qui peut nous aider. Faire appel aux éléments positifs dans notre corps, dans notre esprit, et dans notre environnement.

Vous savez très bien qu'avec la pratique de la respiration dans la pleine conscience, on peut amener la paix, la détente à son corps et à son esprit. Alors la respiration en pleine conscience est une chose disponible, c'est un atout de transformation et de guérison. Vous pouvez marcher dans la pleine conscience, vous pouvez vous asseoir dans la pleine conscience, vous pouvez faire la relaxation totale et profonde, vous pouvez regarder avec compassion, vous pouvez écouter avec compassion, et ça va changer. Ça va changer vous-même et ça va changer les autres autour de vous. La compassion, la compréhension, la sagesse, la parole aimante, l'écoute avec compassion, ce sont des choses positives, et si vous pouvez toucher ces éléments positifs, vous commencez à changer vous-même et à changer votre situation. Et comme ça, le désespoir ne peut plus vous détruire.


L'arrêt

La méditation bouddhiste commence avec l'arrêt. L'arrêt. Vous êtes emportés par la peur, la colère, le désespoir, vous êtes emportés par vos projets, vous courez toujours, vous ne pouvez plus vous arrêter. Vous vous emportez par toutes ces choses-là, et peut-être dans la direction de la destruction, de la souffrance. Alors la première chose prescrite par le Bouddha, c'est l'arrêt, il faut savoir comment s'arrêter. Mais comment s'arrête-t-on? On peut s'arrêter en portant son attention sur son inspiration.
« J'inspire, je sais que c'est une inspiration. J'expire, je sais que c'est une expiration. »
« J'inspire, je suis moi-même. J'expire, je sais que je suis en train de courir. Je veux m'arrêter. »

Alors la respiration consciente, la marche dans la pleine conscience, l'assise dans la pleine conscience, des choses comme ça peuvent vous aider à vous arrêter. Quand la colère commence à monter, si vous avez la pleine conscience, vous pouvez dire:
« J'inspire, je sais que la colère commence à monter. J'inspire profondément, je sais que la colère est en train de monter », et vous avez alors une chance de pouvoir arrêter la colère.
« Je ne veux pas la colère, je veux la compassion, c'est parce que j'ai confiance dans la compassion.»
Et comme ça, la pleine conscience et la compassion peuvent embrasser la colère et transformer la colère sur le champ.

Je sais que je peux faire ça. Intellectuellement, je sais que la vie est pleine de merveilles. Je sais que j'ai cette énergie de la pleine conscience qui peut me mettre en contact avec les merveilles de la terre. C'est pourquoi je fais la méditation marchée. Et j'arrive à chaque moment, à chaque pas, dans le moment présent. Et quand j'arrive à chaque pas dans le moment présent, je peux entrer en contact avec le ciel bleu, les nuages, le printemps qui est sur le point de se manifester. Alors je me mets en contact avec la vie, avec les merveilles de la vie. Et chaque pas comme ça arrête la peur, arrête le désespoir. Chaque pas comme ça rend possible cette détente, cette joie, cette transformation en moi. Chaque pas comme ça est un élément de guérison. Je marche mais je ne vais nulle part. Je suis en contact avec la nature, avec moi-même, avec la Terre Pure, avec le royaume de Dieu qui possède des éléments de guérison, de transformation.

Ce sont des choses possibles avec la pleine conscience. C'est pourquoi dans un centre de pratique on pratique toujours l'arrêt pour pouvoir entrer en contact avec soi-même, avec les merveilles de la vie qui sont en nous et autour de nous, et la guérison commence avec cette pratique-là. C'est toujours possible, surtout avec le soutien d'une communauté dans laquelle tout le monde pratique la même chose. Chaque jour, on fait la méditation marchée une fois ensemble. Pendant cinq minutes, ou une heure, on marche en telle sorte que chaque pas apporte la détente, chaque pas apporte la guérison, la joie, et vous êtes soutenus par l'énergie collective de la Sangha pour pouvoir faire cela.

Et quand vous ne marchez pas avec la Sangha, la communauté, vous pouvez aussi faire la méditation marchée. Quand vous vous déplacez, vous pratiquez toujours la marche en pleine conscience. Vous marchez comme une personne libre. Vous n'êtes pas emportés par l'énergie de la colère, de la peur, du désespoir. Vous êtes vous-même. Vous marchez parce que vous voulez marcher comme ça et chaque pas reflète votre liberté. Vous marchez comme un homme libre, vous marchez comme une femme libre. Si vous êtes animés par l'énergie de la pleine conscience, si vous êtes au courant que la vie est merveilleuse, que les éléments guérissants et nourrissants de la vie sont là, alors vous vous permettez d'être en contact avec ces éléments-là pour votre transformation et votre guérison à chaque instant.


Le regard profond

La méditation bouddhique commence avec l'arrêt et continue avec le regard profond. Le regard profond est impossible sans l'arrêt. Quand on s'arrête, il y a de la détente, il y a de la concentration. Vous êtes concentrés sur ce qui est là, et quand vous êtes concentrés, vous pouvez voir en profondeur ce qui est là. Ce qui est là, c'est votre corps qui a la capacité de se guérir. Ce qui est là, c'est la graine de sagesse, de compréhension, de compassion dans votre esprit qui peut guérir, qui peut défaire la violence, qui peut défaire la peur et le désespoir. Donc la confiance est très importante, et la pleine conscience aussi.

Dans le bouddhisme, on parle des cinq sources d'énergie. Et la confiance en est une, la pleine conscience en est une autre. Donc, dans une situation difficile où la violence, la peur et le désespoir règnent, on doit commencer avec l'arrêt. On doit commencer avec le regard profond, et on peut faire en telle sorte que les énergies de la confiance et de la pleine conscience soient générées. L'arrêt, c'est ne rien faire. On se met dans la position assise, on respire. On arrête la peur, on arrête les soucis, on rentre en contact avec les éléments positifs, on restaure la confiance en soi-même dans son corps, dans son esprit. On regarde profondément et on voit qu'il y a des éléments positifs dans l'environnement. Il y a des amis, il y a des femmes, il y a des hommes qui sont capables de s'arrêter, de conjuguer leur talent afin de pouvoir changer le monde.


L'essentiel est de s'arrêter

Donc l'essentiel ce n'est pas faire tout de suite quelque chose, l'essentiel, c'est de s'arrêter,de s'assoir L'essentiel, c'est de s'assoir, de se restaurer, de faire la détente, de ramener le calme, et quand vous avez le calme, vous pouvez voir plus clairement, et vous pouvez inviter un ami à s'assoir avec vous, à pratiquer comme vous. Et vous pouvez inviter un autre ami, un second ami, à s'assoir avec vous. Avec un petit groupe, on peut commencer à faire jaillir la sagesse, la compassion, on peut voir le sentier qui conduit à la transformation, à la guérison de la famille, de la société, du pays.


(cloche)

Pour pouvoir convaincre une autre personne de quelque chose, il faut être capable de faire cela par vous-même tout d'abord. Il faut avoir de la confiance. Avoir confiance en vous-même, c'est avoir confiance en vos ancêtres, parce que vos ancêtres sont en vous. Dans le passé, vos ancêtres on pu établir des périodes de paix, de prospérité. Et vous êtes la continuation de vos ancêtres, vos ancêtres sont toujours en vous et sont prêts à vous soutenir. Alors avoir confiance en vous, c'est avoir confiance aussi en vos ancêtres. Avoir confiance dans cette terre qui a nourri vos ancêtres.


Conjuguer la confiance et la pleine conscience

Avec le calme, avec la compréhension et la compassion, on va pouvoir changer la situation en nous-même, dans notre famille, dans notre relation, dans la société, dans le peuple. Et en conjuguant l'énergie de la confiance et l'énergie de la pleine conscience, on va pouvoir changer soi-même et changer le monde. Et cette confiance doit être générée dans chaque moment de votre vie. Je vous ai parlé de la respiration consciente :
« J'inspire et je laisse mon corps se détendre. »
« J'expire, je sens que la guérison est en train de se dérouler dans mon corps. »

On respire comme ça, on respire en telle sorte que l'on ressente que la guérison est en train de se dérouler. Donc chaque respiration, chaque pas que vous faites doit témoigner de cette confiance et si vous avez cette confiance, alors la guérison est une chose possible. C'est parce qu'elle se déroule maintenant, dans le moment présent, on n'a pas à attendre demain, aujourd'hui même. Chaque inspiration, chaque expiration, chaque pas dans la pleine conscience, chaque morceau de nourriture que vous mâchez avec joie peut devenir un élément de guérison. Il y a des frères, des soeurs, des amis dans la pratique qui sont assez forts dans la pratique. Regardez-les, observez-les, faites comme eux, et tous ensemble, on peut combiner nos efforts, et on va pouvoir nous changer et changer notre environnement.


La sagesse

La sagesse est la troisième source d'énergie qu'on peut générer pour la guérison, pour la transformation. Il y en a cinq, et maintenant, nous parlons de la sagesse, de la compréhension. La compréhension, c'est le fruit du regard profond. Quand vous êtes capables de vous arrêter, alors vous êtes concentrés, et comme la concentration est là, on peut faire une percée dans la réalité. On obtient un regard, une vision plus profonde, plus exacte, plus correcte de la réalité, et cela s'appelle la prajna. Avec la prajna, il n'y a plus de peur, il n'y a plus de désespoir. Donc la sagesse peut alimenter la confiance.

Et la pleine conscience nous aider à nous arrêter, nous aider à regarder en profondeur. La pleine conscience nourrit et amène la sagesse. Et au village des pruniers, on commence avec la pratique de la pleine conscience, c'est à dire l'arrêt et le regard profond. Et ça se voit quand on coupe la carotte, quand on balaie la maison, quand on lave la vaisselle, quand on marche, quand on s'assoit, quand on respire. Chaque moment de la vie quotidienne doit aider à générer la pleine conscience. Et cette énergie de la pleine conscience nous aide à pratiquer l'arrêt et le regard profond qui amène la sagesse, la compréhension profonde, et cette compréhension profonde va dissiper la peur, la colère, le désespoir, cela nourrit notre confiance, et avec la confiance, on peut tout faire.

Les deux autres sources d'énergie sont la diligence et la concentration. Ce sont les cinq sources d'énergie dans le bouddhisme, et d'habitude, on mentionne la confiance comme énergie numéro un, diligence comme énergie numéro deux, pleine conscience comme énergie numéro trois, concentration comme énergie numéro quatre, et sagesse, vision profonde, comme énergie numéro cinq, et une source d'énergie peut aider à générer les quatre autres sources d'énergie. Bien sûr, la confiance doit être pratiquée avec diligence, c'est à dire toute la journée, pour pouvoir apporter beaucoup d'énergie de guérison et de transformation, et quand on a la pleine conscience, on va se concentrer beaucoup plus facilement, et avec une concentration forte, on peut faire une percée dans la réalité. C'est la compréhension, et cette sagesse va enrichir, va soutenir cette confiance dans la capacité de transformer et de guérir.


Enseignement donné le 10 Mars 2008 en français, transcrit par Pháp Thân