Le Trésor de la Perfection Naturelle

Gnas lugs mdzod

Longchen Rabjam

Longchen Rabjam

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Hommage au Glorieux Samantabhadra, le Complètement Parfait !


A la bouddhéité intemporelle, présence totale de base,
à la spontanéité sans changement, cœur de vajra spacieux,
à la nature de l'esprit, perfection naturelle,
constamment, simplement être, nous nous inclinons.


Cet espace ineffable, nature des choses,
l'apogée de la vue, la perfection naturelle.
Écoutez lorsque j'expose ma compréhension
de cette unique réalité immanente.


Le sens absolu de l'esprit, de la Matrice et du Précepte Secret,
réside dans l'absence, l'ouverture, la spontanéité et l'unité.
On traite ceux-ci sous quatre aspects :
la révélation, l'assimilation, "le lien" et la résolution.


Le Premier Thème : l'Absence

La Révélation de l'Absence

Laissez-moi d'abord vous parler de "l'absence",
l'absence qui est essentiellement la vacuité :
dans la super matrice de l'esprit pur, identique à l'espace,
quoi qu'il apparaisse est absent en réalité.


Dans le ventre universel qui est l'espace sans limite
toutes les formes de la matière et de l'énergie se produisent en tant que flux des quatre éléments,
mais toutes sont des formes vides, en réalité absentes :
tous les phénomènes apparaissant dans l'esprit sont ainsi.


L'illusion magique, quelle qu'en soit la forme,
est dépourvue de substance, vide de nature.
C'est la raison pour laquelle, toutes les expériences du monde, apparaissant dans l'instant et
sans passion, d'esprit pur, sont une évanescence sans substance.


De même que le rêve fait partie du sommeil,
gaze irréel dans son apparition,
tout et chaque chose est esprit pur,
n'en est jamais séparé,
et est sans substance et attribut.


L'expérience peut apparaître dans l'esprit
mais ce n'est jamais l'esprit ni rien d'autre que l'esprit.
C'est l'intense représentation de l'absence, telle une illusion magique,
dans l'instant précis, inconcevable et ineffable.
Toute expérience apparaissant dans l'esprit,
à son origine, le connaît en tant qu'absence !


De même que le champ objectif est en réalité absent,
ainsi "le connaisseur", dans le véritable esprit pur,
d'essence une absence, est comme le ciel clair :
connaissez le dans sa réalité ineffable !


ce de causalité ferme les abysses du samsara,
l'absence de discrimination intègre le samsara et le nirvana,
et en l'absence de défaut et de voile, le triple monde se mélange.


Dans la présence totale, la nature de l'esprit qui est comme le ciel,
là où il n'y a pas de dualité, pas de distinction, pas de gradation,
il n'y a pas de vue ni de méditation ni d'engagement à observer,
ni de conduite idéale assidue, pas de conscience immaculée à dévoiler,
pas d'entraînement dans les étapes et aucune voie à fouler,
pas de niveau de réalisation subtil, et pas d'union finale.


En l'absence de jugement rien n'est "sacré" ou "profane",
seulement une matrice au goût unique, comme l'Ile Dorée.
La nature de l'esprit jaillissant par elle-même est comme le ciel,
sa nature, une absence au-delà toutes expressions.


La véritable essence, gnose immaculée,
ne peut être améliorée, ainsi la vertu est sans profit,
et ne peut être détériorée, ainsi le vice est inoffensif.
Par son absence de karma il n'y a pas de mûrissement du plaisir ou de la souffrance,
Par son absence de jugement, pas de préférence pour le samsara ou le nirvana,
Par son absence d'articulation, elle n'a pas de dimension,
Par son absence de passé et de futur, la renaissance est une notion vide :
qui est là pour transmigrer ? et comment errer ?
qu'est ce que le karma et comment peut-il mûrir ?
Contemplez la réalité qui est comme un ciel clair !


Déconstruisant constamment, cherchant avec ardeur,
pas la moindre substance ne peut être trouvée,
et dans l'indivisible instant de perception non duelle,
nous résidons dans l'état naturel de la perfection.


Absent lorsqu'on la scrute, absent lorsqu'on l'ignore,
pas le moindre iota de matière solide attesté,
ainsi tous les aspects de l'expérience sont toujours absents.
Connaissez-la comme rien d'autre que l'illusion magique !


Pendant l'enchantement vide du rêve
les bébés ignorants sont contents,
alors que les sages, désillusionnés, ne sont pas déçus.
Ceux non conscients de la vérité de l'absence,
attachés à leur identité, errent en boucle,
alors que le sage yogi, parfaitement présent,
connaissant le sifflement de la réalité,
convaincu de l'absence à cet instant précis,
est libéré dans la matrice de la réalité non contingente.


Dans la présence totale, la nature de l'esprit indéterminée,
réside la conscience immaculée intemporelle de la perception non-duelle.
Dans la pure nudité, non dépendante, la gnose,
réside la graine holistique non discriminatoire.
Dans la transparence holistique de la gnose non dimensionnelle,
réside la contemplation du Dharmakaya Samantabhadra.
Dans l'absence essentielle, la gnose intrinsèque de la présence totale,
non référentielle, la contemplation immaculée irradie.


Dans le yoga de l'illusion enchantée, le jeu de la vision gnostique,
l'expérience vide apparaît comme représentation évanescente, ne se cristallisant pas,
et convaincu de l'absence au moment de son commencement,
sans le moindre désir de contrôler, de cultiver ou de rejeter,
nous restons ouvert, détendu, insouciant et détaché.


Un fou déçu par l'illusion magique est comme un animal
poursuivant un mirage dans sa soif d'eau,
espérant que son illusoire espoir se réalise,
croyant à son dogme, il est piégé,
perdant son chemin sur l'octuple graduation de son intellect,
il ne voit pas le sens véritable.


L'immensité à l'intérieur et au-delà des préceptes d'atiyoga
est une absence complète, pas la moindre chose, comme le ciel :
A l'instant précis, dans la disposition naturelle d'être pur,
tel l'hyperespace originel que l'on ne peut abandonner,
l'état naturel de pur plaisir apparaît spontanément.


Si la gnose secrète, la véritable dynamique de bouddha, nous échappe,
atteindre la libération par une quelconque action déterminée n'est pas une option.
"Tout est impermanent,et destiné à la destruction",
comment un étroit enchevêtrement de corps, parole et esprit
entre-t-il en contact pour toucher son propre cœur indestructible ?


Ainsi si nous aspirons à l'état suprême d'être
nous devons rejeter tous les jeux infantiles qui
entravent et épuisent le corps, la parole et l'esprit,
et nous étirant inlassablement dans une non action inconcevable,
dans la matrice non structurée, la réalité de l'absence,
là où la perfection naturelle de la réalité se trouve,
nous devrions regarder l'identicité naturelle de chaque expérience,
tous les conditionnements et les ambitions irrévocablement résolus.


En l'absence de dedans et dehors, sujet et objet,
gnose intrinsèque, être en dehors du temps et de l'espace,
supplante tous les évènements finis qui semblent commencer et finir,
pur comme le ciel, c'est sans panneau indicateur ou moyen d'accès.
La moindre pensée spécifique sur la gnose est toujours une illusion,
de telle façon que la moindre identité spirituelle, toujours illusoire, est abandonnée,
et convaincu que l'espace de non différentiation de Samantabhadra
est la super-vacuité toute pénétrante de tout le samsara et le nirvana,
l'état naturel est de rigueur, en tant que réalité, sans transition ni changement.
Faisant éclater l'enveloppe fragile de la vue discursive
dans l'hyper-immensité, située nulle part,
dans l'expérience de l'absence, le point essentiel de la question est complètement résolu.


Assimilation de toutes les expériences à l'absence

Une fois le point essentiel de l'absence ayant été dévoilé,
dans la gnose du détachement insouciant, dans la non-méditation,
l'espace non-discriminant de tout ce qui se produit est assimilé,
la gnose conforme à la super-matrice non-duelle de l'esprit.


Le plaisir pur laissé tranquille dans l'immensité vajra
donne une hyper-concentration non cultivée et spontanée.
Le yogi alors stabilisé dans l'identicité naturelle,
il brille maintenant plus facilement, une constante, tel le fort courant d'une rivière.


La réalité authentique identique au ciel dans sa parfaite simplicité,
immuable, n'admet aucune gradation,
et son inéluctable immensité envahissant tout
n'a pas de langage pour s'exprimer.
Pourtant l'intuition profonde éclatant au dehors, gnose apparaissant d'elle-même,
sans complexe pour son savoir, sans pédanterie,
le yogi dans lequel le silence mental remplace la conceptualisation
acquière la conviction sans un quelconque panneau indicateur, sans signe ou avec signe,
et puisqu'il n'y a ni méditant ni d'objet de méditation,
la léthargie et l'agitation n'ont pas besoin qu'on les considère comme ennemis.


L'absence essentielle a déjà abandonné la perception duelle,
ainsi l'illusion tombe naturellement dans la matrice de l'identicité.
Nous vivons sans interruption dans être pur.


Le commencement et la libération sont simultanés
s'entrelaçant dans la bienheureuse matrice unique :
quoi qu'il apparaisse apparaît spontanément en tant que sa propre nature pure,
lorsqu'il s'installe il existe spontanément en tant que sa propre nature pure,
lorsqu'il disparaît il se dissout spontanément en tant que sa propre nature pure.


Quoi qu'il apparaisse dans la matrice de la réalité, la libération est réfléchie,
toujours le jeu d'être pur, ne se transformant pas en quelque chose d'autre,
une vision intemporelle, une autre forme de la vacuité.
Nous vivons dans une réalité essentielle non discriminatoire.


Quoi qu'il apparaisse dans l'esprit, tranquille ou proliférant,
comme un des cinq "poisons" ou une quelconque autre puissance gnostique,
dans l'exacte particularité de son apparition et à cet instant précis,
il se reconnaît, devient pleinement effectif et disparaît sans trace :
le crucial détachement insouciant à la jonction du sujet/objet,
la cruciale conscience auto-jaillissante comme la trajectoire sans trace d'un oiseau,
la cruciale immensité comprenant tout comme un océan de lames unifiées,
et même la focalisation cruciale sur le sublime mystère lui-même,
sont intégrés depuis le début dans chaque expérience,
et la simple reconnaissance de ce point essentiel est la réalité de la libération.


Dans la dynamique gnostique intrinsèque de la super matrice,
tout est exactement le même au commencement, pendant qu'il existe et au moment de sa libération,
rien d'inégal, rien de fixe, rien de non libéré,
l'intégration totale est garantie dans la matrice de la présence totale ultime.


Involontairement, dans la gnose spontanée
la libre dynamique du bouddha est présente naturellement,
et l'esprit pur qui supplante le conditionnement moral
fait un avec la réalité immuable.


Le lien inéluctable de l'absence

La dynamique de l'espace qui est la nature de l'absence
lie toutes les expériences sans exception ;
de même que la matière et l'énergie sont liées par l'espace élémentaire,
tous les évènements, auto-imaginés, sont liés par la super vacuité.


Le samsara est une simple étiquette, une tentative ayant un but est sapée ;
et dans la vacuité qui ne peut être améliorée ou affaiblie,
la liberté est seulement un autre mot et il n'y a pas de nirvana :
s'efforcer dans les dix techniques n'accomplit rien.


Les pratiques épuisantes exigeant lutte et surmenage,
sur des productions de courte durée, comme le château de sable de l'enfant,
et, de même, tous les comportement moraux,
toute expérience est prise depuis le début dans le lien de l'absence.


Maintenant, le yogi ati, le yogi de l'essence,
abandonne toutes les techniques provisoires
imaginées pour les rigides enfants de la cause et de l'effet
sur la voie peu évoluée et échelonnée,
et il lie la dynamique gnostique
qui supplante toutes les techniques intelligentes
au joug du ciel inactif.


L'action délibérée ment - regarde ce samsara perfide !
L'attention corrompt - observe le cycle vicieux de la souffrance !
Ni la vertu ni le vice ne peuvent empêcher la roue de tourner,
et accumuler des tendances karmiques peut élever ou rabaisser
mais ne permet en aucune façon de libérer de l'existence.


Pour celui dont le flot du bien et du mal cesse
il n'y a pas de dualité de l'union avec, et de la séparation de, la réalité,
et cet hyper yogi, certain du grand mystère,
atteint, sans effort, l'état naturel de la perfection originelle
et réside à jamais dans la citadelle royale d'être pur.


Par conséquent, à l'instant précis ou un évènement se produit,
quiconque reconnaît comme irréel le langage des projections biaisées
et les comportements dirigés vers un but moralement discriminants,
comme le ciel inactif,
attrape toutes les expériences dans le collet de l'absence.


Résolution dans l'absence

La résolution dans l'absence est au cœur de la question :
tous les différents évènements du samsara et du nirvana
dans leur absence inhérente contredisent leur existence,
dans leur apparition incessante contredisent leur inexistence,
ni existant ni non existant, être les deux est contredit,
et comme les deux sont absents, n'être aucun est aussi dénié.
Dans l'absence intrinsèque de l'affirmation et de la négation,
la réalité, indescriptible, ne peut être montrée d'une seule chose.


Ainsi la réalité est primitivement pure,
mais les bébés qui ne s'en soucient guère
restent attachés à leurs différentes idées et opinions.
Quelle manie de croire à des idées concrètes !
Qu'il est triste de croire à un "Soi" qui est en fait absent !
Qu'il est déprimant de placer un argument à partir de rien !
Que nous aimons ces fervents croyants, éternels migrants du samsara !


Blanc ou noir, vertueux ou vicieux,
tous les nuages obscurcissent le soleil de la gnose intrinsèque de façon identique.
Énervé par le foudroiement d'un comportement discriminant frustré,
une incessante averse de satisfactions et de griefs illusoires
arrose les graines du samsara, faisant mûrir la récolte des six royaumes,
et nous aimons tous les êtres tourmentés.


Dans l'analyse définitive ultime
de même que des chaînes dorées et des cordes de chanvre emprisonnent de façon identique,
le sacré et le profane nous asservissent de la même manière ;
et de même que les nuages blancs et le noirs sont identiquement obscurcissants,
la vertu et le vice voilent de la même façon la gnose :
le yogi ou la yogini qui le comprennent
encouragent la libération des conditionnements moraux.


Une conscience jaillissant par elle-même apparaît de l'intérieur
et la nuit noire de la causalité se dissout
les nuages de la morale duelle se défont
et le soleil de la vérité non-duelle se lève dans le champ de la réalité.


C'est la résolution finale et ultime,
causée par l'absence des dix techniques,
exaltée au-delà toutes les approches progressives.


Le samadhi insaisissable dépourvu d'un quelconque champ de méditation,
gnose immaculée, simple et intrinsèque,
consomme tous les évènements dans une parfaite résolution,
et toutes les expériences réalisées, sont elles-mêmes consommées.


Puisque la consommation ou la non consommation sont résolues dans l'absence,
cette existence, ineffable, n'est jamais en question.
Ce qui est est un vaste panorama non référentiel,
toutes expériences consommées, "pas d'esprit" -
et c'est la grande joie du yogi !


Un champ unique d'espace dynamique
intégrant le passé, le présent et l'avenir,
un champ holistique ininterrompu de la réalité,
c'est l'arène partagée par tous les bouddhas et les maîtres de la gnose.


la matrice non composée, immuable et indivisible,
la matrice de la conscience jaillissant par elle-même au-delà les tentatives,
la matrice ineffable où les étiquettes sont une plaisanterie,
c'est l'espace inactif de Samantabhadra,
où tout est l'immensité de Samantabhadra,
où les apparitions vides ne sont ni bonnes ni mauvaises.


L'absence réifiée comme quelque "chose" est une projection illusoire,
mais au moment précis de la projection
il n'y a ni illusion ou non illusion
et tout est résolu dans l'hyper inexistence de nom :
c'est la voie de la perfection naturelle.


Dans toutes les expériences du samsara et du nirvana, intérieures ou extérieures,
convaincu de l'absence de l'illusion et de la libération de l'illusion,
nous ne cherchons pas à abandonner le samsara pour atteindre le nirvana ;
avec la certitude dans l'absence de naissance et de non naissance
la croyance en la vie et la mort, et l'existence et la non existence, est suspendue ;
avec la certitude en l'absence de vrai et faux,
il y a l'équanimité dans l'absence de jugements de valeur,
et toutes les expériences sont résolues dans la matrice de Samantabhadra.


Le premier thème du Trésor de la Perfection Naturelle, montrant de façon concluante que toute expérience est au-delà de la pensée et de l'expression, est terminé.


Le deuxième thème : l'ouverture

La révélation de l'ouverture

Maintenant que vous avez résolu l'absence comme façon naturelle d'être
Je vais vous montrer la nature de l'ouverture.


La transmission d'atiyoga, l'approche du sommet,
comme l'espace, est sans centre ni limite ;
plus haut que le plus haut, c'est l'immense esprit de Samantabhadra,
une immense super-identicité intégrée.


Toutes les expérience intérieures et extérieures
rendent manifeste et non manifeste l'esprit pur,
dépassionné de la réalité non structurée,
ineffable, sans dimension,
restez ouvert, constamment, sans intervalle.


Dans l'instant, toutes les choses dans le champ objectif,
en l'absence d'un quelconque aspect substantiel, sont ouvertes à l'infini,
et la gnose intrinsèque, dans laquelle le passé et le futur sont indivisibles,
est ouverte largement de la même façon à l'infinité identique au ciel ;
le passé fermé, le futur pas encore entamé,
le présent est l'esprit pur indéterminé,
et sans signaux, sans racine, sans fondements ni substance,
C'est l'ouverture sans borne au centre sans limites.


Dans la réalité essentielle, dépourvue de parti pris et de partialité,
la vue, l'initiation, le mandala et la récitation de mantra sont absents,
et les niveaux, voies, engagements, pratiques et progressions ne sont pas imaginés ;
tout est largement ouvert, sans fondement, un espace sans limite,
tout embrassé par la réalité de l'esprit pur.


Toute expérience, bien qu'elle puisse apparaître,
est sanctifiée dans sa nature sans origine ;
apparaissant spontanément, jamais fixée ni cristallisée,
immaculée dans son indétermination ontologique,
elle s'ouvre à l'infini à la réalité de la perfection naturelle.


La gnose, la réalité essentielle de la présence totale,
avec une perspective de 360 degrés, libre de parti pris quantitatif,
non corroborée par le langage ou la logique,
sans signe, ni éternelle ni temporelle,
ni sujette à l'accroissement ou à la décroissance,
sans mouvement directionnel ou pulsation,
immaculée dans l'immensité de l'immanente hyper-identicité,
c'est l'ouverture intégrée non confinée dans l'espace et le temps.


La dynamique gnostique est dépourvue d'espoir ou de peur intrusifs,
ainsi rien ne peut se produire pour rompre cette ouverture continue ;
dans cette liberté autonome, authentique, illimitée
nous ne pouvons jamais être pris dans une cage de croyance.


Tout et chaque chose retourne à l'ouverture,
sa nature est au-delà la négation ou l'assertion ;
de même que tous les mondes et toutes les formes de vie s'ouvrent à l'espace intérieur,
l'émotion et la pensée de jugement
se mélangent dans l'hyper-immensité.


Maintenant ici, maintenant parties, les pensées ne laissent aucune trace,
et largement ouvertes à la gnose continue
les espoirs et les peurs ne sont plus crédibles,
l'enjeu qui attache l'esprit dans ces champs est retiré
et le samsara, la cité de l'illusion, est évacué.


Quiconque reconnaît les évènements apparaissant dans le champ extérieur
et les émanations mentales intérieures, tout ce jeu de l'énergie,
tous identiques, comme étant l'ouverture complètement vide,
à celui-là est révélé toute choses comme étant cette clé - cette ouverture cruciale.


L'assimilation à l'ouverture

Les facettes infinies de la réalité sont maintenant assimilées
à la brillante vacuité de la gnose intrinsèque
qui est la conscience immaculée de l'ouverture ;
celui qui perçoit est ficelé, le champ de perception dissous,
avec rien sur quoi s'appuyer, pourtant en pleine conscience,
c'est la contemplation de la pleine conscience consommée non distraite :
ouverte comme le ciel, ni méditation ni non méditation,
c'est la super-matrice de la contemplation de Samantabhadra.


Dans l'immense super-matrice gnostique de la brillante vacuité,
peu importe la particularité évanescente qui se montre,
la perception sensorielle directe de la gnose illumine sa réalité
et l'image libérée, la connaissance est un pur plaisir ;
les six champs sensoriels détendus dans la matrice de la conscience immaculée,
la claire lumière, dégagée, sans extérieur ni intérieur,
dans la super-détente naturelle - spontanéité !


Avec l'esprit insouciant d'un paresseux,
ni tendu ni mou, nous nous reposons détendus ;
ici la gnose est infiniment ouverte, comme un ciel d'une clarté de cristal,
et nous nous attardons spacieusement, sans anticipation, dans l'immensité.


Avec une intuition spacieuse de la brillante vacuité de la réalité,
la gnose libre est une ouverture infinie continuelle,
et libre de croyance, toutes les conceptualisations se dissolvant,
toutes les choses convergent dans la matrice de la dynamique gnostique.
La base délicieuse et un esprit heureux combinés,
à l'intérieur et à l'extérieur est le goût unique de l'esprit pur :
c'est la vision de la réalité en tant que voie parfaite d'être.


Au moment de s'engager avec un objet sensoriel,
l'esprit est ouvert à l'infini, vision délicieuse,
et dépourvu de croyance, comme son expression lumineuse, sa clarté naturelle,
il est assimilé à la super ouverture continuelle.


Le lien de l'ouverture

Dans le ciel clair où la fixation duelle s'est dissoute,
libérée du désarroi des pensées compulsives,
la gnose est liée à l'ouverture lumineuse naturelle :
la danse vajra de la réalité illimitée continue,
conscience immaculée de l'hyper identicité du ici et maintenant,
se réjouit du sceau naturel de la dynamique intemporelle de Samantabhadra.


Le sommeil piège nos rêves
comme irréels et images vides ;
l'expérience du samsara et du nirvana est enfermée dans l'esprit,
évanescente dans la super matrice d'esprit pur.


De même que tous les mondes et formes de vie dans la matrice de l'espace élémentaire
sont une ouverture continue sans centre ni circonférence,
ainsi toutes les apparitions duelles dans la matrice gnostique
sont liées en tant qu'images vides, ouvertes dedans et dehors.
C'est le lien d'esprit pur qui embrasse toutes les choses
révélé en tant qu'ouverture non discriminatoire, dépourvu de dualité perceptuelle.


L'esprit pur qui lie toutes les choses est aussi lié,
lié par la super-ouverture, non spatiale et intemporelle ;
comme la vaste immensité qui lie la matière entière et l'énergie,
c'est sans extension, absolument ineffable.


Dans la gnose, comprenant l'identicité non spatiale,
l'expérience du samsara et du nirvana ne se concrétise jamais ;
à l'instant précis aucun esprit ni aucun évènement ne peuvent être spécifiés :
tout est lié dans une réalité largement ouverte.


Sorti du temps, le sceau indestructible de l'esprit pur
est apposé définitivement à l'hyper étendue de Samantabhadra ;
renforcé par la dynamique du lama, maître des êtres et de la vérité,
il est naturellement confirmé dans l'intemporel coeur vajra purifié.


Seulement accessible aux plus fortunés - pas pour tous,
le mystère sublime de la vérité définitive,
le lien des points vajra au-delà de la transition et du changement,
la super matrice dynamique de la claire lumière gnostique,
bien qu'innée, est difficile à garder à l'esprit :
reconnue par la grâce du lama, maîtres des êtres et de la vérité,
elle est connue pour être "le lien tout-incluant de l'ouverture continue".


Résolution dans l'ouverture

Tel est le sens essentiel de la résolution dans l'ouverture :
venant de nulle part, ne résidant nulle part et n'allant nulle part,
les évènements extérieurs, visions sans origine dans l'espace vide, sont ineffables ;
les évènements intérieurs, apparaissant et relâchés simultanément,
comme le chemin d'un oiseau dans le ciel, sont impénétrables.


L'esprit dans son champ, comme il est, est certainement la gnose jaillissant par elle-même,
au-delà de toute identité dans son ineffable simplicité ;
comme le ciel ne possédant aucune dynamique, c'est une possibilité vide ;
en l'absence d'actions délibérées, c'est au-delà des distinctions morales ;
et en l'absence de causalité, c'est inaccessible par les dix méthodes.
La matrice ineffable de la vaste ouverture infinie,
ni quelque chose ni rien, parfaitement vide,
une réalité inconcevable et ineffable,
est résolue dans la perfection naturelle du non-esprit.


Le deuxième thème du Trésor de la perfection naturelle, démontrant avec succès que toute expérience est l'ouverture continue, est terminé.

Le troisième thème : la spontanéité

La révélation de la spontanéité

La spontanéité intemporelle,
présente à jamais, n'est créée par personne ;
c'est l'esprit pur qui, comme une pierre précieuse réalisant des voeux,
est à l'origine de la totalité du samsara et du nirvana.


De même que l'environnement tout entier et les êtres flottent dans l'espace,
le samsara et le nirvana ne se cristallisent pas dans l'esprit pur ;
de même qu'une variété de rêves se produisent pendant le sommeil,
les six royaumes et le triple monde se manifestent dans l'esprit :
tous les évènements, au moment de leur apparition, dans la portée de la gnose,
sont la forme cosmique de la spontanéité vide.


La base gnostique et les émanations de sa forme,
ni identiques ni différentes les unes par rapport aux autres,
se produisent dans le milieu de la spontanéité gnostique intemporelle,
comme le potentiel de la représentation du samsara et du nirvana
apparaît, respectivement, pur et impur,
mais sur le moment - grandeur non discriminatoire !


Dans la diffraction ininterrompue du spectre d'un cristal
les cinq lumières de couleur se distinguent séparément,
pourtant la puissance du prisme de cristal en question est sans discernement :
la gnose intrinsèque de base diffracte comme le cristal.
Sa vacuité est la dimension d'être pur,
dans l'éclat intrinsèque se trouve la dimension du parfait plaisir
et en tant que médium indéterminé son émanation
est la dimension magique de la gnose :
ce sont les dimensions gnostiques de la spontanéité
dans la base spacieuse.


Même lorsque l'imagerie de la forme apparaît dans cette base -
que ce soit comme la représentation tridimensionnelle pure des maîtres,
ou comme l'essence vide, la clarté et la diversité inimaginable,
c'est le jeu d'être pur, jouissance et être magique :
toutes les représentations sont l'imagerie de la forme de la puissance des trois dimensions
qui ne sont autre que l'imaginaire gnostique spontané.


Avec une compréhension claire de ces excellentes distinctions,
toutes les expériences du samsara et du nirvana sont réalisées
en tant que trois dimensions de la spontanéité dans l'esprit pur.


L'être pur et la conscience immaculée de bouddha,
les créatures des complexes physiques, énergétiques et mentaux des trois royaumes
et l'enchevêtrement émotionnel karmique de leurs mondes intérieurs et extérieurs -
il n'y a rien d'autre que l'esprit pur !


La matrice de la spontanéité est la source de tout et de chaque chose :
dans la mesure où toutes les formes, externes et internes, animées et inanimées,
se produisent sans motif comme le corps de bouddha, un cercle de fioritures,
et dans la mesure où toutes les fréquences, volumes et qualités du son
se produisent sans motif comme la parole de bouddha, un cercle de fioritures,
et dans la mesure où tous les esprits non réalisés et la conscience immaculée réalisée
se produisent sans motif comme l'esprit de bouddha, un cercle de fioritures,
et dans la mesure où la conduite et les qualités idéales sont aussi sans motif
l'ouverture est le précieux joyau qui exauce les vœux,
et parce que c'est imprévu, tout se produisant par lui-même,
c'est appelé "la créativité spontanée de la conscience émergeant par elle-même".


les événements dans toutes leurs variétés, sur la base de la spontanéité,
sont l'esprit pur, la spontanéité perpétuelle,
ainsi les trois dimensions gnostiques, imprévues, sont naturellement présentes ;
puisque la discipline morale est par conséquent redondante,
détendez-vous dans l'authentique yoga de la non action -
la matrice de la spontanéité n'a besoin d'aucune discipline
alors n'essayez pas de mettre du beurre dans les épinards.


La présence totale du bouddha du passé, du présent et du futur
est consommée spontanément dans le pur plaisir naturel ;
ainsi en évitant les niveaux inférieurs et graduels, les techniques causales,
observez la nature de l'esprit inactif identique au ciel !


La super-spontanéité innée, intemporelle et magique,
telle qu'elle est dans le ici et maintenant, ne peut être artificielle ;
évitant tous les espoirs et peurs de l'esprit stroboscopique,
reconnaissez dans l'immensité la super-spontanéité imprévue.


Toutes les expériences, quelles qu'elles soient,
sont la triade innée de l'essence, la nature et la compassion,
la représentation d'être pur, de la joie et de l'émanation magique ;
puisque le samsara et le nirvana sont la matrice tridimensionnelle de l'esprit pur,
spontanément parfait dans l'hyper-identicité innée,
le samsara n'est pas à être rejeté, ni le nirvana à être atteint.
Toutes les évaluations calmées, nous résidons au cœur de la réalité
où l'expérience est l'esprit pur,
et la spontanéité intemporelle révélée comme étant la clé.


L'assimilation à la spontanéité de toute expérience

Toute expérience est assimilée à la spontanéité :
les cinq éléments, la matière et l'énergie, toutes les apparitions,
apparaissent pour démontrer la spontanéité intemporelle et impensée ;
le moi et les autres déconstruits, en tant que pure clarté intrinsèque
les éléments sont assimilés de manière autonome en tant qu'esprit ordinaire.
Laissez les six sens se détendre dans le champ informe des perceptions !


La gnose, source universelle, est la spontanéité lumineuse,
et, inchangée par les cinq sens, par la projection ou la concentration,
la gnose vide d'être pur est la contemplation spontanément parfaite.
A l'aide d'une reconnaissance incisive, laissez les choses, tranquilles, dans la simplicité !


Dans la super-matrice fertile ouverte de la gnose intrinsèque,
quoi qu'il apparaisse dans le champ de l'esprit à travers la perception des sens,
en tant que lieu crucial de l'identicité continue, est assimilé
à l'absorption concentrée naturelle de la spontanéité.
Toujours, sans cesse, comme le flux d'une grande rivière,
la conscience inculte ininterrompue apparaissant spontanément,
toutes choses, en essence jaillissant par elles-mêmes dans la matrice primordiale,
atteignent l'accomplissement dans la contemplation de Samantabhadra.


Toute expérience est basée sur l'esprit pur,
et l'esprit pur est comme l'espace, cette comparaison universelle.
De même que toutes les choses sont incluses dans la matrice de l'espace,
grâce au manque absolu d'effort, naturellement pure,
ainsi toutes les expériences intérieures et extérieures sont spontanément assimilées
dans la non-action cruciale qui supplante toute intention et idéation,
avec l'absolu non-attachement vital à tout ce qui apparaît.


Intemporelle - non-née et ininterrompue,
immobile - sans venir ou partir,
la contemplation du maître comprend tout,
ainsi la spontanéité est un inébranlable samadhi pur
et tous les évènements sont assimilés à la non-action.


Le lien de la spontanéité

Toutes les choses sont prises dans le lien de la spontanéité :
tous les mondes intérieurs et extérieurs sont spontanément imagés,
la totalité du samsara et du nirvana est une représentation spontanée,
et l'esprit pur est la spontanéité primordiale -
il n'y a rien d'autre que la perfection spontanée.


Puisque la nature de l'esprit est la spontanéité intemporelle,
l'esprit pur contient la base, la source et l'essence :
puisque la spontanéité ne peut être atteinte grâce aux dix techniques,
la concentration forcée sur la vue et la méditation est redondante,
le support externe, tel que les techniques ayant un but, est superflu,
et l'ambition égoïste et l'appréhension sont quantité négligeable,
la spontanéité est être primordialement pur ici et maintenant !


Dans le ciel inchangé de la matrice de la nature de l'esprit,
dans la matrice des trois dimensions gnostiques,
le samsara et le nirvana se produisent, en effet, accidentellement,
pourtant ils ne se séparent pas de cette triple matrice -
la représentation est un trésor d'équivoque, la magie compassionnée.


Puisque tout et chaque chose en même temps sont la spontanéité de Samantabhadra,
le samsara et le nirvana sont bouleversés par leur propre immensité ;
puisque tout est complètement bon, même le mauvais,
tout est la perfection spontanée, l'immensité de l'essence vajra ;
et toute expérience est tenue par son lien inéluctable.


Résolution de la spontanéité

La résolution est spontanément accomplie :
dans la spontanéité non-spatiale, dépourvue d'intérieur et d'extérieur,
toute expérience est indiscutable, immobile, se visualisant elle-même ;
une matrice globale, sans haut ni bas,
c'est complètement ambigu, sans restriction de nulle part,
au-delà de l'indication, inconcevable et ineffable.


Puisque l'expérience est primordialement pure en essence,
et que la spontanéité est sa véritable nature,
libre des quatre extrêmes -
existence, non-existence, éternité et annihilation -
c'est un esprit pur non duel.


La pureté primordiale, en essence, n'est nulle part atteinte,
sa nature identique au ciel primordialement pure ;
la spontanéité, en essence, ne peut être étudiée par personne,
son émanation ne se cristallise jamais, elle peut apparaître comme n'importe quoi ;
source de tout le samsara et le nirvana,
elle est sans passé ou futur, début ou fin.


La spontanéité non-née est la base ultime indéterminée :
son émanation intemporelle est inexorable,
son mode empirique vide est sans référence,
son mode intangible de libération est ininterrompu,
à l'endroit de son apparition, sa résolution est inévitable,
et c'est la dissolution dans être pur,
l'immensité dévorante de la base.


Comme les nuages s'évaporant dans le ciel d'où ils sont apparus,
comme les lumières de couleur se rétractant dans un prisme de cristal,
l'image archétype du samsara et du nirvana
qui apparaît sur la base de la spontanéité
réintègre la pureté primordiale de la base essentielle.
Cette convergence dans l'immensité de la spontanéité,
est la super résolution ultime de toute expérience,
toutes les structures déconstruites, se dissolvant naturellement dans l'immensité.


Dans le ici et maintenant, quoi qu'il apparaisse,
toutes les apparitions objectives, se mélangent à l'état de pureté,
dans la disposition naturelle du champs des six sens ;
ainsi extérieur et intérieur sont résolus instant après instant
dans l'inter-fusionnante immensité de la spontanéité.


Identique à la résolution dans la bouddhéité manifeste
en tant que présence totale de la forme ambiguë du samsara et du nirvana,
quand l'oscillation de l'imagerie de l'intérieur-extérieur
s'installe naturellement dans la matrice de la clarté
dans un état naturel spontané et non structuré,
la résolution immédiate dans la clarté cristalline de la brillante vacuité
est connue sous "la décantation dans la caverne de joyaux".


La résolution dans l'immensité naturelle se produit sur le moment -
il ne peut y avoir aucune libération subséquente dans la base présente ;
l'absorption concentrée obsessionnelle emprisonnant l'espace de base
ne fournit aucune occasion pour être libéré de la transe divine.
C'est pourquoi, chérissez chaque instant de résolution du samadhi intrinsèque
dans l'immensité intérieure du ici et maintenant !


Toute expérience résolue dans la spontanéité de la gnose,
la spontanéité résolue dans l'état naturel de l'hyper-pureté originelle
et la pureté originelle résolue dans l'inconcevable et l'ineffable,
sont la résolution ultime de la perfection spontanée.


Le troisième thème du Trésor de la perfection naturelle, démontrant avec succès que toute expérience est la spontanéité intemporelle, est terminé.


Le quatrième thème : l'unité

La révélation de la conscience unitaire jaillissant par elle-même

Maintenant, laissez moi vous parler de l'unité :
la gnose elle-même la base expérimentale,
"apparaissant comme multiple ne se déplaçant pourtant pas de l'unité",
la conscience jaillissant d'elle-même est la source unitaire.


Dans le joyau de l'oeil de chat, sous différentes conditions,
des images distinctes de feu ou d'eau apparaissent ;
de la même façon, dans la source unique, la gnose intrinsèque,
les illusions à la fois du samsara et du nirvana apparaissent,
les unes de la reconnaissance, les autres de l'ignorance,
toutes basées dans l'unique esprit pur non duel.


Samsara et nirvana, des visions gnostiques,
telles qu'ils apparaissent, ne font qu'un de leur coté vide ;
comme un rêve, un enchantement, la réflexion de la lune sur l'eau,
comme les quatre visions et l'espace céleste évanescent,
un dans la vacuité ultime, la vacuité totale, c'est la simplicité elle-même.
Puisque tout est un champ unique, pur depuis le début,
il n'y a pas de "dualité", tout est contenu dans une graine unique
qui est l'état de pureté sans dimension. Ho !


Les cinq éléments qui se manifestent dans l'état de pureté,
sans origine, ne peuvent échapper à l'identicité unitaire ;
bien que semblant exister, les six types d'êtres sont des formes vides,
ce sont des images archétypes, dépassionnées venant de l'étendue gnostique ;
ainsi le plaisir et la souffrance ne sont sûrement pas ressentis, ils ne bougent pas
de la présence totale essentielle, unique conscience jaillissant par elle-même :
connaissez toutes les expériences comme l'immensité unique, comme la vacuité,
la même réalité non-née de l'esprit pur !


La véritable immensité est la super-matrice de la gnose intrinsèque
où réside l'unique dynamique de tous les bouddhas ;
inimaginable multiplicité, sans aucune structure fragmentée,
c'est l'immuable palace de la présence totale :
ce n'est que la conscience jaillissant par elle-même.


Un joyau qui exauce les voeux, un corne d'abondance de précieuse expérience,
les trois dimensions gnostiques de la spontanéité sont les champs de bouddha.


A l'intérieur de l'unique matrice holistique, fabriquée par personne,
la totalité de la gamme des expériences diverses est projetée ;
la causalité inversée, l'expérience est une dans sa base projective
en tant que vacuité brillante de l'immensité de la réalité
luisant dans le ciel pur, intemporel et spatial. La totalité du samsara et du nirvana est créé spontanément,
mais la gnose de base elle-même, créée par personne,
tel le ciel, repose au-delà de l'effort ;
en accord avec cette comparaison
l'immensité unitaire, la vaste super matrice,
fait taire les exigences concrètes de la multiplicité.


Au coeur de la matière, au-delà l'affirmation et la négation,
la représentations des évènements indéterminés, quels qu'ils soient,
sont la matrice de la nature ineffable de l'esprit
qui réside au-delà tous les mots conventionnels et les expressions.


Dans la présence totale, l'essence où tout arrive,
il n'y a pas de dualité, mais une incalculable multiplicité.
Les bouddhas et les êtres sensibles, la matière et l'énergie, sont resplendissants
tous indétrônable de l'unique réalité immédiate.


Interconnecté dans l'unité, tout est parfait et complet
et c'est la qualité exaltante de l'esprit pur ;
quoi qu'il se manifeste, à cet instant précis,
toutes les imputations conventionnelles sont résolues.


En tant qu'expression lumineuse de la nature vide non-duelle de l'esprit,
les deux phénomènes externes - les objets de savoir
et tous les phénomènes internes - gnose immaculée dénudée,
dans la réalité qui n'est jamais ni un ni plusieurs,
sont dévoilés ici comme un champ unique de réalisation gnostique.


L'assimilation de toutes les expériences à la singularité de la conscience auto-jaillissante

L'assimilation de toutes expériences à la saveur unique :
dans le champ imagé des apparitions illusoires vides,
quoiqu'il apparaisse, reste tranquille dans sa singularité naturelle,
et à cet instant cela se lève uniquement en tant que rayonnante vacuité.


Dans l'étendue vide des myriades de pensées et de visions se dissolvant d'elles-mêmes,
quelque soit ce qui bouge, détendez-vous et laissez-le tranquille, simplement comme il tombe,
et la contemplation de la réalité apparaît dans ce mouvement.


Dans l'instant où l'esprit et le champ objectif sont l'identicité continue,
détendez-vous dans cette pureté naturelle sans but et sans trace,
et la luminosité intérieure brille comme la plus grande conscience immaculée.


Lorsque ces trois fonctions sont assimilées à une essence unique,
la réalisation et la non-réalisation sont toujours les mêmes,
l'esprit et ses champs sont un dans l'état pur,
les ennuis et les voiles sont un dans la dynamique de l'unicité,
et sans intermittence, nous pénétrons l'état naturel,
sans rigueur et manque de rigueur, nous découvrons l'essence définitive,
sans interruption, nous résidons dans la dynamique de la réalité,
et bon gré mal gré il n'y a pas de transition ou de changement.


Vaste ! Immense ! l'esprit des maîtres est identique au ciel,
inéluctable ! c'est la matrice de la graine séminale holistique,
libéré tel quel ! sans réalisation ou non-réalisation,
l'expérience consommée ! pas d'esprit ! c'est ouvert à l'infini.
Au pinacle de la bannière de victoire déployée pour toujours
l'éclat du soleil et de la lune illumine les royaumes microscopiques.


Le lien de l'unité

La gnose intrinsèque unique lie toutes les expériences :
les environnements et les formes de vie, l'infini et le non restreint,
que ce soit du samsara ou du nirvana, apparaissent dans l'immensité ;
l'immensité, ainsi, embrasse toutes les expériences à leur origine.


Quelques soient les expériences très diverses qui apparaissent à l'instant,
inaliénables, ce n'est jamais rien d'autre que la gnose,
elles sont incluses dans la matrice de la conscience auto-jaillissante.


Même dans le commencement et la cessation simultanée,
s'estompant dans l'espace,
puisque cela ne devient jamais rien d'autre que l'esprit pur,
c'est lié par l'unique réalité originelle dévorante.
Ainsi, tous les évènements sont liés par la gnose unitaire
et la gnose indéterminée, l'essence de la présence totale,
est liée par le cœur de la réalité, sans transition ni changement -
l'épanouissement inconditionné simultané !


Résolution de toutes les expériences dans la conscience jaillissant d'elle-même

Il n'y a qu'une résolution - la conscience jaillissant d'elle-même,
l'immensité sans commencement ni fin ;
tout est complet, toutes les structures se dissolvent,
toutes les expériences résidant dans le coeur de la réalité.


Ainsi l'expérience de l'intérieur et l'extérieur, de l'esprit et de ses champs, du nirvana et du samsara,
dépourvue de constructions différenciant le brut et le subtile,
est résolue dans le champ totalement vide de la réalité identique au ciel.


Et si l'on scrute l'esprit pur, ce n'est rien du tout -
cela n'en vient jamais à être, n'a pas de lieu
et n'a pas de variation dans l'espace ou le temps,
c'est ineffable, même au-delà d'indications symboliques -
et grâce à la résolution dans la matrice de la dynamique gnostique,
qui surpasse l'intellect - pas d'esprit !
rien ne peut être désigné comme étant "ceci" ou "cela"
et le langage ne peut l'embrasser.


Dans la super matrice - non structurée, sans nom,
toutes les expériences du samsara et du nirvana sont résolues ;
dans la super matrice de la gnose vide non née
toutes les expériences distinctes de la gnose sont résolues ;
dans la super matrice au-delà de la connaissance et de l'ignorance
toutes les expériences d'esprit pur sont résolues ;
dans la super matrice où il n'y a ni transition ni changement
toutes les expériences, parfaitement vides, complètement vides, sont résolues.


Le quatrième thème du Trésor de la perfection naturelle, démontrant de façon concluante que toutes les expériences ne sont que la conscience gnostique basique est terminé.


Le Cinquième Thème : Avis aux destinataires

L'élixir de cette approche la plus excellente
doit être seulement offert aux plus favorisés et brillants,
pas à ceux qui adhèrent aux approches inférieurs,
à ceux, enfermés dans leur conditionnement moral
ou aux personnes infortunées à la vue étroite.


Il doit être dissimulé à ceux qui injurient le maître,
qui sont hostiles envers leurs frères et sœurs,
qui violent le secret en commérages,
qui sont sans foi, avares et malhonnêtes,
et qui sont préoccupés par les affaires mondaines.


Seuls les brillants et les meilleurs reçoivent la Grande Perfection :
ceux qui respectent le maître et possèdent de profondes pensées intuitives,
qui ont un cœur ouvert, l'esprit éveillé et les plus généreux,
qui ont peu de pensées critiques et peut d'intérêt pour cela,
qui ne se préoccupe pas de cette vie mais visent la conscience suprême,
qui ont la foi et la persévérance, et peuvent garder un secret.


L'étudiant satisfait le maître avec des cadeaux
et ayant, auparavant, pris ses engagements
il fait la demande à l'enseignant avec déférence ;
ayant reçu la transmission, il l'accomplit de la bonne façon
et finalement s'abandonne dans l'état naturel de l'être.


Le maître est savant avec de grandes qualités.


L'enseignant, connaissant ses étudiants,
fournit la clé de façon appropriée ;
pour le dissimuler à ce qui n'est pas souhaité,
il doit fixer les sceaux de l'interdiction et de la consécration.


Consacrez l'enseignement essentiel du sens définitif
pour les fils de cœur talentueux et bienveillants.


En retour, ils doivent garder cette vérité éternelle
dans leurs coeurs, sans la disséminer ;
si le secret est violé, les conséquences suivront,
et la critique qui s'en suivra diminuera l'enseignement du coeur ;
alors chérissez le mystère avec l'esprit tranquille et léger
et atteignez le royaume de l'état pur dans cette même vie.


Le cinquième thème du Trésor de la perfection naturelle, montrant avec succès à qui l'enseignement doit être donné, est terminé.


Vers de conclusion

Le sens de la Perfection Naturelle, l'ultime secret,
n'est plus dissimulé - son message est ici parfaitement révélé :
Puissent tous les êtres migrants du triple monde, sans effort,
trouver leur liberté intrinsèque dans l'immensité originelle !


Brisant l'enveloppe emprisonnante des vues conventionnelles - planant haut,
dans le sommet des approches - l'espace du grand roi garouda,
puisse le message de atiyoga - élevé par dessus tout,
se répandre partout comme une bannière de victoire éternelle.


Les trois séries et les neuf matrices contenues dans les quatre thèmes,
son sens définitif structuré en seize sections,
cette exégèse du Précieux trésor de la perfection naturelle,
fut composé avec attention par le bon Longchen Rabjampa.


Puisse le sens définitif des cinq thèmes
dans cette cave au trésor de la perfection naturelle,
finement décoré par ses perles larges et profondes,
élégant dans sa structure de sens finement réglé,
apporter la joie à des hôtes fortunés !


Le Trésor de la Perfection Naturelle, composé par Longchen Rabjampa, un yogi de l'approche suprême, est terminé.


Triple bonne fortune !



Traduit du tibétain par Keith Dowman

traduit en français par Sönam pour SanghaForum