La Tradition Nyingma et Dzogchen

Extraits de "La Pratique de Dzogchen"
de Tulku Thondup
Introduit, traduit et annoté par Tulku Thondup

Tulku Thondup

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Dans la vacuité, la sphère ultime, la mère-essence,
Réside la clarté, la conscience intrinsèque, le père-nature.
A l'union de la mère et du père primordial, le continuum de la Grande Perfection,
Je rends hommage à l'état de l'Esprit de Bouddha naturellement libéré


Epigraphes

(Dzogpa Chenpo) est la voie de l'absorption lumineuse, l'essence du sens définitif ultime,
Et le sommet des enseignements des soutras et des tantras:
C'est le sens des instructions sur l'approche directe
A la nature ultime, l'essence de Bouddha comme cela est.

Longchen Rabjam


L'essence des discours sur les Trois Portes de Libération
Données par le Victorieux dans le Second Tour de Roue du Dharma est la très discriminative conscience du Soi
Qui est présente naturellement dans la nature des êtres en tant qu'essence de Bouddha,
c'est ce qui s'appelle Dzogpa Chenpo.
Le sens complet des vastes et excellentes voies (du Bouddhisme)
Existe seulement afin de nettoyer l'esprit,
Ainsi les trois préceptes, les six perfections, les phases de développement et d'accomplissement, etc.
Sont les étapes sur la voie vers Dzogpa Chenpo.

Jigmed Lingpa


Les apparences sont libres d'(entité) objective, la conscience intrinsèque est la libération du (temps) primordial,
La Vue et la méditation sont sans action et les six consciences sont sans-moi;
Il n'est pas nécessaire d'appréhender, en se rappelant ou à l'aide d'antidotes
Le sans action Dzogpa Chenpo est la cessation des phénomènes.

Jigmed Lingpa


Introduction

Dzogchen fait partie des enseignements Nyingma (rNying-Ma). Nyingma est la plus ancienne des écoles tibétaines.
Elle possède un enseignement unique appelé "Anciens Tantras" (sNgags rNying-Ma). les autres écoles ont en commun les "Nouveaux Tantras" (sNgags gSar-Ma).


Selon la tradition Nyingma, la totalité des enseignements bouddhistes sutriques et tantriques sont classés en "Neuf Yanas" (Theg-Pa dGu):


Les Trois Yanas Sutriques :
a) Sravakayana, Hinayana
b) Pratyekabuddhayana, Hinayana
c) Bodhisattvayana, Mahayana

Les Trois Yanas Tantriques externes :
a) Kriyayoga
b) Caryayoga
c) Yogatantra

Les Trois Yanas Tantriques internes :
a) Mahayoga
b) Anuyoga
c) Atiyoga


Les enseignements uniques de Nyingma concerne les Trois Tantras internes, et particulièrement Atiyoga.


Tantras (rGyud)

Tantra signifie continuum,
Samsara est le tantra,
Et nirvana est le tantra prochain. (rGyud Phyi-Ma)

Sogpo Tentar


Ce qu'il faut réaliser c'est le tantra de la base ou des causes. Celui par lequel on réalise et pratique (sur la voie) est le tantra des moyens habiles ou la voie. L'objectif que l'on perfectionne est le tantra du résultat ... De cette façon les bases, voie et résultat sont liées dans un même continuum. Ainsi on l'appelle tantra [continuum]. Dans Gyud Chima (rGyu-Phyi- Ma) il est dit :
"Tantra signifie continuum de
La cause (bases), les moyens habiles (voie) et résultat."

Jigmed Tenpa'i Nyima


Tantra a trois aspects :
L'essence de Bouddha est le tantra des bases
L'union de la vue et de la méditation est le tantra de la voie
Les corps et sagesses primordiales sont le tantra du résultat


Classes d'enseignements des Tantras

Les Tantras sont exposés par écritures (Lung), instructions (Man-Ngag) et raisonnement (Rigs-Pa)


les écritures

a) les quatre "tantras explicatifs" (bShad-rGyud)


- les deux premiers concernent les chemins graduels et instantanés de la "voie de la libération" (Grol-Lam)
------ Yeshey Nyingpo (Ye-Shes sNying-Po)
------ Dorje Melong (rDo-rJe Me-Long)

- les deux autres concernent les chemins graduels et instantanés de la "voie des moyens habiles" (Thabs-Lam)
------ Gyatsho (rGya-mTsho)
------ Thalwa (Thal-Ba)


b) les "derniers tantras"


les instructions

- commentaires et écrits complémentaires (Thor-Bu)
------ Parkhab (sPar-Khab)
------ Pindartha
------ Lamrim (Lam-Rim)
------ Thugthig (Thugs-Thig)
------ Tathreng (lTa-'Phreng)
------ autres ...


Les Trois Tantras Externes

KRIYA YOGA (Bya-rGyud)

Dans les Tantras de Kriyayoga on réalise que tous les phénomènes des agrégats (Phung-Po), éléments (Khams) et sources (sKye-mCh'ed) qui étaient apparus au niveau relatif sont sujet à être purifiés.

Longchen Rabjam


La Vue (lTa-Ba)

Dans la vérité absolue, toutes les existences phénoménales sont égales dans la nature indivisible des deux vérités, apparences et vacuité.
Dans la vérité relative, il est vu les déités tutélaires comme des seigneurs, libérés de toutes les fautes, parfaits dans toutes les vertus, manifestation de la clarté de la sphère ultime en tant que forme de la sagesse primordiale, et qui ont acquis les buts temporaires et finaux. La causalité interdépendante n'est pas remise en question.


La Méditation (bsGom-Pa)

Contemplation sur les six divines énergies (déités) de Kriya(yoga) (Kri-Ya Lha-Drug).
--- vacuité
--- lettres
--- sons
--- forme
--- les mouvements
--- les signes
dans le Kriyayoga habituel on ne se visualise pas comme étant la déité
dans le Kriyayoga supérieur on réalise ces visualisations


La Pratique (sPyod-Pa)

la pratique du tantra ne sera accomplie que si le rituel (Ch'o-Ga) est entièrement respecté.


Le Résultat ('Bras-Bu)

atteinte de la Terre Vajradhara des trois familles de Bouddha [Thatagata, Vajra, Padma] avec les trois Buddha-kaya et les cinq sagesses primordiales, dans les seize prochaines vies.


CARYA YOGA ou UPAYOGA (sPyod-rGyud)

Carayoga insiste de façon égale sur le nettoyage extérieur [physique] tel que le bain, et la contemplation intérieure [mentale]. Il s'appuie sur le fait de recevoir des accomplissements en voyant les déités comme des amis, et en les choisissant.

Mipham


La Vue

Dans la vérité absolue tous les phénomènes sont égaux.
Dans la vérité relative on s'appuie sur les déités pour les accomplissements temporaires et finaux.


La méditation

On visualise les déités devant soi à l'aide de récitations concentrées sur les mantras, cela s'appelle la méditation avec signes. A la fin de la méditation on contemple l'état sans conceptualisation, cela s'appelle la méditation sans signe.

La pratique

elle est liée à une vie pure et propre


Le résultat

atteinte de l'état de Vajradhara des quatre familles de Bouddha [Tathagata, Vajra, Ratna (with Karma), Padma] et la possibilité de trois Buddha-kaya et cinq sagesses primordiales d'ici sept vies.


YOGATANTRA (rNal-'Byor rGyud)

En insistant sur le fait que la réalisation de l'équanimité est supérieur à celle des deux yanas précédent, on gagne la certitude dans la réalisation de l'équanimité de soi et des déités dans leur véritable nature. Le bienfait de cela (réalisation), dans la vérité relative, lorsqu'on médite sur le soi inséparable des déités, comme l'eau à l'intérieur de l'eau, on accompli le soi en la déité. Comme tous les phénomènes sont les simples perceptions de l'esprit, si l'on utilise l'énergie de la contemplation, on deviendra la déité visualisée elle même. Yogatantra a la vue de l'extraordinaire certitude qu'en pratiquant les quadruples signes (Phyag-rGya), qui sont la nature du divin corps, parole, esprit, et actions des déités, on se transforme soi même en déité.

Mipham


La méditation

après refuge et bodhichitta on se visualise comme étant le mandala des déités avec cinq actualisations (mNgon-Byang), puis on invite et se fond avec les déités de la sagesse primordiale ou véritables déités, dans la forme visualisée, puis on les scelle (rGya-bTab) en méditant sur le corps, la parole, l'esprit, et l'action des déités, les quatre signes (Phyag-rGya).

Les quatre signes sont :
--- le grand signe (mahamoudra), les gestes du corps.
--- le signe de l'enseignement (Dharma), la forme de la parole.
--- le signe des liens ésotériques (samaya), la forme de l'esprit.
--- le signe de l'action (Karma), en en rendant parfaites les actions à l'aide de tels moyens comme des émanations de lumières.


La pratique

Le nettoyage est aussi présent ..., mais la discipline physique est plus détendue que les deux précédents yanas, et il introduit le yoga intérieur.


Le résultat

les cinq agrégats, les cinq sens, les cinq souillures seront purifiées et le Bouddha des cinq familles, la nature des cinq sagesses primordiales, seront achevées dans trois vies.


Les Trois Tantras Internes

MAHAYOGA (Bya-rGyud)

Elle confirme l'indivisibilité des "deux vérités supérieures", qui sont la présence de Dharmakaya, à travers les formes des écritures et des raisonnements sur le savoir à quadruple compréhension, etc., en tant que clarté et libéré de l'atteinte d'objectifs, transcendant les conceptualisations mentales. En accord avec cette vue, les apparences (sNang-Ba) des phénomènes, l'existence d'une vérité relative, présent primordialement en tant que nature des trois cycles, le corps vajra, la parole vajra et l'esprit vajra (du Bouddha), bien qu'ils soient la vacuité, sont la "vérité supérieure relative" (Lhag-Pa'i Kun-rDzob). L'indivisibilité de la vacuité (sTong-Pa-Nyid), la nature de non existant, des corps de Bouddha et des sagesses primordiales est le "vérité absolue supérieure" (Lhag-Pa'i Don-Dam bDen-Pa).

La méditation, la Voie

on médite sur l'existence de tous les phénomènes comme étant les mandalas des déités. On s'entraîne à deux yogas :
--- le yoga des caractéristiques (mTshan-bChas)
------ état de développement (bsKyed-Rim)
------ état de perfection (rDzogs-Rim)
--- le yoga sans caractéristique (mTshan-Med)
------ contemplation de l'ainsité, la nature ultime.


La pratique, les Actions

Avec la confiance dans les moyens habiles existants on se réjouit de toutes choses sans attachement à aucun phénomène

Lochen Dharmasri


Le résultat, les Atteintes

Ayant purifié toutes les impuretés de l'illusion à l'aide de l'énergie de la profonde voie, on atteint l'état des détenteurs du quadruple savoir et on finalise les cinq Buddha-kaya dans cette vie ou dans l'état intermédiaire.


ANUYOGA (rJes-Su rNal-'Byor)

Le contenant [le monde] est la sphère ultime de la mère(-Buddha).
Le contenu [les êtres] sont l'espace (mKha') du père victorieux [Bouddha].
les rétractions et les entrées sont l'enjouement par la conscience intrinsèque.
Ceci est le Vajra-samaya.


La Vue

Dans son indivisibilité de la sphère ultime et de la sagesse primordiale (dByings-Ye dByer- Med).


Anuyoga affirme que toutes les apparences de l'existence phénoménale sont Samanthabhadra (le père), l'accomplissement spontané du mandala des déités. La nature vide de l'existence phénoménale, libre de tous les extrêmes, est Samanthabhadri (la mère), le mandala de l'ainsité primordiale. L'essence des deux (apparences et nature) est indivisiblement présent en tant que nature de l'équité, et ceci est le grand fils plein de jouissance, le mandala de l'esprit illuminé.

Mipham


La méditation

On médite que toutes les déités sont finalisées à l'intérieur de son propre corps vajra. Ainsi les trois mandalas du père, de la mère, et du fils n'ont jamais été séparés de son propre esprit, et tous les existants phénoménaux sont puisés dans l'esprit, qui a été obscurcie par les pensées de l'appréhendé et de l'appréhendeur, causé par les habitudes générées au travers des trois perceptions.
dans l'Anuyoga il ya deux voies majeures d'enseignement
--- la voie des moyens habiles (Thabs-Lam)
--- la voie de la libération (Grol-Lam)


La pratique, les Actions

Principalement, on se réjouit de toutes choses de façon la plus égale.


Le résultat, les Atteintes

On atteint le Grand Corps de Jouissance avec les quatre Bouddha-kaya et les cinq Sagesses Primordiales.


ATIYOGA (Shin-Tu rNal-'Byor)

L'Essence (Ngo-Bo)

Atiyoga est les moyens pour libérer le sens de la Bouddhéité primordiale dans son propre état, et c'est la nature d'être libéré des abandons et des acceptations ainsi que des peurs.


La Définition

Dzogpa Chenpo (Mahasandhi) : dans la nature de la primordiale sagesse qui apparaît d'elle même, qui est libérée de tomber dans les extrêmes de la partialité et des dimensions, l'entier contenu des yanas est perfectionné et est présent.
Atyoga : Ati signifie très, excellent, meilleur, suprême, sommet, pointe et essence la plus intérieure. Yoga est l'entraînement. Ainsi c'est le véritable entraînement, l'entraînement absolu de tous les entraînements.

Gyurmed Tshewang Chogtrub


La Vue, la Base

Atiyoga affirme que tous les existants phénoménaux sont présent depuis les temps primordiaux dans la nature équanime de l'Essence Unique (Thig-Le Nyag-gChig), la sagesse intrinsèque qui apparaît d'elle même.
La nature des apparences n'existe nulle part et sont fausses. L'Esprit réside primordialement dans la nature de trois Bouddha-kaya : la vacuité est le Corps Ultime (Dharmakaya), la nature-clarté est le Corps de jouissance (Sambhogakaya), et la compassion qui transcende tout est le Corps Manifesté (Nirmanakaya).

Mipham


Les divisions (sDe gSum)

Semde pour ceux dont l'esprit pré pondère ...
Semde affirme que puisque les existants phénoménaux ne sont rien d'autre que son propre esprit, tout est un aspect de l'esprit.


Les Bouddhas et les êtres et les existants phénoménaux du monde et des êtres
Sont apparus de la nature de l'esprit [l'esprit illuminé], le créateur universel.
Quiconque les conceptualise autrement,
N'a pas l'opportunité de me rencontrer, le créateur universel

Kunched Gyalpo Tantra


Longde pour ceux à tendance vers l'espace ...
Longde proclame qu'il n'y a nulle part autre où aller que dans l'espace de Samanthabhadri, la nature ultime (Ch'os-Nyid).


Longde affirme que quoi qu'il arrive, comme les étoiles et les planètes dans le ciel, c'est une image des attributs "apparition par soi même" de la conscience intrinsèque dans le vaste espace de la nature ultime, Samanthabhadri. Longde n'affirme pas que les phénomènes sont l'apparition de la puissance et le jeu de l'esprit comme le fait Semde.

Sogpo Tentar


Mengagde pour ceux qui sont libres d'efforts graduels ...
Mengagde affirme le point crucial de la nature de ce que c'est.


Dans la conscience intrinsèque sans fin
Il n'y a pas de retour à la désillusion, parce qu'il n'y a pas de cause de désillusion. C'est extraordinaire comme c'est la "libération du temps et de l'espace primordiaux".
Les conditions objectives sont réalisées parce qu'elles sont "auto-libération".
Les apparences sont pures parce qu'elles sont " libération à l'attention dénudée".
Les quatre alternatives ont cessé parce que c'est la "libération des quatre extrêmes".
C'est la vacuité de beaucoup parce que c'est la "libération unique".

Mutig Threngwa Tantra


LA VUE DE MENGAGDE

Comme son essence est le vide, il est libre des extrêmes de l'éternalisme.
Comme sa nature est la clarté, il est libre de l'aspect du nihilisme.
Comme sa compassion est sans cesse, il est la base des manifestations diverses.
Ceci est divisé en trois, mais en réalité ils sont indivisibles.
Puis je réaliser l'état de la base de Dzogpa Chenpo.

Prière de Dzogpa Chenpo - Jigmed Ligpa


La Base (gZhi)

Dans la vue de Dzogpa Chenpo, la "base" est primordialement pure. Comme l'essence (Ngo- Bo) de la base est le vide et le non existant, il n'y a pas de projection de lumières ou de formes en tant que clarté externe (Phyi-gSal). Mais comme sa nature (Rang-bZhin) est l'accomplissement spontané, c'est la présence de l'enveloppe initiale (gDangs), la plus subtile apparence de la lumière, des formes, des rayons, et de Thigle en tant que clarté intérieure (Nang-gSal), la sagesse primordiale dans la nature ultime. Comme son existence est la vacuité, c'est non existant. Comme sa nature est la clarté, ça apparaît de lui-même sans cessation. Comme sa compassion (énergie) est la sphère non-obstruée, ça cause les "apparences de la base".


Les apparences de la base (gZhi-sNang)

(1) En tant que base, la pureté originale, l'espace (ou sphere, Go) pour l'apparition des apparences de la base, comme la compassion (Thugs-rJe) n'a de cesse, là naît la compassion pour les êtres vivants.
(2) En tant qu'espace pour l'apparition, comme la lumière n'a de cesse, là naît les lumières propre de la sagesse primordiale comme les couleurs de l'arc en ciel.
(3) En tant qu'espace pour l'apparition, comme la sagesse primordiale n'a de cesse, cela reste dans l'état de non-pensée.
(4) En tant qu'espace pour l'apparition, comme les Bouddha-kaya n'ont de cesse, les Bouddha- kaya de l'absorption lumineuse sous la forme de Bouddhas pacifiés ou courroucés remplissent l'espace.
(5) En tant qu'espace pour l'apparition, comme la non-dualité (gNyis-Med) n'a de cesse, il n'y a pas d'analyse des choses en tant que pluriel ou singulier.
(6) En tant qu'espace pour l'apparition, comme le libéré des extrêmes (mTha'-Grol) n'a de cesse, les accomplissements spontanés sont clairs comme sa propre essence.
(7) En tant qu'espace pour l'apparition, comme la porte de la pure sagesse primordiale n'a de cesse, les apparences de l'essence originellement pure, les apparences d'un ciel sans nuage, apparaissent par dessus.
(8) En tant qu'espace pour l'apparition, comme la porte de l'impur samsara (Ma-Dag 'Khor- Ba) n'a de cesse, les apparences des six classes d'êtres apparaissent au dessous. Huit modes d'apparition de l'accomplissement spontané (Lhun-Grub Kyi 'Ch'ar-Tshul brGyad)

Longchen Rabjam


SAMSARA

Au moment de l'apparition des apparences, en ne réalisant pas la véritable nature de l'essence intrinsèque de la connaissance et de l'apparence spontanée des phénomènes, on devient dupé par les moyens des trois non-illuminations (Ma-Rig-Pa gSum) et des quatre conditions (rKyen-bZhi), et on erre sans fin dans le cycle du samsara à travers la "chaîne des douze liens de causation interdépendante" (rTen-'Brel Yan-Lag bChu-gNyis) jusqu'à ce qu'on atteigne l'illumination grâce à l'énergie et de la réalisation de l'illumination.


Les Trois non-illuminations

1) non-illumination de l'unique cause propre
L'aspect de la connaissance, ne reconnaissant pas l'essence propre de la primordialement pure intrinsèque conscience, elle même telle qu'elle est, est la non-illumination de l'unique cause propre (rGyu bDag-Nyid gChig-Pa'i Ma-Rig-Pa).
2) La non-illumination innée
Lorsqu'on observe les apparences accomplies spontanément qui apparaissent extérieurement, ne les réalisant pas comme des apparences du moi et comme étant libre d'existence inhérente est la non-illumination innée.
3) non-illumination de l'imagination
Les êtres, en ne réalisant pas l'énergie (rTsal), l'analyseur, comme ayant une non-inhérente existence, propre essence, et propre énergie, deviennent dupés dans l'appréhendeur et l'appréhendé (concepts dualistes). Alors, à travers les imaginations (Kun-bTags) sur les deux moi, on pense "je suis né de cela" ou "cela est né de moi". C'est la non-illumination de l'imagination.


A cause de ces trois non-illuminations, la primitivité de l'esprit augmente et appréhende l'enveloppe du moi des cinq sagesses primordiales en tant qu'objet et elles résultent dans les cinq éléments (terre, eau, feu, air et espace).
En résultat de l'appréhension des cinq lumières en tant qu'objets, apparaissent les apparences primitives du contenant [le monde] du samsara des trois dimensions des cinq éléments.


Les quatre conditions

(1) la non-illumination innée, qui est l'aspect de la non réalisation de l'essence du moi, est la "condition causale" (rGyu'i rKyen).
(2) L'apparition extérieure des apparences en tant que cinq lumières est la "condition objective" (dMigs-rKyen).
(3) L'apparition de l'énergie de la compassion en tant qu'analyseur est la "condition subjective" (bDag-Po'i rKyen).
(4) "La condition immédiatement précédente" (De-Ma Thag-rKyen) est la condition qui, une fois que les trois conditions précédentes se sont accumulées ('Dus), devient l'analyseur; et ainsi on devient dupé dans l'appréhendé et l'appréhendeur (dualités).

Pema Ledrel Tsal


LA VUE DE LA CATEGORIE LA PLUS INTERIEUREMENT SECRETE

La base

La base primordiale (Thog-Ma'i gZhi) : son essence (Ngo-Bo) est primordialement pure comme un crystal immaculé.
Sa nature (Rang-bZhin) est l'accomplissement spontané, et dans la blancheur de la nature de crystal, la subtile lumière du moi est présente en tant que clarté profonde (ou intérieure) (gTing-gSal Du), elle n'apparaît pas à l'extérieur (Phyi-gSal) parce qu'il n'y a pas de condition.

Longchen Rabjam


Si vous voyez du point de vue de l'essence de la base, qui est la primordialement pure, rien n'existe, et les lumières, formes, et couleurs de la clarté extérieure (Phyi-gSal) ne sont pas distincts. Mais si vous vous mettez du point de vue de la nature de la base, qui est la sphère ultime spontanément accomplie, il y a l'enveloppe primordiale, qui sont les ultimes subtiles apparences des cinq lumières, formes, rayons, et Thigles dans la sphère ultime. Ainsi, la nature réside en tant que ultime sagesse intrinsèque subtile, la clarté intérieure (Nang-gSal)

Longchen Rabjam

L'apparition des apparences à partir de la base

Dans la sphère primordiale ultime, le "corps vase de jeunesse" est présent dans son essence en tant que Bouddha-kaya, dans sa nature en tant que parole, et en tant que compassion dans l'esprit. Par l'apparition extérieure de l'enveloppe des cinq énergies, l'énergie vitale et ses quatre branches, qui résident en tant que coeur (sNying-Po) dans la conscience intrinsèque, rompt la coquille du "corps vase de jeunesse". Ensuite, de l'enveloppe de l'accomplissement spontané apparaissent les apparences des cinq lumières. Dans le même temps, l'enveloppe de la compassion, la conscience intrinsèque, apparaît en tant que connaissance qui analyse les modes des apparences.

Longchen Rabjam


La Voie de la libération de la Béatitude Universelle

Quand l'enveloppe intérieure apparaît extérieurement de la sphère primordiale ultime et que la compassion [énergie] apparaît simplement en tant qu'aspect de ne pas (encore) réaliser l'essence propre de la conscience intrinsèque elle même (comme c'est), à ce point, en observant extérieurement les "apparences de la base" on les réalise intérieurement en tant qu'apparences du moi. A cet instant précis de la réalisation, les non-illuminations seront purifiées et le mode des "huit accomplissements spontanés" de la base se dissolveront dans l'état de pureté primordiale et y resteront.

Longchen Rabjam


Duperie des êtres due à la non-illumination

Dans la "base primordiale" il n'y a pas de duperie. Mais lorsque les "apparences de la base" apparaissent, alors apparaît la connaissance (Shes-Pa) qui ne réalise pas l'essence du moi, et qui est une connaissance neutre enracinée dans la non-illumination, elle prend les "apparences de la base" comme étant des entités séparées, et ainsi on devient dupé en tant qu'être.

Longchen Rabjam


LES DIVISIONS DE MENGAGDE

Dans Mengagde il y a quatre catégories : la Catégorie Externe, qui est comme le corps, la Catégorie Interne, qui est comme les yeux, la Catégorie Secrète, qui est comme le coeur, et la Catégorie Secrète la Plus Interne, qui est comme le corps complet.

Jigmed Lingpa


la Catégorie Externe (Phyi-sKor)

Dans son essence (Ngo-Bo), comme il n'y a pas d'émotion à abandonner, les cinq poisons sont présents en tant que Voie (pour l'entraînement).
Dans sa nature (Rang-bZhin), comme il n'y a pas d'effort, quoiqu'il apparaisse arrive en tant qu'attribut de la nature ultime.
Dans son caractère (mTshan-Nyid), comme il n'y a pas de partialité, la vacuité n'a d'inclinaison pour aucun aspect.


la Catégorie Interne (Nang-sKor)

Dans son essence, comme ça n'existe pas en tant que forme réelle, c'est la nature ultime libre de toutes caractéristiques.
Dans sa nature, comme c'est libre de venir et d'aller, c'est la sagesse primordiale du continuum éternel.
Dans son caractère, comme ça pénètre à la fois le samsara et le nirvana, c'est comme la racine d'un arbre, comme c'est la réalisation directe, c'est comme le tronc, comme c'est le développement de l'énergie des apparences sous différentes formes, c'est comme les branches, comme c'est la clarté sans cesse, c'est comme les fleurs, et comme c'est le mûrissement c'est comme le fruit.


la Catégorie Secrète (gSang-sKor)

Dans son essence, comme l'introduction à la conscience intrinsèque et les réalisations de cela sont simultanées, ça ne s'appuie pas sur l'étude (des trois fenêtres), la pensée et la méditation.
Dans sa nature, comme l'illumination et la cessation de respirer [la mort] sont simultanées, ça ne s'appuie pas sur la diligence et la force des expériences (Goms-sTobs).
Dans son caractère, comme le développement de la compassion [énergie] et l'illumination sont simultanées, ça ne s'appuie pas sur la complétude des deux accumulations.


la Catégorie Secrète la Plus Intérieure (gSang-Ba Bla-Med)

Dans son essence, comme ça ne dépend pas des mots, ça ne s'appuie pas sur la sagesse de l'analyse.
Dans sa nature, comme c'est la réalisation secrète, ça ne reste pas dans les vues de l'analyse mentale.
Dans son caractère, comme c'est la perfection des quatre visions, ça n'a pas de désire d'atteindre les trois Bouddha-kaya et les cinq sagesses primordiales. Parce que, dans cette pratique, on rend effectif le résultat primordial et spontanément accompli dans cette même vie.

Longchen Rabjam


MEDITATION DE MENGAGDE

Dans ce yana la réalisation de l'essence de l'esprit elle même, qui est présente depuis des temps immémoriaux en tant que grande libération, est appelée la conscience intrinsèque (Rig- Pa). En maintenant la continuité de cette réalisation de la conscience intrinsèque, on atteint, de force, l'illumination.

Jigmed Lingpa


LES DIVISIONS DE LA MEDITATION MENGAGDE

Thregchod est l'essence des enseignements de Dzogpa Chenpo et Thodgal est spécifiquement en relation avec la Division la Plus Secrète de Mengagde.


Thregchod (Khregs-Ch'od), "en prenant le raccourci" c'est la voie par laquelle on s'entraîne sur la conscience intrinsèque dénudée, sans se reposer sur les apparences [visions] de clarté (de Thodgal) et qui libère sans effort. C’est la voie cruciale pour les êtres qui possèdent un intellect puissant mais sont paresseux en regard de la pratique pour atteindre l'illumination.


En s'appuyant sur la pureté primordiale, la vacuité, pour donner naissance à la conscience intrinsèque dénudée, libre d'élaboration, et dissoudre les existants phénoménaux dans la nature ultime, la vacuité, est Thregchod.

Jigmed Lingpa


La pratique de Thregchod consiste, principalement, en les quatre contemplations (Chog- bZhag) :


La contemplation naturelle qui ressemble à une montagne est la perfection de la vue.
La contemplation naturelle qui ressemble à l'océan est la perfection de la méditation.
Contempler naturellement les apparences [perceptions] est la perfection des actions.
La contemplation naturelle sur la conscience intrinsèque est la perfection du résultat.
Un yogi qui à atteint les quatre perfections
S'est uni avec le sens absolu.
dans Dronma Nangched (sGron-Ma sNang-Byed)


Thodgal (Thod-rGal), "approche directe"
c'est la voie par laquelle on atteint la libération en faisant des efforts. En se basant sur les apparences [vision] de la clarté (A'od-gSal Gyi sNang-Ba), les êtres assidus purifient leur corps grossier dans cette vie et atteignent l'illumination.


En se basant sur six moyens cruciaux d'entraînement, les quatre vision apparaissent progressivement. Les quatre visions sont : la réalisation directe de la Nature Ultime (Ch'os- Nyid mNgon-gSum), le développement des expériences (Nyams Gong-'Phel), la perfection de la conscience intrinsèque (Rig-pa Tshad-Phebs) et la dissolution des phénomènes dans la Nature Ultime (Ch'os-Nyid Zad-Pa).

Lochen Dharmasri


Thregchod libère les apparences illusoires, les objets d'appréhension, dans leur vraie nature, sans laisser aucune base ni racine. Dans Thodgal, tous les aspects des apparences des trois mondes (Khams-gSum) sont libérés en tant que clarté des Thigles des cinq lumières, la profondeur naturelle (Rang-gDangs) de la conscience intrinsèque. Ainsi c'est supérieur aux entraînements inférieurs.

Gyurmed Tshewang Chogtrub


La lumineuse absorption de la jouissance, de la clarté et de la non-pensée (bDe-gSal Mi-rTog- Pa'i A'od-gSal) est expliquée partout dans tous les anuttaratantras. Mais mettre l'emphase sur l'extériorisation dénudée de l'aspect du savoir, qui est l'aspect de la conscience intrinsèque ou de la compassion [énergie] de la conscience intrinsèque, puis, à travers cela, s'entraîner sur la voie de l'absorption lumineuse, est la compétence particulière du Sommet-Vajra (Dzogpa Chenpo)


LES ATTEINTES DE THODGAL

Au moment de la mort, un yogi de Thodgal accompli, si il le désire, transformera son corps en un corps de lumière intrinsèque visible seulement par ceux qui possèdent des yeux purs, et il servira les êtres vivants jusqu'à ce que ce monde soit vide ou bien qu'il n'existe plus de raison pour qu'il reste.


Il y a deux atteintes, l'énergie [contrôle] sur la naissance et sur l'entrée (sKye-'Jug).


L'atteinte de l'énergie sur la naissance

On se transforme en corps de la Grande Transformation ('Pho-Ba Ch'en-Po) et on pourvoit aux besoins des êtres vivants ... on brille dans le corps des lumières après avoir dissous les atomes du corps mortel. L'atteinte de l'énergie sur la naissance et sur l'entrée est la spécialité de Thodgal. Parce que dans Thregchod il n'y a rien d'autre, après avoir dissous le corps a en atomes (Lus rDul-Phran-Du Dengs, dissolution totale) et l'esprit dans la nature ultime, que d'atteindre la libération dans la pureté originelle.


L'atteinte de l'énergie sur l'entrée

Si il n'y a aucun moyen de servir les êtres avec cette particulière forme de corps, ... il dissout son corps de lumière de Grande Transformation, comme la brume se dissolvant dans le ciel, et entre dans la sphère intérieure ultime. De là jusqu'à ce que le samsara ait cessé, il agit pour les autres au travers des activités illuminées de l'inséparabilité des quatre Bouddha-kaya et des cinq sagesses primordiales.

Jigmed Lingpa


LES ATTEINTES DES VOIES ET ETAPES DE DZOGPA CHENPO

Dans Dzogpa Chenpo on atteint et perfectionne les voies et étapes en tant que résultat de l'entraînement méditatif.


Généralement dans les yanas causal et caractéristiques (sutrique), ayant développé l'esprit de l'illumination, on s'entraîne à l'accumulation de mérites et de la sagesse pour des éons sans fin. C'est la Voie de l'Accumulation. En développant la sagesse produite par la méditation, on rejoint la sagesse de la Voie de Voir (la vérité). C'est la Voie de l'Application. Voir directement la vraie nature des phénomènes et la nature absolue de tous les phénomènes des Quatre Vérités est la Voie de Voir. Les moyens qui causent que l'on gagne des expériences de la réalisation qui a été vue est la Voie de la Méditation. Après avoir terminé les entraînements, lorsqu'il n'y a plus d'entraînement, c'est la Voie de Plus d'Entraînement (Bouddhéité). Dans Dzogpa Chenpo ces Cinq Voies sont réalisées simultanément.


Dans Dzogpa Chenpo par l'aspect de la réalisation de la sagesse primordiale méditative. - consciencieux et libre d'élaboration - on complète spontanément les aspects des moyens habiles, tel que la générosité, sans concept et attachement. On développe aussi les apparences de l'énergie de la sagesse discriminative et de la compassion irréelle comme une illusion, à partir de la connaissance de l'état méditatif (rJes-Shes). Ainsi, dans Dzogpa Chenpo, on perfectionne la vaste accumulation de mérites et de sagesse primordiale instantanément. C'est pourquoi le grand Ronzom (Rong-Zom, XI siècle) définit Dzogpa Chenpo en disant : "Cela s'appelle la Grande Perfection (Dzogpa Chenpo) parce qu'il parfait les vastes accumulations duales." De la même manière, la réalisation de l'essence de la conscience intrinsèque - la perfection instantanée des grandes accumulations - est la Voie des Accumulations.

Paltul Jigmed Chokyi Wangpo


DZOGPA CHENPO ET LES AUTRES YANAS ET TRADITIONS

En regard des écritures de Dzogpa Chenpo, celui-ci est le sommet de tous les yanas. Il incorpore tous les mérites des autres yanas. Les autres yanas sont les étapes vers la réalisation du sens de Dzogpa Chenpo. La récolte de Dzogpa Chenpo est la réalisation de la Conscience Intrinsèque, l'essence de Bouddha.
Le Bouddha enseigne sur l'essence de Bouddha dans les "second et Troisième Tours de la Roue". Pour réaliser la Conscience Intrinsèque dénudée, l'essence de Bouddha, , le sens profond et pur de la vue de Dzogpa Chenpo, par le plus rapide et le plus direct chemin pour les pratiquants de très grande intelligence, est l'unique distinction de Dzogpa Chenpo.

Longchen Rabjam


Supériorité de l'essence de Bouddha expliquée par Dzogpa Chenpo

Dans les soutras de Bodhisattvayana,
Avec l'intention d'atteindre l'étape (11ème) de la "Lumière Totale"
A travers les concepts et analyses des deux vérités,
Il est affirmé que la nature ultime est la vacuité comme l'espace.
Parce que la grande jouissance de Atiyoga
Est l'esprit illuminé, libre de concepts et d'analyses.
Les soutras dévoilent l'état de liberté à partir des concepts et analyses.
La vue avec concepts et analyses dans Dzogpa Chenpo est une diversion vers les soutras.


Dans Kriyayoga, avec l'intention d'atteindre l'état de Vajradhara,
On entre par les portes des trois puretés et on réside dans la pureté libre de la dualité de l'appréhendé et de l'appréhendeur.
Parce que la grande jouissance de Atiyoga
est l'esprit illuminé qui transcende la dualité de l'appréhendé et de l'appréhendeur.
Kriyayoga dévoile l'état qui transcende l'appréhendé et l'appréhendeur.
La vue avec appréhendé et appréhendeur dans Atiyoga est une diversion vers Kriyayoga.


Dans Upayoga, dans ces vues et actions,
Comme il suit la vue de Yogatantra et l'action de Kriyayoga,
Il n'y a pas d'union de la vue et de l'action.
Upayoga dévoile le sens de la non-dualité.
La vue duale de Dzogpa Chenpo est une diversion vers Upayoga.


Dans Yogatantra, en désirant actualiser Le Magnifiquement Revêtu (terre pure),
On entre dans les entraînements avec et sans caractéristique
Et se concentre sur les quatre parties du sceau.
Mais Yogatantra est incapable d'entrer dans l'état de libération des discriminations de l'acceptation et de la réjection.
Parce que la grande jouissance de Atiyoga
est l'esprit illuminé, libre d'acceptation et de réjection.
Yogatantra dévoile l'état de libération de l'acceptation et de la réjection.
La vue d'acceptation et réjection dans Dzogpa Chenpo est une diversion vers Yogatantra.


Dans Mahayoga, avec l'intention d'atteindre l'état de Vajradhara et étant passé par la porte des moyens habiles et de la sagesse,
Dans le pur mandala de son propre flot de pensées,
On s'entraîne dans "récitation-et-sadhana" en quatre parties.
Parce que la grande jouissance de Atiyoga
est l'esprit illuminé, libre d'effort et d'acquisition.
La vue avec efforts et acquisitions dans Dzogpa Chenpo
Est une diversion vers Mahayoga.


Dans Anuyoga, avec l'intention d'atteindre l'état d'indivisibilité de la sphère ultime et de la sagesse primordiale et
Etant entré par la porte de la sphère ultime et de la sagesse primordiale,
On voit l'apparition des existants phénoménaux - La pure sphère ultime - en tant que cause
Et le mandala de la sagesse primordiale en tant que résultat.
Parce que la grande jouissance de Atiyoga
est l'esprit illuminé, libre de cause et d'effet.
Anuyoga dévoile l'état de libération de la cause et du résultat.
Si on voit les choses en tant que cause et effet dans Dzogpa Chenpo,
C'est une diversion vers Anuyoga.

Kunched Gyalpo tantra


Distinction entre l'essence de Bouddha de Dzogpa Chenpo et de Yogacarya

Dans Dzogpa Chenpo la Conscience Intrinsèque est désignée en tant que conscience-propre et clarté-propre. Mais elle est libre d'élaboration et de non-existence. Ainsi est elle supérieure à la parfaitement établie conscience-propre et clarté-propre de la conscience de l'école Yogacarya.


Differences entre Dzogpa Chenpo et Madhyamaka

Madhyamaka, ayant fait, séparément, la distinction entre les apparences et la vacuité, se concentre sur la vacuité. Dzogpa Chenpo, ayant aperçu la Conscience Intrinsèque, l'état de l'esprit pur et naturel de l'esprit, de l'esprit, réalise et parfait directement, et de façon dénudé, la Conscience Intrinsèque. Delà il réalise la vérité de tout l'univers libre de discrimination et d'extrêmes.


Distinction propre à Dzogpa Chenpo

Généralement dans les instructions de Dzogpa Chenpo il y a des aspects profonds et uniques sans fin. Mais le point principal est l'assurance de distinguer la Conscience Intrinsèque, comme il est dit dans Yonten Rinpoche'i Dzod :
"La Conscience Intrinsèque qui transcende l'esprit est la spécialité de la Grande Perfection Naturelle.

Jigmed Tenpa'i Nyima


Dans Dzogpa Chenpo on reste dans l'état naturel de la continuité de la sagesse primordiale qui apparaît spontanément, la pacification de l'esprit et des évènements mentaux dans la sphère ultime, qui est le grand dépassement de l'esprit et détachement des actions. Il n'y a pas d'effort et de modification. Ainsi les défilements soudain des apparences de l'énergie disparaissent spontanément.

Jigmed Tenpa'i Nyima


Traduit de l’anglais par Sönam Gyaltsen pour SanghaForum