Poème d'exil

par
le 17ème Gyalwang Karmapa
(Orgyen Trinley Dorje)

17ème Gyalwang Karmapa

En janvier 2000, ayant traversé les montagnes du Tibet vers l'Inde, Sa Sainteté le 17ème Gyalwang Karmapa, agé de 14 ans, écrivit ce poème.


De l'état de paix, en nature un espace de profondeur et de clarté,
Le vaste espace du dharmakaya tout-pénétrant de la vérité absolue,
Résonne une gracieuse musique, connexe magique,
La plaisante mélodie de myriades d'excellentes vertus.


Au couchant de la doctrine de Shakyamouni,
L'approche du déclin des jeunes rayons,
Apparait une torche souriante comme la face de la lune,
Trois secrets qui ornent gracieusement le ciel de la doctrine du Victorieux.
Dans le vaste parc de l'existence sans fin,
Fleurissent des feuilles empoisonnées, les apparitions des confusions,
La souffrance de ces apparitions, leur goût et leur teneur,
Est-ce véritablement digne d'être encensé comme une vraie médecine?
Sur le vaste visage du ciel lumineux,
Les nuages de mérite jouent, ravissant tout.
A travers la pluie de camphre, rafraîchissante et mielleuse, la bodhicitta,
Puissent tous se réjouir de l'aliment du résultat du secret définitif.


Sur le calice, mille variétés de discernements,
Repose la douce rosée, le complet potentiel des vertus établies depuis longtemps.
Au delà d'être saoulé par l'abeille, le clair intellect,
Les Chants sont chantés, accompagnés par la danse de la grande félicité.
Dans les temps démoniaques de la complète dégénération en cinq volets, l'obstruction de la jeunesse,
Le comportement des êtres est la danse de la folie,
Incertain et sans confiance.
Puissent-t-ils être attachés à la lampe de la moralité altruiste.


Consacrez le soleil des vertus, cette déesse resplendissante
Avec les ornements de la joie complète,
Apparaissant des pentes de la montagne orientale, altruisme authentique,
A tous les êtres y compris moi-même.
La jeunesse de la joie et du bien-être mondain est impermanente.
On ne sait pas lorsqu'on sera détruit.
J'aspire, à travers l'infini, la conduite pacifique sans agression,
A l'achèvement du bonheur splendide pour tous les êtres.
Finalement, dans le jardin du dharmadhatu, Akanishta,
Dans l'unité au delà de l'élaboration, la nature de la libération,
Puissions-nous, vous et moi, jouir du goût du dharma, profond et lucide,
Dans l'état de vaste pureté et d'égalité.


Traduit de l'anglais par Sönam Gyaltsen