Payer de retour la bonté de ma mère

par
le 3ème Gyalwang Karmapa
(Rangjung Dorje)

3ème Gyalwang Karmapa

OM MANI PEME HUNG


Je me prosterne devant le noble maître Chenrezig !


OM MANI PEME HUNG HRIH


Il n'y a rien à dire de plus profond que ceci :


Chère mère, vous m'avez protégé quand j'étais petit ;
Vous m’avez enseigné avec amour et m’avez dit des mots tendres ;
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Vous m'avez nourri avec votre bouche et enlevé mes fèces avec votre main ;
Vous m'avez pris sur vos genoux encore et encore.
Penser que ma mère si bonne erre dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


La finalité de la naissance est certainement la mort ;
Même les puissants ne peuvent rien pour perpétuer leur vie humaine.
Au moment du trépas, dans la solitude, la seule aide viendra du dharma sacré.
[Mes mères si bonnes,] errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


La finalité de l’amitié est certainement la séparation ;
Même ceux que le plus grand amour a unis ne sauraient demeurer ensemble à jamais.
Au moment du trépas, dans la solitude, la seule aide viendra du dharma sacré.
[Mes mères si bonnes,] errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


La finalité du fait d’amasser est certainement la perte ;
Même le plus avide ne pourra rien emporter
Au moment du trépas, dans la solitude, la seule aide viendra du dharma sacré.
[Mes mères si bonnes,] errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Mère, au moment où vous partirez seule d'ici,
Je prie pour que vous, moi et Chenrezig, nous nous rencontrions !
Ma mère si bonne, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih
Je rends hommage au Lama et protecteur Manjushri !
Partout dans les trois mondes où naissent les six catégories d'êtres, il y a quatre sortes de naissance :
Mis à part les naissances miraculeuses, un corps est formé à partir d'un père et d'une mère.
À cause des forces karmiques, vous m'avez conçu et porté pendant neuf mois et dix jours.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand les forces de la vie ont poussé mon embryon au dehors,
Les contractions vous ont infligé la douleur de la dislocation des os.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Au moment où je naquis votre corps fut couvert de sang, de lymphe, de pus et de lait.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Lorsque ma peau et mes os étaient fragiles et pas encore complètement formés,
Vos mains se faisaient douces pour me prendre.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Lorsque j'avais du pus dans les yeux ou sur d'autres organes
Vous l'avez enlevé en léchant avec votre douce langue.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Même quand vous aviez un tout petit peu de mes fèces dans la bouche
Vous n'étiez pas dégoûtée.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Vous m'avez toujours serré dans vos bras comme dans la douce chaleur de votre ventre.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand le sommeil nous plongeait dans l’inertie, la nuit,
Plusieurs fois je vous réveillais.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Vous m'avez pris sur vos genoux et m'avez bercé.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Vous m'avez encouragé et rendu si heureux.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih
Quand je m’agitais et pleurais, vous me donniez inlassablement le sein.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand un profond sommeil me fermait les yeux,
Sans tarder vous me protégiez du chaud et du froid.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand j’étais incapable de prendre soin de moi et de mon corps,
Vous m’avez vêtu de vêtements propres et doux.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


À l’époque où je rampais à quatre pattes comme un animal,
Vous m'avez appris à marcher.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand j’avais trois ans
Vous ne me perdiez pas de vue, où que j'aille.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand j'ai eu cinq ans
Vous m'avez appris à m'habiller correctement.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Quand j'ai eu dix ans
Vous m'avez enseigné à comprendre les choses et à décider.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables, oh ! Non !
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Votre esprit était entièrement concentré [sur mon bien être].
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Vous étiez toujours calme et juste [en tout].
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Vous m'avez donné votre permission lorsqu'il fut temps pour moi de partir.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


[Grâce à votre amour] je suis devenu indépendant après vous avoir quittée.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Si un désastre soudain devait vous emporter,
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Et vous vous retrouveriez finalement dans quelque endroit inconnu.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Parvenus au stade ultime, puissent votre esprit et le mien devenir inséparables.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Chère mère, ne soyez pas fâchée si je dis ceci :
Mes pensées se tournent vers vous encore et encore
Et vos bontés me font pleurer.
Mes mères si bonnes, errant dans les trois mondes samsariques pitoyables,
Puissé-je vous guider sur la voie de Chenrezig. Om Mani Peme Hung Hrih


Mère, quand il sera temps pour votre esprit de quitter ce corps
Puissiez-vous naître dans un état de béatitude suprême et
Ayant ainsi pris naissance, puissiez-vous atteindre le cœur de l'Éveil.
L’ayant atteint, puissiez-vous agir pour le bien de tous les êtres.


Les paroles dont la signification est vaste et profonde me brisent le cœur.
Vajradhara des terres pures d'Akanistha,
Et Pema Jungné à Ngayab Ling,
Veuillez faire en sorte que la capacité de payer de retour la bonté de mes mères
S’éveille en moi, Palden Karmapa des régions enneigées.


Karmapa Rangjung Dorje a écrit cette courte confession pour payer de retour la bonté de sa mère. Que tout soit de bon augure !


Traduit de l'anglais par Thérèse St-Pierre.