Extraction de la Quintessence de l'Accomplissement

par
Sa Sainteté Dudjom Rinpoché

Dudjom Rinpoché

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Instructions Orales pour la Pratique de Retraite en Montagne
Exposées simplement et directement dans leur essentielle nudité.


Traduit selon les explications en or de Tulkou Thondup Rinpoché, Dungsey Trinley Norbu Rinpoché et Taklung Tsetrul Rinpoché, et avec l'aimable assistance de nombreux frères et sœurs vajra.

Publié à l'origine, en 1979, par Orgyan Kunsang Chökhorling, 54 Gandhi Road, Darjeeling, India.

Réédité, en 1998, par Vajrayana Foundation, 2013 Eureka Canyon Road Corralitos, CA 95076 USA


Je m'incline respectueusement et prend refuge au pied du Gourou glorieux et suprême, incomparable en bonté.

Puissions-nous, mes disciples et moi être bénis pour que, la réalisation de la voie profonde étant née rapidement dans notre nature sans la moindre erreur, nous puissions atteindre la Citadelle Primordiale (1) dans cette vie même. Pour ceux qui, par la réunion de leurs aspirations passées parfaitement pures et de leur karma, ont sincèrement confiance dans le Dharma de la Grande Perfection profonde et secrète et dans le Gourou qui la révèle, et qui souhaitent poursuivre la pratique jusqu'à son but ultime, pour tous ces êtres fortunés, voici la porte d'entrée, les instructions vitales pour la retraite en montagne, exposant dans sa nudité essentielle la pratique de la plus secrète Grande Perfection, déposée dans nos mains sous une forme qui est facile à comprendre.

Ceci sera expliqué en trois thèmes principaux qui doivent être connus:

La Préparation – ayant coupé les liens de la passion et de l'attachement, comment purifier notre nature en gardant l'esprit tourné vers le Dharma.

La Pratique Principale – ayant coupé les idées fausses à propos de la vue, de la méditation et de l'action, comment faire l'expérience de la pratique.

La Continuation de la pratique – comment garder les samaya et les vœux et achever toutes les actions ultérieures de cette vie selon le Dharma.


MAINTENANT, NOUS ALLONS PARLER UN PEU DU PREMIER THEME


Hélas ! Notre esprit – c'est-à-dire ce qui est parfois claire conscience, parfois sombre tumulte – est apparu au tout début en même temps que Kuntuzangpo. Kuntuzangpo, connaissant chaque chose comme étant lui-même, est libre (2). Nous, êtres sensibles, par notre non connaissance, vagabondons dans le samsara sans fin. Un nombre incalculable de fois, nous avons pris différentes formes dans les six royaumes mais tout ce que nous avons fait a été insignifiant. Maintenant, pour une fois parmi des centaines, nous avons obtenu un corps humain. A moins que nous ne mettions en œuvre les moyens pour éviter une renaissance dans les royaumes inférieurs du samsara, un fois morts, l'endroit où nous renaîtrons est incertain, et où que nous puissions renaître dans les six classes d'êtres, il n'y a rien d'autre au-delà de la souffrance. Avoir obtenu un corps humain n'est pas suffisant en soi.

Le moment de la mort étant incertain, nous devons pratiquer le Dharma sincèrement, tout de suite. Au moment de la mort, nous ne devrions, comme Jetsun Mila, ne ressentir aucun regret ou reproche personnel. Comme il dit : « Ma tradition du Dharma, à moi Milarepa, est telle qu'on n'a pas honte de soi ». Pour s'engager sur la voie du Dharma, il ne suffit pas d'en adopter les apparences extérieures. Nous devons trancher tous liens aux choses désirables et aux activités limitées à cette vie. Sans trancher ces liens, nous pourrions franchir à un moment la porte du Dharma avec un esprit inconsistant, en gardant un certain attachement envers notre pays natal, nos biens, nos amis intimes, nos parents, nos amis et ainsi de suite. Mais ensuite, cet esprit d'attachement, créant la cause racine, et les objets d'attachement, offrant les causes indirectes, seront reliés par Mara pour former des obstacles. Devenant une nouvelle fois impliqués dans les mondanités ordinaires, notre destiné régressera. En conséquence, en accordant moins d'importance à la nourriture, aux vêtements et aux paroles futiles, sans nous accrocher aux huit préoccupations mondaines (3), nous devrions concentrer notre esprit exclusivement sur le Dharma.

A l'endroit isolé, La Pensée-de-la-Mort-Gravée-dans-le-Coeur, l'ermite-ressentant-un-Profond Dégoût-pour-les-Attachements trace les frontières de sa retraite en renonçant aux pensées de sa vie et ne côtoie pas ce que l'on connaît sous le nom des Huit Dharmas Mondains. « Nous devrions nous comporter comme Gyalwa Yang Gönpa, sinon, le Dharma mélangé aux huit préoccupations mondaines est très dangereux, comme de la nourriture avec du poison. Les huit Dharmas mondains peuvent être condensés en espoir et doute, ce qui signifie attachement et aversion. [Sur la base de] L'attachement et l'aversion internes, vous ne pouvez pas échapper à Semno et Gyalpo, et les obstacles ne cesseront pas. Aussi, Y a-t-il quelque attachement vaniteux aux choses de cette vie et aux huit préoccupations mondaines dans vos pensées les plus secrètes ? En vous examinant encore et encore, vous devriez abandonner consciencieusement ces défauts. Conserver ces huit préoccupations mondaines dans votre nature et adopter une attitude religieuse artificielle pour obtenir par duplicité ce dont vous avez besoin est un mauvais mode de vie.

Il est dit : « En obtenant sa Mère Patrie, la moitié du Dharma est accomplie ». Aussi, après avoir laissé votre Mère Patrie derrière vous, errez par de nombreux pays inconnus. Vous étant séparé de vos amis et parents de manière agréable, ignorez ceux qui tentent de vous dissuader de pratiquer le Dharma. Ayant distribué tous vos biens, remettez-vous en à l'aumône qui vous sera faite. Ayant compris que toutes les choses désirables sont les obstacles liés aux mauvaises habitudes, développez un esprit désintéressé. Si, concernant les biens etc., vous ne savez pas comment vous contentez d'un petit peu seulement, une fois que vous aurez obtenu une chose, vous en voudrez deux et ce ne sera pas difficile pour le démon de la tromperie des objets désirables d'entrer. Quelles que soient les choses, bonnes ou mauvaises, que pourront dire les gens, ne les prenez pas pour vraies, n'ayez aucun espoir ou doute, acceptation ou refus. Laissez-les dire ce qu'ils veulent comme s'ils parlaient de quelqu'un qui est mort et enterré. Personne à part un Gourou qualifié – pas même votre père ou votre mère – ne peut prodiguer un conseil correct. Donc, en gardant le contrôle de vos propres actions, ne vous laissez pas mener par le bout du nez par les autres. En apparence d'un caractère agréable, vous devriez savoir comment vous entendre harmonieusement avec tous sans «leur brûler le nez». Mais en fait, si qui que ce soit – supérieur ou inférieur – vient pour faire obstacle à votre Sadhana, vous devriez être inébranlable, comme un bloc de fer tiré par une écharpe de soie. Cela ne servira à rien d'être un faible de caractère dont la tête tourne suivant le sens du vent, comme l'herbe sur le col d'une montagne.

Pour toute pratique, à partir du moment où vous la commencez et jusqu'à ce que vous atteigniez sa fin ultime – que la foudre tombe d'en haut, qu'un lac jaillisse d'en dessous ou que les roches tombent de tous côtés – ayant juré de ne pas rompre votre promesse même au prix de votre vie, vous devriez persévérer jusqu'à la fin. Dès le début, vous devriez progressivement établir un solide programme de pratique, sommeil, repas, pauses, n'autorisant aucune mauvaise habitude. Que votre pratique soit élaborée ou simple, vous devriez la rendre constante et régulière, jamais sporadique, et même pour un instant, vous ne devriez laisser quelque place que ce soit à l'ordinaire. Pendant la retraite, l'entrée devrait être scellée avec de la boue. Si ce n'est pas le cas, vous ne devez pas parler, épier et vous trouver face à face avec d'autres. Une fois débarrassé des vagabondages de l'esprit agité, expulsez le souffle vicié et adoptez correctement les éléments essentiels de la posture du corps. L'esprit devrait reposer dans une vigilance claire sans faillir même le temps d'un claquement de doigt, comme un piquet enfoncé dans la terre ferme. Une stricte retraite externe, interne et secrète donnera rapidement tous les signes et qualités (4). Si, pour quelque raison impérieuse, vous rencontrez quelqu'un et parlez avec lui, pensant « Après cela, je serai très stricte », après cette transgression, la prospérité de votre pratique s'estompera et tout deviendra de plus en plus indolent. Si, dès le tout début, vous prenez la résolution, la décision claire de rester assis, rendant votre pratique progressivement plus stricte, votre pratique ne sera pas balayée par des obstacles.

Il y a de nombreuses descriptions des caractéristiques particulières et de la topographie des lieux mais, en général, un endroit béni par Gourou Rinpoché et les grands Siddhas du passe, qui ne soit pas aux mains de gens qui ont rompu le samaya est convenable ou, selon votre préférence, n'importe quel endroit complètement solitaire où les conditions favorables – nourriture et autres nécessités – sont facilement disponibles. Si vous avez la capacité de contrôler l'évolution rapide des liens causaux externes et internes dans les cimetières et autres places effrayantes, demeures des démons cruels de la localité, votre méditation s'améliorera grandement. Si ce n'est pas le cas, vous rencontrerez encore davantage d'obstacles. Quand la réalisation devient vaste comme l'espace, toutes les conditions défavorables apparaissent comme des amis. C'est alors excellent de réaliser des pratiques secrètes dans les cimetières et des endroits de ce genre. Toujours renoncer aux distractions externes et internes pour demeurer dans la non action, c'est demeurer au véritable endroit solitaire. Quant la purification réelle de votre nature : les aspects ordinaires sont les quatre changements de l'esprit, les [aspects] extraordinaires sont le refuge, la génération de la Bodhicitta, la purification des obscurcissements et les deux accumulations.

Après avoir pratiqué assidûment chacun de ceux-ci conformément aux commentaires jusqu'à ce que vous en ayez une véritable expérience, vous devriez alors considérer le très extraordinaire Gourou Yoga comme l'essence vitale de la pratique et y persévérer (5). Si vous ne le faites pas, la croissance de votre méditation sera lente et, même si elle croît un peu, elle sera très vulnérable aux obstacles et la compréhension authentique ne pourra pas prendre naissance dans votre être. Ainsi, si vous priez avec une dévotion simple et très fervente, après un certain temps, par le transfert de la réalisation du Coeur-Esprit du Gourou, une compréhension extraordinaire, inexprimable par les mots, prendra certainement naissance intérieurement.

Comme Lama Shang Rinpoché l'a dit : « Nourrir la tranquillité, les expériences, la concentration profonde – ce sont des choses communes. Mais très rare est la réalisation née de l'intérieur grâce aux bénédictions du Gourou, qui apparaît par le pouvoir d'une foi enthousiaste ». En conséquence, la naissance de la compréhension, dans votre nature, de la signification de la Grande Perfection dépend de ces préliminaires. C'était ce que Je-Drigung entendait quand il disait « Les autres enseignements considèrent la pratique principale comme profonde mais, ici, ce sont les pratiques préliminaires que nous considérons comme profondes»


DEUXIEMEMENT, LA PRATIQUE PRINCIPALE : COMMENT, AYANT TRANCHE LES IDEES FAUSSES CONCERNANT LA VUE, LA MEDITATION ET L'ACTION, FAIRE L'EXPERIENCE DE LA PRATIQUE.


PREMIEREMENT, LA VUE CONCERNANT LA CONNAISSANCE DE LA NATURE ABSOLUE


La nature de l'esprit est la nature de la réalité absolue. Débarrassée de toutes les caractéristiques conditionnelles et artificielles fabriquées par l'intellect, cette nature est établie avec certitude dans la conscience. La conscience apparaît nue en tant que sagesse primordiale auto-générée. Cette conscience ne peut pas être exprimée par des mots, ni montrée par des exemples. Elle n'est ni corrompue par le samsara, pas améliorée dans le nirvana (6), ni née, pas plus qu'elle ne cesse d'être, ni libérée, ni confuse, ni existante, ni non existante, ni délimitée, ne penchant d'aucun coté. En bref, depuis le début, la conscience n'a jamais existé comme une entité substantielle ayant des caractéristiques élaborées : sa nature est primordialement pure, vide, vaste et omniprésente. Puisque le rayonnement de la vacuité est non entravé, l'océan des phénomènes du Samsara et du Nirvana apparaît spontanément, comme le soleil et ses rayons, la conscience n'est pas non plus un néant sans rien, complètement vide, parce que son expression naturelle est la sagesse primordiale dont les qualités sont vastes et accomplies spontanément (7). Donc, la conscience, dans laquelle les apparitions et la vacuité sont inséparablement unis, est le souverain naturel des Trois Kayas, et la voie naturelle de l'état primordial. Reconnaître exactement ce que c'est constitue la Vue de la Grande Perfection. Comme le Grand Maître, Gourou Padmasambhava l'a dit : « Le Darmakaya, au-delà de l'intellect, est la nature même ».

Quelle merveille donc d'avoir entre les mains l'Esprit de Kuntuzangpo ! C'est le cœur même des six million quatre cent mille Tantras de la Grande Perfection qui sont eux-mêmes le summum des quatre-vingt quatre mille sections de l'ensemble des enseignements du Seigneur Bouddha. Il n'y a pas même un pouce à rajouter à ceci. L'élucidation ultime de tous les phénomènes devrait être accomplie selon ceci.


AYANT DONC COUPE DE L’INTERIEUR TOUS LES DOUTES ET IDÉES FAUSSES A PROPOS DE LA VUE, FAIRE EXPÉRIENCE DE CETTE VUE CONTINUELLEMENT EST APPELÉ MÉDITATION


A part ceci, toutes les méditations qui ont un but sont des méditations intellectuelles élaborées par les pensées, nous ne faisons rien comme cela. Sans vous écarter de la fermeté de cette vue, restez libres, relâchant toutes les perceptions des cinq portes des sens dans leur état naturel. Ne méditez pas sur des détails, en pensant, « C’est ceci, c’est cela ». Si vous « méditez », c’est l’intellect. Il n’y a rien sur quoi méditer. Ne vous laissez pas distraire, ne serait-ce qu’un instant. Si vous vous éloignez de votre demeure dans la conscience elle-même, cela est la véritable illusion, ainsi ne soyez pas distrait. Quelles que soient les pensées qui apparaissent, laissez-les apparaître. Ne les suivez pas, ne les entravez pas. Vous pourriez vous demander ? « Alors qu’est-ce qui devrait être fait ? »

Quelles que soient les manifestations du monde phénoménal qui puissent apparaître, restez dans un état de fraîcheur naturelle, sans vous attacher à elles comme un petit enfant qui regarde à l’intérieur d’un temple. Si vous agissez ainsi, tous les phénomènes restent à leur propre place, leur aspect n’est pas modifié, leur couleur ne change pas, leur éclat ne s'estompe pas. Bien que le monde phénoménal soit présent, si vous ne le contaminez pas en voulant et en vous accrochant, toutes les apparitions et pensées s’élèveront comme la sagesse originelle nue du vide rayonnant. Le grand nombre d’enseignements soi-disant très profonds et très vastes déconcertent les gens à l’intellect étroit. Aussi, si nous devions montrer du doigt la signification essentielle qui ressort d’eux tous, on dirait que lorsque les pensées passées ont cessé et que les pensées futures ne sont pas apparues, dans l’intervalle, n'y a-t-il pas de perception du maintenant, une fraîcheur vierge, impeccable, claire, éveillé et nue qui n’a jamais changé d’un cheveu ? Oh ! C’est la conscience elle-même.

Maintenant, on ne reste pas à jamais dans cet état. Est-ce qu’une pensée n’apparaît pas soudainement ? C’est une manifestation de la conscience elle-même. Mais si vous ne la reconnaissez pas comme telle au moment même où elle apparaît, cette pensée se répandra en tant que pensées ordinaires. C'est ce qu'on appelle « la chaîne de l’illusion ». C’est la racine du samsara. Si vous reconnaissez simplement la nature des pensées immédiatement quand elles apparaissent, sans les développer, en les laissant libres à elles-mêmes, alors toutes les pensées qui apparaissent sont toutes spontanément libérées dans l’étendue de la conscience – le Dharmakaya. Ceci, en soi, est la pratique principale unifiant la vue et la méditation de Thregchöd (8). Comme Garab Dorje l’a dit : « Quand la conscience apparaît soudainement de l’état naturel de l’étendue primordialement pure, ce souvenir immédiat est comme trouver une pierre précieuse dans les profondeurs de l’océan. C’est le Dharmakaya qui n’a pas été inventé ou fabriqué par qui que ce soit ». Vous devriez faire l’expérience de ceci avec beaucoup d’énergie, jour et nuit, sans distraction. Ne pas permettre à la vacuité de rester dans le domaine de la théorie, ramener chaque chose à la conscience elle-même.


MAINTENANT, AMELIORANT LA MEDITATION EN LA METTANT EN ACTION, COMMENT VIVRE LA PRATIQUE


Comme nous l’avons dit précédemment, la chose la plus importante est une dévotion fervente, prier ardemment avec le cœur, sans cesser, ne serait-ce qu’un instant, de considérer le Gourou comme le vrai Bouddha. Ceci est la panacée universelle qui est supérieure à toutes les autres manières de dissiper les obstacles et de faire des progrès. Les niveaux et les voies seront parcourus dans un grand élan.

En ce qui concerne les défauts de la méditation : si votre méditation baisse et devient maussade, ravivez la vigilance. Si elle se disperse et devient sauvage, détendez-vous profondément à l’intérieur. Toutefois, ceci ne devrait pas être une correction intentionnelle et forcée faite par l’esprit habituel en méditation, restant en alerte. Soyez attentif, sans oublier la reconnaissance de votre véritable nature. En préservant ceci en toutes circonstances – en mangeant, en dormant, en marchant, en vous asseyant, pendant et en dehors de vos sessions de méditation – quelque soient les pensées qui apparaissent, heureuses, douloureuses ou souillées, demeurez sans trace d’espoir ou de doute, rejet ou acceptation, et n’essayez pas, en aucune manière, de les détruire avec des antidotes. Quels que puissent être les sentiments de bonheur ou de souffrance, laissez-les comme ils sont dans leur véritable nature, nus, frais, clairs, vastes et limpides. Ainsi, puisque pour tout, il n’y a rien d’autre qu’un seul point, ne vous confondez pas avec toutes sortes de réflexions. Il n’est pas nécessaire de méditer sur la vacuité comme un antidote distinct des pensées indésirables et des obscurcissements (9). Si vous reconnaissez la nature de ces pensées indésirables consciemment, à ce moment même, elles seront libérées d’elles-mêmes comme un serpent qui se délie de son nœud.

Presque tout le monde sait comment exprimer par des mots la signification ultime et cachée de l’essence adamantine rayonnante, mais pas comment la mettre en pratique et, ainsi, c’est devenu comme des litanies d’un perroquet. Nous qui la pratiquons sommes tellement chanceux !

Maintenant, il y a davantage à comprendre, que nous devons examiner avec attention. Les deux ennemis mortels qui nous ont lié au Samsara depuis un temps sans commencement jusqu’à maintenant, sont l'appréhendeur et l'appréhendé (10). Maintenant que nous avons été introduits par la grâce du Gourou à la nature du Dharmakaya résidant en nous-mêmes, ces deux [ennemis] sont brûlés comme des plumes, ne laissant ni trace ni résidu. N’est-ce pas délicieux ?

Ayant reçu les profondes instructions sur une voie aussi rapide, si vous ne les mettez pas en pratique, ils seront comme un joyau qui exauce les souhaits placé dans la bouche d’un cadavre – une triste perte ! Ne laissez pas votre cœur se décomposer, mettez-vous à la pratique. Les débutants trouveront que l’esprit, complètement envahi par les idées noires, s’égarera dans la distraction. De plus petites pensées prolifèrerons même de manière inaperçue jusqu’à ce qu’une pleine conscience lucide revienne, et vous penserez tristement, « j’ai vagabondé ». A ce moment, ne faites rien tel que interrompre le cours des pensées, ressentir des regrets au sujet de votre vagabondage et ainsi de suite. Restez simplement dans cette pleine conscience claire et continuez à faire l’expérience de l’état naturel. Ceci est suffisant en soi. « Ne rejetez pas les pensées : voyez-les comme le Dharmakaya » comme le dit la célèbre maxime.

Toutefois, jusqu’à ce que votre expérience d’une vision plus large ait été parachevée, simplement penser « Ceci est le Dharmakaya » et demeurer dans un intervalle de tranquillité, entraîne le risque d’être pris dans une équanimité amorphe dépourvue de toute caractéristique que ce soit. Aussi, pour commencer, quelles que soient les pensées qui apparaissent, regardez- les juste sans les analyser ou y réfléchir et reposez-vous sur « Celui qui reconnaît » les pensées, sans vous soucier d’elles ou leur accorder une quelconque importance, comme un vieil homme qui regarde des enfants jouer.

En restant comme ça, vous vous installerez dans une sorte de stagnation dans l’état naturel, dépourvu de pensée. Quand ceci est, tout à coup, détruit, instantanément une sagesse transcendant l’esprit surgira, nue, fraîche, vive et élevée.

Sur la voie, il ne peut pas ne pas y avoir un certain mélange d'expériences de félicité, de clarté et d'absence de pensées mais si vous restez sans le moindre contentement, attachement vaniteux, espoir ou doute, ceci évitera que vous vous égariez.

Il est très important que, en écartant toujours la distraction, vous pratiquiez avec une pleine conscience vigilante sur un seul point. Si vous vous égarez dans une pratique sporadique et une connaissance théorique, vous deviendrez prétentieux au sujet d’une vague tranquillité et, sans avoir tout à fait clarifié vos expériences, vous ne serez intelligent que verbalement, ceci ne sera absolument pas profitable. Comme le dit la Grande Perfection : « La théorie est comme une pièce [sur un vêtement], elle s’en ira » et « Les expériences sont comme la brume, elles disparaîtront ». C’est de cette manière que de nombreux grands méditants sont amenés à s’égarer par des circonstances mineures bonnes ou mauvaises et se perdent en elles. Même lorsque la méditation a pénétré votre esprit, vous devez la cultiver continuellement sinon les instructions profondes resteront sur les pages des livres, et votre esprit, votre Dharma et votre pratique deviendront imperméables de telle manière que la naissance de la méditation authentique ne vienne jamais. Vous, anciens méditants, encore novices en pratique, faites attention – le danger est que vous puissiez mourir la tête incrustée de sel.

Après avoir pratiqué continuellement durant une longue période, un temps viendra où, par une dévotion ardente ou quelque autre circonstance, les expériences se métamorphoseront en réalisation et la conscience sera vue nue et resplendissante. C’est comme enlever un bandage de votre tête : Quel heureux soulagement ! C’est la vue suprême de ce qui n’était pas vu (11). A partir de là, les pensées s’élèveront en tant que méditation. Le calme et le mouvant (12) seront libérés simultanément.

Au début, la libération des pensées par leur reconnaissance est comme rencontrer quelqu’un que vous connaissez déjà. Au milieu, l’auto-libération des pensées est comme défaire le nœud d’un serpent. A la fin, la libération des pensées, qui ne causent ni profit ni tort, est comme un voleur dans une maison vide. Ces trois [étapes] se produiront progressivement. Une conviction forte et totale que tous les phénomènes sont le reflet de votre propre conscience prendra naissance de l’intérieur. Des vagues de vacuité-compassion déferleront. Les préférences entre Samsara et Nirvana cesseront. On réalisera que les Bouddhas et les êtres ne sont ni bons ni mauvais. Quoi qu’on fasse, jour et nuit dans une continuité vaste et parfaite, on ne bougera pas de la satisfaction totale de la nature absolue. Comme il est dit dans la Grande Perfection : « La réalisation est immuable comme le ciel.

Même si un yogi comme ceci “uni au Naturel” a l’apparence d’une personne ordinaire, son esprit demeure dans la vision sans effort du Dharmakaya et, sans action, il traverse tous les niveaux et voies. Finalement, son intellect épuisé, les phénomènes épuisés, comme l’espace dans un vase brisé, son corps se dissout en minuscules atomes et son esprit se dissout dans l’Absolu. Ceci est appelé demeurer dans l’espace de la base primordiale, le «corps du vase de jouvence rayonnant intérieurement ». Ce sera ainsi. C’est la fin ultime de la vue, de la méditation et de l’action. On l’appelle l’actualisation du fruit, qui n’a pas à être obtenu. Les étapes de l’expérience et de la réalisation peuvent apparaître soit progressivement, soit sans aucun ordre particulier, ou tous ensembles, selon les capacités des différents individus. Mais au moment du fruit, il n’y a pas de différence.


TROISIEMEMENT, LA CONTINUATION DE LA PRATIQUE (13). PRESERVER LES SAMAYA ET VOEUX, COMMENT ACHEVER LES ACTIONS ULTERIEURES DE CETTE VIE AVEC LE DHARMA


Si vous maintenez avec diligence l'expérience de la vue, méditation et pratique, vous êtes encore maladroits dans les méthodes de la voie de l'action qui suit, si bien que vos vœux et Samaya dégénèrent. Alors pour le moment, il y aura des interruptions et des obstacles sur les niveaux et les chemins et, finalement, vous tomberez certainement dans « l'enfer sans trêve ». Par conséquent, il est très important d'être toujours vigilant et attentif, en ne confondant jamais ce qui doit être rejeté et ce qui doit être adopté. Comme l'a dit le Grand Maître Padmasambhava : « Bien que ma vue soit plus élevée que le ciel, ma conduite par rapport à la cause et l'effet est plus fine que la fleur d'orge ». Donc, renonçant à l'esprit grossier et irréfléchi, vous devriez agir très subtilement pour ce qui est des causes et effets. En conservant intacts les samayas et préceptes, même les plus petit d'entre eux, vous devriez rester non souillés par les fautes et chutes.

Tous les samayas du véhicule du mantra secret, autant qu'on puisse en énumérer, sont rassemblés dans le samaya du Gourou. Celui-ci pris en tant qu’homme ordinaire, l’accomplissement est à de mois et des années [de distance]. Vous pourriez demander pourquoi. Comme il a été dit : "Pour le détenteur du Vajra (14) l'accomplissement vient après le maître". C'est le point vital.

Donc, au début, qui que vous soyez, aussi longtemps que vous n’êtes pas lié au Gourou, vous dépendez de vous seul. Mais une fois que vous vous appuyez sur le Gourou et que vous êtes devenu lié à lui par des initiations et des instructions, à partir de là, vous n'avez aucun pouvoir de ne pas garder le samaya. À la fin des quatre initiations, vous vous inclinez devant le Guru, le personnage principal du mandala et dites : «A partir de maintenant, je m'offre comme serviteur. Acceptez-moi comme votre disciple et utilisez jusqu'à la moindre partie de moi. " Par un tel consentement, que vous soyez important ou puissant, ne vous êtes-vous pas présenté tête baissée au Gourou ? Vous dites aussi : « Quoi que la suprême personne me demande, je le ferai. » Une fois que vous avez juré de cette manière, avez-vous le pouvoir d’ignorer tout ce qu’il dit ? Ne pas tenir votre propre promesse ne mérite pas de s’appeler autrement que briser le samaya, en tous cas ceci y ressemble.

Il n’a jamais été dit que vous deviez respecter le samaya parfaitement avec les Gourous importants qui ont de nombreux serviteurs, qui sont très riches, puissants et prospères, mais qu’il n’y a nul besoin de les respecter avec des Gourous modestes, qui ont pris une position humble, celle du mendiant – comme les yogis. Quel que soit le cas, vous devez comprendre les points cruciaux des avantages et des risques, car rester aussi bête qu’un vieux cheval ne marchera pas. Ce besoin de respecter le samaya, est-ce à l'avantage du Gourou ou au vôtre ? Recueillez-vous profondément et pensez-y soigneusement, comme le broyage [dans un mortier] d'un remède. Si c’est à l'avantage du Gourou, alors vous pouvez oublier ça tout de suite. Mais sinon, alors il est inutile de couvrir votre tête de cendres.

En général, le samaya avec vos frères et sœurs du Dharma comprend le fait de considérer tous ceux qui sont entrés par la porte des enseignements du Seigneur Bouddha en haute estime et de vous entraîner à voire toute chose comme étant pure. Vous devriez abandonner toute critique et toute discrimination partisane entre écoles philosophiques. Plus particulièrement, tout ceux qui ont le même gourou et le même mandala sont des frères et sœurs vajra. Aussi, renoncez au mépris, à la rivalité, la jalousie, la tromperie, et de votre cœur, considérez-les comme des intimes. Tous les êtres sensibles, sans exception, ont été nos propres parents compréhensifs.

Hélas ! La féroce souffrance du Samsara, qui est sans relâche, les harcèle tous. Si je ne les protège pas, qui d’autre le fera ? Incapable de supporter cette pensée, entraînez-vous à maintenir la compassion. Quoi que vous puissiez être capable d’accomplir avec les trois portes, faites seulement ce qui est vraiment bénéfique aux autres et dédiez leur tout mérite. En tout temps, il y a seulement trois choses qui doivent être considérées : le Dharma, le Gourou et les êtres sensibles. Alors ne contredisez pas vos intentions par vos actions. Ne rivalisez pas avec ceux qui portent les signes extérieurs ou les noms de yogis ou de moines. Mordez-vous les lèvres, contrôlez votre esprit. C’est extrêmement important – ne soyez pas idiot.

La grande profondeur de ce Dharma porte avec elle les obstacles de la même manière qu’un grand bénéfice va de paire avec un grand risque (15). La raison en est que tout le mauvais karma accumulé de vos vies passées, par le pouvoir des instructions, ressortira comme les obstacles et les apparitions de Mara. A l’endroit où vous pratiquez, des esprits montreront leurs formes et vous appelleront par votre nom. Prenant l’apparence du Gourou, ils feront des prédictions. Diverses hallucinations épouvantables apparaîtront dans votre expérience interne, des pensées et des rêves. En réalité, vous pourriez être l’objet d’attaques, de disputes, de voleurs, de brigands, de maladies et d’autres dangers. Dans l’esprit, sans aucune raison, vous ferez l’expérience de souffrances et d’une tristesse intense qui vous donneront envie de pleurer. De fortes pensées profanatrices se développeront tandis que la dévotion ardente, l’aspiration à l’illumination et la compassion déclineront. Des pensées dans lesquelles vous voyez l’hostilité partout vous rendront presque fou. Les mots bénéfiques seront mal interprétés. Vous n’aurez pas envie de poursuivre la retraite et vous serez tenté d’annuler vos promesses. Des vues contradictoires concernant le Gourou se développeront. Vous ressentirez le doute à propos du Dharma ; Vous serez accusé à tort même si vous êtes innocent. Vous acquérez une mauvaise réputation. De proches amis deviendront des ennemis et ainsi de suite. Donc, diverses circonstances indésirables pourraient bien apparaître, à l’extérieur et à l’intérieur.

Oh ! Ce sont les points critiques d’éruption. Vous devez les reconnaître. C’est ici la frontière entre le profit et le danger. Si vous traitez ces obstacles avec les moyens-clé, ils se transformeront en accomplissements. Si vous tomber en leur pouvoir, ils deviendront des empêchements. Aussi, avec un samaya pur et une ferveur persistante et ferme (16), donnez votre foi et votre cœur au Gourou, priez ardemment avec une complète confiance en quoi qu’il puisse faire. Si vous prenez ces circonstances difficiles comme quelque chose de souhaitable et persévérez résolument dans la pratique, après un certain temps, la solidité de ces conditions s’écroulera d’elle-même et votre pratique progressera. Les apparitions deviendront non substantielles comme la brume. La confiance dans le Gourou et dans ses instructions croîtra comme jamais auparavant. Même lorsque ces événements se reproduiront, vous trouverez une assurance ferme, pensant : « C’est bon ». Oh ! Ceci est la clé de la solution. En amenant les circonstances sur la voie, les points critiques ont été réglés. Oh là là ! C’est exactement ce que nous voulons, nous les pères anciens. Aussi, ne soyez pas comme un chacal approchant la dépouille d’un homme, rêvant de la dévorer mais l’arrière-train tremblant de peur.

Développez un esprit fort.

Ceux dont l’accumulation de mérite est maigre, dont le samaya et les vœux sont relâchés, dont les vues contradictoires sont importantes, dont les doutes sont nombreux, qui sont grands en promesses et petits en pratique – de telles personnes, dont les cœurs sont nauséabonds (sentent comme des pets), attendent des enseignements du Gourou qu’ils restent sur leurs étagères. Tenant fermement les circonstances défavorables à la main, ils les suivent. Ayant trouvé facilement les points faibles, le diable pourra les tirer vers le chemin des royaumes inférieurs. Hélas ! Priez le Gourou que ceci n’advienne pas.

S’il est relativement facile de se débrouiller avec les mauvaises circonstances qui apparaissent sur la voie, les bonnes circonstances présentent des difficultés bien plus grandes. Il y a un danger que, soutenu par la croyance que vous avez atteint un haut niveau de réalisation, vous vous consacriez à des moyens d’atteindre la grandeur dans cette vie et de devenir le serviteur du démon Devapoutra qui distrait. Vous devez être très prudent. Vous devez savoir que c’est la croisée des chemins où vous pouvez monter ou descendre, le point où les grands méditants sont mis à l’épreuve. Jusqu’à ce que l’expression des qualités de votre compréhension interne ait atteint la perfection, c’est une erreur de raconter vos expériences à tout le monde. Donc, gardez votre bouche close. En outre, ne vous vantez pas de vos mois ou années de retraite, mais pratiquez sérieusement pour toute la durée de votre vie humaine. Ne rabaissez pas le gain de mérite par des relations de cause à effet de vérité relative, vous trompant avec de simples mots à propos de la vacuité.

Les cérémonies dans les villages pour dompter les démons et ainsi de suite, sont réalisées pour obtenir de la nourriture, donc ne restez pas longtemps dans les lieux habités. L'action dénuée de sens, le bavardage inutile et les pensées inutiles doivent être réduits. Ne trompez pas les autres avec de la prétention et du mensonge, ce qui contredira le Dharma. N'usez pas de mauvais moyens d'existence en faisant des requêtes indirectes et en prononçant des flatteries, vous languissant de choses désirables. Ne vous associez pas aux pécheurs ou à ceux dont les vues et actions ne sont pas en harmonie avec les vôtres. Mettez au jour vos propres travers et ne parlez pas des défauts cachés des autres. Toutes les manières de fumer, quoique ce soit, sont considérées comme les ruses des démons qui font rompre les serments, aussi, rejetez-les du coeur. Le vin devrait être considéré comme un élément de samaya mais pas bu sans contrôle, jusqu'au point d'intoxication.

Vous devriez, au long de la Voie, accepter toutes les relations, à la fois avec les gens qui vous tiennent en bonne estime et vous traitent bien et avec les gens qui ne vous aiment pas et vous traitent mal, bons ou mauvais, sans vous en faire du tout, en les acceptant avec des vœux purs et bons. De tout temps, gardez intérieurement vos esprits élevés, sans perdre courage. Et extérieurement, sur la voie de l’action, restez humbles. Portez des vêtements usés. Considérez toute personne, bonne, mauvaise ou neutre, comme au-dessus de vous. Vivez frugalement et restez assidûment dans les ermitages de montagne. Fixez-vous comme ambition la condition d’un mendiant. Suivez l’exemple des vies et de la parfaite libération des siddhas du passé. Sans adresser de reproche à votre karma passé, pratiquez le Dharma impeccablement et parfaitement. Sans adresser de reproche aux circonstances, quelles qu’elles soient, restez constant. En bref, prenant votre propre esprit à témoin, donnez cette vie au Dharma.

Au moment de la mort, libre de pensée au sujet des choses laissées inaccomplies, vous ne devriez pas avoir honte de vous-mêmes. Le point vital de toutes les pratiques est ici. Lorsque le moment de la mort est arrivé, distribuez tous les biens que vous avez sans être attaché ne serait-ce qu’à une aiguille. Au moment de la mort, les plus grands pratiquants seront enjoués, les pratiquants moyens seront sans appréhension et le pratiquant ordinaire ne ressentira aucun regret. Si la lumière rayonnante de la réalisation brille continuellement tant le jour que la nuit, alors il n’y a pas de bardo et la mort n’est rien de plus que la destruction du corps. Si ce n’est pas comme ceci, alors, si vous avez confiance dans le fait d’être libéré pendant le bardo, quoi que vous fassiez sera correct. Si ce n’est pas cela, alors, vous étant auparavant entraîné et étant devenu expérimenté dans la pratique du transfert, mettez-la en œuvre le moment venu, en direction de n’importe lequel des champs célestes que vous souhaitez – le reste des voies et des niveaux sera traversé là et vous atteindrez la bouddhéité. Dans notre précieuse lignée, ce n'est absolument pas une quelconque vieille histoire du passé. De nos jours aussi, de la même façon, par les voies de Tregchö et Thogal, la réalisation atteint sa fin ultime et le corps grossier se dissout en lumière d’arc en ciel.

Si vous jetez cette pierre précieuse, n’en cherchez pas une de moindre valeur. Nous sommes extrêmement fortunés de trouver ces profondes instructions qui sont comme le cœur et le sang des Dakinis ! Aussi, élevez votre esprit et méditez avec joie. Disciples, chérissez ce livre dans votre cœur et de grands avantages pourront s'ensuivre.

Pour le bien de la pratique de la retraite de tous les méditants de Ogmin Pema Ö ling (d’où la cause racine) et à la demande de l’habile pratiquant Rigsang Dorje, possesseur du joyau de la foi respectable et immuable (d’où le prétexte), ceci fut prononcé de tout cœur par Jigdral Yeshe Dorje (la Sagesse Adamantine Intrépide) sous la forme d’un conseil oral délibéré.

Puisse la Sagesse de la Réalisation être né instantanément, et puissamment dans la nature de tous les êtres fortunés.


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Traduit selon les explications d’or de Tulkou Thondup Rinpoché, Dungsey Trinley Norbu Rinpoché et Taklung Tsetrul Rinpoché et avec l’aimable assistance de nombreux frères et sœurs vajra.

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S’il se trouve un quelconque mérite dans cette publication, Puisse-t-il être dédié à la longue vie des Enseignements et des Grands Gourous. Ainsi, les êtres sensibles pourront être aidés continuellement ***********



1- Le Paradis Absolu du Bouddha Primordial, Kuntuzangpo, (Skt. Samantabhadra) l’Excellentissime. (retour)

2- Rang-du-mKhyen – littéralement « connaissant comme lui-même ». La Présence Éveillée et sagesse primordiale est libre de toutes les notations de dualité entre soi et les autres et comprend toutes les choses comme étant des aspects de sa propre nature. (retour)

3- Les huit préoccupations mondaines ou dharmas sont : le profit et la perte, le plaisir et la souffrance, le renom et l’oubli, l’éloge et le blâme. (retour)

4- Retraite extérieure signifie rester à l’intérieur des limites de l’ermitage, sans parler, sans épier à l’extérieur, etc... La retraite intérieure est la pratique selon les modalités de la pratique que l’on entreprend sans distraction du corps, de la parole et de l’esprit. La retraite secrète consiste à rester dans la présence éveillée. (retour)

5- Les quatre changements de l’esprit apparaissent à partir de la contemplation de la préciosité et de la rareté du corps humain, de l’impermanence de toutes choses, de la loi inéluctable de la cause et effet et des imperfections et souffrances du Samsara. Le Gourou Yoga de Lamai Nal-jor, littéralement union avec la nature du Gourou, n’est pas seulement l’essence des préliminaire mais aussi celle de toutes les pratiques. (retour)

6- La présence éveillée ne se limite pas à l'un ou l'autre du Samsara ou du Nirvana et ne va pas dans le sens ou l'extrême de l’un d'eux. (retour)

7- Lhundrup – naturellement présent, comme l’huile dans une graine (retour)

8- Trancher la solidité de l’esprit (retour)

9- La nature même de ces passions et obscurcissements est la vacuité. Il n’est donc pas nécessaire de leur superposer comme antidote, une vacuité conceptuelle fabriquée par l’intellect. (retour)

10- Littéralement "le saisisseur et le saisi", c’est la dualité de l’esprit qui saisit et est l’objet de saisie. (retour)

11- « Voir » est ici la sagesse de la présence éveillée, et non voir quelque chose par la forme et la couleur. (retour)

12- Ceci se réfère aux deux aspects, calme et mouvement, de l’esprit. (retour)

13- Rjes-Top – littéralement, “après l’obtention” se réfère à quoi que fasse un pratiquant avec le corps, la parole et l’esprit après avoir réussi et compris, partiellement ou complètement, pendant la méditation ou mNyambShag, littéralement « rester dans l’équanimité ». Donc, en général, Je-thop est la continuation de la pratique dans la vie quotidienne, en dehors des sessions de méditation. Plus particulièrement, Nyam-Shak consiste à reposer dans l’équanimité dans la nature inaltérable originelle et Je-thop consiste à sortir de cet état en en gardant encore la compréhension. (retour)

14- Tous ceux qui, ayant reçu les initiations et instructions, ont donc franchi la porte du Vajrayana sont appelés « détenteurs du Vajra ». Pour eux, la réalisation des accomplissements ordinaires et extraordinaires dépend exclusivement de la dévotion et de la foi qu’ils ont dans le Gourou. C’est pourquoi notre Gourou racine est plus précieux et suprême que le Seigneur Bouddha et Padmasambhava Gourou eux-mêmes. (retour)

15- Comme un diamant d’une tête de serpent. (retour)

16- Sans alterner raideur et relâchement, comme la corde d'un arc, égale sur toute sa longueur. (retour)


Traduit en français par Istiqama avec l’aide de l’équipe de SanghaForum