Compendium des Ngöndro

sngon 'gro kun las btus pa (extraits)
Commentaire sur les pratiques préliminaires du Longchen Nyingtik

par Yukhok Chatralwa Chöying Rangdrol

Yukhok Chatralwa Chöying Rangdrol

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En évoquant le Lama


Possède deux sections : externe et interne.


1. Le Maître Spirituel Externe.

Fait référence aux lignes :


"O lama, prenez soin de moi !
Du lotus fleurissant de la dévotion au centre de mon cœur,
Apparaissez, O lama compassionné, mon seul refuge !
Je suis assailli par mes actions passées, et mes émotions turbulentes.
Afin de me protéger dans ma mauvaise fortune,
Restez comme l'ornement de joyau à la couronne de ma tête,
le chakra de grande jouissance ..."


Pendant que vous récitez "o lama, prenez soin de moi !" la première fois, afin que la renonciation puisse arriver dans votre esprit et ceux des autreS êtres, invoquez le lama en le considérant comme la personnification de tous les gourous, du bouddha et du dharmakaya. Lorsque vous le récitez pour la seconde fois, pour que la précieuse bodhichitta puisse apparaître dans vos esprits, invoquez le comme la personnification des yidams, du Dharma et du sambhogakaya. Lorsque vous le récitez pour la troisième fois, afin que la perception pure de tout ce qui apparaît et existe puisse apparaître dans vos esprits, invoquez le comme la personnification des dakinis, de la sangha et du nirmanakaya. Autrement, pour la première récitation vous pouvez le considérer comme la personnification des Trois Joyaux, pour la seconde comme la personnification des Trois Racines, et pour la troisième comme la personnification des Trois Corps.


Ensuite, considérez qu'à travers la compassion du maître, qui a été éveillée par la récitation et la visualisation de lui comme étant la personnification de toutes les sources de refuge, le lotus à quatre ou huit pétales de vive, enthousiaste et confiante foi au centre de votre corps, fleurit épanoui. Avec cela, l'unique refuge qui peut dissiper toutes nos misères et leurs causes dans notre vie actuelle et les prochaines ainsi que dans les états du bardo, le maître qui nous révèle la voie de la libération et de l'omniscience, notre maître racine attentionné, s'élève dans le canal central, et reste là, souriant heureux, dans l'espace au dessus la couronne de votre tête.


Vous pouvez vous demander quel intérêt y a-t-il à cela. C'est dans le but de nous protéger - infortunés qui sommes en proie à de grandes souffrances dues à nos propres actions passées et à nos émotions turbulentes - de tout notre karma et nos kleshas et des souffrances qu'elles causent. C'est la raison pour laquelle nous demandons au maître de rester sur le chakra de grande jouissance à la couronne de notre tête, assis là sur un lotus et des sièges faits de disques de soleil et de lune, à partir de maintenant et jusqu'à ce que nous atteignons l'illumination, en tant que seigneur tout-pénétrant de notre famille de bouddha et chef de tous les mandalas.


2. Le Maître Spirituel Intérieur

Cela correspond à la ligne :


"... Faisant naître toute ma pleine conscience et mon attention, je prie"


Le guide spirituel intérieur est notre pleine conscience, notre attention, notre faculté d'être soigneux et les six perfections transcendantes. La pleine conscience, comme il est mentionné dans La Lettre à un Ami, est la pratique principale à tous les niveaux du Dharma :


Seigneur puissant, le Bouddha enseigna que la pleine conscience du corps
Est l'unique voie à suivre.
Ainsi attache toi y fermement et protège le bien,
Parce que toutes les pratiques du Dharma seront gâchées si jamais la pleine conscience était perdue.


Ayant adressé le roi ainsi "seigneur puissant", Nagarjuna dit que le Bouddha enseigna que dans toutes les situations de notre vie quotidienne la pleine conscience du corps et ainsi de suite est l'unique voie à suivre, parce que tous ceux qui veulent suivre la voie de la libération doivent adopter cela dés le début.


L'attention est enseignée pour être la source de toutes perfections. C'est la source de la splendeur du savoir en quatre parties :


1) savoir de la terminologie de tous les enseignements du Dharma, et, à la base de cela,
2) un savoir clair du sens communiqué, aussi bien que
3) une compréhension de la cause et de l'effet pour ceux qui désirent le bonheur des royaumes supérieurs, et
4) une compréhension approfondie des causes et effets impliqués dans l'atteinte de l'état de "bien être définitif", càd, libération et omniscience. Si nous manquons de cette attention, alors, comme il est dit dans La Marche vers l'Éveil :


Quoiqu' ait été appris, réfléchis, ou médité,
Par ceux qui manquent d'attention dans leurs esprits,
Ne sera pas retenu par la mémoire,
Comme l'eau suintant dans vase qui fuit.


Notre faculté d'être soigneux est la source de toutes les qualités virtueuses. Comme il est dit dans le Soutra de la Lampe de Lune :


Discipline, apprentissage, générosité et aussi patience,
Quoiqu'il puisse être décrit comme une qualité vertueuse,
La source de toutes est la faculté d'être soigneux,
Qui, le Bouddha l'a enseigné, est un trésor à conquérir.
Priez pour qu'à travers la compassion et les bénédictions du maître, ces qualités de pleine conscience,
d'attention, et de faculté d'être soigneux puissent naître dans votre esprit et se manifester dans sa plus complète ampleur.


Vous pouvez vous demander où ces catégories de maître externe et interne sont enseignées. Le condensé du Soutra de la Perfection de Sagesse dit :


Faites confiance aux bouddhas, les conquérants transcendants, et aux bodhisattvas qui ont embarqués sur la voie du suprême éveil, et aussi la voie des paramitas comme vos maîtres spirituels. Ces deux, les maîtres et les pratiques, sont les causes permettant de réaliser rapidement la bouddhéité.


Le commentaire de Mipham Rinpoché sur le Soutra condensé dit :


Faites confiance aux bouddhas, les conquérants transcendants, et aux bodhisattvas qui ont embarqués sur la voie du suprême éveil, et aussi la voie des paramitas comme vos maîtres spirituels. De cela, les bouddhas et les bodhisattvas enseignent le grand véhicule aux autres, et ainsi ils sont les maîtres extérieurs. Ce qu'ils enseignent, la voie des paramitas, est ce que nous devons suivre ou prendre parmi notre expérience et ainsi est le maître intérieur. De cette façon, les maîtres externes et internes nous empêchent de vagabonder sur d'autres voies que celle du grand véhicule, et ainsi en comptant sur ces deux cela devient une cause parfaite, sans égale pour réaliser rapidement l'éveil des bouddhas.


La Porte du Savoir dit :


Tout d'abord nous suivons le maître externe, le guide spirituel qui enseigne le grand véhicule de façon authentique. Ensuite, ayant reçu les instructions infaillibles sur l'unité inséparable de l'authentique voie, profonde et vaste, de la transcendante perfection de sagesse complète avec tous les aspects suprêmes des moyens habiles, qui est la méthode parfaite pour approcher l'atteinte de la bouddhéité, l'état d'équité au delà des extrêmes, et l'antidote à tous les facteurs adverses sur la voie du grand véhicule, tel que l'attachement aux extrêmes ou d'avoir quelques fixations conceptuelles qui nous tiennent à distance de la "mère résultante" [càd, le nirvana], nous appliquons cela à nos esprits et ne sommes jamais séparés du maître interne.


Prendre Refuge

Cela a deux sections : 1) refuge causal et résultant, et 2) comment prendre refuge


1. Refuge causal et résultant

Le commentaire de Trouvant du Confort et de l'Aise dans la Nature de l'Esprit dit :


A ce propos, d'après le véhicule des caractéristiques, le désir d'atteindre le dharmakaya ultime et de le réaliser dans notre esprit est le refuge résultant, et prendre refuge dans les Trois Joyaux comme guides jusqu'à ce que cela ait été atteint, créant ainsi la cause de cette atteinte, est le refuge causal.


Et :


Les pratiquants de la tradition du mantra secret cherche à réaliser directement la nature de leur propre esprit, qui est la bouddhéité innée, présente dés maintenant, puis ils prennent refuge dans les sources communes de refuge, les Trois Joyaux externes, dans le refuge non commun, en restant dans la nature de l'esprit, qui est, et a toujours été, non-née. Ainsi, les Trois Joyaux des différents mandalas et les Trois Joyaux des enseignements en général sont la source causale du refuge, et prendre refuge en eux est le refuge causal. La source résultante de refuge est la nature de notre propre esprit, la sagesse apparaissant naturellement, dans laquelle les Trois Joyaux ont toujours été présents, et de se reposer dans cette nature, en une fixation unique, sans acceptation ni rejet ni aucune sorte de fabrication ou de stratagème, c'est le refuge résultant.


La nature fondamentale de l'esprit elle-même a toujours, depuis des temps immémoriaux, été la nature des Trois Joyaux résultants. Si, grâce à la bonté des Trois Joyaux causaux, nous pouvons éveiller ce potentiel et le réaliser pour nous même, alors nos esprits seront facilement et rapidement protégés et toutes nos pensées conceptuelles seront relâchées d'elles-mêmes dans l'espace fondamental de la claire lumière, sans aucune possibilité de créer nos tendances habituelles.


2. Comment Prendre Refuge

Les caractères des Objets du Refuge
Dans les Trois Joyaux, et leur essence, les sugatas,
Dans les trois racines : le lama, le yidam et le khandro,
Dans les canaux, l'air interne, et les tiklés, et leur nature, la bodhichitta,
Dans le mandala de l'essence, de la nature et de la compassion,
Je prends refuge jusqu'à ce que l'illumination soit complètement réalisée.


Dans la tradition des véhicules communs, nous considérons les bouddhas qui possèdent les quatre kayas et les cinq sagesses comme nos guides, le Dharma qui possède les aspects à la fois de la transmission et de la réalisation comme notre voie, et l'irréversible sangha qui possède les qualités du savoir et de la libération comme nos compagnons lorsque nous pratiquons sur la voie. Nous prenons refuge en eux avec le souhait que dans le futur nous accomplirons véritablement ces trois pour nous même.


D'après la méthode générale du mantra secret non-commun, nous prenons refuge dans les "trois racines" en plus des bouddhas qui ont parfait l'abandon et la réalisation. Nous offrons notre corps, parole et esprit au lama, qui est la source ou la "racine" de toutes les bénédictions. Nous comptons sur les déités yidam, qui apparaissent sous des formes pacifiées et courroucées infinies à partir de l'état pacifié du dharmakaya, et sont les sources de tous les siddhis. Nous prenons comme nos compagnons les dakinis de sagesse, qui courent librement à travers l'espace non-né de la réalité grâce à la force de l'incessante compassion, et sont la source de l'élimination des obstacles.


D'après la spéciale, sublime méthode de l'Essence Vajra, nous prenons refuge dans la voie rapide par laquelle, nous utilisons la grande essence vitale des canaux comme nirmanakaya, en tant que support pour atteindre le corps illuminé; nous formons les cinq indestructibles énergies-vent comme sambhogakaya, en tant que support pour atteindre la parole illuminée; et nous purifions la nature des essences subtiles comme dharmakaya, en tant que support pour atteindre l'esprit illuminé. Dans cette approche spéciale des canaux, énergies et essences du corps vajra, les canaux grossiers et subtiles, les énergies-vent et les essences, ensemble sans aucune impureté, apparaissent grâce à l'énergie dynamique du grand tiklé de la claire lumière, à l'intérieur duquel l'expérience "supportée" de la grande félicitée inchangée et la grande vacuité qui est dotée avec le suprême de tous les attributs sont unis inséparablement. Si nous appliquons la méthode la pure expérience de la sagesse primordiale se lèvera, mais si nous ne pratiquons pas, les expériences impures de l'illusion apparaîtront. Pour que cette pratique fasse effet, il est crucial que vous appreniez la nature du corps vajra tel qu'il est enseigné dans les tantras, les commentaires et les instructions particulières.


Le refuge ultime et infaillible dans l'état naturel implique de cultiver le grand mandala ultime de la sagesse non-duale apparaissant naturellement qui est présent dans les esprits des sources de refuge, la bodhichitta consistant en l'essence vide, qui est le dharmadhatu ou la vacuité dotée avec le suprême de tous les attributs, la sagesse spontanément parfaite de la nature savante, et la sagesse de la compassion universelle. De plus, l'essence vide est le dharmakaya, le gourou et le Bouddha, la nature savante est le sambhogakaya, la déité yidam et le dharma; et la compassion universelle est le nirmanakaya, la dakini et la sangha.


Certaines personnes peuvent se demander si oui non les extraordinaires, non-communes sources de refuge que l'on trouve dans le mantra secret peuvent être inclues dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha. En fait, elles sont inclues de la façon suivante.
Le gourou peut être soit un être ordinaire soit un Arya, ainsi il ou elle est soit un membre de la sangha soit inclut parmi les bouddhas. Dans un sens général, nous pouvons dire que les déités yidams sont semblables en étant les incarnations de la sagesse primordiale, pourtant elles apparaissent sous des formes pacifiées ou courroucées dépendant de la nature de leur manifestation, et ainsi elles sont inclues dans le joyau Bouddha. Les dakas et dakinis doivent être inclus parmi la sangha intérieure des vidyadharas, comme il est clairement dit dans le Tantra du Yamantaka et dans d'autres textes.


La raison pour laquelle on appelle séparément ces trois les 'trois racines' est la suivante. Bien que, en général, les gourous peuvent être compris parmi les bouddhas ou la sangha, le gourou particulier qui nous prodigue les instructions qui amènent à la maturation et nous libèrent est exceptionnellement généreux, par conséquent nous prenons refuge en sachant qu'il ou elle est la 'racine' ou la source des bénédictions. Bien que toutes les déités yidams pacifiées et courroucées sont inclues parmi les bouddhas, nous considérons comme spéciale la déité pour laquelle le symbole descend sur nous pendant une initiation et avec laquelle nous avons une relation karmique de nos vies précédentes, le ou la reconnaissant comme la source de tous nos accomplissements. Bien que nous prenions refuge dans tous les dakas et dakinis sachant qu'il appartiennent à la sangha interne des vidyadharas, nous faisons des offrandes spéciales à ceux qui nous sont particulièrement proches, reconnaissant qu'ils sont la source de l'élimination des obstacles.


Considérez que vous prenez refuge avec l'attitude d'un grand être, à partir de maintenant jusqu'à ce que vous atteigniez l'insurpassable illumination.


Visualisation du Champ de Mérite pour Prendre Refuge


Imaginez que partout là où vous êtes assis et dans toutes les directions environnantes c'est un magnifique et paradisiaque royaume, fait de différents précieux joyaux. A partir du sol pousse un arbre à souhait à cinq branches principales. Il est chargé d'abondantes feuilles, de fleurs et de fruits, et décoré d'ornements pendants, de petites cloches et autres de la sorte. Il occupe toute l'étendue de l'espace. En son centre, sur un trône de joyaux porté par des lions et des sièges de lotus, soleil et lune, multicolores, se trouve l'incarnation de tous les bouddhas - votre propre maître racine - sous la forme de Orgyen Dorjé Chang ('Le Vajradhara d'Oddiyana'), bleu de couleur et tenant un vajra et une cloche.


(Note : Shabdrung Rinpoché avait l'habitude de dire que de considérer Gourou Rinpoché bleu dans la pratique du refuge et en accord avec la tradition orale de l'Omniscient [c.à d. Jikmé Lingpa] lui-même. Comme il est dit dans l'Incarnation Secrète du Gourou (Lama Sangdu) : "Bleu foncé, avec un visage et deux mains, nu, possédant trois yeux et des ornements en os, sa main droite tenant un vajra au niveau du coeur, et sa main gauche tenant une cloche et embrassant la consœur. Il est assis ses deux pieds dans la position du vajra. La consœur est assise sur ses genoux du coté gauche. C'est la dakini de sagesse Yeshé Tsogyal, dans toute la beauté d'une jeune fille de seize ans.")


Il est en union avec sa consœur, Yeshé Tsogyal, blanche et tenant un couteau recourbé et un bol en crâne. Ils sont ornés de soie et d'os.


Le gourou est assis dans la posture du vajra. Sur sa tête se trouvent les maîtres de la lignée Dzogchen, assis les uns au dessus des autres. Ils sont entourés par les maîtres racines et de la lignée, les déités yidams des différents mandalas associés avec les six grandes classes de tantra, et un nombre incalculable de dakas et dakinis des trois sphères.


Sur la branche de devant est le Bouddha Shakyamouni et tous les autres bouddhas des trois temps, sous la forme de nirmanakaya. Sur la branche de droite se trouve la sangha Mahayana, comprenant les Six Fils Proches. Sur la branche de gauche se trouve Shariputra et Maudgalyayana, et l'assemblée de la noble sangha des shravakas. Sur la branche du fond se trouve le joyau du Dharma sous la forme de piles de livres, de couleur rouge, à partir desquels les voyelles et les consonnes résonnent d'elles-mêmes.


Dans l'espace intermédiaire, il y a la réunion des gardiens des samayas tel un grand océan, à la fois ceux de sagesse et ceux de la forme résultante de leurs actions passées. Ils remplissent tout l'endroit, sans laisser aucun espace.


Ceux qui possèdent les formes conséquentes à leurs propres actions passées' fait référence aux protecteurs tels que les vingt-huit ishvaris, qui transcendent le monde et malgré tout apparaissent sous des formes mondaines créées par leur karma passé et leurs émotions perturbatrices, tels des êtres mondains normaux. Par exemple, lorsque Vajra Manushya Rakshasi était la femme de Ravana, roi des Rakshasa, elle avait la tête d'une rakshasi, mais ensuite lorsqu'elle fut enlevée par Rudra, elle transforma sa tête de rakshasi en celle d'un yak.


Considérez comment ces déités ont d'innombrables qualités de sagesse, amour et pouvoir, et sont véritablement présenté en tant que grands guides qui font attention à vous et vous conduisent sur la voie de l'illumination.


Vous êtes assis en face d'elles avec votre prère à votre droite et votre mère à votre gauche. Devant se trouvent tous les êtres qui vous ont blessés de tout temps; et partout aux alentours il y a les êtres sensibles des six royaumes. Vous leur montrez à tous du respect avec votre corps en joignant les mains; avec votre parole, vous chantez à tous de façon retentissante les vers de la prise de refuge; et avec votre esprit, vous pensez ainsi :


"A partir de maintenant et jusqu'à ce que nous réalisions le coeur de l'illumination, nous prenons le maître comme notre guide, les yidams et bouddhas comme nos maîtres; le Dharma comme notre voie; et les dakinis, les protecteurs du Dharma et les membres de la sangha comme compagnons le long du chemin. Nous avons confiance en vous. Nous vous offrons tout. Nous n'avons pas d'autre refuge ou espoir sinon vous. Quoique nous fassions, prenez soin de nous."


Pratiquez la prise de refuge autant de fois que possible.


A la fin, des rayons de lumière sortent des coeurs des déités de refuge. Ils pénètrent votre corps et votre esprit, et ceux de tous les autres êtres, et purifient vos obstructions émotionnelles et cognitives et vos modes habituels. Considérez que votre durée de vie est étendue, votre mérite augmenté, et vos qualités d'apprentissage et de réalisation développées de plus en plus. Restez en méditation un instant dans un état sans aucun désir mental.


Alternativement, d'après le Petit Guide des Étapes de Visualisation de Patrul Rinpoché :


A la fin de la session considérez que vous et tous les autres êtres s'envolent dans un vrombissement, comme une nuée d'oiseaux éparpillé par un jet de pierres, et se dissolvent dans l'assemblée des déités de refuge.
Puis le refuge fond progressivement dans la lumière. Devant, les bouddhas se dissolvent dans Shakyamouni. A droite, les bodhisattvas se dissolvent tous dans Avalokiteshvara. A gauche, la noble sangha des shravakas et des pratyekabuddhas se dissolvent dans Shariputra. Derrière, ils se dissolvent tous dans le dharma, puis la totalité de se joyau du Dharma se dissout dans Gourou Rinpoché. Tous les maîtres, yidams, protecteurs du Dharma et gardiens environnants se dissolvent aussi dans Gourou Rinpoché qui se dissout doucement dans la lumière et disparaît.


Mipham Rinpoche dit :


A la fin de la session, considérez que les sources du refuge fondent dans la lumière et se dissolvent en vous et tous les autres êtres, ce par lequel vous devenez tous des bouddhas. Ensuite dédicacez le mérite.


Les préceptes et bénéfices peuvent être compris à partir d'autres sources.


Faire naître la Bodhichitta


Bodhichitta est ce qui rend la voie du Mahayana spéciale, et il vous faut connaître ses avantages, de même que comment prendre les vœux, et les préceptes et ainsi de suite, le tout avec des détails précis.


Considérez que vous et les autres êtres êtes assis devant le champ de mérite, visualisez de la même façon que dans la pratique du refuge, et, avec la ferme résolution de prendre les vœux de bodhichitta, récitez les mots du texte :


Ho ! Hypnotisé par la légère différence de perception, qui est comme les réflexions illusoires de la lune dans l'eau, les êtres errent sans fin perdus dans le cycle vicieux du samsara, Afin qu'ils puissent trouver confort et aisance dans la luminosité de l'espace universel de la véritable nature de leurs esprits, je génère un amour incalculable, la compassion, la joie, et l'équanimité de l'esprit éveillé, le cœur de la bodhichitta.


Répétez ces trois lignes trois fois ou autant de fois que c'est possible. La syllabe initiale 'Ho' est une expression d'émerveillement ou de stupéfaction. Qu'est-ce qui est si merveilleux et stupéfiant ? Générer la bodhichitta à partir d'un état finalisé avec les quatre qualités incalculables, de façon à ce que tous les êtres sensibles puissent trouver confort et aisance dans la luminosité et l'espace universel de la vraie nature de leurs esprits. C'est stupéfiant. D'autres disent que c'est une expression de la compassion, dans lequel cas les objets de notre compassion sont tous les êtres sensibles. Puis il y a ceux qui disent que c'est une expression de tristesse.


Les êtres sensibles font l'expérience de toutes sortes de bonheur et de souffrance en tant que résultat des différentes actions qu'ils ont commis dans le passé. Ces expériences erronées dans leurs propres esprits sont juste comme le reflet de la lune dans l'eau : elles apparaissent, mais lorsqu'on les examine, elles ne sont pas réelles. Ni sujet, ni objet ne peuvent être trouvés au moment de la base fondamentale ou au moment du résultat ultime. Ainsi ces apparences illusoires temporaires, qui sont fausses et trompeuses, sont seulement comme une variété de peintures crées par la diversité de nos propres actions passées. Comme il est dit, "le karma est comme un artiste". Même un simple corps d'eau et perçu différemment par les êtres des six classes, en tant que résultat de leur karma particulier et leurs tendances habituelles, et tant qu'ils possèdent cet esprit illusoire dual, les êtres continueront d'errer sans fin égarés dans le cycle vicieux du samsara.


Maintenant nous pratiquons de façon à ce qu'ils soient libre de leur vision karmique et de leurs modèles habituels, et arrivent à la luminosité et à l'espace universel de la vraie nature de leurs esprits, atteignant le niveau de la bouddhéité, où ils trouveront du confort, de l'aisance et du soulagement de tous les épuisements et difficultés apparus à cause de leur propre non-vertus. A cette fin, nous générons une compassion incommensurable, qui est le vœu qu'ils soient libérés de la souffrance et de ses causes, en même temps que ses causes, une équanimité incommensurable, qui est le vœu qu'ils soient libérés de l'attachement aux amis proches et à la famille et à l'aversion pour les ennemis. C'est pourquoi, nous générons l'amour incommensurable, qui est le vœu qu'ils aient le bonheur et ses causes, et l'incommensurable joie, qui est le vœu qu'ils ne soient jamais séparés du bonheur et de ses causes. Avec la force de la compassion née des deux premiers incommensurables, nous mettons notre attention sur tous les êtres sensibles à travers l'espace entier. Ensuite avec les deux dernières qualités, nous mettons notre attention sur la complète illumination avec la force de la sagesse - désireux, avec un amour incommensurable, qu'ils gagnent la plus haute forme de bonheur en atteignant la luminosité du dharmakaya, et désirant, avec une joie incommensurable, qu'ils n'en soient jamais séparés.


Ayant entraîné nos esprits dans ces quatre incommensurables qualités, encore et encore, nous générons la bodhichitta de l'aspiration, en nous disant : "Dans le but d'amener tous les êtres sensibles au bonheur final de la complète libération, Je ferai ce que je peux pour atteindre le précieux niveau de la parfaite bouddhéité." Et nous générons la bodhichitta de l'application, pensant : "A cette fin, Je m'entraînerai dans la large activité des bodhisattvas, représentée par cette voie profonde, et m'efforcerai avec empressement jusqu'à ce qu'il ne reste pas le moindre être dans le samsara."


Pour que la pratique soit plus élaborée, à ce point nous pouvons pratiquer en considérant les autres égaux à nous même et échangeant nous-même et les autres. En particulier, il est d'une importance cruciale que nous nous focalisions à laisser tomber notre propre bonheur lorsque nous exhalons et prenons les souffrances des autres lorsque nous inhalons - la pratique de 'donner et recevoir' ou tonglen - et que nous méditions aussi souvent qu'il nous est possible sur la bodhichitta absolue, l'union de la tranquillité (shamatha) et de la vue profonde (vipashyana), dans laquelle il y a la certitude concernant l'absence de soi des individus et des phénomènes.


Dans la biographie du précieux seigneur Atisha il est dit comment, étant arrivé au Tibet, il dit à Geshe Tönpa et aux autres :


Si vous manquez de bodhichitta, alors quoique vous fassiez, que ce soit écouter de nombreux enseignements, que vous étudiez, réfléchissiez, méditiez, pratiquiez les phases de génération et de finalisation, méditiez sur la vue de Madhyamaka, ou récitiez des mantras et autres, cela ne servira à rien. Toutes les actions vertueuses qui ne sont pas combinées avec la bodhichitta et toutes les actions vertueuses qui appauvrissent notre bodhichitta sont les agents de Mara.


A la fin de la session, considérez que vous et tous les êtres sensibles vous dissolvez dans les objets de refuge. Ils se dissolvent dans le lama au centre. Lui, en retour, se dissout dans l'espace primordial du dharmakaya, libre d'aucune élaboration conceptuelle, et vous vous reposez ans la méditation.
D'une autre façon, vous pouvez considérer que, à la fin de la session, le champ de mérite se fond dans la lumière, en commençant par ses formes extérieures, puis se dissout dans le lama au centre. Lui aussi se fond dans la lumière, et se dissout à la couronne de votre tête. Grâce à cela, la bodhichitta absolue présente dans leurs esprit apparaît vivement dans votre propre esprit, et vous dédicacez le mérite. Comme pour les préceptes de la bodhichitta de l'aspiration, entraînez vous en considérant les autres égaux à vous même, échangeant vous-même et les autres, et considérant les autres comme plus important que vous même. Comme pour les préceptes de l'aspiration, entraînez vous dans les six perfections transcendantes.


Offrande du Mandala


OM AH HUNG


Un billion d'univers - cent fois dix millions de mondes,
Remplis de toutes les richesses des dieux et des êtres humains, tels les "sept pierres précieuses",
Mes corps, mes possessions, et mes sources de mérite, tout ensemble, je les offre dans leur totalité, de façon à ce que
Je puisse naître en tant que nirmanakaya et tourner la roue du Dharma, libérant tous les êtres !


Les plus élevés des paradis de grand félicité, le royaume de "Tukpo Köpa",
Parfait avec les cinq certitudes et le mandala des cinq familles de bouddha, et
d'inconcevables étendues de nuages d'offrandes de toutes les sortes de variétés de stimulants sensuels et émotionnels -
Avec ces offrandes, puissions nous jouir de la perfection des champs du sambhogakaya !


Là où toutes les apparences et existences sont parfaitement pures depuis le tout début - le corps réceptacle jeune,
Orné par le jeu du dharmatha, la compassion incessante,
Le royaume où tous les attachements à la perception des kayas et tiklés sont naturellement libérées -
Avec l'offrande de sagesse, puissions nous jouir de la liberté de la réalité du dharmakaya !


Visualisez le champ de mérite dans le ciel devant vous, exactement comme dans la pratique de prise de refuge. Ensuite nettoyez la base du mandala, faites de métal précieux ou d'autres substances, aspergez le avec de l'eau odorante et du bajung; et arrangez une foultitude de fleurs, tel que décri dans les textes, en tant que support à vos visualisations. D'une autre façon, si vous ne le faites pas en tant que pratique quotidienne, il est suffisant de simplement l'imaginer.


Dans tous les cas, le mandala du nirmanakaya ordinaire consiste ne cent fois dix millions de mondes chacun possédant quatre continents, le Mont Mérou, et les royaumes des dieux. Ce grand champ de bouddha est rempli avec les abondantes richesses des dieux et des hommes, y compris les sept emblèmes précieux de la royauté et ainsi de suite. Offrez spécialement votre propre corps, possessions et vertus, dans leur totalité et sans hésitation. Et pensez en vous-même : "Puis-je obtenir la souveraineté du nirmanakaya, et, en tournant la roue du Dharma, conduire les êtres sur la voie de la libération et de l'omniscience."


Ensuite pour le mandala extraordinaire du sambhogakaya, dans l'espace devant, considérez que les piles représentent les cinq familles de bouddha, complètes avec les cinq certitudes, dans le paradis bienheureux d'Akanishtha-Ghanavyuha, où des déesses innombrables, telles les déesses de beautés et les autres, offrent de vastes inimaginables nuages d'offrandes pour stimuler les sens. Pensez : "A travers ces vastes et sans limites offrandes, puissions nous expérimenter les royaumes du sambhogakaya !"


Dans la sphère au dessus se trouve le mandala spécial du dharmakaya. La sagesse apparaissant naturellement de la façon dont les choses sont a toujours été présente en tant que véritable nature de l'esprit comme le 'corps réceptacle jeune". Sur le sol de ce corps réceptacle jeune, la pureté parfaite de tout ce qui apparaît et existe, arrange des piles pour représenter les apparences des purs royaumes, des déités et des palaces, purifiés de tous attachements aux kayas et tiklés, et apparaissant en tant qu'ornements de l'apparition de la réalité elle-même, de l'énergie compassionnée incessante et de la manifestation de la claire lumière. Pensez : "A travers cette offrande, puissions nous jouir du royaume du dharmakaya de Samantabhadra !"


Si vous faites cette pratique brièvement, vous pouvez réciter le vers du mandala en sept points : "La base est purifiée avec de l'eau de senteur et jonchée avec des fleurs ... etc. Bien que ce soit le mandala du nirmanakaya, il est dit que puisque le nirmanakaya est de la nature des trois kayas, cela peut aussi être considéré comme un mandala des trois kayas. C'est pourquoi il est dit qu'il est parfaitement suffisant d'offrir le mandala de cette façon seulement.


Qui plus est, il y a d'autres traditions d'explication, d'après lesquelles le cosmos d'un billion de mondes, le système de monde Saha, est offert aux déités du nirmanakaya. Ensuite, le mandala intérieur de notre propre corps est offert aux déités du sambhogakaya. Pour cela, la peau est considérée comme étant la base dorée universelle, le sang la vaporisation d'eau parfumée, les quatre membres les quatre continents, les autres parties du corps les sous-continents, les deux yeux le soleil et la lune, et les autres objets des sens les offrandes des déesses. Finalement, le mandala du dharmakaya secret, dans lequel des piles représentant les quatre visions de l'accomplissement spontané arrangées sur la base originelle de la pureté primordiale, sont offertes aux déités du dharmakaya. Ainsi, puisque les différentes formes des offrandes du mandala qui apparaissent dans l'Ancienne Tradition sont expliquées clairement dans les textes pertinents des enseignements canoniques originaux (kama) et les révélations (terma), il vous faut consulter ces sources.


En complément, il existe les "offrandes du mandala en trente-sept points" composé par Chögyal Phakpa, le Protecteur Sakyapa des Êtres, largement renommé. Le maître Buddhaguhya enseigna un mandala en treize points d'après la tradition du yoga tantra, qui consiste en le Mont Mérou, les quatre continents et les huit sous continents. Le maître Jetari décrit une offrande en dix-sept points, dans laquelle le soleil et la lune, et le parasol et la bannière de victoire sont ajoutés aux quatre continents, huit sous-continents et au Mont Mérou. Le maître Manjushrikirti parle d'un mandala en vingt-trois points dans lequel les sept emblèmes de la royauté, le vase à trésor et le soleil et la lune sont offerts en complément au Mont Mérou et aux continents et sous-continents. La tradition du Tantra de kalachakra comprend un mandala en vingt-cinq points qui, en complément de ces vingt-trois, distingue les planètes Rahou et Ketou.


Dans le mandala en treize points les piles du soleil et de la lune sont omises. Dans la version en dix-sept points le parasol et la bannière de victoire apparaissent au sud et au nord. Dans la version en vingt-trois points les sept emblèmes de la royauté et le vase à trésor sont ajoutés aux directions cardinales et intermédiaires, et le soleil et la lune apparaissent à l'est et à l'ouest. Dans la version en vingt-cinq points les planètes Rahou et Ketou sont ajoutées au sud et au nord? C'est ainsi que c'est expliqué.


Traduit du tibétain par Adam

Traduit de l’anglais par Sönam Gyaltsen pour SanghaForum