Chogyam Trungpa

Chogyam Trungpa

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Solitude, ennui, anxiété


Biographie

Chögyam Trungpa est né dans la province de Kham, au Tibet oriental, en 1940. Il n'avait que 13 mois lorsqu'il fut reconnu, selon la tradition, comme maître réincarné 1 2. Après avoir été intronisé supérieur suprême du monastère de Surmang et gouverneur du district de Surmang, il commença une période de formation de 18 ans, basée sur la pratique de la méditation et l'étude théorique de la philosophie bouddhique.

À 8 ans, Chögyam Trungpa rencontre Jamgön Kontrul, un maître spirituel réputé, dont l'impression d'authenticité qu'il dit avoir ressenti à son contact devient son idéal et sa principale inspiration dans les années qui suivirent1. Il est ordonné moine novice et aborde l'étude et la pratique intensive des disciplines monastiques, de même que celles des arts, dont la calligraphie, la peinture de thangka et la danse monastique. Jusqu'à l'âge de 12 ans, rien ne vient troubler le rythme de son éducation mais c'est à cette époque qu'il voit pour la première fois des soldats chinois camper autour des monastères du sud de Surmang. Il s'en inquiète1. À l'âge de 15 ans, il dit avoir vu des films de propagande projetés par les soldats chinois dans les monastères. C'est aussi l'âge où il rencontra le 14e Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, pour la première fois1.

En 1958, il reçoit les titres de kyorpön (docteur en théologie) de khenpo (maître des études). La même année, il est ordonné moine.

Du fait de l'invasion militaire chinoise du Tibet en 1950, Chögyam Trungpa dut fuir son pays en avril 19593. Il partit avec un groupe de 300 personnes, dont Akong Rinpoché, pour un dangereux voyage à travers l'Himalaya jusqu'en Inde. Seulement 12 personnes atteindront l'Inde, les autres ayant été abattus ou faits prisonniers au moment du passage de la frontière1. C'est durant cette fuite qu'il rencontra Könchok Paldrön, une jeune nonne tibétaine dont il tomba amoureux et qui lui donna un peu plus tard en Inde son premier fils : Ösel Rangdrol Mukpo1. Könchok Paldrön, à cause de cette grossesse, dut partir avec son fils. Elle se remaria ensuite et eut d'autres enfants.

De 1959 à 1963, Chögyam Trungpa fut nommé par le 14e Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, conseiller spirituel de la Young Lamas Home School, à Dalhousie en Inde. En 1963, Chögyam Trungpa partit pour l'Angleterre afin d'étudier les religions comparées, la philosophie et les beaux-arts à l'Université d'Oxford, grâce à une bourse Spaulding. A la même époque, il étudia aussi l'arrangement floral japonais (Ikebana) et reçut la qualification d'enseignant de l'école Sogetsu.

En 1967, il se rendit en Écosse où il fonda, avec Akong Rinpoché, le centre de méditation Samye Ling, 1er centre de pratique du bouddhisme tibétain en Occident.

Peu après, divers événements - y compris un accident de voiture qui lui laissa une hémiplégie gauche partielle - conduisirent Chögyam Trungpa à prendre la décision d'abandonner ses vœux monastiques et de devenir un enseignant laïc4.

En 1969, il publia Méditation et Action, premier d'une série de livres sur le chemin spirituel publiés pendant sa vie.

L'année suivante il épousa Diana Pybus (Diana J. Mukpo) le 3 janvier 1970 et partit aux États-Unis d'Amérique, où il établit son premier centre de méditation en Amérique du Nord à Barnet dans le Vermont, au départ nommé Tail of the Tiger (la Queue du Tigre) aujourd'hui connu sous le nom de Karmê Chöling.

Dans les années 1970, Chögyam Trungpa dirigea six séminaires Vajradhatu de trois mois, pendant lesquels il présenta un vaste corpus d'enseignements bouddhistes dans une ambiance de méditation intensive. Les séminaires ont contribué à l'importante fonction de former ses élèves à devenir eux-mêmes enseignants. Chögyam Trungpa a aussi invité d'autres maîtres, y compris le 16e Karmapa, chef de la lignée Kagyupa, à venir enseigner en Occident. C'est aussi pendant cette période que Chögyam Trungpa a fondé Vajradhatu, une organisation qui chapeaute les nombreux centres qui s'établissaient à travers le monde sous sa direction et dont le siège central est établi à Boulder dans le Colorado.

En 1976, il nomma Thomas Rich son Régent (Vajra), fonction traditionnelle qui confère la responsabilité de poursuivre la tâche d'enseignements léguée par un maître. Le Régent Vajra Ösel Tendzin a été le 1er Occidental reconnu comme détenteur de la lignée Shambhala de la tradition Kagyupa.

Vers la fin des années 1970, Chögyam Trungpa offrit une pratique contemplative aux personnes qui ne s'intéressaient pas nécessairement à l'étude du bouddhisme. Il mit au point un programme appelé Apprentissage Shambhala, fondé sur le légendaire royaume du même nom.

Pendant les années 1980, tout en continuant ses tournées d'enseignement, les séminaires Vajradhatu et la publication de livres - à quoi s'ajoute l'établissement d'un monastère bouddhiste à Cap Breton en Nouvelle-Écosse, au Canada - Trungpa orienta son attention de plus en plus vers la propagation d'enseignements qui s'étendaient au-delà du canon bouddhiste. Ces activités ne comprenaient pas seulement l'Apprentissage Shambhala, qui attiraient des milliers d'élèves, mais aussi le tir à l'arc japonais, la calligraphie, l'arrangement floral (Ikebana), la cérémonie du thé, la santé, la danse, le théâtre et la psychothérapie, entre autres. Chögyam Trungpa cherchait à apporter, selon lui « l'art dans la vie quotidienne ». Il établit en 1974 la Fondation Nalanda pour servir de tutelle à ces activités.

En 1986, suivant son désir d'établir le centre de son organisation dans une ambiance moins agressive et matérialiste, Chögyam Trungpa partit pour la Nouvelle-Écosse, où quelques centaines de ses élèves s'étaient déjà établis. Peu de temps après, en avril 1987, la vie de Chögyam Trungpa arriva à son terme. Chögyam Trungpa eut cinq fils.


Héritage

Chögyam Trungpa Rinpoché est considéré comme l'un des enseignants du bouddhisme tibétain les plus dynamiques du XXe siècle5. Il a fondé plus d'une centaine de centres de méditation à travers le monde dont la première université d'inspiration bouddhiste en Amérique du Nord : l'Université Naropa. Il est l'auteur de plus de 20 livres sur la méditation, le bouddhisme, la poésie, les arts et la voie Shambhala de l'art du guerrier.

Ses obsèques, auxquelles assistèrent plus de 3000 personnes, se déroulèrent sur une journée entière au cours d'une cérémonie élaborée, sur la terre du Vermont où il posa le pied pour la première fois aux États-Unis. Quelques années plus tard, le Régent Vajra mourut aussi. Dans la période suivant ces décès, la communauté et ses dirigeants se tournèrent vers un des maîtres les plus vénérés de Chögyam Trungpa et le seul vivant, Dilgo Khyentse Rinpoché, chef de la lignée Nyingmapa.

En 2000, son fils Sakyong a commencé à utiliser l'expression « Bouddhisme Shambhala » pour désigner l'enseignement de son père et le sien, comme une nouvelle lignée qui sans être tout à fait détachée de celle des tibétains se veut malgré tout plus séculière.


XIIe réincarnation

Choseng Trungpa Rinpoché est le 12e et actuel Trungpa Rinpoché. Il est né le 6 février 1989 dans le village de Pawo, à Dege, dans l'Est du Tibet, le Kham. Il fut reconnu par Taï Sitou Rinpoché en 1991. Il a été intronisé une année plus tard au Monastère de Surmang par son oncle, Damkar Rinpoché, un haut lama Kagyupa. Il a étudié les traditions de Surmang sous la tutelle de Kenla, un moine avancé et âgé, et a reçu son éducation monastique primaire au shedra au Monastère de Palpung.

Le nom Choseng est une contraction de Chokyi Sengay, qui signifie le « Lion du Dharma ».

En 2001, il a rencontré pour la première fois Sakyong Mipham Rinpoché, le fils de son incarnation précédente, le Vidyadhara Chögyam Trungpa Rinpoché.


Folle sagesse

Dorje Drolö, la forme la plus courroucée de Padmasambhava, manifestation de la folle sagesse, qui incarne les forces de l'intuition et de la compassion au-delà de la logique et des conventions6.

Chögyam Trungpa était un maître spirituel iconoclaste dont les comportements (la création d'une cour royale), les habitudes (sa consommation d'alcool), et les méthodes (dans l'esprit de Dorje Drolö, la manifestation de la "folle sagesse") ont soulevé des controverses sans pourtant affecter le respect de la plupart de ses disciples ou d'autres maîtres tibétains pour son enseignement, y compris de la part de sa femme, Diana J. Mukpo (Diana Pybus), qui fut témoin et participante, parfois embarrassée, des activités de son mari1.


Bibliographie

Ouvrages de Chögyam Trungpa

- Né au Tibet, Préface Marco Pallis, Ed Buchet/Chastel 1968, Ed. Seuil 1991.

- Méditation et Action, Causeries au Centre Tibétain de Samyê-Ling mises en français par Armel Guerne, Fayard, 1973.

- Pratique de la voie tibétaine : au-delà du matérialisme spirituel Paris : Seuil, 1976.

- Le mythe de la liberté et la voie de la méditation collection "Points - Sagesses", Paris : Seuil, 1979.

- L'Aube du Tantra, Albin Michel, 1982

- Shambhala : la voie sacrée du guerrier Paris : Seuil, 1990.

- Le Coeur du sujet Paris : Seuil, 1993.

- Folle sagesse Paris : Seuil, 1993.

- Mandala : un chaos ordonné Paris : Seuil, 1994.

- Bardo : au-delà de la folie Paris : Seuil, 1995.

- Tantra : la voie de l'ultime Paris : Seuil, 1996.

- Jeu d'illusion : vie et enseignement de Naropa Paris : Seuil, 1997.

- L'entraînement de l'esprit : et l'apprentissage de la bienveillance Paris : Seuil, 1998.

- Le livre des morts tibétain : la grande libération par l'audition pendant le bardo Chögyam Trungpa Rinpoché et Padmasambhava, Karma Lingpa, Francesca Fremantle, Courrier du livre, 1998. (ISBN 2702901476)

- Regards sur l'abhidharma d'apres un seminaire sur la philosophie bouddhique Editions yiga tcheu dzinn, 1999.

- La sagesse de Shambala : Soleil du Grand Est Paris : Seuil, 2002.

- Dharma et créativité Paris : Seuil, 2003.

- Enseignements secrets : l'incandescence du réel Ed. du Relié, 2003.

- Le chemin est le but : manuel de base de méditation bouddhique Ed Vega, 2005.

- Enseignements secrets : l'incandescence du réel Paris : Seuil, 2006.

- Zen et Tantra Paris : Seuil, 2010.


Ouvrages sur Chögyam Trungpa

- Chögyam Trungpa, une révolution bouddhiste par Fabrice Midal, Editions du grand est 2007.

- Recalling Chögyam Trungpa par Fabrice Midal, Shambhala Publications 2006

- Chögyam Trungpa Rinpoché et Fabrice Midal (2004) Pour chaque moment de la vie Paris : Seuil.

- Warrior-king of Shambhala: remembering Chögyam Trungpa Par Jeremy Hayward; Wisdom Publications, 2007

- Ma vie avec Chögyam Trungpa, Le rugissement du dragon par Diana J. Mukpo (épouse de Chögyma Trungpa Rinpoché), La Table Ronde 2008.


Lien

Shambhala France


(source: Wikipedia)