Majjhima Nikâya 028
Mahâhatthipadopama Sutta
Le grand discours sur la comparaison des empreintes de pas d'éléphant

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sâvatthî dans le Bosquet de Jeta, dans le parc d'Anâthapindika. Là, le vénérable Sâriputta s'adressa aux bhikkhus ainsi : « Amis, bhikkhus. » - « Ami, » répondirent-ils. Le vénérable Sâriputta dit ceci :


2. « Amis, juste comme une empreinte de pas de tout être vivant qui marche peut entrer à l'intérieur d'une empreinte de pas d'éléphant, et qu'alors l'empreinte de pas d'éléphant est déclarée leur chef en raison de sa grande taille ; de même, tous les états sains peut être inclus dans les Quatre Nobles Vérités. Dans quelles quatre ? Dans la noble vérité de la souffrance, dans la noble vérité de la cause de la souffrance, dans la noble vérité de la cessation et de la souffrance, et dans la noble vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance.


3. « Et qu'est la noble vérité de la souffrance ? La naissance est souffrance; la vieillesse est souffrance; la maladie est souffrance; la mort est souffrance; la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir sont souffrance; ne pas obtenir ce que l'on veut est souffrance; en résumé, les cinq agrégats affectés par l'attachement sont souffrance.


4. « Et que sont les cinq agrégats affectés par l'attachement? Ils sont : l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement, l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement, l'agrégat de la perception affecté par l'attachement, l'agrégat des formations affecté par l'attachement, et l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement.


5. « Et qu'est l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement ? Il est les quatre grands éléments et la forme matérielle dérivée des quatre grands éléments. Et que sont les quatre grands éléments ? Ils sont l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, et l'élément air.


(L'élément terre)


6. « Qu'est, amis, l'élément terre ? L'élément terre peut être interne ou externe. Quel est l'élément terre interne ? Tout ce qui intérieurement, appartenant à soi-même, est solide, solidifié, et s'accroche ; c'est-à-dire, les cheveux, les poils, les ongles, les dents, la peau, la chair, les tendons, les os, la moelle osseuse, les reins, le coeur, le foie, le diaphragme, la rate, les poumons, les intestins, le mésentère, les contenus de l'estomac, les fèces, ou n'importe quoi d'autre qui intérieurement, appartenant à soi-même, est solide, solidifié, et s'accroche : ceci est appelé l'élément terre interne. Et l'élément terre interne et l'élément terre externe sont tous deux simplement l'élément terre. Et cela devrait être vu comme il en est vraiment avec la sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas mien, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon soi.' Quand on le voit ainsi comme il est vraiment avec la sagesse correcte, on devient désenchanté avec l'élément terre et l'on rend l'esprit dépassionné envers l'élément terre.


7. «Et il vient un moment où l'élément eau devient instable et alors l'élément terre externe disparaît. Quand même cet élément terre externe, grand comme il est, est vu comme impermanent, sujet à la destruction, à la disparition, et au changement, qu'est ce corps, qui est accroché par l'envie et dure seulement quelque temps ? Il ne peut y avoir aucune considération comme un 'je' ou 'mien' ou 'je suis.'


8. « Alors, si d'autres insultent, injurient, réprimandent, et harassent un bhikkhu qui a vu cet élément comme il est vraiment, il comprend ainsi: 'Cette sensation douloureuse née du contact de l'oreille s'est élevée en moi. Ceci est dépendant, non indépendant. Dépendant de quoi ? Dépendant du contact.' Alors il voit ce contact comme impermanent, cette sensation comme impermanente, cette perception comme impermanente, ces formations comme impermanentes, et cette conscience comme impermanente. Et son esprit, ayant fait d'un élément son support objectif, entre dans ce nouveau support objectif et acquière confiance, stabilité, et résolution.


9. «Et si d'autres attaquent ce bhikkhus par des moyens qui sont non souhaités, non désirés, et désagréables, avec les poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux, il comprend ainsi : 'Ce corps est de telle nature que des poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux l'assaillent. Mais ceci a été dit par le Bienheureux dans son « conseil sur la comparaison de la scie » : « Bhikkhus, même si des bandits venaient vous couper sauvagement membre après membre avec une scie à deux poignées, celui qui donne naissance à un esprit de haine envers eux ne porterait pas mes enseignements. » Alors une énergie inépuisable devrait s'élever en moi et une pleine conscience incessante devrait s'établir, mon corps devrait être tranquille et paisible, mon esprit concentré et unifié. Et maintenant, laissons les poings, les mottes de terre, les bâtons, et les couteaux assaillir mon corps ; car cet enseignement du Bouddha est pratiqué par moi.'


10. « Quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence ainsi : 'C'est une perte pour moi, ce n'est pas un gain pour moi, c'est mauvais pour moi, ce n'est pas bon pour moi, que quand je me souviens ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par qui est sain ne s'établit en moi.' Juste comme quand une belle-fille voit son beau-père provoque un sentiment d'urgence pour lui plaire, de même, quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence. Mais si, quand il se souvient du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par ce qui est sain s'établit en lui, alors il en est satisfait. À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


(L'élément eau)


11. « Qu'est, amis, l'élément eau? L'élément eau peut être interne ou externe. Quel est l'élément eau interne ? Tout ce qui intérieurement, appartenant à soi-même, est liquide, trempé, et s'accroche ; c'est-à-dire, la bile, le phlegme, le pus, le sang, la sueur, la graisse, les larmes, le sébum, la salive, le mucus, la synovie, l'urine, ou n'importe quoi d'autre qui intérieurement, appartenant à soi-même, est liquide, trempé, et s'accroche : ceci est appelé l'élément eau interne. Et l'élément eau interne et l'élément eau externe sont tous deux simplement l'élément eau. Et cela devrait être vu comme il en est vraiment avec la sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas mien, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon soi.' Quand on le voit ainsi comme il est vraiment avec la sagesse correcte, on devient désenchanté avec l'élément eau et l'on rend l'esprit dépassionné envers l'élément eau.


12. «Et il vient un moment où l'élément eau externe devient instable. Il emporte les villages, les villes, les départements, les régions, et les pays. Il vient un moment où l'eau dans le grand océan descend cent lieues, deux-cent lieues, trois-cent lieues, quatre-cent lieues, cinq-cent lieues, six-cent-lieues, sept-cent lieues. Il vient un moment où l'eau dans le grand océan se tient à sept palmiers de profondeur, six palmiers de profondeur, cinq palmiers de profondeur, quatre palmiers de profondeur, trois palmiers de profondeur, deux palmiers de profondeur, seulement un palmier de profondeur. Il vient un moment où l'eau dans le grand océan se tient à sept brasses de profondeur, six brasses de profondeur, cinq brasses de profondeur, quatre brasses de profondeur, trois brasses de profondeur, deux brasses de profondeur, seulement une brasse de profondeur. Il vient un moment où l'eau dans le grand océan se tient à une moitié de brasse de profondeur, seulement à profondeur de taille, seulement à profondeur de genoux, et seulement à profondeur de cheville. Il vient un moment où l'eau dans le grand océan n'est pas suffisante pour mouiller même l'articulation d'un doigt. Quand même cet élément eau externe, grand comme il est, est vu comme impermanent, sujet à la destruction, à la disparition, et au changement, qu'est ce corps, qui est accroché par l'envie et dure seulement quelque temps ? Il ne peut y avoir aucune considération comme un 'je' ou 'mien' ou 'je suis.'


13. « Alors, si d'autres insultent, injurient, réprimandent, et harassent un bhikkhu qui a vu cet élément comme il est vraiment, il comprend ainsi: 'Cette sensation douloureuse née du contact de l'oreille s'est élevée en moi. Ceci est dépendant, non indépendant. Dépendant de quoi ? Dépendant du contact.' Alors il voit ce contact comme impermanent, cette sensation comme impermanente, cette perception comme impermanente, ces formations comme impermanentes, et cette conscience comme impermanente. Et son esprit, ayant fait d'un élément son support objectif, entre dans ce nouveau support objectif et acquière confiance, stabilité, et résolution.


14. «Et si d'autres attaquent ce bhikkhus par des moyens qui sont non souhaités, non désirés, et désagréables, avec les poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux, il comprend ainsi : 'Ce corps est de telle nature que des poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux l'assaillent. Mais ceci a été dit par le Bienheureux dans son « conseil sur la comparaison de la scie » : « Bhikkhus, même si des bandits venaient vous couper sauvagement membre après membre avec une scie à deux poignées, celui qui donne naissance à un esprit de haine envers eux ne porterait pas mes enseignements. » Alors une énergie inépuisable devrait s'élever en moi et une pleine conscience incessante devrait s'établir, mon corps devrait être tranquille et paisible, mon esprit concentré et unifié. Et maintenant, laissons les poings, les mottes de terre, les bâtons, et les couteaux assaillir mon corps ; car cet enseignement du Bouddha est pratiqué par moi.'


15. « Quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence ainsi : 'C'est une perte pour moi, ce n'est pas un gain pour moi, c'est mauvais pour moi, ce n'est pas bon pour moi, que quand je me souviens ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par qui est sain ne s'établit en moi.' Juste comme quand une belle-fille voit son beau-père provoque un sentiment d'urgence pour lui plaire, de même, quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence. Mais si, quand il se souvient du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par ce qui est sain s'établit en lui, alors il en est satisfait. À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


(L'élément feu)


16. « Qu'est, amis, l'élément feu? L'élément feu peut être interne ou externe. Quel est l'élément feu interne ? Tout ce qui intérieurement, appartenant à soi-même, est enflammé, embrasé, et s'accroche ; c'est-à-dire, ce par quoi on est réchauffé, on vieillit, et on est consumé, et ce par quoi ce qui est mangé, bu, consommé, et goûté devient complètement digéré, ou n'importe quoi d'autre qui intérieurement, appartenant à soi-même, est enflammé, embrasé, et s'accroche : ceci est appelé l'élément feu interne. Et l'élément feu interne et l'élément feu externe sont tous deux simplement l'élément feu. Et cela devrait être vu comme il en est vraiment avec la sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas mien, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon soi.' Quand on le voit ainsi comme il est vraiment avec la sagesse correcte, on devient désenchanté avec l'élément feu et l'on rend l'esprit dépassionné envers l'élément feu.


17. «Et il vient un moment où l'élément feu externe devient instable. Il brûle les villages, les villes, les départements, les régions, et les pays. Il s'éteint en raison du manque de combustible seulement quand il atteint un pré, ou un chemin, ou une roche, ou de l'eau, ou un espace ouvert. Il vient un moment où ils essayent de faire du feu même avec une plume de coq ou des rognures de cuir. Quand même cet élément feu externe, grand comme il est, est vu comme impermanent, sujet à la destruction, à la disparition, et au changement, qu'est ce corps, qui est accroché par l'envie et dure seulement quelque temps ? Il ne peut y avoir aucune considération comme un 'je' ou 'mien' ou 'je suis.'


18. « Alors, si d'autres insultent, injurient, réprimandent, et harassent un bhikkhu qui a vu cet élément comme il est vraiment, il comprend ainsi: 'Cette sensation douloureuse née du contact de l'oreille s'est élevée en moi. Ceci est dépendant, non indépendant. Dépendant de quoi ? Dépendant du contact.' Alors il voit ce contact comme impermanent, cette sensation comme impermanente, cette perception comme impermanente, ces formations comme impermanentes, et cette conscience comme impermanente. Et son esprit, ayant fait d'un élément son support objectif, entre dans ce nouveau support objectif et acquière confiance, stabilité, et résolution.


19. «Et si d'autres attaquent ce bhikkhus par des moyens qui sont non souhaités, non désirés, et désagréables, avec les poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux, il comprend ainsi : 'Ce corps est de telle nature que des poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux l'assaillent. Mais ceci a été dit par le Bienheureux dans son « conseil sur la comparaison de la scie » : « Bhikkhus, même si des bandits venaient vous couper sauvagement membre après membre avec une scie à deux poignées, celui qui donne naissance à un esprit de haine envers eux ne porterait pas mes enseignements. » Alors une énergie inépuisable devrait s'élever en moi et une pleine conscience incessante devrait s'établir, mon corps devrait être tranquille et paisible, mon esprit concentré et unifié. Et maintenant, laissons les poings, les mottes de terre, les bâtons, et les couteaux assaillir mon corps ; car cet enseignement du Bouddha est pratiqué par moi.'


20. « Quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence ainsi : 'C'est une perte pour moi, ce n'est pas un gain pour moi, c'est mauvais pour moi, ce n'est pas bon pour moi, que quand je me souviens ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par qui est sain ne s'établit en moi.' Juste comme quand une belle-fille voit son beau-père provoque un sentiment d'urgence pour lui plaire, de même, quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence. Mais si, quand il se souvient du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par ce qui est sain s'établit en lui, alors il en est satisfait. À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


(L'élément air)


21. « Qu'est, amis, l'élément air? L'élément air peut être interne ou externe. Quel est l'élément air interne ? Tout ce qui intérieurement, appartenant à soi-même, est aéré, spacieux, et s'accroche ; c'est-à-dire, les vents ascendants, les vents descendants, les vents dans le ventre, les vents dans les intestins, les vents qui courent dans les membres, l'inspiration et l'expiration, ou n'importe quoi d'autre qui intérieurement, appartenant à soi-même, est aéré, spacieux, et s'accroche : ceci est appelé l'élément air interne. Et l'élément air interne et l'élément air externe sont tous deux simplement l'élément air. Et cela devrait être vu comme il en est vraiment avec la sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas mien, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon soi.' Quand on le voit ainsi comme il est vraiment avec la sagesse correcte, on devient désenchanté avec l'élément air et l'on rend l'esprit dépassionné envers l'élément air.


22. «Et il vient un moment où l'élément air externe devient instable. Il balaye les villages, les villes, les départements, les régions, et les pays. Il vient un moment dans le dernier mois de la saison chaude où ils essayent de faire du vent par le moyen d'un éventail ou de soufflets et même les brins de paille pendant au bord des toits de chaume ne remuent pas. Quand même cet élément air externe, grand comme il est, est vu comme impermanent, sujet à la destruction, à la disparition, et au changement, qu'est ce corps, qui est accroché par l'envie et dure seulement quelque temps ? Il ne peut y avoir aucune considération comme un 'je' ou 'mien' ou 'je suis.'


23. « Alors, si d'autres insultent, injurient, réprimandent, et harassent un bhikkhu qui a vu cet élément comme il est vraiment, il comprend ainsi: 'Cette sensation douloureuse née du contact de l'oreille s'est élevée en moi. Ceci est dépendant, non indépendant. Dépendant de quoi ? Dépendant du contact.' Alors il voit ce contact comme impermanent, cette sensation comme impermanente, cette perception comme impermanente, ces formations comme impermanentes, et cette conscience comme impermanente. Et son esprit, ayant fait d'un élément son support objectif, entre dans ce nouveau support objectif et acquière confiance, stabilité, et résolution.


24. «Et si d'autres attaquent ce bhikkhus par des moyens qui sont non souhaités, non désirés, et désagréables, avec les poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux, il comprend ainsi : 'Ce corps est de telle nature que des poings, des mottes de terre, des bâtons, ou des couteaux l'assaillent. Mais ceci a été dit par le Bienheureux dans son « conseil sur la comparaison de la scie » : « Bhikkhus, même si des bandits venaient vous couper sauvagement membre après membre avec une scie à deux poignées, celui qui donne naissance à un esprit de haine envers eux ne porterait pas mes enseignements. » Alors une énergie inépuisable devrait s'élever en moi et une pleine conscience incessante devrait s'établir, mon corps devrait être tranquille et paisible, mon esprit concentré et unifié. Et maintenant, laissons les poings, les mottes de terre, les bâtons, et les couteaux assaillir mon corps ; car cet enseignement du Bouddha est pratiqué par moi.'


25. « Quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence ainsi : 'C'est une perte pour moi, ce n'est pas un gain pour moi, c'est mauvais pour moi, ce n'est pas bon pour moi, que quand je me souviens ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par qui est sain ne s'établit en moi.' Juste comme quand une belle-fille voit son beau-père provoque un sentiment d'urgence pour lui plaire, de même, quand ce bhikkhu se souvient ainsi du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, si l'équanimité supportée par ce qui est sain ne s'établit pas en lui, alors il provoque un sentiment d'urgence. Mais si, quand il se souvient du Bouddha, du Dhamma, et de la Sangha, l'équanimité supportée par ce qui est sain s'établit en lui, alors il en est satisfait. À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


26. « Amis, juste comme quand un endroit clos par des arbres et des plantes grimpantes, de l'herbe, et de l'argile, vient à être appelé 'maison,' de même, quand un endroit clos par des os et des tendons, de la chair et de la peau, il vient à être appelé 'forme matérielle.'


27. « Si, amis, intérieurement l'oeil est intact mais qu'aucune forme externe ne vient à sa portée, et qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Si intérieurement l'oeil est intact et que des formes externes viennent à sa portée, mais qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Mais si intérieurement l'oeil est intact et que des formes externes viennent à sa portée et qu'il y a l'engagement conscient correspondant, alors il y a la manifestation de la partie de conscience correspondante.


28. « La forme matérielle dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement. La sensation dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement. La perception dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la perception affecté par l'attachement. Les formations dans ce qui est ainsi venu à être sont inclues dans l'agrégat des formations affecté par l'attachement. La conscience dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement. Il comprend ainsi : 'Ceci, en effet, est comment viennent à être l'inclusion, la réunion, et l'accumulation de choses dans ces cinq agrégats affectés par l'attachement. Et ceci a été dit par le Bienheureux : « Celui qui voit l'origine dépendante voit le Dhamma ; celui qui voit le Dhamma voit l'origine dépendante. » Et ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont produits en dépendance. Le désir, le plaisir, le penchant, et l'attachement basés sur ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont l'origine de la souffrance. La suppression du désir et de l'envie, l'abandon du désir et de l'envie pour ces cinq agrégats affectés par l'attachement est la cessation de la souffrance.' À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


29. « Si, amis, intérieurement l'oreille est intacte mais qu'aucune son externe ne vient à sa portée, et qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Si intérieurement l'oreille est intacte et que des sons externes viennent à sa portée, mais qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Mais si intérieurement l'oreille est intacte et que des sons externes viennent à sa portée et qu'il y a l'engagement conscient correspondant, alors il y a la manifestation de la partie de conscience correspondante.


30. « La forme matérielle dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement. La sensation dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement. La perception dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la perception affecté par l'attachement. Les formations dans ce qui est ainsi venu à être sont inclues dans l'agrégat des formations affecté par l'attachement. La conscience dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement. Il comprend ainsi : 'Ceci, en effet, est comment viennent à être l'inclusion, la réunion, et l'accumulation de choses dans ces cinq agrégats affectés par l'attachement. Et ceci a été dit par le Bienheureux : « Celui qui voit l'origine dépendante voit le Dhamma ; celui qui voit le Dhamma voit l'origine dépendante. » Et ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont produits en dépendance. Le désir, le plaisir, le penchant, et l'attachement basés sur ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont l'origine de la souffrance. La suppression du désir et de l'envie, l'abandon du désir et de l'envie pour ces cinq agrégats affectés par l'attachement est la cessation de la souffrance.' À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


31. « Si, amis, intérieurement le nez est intact mais qu'aucune odeur externe ne vient à sa portée, et qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Si intérieurement le nez est intact et que des odeurs externes viennent à sa portée, mais qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Mais si intérieurement le nez est intact et que des odeurs externes viennent à sa portée et qu'il y a l'engagement conscient correspondant, alors il y a la manifestation de la partie de conscience correspondante.


32. « La forme matérielle dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement. La sensation dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement. La perception dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la perception affecté par l'attachement. Les formations dans ce qui est ainsi venu à être sont inclues dans l'agrégat des formations affecté par l'attachement. La conscience dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement. Il comprend ainsi : 'Ceci, en effet, est comment viennent à être l'inclusion, la réunion, et l'accumulation de choses dans ces cinq agrégats affectés par l'attachement. Et ceci a été dit par le Bienheureux : « Celui qui voit l'origine dépendante voit le Dhamma ; celui qui voit le Dhamma voit l'origine dépendante. » Et ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont produits en dépendance. Le désir, le plaisir, le penchant, et l'attachement basés sur ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont l'origine de la souffrance. La suppression du désir et de l'envie, l'abandon du désir et de l'envie pour ces cinq agrégats affectés par l'attachement est la cessation de la souffrance.' À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


33. « Si, amis, intérieurement la langue est intacte mais qu'aucune saveur externe ne vient à sa portée, et qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Si intérieurement la langue est intacte et que des saveurs externes viennent à sa portée, mais qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Mais si intérieurement la langue est intacte et que des saveurs externes viennent à sa portée et qu'il y a l'engagement conscient correspondant, alors il y a la manifestation de la partie de conscience correspondante.


34. « La forme matérielle dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement. La sensation dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement. La perception dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la perception affecté par l'attachement. Les formations dans ce qui est ainsi venu à être sont inclues dans l'agrégat des formations affecté par l'attachement. La conscience dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement. Il comprend ainsi : 'Ceci, en effet, est comment viennent à être l'inclusion, la réunion, et l'accumulation de choses dans ces cinq agrégats affectés par l'attachement. Et ceci a été dit par le Bienheureux : « Celui qui voit l'origine dépendante voit le Dhamma ; celui qui voit le Dhamma voit l'origine dépendante. » Et ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont produits en dépendance. Le désir, le plaisir, le penchant, et l'attachement basés sur ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont l'origine de la souffrance. La suppression du désir et de l'envie, l'abandon du désir et de l'envie pour ces cinq agrégats affectés par l'attachement est la cessation de la souffrance.' À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


35. « Si, amis, intérieurement le corps est intact mais qu'aucun tangible externe ne vient à sa portée, et qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Si intérieurement le corps est intact et que des tangibles externes viennent à sa portée, mais qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Mais si intérieurement le corps est intact et que des tangibles externes viennent à sa portée et qu'il y a l'engagement conscient correspondant, alors il y a la manifestation de la partie de conscience correspondante.


36. « La forme matérielle dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement. La sensation dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement. La perception dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la perception affecté par l'attachement. Les formations dans ce qui est ainsi venu à être sont inclues dans l'agrégat des formations affecté par l'attachement. La conscience dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement. Il comprend ainsi : 'Ceci, en effet, est comment viennent à être l'inclusion, la réunion, et l'accumulation de choses dans ces cinq agrégats affectés par l'attachement. Et ceci a été dit par le Bienheureux : « Celui qui voit l'origine dépendante voit le Dhamma ; celui qui voit le Dhamma voit l'origine dépendante. » Et ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont produits en dépendance. Le désir, le plaisir, le penchant, et l'attachement basés sur ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont l'origine de la souffrance. La suppression du désir et de l'envie, l'abandon du désir et de l'envie pour ces cinq agrégats affectés par l'attachement est la cessation de la souffrance.' À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu.


37. « Si, amis, intérieurement l'esprit est intact mais qu'aucun objet de l'esprit externe ne vient à sa portée, et qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Si intérieurement l'esprit est intact et que des objets de l'esprit externes viennent à sa portée, mais qu'il n'y a aucun engagement conscient correspondant, alors il n'y a pas de manifestation de la partie de conscience correspondante. Mais si intérieurement l'esprit est intact et que des objets de l'esprit externes viennent à sa portée et qu'il y a l'engagement conscient correspondant, alors il y a la manifestation de la partie de conscience correspondante.


38. « La forme matérielle dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la forme matérielle affecté par l'attachement. La sensation dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la sensation affecté par l'attachement. La perception dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la perception affecté par l'attachement. Les formations dans ce qui est ainsi venu à être sont inclues dans l'agrégat des formations affecté par l'attachement. La conscience dans ce qui est ainsi venu à être est inclue dans l'agrégat de la conscience affecté par l'attachement. Il comprend ainsi : 'Ceci, en effet, est comment viennent à être l'inclusion, la réunion, et l'accumulation de choses dans ces cinq agrégats affectés par l'attachement. Et ceci a été dit par le Bienheureux : « Celui qui voit l'origine dépendante voit le Dhamma ; celui qui voit le Dhamma voit l'origine dépendante. » Et ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont produits en dépendance. Le désir, le plaisir, le penchant, et l'attachement basés sur ces cinq agrégats affectés par l'attachement est l'origine de la souffrance. La suppression du désir et de l'envie, l'abandon du désir et de l'envie pour ces cinq agrégats affectés par l'attachement sont la cessation de la souffrance.' À ce point, amis, beaucoup a été fait par ce bhikkhu. »


Ainsi parla le vénérable Sâriputta. Les bhikkhus furent satisfaits des paroles du vénérable Sâriputta et s'en réjouirent.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.