Majjhima Nikâya 027
Cûlahatthipadopama Sutta
Le court discours sur la comparaison des empreintes de pas d'éléphant

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sâvatthî dans le Bosquet de Jeta, dans le parc d'Anâthapindika.


2. Et en cette occasion le brahmane Jânussoni conduisait hors de Sâvatthî au milieu du jour un char tout blanc tiré par des juments blanches. Il vit le voyageur Pilotika venir au loin et lui demanda : 'D'où Maître Vacchâyana vient-il au milieu du jour ? »
« Vénérable, j'étais en présence du reclus Gotama. »
« Que pense Maître Vacchâyana de la clarté de sagesse du reclus Gotama ? Est-il sage, ne l'est-il pas ? »
« Vénérable, qui suis-je pour connaître la clarté de sagesse du reclus Gotama ? Il faudrait être son égal pour connaître la clarté de sagesse du reclus Gotama. »
« Maître Vacchâyana rend vraiment au reclus Gotama de grands éloges. »
« Vénérable, qui suis-je pour rendre éloge au reclus Gotama ? Le reclus Gotama est loué comme le meilleur parmi les dieux et les humains. »
« Quelles raisons Maître Vacchâyana voit-il pour avoir une confiance si solide dans le reclus Gotama ? »


3. « Vénérable, supposons qu'un habile forestier entre dans une forêt d'éléphants et voie dans la forêt d'éléphants une grande empreinte de pas d'éléphant, très longue et très large. Il viendrait à la conclusion : 'C'est assurément un grand éléphant mâle.' De même, quand je vois quatre empreintes de pas du reclus Gotama, je viens à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.' Quelles sont ces quatre ?


4. « Vénérable, j'ai vu ici certains nobles bien instruits qui étaient intelligents, experts dans les enseignements des autres, aussi tranchants que des débatteurs d'élite ; ils se promènent, pour ainsi dire, démolissant les vues des autres avec leur esprit tranchant. Quand ils entendent : 'Le reclus Gotama visitera tel et tel village ou ville,' ils énoncent ceci : 'Nous irons voir le reclus Gotama et lui poserons cette question. S'il est questionné comme ceci, il répondra comme ceci, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-ci ; et s'il est questionné comme cela, il répondra comme cela, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-là.'
« Ils entendent: 'Le reclus Gotama est venu visiter tel ou tel village ou ville.' Ils vont voir le reclus Gotama, et le reclus Gotama les instruit, les encourage, les éveille et les réjouit avec un discours du Dhamma. Après avoir été instruits, encouragés, éveillés, et réjouis par le reclus Gotama avec un discours du Dhamma, ils ne lui posent même pas la question, alors comment pourraient-ils réfuter son enseignement ? En fait, ils deviennent ses disciples. Lorsque je vis cette première empreinte de pas du reclus Gotama, je vins à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


5. « De plus, j'ai vu certains brahmanes bien instruits qui étaient intelligents, experts dans les enseignements des autres, aussi tranchants que des débatteurs d'élite ; ils se promènent, pour ainsi dire, démolissant les vues des autres avec leur esprit tranchant. Quand ils entendent : 'Le reclus Gotama visitera tel et tel village ou ville,' ils énoncent ceci : 'Nous irons voir le reclus Gotama et lui poserons cette question. S'il est questionné comme ceci, il répondra comme ceci, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-ci ; et s'il est questionné comme cela, il répondra comme cela, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-là.'
« Ils entendent: 'Le reclus Gotama est venu visiter tel ou tel village ou ville.' Ils vont voir le reclus Gotama, et le reclus Gotama les instruit, les encourage, les éveille et les réjouit avec un discours du Dhamma. Après avoir été instruits, encouragés, éveillés, et réjouis par le reclus Gotama avec un discours du Dhamma, ils ne lui posent même pas la question, alors comment pourraient-ils réfuter son enseignement ? En fait, ils deviennent ses disciples. Lorsque je vis cette deuxième empreinte de pas du reclus Gotama, je vins à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


6. « De plus, j'ai vu certains maîtres de maison bien instruits qui étaient intelligents, experts dans les enseignements des autres, aussi tranchants que des débatteurs d'élite ; ils se promènent, pour ainsi dire, démolissant les vues des autres avec leur esprit tranchant. Quand ils entendent : 'Le reclus Gotama visitera tel et tel village ou ville,' ils énoncent ceci : 'Nous irons voir le reclus Gotama et lui poserons cette question. S'il est questionné comme ceci, il répondra comme ceci, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-ci ; et s'il est questionné comme cela, il répondra comme cela, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-là.'
« Ils entendent: 'Le reclus Gotama est venu visiter tel ou tel village ou ville.' Ils vont voir le reclus Gotama, et le reclus Gotama les instruit, les encourage, les éveille et les réjouit avec un discours du Dhamma. Après avoir été instruits, encouragés, éveillés, et réjouis par le reclus Gotama avec un discours du Dhamma, ils ne lui posent même pas la question, alors comment pourraient-ils réfuter son enseignement ? En fait, ils deviennent ses disciples. Lorsque je vis cette troisième empreinte de pas du reclus Gotama, je vins à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


7. « De plus, j'ai vu certains reclus bien instruits qui étaient intelligents, experts dans les enseignements des autres, aussi tranchants que des débatteurs d'élite ; ils se promènent, pour ainsi dire, démolissant les vues des autres avec leur esprit tranchant. Quand ils entendent : 'Le reclus Gotama visitera tel et tel village ou ville,' ils énoncent ceci : 'Nous irons voir le reclus Gotama et lui poserons cette question. S'il est questionné comme ceci, il répondra comme ceci, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-ci ; et s'il est questionné comme cela, il répondra comme cela, et alors nous réfuterons son enseignement de cette façon-là.'
« Ils entendent: 'Le reclus Gotama est venu visiter tel ou tel village ou ville.' Ils vont voir le reclus Gotama, et le reclus Gotama les instruit, les encourage, les éveille et les réjouit avec un discours du Dhamma. Après avoir été instruits, encouragés, éveillés, et réjouis par le reclus Gotama avec un discours du Dhamma, ils ne lui posent même pas la question, alors comment pourraient-ils réfuter son enseignement ? En fait, ils demandent au reclus Gotama de les autoriser à passer de la vie de foyer vers la vie sans foyer, et il leur donne le passage. Peu après être partis (vers la vie sans foyer), demeurant seuls, reclus, diligents, ardents, et résolus, en réalisant par eux-même avec la connaissance directe ils entrent et demeurent ici et maintenant dans ce suprême but de la sainte vie pour lequel les fils de bonne famille vont à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Ils disent ceci : 'Nous étions presque perdus, nous avons presque péri, car autrefois nous avons affirmé que nous étions des reclus alors que nous n'étions pas vraiment des reclus ; nous avons affirmé que nous étions des brahmanes alors que nous n'étions pas vraiment des brahmanes ; nous avons affirmé que nous étions des arahants alors que nous n'étions pas vraiment des arahants. Mais maintenant nous sommes des reclus, maintenant nous sommes des brahmanes, maintenant nous sommes des arahants.' Lorsque je vis cette quatrième empreinte de pas du reclus Gotama, je vins à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'
Lorsque je vis ces quatre empreintes de pas du reclus Gotama, je vins à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique de la bonne façon.'


8. Quand ceci fut dit, le brahmane Jânussoni descendit de son char tout blanc tiré par des juments blanches, et arrangeant sa robe du dessus sur une épaule, il étendit ses mains en salutation révérencielle vers le Bienheureux et prononça cette exclamation trois fois : « Honneur au Bienheureux, accompli et pleinement éveillé!  Honneur au Bienheureux, accompli et pleinement éveillé! Honneur au Bienheureux, accompli et pleinement éveillé! Peut-être qu'en une occasion nous pourrons rencontrer Maître Gotama et avoir une conversation avec lui. »


9. Alors le brahmane Jânussoni alla voir le Bienheureux et échangea des salutations avec lui. Quand cette courtoise et aimable conversation fut finie, il s'assit sur un côté et raconta au Bienheureux toute sa conversation avec le voyageur Pilotika. Sur ce le Bienheureux lui dit : « À ce point, brahmane, la comparaison des empreintes de pas d'éléphant n'a pas encore été finie en détail. Écoute et fais bien attention à ce que je vais dire. » - « Oui, Vénérable, » répondit le brahmane Jânussoni. Le Bienheureux dit ceci :


10. « Brahmane, supposons qu'un habile forestier entre dans une forêt d'éléphants et voie dans la forêt d'éléphants une grande empreinte de pas d'éléphant, très longue et très large. Un habile forestier ne viendrait pas encore à la conclusion : 'C'est assurément un grand éléphant mâle.' Pourquoi cela ? Dans une forêt d'éléphants il y a de petites femelles éléphant qui laissent une grande empreinte de pas, et ce pourrait être une de leurs empreintes de pas. Il la suit et voit dans la forêt d'éléphants une grande empreinte de pas d'éléphant, très longue et très large, et des traces de frottement en hauteur. Un habile forestier ne viendrait pourtant pas à la conclusion : 'C'est assurément un grand éléphant mâle.' Pourquoi cela ? Dans une forêt d'éléphants il y a de grandes femelles éléphant qui ont des dents proéminentes et qui laissent une grande empreinte de pas, et ce pourrait être une de leurs empreintes de pas. Il la suit encore et voit dans la forêt d'éléphants une grande empreinte de pas d'éléphant, très longue et très large, et des traces de frottement en hauteur, et des marques laissées par des défenses. Un habile forestier ne viendrait pourtant pas à la conclusion : 'C'est assurément un grand éléphant mâle.' Pourquoi cela ? Dans une forêt d'éléphants il y a de grandes femelles éléphant qui ont des défenses et qui laissent une grande empreinte de pas, et ce pourrait être une de leurs empreintes de pas. Il la suit encore et voit dans la forêt d'éléphants une grande empreinte de pas d'éléphant, très longue et très large, et des traces de frottement en hauteur, et des marques laissées par les défenses, et des branches cassées. Et il voit cet éléphant mâle assis au pied d'un arbre ou à l'air libre, marchant, étant assis, ou étant allongé. Il vient à la conclusion : 'Ceci est un grand éléphant mâle.'


11. « De même, brahmane, ici un Tathâgata apparaît dans le monde, accompli, pleinement éveillé, parfait en vraie connaissance et en conduite, sublime, connaisseur des mondes, incomparable meneur des personnes à dompter, enseignant des dieux et des humains, illuminé, béni. Il décrit ce monde avec ses dieux, ses Mâras, et ses Brahmâs, cette génération avec ses reclus et ses brahmanes, ses princes et ses gens, ce qu'il a lui-même réalisé avec une connaissance directe. Il enseigne le Dhamma qui est bon au début, bon au milieu, et bon à la fin, avec les justes significations et choix des mots, et il révèle une sainte vie qui est complètement parfaite et pure.


12. « Un maître de maison ou le fils de maître de maison ou quelqu'un né dans quelque autre clan entend le Dhamma. En entendant le Dhamma il obtient la foi dans le Tathâgata. Possédant cette foi, il considère ceci: 'La vie de maître de maison est chargée et poussiéreuse ; la vie passée est à l'air libre. Il n'est pas facile, lorsque l'on vit dans une maison, de suivre la sainte vie absolument parfaite et pure comme un coquille polie. Supposons que je rase mes cheveux et ma barbe, mette la robe jaune, et aille de la vie de foyer vers la vie sans foyer.' Par la suite, abandonnant une petite ou grande fortune, abandonnant un petit ou grand cercle de relatifs, il rase ses cheveux et sa barbe, met la robe jaune, et va de la vie de foyer vers la vie sans foyer.


13. « Étant ainsi parti et possédant l'entraînement et la façon de vivre du bhikkhu, arrêtant de tuer des êtres vivants, s'abstenant de tuer des êtres vivants; avec les bâtons et les armes laissées de côté, avec douceur et gentillesse, il reste compatissant envers tous les êtres vivants. Arrêtant de prendre ce qui n'est pas donné, il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné; prenant seulement ce qui est donné, aspirant seulement à ce qui est donné, en ne volant pas il demeure dans la pureté. Abandonnant le non-célibat, il observe le célibat, vivant à l'écart, s'abstenant de la pratique vulgaire de la relation sexuelle.
« Abandonnant la parole malveillante, il s'abstient de parole malveillante; il ne répète pas autre part ce qu'il a entendu ici afin de diviser ces personnes-ci de celles-là, et il répète pas non plus à ces personnes-là ce qu'il a entendu autre part afin de diviser ces personnes-là de celles-ci; ainsi il est quelqu'un qui réunit ceux qui sont divisés, un créateur d'amitié, qui se réjouit de l'entente, un prononceur de mots qui créent l'entente. Abandonnant la parole dure, il s'abstient de parole dure; il prononce des mots doux, plaisants à l'oreille, adorables, qui vont au coeur, courtois, désirés par beaucoup, et agréables à beaucoup. Abandonnant le bavardage, il s'abstient du bavardage; il parle au bon moment, dit ce qui est un fait, dit des choses qui sont bonnes, parle du Dhamma et Discipline; au bon moment il dit des mots qui sont dignes d'être souvenus, raisonnables, modérés, et bénéfiques. »
« Il s'abstient de faire du mal aux graines et aux plantes. Il mange seulement un repas par jour, s'abstenant de manger la nuit et en dehors du temps approprié. Il s'abstient de danser, de chanter, de musique, et de représentations théâtrales. Il s'abstient de porter des guirlandes, de se parer de parfum, et de s'embellir avec des onguents. Il s'abstient de lits hauts et larges. Il s'abstient d'accepter de l'or et de l'argent. Il s'abstient d'accepter des grains crus. Il s'abstient d'accepter de la viande crue. Il s'abstient d'accepter des femmes et des jeunes filles. Il s'abstient d'accepter des esclaves hommes et femmes. Il s'abstient d'accepter des chèvres et des moutons. Il s'abstient d'accepter des volailles et des cochons. Il s'abstient d'accepter des éléphants, des bovins, des chevaux, et des juments. Il s'abstient d'accepter des champs et des terres. Il s'abstient de faire des commissions et de porter des messages. Il s'abstient d'acheter et de vendre. Il s'abstient des faux poids, des faux métaux, et des mesures fausses. Il s'abstient d'accepter des pots-de-vin, de la duperie, de l'escroquerie, et de la tromperie. Il s'abstient de blesser, de tuer, de lier, de brigander, de piller, et de l'usage de violence.


14. « Il est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Juste comme un oiseau qui partout où il va, vole avec ses ailes comme seule charge, de même le bhikkhu est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Possédant cet agrégat de la noble vertu, il expérimente en lui un bonheur qui est irréprochable.


15. « En voyant une forme avec l'oeil, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oeil sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oeil, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oeil. En entendant un son avec l'oreille, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oreille sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oreille, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oreille. En sentant une odeur avec le nez, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du nez sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du nez, il entreprend la restreinte de la faculté du nez. En goûtant une saveur avec la langue, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de la langue sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de la langue, il entreprend la restreinte de la faculté de la langue. En touchant un tangible avec le corps, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du corps sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du corps, il entreprend la restreinte de la faculté du corps. En connaissant un objet de l'esprit avec l'esprit, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'esprit sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'esprit, il entreprend la restreinte de la faculté de l'esprit. Possédant cette noble restreinte dans les facultés, il expérimente en lui un bonheur qui est sans taches.


16. « Il devient quelqu'un qui agit en pleine conscience lorsqu'il va et vient; qui agit en pleine conscience lorsqu'il regarde devant ou derrière; qui agit en pleine conscience lorsqu'il plie ou étend ses membres; qui agit en pleine conscience lorsqu'il met sa robe et porte sa robe extérieure et son bol; qui agit en pleine conscience lorsqu'il mange, boit, mâche la nourriture, et la savoure; qui agit en pleine conscience lorsqu'il défèque et urine; qui agit en pleine conscience lorsqu'il marche, se tient debout, est assis, s'endort, se réveille, parle ou reste silencieux.


17« Possédant cet agrégat de la noble vertu, et cette noble restreinte des facultés, et possédant cette noble pleine conscience et pleine attention, il a recours à un refuge isolé : la forêt, le pied d'un arbre, une montagne, un ravin, une cave à flanc de coteau, un fourré de bosquet, un espace ouvert, un tas de paille.


18. « En revenant de sa tournée d'aumônes, après son repas il s'assoit, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et établissant la pleine conscience devant lui. Abandonnant la convoitise pour le monde, il demeure avec un esprit libre de convoitise ; il purifie son esprit de la convoitise. Abandonnant l'aversion et la haine, il demeure avec un esprit libre d'aversion, compassionné pour le bien-être de tous les êtres vivants ; il purifie son esprit de l'aversion et de la haine. Abandonnant la paresse et la torpeur, il demeure libre de la paresse et de la torpeur, percevant de lumière, pleinement conscient et pleinement attentif ; il purifie son esprit de la paresse et de la torpeur. Abandonnant l'agitation et le remords, il demeure non-agité avec un esprit intérieurement paisible ; il purifie son esprit de l'agitation et du remords. Abandonnant le doute, il demeure ayant été au-delà du doute, non perplexe au sujet des états sains ; il purifie son esprit du doute.


19. « Ayant ainsi abandonné ces cinq entraves, imperfections de l'esprit qui affaiblissent la sagesse, tout à fait retiré des plaisirs sensuels, retiré des états malsains, il entre et reste dans le premier jhâna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Ceci, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne vient pourtant pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


20. « De plus, avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et reste dans le deuxième jhâna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne vient pourtant pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


21. « De plus, avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu reste en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et reste dans le troisième jhâna, à propos duquel les nobles déclarent: 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose frotté par le Tathâgata, quelque chose marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne vient pourtant pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


22. « De plus, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et reste dans le quatrième jhâna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne vient pourtant pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


23. «Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance du souvenir des vies passées. Il se souvient de ses multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers: 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi se souvient-il de ses multiples vies passées avec leurs aspects et détails. Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne vient pourtant pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


24. «Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la mort et de la réapparition des êtres. Avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Il comprend que le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi: 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et il comprend comment le passage des êtres dépend de leurs actions. Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne vient pourtant pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.'


25. «Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la destruction des souillures. Il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est la souffrance'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est l'origine de la souffrance'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est la cessation de la souffrance'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci sont les souillures'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est l'origine des souillures'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est la cessation des souillures'; il connaît directement comme il en est vraiment: 'Ceci est le chemin menant à la cessation des souillures.'
« Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata, mais un noble disciple ne pourtant vient pas encore à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.' Il est plutôt en train de venir à cette conclusion.


26. « Lorsqu'il connaît et voit ceci, son esprit est libéré de la souillure du désir sensuel, de la souillure de l'être, de la souillure de l'ignorance. Lorsqu'il est libéré vient la connaissance: 'Il est libéré.' Il comprend: 'La naissance est détruite, la sainte vie a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n'y a plus de venue dans aucun état d'être.'
« Ceci aussi, brahmane, est appelé une empreinte de pas du Tathâgata, quelque chose de frotté par le Tathâgata, quelque chose de marqué par le Tathâgata. C'est à ce moment que le noble disciple vient à la conclusion : 'Le Bienheureux est pleinement éveillé, le Dhamma est bien énoncé par le Bienheureux, la Sangha pratique le bon chemin.' Et c'est à ce moment, brahmane, que la comparaison des empreintes de pas d'éléphant a été complétée en détail. »


Quand ceci fut dit, le brahmane Jânussoni dit au Bienheureux : « Merveilleux, Maître Gotama! Merveilleux, Maître Gotama! Maître Gotama a rendu le Dhamma clair de nombreuses façons, comme s'il redressait ce qui a été renversé, révélait ce qui était caché, montrait le chemin à celui qui s'était perdu, ou tenait une lampe dans les ténèbres pour ceux qui ont la vue pour voir les formes. Je prends refuge dans Maître Gotama, et dans le Dhamma et dans la Sangha des bhikkhus. À partir d'aujourd'hui, que le Maître Gotama m'accepte comme disciple laïque qui a pris refuge en lui pour la vie. »


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.