Majjhima Nikâya 022
Alagaddûpama Sutta
La comparaison du serpent

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(Mise en place)


1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sâvatthî dans le Bosquet de Jeta, dans le parc d'Anâthapindika.


2. Et en cette occasion une vue pernicieuse s'était élevée en un bhikkhu nommé Arittha, anciennement tueur de vautours, ainsi : « Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, ces choses appelées obstacles par le Bienheureux ne sont pas capables d'obstruer ceux qui s'y engagent. »


3. Plusieurs bhikkhus, ayant entendu parler de ceci, allèrent voir le bhikkhu Arittha et lui demandèrent : « Ami Arittha, est-ce vrai qu'une telle vue pernicieuse s'est élevée en toi ? »
« C'est exact, amis. Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, ces choses appelées obstacles par le Bienheureux ne sont pas capables d'obstruer ceux qui s'y engagent. »
Alors ces bhikkhus, désirant le détacher de cette vue pernicieuse, le pressèrent de questions, l'interrogèrent et le questionnèrent en tous sens ainsi : « Ami Arittha, ne dit pas cela. Ne représente pas mal le Bienheureux ; ce n'est pas bien de mal représenter le Bienheureux. Le Bienheureux ne parlerait pas ainsi. Car de nombreuses façons le Bienheureux a exposé comment les choses obstructives sont des obstacles, et comment elles sont capables d'obstruer ceux qui s'y engagent. Le Bienheureux a enseigné que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du squelette, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du morceau de viande, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la torche d'herbes, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la fosse de charbon, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du rêve, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des biens empruntés, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des fruits d'un arbre, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du couteau et du billot de boucher, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de l'épée et du pieu, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la tête de serpent, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand.
Pourtant, bien que pressé de questions et interrogé et questionné en tous sens de cette façon, le bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, adhéra encore obstinément à cette vue pernicieuse et continua d'insister.


4. Puisque les bhikkhus étaient incapables de le détacher de cette vue pernicieuse, ils allèrent voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, ils s'assirent sur un côté et lui dirent ce qui s'était passé, ajoutant : « Vénérable, puisque nous ne pouvions pas détacher le bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, de cette vue pernicieuse, nous avons rapporté ce problème au Bienheureux. »


5. Alors le Bienheureux s'adressa à un certain bhikkhu ainsi : «Viens, bhikkhu, va dire en mon nom au bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, que le Maître l'appelle. » - « Oui, Vénérable, » répondit-il, et il alla voir le bhikkhu Arittha et lui dit : « Le Maître t'appelle, ami Arittha. »
« Oui, ami, » répondit-il, et il alla voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, s'assit sur un côté. Le Bienheureux lui demanda : « Arittha, est-ce vrai que cette vue pernicieuse s'est élevée en toi : 'Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, ces choses appelées obstacles par le Bienheureux ne sont pas capables d'obstruer ceux qui s'y engagent.' ? »
« C'est exact, Vénérable. Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, ces choses appelées obstacles par le Bienheureux ne sont pas capables d'obstruer ceux qui s'y engagent. »


6. « Homme malavisé, à qui as-tu jamais entendu que j’enseignais le Dhamma de cette façon ? Homme malavisé, n'ai-je pas exposé de nombreuses façons comment les choses obstructives sont des obstacles, et comment elles sont capables d'obstruer ceux qui s'y engagent ? J'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du squelette, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du morceau de viande, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la torche d'herbes, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la fosse de charbon, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du rêve, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des biens empruntés, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des fruits d'un arbre, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du couteau et du billot de boucher, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de l'épée et du pieu, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la tête de serpent, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Mais toi, homme malavisé, par ta saisie erronée tu nous a mal représentés, t'es fait du mal à toi-même, et as accumulé beaucoup de démérites ; ceci te fera du tort et t'apportera de la souffrance pour longtemps. »


7. « Alors le Bouddha s'adressa aux Bhikkhus ainsi : « Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? Ce bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, a t-il allumé ne serait-ce qu'un étincelle de sagesse dans ce Dhamma et Discipline ? »
« Comment cela se pourrait-il, Vénérable ? Non, Vénérable. »
Quand ceci fut dit, le bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, resta assis silencieusement, consterné, les épaules tombantes et la tête basse, triste, et sans voix. Alors, sachant cela, le Bienheureux lui dit : « Homme malavisé, tu seras reconnu pour ta propre vue pernicieuse. Je vais interroger les bhikkhus à ce sujet. »


8. Alors le Bienheureux s'adressa aux bhikkhus ainsi : « Bhikkhus, comprenez-vous le Dhamma que j'ai enseigné comme ce bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, le fait quand par sa saisie erronée il nous représente mal, se fait du mal à lui-même et accumule beaucoup de démérites ? »
« Non, Vénérable. Car de nombreuses façons le Bienheureux a exposé comment les choses obstructives sont des obstacles, et comment elles sont capables d'obstruer ceux qui s'y engagent. Le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du squelette, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du morceau de viande, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la torche d'herbes, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la fosse de charbon, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du rêve, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des biens empruntés, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des fruits d'un arbre, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du couteau et du billot de boucher, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de l'épée et du pieu, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la tête de serpent, le Bienheureux a exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. »
« Bien, bhikkhus. C'est bien que vous compreniez le Dhamma que j'ai enseigné ainsi. Car de nombreuses façons j'ai exposé comment les choses obstructives sont des obstacles, et comment elles sont capables d'obstruer ceux qui s'y engagent. J'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du squelette, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du morceau de viande, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la torche d'herbes, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la fosse de charbon, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du rêve, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des biens empruntés, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison des fruits d'un arbre, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison du couteau et du billot de boucher, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de l'épée et du pieu, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Avec la comparaison de la tête de serpent, j'ai exposé que les plaisirs sensuels fournissent peu de satisfaction, beaucoup de souffrances et de désespoir, et que leur danger est encore plus grand. Mais ce bhikkhu Arittha, anciennement tueur de vautours, par sa saisie erronée nous a mal représentés, s'est fait du mal à lui-même lui-même, et a accumulé beaucoup de démérites ; et ceci lui fera du tort et lui apportera de la souffrance pour longtemps.


9. « Bhikkhus, que l'on puisse s'engager dans les plaisirs sensuels sans désir sensuel, sans perception de désir sensuel, sans pensées de désir sensuel – ceci est impossible.


(La comparaison du serpent)


10. « Ici, bhikkhus, des hommes malavisés apprenant le Dhamma – discours, stances, expositions, versets, exclamations, expressions, histoires de naissance, miracles, et réponses aux questions – mais ayant appris le Dhamma, ils n'examinent pas la signification de ces enseignements avec sagesse. N'examinant pas la signification de ces enseignements avec sagesse, ils n'en obtiennent pas une acceptation réfléchie. Au lieu de cela ils apprennent le Dhamma seulement pour critiquer les autres et pour gagner des débats, et ils n'atteignent pas le but pour lequel on apprend le Dhamma. Ces enseignements, ayant été mal saisis par eux, leur fera du tort et leur apportera de la souffrance pour longtemps. Pourquoi cela ? À cause de la mauvaise saisie de ces enseignements.
« Supposons qu'un homme ayant besoin d'un serpent, cherchant un serpent, errant à la recherche d'un serpent, voit un grand serpent et le saisisse par le corps ou la queue. Le serpent se retournerait et le mordrait à la main, au bras, ou ses membres, et à cause de cela il mourrait ou éprouverait des souffrances mortelles. Pourquoi cela ? À cause de sa mauvaise saisie du serpent. De même, ici, des hommes malavisés apprenant le Dhamma – discours, stances, expositions, versets, exclamations, expressions, histoires de naissance, miracles, et réponses aux questions – mais ayant appris le Dhamma, ils n'examinent pas la signification de ces enseignements avec sagesse. N'examinant pas la signification de ces enseignements avec sagesse, ils n'en obtiennent pas une acceptation réfléchie. Au lieu de cela ils apprennent le Dhamma seulement pour critiquer les autres et pour gagner des débats, et ils n'atteignent pas le but pour lequel on apprend le Dhamma. Ces enseignements, ayant été mal saisis par eux, leur fera du tort et leur apportera de la souffrance pour longtemps. Pourquoi cela ? À cause de la mauvaise saisie de ces enseignements.


11. « Ici, bhikkhus, des hommes de bonne famille apprenant le Dhamma - discours, stances, expositions, versets, exclamations, expressions, histoires de naissance, miracles, et réponses aux questions – et ayant appris le Dhamma, ils examinent la signification de ces enseignements avec sagesse. Examinant la signification de ces enseignements avec sagesse, ils en obtiennent une acceptation réfléchie. Ils n'apprennent pas le Dhamma pour critiquer les autres et pour gagner des débats, et ils atteignent le but pour lequel on apprend le Dhamma. Ces enseignements, ayant été bien saisis par eux, les conduiront à leur bien-être et à leur bonheur pour longtemps. Pourquoi cela ? À cause de la juste saisie de ces enseignements.
« Supposons qu'un homme ayant besoin d'un serpent, cherchant un serpent, errant à la recherche d'un serpent, voit un grand serpent et l'attrape correctement avec un bâton fourchu, et ayant fait cela, le saisisse correctement par la cou. Alors, bien que le serpent puisse enrouler son corps autour de sa main ou son bras ou ses membres, il ne mourrait pas ou n'éprouverait pas des souffrances mortelles à cause de cela. Pourquoi cela ? À cause de sa bonne saisie du serpent. De même, ici, des hommes de bonne famille apprenant le Dhamma - discours, stances, expositions, versets, exclamations, expressions, histoires de naissance, miracles, et réponses aux questions – et ayant appris le Dhamma, ils examinent la signification de ces enseignements avec sagesse. Examinant la signification de ces enseignements avec sagesse, ils en obtiennent une acceptation réfléchie. Ils n'apprennent pas le Dhamma pour critiquer les autres et pour gagner des débats, et ils atteignent le but pour lequel on apprend le Dhamma. Ces enseignements, ayant été bien saisis par eux, les conduiront à leur bien-être et à leur bonheur pour longtemps. Pourquoi cela ? À cause de la juste saisie de ces enseignements.


12. « Ainsi, bhikkhus, quand vous comprenez la signification de mes déclarations, souvenez-vous-en convenablement ; et quand vous ne comprenez pas la signification de mes déclarations, alors interrogez-moi ou ces bhikkhus qui sont sages.


(La comparaison du radeau)


13. « Bhikkhus, je vais vous montrer comment le Dhamma est similaire à un radeau, existant dans le but de traverser, non dans le but de saisir. Écoutez et faites bien attention à ce que je vais dire. » - « Oui, Vénérable, » répondirent les bhikkhus. Le Bienheureux dit ceci :
« Bhikkhus, supposons qu'un homme au cours d'un voyage voit une grande étendue d'eau, dont la rive proche soit dangereuse et risquée, et dont l'autre rive soit sûre et sans risque, mais qu'il n'y ait ni barque ni pont pour aller vers l'autre rive. Alors il penserait : 'Il y a cette grande étendue d'eau, dont la rive proche est dangereuse et risquée, et dont l'autre rive est sûre et sans risque, mais il n'y a ni barque ni pont pour aller vers l'autre rive. Supposons que je ramasse de l'herbe, des brindilles, des branches, et des feuilles et que je les assemble en un radeau, et que, soutenu par ce radeau et faisant des efforts avec mes mains et mes pieds, je parvienne sain et sauf à l'autre rive.' Et alors l'homme ramasserait de l'herbe, des brindilles, des branches, et des feuilles et les assemblerait en un radeau, et soutenu par ce radeau et faisant des efforts avec ses pieds et ses mains, il parviendrait sain et sauf à l'autre rive. Alors, quand il aurait traversé et serait arrivé à l'autre rive, il pourrait penser ainsi : 'Ce radeau m'a été très utile, puisque soutenu par lui et ayant fait des efforts avec mes mains et mes pieds, je suis parvenu sain et sauf à l'autre rive. Supposons que je le mette sur ma tête ou le charge sur mes épaules, et qu'alors j'aille ou je veux.' Maintenant, bhikkhus, qu'en pensez-vous ? En faisant ainsi, cet homme ferait-il ce qui devrait être fait avec ce radeau ? »
« Non, Vénérable. »
« En faisant quoi cet homme ferait-il ce qui devrait être fait avec ce radeau ? Ici, bhikkhus, quand cet homme aurait traversé et serait arrivé à l'autre rive, il pourrait penser ainsi : 'Ce radeau m'a été très utile, puisque soutenu par lui et ayant fait des efforts avec mes mains et mes pieds, je suis parvenu sain et sauf à l'autre rive. Supposons que je le mette sur la terre ferme ou que je laisse à la dérive, et qu'alors j'aille où je veux.' Maintenant, bhikkhus, c'est en faisant ainsi que cet homme ferait ce qui devrait être fait avec ce radeau. Ainsi vous ai-je montré comment le Dhamma est similaire au radeau, existant dans le but de traverser, non dans le but de saisir.


14. « Bhikkhus, quand vous savez que le Dhamma est similaire à un radeau, vous devriez abandonner même les enseignements, et combien plus les choses contraires aux enseignements.


(Points de vue)


15. « Bhikkhus, il y a ces six points de vue. Quelles sont ces six ? Ici, bhikkhus, une personne ordinaire ignorante, qui n'a pas de considération pour les êtres nobles et est inexpérimentée et indisciplinée dans leur Dhamma, qui n'a pas de considération pour les hommes vrais et est inexpérimentée et indisciplinée dans leur Dhamma, considérant la forme matérielle ainsi : 'Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi.' Il considère la sensation ainsi : 'Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi.' Il considère la perception ainsi : 'Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi.' Il considère les formations ainsi : 'Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi.' Il considère ce qui est vu, entendu, ressenti, connu, rencontré, recherché, réfléchi mentalement ainsi : 'Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi.' Et cette position sur les vues, à savoir, 'Ce qui est le soi est le monde ; après la mort je serai permanent, perpétuel, éternel, non sujet au changement ; je durerai aussi longtemps que l'éternité.' – ceci aussi est considéré comme : 'Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi.'


16. « Bhikkhus, un noble disciple bien enseigné, qui a de la considération pour les êtres nobles et est expérimenté et discipliné dans leur Dhamma, qui a de la considération pour les hommes vrais et est expérimenté et discipliné dans leur Dhamma, considère la forme matérielle ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Il considère la sensation : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Il considère la perception ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Il considère les formations ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.'Il considère ce qui est vu, entendu, ressenti, connu, rencontré, recherché, réfléchi mentalement ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Et cette position sur les vues , à savoir, 'Ce qui est le soi est le monde ; après la mort je serai permanent, perpétuel, éternel, non sujet au changement ; je durerai aussi longtemps que l'éternité.' – ceci aussi est considéré comme : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.'


17. « Puisqu'il les considère ainsi, il n'est pas agité au sujet de ce qui est non-existant. »


(Agitation)


18. Quand ceci fut dit, un certain bhikkhu demanda au Bienheureux : « Vénérable, peut-il y avoir de l'agitation au sujet de ce qui est non-existant extérieurement ? »
« Ceci est possible, bhikkhu, » dit le Bienheureux. « Ici, bhikkhu, quelqu'un pensant ainsi : 'Ah, j'avais ceci ! Hélas, je ne l'ai plus ! Ah, si je pouvais l'avoir ! Hélas, je ne l'obtiens pas !' Alors il est triste, se chagrine et se lamente, il pleure en se frappant la poitrine et s'affole. Voici comment il y a de l'agitation au sujet de ce qui est non-existant extérieurement. »


19. « Vénérable, est-il possible qu'il n'y ait pas d'agitation au sujet de ce qui est non-existant extérieurement ? »
« Ceci est possible, bhikkhu, » dit le Bienheureux. « Ici, bhikkhu, quelqu'un qui ne pense pas ainsi : 'Ah, j'avais ceci ! Hélas, je ne l'ai plus ! Ah, si je pouvais l'avoir ! Hélas, je ne l'obtiens pas !' Alors il n'est pas triste, ne se chagrine pas et ne se lamente pas, il ne pleure en se frappant la poitrine et ne s'affole pas. Voici comment il n'y a pas d'agitation au sujet de ce qui est non-existant extérieurement. »


20. « Vénérable, peut-il y avoir de l'agitation au sujet de ce qui est non-existant intérieurement? »
« Ceci est possible, bhikkhu, » dit le Bienheureux. « Ici, bhikkhu, quelqu'un qui a cette vue : 'Ce qui est le soi est le monde ; après la mort je serai permanent, perpétuel, éternel, non sujet au changement ; je durerai aussi longtemps que l'éternité.' Il entend le Tathâgata ou un disciple du Tathâgata enseignant le Dhamma pour l'élimination de toutes les positions, jugements, idées fixes, adhérences, et tendances sous-jacentes, pour l'apaisement de toutes les formations, pour la renonciation à tous les attachements, pour la destruction du désir, pour la fin dépassion, pour la cessation, pour le Nibbâna. Il pense ainsi : «Ainsi je serai anéanti ! Ainsi je périrai ! Ainsi je ne serai plus !' Alors il est triste, se chagrine et se lamente, il pleure en se frappant la poitrine et s'affole. Voici comment il y a de l'agitation au sujet de ce qui est non-existant intérieurement. »


21. « Vénérable, est-il possible qu'il n'y ait pas d'agitation au sujet de ce qui est non-existant intérieurement? »
« Ceci est possible, bhikkhu, » dit le Bienheureux. « Ici, bhikkhu, quelqu'un qui n'a pas cette vue : 'Ce qui est le soi est le monde ; après la mort je serai permanent, perpétuel, éternel, non sujet au changement ; je durerai aussi longtemps que l'éternité.' Il entend le Tathâgata ou un disciple du Tathâgata enseignant le Dhamma pour l'élimination de toutes les positions, jugements, idées fixes, adhérences, et tendances sous-jacentes, pour l'apaisement de toutes les formations, pour la renonciation à tous les attachements, pour la destruction du désir, pour la fin des passions, pour la cessation, pour le Nibbâna. Il ne pense pas ainsi : «Ainsi je serai anéanti ! Ainsi je périrai ! Ainsi je ne serai plus !' Alors il n'est pas triste, ne se chagrine pas et se lamente pas, il ne pleure pas en se frappant la poitrine et ne s'affole pas. Voici comment il n'y a pas d'agitation au sujet de ce qui est non-existant intérieurement. »


(Impermanence et non-soi)


22. « Bhikkhus, vous pourriez acquérir cette possession qui est permanente, constante, éternelle, non-sujette au changement, et qui puisse durer aussi longtemps que l'éternité. Mais voyez-vous une telle possession, bhikkhus ? » - « Non,Vénérable. » - « Bien, bhikkhus. Moi non plus, je ne vois aucune possession qui soit permanente, constante, éternelle, non-sujette au changement, et qui puisse durer aussi longtemps que l'éternité.


23. « Bhikkhus, vous pourriez vous accrocher à cette doctrine du soi qui ne fasse pas survenir de peine, de lamentations, de douleur, de chagrin et de désespoir en celui qui s'y accroche. Mais voyez-vous une telle doctrine du soi, bhikkhus ? » - « Non, Vénérable. »- « Bien, bhikkhus. Moi non plus, je ne vois aucune doctrine du soi qui ne fasse pas survenir de peine, de lamentations, de douleur, de chagrin et de désespoir en celui qui s'y accroche.


24. « Bhikkhus, vous pourriez prendre comme support cette vue qui ne fasse pas survenir de peine, de lamentations, de douleur, de chagrin et de désespoir en celui qui la prend comme support. Mais voyez-vous un tel support de vues, bhikkhus ? » - « Non, Vénérable. » - « Bien, bhikkhus. Moi non plus, je ne vois aucun support de vues qui ne fasse survenir de peine, de lamentations, de douleur, de chagrin et de désespoir en celui qui le prend comme support.


25. « Bhikkhus, s'il existait un soi, y existerait-il pour moi ce qui appartient à un soi ? » - « Oui, Vénérable. » - « Ou, s'il existait ce qui appartient à un soi, existerait-il pour moi un soi ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, puisqu'un soi et ce qui appartient à un soi ne sont pas appréhendés comme vrais et établis, alors ce point de vue, à savoir, 'Ce qui est le soi est le monde ; après la mort je serai permanent, perpétuel, éternel, non sujet au changement ; je durerai aussi longtemps que l'éternité.' - ne serait-il pas un enseignement totalement et complètement insensé ? »
« Que pourrait-il être d'autre, Vénérable, qu'un enseignement totalement et complètement insensé ? »


26. « Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? La forme matérielle est-elle permanente ou impermanente ? » - « Impermanente, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent est-il souffrance ou bonheur ? » - « Souffrance, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent, souffrance, et sujet au changement, devrait-il être considéré ainsi : ''Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi' ? » - « Non, Vénérable. »
« Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? La sensation est-elle permanente ou impermanente ? » - « Impermanente, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent est-il souffrance ou bonheur ? » - « Souffrance, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent, souffrance, et sujet au changement, devrait-il être considéré ainsi : ''Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi' ? » - « Non, Vénérable. »
« Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? La perception est-elle permanente ou impermanente ? » - « Impermanente, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent est-il souffrance ou bonheur ? » - « Souffrance, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent, souffrance, et sujet au changement, devrait-il être considéré ainsi : ''Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi' ? » - « Non, Vénérable. »
« Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? Les formations sont-elles permanentes ou impermanentes » - « Impermanentes, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent est-il souffrance ou bonheur ? » - « Souffrance, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent, souffrance, et sujet au changement, devrait-il être considéré ainsi : ''Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi' ? » - « Non, Vénérable. »
« Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? La conscience est-elle permanente ou impermanente ? » - « Impermanente, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent est-il souffrance ou bonheur ? » - « Souffrance, Vénérable. » - « Ce qui est impermanent, souffrance, et sujet au changement, devrait-il être considéré ainsi : ''Ceci est à moi, ceci est moi, ceci est mon soi' ? » - « Non, Vénérable. »


27. « Ainsi, bhikkhus, toute sorte de forme matérielle, quelle qu'elle soit, qu'elle soit passée, future, ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou supérieure, lointaine ou proche, toute forme matérielle devrait être vue comme il en est vraiment avec une sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Toute sorte de sensation, quelle qu'elle soit, qu'elle soit passée, future, ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou supérieure, lointaine ou proche, toute sensation devrait être vue comme il en est vraiment avec une sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Toute sorte de perception, quelle qu'elle soit, qu'elle soit passée, future, ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou supérieure, lointaine ou proche, toute perception devrait être vue comme il en est vraiment avec une sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Toute sorte de formations, quelle qu'elles soient, qu'elles soient passées, futures, ou présentes, internes ou externes, grossières ou subtiles, inférieures ou supérieures, lointaines ou proches, toutes formations devraient être vues comme elles sont vraiment avec une sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.' Toute sorte de conscience, quelle qu'elle soit, qu'elle soit passée, future, ou présente, interne ou externe, grossière ou subtile, inférieure ou supérieure, lointaine ou proche, toute conscience devrait être vue comme il en est vraiment avec une sagesse correcte ainsi : 'Ceci n'est pas à moi, ceci n'est pas moi, ceci n'est pas mon soi.'


28. « En voyant ainsi, bhikkhus, un disciple bien enseigné devient désenchanté avec la forme matérielle, désenchanté avec la sensation, désenchanté avec la perception, désenchanté avec les formations, désenchanté avec la conscience.


29. « Étant désenchanté, il devient dépassionné. Par la dépassion, son esprit est libéré. Quand il est libéré vient la connaissance : 'Il est libéré.' Il comprend : 'La naissance est détruite, la sainte vie a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n'y a plus de venue dans aucun état d'être.'


(L'arahant)


30. « Bhikkhus, ce bhikkhu est appelé un dont la barre a été levée, dont la fosse a été comblée, dont le pilier a été arraché, un qui n'a pas de verrou, un noble dont la bannière est abaissée, dont le fardeau est déposé, qui est sans entrave.

31. « Et comment le bhikkhu est-il un dont la barre a été levée ? Ici le bhikkhu a abandonné l'ignorance, l'a coupée à sa racine, l'a rendue comme une souche de palmier, l'a faite disparaître, afin qu'elle ne survienne plus dans le futur. Voici comment le bhikkhu est un dont la barre a été levée.


32. « Et comment le bhikkhu est-il un dont la fosse a été comblée ? Ici le bhikkhu a abandonné la ronde des naissances qui apporte le renouvellement de l'être, l'a coupée à sa racine, l'a rendue comme une souche de palmier, l'a faite disparaître, afin qu'elle ne survienne plus dans le futur. Voici comment le bhikkhu est un dont la fosse a été comblée.


33. « Et comment le bhikkhu est-il un dont le pilier a été arraché? Ici le bhikkhu a abandonné le désir, l'a coupé à sa racine, l'a rendu comme une souche de palmier, l'a fait disparaître, afin qu'il ne survienne plus dans le futur. Voici comment le bhikkhu est un dont le pilier a été arraché.


34. « Et comment le bhikkhu est-il un qui n'a pas de verrou? Ici le bhikkhu a abandonné les cinq chaînes inférieures, les a coupées à leurs racines, les a rendues comme une souche de palmier, les a faites disparaître, afin qu'elles ne surviennent plus dans le futur. Voici comment le bhikkhu est un qui n'a pas de verrou.


35. « Et comment le bhikkhu est-il un noble dont la bannière est abaissée, dont le fardeau est déposé, qui est sans entrave ? Ici le bhikkhu a abandonné l'orgueil 'Je suis', l'a coupé à sa racine, l'a rendu comme une souche de palmier, l'a fait disparaître, afin qu'il ne survienne plus dans le futur. Voici comment le bhikkhu est un dont la bannière est abaissée, dont le fardeau est déposé, qui est sans entrave.


36. « Bhikkhus, quand les dieux avec Indra, avec Brahmâ et avec Pajâpati cherchent un bhikkhu dont l'esprit est ainsi libéré, ils ne trouvent rien sur quoi ils pourraient dire : 'La conscience d'un ainsi-allé est supportée par ceci.' Pourquoi cela ? Un ainsi-allé, je l'affirme, est introuvable dans l'ici et maintenant.


(Mauvaise représentation du Tathâgata)


37. « Disant ceci, bhikkhus, proclamant ceci, j'ai été erronément, vainement, faussement, et à tort mal représenté par certains reclus et brahmanes ainsi : 'Le reclus Gotama est un qui induit en erreur ; il enseigne l'annihilation, la destruction, l'extermination d'un être existant.' Comme je ne suis pas cela, comme je ne proclame pas cela, ainsi ai-je été erronément, vainement, faussement, et à tort mal représenté par certains reclus et brahmanes ainsi : 'Le reclus Gotama est un qui induit en erreur ; il enseigne l'annihilation, la destruction, l'extermination d'un être existant.'


38. « Bhikkhus, autrefois comme aujourd'hui, ce que j'enseigne est la souffrance et la cessation de la souffrance. Si d'autres insultent, injurient, réprimandent, et harcèlent le Tathâgata pour cela, le Tathâgata ne ressent pas de désagrément, d'amertume, ou de tristesse dans le coeur pour cette raison. Et si d'autres honorent, respectent, révèrent, et vénèrent le Tathâgata pour cela, le Tathâgata ne ressent aucun plaisir, joie, ou exaltation dans le coeur pour cette raison. Si d'autres honorent, respectent, révèrent, et vénèrent le Tathâgata pour cela, le Tathâgata pense ceci : 'Ils me rendent de tels hommages en regard de ce qui a été pleinement compris auparavant.'


39. « Ainsi, bhikkhus, si d'autres vous insultent, injurient, réprimandent, et harcèlent, vous ne devriez recevoir aucun désagrément, amertume, ou tristesse dans le coeur pour cette raison. Et si d'autres vous honorent, respectent, révèrent, et vénèrent, vous ne devriez recevoir aucun plaisir, joie, ou exaltation dans le coeur pour cette raison. Si d'autres vous honorent, respectent, révèrent, et vénèrent, vous devriez penser ceci : 'Ils nous rendent de tels hommages en regard de ce qui a été pleinement compris auparavant.'


(Pas vôtre)


40. « Ainsi, bhikkhus, tout ce qui n'est pas vôtre, abandonnez-le ; lorsque vous l'aurez abandonné, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. Qu'est ce qui n'est pas vôtre ? La forme matérielle n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. La sensation n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. La perception n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. Les formations ne sont pas vôtres. Abandonnez-les. Lorsque vous les aurez abandonnées, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. La conscience n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps.


41. « Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? Si des personnes ramassaient de l'herbe, des bâtons, des branches, et des feuilles dans ce bosquet de Jeta, ou les brûlaient, ou en faisaient ce qu'elles voulaient, penseriez-vous : 'Ces personnes nous ramassent ou nous brûlent ou font ce qu'elles veulent de nous' ? » - « Non, Vénérable. Pourquoi cela ? Parce que ce n'est ni notre soi ni ce qui appartient à notre soi. » - « De même, bhikkhus, tout ce qui n'est pas vôtre, abandonnez-le ; lorsque vous l'aurez abandonné, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. Qu'est ce qui n'est pas vôtre ? La forme matérielle n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. La sensation n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. La perception n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. Les formations ne sont pas vôtres. Abandonnez-les. Lorsque vous les aurez abandonnées, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps. La conscience n'est pas vôtre. Abandonnez-la. Lorsque vous l'aurez abandonnée, cela vous apportera le bien-être et le bonheur pour longtemps.


(Dans ce Dhamma)


42. « Bhikkhus, le Dhamma bien proclamé par moi ainsi est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage. Dans le Dhamma bien proclamé par moi ainsi qui est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage, il n'y a pas de future ronde pour la manifestation dans le cas de ces bhikkhus qui sont des arahants avec les souillures détruites, qui ont vécu la sainte vie, fait ce qui devait être fait, déposé le fardeau, atteint leur propre but, détruit les chaînes de l'être, et sont complètement libérés par la connaissance finale.


43. « Bhikkhus, le Dhamma bien proclamé par moi ainsi est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage. Dans le Dhamma bien proclamé par moi ainsi qui est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage, ces bhikkhus qui ont abandonné les cinq chaînes inférieures réapparaîtront tous spontanément dans les Terres Pures et y atteindront le Nibbâna final, sans jamais revenir en ce monde.


44. « Bhikkhus, le Dhamma bien proclamé par moi ainsi est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage. Dans le Dhamma bien proclamé par moi ainsi qui est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage, ces bhikkhus qui ont abandonné les trois chaînes et ont atténué le désir, l'aversion, et l'illusion, sont tous des un-qui-ne-revient-qu'une-fois, retournant une seule fois dans ce monde pour mettre fin à la souffrance.


45. « Bhikkhus, le Dhamma bien proclamé par moi ainsi est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage. Dans le Dhamma bien proclamé par moi ainsi qui est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage, ces bhikkhus qui ont abandonné les trois chaînes sont tous des entré-dans-le-courant, ne sont plus sujet à la perdition, sont liés à la délivrance, et dirigés vers l'éveil.


46. « Bhikkhus, le Dhamma bien proclamé par moi ainsi est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage. Dans le Dhamma bien proclamé par moi ainsi qui est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage, ces bhikkhus qui sont des disciples du Dharma ou des disciples de la confiance sont tous dirigés vers l'éveil.


47. « Bhikkhus, le Dhamma bien proclamé par moi ainsi est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage. Dans le Dhamma bien proclamé par moi ainsi qui est clair, ouvert, évident, et sans rapiéçage, ceux qui ont suffisamment de confiance en moi, suffisamment d'amour pour moi, sont tous dirigés vers les cieux. »


Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus furent satisfaits des paroles du Bienheureux et s'en réjouirent.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.