Majjhima Nikâya 005
Anangana Sutta
Sans Impuretés

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sâvatthî dans le Bosquet de Jeta, dans le parc d'Anâthapindika. Là, le vénérable Sâriputta s'adressa aux bhikkhus ainsi: « Amis bhikkhus » - « Ami, » répondirent-ils. Le vénérable Sâriputta dit ceci:


2. « Amis, il y a quatre sortes de personnes existant dans ce monde. Quelles sont ces quatre? Ici une personne avec des impuretés qui ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi.' Ici une personne avec des impuretés qui comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: ' J'ai des impuretés en moi.' Ici une personne sans impuretés qui ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'Je n'ai pas d'impuretés en moi.' Ici une personne sans impuretés qui comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: ' Je n'ai pas d'impuretés en moi.'
« La personne avec des impuretés qui ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi' est dite la personne inférieure des deux personnes avec des impuretés. La personne avec des impuretés qui comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi' est dite la personne supérieure des deux personnes avec des impuretés.
« La personne sans impuretés qui ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'Je n'ai pas d'impuretés en moi' est dite la personne inférieure des deux personnes sans impuretés. La personne sans impuretés qui comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: ' Je n'ai pas d'impuretés en moi' est dite la personne supérieure des deux personnes sans impuretés.


3. « Quand ceci fut dit, le vénérable Mahâ Moggallâna demanda au vénérable Sâriputta: « Ami Sâriputta, quelles sont les causes et les raisons qui font que, de ces deux personnes avec des impuretés, une est dite inférieure et l'autre est dite supérieure? Quelles sont les causes et les raisons qui font que, de ces deux personnes sans impuretés, une est dite inférieure et l'autre est dite supérieure? »


4. « Ami, quand une personne avec des impuretés ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle n'éveille pas de ferveur, ne fasse pas d'efforts, n'engendre aucune énergie afin de supprimer ces impuretés, et à ce qu'elle meure avec de l'attachement, de l'aversion et de l'ignorance, avec des impuretés, avec l'esprit souillé. Supposons que l'on ramène d'un magasin ou d'une forge un plat en bronze avec des saletés et des taches, et que le propriétaire ne s'en serve pas, ne le nettoie pas, mais le mette de côté dans un coin poussiéreux. Le plat de bronze deviendrait-il plus sale et taché par la suite? - « Oui, ami. » - « De même, ami, quand une personne avec des impuretés ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle n'éveille pas de ferveur, ne fasse pas d'efforts, n'engendre aucune énergie afin de supprimer ces impuretés, et à ce qu'elle meure avec de l'attachement, de l'aversion et de l'ignorance, avec des impuretés, avec l'esprit souillé.


5. « Quand une personne avec des impuretés comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle éveille de la ferveur, fasse des efforts, engendre de l'énergie afin de supprimer ces impuretés, et à ce qu'elle meure sans attachement, aversion et ignorance, sans impuretés, avec l'esprit non souillé. Supposons que l'on ramène d'un magasin ou d'une forge un plat en bronze avec des saletés et des taches, et que le propriétaire s'en serve, le nettoie et ne le mette pas de côté dans un coin poussiéreux. Le plat de bronze deviendrait-il plus propre et brillant par la suite? - « Oui, ami. » - « De même, ami, quand une personne avec des impuretés comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: 'J'ai des impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle éveille de la ferveur, fasse des efforts, engendre de l'énergie afin de supprimer ces impuretés, et à ce qu'elle meure sans attachement, aversion et ignorance, sans impuretés, avec l'esprit non souillé.


6. « Quand une personne sans impuretés ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'Je n'ai pas d'impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle prête attention à la beauté et qu'à cause de cela le désir infecte son esprit, et à ce qu'elle meure avec de l'attachement, de l'aversion et de l'ignorance, avec des impuretés, avec l'esprit souillé. Supposons que l'on ramène d'un magasin ou d'une forge un plat en bronze propre et brillant, et que le propriétaire ne s'en serve pas, ne le nettoie pas, mais le mette de côté dans un coin poussiéreux. Le plat de bronze deviendrait-il plus sale et taché par la suite? - « Oui, ami. » - « De même, ami, quand une personne sans impuretés ne comprend pas ce qu'il en est vraiment ainsi: 'Je n'ai pas d'impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle prête attention à la beauté et que le désir infecte son esprit, et à ce qu'elle meure avec de l'attachement, de l'aversion et de l'ignorance, avec des impuretés, avec l'esprit souillé.


7. « Quand une personne sans impuretés comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: 'Je n'ai pas d'impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle ne prête pas attention à la beauté et qu'en raison de cela le désir n'infecte pas son esprit, et à ce qu'elle meure sans attachement, aversion et ignorance, sans impuretés, avec l'esprit non souillé. Supposons que l'on ramène d'un magasin ou d'une forge un plat en bronze propre et brillant, et que le propriétaire s'en serve, le nettoie et ne le mette pas de côté dans un coin poussiéreux. Le plat de bronze deviendrait-il plus propre et brillant par la suite? - « Oui, ami. » - « De même, ami, quand une personne sans impuretés comprend ce qu'il en est vraiment ainsi: 'Je n'ai pas d'impuretés en moi,' on peut s'attendre à ce qu'elle ne prête pas attention à la beauté et qu'en raison de cela le désir n'infecte pas son esprit, et à ce qu'elle meure sans attachement, aversion et ignorance, sans impuretés, avec l'esprit non souillé.


8. «  Ce sont les causes et les raisons qui font que, de ces deux personnes avec des impuretés, une est dite inférieure et l'autre est dite supérieure. Ce sont les causes et les raisons qui font que, de ces deux personnes sans impuretés, une est dite inférieure et l'autre est dite supérieure. »


9. « 'Impuretés, impuretés,' dit-on, ami, mais que veut dire ce terme 'impureté'? 'Impureté', ami, est un terme pour le domaine des désirs mauvais et malsains.


10. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Si je commets une faute, que les bhikkhus ne sachent pas que j'ai commis une faute.' Et il est possible que les bhikkhus viennent à savoir que ce bhikkhu a commis une faute. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les bhikkhus savent que j'ai commis une faute.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


11. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'J'ai commis une faute. Que les bhikkhus me réprimandent en privé, pas au milieu de la Sangha.' Et il est possible que les bhikkhus réprimandent ce bhikkhu au milieu de la Sangha, pas en privé. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les bhikkhus m'ont réprimandé au milieu de la Sangha, pas en privé.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


12. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'J'ai commis une faute. Une personne qui est mon égal devrait me réprimander, pas une personne qui n'est pas mon égal.' Et il est possible qu'une personne qui ne soit pas son égal le réprimande, pas une personne qui soit son égal. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Une personne qui n'est pas mon égal m'a réprimandé, pas une personne qui est mon égal.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


13. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puisse le Maître enseigner le Dhamma aux bhikkhus en posant des questions à moi, pas à un autre bhikkhu!' Et il est possible que le Maître enseigne le Dhamma aux bhikkhus en posant des questions à un autre bhikkhu, pas à ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Le Maître a enseigné le Dhamma aux bhikkhus en posant des questions à un autre bhikkhu, pas à moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


14. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissent les bhikkhus, pour l'aumône, entrer dans le village en me mettant en tête, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible que les bhikkhus, pour l'aumône, entrent dans le village en mettant en tête un autre bhikkhu, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les bhikkhus, pour l'aumône, sont entrés dans le village en mettant en tête un autre bhikkhu, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


15. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissé-je recevoir le meilleur siège, la meilleure eau, la meilleure nourriture d'aumône, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu reçoive le meilleur siège, la meilleure eau, la meilleure nourriture d'aumône, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a reçu le meilleur siège, la meilleure eau, la meilleure nourriture d'aumône, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


16. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, que ce soit moi qui donne les bénédictions après le repas, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu donne les bénédictions après le repas, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a donné les bénédictions après le repas, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


17. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, que ce soit moi qui enseigne le Dhamma aux bhikkhus visitant le monastère, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu enseigne le Dhamma aux bhikkhus visitant le monastère, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a enseigné le Dhamma aux bhikkhus visitant le monastère, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


18. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, que ce soit moi qui enseigne le Dhamma aux bhikkhunîs visitant le monastère, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu enseigne le Dhamma aux bhikkhunîs visitant le monastère, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a enseigné le Dhamma aux bhikkhunîs visitant le monastère, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


19. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, que ce soit moi qui enseigne le Dhamma aux disciples laïques hommes visitant le monastère, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu enseigne le Dhamma aux disciples laïques hommes visitant le monastère, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a enseigné le Dhamma aux disciples laïques hommes visitant le monastère, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


20. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, que ce soit moi qui enseigne le Dhamma aux disciples laïques femmes visitant le monastère, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu enseigne le Dhamma aux disciples laïques femmes visitant le monastère, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a enseigné le Dhamma aux disciples laïques femmes visitant le monastère, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


21. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissent les bhikkhus m'honorer, me respecter, me révérer et me vénérer, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible que les bhikkhus honorent, respectent, révèrent et vénèrent un autre bhikkhu, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les bhikkhus ont honoré, respecté, révéré et vénéré un autre bhikkhu, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


22. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissent les bhikkhunîs m'honorer, me respecter, me révérer et me vénérer, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible que les bhikkhunîs honorent, respectent, révèrent et vénèrent un autre bhikkhu, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les bhikkhunîs ont honoré, respecté, révéré et vénéré un autre bhikkhu, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


23. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissent les disciples laïques hommes m'honorer, me respecter, me révérer et me vénérer, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible que les disciples laïques hommes honorent, respectent, révèrent et vénèrent un autre bhikkhu, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les disciples laïques hommes ont honoré, respecté, révéré et vénéré un autre bhikkhu, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


24. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissent les disciples laïques femmes m'honorer, me respecter, me révérer et me vénérer, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible que les disciples laïques femmes honorent, respectent, révèrent et vénèrent un autre bhikkhu, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Les disciples laïques femmes ont honoré, respecté, révéré et vénéré un autre bhikkhu, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


25. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissé-je recevoir la meilleure robe, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu reçoive la meilleure robe, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a reçu la meilleure robe, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


26. « Il est possible qu'un bhikkhu souhaite ceci: 'Oh, puissé-je recevoir la meilleure nourriture d'aumône, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu reçoive la meilleure nourriture d'aumône, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a reçu la meilleure nourriture d'aumône, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


27. « Il est possible qu'un bhikkhu pense ceci: 'Oh, puissé-je recevoir la meilleure habitation, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu reçoive la meilleure habitation, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a reçu la meilleure habitation, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.


28. « Il est possible qu'un bhikkhu pense ceci: 'Oh, puissé-je recevoir les meilleurs remèdes, pas un autre bhikkhu!' Et il est possible qu'un autre bhikkhu reçoive les meilleurs remèdes, pas ce bhikkhu. Alors il se met en colère et est furieux ainsi: 'Un autre bhikkhu a reçu les meilleurs remèdes, pas moi.' Cette colère et cette fureur sont toutes deux des impuretés.
« 'Impureté', ami, est un mot pour le domaine des désirs mauvais et malsains.


29. « Pour tout bhikkhu dont on voit ou entend dire qu'il n'a pas abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains, alors il peut bien être un habitant des forêts, un familier des demeures lointaines, un mangeur de nourritures d'aumône, un quêteur de maisons en maisons, une personne portant des vêtements en lambeaux, une personne portant des robes abîmées, pourtant ses compagnons dans la sainte vie ne l'honorent, ne le respectent, ne le révèrent et ne le vénèrent pas. Pourquoi cela? Parce qu'on voit ou entend dire qu'il n'a pas abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains.
« Supposons que l'on ramène d'un magasin ou d'une forge un bol de métal propre et brillant; et que le propriétaire mette un cadavre de serpent, de chien ou d'humain dedans et, le couvrant d'un autre bol, aille au marché; alors des personnes voyant cela diraient: 'Que portez-vous comme ça comme un trésor?' Alors, soulevant le couvercle et dévoilant le contenu du bol, ils regarderaient, et dès qu'ils verraient ils seraient emplis d'une telle horreur, répugnance et dégoût que même ceux qui auraient eu faim ne voudraient pas manger, sans parler de ceux qui auraient été rassasiés.
« De même, ami, pour tout bhikkhu dont on voit ou entend dire qu'il n'a pas abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains, alors il peut bien être un habitant des forêts, un familier des demeures lointaines, un mangeur de nourritures d'aumône, un quêteur de maisons en maisons, une personne portant des vêtements en lambeaux, une personne portant des robes abîmées, pourtant ses compagnons dans la sainte vie ne l'honorent, ne le respectent, ne le révèrent et ne le vénèrent pas. Pourquoi cela? Parce qu'on voit ou entend dire qu'il n'a pas abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains.


30. « Pour tout bhikkhu dont on voit ou entend dire qu'il a abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains, alors, qu'il soit un habitant des forêts, un familier des demeures lointaines, un mangeur de nourritures d'aumône, un quêteur de maisons en maisons, une personne portant des vêtements en lambeaux, une personne portant des robes abîmées, ses compagnons dans la sainte vie l'honorent, le respectent, le révèrent et le vénèrent. Pourquoi cela? Parce qu'on voit ou entend dire qu'il a abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains.
« Supposons que l'on ramène d'un magasin ou d'une forge un bol de métal propre et brillant; et que le propriétaire mette du riz propre, diverses soupes et sauces dedans, et, le couvrant d'un autre bol, aille au marché; alors des personnes voyant cela diraient: 'Que portez-vous comme ça comme un trésor?' Alors, soulevant le couvercle et dévoilant le contenu du bol, ils regarderaient, et dès qu'ils verraient ils seraient emplis d'une telle aise, appétit et plaisir que même ceux qui auraient été rassasiés voudraient manger, sans parler de ceux qui auraient eu faim.
« De même, ami, pour tout bhikkhu dont on voit ou entend dire qu'il a abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains, alors, qu'il soit un habitant des forêts, un familier des demeures lointaines, un mangeur de nourritures d'aumône, un quêteur de maisons en maisons, une personne portant des vêtements en lambeaux, une personne portant des robes abîmées, ses compagnons dans la sainte vie l'honorent, le respectent, le révèrent et le vénèrent. Pourquoi cela? Parce qu'on voit ou entend dire qu'il a abandonné les domaines des désirs mauvais et malsains. »


31. Quand ceci fut dit, le vénérable Mahâ Moggallâna dit au vénérable Sâriputta: « Il me vient une comparaison, ami Sâriputta. » - « Expose-la, ami Moggallâna. » - « En une occasion, ami, je vivais au Fort des Collines à Râjagaha. Alors, quand c'était le matin, je me suis habillé, et prenant mon bol et ma robe extérieure, je suis allé dans Râjagaha pour l'aumône. En cette occasion, Samîti le fils du charron, rabotait une jante de roue et l'Âjîvaka Panduputta, fils d'un ancien charron, se tenait là. Alors cette pensée est survenue dans l'esprit de l'Âjîvaka Panduputta: 'Oh, puisse Samîti le fils du charron, raboter ces courbures, ces irrégularités, ces défauts de la jante de roue afin qu'elle soit sans courbures, irrégularités et défauts, jusqu'à ce qu'elle consiste purement en coeur de bois.' Et juste comme cette pensée passa en son esprit, Samîti le fils du charron, rabota ces courbures, ces irrégularités, ces défauts de la jante de roue. Alors l'Âjîvaka Panduputta, fils d'un ancien charron, fut ravi et il exprima sa satisfaction ainsi: 'Il rabote comme s'il connaissait mon coeur avec son coeur!'


32. « De même, ami, il y a des personnes sans confiance qui sont partis de la vie de foyer vers la vie sans foyer, qui sont frauduleuses, trompeuses, traîtres, arrogantes, vaniteuses, vaines, de mauvaise langue, bavardes, qui ne gardent pas leurs facultés des sens, sont immodérées avec leur nourriture, non dévouées à la vigilance, non soucieuses de la solitude, non grandement respectueuses envers l'entraînement, luxueuses, négligentes, qui tombent facilement, négligent la solitude, sont paresseuses, manquent d'énergie, sont non attentionnées, non pleinement conscientes, non concentrées, ont l'esprit égaré, sont dépourvues de sagesse, radotantes. Le vénérable Sâriputta rabote leurs fautes avec son discours du Dhamma comme s'il connaissait mon coeur avec son coeur!
« Mais il y a des fils de bonne famille qui sont partis par confiance de la vie de foyer vers la vie sans foyer, qui ne sont pas frauduleuses, trompeuses, traîtres, arrogantes, vaniteuses, vaines, de mauvaise langue, ou bavardes; qui gardent leurs facultés des sens, sont modérées avec leur nourriture, dévouées à la vigilance, soucieuses de la solitude, grandement respectueuses envers l'entraînement, non luxueuses, non négligentes, enthousiastes pour éviter de tomber, qui cultivent la solitude, sont énergiques, déterminées, établies dans l'attention, pleinement conscientes, concentrées, ont l'esprit unifié, possèdent la sagesse, ne radotent pas. Ceux-ci, en entendant le discours du Dhamma du vénérable Sâriputta, le boivent et le mangent, par mot et par pensée. Il est bon qu'il fasse émerger ses compagnons de la sainte vie de ce qui est malsain et les établisse dans ce qui est sain.


33. « Comme une jeune femme – ou un jeune homme – aimant les parures, la tête lavée, ayant reçu une guirlande de lotus, de jasmins, ou de roses la prendrait avec les deux mains et la placerait sur la tête, de même il y a des fils de bonne famille qui sont partis par confiance de la vie de foyer vers la vie sans foyer, qui ne sont pas frauduleuses, trompeuses, traîtres, arrogantes, vaniteuses, vaines, de mauvaise langue, ou bavardes; qui gardent leurs facultés des sens, sont modérées avec leur nourriture, dévouées à la vigilance, soucieuses de la solitude, grandement respectueuses envers l'entraînement, non luxueuses, non négligentes, enthousiastes pour éviter de tomber, qui cultivent la solitude, sont énergiques, déterminées, établies dans l'attention, pleinement conscientes, concentrées, ont l'esprit unifié, possèdent la sagesse, ne radotent pas. Ceux-ci, en entendant le discours du Dhamma du vénérable Sâriputta, le boivent, le mangent, par mot et par pensée. Il est bon qu'il fasse émerger ses compagnons de la sainte vie de ce qui est malsain et les établisse dans ce qui est sain. »


Voici comment ces deux grands nâgas se réjouirent mutuellement de leurs bonnes paroles.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.