Majjhima Nikâya 038
Mahâtanhâsankhaya Sutta
Le grand discours sur la destruction du désir

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(Mise en place)


1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sâvatthî dans le Bosquet de Jeta, dans le Parc d'Anâthapindika.


2. Et en cette occasion une vue pernicieuse s'était élevée en un bhikkhu nommé Sâti, fils d'un pêcheur, ainsi : « Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, c'est la même conscience qui erre et vagabonde à travers la ronde des renaissances, pas une autre. "


3. Plusieurs bhikkhus, ayant entendu ceci, allèrent voir le bhikkhu Sâti et lui demandèrent : « Ami Sâti, est-ce vrai qu'une telle vue pernicieuse s'est élevée en toi ? »
«C'est exact, amis. Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, c'est la même conscience qui erre et vagabonde à travers la ronde des renaissances, pas une autre. »
Alors ces bhikkhus, désirant le détacher de cette vue pernicieuse, le pressèrent de questions, l'interrogèrent et le questionnèrent en tous sens ainsi : « Ami Sâti, ne dit pas cela. Ne représente pas mal le Bienheureux ; ce n'est pas bien de mal représenter le Bienheureux. Le Bienheureux ne parlerait pas ainsi. Car de nombreuses façons le Bienheureux a exposé que la conscience s'élève en dépendance, puisque sans condition il n'y pas pas d'origine de la conscience. »
Pourtant, bien que pressé de questions et interrogé et questionné en tous sens de cette façon, le bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, adhérait encore obstinément à cette vue pernicieuse et continuait d'insister.


4. Puisque les bhikkhus étaient incapables de le détacher de cette vue pernicieuse, ils allèrent voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, ils s'assirent sur un côté et lui dirent ce qui s'était passé, ajoutant : « Vénérable, puisque nous ne pouvions pas détacher le bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, de cette vue pernicieuse, nous avons rapporté ce problème au Bienheureux. »


5. Alors le Bienheureux s'adressa à un certain bhikkhu ainsi : «Viens, bhikkhu, va dire en mon nom au bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, que le Maître l'appelle. » - « Oui, Vénérable, » répondit-il, et il alla voir le bhikkhu Sâti et lui dit : « Le Maître t'appelle, ami Sâti. »
« Oui, ami, » répondit-il, et il alla voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, s'assit sur un côté. Le Bienheureux lui demanda : «Sâti, est-ce vrai que cette vue pernicieuse s'est élevée en toi : 'Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, c'est la même conscience qui erre et vagabonde à travers la ronde des renaissances, pas une autre' ? »
« C'est exact, Vénérable. Comme je comprends le Dhamma enseigné par le Bienheureux, c'est la même conscience qui erre et vagabonde à travers la ronde des renaissances, pas une autre. »
« Qu'est cette conscience, Sâti ? »
« Vénérable, c'est ce qui parle et ressent et fait l'expérience ici et là des résultats des bonnes et mauvaises actions. »
« Homme malavisé, à qui as-tu jamais entendu que j’enseignais le Dhamma de cette façon ? Homme malavisé, n'ai-je pas exposé de nombreuses façons que la conscience s'élevait en dépendance, puisque sans condition il n'y a pas d'origine de la conscience ? Mais toi, homme malavisé, par ta saisie erronée tu nous a mal représentés, t'es fait du mal à toi-même, et as accumulé beaucoup de démérites ; ceci te fera du tort et t'apportera de la souffrance pour longtemps. »


6. « Alors le Bouddha s'adressa aux Bhikkhus ainsi : « Bhikkhus, qu'en pensez-vous ? Ce bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, a t-il allumé ne serait-ce qu'un étincelle de sagesse dans ce Dhamma et Discipline ? »
« Comment cela se pourrait-il, Vénérable ? Non, Vénérable. »
Quand ceci fut dit, le bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, resta assis silencieusement, consterné, les épaules tombantes et la tête basse, triste, et sans voix. Alors, sachant cela, le Bienheureux lui dit : « Homme malavisé, tu seras reconnu pour ta propre vue pernicieuse. Je vais interroger les bhikkhus à ce sujet. »


7. Alors le Bienheureux s'adressa aux bhikkhus ainsi : « Bhikkhus, comprenez-vous le Dhamma que j'ai enseigné comme ce bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, le fait quand par sa saisie erronée il nous représente mal, se fait du mal à lui-même et accumule beaucoup de démérites ? »
« Non, Vénérable. Car dans de nombreux enseignements le Bienheureux a exposé que la conscience s'élève en dépendance, puisque sans condition il n'y pas pas d'origine de la conscience. »
« Bien, bhikkhus. C'est bien que vous compreniez le Dhamma que j'ai enseigné ainsi. Car de nombreuses façons j'ai exposé que la conscience s'élevait en dépendance, puisque sans condition il n'y a pas d'origine de la conscience. Mais ce bhikkhu Sâti, fils de pêcheur, par sa saisie erronée nous a mal représentés, s'est trompé lui-même, a accumulé beaucoup de démérites ; et ceci lui fera du tort et lui apportera de la souffrance pour longtemps.


(Conditionnalité de la conscience)


8. « Bhikkhus, la conscience est considérée par la condition particulière en dépendance de laquelle elle s'élève. Quand la conscience s'élève en dépendance de l'oeil et des formes, elle est considérée comme conscience de l'oeil ; quand la conscience s'élève en dépendance de l'oreille et des sons, elle est considérée comme conscience de l'oreille; quand la conscience s'élève en dépendance du nez et des odeurs, elle est considérée comme conscience du nez; quand la conscience s'élève en dépendance de la langue et des saveurs, elle est considérée comme conscience de la langue; quand la conscience s'élève en dépendance du corps et des tangibles, elle est considérée comme conscience du corps; quand la conscience s'élève en dépendance de l'esprit et des objets de l'esprit, elle est considérée comme conscience de l'esprit. Juste comme un feu est considéré par la condition particulière en dépendance de laquelle il brûle – quand un feu brûle en dépendance de bûches, il est considéré comme feu de bûches ; quand un feu brûle en dépendance de fagots, il est considéré comme feu de fagot ; quand un feu brûle en dépendance d'herbe, il est considéré comme feu d'herbe ; quand un feu brûle en dépendance de bouse de vache, il est considéré comme feu de bouse de vache ; quand un feu brûle en dépendance de paille, il est considéré comme feu de paille ; quand un feu brûle en dépendance de détritus, il est considéré comme feu de détritus – de même, la conscience est considérée par la condition particulière en dépendance de laquelle elle s'élève. Quand la conscience s'élève en dépendance de l'oeil et des formes, elle est considérée comme conscience de l'oeil ; quand la conscience s'élève en dépendance de l'oreille et des sons, elle est considérée comme conscience de l'oreille; quand la conscience s'élève en dépendance du nez et des odeurs, elle est considérée comme conscience du nez; quand la conscience s'élève en dépendance de la langue et des saveurs, elle est considérée comme conscience de la langue; quand la conscience s'élève en dépendance du corps et des tangibles, elle est considérée comme conscience du corps; quand la conscience s'élève en dépendance de l'esprit et des objets de l'esprit, elle est considérée comme conscience de l'esprit.


(Questionnaire général sur l'être)


9. « Bhikkhus, voyez-vous : 'Ceci est venu à l'existence' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, voyez-vous : 'Son origine se produit avec ceci comme aliment' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, voyez-vous : 'Avec la cessation de cet aliment, ce qui est venu à l'existence est sujet à la cessation' ? » - « Oui, Vénérable. »


10. « Bhikkhus, le doute s'élève-t-il quand on est incertain ainsi : 'Ceci est-il venu à l'existence' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, le doute s'élève-t-il quand on est incertain ainsi : 'Son origine se produit-elle avec ceci comme aliment' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, le doute s'élève-t-il quand on est incertain ainsi : 'Avec la cessation de cet aliment, ce qui est venu à l'existence est-il sujet à la cessation' ? » - « Oui, Vénérable. »


11. « Bhikkhus, le doute est-il abandonné dans celui qui voit comme il en est vraiment avec la sagesse juste ainsi : 'Ceci est venu à l'existence' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, le doute est-il abandonné dans celui qui voit comme il en est vraiment avec la sagesse juste ainsi : 'Son origine se produit avec ceci comme aliment' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, le doute est-il abandonné dans celui qui voit comme il en est vraiment avec la sagesse juste ainsi : 'Avec la cessation de cet aliment, ce qui est venu à l'existence est sujet à la cessation' ? » - « Oui, Vénérable. »


12. « Bhikkhus, êtes-vous ainsi libre du doute : 'Ceci est venu à l'existence' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, êtes-vous ainsi libre du doute : 'Son origine se produit avec ceci comme aliment' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, êtes-vous ainsi libre du doute : 'Avec la cessation de cet aliment, ce qui est venu à l'existence est sujet à la cessation' ? » - « Oui, Vénérable. »


13. « Bhikkhus, est-ce que cela a bien été vu par vous comme il est est vraiment avec la sagesse juste ainsi : 'Ceci est venu à l'existence' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, est-ce que cela a bien été vu par vous comme il est est vraiment avec la sagesse juste ainsi : 'Son origine se produit avec ceci comme aliment' ? » - « Oui, Vénérable. » - « Bhikkhus, est-ce que cela a bien été vu par vous comme il est est vraiment avec la sagesse juste ainsi : 'Avec la cessation de cet aliment, ce qui est venu à l'existence est sujet à la cessation' ? » - « Oui, Vénérable. »


14. « Bhikkhus, pure et claire comme est cette vue, si vous y adhérez, la chérissez, la gardez précieusement, la considérez comme une possession, comprendriez-vous alors que le Dhamma a été enseigné comme étant similaire à un radeau, existant dans le but de traverser, non dans le but de saisir ? » - « Non, Vénérable »- « Bhikkhus, pure et claire comme est cette vue, si vous n'y adhérez pas, ne la chérissez pas, ne la gardez pas précieusement, ne la considérez pas comme une possession, comprendriez-vous alors que le Dhamma a été enseigné comme étant similaire à un radeau, existant dans le but de traverser, non dans le but de saisir ? » - «Oui, Vénérable »


(Aliments et origine dépendante)


15. « Bhikkhus, il y a ces quatre sortes d'aliments pour la maintenant des êtres qui sont déjà venus à l'existence et pour de soutien de ceux qui vont venir à l'existence. Quels quatre ? Ce sont : la nourriture physique comme aliment, grossière ou subtile ; le contact comme deuxième ; la volition mentale comme troisième ; et la conscience comme quatrième.


16. « Maintenant, bhikkhus, quelle est la source de ces quatre sortes de nourriture, quelle est leur origine, de quoi sont-elles nées et produites ? Ces quatre sortes de nourriture ont le désir comme source, désir comme origine, elles sont nées et produites par le désir. Et quelle est la source du désir, quelle est son origine, de quoi est-il né et produit? Le désir a la sensation comme source, sensation comme origine, il est né et produit par la sensation. Et quelle est la source de la sensation, quelle est son origine, de quoi est-elle née et produite? La sensation a le contact comme source, contact comme origine, elle est née et produite par le contact. Et quelle est la source du contact, quelle est son origine, de quoi est-il né et produit? Le contact a la base sextuple comme source, base sextuple comme origine, il est né et produit par la base sextuple. Et quelle est la source de la base sextuple, quelle est son origine, de quoi est-elle née et produite? La base sextuple a le mental-matériel comme source, mental-matériel comme origine, elle est née et produite par le mental-matériel. Et quelle est la source du mental-matériel, quelle est son origine, de quoi est-il né et produit? Le mental-matériel a la conscience comme source, conscience comme origine, il est né et produit par la conscience. Et quelle est la source de la conscience, quelle est son origine, de quoi est-elle née et produite? La conscience a les formations comme source, formations comme origine, elle est née et produite par les formations. Et quelle est la source des formations, quelle est leur origine, de quoi sont-elles nées et produites? Les formations ont l'ignorance comme source, ignorance comme origine, elles sont nées et produites par l'ignorance.


(Explication en avant de l'émergence)


17. « Ainsi, bhikkhus, avec l'ignorance comme condition, les formations surviennent ; avec les formations comme conditions, la conscience survient ; avec la conscience comme condition, le mental-matériel survient ; avec le mental-matériel comme condition, la base sextuple survient ; avec la base sextuple comme condition, le contact survient ; avec le contact comme condition, la sensation survient ; avec la sensation comme condition, le désir survient ; avec le désir comme condition, l'attachement survient ; avec l'attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.


(Ordre inversé de l'émergence)


18. « 'Avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort' : ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la vieillesse et la mort ont-elle la naissance comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La vieillesse et la mort ont la naissance comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons: 'Avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort. »
« 'Avec l'existence comme condition, la naissance' : ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la naissance a-t-elle l'existence comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La naissance a l'existence comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec l'existence comme condition, la naissance'. »
« 'Avec l'attachement comme condition, l'existence: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, l'existence a-t-il l'attachement comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« L'existence a l'attachement comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec l'attachement comme condition, l'existence.' »
« 'Avec le désir comme condition, l'attachement' : ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la l'attachement a-t-il le désir comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« L'attachement a le désir comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec le désir comme condition, l'attachement.' »
« 'Avec la sensation comme condition, le désir: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, le désir a-t-il la sensation comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Le désir a la sensation comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la sensation comme condition, le désir.' »
« 'Avec le contact comme condition, la sensation: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la sensation a-t-elle le contact comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La sensation a le contact comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec le contact comme condition, la sensation.' »
« 'Avec la base sextuple comme condition, le contact: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, le contact a-t-il la base sextuple comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Le contact a la base sextuple comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la base sextuple comme condition, le contact.' »
« 'Avec le mental-matériel comme condition, la base sextuple: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la base sextuple a-t-elle le mental-matériel comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La base sextuple a le mental-matériel comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec le mental-matériel comme condition, la base sextuple.' »
« 'Avec la conscience comme condition, le mental-matériel: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, le mental-matériel a-t-il la conscience comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Le mental-matériel a la conscience comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la conscience comme condition, le mental-matériel.' »
« 'Avec les formations comme condition, la conscience: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la conscience a-t-elle les formations comme conditions ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La conscience a les formations comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec les formations comme conditions, la conscience.' »
« 'Avec l'ignorance comme condition, les formations: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, les formations ont-elles l'ignorance comme condition ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Les formations ont l'ignorance comme condition, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec l'ignorance comme condition, les formations.' »


(Récapitulation de l'émergence)


19. « Bien, bhikkhus. Ainsi vous dites ceci, et je dis aussi ceci : 'Quand ceci existe, cela survient ; avec l'apparition de ceci, cela apparaît.' C'est à dire, avec l'ignorance comme condition, les formations surviennent ; avec les formations comme conditions, la conscience survient ; avec la conscience comme condition, le mental-matériel survient ; avec le mental-matériel comme condition, la base sextuple survient ; avec la base sextuple comme condition, le contact survient ; avec le contact comme condition, la sensation survient ; avec la sensation comme condition, le désir survient ; avec le désir comme condition, l'attachement survient ; avec l'attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.


(Exposition en avant de la cessation)


20. « Mais avec la disparition et la cessation sans reste de l'ignorance vient la cessation des formations ; avec la cessation des formations, la cessation de la conscience ; avec la cessation de la conscience, la cessation du mental-matériel ; avec la cessation du mental-matériel, la cessation de la base sextuple ; avec la cessation de la base sextuple, la cessation du contact ; avec la cessation du contact, la cessation de la sensation ; avec la cessation de la sensation, la cessation du désir ; avec la cessation du désir, la cessation de l'attachement ; avec la cessation de l'attachement, la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.


(Ordre inversé de la cessation)


21. « 'Avec la cessation de la naissance, la cessation de la vieillesse et la mort' : ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la vieillesse et la mort cessent-elles avec la cessation de la naissance ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La vieillesse et la mort cessent avec la cessation de la naissance, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de la naissance, la cessation de la vieillesse et la mort.' »
« 'Avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la naissance cesse-t-elle avec la cessation de l'existence ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La naissance cesse avec la cessation de l'existence, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance.' »
« 'Avec la cessation de l'attachement, la cessation de l'existence: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, l'existence cesse-t-elle avec la cessation de l'attachement ou non, acceptez-vous ceci ? »
« L'existence cesse avec la cessation de l'attachement, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de l'attachement, la cessation de l'existence.' »
« 'Avec la cessation du désir, la cessation de l'attachement: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, l'attachement cesse-t-il avec la cessation du désir ou non, acceptez-vous ceci ? »
« L'attachement cesse avec la cessation du désir, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation du désir, la cessation de l'attachement.' »
« 'Avec la cessation de la sensation, la cessation du désir: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, le désir cesse-t-il avec la cessation de la sensation ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Le désir cesse avec la cessation de la sensation, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de la sensation, la cessation du désir.' »
« 'Avec la cessation du contact, la cessation de la sensation: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la sensation cesse-t-elle avec la cessation du contact ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La sensation cesse avec la cessation du contact, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation du contact, la cessation de la sensation.' »
« 'Avec la cessation de la base sextuple, la cessation du contact: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, le contact cesse-t-il avec la cessation de la base sextuple ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Le contact cesse avec la cessation de la base sextuple, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de la base sextuple, la cessation de du contact.' »
« 'Avec la cessation du mental-matériel, la cessation de la base sextuple: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la base sextuple cesse-t-elle avec la cessation du mental-matériel ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La base sextuple cesse avec la cessation du mental-matériel, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation du mental-matériel, la cessation de la base sextuple.' »
« 'Avec la cessation de la conscience, la cessation du mental-matériel: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, le mental-matériel cesse-t-il avec la cessation de la conscience ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Le mental-matériel cesse avec la cessation de la conscience, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de la conscience, la cessation du mental-matériel.' »
« 'Avec la cessation des formations, la cessation de la conscience: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, la conscience cesse-t-elle avec la cessation des formations ou non, acceptez-vous ceci ? »
« La conscience cesse avec la cessation des formations, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation des formations, la cessation de la conscience.' »
« 'Avec la cessation de l'ignorance, la cessation des formations: ainsi il a été dit. Maintenant, bhikkhus, les formations cessent-elles avec la cessation de l'ignorance ou non, acceptez-vous ceci ? »
« Les formations cessent avec la cessation de l'ignorance, Vénérable. Ainsi nous acceptons : 'Avec la cessation de l'ignorance, la cessation des formations.' »


(Récapitulation de la cessation)


22. « Bien, bhikkhus. Ainsi vous dites ceci, et je dis aussi ceci : 'Quand ceci n'existe pas, cela ne survient pas ; avec la cessation de ceci, cela cesse.' C'est à dire, avec la cessation de l'ignorance vient la cessation des formations ; avec la cessation des formations, la cessation de la conscience ; avec la cessation de la conscience, la cessation du mental-matériel ; avec la cessation du mental-matériel, la cessation de la base sextuple ; avec la cessation de la base sextuple, la cessation du contact ; avec la cessation du contact, la cessation de la sensation ; avec la cessation de la sensation, la cessation du désir ; avec la cessation du désir, la cessation de l'attachement ; avec la cessation de l'attachement, la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.


(Connaissance par soi-même)


23. « Bhikkhus, sachant et voyant de cette façon, courriez-vous après le passé ainsi : 'Étions-nous dans le passé ? N'étions-nous pas dans le passé ? Qu'étions-nous dans le passé ? Comment étions-nous dans le passé? Ayant été quoi, que sommes-nous devenus dans le passé ?' ? » - « Non, Vénérable. » - « Sachant et voyant de cette façon, courriez-vous après le futur ainsi : 'Serons-nous dans le futur ? Ne serons-nous pas dans le futur? Que serons-nous dans le futur ? Comment serons-nous dans le futur ? Ayant été quoi, que deviendrons-nous dans le futur ?' ? » - « Non, Vénérable. » - « Sachant et voyant de cette façon, seriez-vous perplexe intérieurement à propos du présent ainsi : 'Suis-je ? Ne suis-je pas ? Que suis-je ? Comment suis-je ? D'où cet être vient-il ? Où ira-t-il ?' ? » - « Non, Vénérable. »


24. « Bhikkhus, sachant et voyant de cette façon, diriez-vous ceci :'Le Maître est respecté par nous. Nous parlons comme nous le faisons par respect pour le Maître' ? » - « Non, Vénérable. » - « Sachant et voyant de cette façon, diriez-vous ceci : 'Le Reclus dit ceci, et nous disons cela à la demande du Reclus' ? » - « Non, Vénérable. » - « Sachant et voyant de cette façon, reconnaîtriez-vous un autre maître ? » - « Non, Vénérable. » - « Sachant et voyant de cette façon, retourneriez-vous aux observances, aux débats tumultueux, aux signes prometteurs de ces reclus et brahmanes ordinaires, les prenant comme le coeur de la sainte vie ? » - « Non, Vénérable. » - « Parlez-vous seulement de ce que vous avez su, vu, et compris par vous-même ? » - « Oui, Vénérable. »


25. « Bien, bhikkhus. Ainsi avez-vous été guidé par moi avec ce Dhamma, qui est visible ici et maintenant, immédiatement efficace, invitant à l'inspection, conduisant en avant, devant être expérimenté par les sages par eux-mêmes. Car c'était en référence à ceci qu'il a été dit : 'Bhikkhus, ce Dhamma est visible ici et maintenant, immédiatement efficace, invitant à l'inspection, conduisant en avant, devant être expérimenté par les sages par eux-mêmes.'


(La ronde de l'existence : de la conception à la maturité)


26. « Bhikkhus, la descente de l'embryon prend place uniquement par l'union de trois choses. Ici, il y a l'union de la mère et du mère, mais la mère n'est pas de saison, et le gandhabba n'est pas présent – dans ce cas la descente d'un embryon ne prend pas place. Ici, il y a l'union de la mère et du père, et la mère est de saison, mais le gandhabba n'est pas présent – dans ce cas aussi la descente de l'embryon ne prend pas place. Mais quand il y a l'union de la mère et du père, et que la mère est de saison, et que le gandhabba est présent, par l'union de ces trois choses la descente de l'embryon prend place.


27. « La mère porte alors l'embryon dans son ventre pendant neuf ou dix mois avec beaucoup d'inquiétude, comme un lourd fardeau. Alors, à la fin de neuf ou dix mois, la mère donne naissance avec beaucoup d'inquiétude, comme un lourd fardeau. Alors, quand l'enfant est né, elle le nourrit avec son propre sang ; car le lait des seins de la mère est appelé sang dans la Discipline du Noble.


28. «Quand il grandit et ses facultés mûrissent, l'enfant joue à des jeux comme les charrues miniatures, le jeu du bâtonnet, les culbutes, les éoliennes miniatures, les poids miniatures, les voitures miniatures, et les jouets d'arc et flèches.


29. « Quand il grandit et ses facultés mûrissent encore plus, le jeune homme se réjouit, pourvu et doté des cinq cordes des plaisirs sensuels, avec les formes connaissables par l'oeil qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie, avec les sons connaissables par l'oreille qui sont souhaités, désirés, agréables et sympathiques, connectés avec le désir sensuel, et provoquant l'envie, avec les odeurs connaissables par le nez qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie, avec les saveurs connaissables par la langue qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie, avec les choses tangibles connaissables par le corps qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie.


(La continuation de la ronde)


30. « En voyant une forme avec l'oeil, il la convoite si elle est agréable ; il a de l'aversion envers elle si elle est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps non établie, avec un esprit limité, et ne comprend pas comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Occupé comme il est à favoriser et à opposer, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il se réjouit dans cette sensation, l'accueille, et s'y accroche. Comme il fait ainsi, le plaisir s'élève en lui. Et le plaisir dans les sensations est attachement. Avec son attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.
« En entendant un son avec l'oreille, il le convoite s'il est agréable ; il a de l'aversion envers lui s'il est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps non établie, avec un esprit limité, et ne comprend pas comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Occupé comme il est à favoriser et à opposer, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il se réjouit dans cette sensation, l'accueille, et s'y accroche. Comme il fait ainsi, le plaisir s'élève en lui. Et le plaisir dans les sensations est attachement. Avec son attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.
« En sentant une odeur avec le nez, il la convoite si elle est agréable ; il a de l'aversion envers elle si elle est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps non établie, avec un esprit limité, et ne comprend pas comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Occupé comme il est à favoriser et à opposer, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il se réjouit dans cette sensation, l'accueille, et s'y accroche. Comme il fait ainsi, le plaisir s'élève en lui. Et le plaisir dans les sensations est attachement. Avec son attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.
« En goûtant une saveur avec la langue, il la convoite si elle est agréable ; il a de l'aversion envers elle si elle est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps non établie, avec un esprit limité, et ne comprend pas comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Occupé comme il est à favoriser et à opposer, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il se réjouit dans cette sensation, l'accueille, et s'y accroche. Comme il fait ainsi, le plaisir s'élève en lui. Et le plaisir dans les sensations est attachement. Avec son attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.
« En touchant un tangible avec le corps, il le convoite s'il est agréable ; il a de l'aversion envers lui s'il est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps non établie, avec un esprit limité, et ne comprend pas comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Occupé comme il est à favoriser et à opposer, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il se réjouit dans cette sensation, l'accueille, et s'y accroche. Comme il fait ainsi, le plaisir s'élève en lui. Et le plaisir dans les sensations est attachement. Avec son attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.
« En connaissant un objet de l'esprit avec l'esprit, il le convoite s'il est agréable ; il a de l'aversion envers lui s'il est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps non établie, avec un esprit limité, et ne comprend pas comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Occupé comme il est à favoriser et à opposer, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il se réjouit dans cette sensation, l'accueille, et s'y accroche. Comme il fait ainsi, le plaisir s'élève en lui. Et le plaisir dans les sensations est attachement. Avec son attachement comme condition, l'existence survient ; avec l'existence comme condition, la naissance survient ; avec la naissance comme condition, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir surviennent. Telle est l'origine de toute cette masse de souffrance.


(La fin de le ronde : l'entraînement progressif)


31. « Ici, bhikkhus, un Tathâgata apparaît dans le monde, accompli, pleinement éveillé, parfait en vraie connaissance et en conduite, sublime, connaisseur des mondes, incomparable meneur des personnes à dompter, enseignant des dieux et des humains, illuminé, béni. Il décrit ce monde avec ses dieux, ses Mâras, et ses Brahmâs, cette génération avec ses reclus et ces brahmanes, ses princes et ses gens, ce qu'il a lui-même réalisé avec une connaissance directe. Il enseigne le Dhamma qui est bon au début, bon au milieu, et bon à la fin, avec les justes significations et formulations, et il révèle une sainte vie qui est complètement parfaite et pure.


32. « Un maître de maison ou un fils de maître de maison ou quelqu'un né dans quelque autre famille entend ce Dhamma. En entendant le Dhamma il obtient la foi dans le Tathâgata. Possédant cette foi, il considère ainsi : 'La vie de maître de maison est chargée et poussiéreuse ; la vie passée au-delà est à l'air libre. Il n'est pas facile, lorsque l'on vit dans une maison, de suivre la sainte vie absolument parfaite et pure comme un coquille polie. Supposons que je rase mes cheveux et ma barbe, mette la robe jaune, et aille de la vie de foyer vers la vie sans foyer.' Par la suite, abandonnant une petite ou grande fortune, abandonnant un petit ou grand cercle de relatifs, il rase ses cheveux et sa barbe, met la robe jaune, et va de la vie de foyer vers la vie sans foyer.


33. « Étant ainsi parti et possédant l'entraînement et la façon de vivre du bhikkhu, arrêtant de tuer des êtres vivants, il s'abstient de tuer des êtres vivants; avec les bâtons et les armes laissées de côté, avec douceur et gentillesse, il reste compatissant envers tous les êtres vivants. Arrêtant de prendre ce qui n'est pas donné, il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné; prenant seulement ce qui est donné, aspirant seulement à ce qui est donné, en ne volant pas il demeure dans la pureté. Abandonnant le non-célibat, il observe le célibat, vivant à l'écart, s'abstenant de la pratique vulgaire de la relation sexuelle.
« Abandonnant la parole fausse, il s'abstient de la parole fausse ; il dit la vérité, adhère à la vérité, est digne de confiance et fiable, n'est pas un trompeur du monde. Abandonnant la parole malveillante, il s'abstient de parole malveillante; il ne répète pas autre part ce qu'il a entendu ici afin de diviser ces personnes-ci de celles-là, et il ne répète pas non plus à ces personnes-là ce qu'il a entendu autre part afin de diviser ces personnes-là de celles-ci; ainsi il est quelqu'un qui réunit ceux qui sont divisés, un créateur d'amitié, qui se réjouit des ententes, un prononceur de mots qui créent l'entente. Abandonnant la parole dure, il s'abstient de parole dure; il prononce des mots doux, plaisants à l'oreille, aimables, qui vont au coeur, sont polis, désirés par beaucoup et agréables à beaucoup. Abandonnant le bavardage, il s'abstient du bavardage; il parle au bon moment, dit ce qui est un fait, parle de ce qui est bon, parle du Dhamma et de la Discipline; au bon moment il dit des mots qui sont dignes d'être souvenus, raisonnables, modérés, et bénéfiques.
« Il s'abstient de faire du mal aux graines et aux plantes. Il mange seulement un repas par jour, s'abstenant de manger la nuit et en dehors du temps approprié. Il s'abstient de danser, de chanter, de musique, et de représentations théâtrales. Il s'abstient de porter des guirlandes, de se parer de parfum, et de s'embellir avec des onguents. Il s'abstient de lits hauts et larges. Il s'abstient d'accepter de l'or et de l'argent. Il s'abstient d'accepter des grains crus. Il s'abstient d'accepter de la viande crue. Il s'abstient d'accepter des femmes et des jeunes filles. Il s'abstient d'accepter des esclaves hommes et femmes. Il s'abstient d'accepter des chèvres et des moutons. Il s'abstient d'accepter des volailles et des cochons. Il s'abstient d'accepter des éléphants, des bovins, des chevaux, et des juments. Il s'abstient d'accepter des champs et des terres. Il s'abstient de faire des commissions et de porter des messages. Il s'abstient d'acheter et de vendre. Il s'abstient des faux poids, des faux métaux, et des mesures fausses. Il s'abstient d'accepter des pots-de-vin, de la duperie, de l'escroquerie, et de la tromperie. Il s'abstient de blesser, de tuer, de lier, de brigander, de piller, et de l'usage de violence.


34. « Il est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Juste comme un oiseau qui partout où il va, vole avec ses ailes comme seule charge, de même le bhikkhu est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Possédant cet agrégat de la noble vertu, il expérimente en lui un bonheur qui est irréprochable.


35. « En voyant une forme avec l'oeil, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oeil sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oeil, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oeil. En entendant un son avec l'oreille, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oreille sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oreille, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oreille. En sentant une odeur avec le nez, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du nez sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du nez, il entreprend la restreinte de la faculté du nez. En goûtant une saveur avec la langue, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de la langue sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de la langue, il entreprend la restreinte de la faculté de la langue. En touchant un tangible avec le corps, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du corps sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du corps, il entreprend la restreinte de la faculté du corps. En connaissant un objet de l'esprit avec l'esprit, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'esprit sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'esprit, il entreprend la restreinte de la faculté de l'esprit. Possédant cette noble restreinte dans les facultés, il expérimente en lui un bonheur qui est sans taches.


36. « Il devient quelqu'un qui agit en pleine conscience lorsqu'il va et vient; qui agit en pleine conscience lorsqu'il regarde devant ou derrière; qui agit en pleine conscience lorsqu'il plie ou étend ses membres; qui agit en pleine conscience lorsqu'il met sa robe et porte sa robe extérieure et son bol; qui agit en pleine conscience lorsqu'il mange, boit, mâche la nourriture, et la savoure; qui agit en pleine conscience lorsqu'il défèque et urine; qui agit en pleine conscience lorsqu'il marche, se tient debout, est assis, s'endort, se réveille, parle ou reste silencieux.


37« Possédant cet agrégat de la noble vertu, et cette noble restreinte des facultés, et possédant cette noble pleine conscience et pleine attention, il a recours à un refuge isolé : la forêt, le pied d'un arbre, une montagne, un ravin, une cave à flanc de coteau, un fourré de bosquet, un espace ouvert, un tas de paille.


38. « En revenant de sa tournée d'aumônes, après son repas il s'assoit, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et établissant la pleine conscience devant lui. Abandonnant la convoitise pour le monde, il demeure avec un esprit libre de convoitise ; il purifie son esprit de la convoitise. Abandonnant l'aversion et la haine, il demeure avec un esprit libre d'aversion, compassionné pour le bien-être de tous les êtres vivants ; il purifie son esprit de l'aversion et de la haine. Abandonnant la paresse et la torpeur, il demeure libre de la paresse et de la torpeur, percevant de lumière, pleinement conscient et pleinement attentif ; il purifie son esprit de la paresse et de la torpeur. Abandonnant l'agitation et le remords, il demeure non-agité avec un esprit intérieurement paisible ; il purifie son esprit de l'agitation et du remords. Abandonnant le doute, il demeure ayant été au-delà du doute, non perplexe au sujet des états sains ; il purifie son esprit du doute.


39. « Ayant ainsi abandonné ces cinq entraves, imperfections de l'esprit qui affaiblissent la sagesse, tout à fait retiré des plaisirs sensuels, retiré des états malsains, il entre et reste dans le premier jhâna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et reste dans le deuxième jhâna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu reste en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et reste dans le troisième jhâna, à propos duquel les nobles déclarent: 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et reste dans le quatrième jhâna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité.


(La fin de la ronde : pleine cessation)


40. « En voyant une forme avec l'oeil, il ne la convoite pas si elle est agréable ; il n'a pas d'aversion envers elle si elle est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps établie, avec un esprit illimité, et comprend comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Ayant ainsi abandonné la faveur et l'opposition, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il ne se réjouit pas dans cette sensation, ne l'accueille pas, et ne s'y accroche pas. Comme il ne fait pas ainsi, le plaisir dans les sensations cesse en lui. Avec la cessation de son plaisir vient la cessation de l'attachement. Avec la cessation de l'attachement vient la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.
« En entendant un son avec l'oreille, il ne le convoite pas s'il est agréable ; il n'a pas d'aversion envers lui s'il est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps établie, avec un esprit illimité, et comprend comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Ayant ainsi abandonné la faveur et l'opposition, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il ne se réjouit pas dans cette sensation, ne l'accueille pas, et ne s'y accroche pas. Comme il ne fait pas ainsi, le plaisir dans les sensations cesse en lui. Avec la cessation de son plaisir vient la cessation de l'attachement. Avec la cessation de l'attachement vient la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.
« En sentant une odeur avec le nez, il ne la convoite pas si elle est agréable ; il n'a pas d'aversion envers elle si elle est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps établie, avec un esprit illimité, et comprend comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Ayant ainsi abandonné la faveur et l'opposition, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il ne se réjouit pas dans cette sensation, ne l'accueille pas, et ne s'y accroche pas. Comme il ne fait pas ainsi, le plaisir dans les sensations cesse en lui. Avec la cessation de son plaisir vient la cessation de l'attachement. Avec la cessation de l'attachement vient la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.
« En goûtant une saveur avec la langue, il ne la convoite pas si elle est agréable ; il n'a pas d'aversion envers elle si elle est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps établie, avec un esprit illimité, et comprend comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Ayant ainsi abandonné la faveur et l'opposition, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il ne se réjouit pas dans cette sensation, ne l'accueille pas, et ne s'y accroche pas. Comme il ne fait pas ainsi, le plaisir dans les sensations cesse en lui. Avec la cessation de son plaisir vient la cessation de l'attachement. Avec la cessation de l'attachement vient la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.
« En touchant un tangible avec le corps, il ne le convoite pas s'il est agréable ; il n'a pas d'aversion envers lui s'il est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps établie, avec un esprit illimité, et comprend comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Ayant ainsi abandonné la faveur et l'opposition, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il ne se réjouit pas dans cette sensation, ne l'accueille pas, et ne s'y accroche pas. Comme il ne fait pas ainsi, le plaisir dans les sensations cesse en lui. Avec la cessation de son plaisir vient la cessation de l'attachement. Avec la cessation de l'attachement vient la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.
« En connaissant un objet de l'esprit avec l'esprit, il ne le convoite pas s'il est agréable ; il n'a pas d'aversion envers lui s'il est désagréable. Il demeure avec la pleine conscience du corps établie, avec un esprit illimité, et comprend comme il en est vraiment la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse par lesquelles ces états mauvais et malsains cessent sans reste. Ayant ainsi abandonné la faveur et l'opposition, quelle que soit la sensation qu'il ressent – qu'elle soit agréable ou douloureuse ou ni-agréable-ni-douloureuse - il ne se réjouit pas dans cette sensation, ne l'accueille pas, et ne s'y accroche pas. Comme il ne fait pas ainsi, le plaisir dans les sensations cesse en lui. Avec la cessation de son plaisir vient la cessation de l'attachement. Avec la cessation de l'attachement vient la cessation de l'existence ; avec la cessation de l'existence, la cessation de la naissance ; avec la cessation de la naissance, la vieillesse et la mort, la peine, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir cessent : Telle est la cessation de toute cette masse de souffrance.


(Conclusion)


41. « Bhikkhus, souvenez-vous de mon enseignement en résumé comme la délivrance par la destruction du désir ; mais souvenez-vous du bhikkhu Sâti, fils d'un pêcheur, comme pris dans le vaste filet du désir, dans le trémail du désir. »


Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus furent satisfaits des paroles du Bienheureux et s'en réjouirent.


Vous êtes libres de copier, distribuer et transmettre ce texte sous les conditions suivantes : qu'il soit exclusivement utilisé à but non commercial, qu'il ne soit pas modifié sans permission, que les redistributions se fassent sous les mêmes conditions d'utilisations, et que soit inclus ceci :

Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.