Majjhima Nikâya 032
Mahâgosinga Sutta
Le grand discours à Gosinga

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait au Parc du Bois d'Arbres Sâla de Gosinga, avec de nombreux disciples anciens très réputés – le vénérable Sâriputta, le vénérable Mahâ Moggallâna, le vénérable Mahâ Kassapa, le vénérable Anuruddha, le vénérable Revata, le vénérable Ânanda, et d'autres disciples anciens très réputés.


2. Alors, quand c'était le soir, le vénérable Mahâ Moggallâna se leva de la méditation, alla voir le vénérable Mahâ Kassapa, et lui dit : « Ami Kassapa, allons voir le vénérable Sâriputta pour écouter le Dhamma. » - « Oui, ami, » répondit le vénérable Mahâ Kassapa. Alors le vénérable Mahâ Moggallâna, le vénérable Mahâ Kassapa, et le vénérable Anuruddha allèrent voir le vénérable Sâriputta pour écouter le Dhamma.


3. Le vénérable Ânanda les vit aller voir le vénérable Sâriputta pour écouter le Dhamma. Sur ce il alla voir le vénérable Revata et lui dit : « Ami Revata, ces vrais hommes vont voir le vénérable Sâriputta pour écouter le Dhamma. Allons aussi voir le vénérable Sâriputta pour écouter le Dhamma. » - « Oui, ami, » répondit le vénérable Revata. Alors le vénérable Revata et le vénérable Ânanda allèrent voir le vénérable Sâriputta pour écouter le Dhamma.


4. Le vénérable Sâriputta vit le vénérable Revata et le vénérable Ânanda venir au loin et dit au vénérable Ânanda : « Que le vénérable Ânanda vienne, bienvenue au vénérable Ânanda, l'assistant du Bienheureux, qui est toujours en présence du Bienheureux. Ami Ânanda, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Ânanda, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ? »
« Ici, ami Sâriputta, un bhikkhu ayant beaucoup appris, se souvenant de ce qu'il a appris, et consolidant ce qu'il a appris. De tels enseignements sont bons au début, bons au milieu, et bons à la fin, de signification et formulation justes, et qui énoncent une sainte vie qui est complètement parfaite et pure – il a appris de tels enseignements, s'en est souvenu, les a maîtrisés verbalement, examinés avec l'esprit, et bien pénétrés par la vue. Et il enseigne le Dhamma aux quatre assemblées avec des déclarations complètes et cohérentes et des phrases pour l'éradication des tendances sous-jacentes. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


5. «Quand ceci fut dit, le vénérable Sâriputta s'adressa au vénérable Revata ainsi : « Ami Revata, le vénérable Ânanda a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Revata : Ami Revata, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Revata, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ? »
« Ici, ami Sâriputta, un bhikkhu prenant plaisir dans la méditation solitaire et appréciant la méditation solitaire ; il est dévoué à la sérénité intérieure de l'esprit, ne néglige pas la méditation, possède la vision profonde, et demeure dans des cabanes vides. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


6. «Quand ceci fut dit, le vénérable Sâriputta s'adressa au vénérable Anuruddha ainsi : « Ami Anuruddha, le vénérable Revata a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Anuruddha: Ami Anuruddha, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Anuruddha, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ? »
« Ici, ami Sâriputta, avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, un bhikkhu passe en revue un millier de mondes. Comme un homme avec une bonne vue, qui est monté à la chambre supérieure du palais, pourrait passer en revue un millier de jantes de roue, de même, avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, un bhikkhu passe en revue un millier de mondes. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


7. «Quand ceci fut dit, le vénérable Sâriputta s'adressa au vénérable Mahâ Kassapa ainsi : « Ami Kassapa, le vénérable Anuruddha a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Mahâ Kassapa: Ami Kassapa, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Kassapa, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ? »
« Ici, ami Sâriputta, un bhikkhu étant lui-même un habitant de forêt et qui loue le fait d'habiter dans les forêts ; il mange la nourriture d'aumônes lui-même et il loue le fait de manger la nourriture d'aumônes ; il porte lui-même des haillons délaissés et il loue le fait de porter des robes de haillons délaissés ; il porte les trois robes lui-même et il loue le fait de porter les trois robes ; il a peu de souhaits lui-même et il loue le fait d'avoir peu de souhaits ; il est satisfait lui-même et il loue la satisfaction; il est isolé lui-même et il loue l'isolement ; il garde à distance la société lui-même et il loue la distance de la société ; il est énergique lui-même et il loue la production de l'énergie ; il a réalisé la vertu lui-même et il loue la réalisation de la vertu ; il a réalisé la concentration lui-même et il loue la réalisation de la concentration ; il a réalisé la sagesse lui-même et il loue la réalisation de la sagesse ; il a atteint la délivrance lui-même et il loue l'atteinte de la délivrance ; il a atteint la connaissance et la vision de la délivrance lui-même et il loue l'atteinte de la connaissance et la vision de la délivrance. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


8. «Quand ceci fut dit, le vénérable Sâriputta s'adressa au vénérable Mahâ Moggallâna ainsi : « Ami Moggallâna, le vénérable Mahâ Kassapa a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Mahâ Moggallâna: Ami Moggallâna, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Moggallâna, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ? »
« Ici, ami Sâriputta, deux bhikkhus qui s'engagent dans une conversation sur le plus haut Dhamma et qui se questionnent l'un l'autre, et chacun étant questionné par l'autre répond sans sombrer, et leur conversation se déroule en accord avec le Dhamma. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


9. «Quand ceci fut dit, le vénérable Mahâ Moggallâna s'adressa au vénérable Sâriputta ainsi : « Ami Sâriputta, nous avons tous parlé selon notre propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Sâriputta: Ami Sâriputta, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Sâriputta, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ? »
« Ici, ami Moggallâna, un bhikkhu maîtrise son esprit, il ne laisse pas son esprit le maîtriser. Pendant la matinée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la matinée ; le midi il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant le midi ; pendant la soirée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la soirée. Supposons qu'un roi ou le ministre d'un roi ait un coffre plein de vêtements de couleurs variées. Pendant la matinée il mettrait n'importe quel vêtement qu'il souhaiterait mettre pendant la matinée ; le midi il mettrait n'importe quel vêtement qu'il souhaiterait mettre pendant le midi ; pendant la soirée il mettrait n'importe quel vêtement qu'il souhaiterait mettre pendant la soirée. De même, un bhikkhu maîtrise son esprit, il ne laisse pas son esprit le maîtriser. Pendant la matinée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la matinée ; le midi il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant le midi ; pendant la soirée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la soirée. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


10. Alors le vénérable Sâriputta s'adressa à ces vénérables ainsi : « Amis, nous avons tous parlé selon notre propre inspiration. Allons voir le Bienheureux et reportons-lui ces propos. Quand le Bienheureux répondra, nous nous en souviendrons » - « Oui, ami, » répondirent-ils. Alors ces vénérables allèrent voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, ils s'assirent sur un côté. Le vénérable Sâriputta dit au Bienheureux :


11. « Vénérable, le vénérable Revata et le vénérable Ânanda sont venus me voir pour écouter le Dhamma. Je les ai vus venir au loin et et dit au vénérable Ânanda : 'Que le vénérable Ânanda vienne, bienvenue au vénérable Ânanda, l'assistant du Bienheureux, qui est toujours en présence du Bienheureux. Ami Ânanda, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Ânanda, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ?' Ainsi interrogé, Vénérable, le vénérable Ânanda répondit : 'Ici, ami Sâriputta, un bhikkhu ayant beaucoup appris, se souvenant de ce qu'il a appris, et consolidant ce qu'il a appris. De tels enseignements sont bons au début, bons au milieu, et bons à la fin, de signification et formulation justes, et qui énoncent une sainte vie qui est complètement parfaite et pure – il a appris de tels enseignements, s'en est souvenu, les a maîtrisés verbalement, examinés avec l'esprit, et bien pénétrés par la vue. Et il enseigne le Dhamma aux quatre assemblées avec des déclarations complètes et cohérentes et des phrases pour l'éradication des tendances sous-jacentes. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga.' »
« Bien, bien, Sâriputta. Ânanda, parlant correctement, devrait parler exactement comme il l'a fait. Car Ânanda a beaucoup appris, s'est souvenu de ce qu'il a appris, et a consolidé ce qu'il a appris. De tels enseignements sont bon au début, bons au milieu, et bons à la fin, de signification et formulation justes, et qui énoncent une sainte vie qui est complètement parfaite et pure – il a appris de tels enseignements, s'en est souvenu, les a maîtrisés verbalement, examinés avec l'esprit, et bien pénétrés par la vue. Et il enseigne le Dhamma aux quatre assemblées avec des déclarations complètes et cohérentes et des phrases pour l'éradication des tendances sous-jacentes. »


12. Quand ceci fut dit, Vénérable, je m'adressai au vénérable Revata ainsi : 'Ami Revata, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Revata, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ?' Et le vénérable Revatta répondit : 'Ici, ami Sâriputta, un bhikkhu prenant plaisir dans la méditation solitaire et appréciant la méditation solitaire ; il est dévoué à la sérénité intérieure de l'esprit, ne néglige pas la méditation, possède la vision profonde, et demeure dans des cabanes vides. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga.' »
« Bien, bien, Sâriputta. Revatta, parlant correctement, devrait parler exactement comme il l'a fait. Car Revata prend plaisir dans la méditation solitaire, apprécie la méditation solitaire, est dévoué à la sérénité intérieure de l'esprit, ne néglige pas la méditation, possède la vision profonde, et demeure dans des cabanes vides. »


13. Quand ceci fut dit, Vénérable, je m'adressai au vénérable Anuruddha ainsi : 'Ami Anuruddha, le vénérable Revata a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Anuruddha: Ami Anuruddha, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Anuruddha, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ?' Et le vénérable Anuruddha répondit : 'Ici, ami Sâriputta, avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, un bhikkhu passe en revue un millier de mondes. Comme un homme avec une bonne vue, qui est monté à la chambre supérieure du palais, peut passer en revue un millier de jantes de roue, de même, avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, un bhikkhu passe en revue un millier de mondes. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga.' »
« Bien, bien, Sâriputta. Anuruddha, parlant correctement, devrait parler exactement comme il l'a fait. Car avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, Anuruddha passe en revue une millier de mondes. »


14. Quand ceci fut dit, Vénérable, je m'adressai au vénérable Mahâ Kassapa ainsi : 'Ami Kassapa, le vénérable Anuruddha a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Mahâ Kassapa: Ami Kassapa, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Kassapa, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ?' Et le vénérable Mahâ Kassapa répondit : 'Ici, ami Sâriputta, un bhikkhu étant lui-même un habitant de forêt et qui loue le fait d'habiter dans les forêts ; il mange la nourriture d'aumônes lui-même et il loue le fait de manger la nourriture d'aumônes ; il porte lui-même des haillons délaissés et il loue le fait de porter des robes de haillons délaissés ; il porte les trois robes lui-même et il loue le fait de porter les trois robes ; il a peu de souhaits lui-même et il loue le fait d'avoir peu de souhaits ; il est satisfait lui-même et il loue la satisfaction; il est isolé lui-même et il loue l'isolement ; il garde à distance la société lui-même et il loue la distance de la société ; il est énergique lui-même et il loue la production de l'énergie ; il a réalisé la vertu lui-même et il loue la réalisation de la vertu ; il a réalisé la concentration lui-même et il loue la réalisation de la concentration ; il a réalisé la sagesse lui-même et il loue la réalisation de la sagesse ; il a atteint la délivrance lui-même et il loue l'atteinte de la délivrance ; il a atteint la connaissance et la vision de la délivrance lui-même et il loue l'atteinte de la connaissance et la vision de la délivrance. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga.' »
« Bien, bien, Sâriputta. Kassapa, parlant correctement, devrait parler exactement comme il l'a fait. Car Kassapa est lui-même un habitant de forêt et il loue le fait d'habiter dans les forêts ; il mange la nourriture d'aumônes lui-même et il loue le fait de manger la nourriture d'aumônes ; il porte lui-même des haillons délaissés et il loue le fait de porter des robes de haillons délaissés ; il porte les trois robes lui-même et il loue le fait de porter les trois robes ; il a peu de souhaits lui-même et il loue le fait d'avoir peu de souhaits ; il est satisfait lui-même et il loue la satisfaction; il est isolé lui-même et il loue l'isolement ; il garde à distance la société lui-même et il loue la distance de la société ; il est énergique lui-même et il loue la production de l'énergie ; il a réalisé la vertu lui-même et il loue la réalisation de la vertu ; il a réalisé la concentration lui-même et il loue la réalisation de la concentration ; il a réalisé la sagesse lui-même et il loue la réalisation de la sagesse ; il a atteint la délivrance lui-même et il loue l'atteinte de la délivrance ; il a atteint la connaissance et la vision de la délivrance lui-même et il loue l'atteinte de la connaissance et la vision de la délivrance. »


15. Quand ceci fut dit, Vénérable, je m'adressai au vénérable Mahâ Moggallâna ainsi : 'Ami Moggallâna, le vénérable Mahâ Kassapa a parlé selon sa propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Mahâ Moggallâna: Ami Moggallâna, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Moggallâna, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ?' Et le vénérable Mahâ Moggallâna répondit : 'Ici, ami Sâriputta, deux bhikkhus qui s'engagent dans une conversation sur le plus haut Dhamma et il se questionnent l'un l'autre, et chacun étant questionné par l'autre répond sans sombrer, et leur conversation se déroule en accord avec le Dhamma. Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga.' »
« Bien, bien, Sâriputta. Moggallâna, parlant correctement, devrait parler exactement comme il l'a fait. Car Moggallâna est quelqu'un qui parle en accord avec le Dhamma. »


16. Quand ceci fut dit, le vénérable Mahâ Moggallâna dit au Bienheureux : « Alors, Vénérable, je m'adressai au vénérable Sâriputta ainsi : 'Ami Sâriputta, nous avons tous parlé selon notre propre inspiration. Maintenant nous demandons au vénérable Sâriputta: Ami Sâriputta, le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga est charmant, la nuit est éclairée par la lune, les arbres sâla sont tous en fleurs, et des odeurs célestes semblent flotter dans l'air. Quelle sorte de bhikkhu, ami Sâriputta, pourrait illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga ?' Et le vénérable Sâriputta répondit : 'Ici, ami Moggallâna, un bhikkhu maîtrise son esprit, il ne laisse pas son esprit le maîtriser. Pendant la matinée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la matinée ; le midi il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant le midi ; pendant la soirée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la soirée. Supposons qu'un roi ou le ministre d'un roi ait une caisse plein de vêtements de couleurs variées. Pendant la matinée il mettrait n'importe quel vêtement qu'il souhaiterait mettre pendant la matinée ; le midi il mettrait n'importe quel vêtement qu'il souhaiterait mettre pendant le midi ; pendant la soirée il mettrait n'importe quel vêtement qu'il souhaiterait mettre pendant la soirée. De même, un bhikkhu maîtrise son esprit, il ne laisse pas son esprit le maîtriser. Pendant la matinée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la matinée ; le midi il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant le midi ; pendant la soirée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la soirée.' »
« Bien, bien, Moggallâna. Sâriputta, parlant correctement, devrait parler exactement comme il l'a fait. Car Sâriputta maîtrise son esprit , il ne laisse pas son esprit le maîtriser. Pendant la matinée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la matinée ; le midi il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant le midi ; pendant la soirée il demeure dans n'importe quelle demeure ou réalisation où il souhaite demeurer pendant la soirée. »


17. Quand ceci fut dit, le vénérable Sâriputta demanda au Bienheureux : « Vénérable, qui d'entre nous a bien parlé ? »
« Vous avez tous bien parlé, Sâriputta, chacun de sa propre façon. Écoutez aussi de moi quelle sorte de bhikkhu peut illuminer le Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. Ici, Sâriputta, quand un bhikkhu est revenu de sa tournée d'aumônes, après son repas, il s'assoit, croise ses jambes, tient son corps droit, et établissant la pleine conscience devant lui, se résout : 'Je ne lèverai pas de cette position assise jusqu'à ce que, ne s'attachant pas, mon esprit soit libéré des souillures.' Cette sorte de bhikkhu peut illuminer ce Bois d'Arbres Sâla de Gosinga. »


Ainsi parla le Bienheureux. Les bhikkhus furent satisfaits des paroles du Bienheureux et s'en réjouirent.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.