Majjhima Nikâya 043
Mahâvedalla Sutta
La grande série de Questions et Réponses

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sâvatthî dans le Bosquet de Jeta, dans le parc d'Anâthapindika. Alors, quand c'était le soir, le vénérable Mahâ Kotthita se leva de la méditation, alla voir le vénérable Sâriputta, et échangea des salutations avec lui. Quand cette courtoise et aimable conversation fut finie, il s'assit sur un côté et dit au vénérable Sâriputta :


(Sagesse)


2. « 'Quelqu'un qui n'est pas sage, quelqu'un qui n'est pas sage' dit-on, ami. En référence à quoi dit-on ceci, 'quelqu'un qui n'est pas sage' ? »
« 'Quelqu'un ne comprend pas avec sagesse, quelqu'un ne comprend pas avec sagesse,' ami ; c'est pourquoi on dit, 'quelqu'un qui n'est pas sage.' Et qu'est-ce que quelqu'un ne comprend pas avec sagesse ? Quelqu'un ne comprend pas avec sagesse : 'Ceci est la souffrance' ; quelqu'un ne comprend pas avec sagesse : 'Ceci est l'origine de la souffrance' ; quelqu'un ne comprend pas avec sagesse : 'Ceci est la cessation de la souffrance' ; quelqu'un ne comprend pas avec sagesse : 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance.' 'Quelqu'un ne comprend pas avec sagesse, quelqu'un ne comprend pas avec sagesse,' ami ; c'est pourquoi on dit, 'quelqu'un qui n'est pas sage.' »
Disant, « Bien, ami, » le vénérable Mahâ Kotthita fut ravi et réjoui des paroles du vénérable Sâriputta. Alors il lui posa une autre question :


3. « 'Quelqu'un qui est sage, quelqu'un est sage' dit-on, ami. En référence à quoi dit-on ceci, 'quelqu'un qui est sage' ? »
« 'Quelqu'un comprend avec sagesse, quelqu'un comprend avec sagesse,' ami ; c'est pourquoi on dit, 'quelqu'un qui est sage.' Et qu'est-ce que quelqu'un comprend avec sagesse ? Quelqu'un comprend avec sagesse : 'Ceci est la souffrance' ; quelqu'un comprend avec sagesse : 'Ceci est l'origine de la souffrance' ; quelqu'un comprend avec sagesse : 'Ceci est la cessation de la souffrance' ; quelqu'un comprend avec sagesse : 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance.' 'Quelqu'un comprend avec sagesse, quelqu'un comprend avec sagesse,' ami ; c'est pourquoi on dit, 'quelqu'un qui est sage.' »


(Conscience)


4. « 'Conscience, conscience' dit-on, ami. En référence à quoi dit-on 'conscience' ? »
« 'Elle connaît, elle connaît,' ami ; c'est pourquoi on dit 'conscience.' Que connaît-elle ? Elle connaît : 'Ceci est agréable' ; elle connaît ; 'Ceci est douloureux' ; elle connaît : 'Ceci n'est ni-agréable-ni-douloureux.' 'Elle connaît, elle connaît,' ami ; c'est pourquoi on dit 'conscience.' »


5. « Sagesse et conscience, ami – ces états sont-ils joints ou disjoints ? Et est-il possible de séparer chacun de ces états de l'autre afin de décrire la différence entre eux ? »
« Sagesse et conscience, ami – ces états sont joints, non disjoints, et il est impossible de séparer chacun de ces états de l'autre afin de décrire la différence entre eux. Car ce que quelqu'un comprend avec sagesse, celui-ci connaît, et ce que quelqu'un connaît, celui-ci comprend avec sagesse. C'est pourquoi ces états sont joints, non disjoints, et il est impossible de séparer chacun de ces états de l'autre afin de décrire la différence entre eux. »


6. « Quelle est la différence, ami, entre sagesse et conscience, ces états qui sont joints, non disjoints ? »
« La différence, ami entre sagesse et conscience, ces états qui sont joints, non disjoints, est ceci : la sagesse doit être développée, la conscience doit être pleinement comprise. »


(Sensation)


7. « Sensation, sensation' dit-on, ami. En référence à quoi dit-on 'sensation? »
« 'Elle ressent, elle ressent,' ami ; c'est pourquoi on dit 'sensation.' Que ressent-elle ? Elle ressent le plaisir, elle ressent la douleur, elle ressent ce qui est ni-plaisir-ni-douleur. 'Elle ressent, elle ressent,' ami ; c'est pourquoi on dit 'sensation.' »


(Perception)


8. « Perception, perception' dit-on, ami. En référence à quoi dit-on 'perception? »
« 'Elle perçoit, elle perçoit,' ami ; c'est pourquoi on dit 'perception.' Que perçoit-elle ? Elle perçoit le bleu, elle perçoit le jaune, elle perçoit, je rouge, et elle perçoit le blanc. 'Elle perçoit, elle perçoit,' ami ; c'est pourquoi on dit 'perception.' »


9. « Sensation, perception, et conscience, ami – ces états sont-ils joints ou disjoints ? Et est-il possible de séparer chacun de ces états des autres afin de décrire la différence entre eux ? »
« Sagesse, perception, et conscience, ami – ces états sont joints, non disjoints, et il est impossible de séparer chacun de ces états des autres afin de décrire la différence entre eux. Car ce que quelqu'un ressent, celui-ci perçoit ; et ce que quelqu'un perçoit, celui-ci connaît. C'est pourquoi ces états sont joints, non disjoints, et il est impossible de séparer chacun de ces états des autres afin de décrire la différence entre eux. »


(Connaissable par l'esprit seulement)


10. « Ami, que peut-il être connu par un esprit-conscience purifié libéré des cinq facultés ? »
« Ami, par un esprit-conscience purifié libéré des cinq facultés la base de l'espace infini peut être connue ainsi : 'L'espace est infini' ; la base de la conscience infinie peut être connue ainsi : 'La conscience est infinie' ; et la base du vide peut être connue ainsi : 'Il n'y a rien.' »


11. « Ami, avec quoi quelqu'un comprend-il un état qui peut être connu ? »
« Ami, quelqu'un comprend un état qui peut être connu avec l'oeil de la sagesse. »


12. « Ami, quel est le but de la sagesse ? »
« Le but de la sagesse, ami, est la connaissance directe, son but est la pleine compréhension, son but est l'abandon. »


(Vue juste)


13. « Ami, combien de conditions y a t-il pour l'apparition de la vue juste ? »
« Ami, il y a deux conditions pour l'apparition de la vue juste : la voix d'un autre et l'attention juste. Ce sont les deux conditions pour l'apparition de la vue juste. »


14. « Ami, par combien de facteurs la vue juste est-elle assistée quand elle a la libération de l'esprit pour fruit, la libération de l'esprit pour fruit et bénéfice, quand elle a la libération par la sagesse pour fruit, la libération la sagesse pour fruit et bénéfice ? »
« Ami, la vue juste est assistée de cinq facteurs quand elle a la libération de l'esprit comme fruit, la libération de l'esprit comme fruit et bénéfice, quand elle a la libération par la sagesse comme fruit, la libération par la sagesse comme fruit et bénéfice. Ici, ami, la vue juste est assistée par la vertu, l'étude, la discussion, la sérénité, et la vision profonde. La vue juste assistée par ces cinq facteurs a la libération de l'esprit comme fruit, la libération de l'esprit comme fruit et bénéfice ; elle a la libération par la sagesse comme fruit, la libération par la sagesse comme fruit et bénéfice. »


(Êtres)


15. « Ami, combien de sortes d'être y a t-il ? »
« Il y a ces trois sortes d'être, ami : l'être de la sphère des sens, l'être matériel subtil, et l'être immatériel. »


16. « Ami, comment le renouvellement de l'être dans le futur est-il généré? »
« Ami, le renouvellement de l'être dans le futur est généré par le ravissement dans ceci et cela de la part des êtres qui sont entravés par l'ignorance et enchaînés par le désir. »


17. « Ami, comment le renouvellement de l'être dans le futur n'est-il pas généré? »
« Ami, avec la disparition de l'ignorance, avec l'apparition de la vraie connaissance, et avec la cessation du désir, le renouvellement de l'être n'est pas généré. »


(Le premier jhâna)


18. « Ami, qu'est-ce que le premier jhâna? »
« Ici, ami, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et reste dans le premier jhâna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Ceci s'appelle le premier jhâna. »


19. « Ami, combien de facteurs le premier jhâna a t-il ? »
« Ami, le premier jhâna a cinq facteurs. Ici, lorsqu'un bhikkhu est entré dans le premier jhâna, il se produit une pensée appliquée, une pensée soutenue, un ravissement, un plaisir, et et une unification de l'esprit. Voici comment le premier jhâna a cinq facteurs. »


20. « Ami, combien de facteurs sont abandonnés dans le premier jhâna et combien de facteurs sont possédés ? »
« Ami, dans le premier jhâna cinq facteurs sont abandonnés et cinq facteurs sont possédés. Ici, lorsqu'un bhikkhu est entré dans le premier jhâna, le désir sensuel est abandonné, la malveillance est abandonnée, la paresse et la torpeur sont abandonnées, l'agitation et le remords sont abandonnés, et le doute est abandonné ; et il se produit une pensée appliquée, une pensée soutenue, un ravissement, un plaisir, et une unification de l'esprit. Voici comment dans le premier jhâna cinq facteurs sont abandonnés et cinq facteurs sont possédés. »


(Les cinq facultés)


21. « Ami, ces cinq facultés ont chacune un champ séparé, un domaine séparé, et ne font pas l'expérience des champs et domaines entre elles, c'est à dire, la faculté de l'oeil, la faculté de l'oreille, la faculté du nez, la faculté de la langue, et la faculté du corps. De ces cinq facultés, ayant chacune un champ séparé, un domaine séparé, ne faisant pas l'expérience des champs et domaines entre elles, quel est leur recours, que fait l'expérience de leurs champs et domaines ? »
« Ami, ces cinq facultés ont chacune un champs séparé, un domaine séparé, et ne font pas l'expérience des champs et entre elles, c'est à dire, la faculté de l'oeil, la faculté de l'oreille, la faculté du nez, la faculté de la langue, et la faculté du corps. Et ces facultés, ayant chacune un champ séparé, un domaine séparé, ne faisant pas l'expérience des champs et domaines entre elles, ont l'esprit comme recours, et l'esprit fais l'expérience de leurs champs et domaines. »


22. « Ami, en ce qui concerne ces cinq facultés – c'est à dire, la faculté de l'oeil, la faculté de l'oreille, la faculté du nez, la faculté de la langue, et la faculté du corps – de quoi ces cinq facultés dépendent-elles ? »
« Ami, en ce qui concerne ces cinq facultés – c'est à dire, la faculté de l'oeil, la faculté de l'oreille, la faculté du nez, la faculté de la langue, et la faculté du corps – ces cinq facultés dépendent de la vitalité. »
« Ami, de quoi la vitalité dépend-elle ? »
« La vitalité dépend de la chaleur. »
« Ami, de quoi la chaleur dépend-elle ? »
« La chaleur dépend de la vitalité. »
« Juste maintenant, ami, nous avons compris que le vénérable Sâriputta a dit : 'La vitalité dépend de la chaleur' ; et maintenant nous comprenons qu'il dit : 'La chaleur dépend de la vitalité.' Comment la signification de ces enseignements devrait-elle être considérée ? »
« En ce qui concerne ceci, ami, je vais te donner une comparaison, car certaines personnes avisées comprennent la signification d'une déclaration par des comparaisons. Juste comme quand une lampe à huile brûle, son rayonnement est vu en dépendance de sa flamme et sa flamme est vue en dépendance de son rayonnement ; de même, la vitalité dépend de la chaleur et la chaleur dépend de la vitalité. »


(Formations vitales)


23. « Ami, les formations vitales sont-elles des choses pouvant être ressenties ou les formations vitales sont-elles une chose et les choses pouvant être ressenties une autre ? »
« Les formations vitales, ami, ne sont pas des choses pouvant être ressenties. Si les formations vitales étaient des choses pouvant être ressenties, alors on ne verrait pas un bhikkhu étant entré et resté dans la cessation de la perception et de la sensation en ressortir. Parce que les formations vitales sont une chose et les choses pouvant être ressenties en sont une autre, on peut voir un bhikkhu étant entré et resté dans la cessation de la perception et de la sensation en ressortir. »


24. « Ami, lorsque ce corps est dépourvu de combien d'états est-il délaissé et abandonné, reposant insensible comme une bûche ? »
« Ami, quand ce corps est dépourvu de trois états – vitalité, chaleur, et conscience – il est délaissé et abandonné, reposant insensible comme une bûche. »


25. « Ami, quelle est la différence entre quelqu'un qui est mort, qui a accompli son temps, et un bhikkhu qui est entré et resté dans la cessation de la perception et de la sensation ? »
« Ami, dans le cas de quelqu'un qui est mort, qui a accompli son temps, les formations mentales ont cessé et se sont dissipées, les formations verbales ont cessé et se sont dissipées, les formations mentales ont cessé et se sont dissipées, la vitalité est épuisée, la chaleur s'est évaporée, et les facultés ont été rompues. Dans le cas d'un bhikkhu qui est entré et resté dans la cessation de la perception et de la sensation, les formations mentales ont cessé et se sont dissipées, les formations verbales ont cessé et se sont dissipées, les formations mentales ont cessé et se sont dissipées, mais la vitalité n'est pas épuisée, la chaleur ne s'est pas évaporée, et les facultés deviennent extraordinairement claires. Ceci est la différence entre quelqu'un qui est mort, qui a accompli son temps, et un bhikkhu qui est entré et resté dans la cessation de la perception et de la sensation. »


(Libération de l'esprit)


26. « Ami, combien de conditions y a t-il pour la réalisation de la libération de l'esprit ni-douloureuse-ni-agréable ? »
« Ami, il y a quatre conditions pour la réalisation de la libération de l'esprit ni-douloureuse-ni-agréable : ici, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et reste dans le quatrième jhâna, qui n'a ni-douleur-ni-plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Ce sont les quatre conditions pour la réalisation de la libération de l'esprit ni-douloureuse-ni-agréable. »


27. « Ami, combien de conditions y a t-il pour la réalisation de la libération de l'esprit sans signe ? »
« Ami, il y a deux conditions pour la réalisation de la libération de l'esprit sans signe : la non-attention aux signes et l'attention à l'élément sans signe. Ce sont les deux conditions pour la réalisation de la libération de l'esprit sans signe. »


28. « Ami, combien y a t-il de conditions pour la persistance de la réalisation de la libération de l'esprit sans signe ? »
« Ami, il y a trois conditions pour la persistance de la réalisation de la libération de l'esprit sans signe : la non-attention aux signes, l'attention à l'élément sans signe, et la décision préalable de sa durée. Ce sont les trois conditions pour la réalisation de la persistance de la libération de l'esprit sans signe. »


29. « Ami, combien y a t-il de conditions pour l'émergence de la réalisation de la libération de l'esprit sans signe ? »
« Ami, il y a deux conditions pour l'émergence de la réalisation de la libération de l'esprit sans signe : l'attention aux signes et la non-attention à l'élément sans signe. Ce sont les deux conditions pour l'émergence de la persistance de la libération de l'esprit sans signe. »


30. « Ami, la libération de l'esprit infinie, la libération de l'esprit par le vide, la libération de l'esprit par la vacuité, et la libération de l'esprit sans signe : ces états sont-ils différents en signification et différents en nom, ou sont-ils un en signification et différents seulement en nom ? »
« Ami, la libération de l'esprit infinie, la libération de l'esprit par le vide, la libération de l'esprit par la vacuité, et la libération de l'esprit sans signe : il y a une manière dans laquelle ces états sont différents en signification et différents en nom, et il y a une manière dans laquelle ces états sont un en signification et différents seulement en nom.


31. « Quel est, ami, la manière dans laquelle ces états sont différents en signification et différents en nom ? Ici un bhikkhu qui demeure en imprégnant une direction avec un esprit empli de bonté aimante, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeure en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de bonté aimante, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Il demeure en imprégnant une direction avec un esprit empli de compassion, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeure en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de compassion, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Il demeure en imprégnant une direction avec un esprit empli de joie altruiste, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeure en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de joie altruiste, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Il demeure en imprégnant une direction avec un esprit empli d'équanimité, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, pour tous et comme pour lui-même, il demeure en imprégnant le monde entier avec un esprit empli d'équanimité, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Ceci s'appelle la libération de l'esprit infinie.


32. « Et quelle est, ami, la libération de l'esprit par le vide ? Ici, en transcendant complètement la base de la conscience infinie, conscient que 'il n'y a rien', un bhikkhu entre et demeure dans la base du vide. Ceci s'appelle la libération de l'esprit par le vide.


33. « Et quelle est, ami, la libération de l'esprit par la vacuité ? Ici un bhikkhu, étant allé dans la forêt ou au pied d'un arbre ou dans une cabane vide, considérant ainsi : 'Ceci est vide d'un soi ou de ce qui appartient à un soi.' Ceci s'appelle la libération de l'esprit par la vacuité.


34. « Et quelle est, ami, la libération de l'esprit sans signe ? Ici, avec une non-attention aux signes, un bhikkhu entre et reste dans la concentration de l'esprit sans signe. Ceci s'appelle la libération de l'esprit sans signe. Ceci est la manière dans laquelle ces états sont différents en signification et différents en nom.


35. « Et quelle est, ami, la manière dans laquelle ces états sont un en signification et différents seulement en nom ? Le désir est créateur de mesure, l'aversion est créatrice de mesure, l'illusion est créatrice de mesure. Dans un bhikkhu dont les souillures ont été détruites, ils sont abandonnés, ont été coupés à la racine, ont été rendus comme une souche de palmier, il les a fait disparaître afin qu'ils ne surviennent plus dans le futur. De toutes les sortes de libération de l'esprit infini, la libération de l'esprit inébranlable est la plus élevée. Cette libération de l'esprit inébranlable est vide de désir, vide d'aversion, vide d'illusion.


36. « Le désir est quelque chose, l'aversion est quelque chose, l'illusion est quelque chose. Dans un bhikkhu dont les souillures ont été détruites, ils sont abandonnés, ont été coupés à la racine, ont été rendus comme une souche de palmier, il les a fait disparaître afin qu'ils ne surviennent plus dans le futur. De toutes les sortes de libération de l'esprit par le vide, la libération de l'esprit inébranlable est la plus élevée. Cette libération de l'esprit inébranlable est vide de désir, vide d'aversion, vide d'illusion.


37. « Le désir est créateur de signe, l'aversion est créatrice de signe, l'illusion est créatrice de signe. Dans un bhikkhu dont les souillures ont été détruites, ils sont abandonnés, ont été coupés à la racine, ont été rendus comme une souche de palmier, il les a fait disparaître afin qu'ils ne surviennent plus dans le futur. De toutes les sortes de libération de l'esprit sans signe, la libération de l'esprit inébranlable est la plus élevée. Cette libération de l'esprit inébranlable est vide de désir, vide d'aversion, vide d'illusion. Ceci est la manière dans laquelle ces états sont un en signification et différents en nom. »


Ainsi parla le vénérable Sâriputta. Le vénérable Mahâ Kotthita fut satisfait des paroles du vénérable Sâriputta et s'en réjouit.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications and Bhikkhu Bodhi.