Majjhima Nikāya 085
Bodhirājakumāra Sutta
Au Prince Bodhi

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait dans le pays de Bhagga à Suṁsumāragira dans le Bosquet de Bhesakaḷā, au Parc des Cerfs.


2. Et en cette occasion un palais nommé Kokanada avait récemment été construit pour le Prince Bodhi, et il n'était encore habité par aucun reclus ou brahmane ou autre être humain.


3. Alors le Prince Bodhi s'adressa à l'étudiant brahmane Sañjikāputta ainsi : « Mon cher Sañjikāputta, allez voir le Bienheureux et rendez-lui hommage en mon nom avec votre tête à ses pieds, et demandez-lui s'il est libre de la maladie et des afflictions et s'il est en bonne santé, robuste, et s'il demeure dans le confort, en disant : 'Vénérable, le Prince Bodhi rend hommage avec sa tête aux pieds du Bienheureux, et il demande si le Bienheureux est libre de la maladie et des afflictions et s'il est en bonne santé, robuste, et s'il demeure dans le confort.' Ensuite dites-lui ceci : 'Vénérable, puisse le Bienheureux avec la Sangha de bhikkhus consentir à accepter le repas de demain de la part du Prince Bodhi.' »
« Oui, Sire, » répondit Sañjikāputta, et il alla voir le Bienheureux et échangea des salutations avec lui. Quand cette courtoise et aimable conversation fut finie, il s'assit sur un côté et dit : « Maître Gotama, le Prince Bodhi rend hommage avec sa tête aux pieds de Maître Gotama et demande s'il est libre de la maladie et des afflictions et s'il est en bonne santé, robuste, et s'il demeure dans le confort. Et il dit ceci : 'Puisse Maître Gotama avec la Sangha de bhikkhus consentir à accepter le repas de demain de la part du Prince Bodhi.' »


4. Le Bienheureux consentit en silence. Alors, sachant que le Bienheureux avait consenti, Sañjikāputta se leva de son siège, alla voir le Prince Bodhi, et lui raconta ce qui était arrivé, ajoutant : « Le reclus Gotama a consenti. »


5. Alors, quand la nuit fut finie, le Prince Bodhi fit préparer fit préparer de la bonne nourriture de diverses sortes dans sa propre résidence, et il fit étaler dans le Palais Kokanada du tissu blanc jusqu'à la dernière marche de l'escalier. Alors il s'adressa à l'étudiant brahmane Sañjikāputta ainsi : « Mon cher Sañjikāputta, allez voir le Bienheureux et annoncez-lui qu'il est temps ainsi : « Il est temps, Vénérable, le repas est prêt. »
« Oui, Sire, » répondit Sañjikāputta, et il alla voir le Bienheureux et annonça qu'il était temps ainsi : « Il est temps, Maître Gotama, le repas est prêt. »


6. Alors, quand c'était le matin, le Bienheureux s'habilla, et prenant son bol et sa robe extérieure, alla vers la résidence du Prince Bodhi.


7. Et en cette occasion le Prince Bodhi se tenait debout au porche extérieur, attendant le Bienheureux. Quand il vit le Bienheureux venir au loin, il alla à sa rencontre et lui rendit hommage ; et alors, laissant le Bienheureux le précéder, il se rendit au Palais Kokanada. Mais le Bienheureux s'arrêta à la marche la plus basse de l'escalier. Le Prince Bodhi lui dit : « Vénérable, que le Bienheureux marche sur le tissu, que le Sublime marche sur le tissu, afin que cela conduise à mon bien-être et à mon bonheur pour longtemps. » Quand ceci fut dit, le Bienheureux resta silencieux.
Une deuxième fois le Prince Bodhi lui dit : « Vénérable, que le Bienheureux marche sur le tissu, que le Sublime marche sur le tissu, afin que cela conduise à mon bien-être et à mon bonheur pour longtemps. »
Une troisième fois le Prince Bodhi lui dit : « Vénérable, que le Bienheureux marche sur le tissu, que le Sublime marche sur le tissu, afin que cela conduise à mon bien-être et à mon bonheur pour longtemps. »
Le Bienheureux regarda le vénérable Ānanda. Le vénérable Ānanda dit au Prince Bodhi : « Prince, faites retirer le tissu. Le Bienheureux ne marchera pas sur un tapis de tissu ; le Tathāgata est concerné par les générations futures. »


8. Alors le Prince Bodhi fit retirer le tissu, et il avait des sièges préparés dans les appartements supérieurs du Palais Kokanada. Le Bienheureux et la Sangha de bhikkhus montèrent le Palais Kokanada et s'assirent sur les sièges préparés.


9. Alors, de ses propres mains, le Prince Bodhi servit et satisfit la Sangha de bhikkhus dirigée par le Buddha avec les diverses sortes de bonne nourriture. Quand le Bienheureux eut mangé et mit son bol de côté, le Prince Bodhi prit un siège bas, s'assit sur un côté, et dit au Bienheureux : « Vénérable, nous avons pensé ceci : 'Le plaisir ne doit pas être obtenu par le plaisir ; le plaisir doit être obtenu par la douleur.' »


10. « Prince, avant mon éveil, alors que j'étais seulement encore un Bodhisatta non éveillé, moi aussi je pensais ceci : 'Le plaisir ne doit pas être obtenu par le plaisir ; le plaisir doit être obtenu par la douleur.'


11. « Plus tard, prince, alors que j'étais encore jeune, un jeune homme aux cheveux noirs doté de la bénédiction de la jeunesse, dans la fleur de l'âge, bien que ma mère et mon père en aient souhaité autrement et aient pleuré, leur visage plein de larmes, je rasai mes cheveux et ma barbe, mit la robe jaune, et alla de la vie de foyer vers la vie sans foyer.


12. « Étant parti, prince, à la recherche de ce qui est sain, cherchant le suprême état de paix sublime, je suis allé voir Ālāra Kālāma et lui ai dit : 'Ami Kālāma, je souhaite suivre la sainte vie dans ce Dhamma et Discipline.' Ālāra Kālāma répondit : 'Le vénérable peut rester ici. Ce Dhamma est tel qu'un homme sage peut rapidement y entrer et y rester, réalisant par lui-même par la connaissance directe l'enseignement de son propre maître.' J'appris rapidement ce Dhamma. Aussi loin qu'une simple récitation du bout des lèvres et que la répétition de ses enseignements allèrent, je pus parler avec connaissance et assurance, et proclamai, 'Je sais et je vois' ‒ et il y en eut d'autres qui firent de même.
« Je considérai : 'Ce n'est pas seulement par simple foi qu'Ālāra Kālāma déclare : « En réalisant par moi-même avec la connaissance directe, j'entre et reste dans ce Dhamma. » Il est certain qu'Ālāra Kālāma connaît et voit ce Dhamma.' Alors je suis allé voir Ālāra Kālāma et lui ai demandé: 'Ami Kālāma, de quelle façon déclarez-vous qu'en réalisant par vous-même avec la connaissance directe, vous entrez et restez dans ce Dhamma ?' En réponse il déclara la base du vide.
« Je considérai : 'Il n'y a pas qu'Ālāra Kālāma qui possède la foi, l'énergie, la pleine conscience, la concentration, et la sagesse. Je possède moi aussi la foi, l'énergie, la pleine conscience, la concentration, et la sagesse. Supposons que j'essaye de réaliser le Dhamma dans lequel Ālāra Kālāma déclare entrer et rester en réalisant par lui-même avec la connaissance directe.'
« J'entrai rapidement et restai dans ce Dhamma en réalisant par moi-même avec la connaissance directe. Alors je suis allé voir Ālāra Kālāma et lui ai demandé : 'Ami Kālāma, est-ce de cette façon que vous déclarez entrer et rester dans ce Dhamma en réalisant par vous-même avec la connaissance directe ?' 'C'est de cette façon, ami.' ‒ 'C'est de cette façon, ami, que moi aussi j'entre et reste dans ce Dhamma en réalisant par moi-même avec la connaissance directe.' ‒ 'C'est un bienfait pour nous, ami, c'est un grand bienfait pour nous que nous ayons un tel vénérable comme compagnon dans la sainte vie. Ainsi le Dhamma dans lequel je déclare entrer et rester en réalisant par moi-même avec la connaissance directe est le Dhamma dans lequel vous entrez et restez en réalisant par vous-même avec la connaissance directe. Et le Dhamma dans lequel vous entrez et restez en réalisant par vous-même avec la connaissance directe est le Dhamma dans lequel je déclare entrer et rester en réalisant par moi-même avec la connaissance directe. Ainsi vous connaissez le Dhamma que je connais et je connais le Dhamma que vous connaissez. Comme je suis, vous êtes ; comme vous êtes, je suis. Venez, ami, dirigeons cette communauté ensemble.'
« Ainsi Ālāra Kālāma, mon maître, me plaça, son disciple, sur un pied d'égalité avec lui et me rendit le plus grand honneur. Mais il me vint à l'esprit : 'Ce Dhamma ne conduit pas au désenchantement, à la dépassion, à la cessation, à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil, au Nibbāna, mais seulement à la réapparition dans la base du vide.' N'étant pas satisfait avec ce Dhamma, déçu par lui, je partis.


13. « Encore à la recherche, prince, de ce qui est sain, cherchant le suprême état de paix sublime, je suis allé voir Uddaka Rāmaputta et lui ai dit: 'Ami, je souhaite suivre la sainte vie dans ce Dhamma et cette Discipline.' Uddaka Rāmaputta répondit : 'Le vénérable peut rester ici. Ce Dhamma est tel qu'un homme sage peut rapidement y entrer et y rester, réalisant par lui-même par la connaissance directe l'enseignement de son propre maître.' J'appris rapidement ce Dhamma. Aussi loin qu'une simple récitation du bout des lèvres et que la répétition de ses enseignements allèrent, je pus parler avec connaissance et assurance, et proclamai, 'Je sais et je vois' ‒ et il y en eut d'autres qui firent de même.
« Je considérai : 'Ce n'est pas seulement par simple foi que Rāma déclara : « En réalisant par moi-même avec la connaissance directe, j'entre et reste dans ce Dhamma. » Il est certain que Rāma connaît et voit ce Dhamma.' Alors je suis allé voir Uddaka Rāmaputta et lui ai demandé : 'Ami, de quelle façon Rāma a-t-il déclaré qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et reste dans ce Dhamma ?' En réponse Uddaka Rāmaputta déclara la base de ni-perception-ni-non-perception.
« Je considérai : 'Il n'y a pas que Rāma qui possède la foi, l'énergie, la pleine conscience, la concentration, et la sagesse. Je possède aussi la foi, l'énergie, la pleine conscience, la concentration, et la sagesse. Supposons que j'essaye de réaliser le Dhamma dans lequel Rāma déclare entrer et rester en réalisant par lui-même avec la connaissance directe.'
« J'entrai rapidement et restai dans ce Dhamma en réalisant par moi-même avec la connaissance directe. Alors je suis allé voir Uddaka Rāmaputta et lui ai demandé : 'Ami, est-ce de cette façon que Rāma a déclaré être entré et resté dans ce Dhamma en réalisant par lui-même avec la connaissance directe ?' ‒ 'C'est de cette façon, ami.' ‒ 'C'est de cette façon, ami, que moi aussi j'entre et reste dans ce Dhamma en réalisant par moi-même avec la connaissance directe.' ‒ 'C'est un bienfait pour nous, ami, c'est un grand bienfait pour nous que nous ayons un tel vénérable comme compagnon dans la sainte vie. Ainsi le Dhamma dans lequel Rāma a déclaré être entré et resté en réalisant par lui-même avec la connaissance directe est le Dhamma dans lequel vous entrez et restez en réalisant par vous-même avec la connaissance directe. Et le Dhamma dans lequel vous entrez et restez en réalisant par vous-même avec la connaissance directe est le Dhamma dans lequel Rāma a déclaré être entré et resté en réalisant par lui-même avec la connaissance directe. Ainsi vous connaissez le Dhamma que Rāma a connu et Rāma a connu le Dhamma que vous connaissez. Comme Rāma était, vous êtes ; comme vous êtes, Rāma était. Venez, ami, dirige maintenant cette communauté.'
« Ainsi Uddaka Rāmaputta, mon compagnon dans la sainte vie, me plaça en position de maître et me rendit le plus grand honneur. Mais il me vint à l'esprit : 'Ce Dhamma ne conduit pas au désenchantement, à la dépassion, à la cessation, à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil, au Nibbāna, mais seulement à la réapparition dans la base de ni-perception-ni-non-perception.' N'étant pas satisfait avec ce Dhamma, déçu par lui, je partis.


14. « Encore à la recherche, prince, de ce qui est sain, cherchant le suprême état de paix sublime, je voyageai par étapes à travers le pays du Magadhan jusqu'à ce que finalement j'arrive à Uruvelā, à Senānigama. Là je vis un agréable terrain, un charmant bosquet avec une rivière aux flots limpides, avec de plaisantes rives régulières, et à proximité d'un village pour recourir aux aumônes. Je considérai : 'Ceci est un agréable terrain, ceci est un charmant bosquet avec une rivière aux flots limpides, avec de plaisantes rives régulières, et à proximité d'un village pour recourir aux aumônes. Cela servira pour les efforts d'un fils de bonne famille résolu à faire des efforts.' Et je m'assis là pensant : 'Cela servira pour les efforts.'


15. « Alors ces trois comparaisons, jamais entendues auparavant, m'apparurent spontanément. Supposons qu'il y ait un morceau de bois vert mouillé reposant dans l'eau, et qu'un homme vienne avec la partie supérieure d'un bâton de feu, pensant : 'Je vais allumer un feu, je vais produire de la chaleur.' Qu'en pensez-vous prince ? L'homme pourrait-il allumer un feu et produire de la chaleur en prenant la partie supérieure d'un bâton de feu et en la frottant contre le morceau de bois vert mouillé reposant dans l'eau ? »
« Non, Maître Gotama. Pourquoi ? Parce que c'est un morceau de bois vert mouillé, et qu'il repose dans l'eau. Finalement l'homme récoltera seulement de la lassitude et de la déception. »
« De même, prince, en ce qui concerne ces reclus et brahmanes qui ne vivent pas encore corporellement retirés des plaisirs sensuels, et dont le désir, l'affection, l'engouement, la soif, et la fièvre pour les plaisirs sensuels n'ont pas été pleinement abandonnés et supprimés intérieurement, même si ces bons reclus et brahmanes sentent des sensations douloureuses, déchirantes, perçantes en raison des efforts, ils sont incapables de connaissance et de vision et d'éveil suprême ; et même si ces bons reclus et brahmanes ne sentent pas des sensations douloureuses, déchirantes, perçantes en raison des efforts, ils sont incapables de connaissance et de vision et d'éveil suprême. Ce fut la première comparaison jamais entendue auparavant qui m'apparut spontanément.


16. « De plus, prince, une seconde comparaison jamais entendue auparavant m'apparut spontanément. Supposons qu'il y ait un morceau de bois vert mouillé reposant sur la terre ferme loin de l'eau, et qu'un homme vienne avec la partie supérieure d'un bâton de feu, pensant : 'Je vais allumer un feu, je vais produire de la chaleur.' Qu'en pensez-vous, prince ? L'homme pourrait-il allumer un feu et produire de la chaleur en prenant la partie supérieure d'un bâton de feu et en la frottant contre le morceau de bois vert mouillé reposant sur la terre ferme loin de l'eau ? »
« Non, Maître Gotama. Pourquoi ? Parce que c'est un morceau de bois vert mouillé, même s'il repose sur la terre ferme loin de l'eau. Finalement l'homme récoltera seulement de la lassitude et de la déception. »
« De même, prince, en ce qui concerne ces reclus et brahmanes qui vivent corporellement retirés des plaisirs sensuels, mais dont le désir, l'affection, l'engouement, la soif, et la fièvre pour les plaisirs sensuels n'ont pas été pleinement abandonnés et supprimés intérieurement, même si ces bons reclus et brahmanes sentent des sensations douloureuses, déchirantes, perçantes en raison des efforts, ils sont incapables de connaissance et de vision et d'éveil suprême ; et même si ces bons reclus et brahmanes ne sentent pas des sensations douloureuses, déchirantes, perçantes en raison des efforts, ils sont incapables de connaissance et de vision et d'éveil suprême. Ce fut la seconde comparaison jamais entendue auparavant qui m'apparut spontanément.


17. « De plus, prince, une troisième comparaison jamais entendue auparavant m'apparut spontanément. Supposons qu'il y ait un morceau de bois sans sève reposant sur la terre ferme loin de l'eau, et qu'un homme vienne avec la partie supérieure d'un bâton de feu, pensant : 'Je vais allumer un feu, je vais produire de la chaleur.' Qu'en pensez-vous, prince ? L'homme pourrait-il allumer un feu et produire de la chaleur en prenant la partie supérieure d'un bâton de feu et en la frottant contre le morceau de bois sans sève reposant sur la terre ferme loin de l'eau ? »
« Oui, Maître Gotama. Pourquoi cela? Parce que c'est un morceau de bois sans sève, et qu'il repose sur la terre ferme loin de l'eau. »
« De même, prince, en ce qui concerne ces reclus et brahmanes qui vivent corporellement retirés des plaisirs sensuels, et dont le désir, l'affection, l'engouement, la soif, et la fièvre pour les plaisirs sensuels ont été pleinement abandonnés et supprimés intérieurement, même si ces bons reclus et brahmanes sentent des sensations douloureuses, déchirantes, perçantes en raison des efforts, ils sont capables de connaissance et de vision et d'éveil suprême ; et même si ces bons reclus et brahmanes ne sentent pas des sensations douloureuses, déchirantes, perçantes en raison des efforts, ils sont capables de connaissance et de vision et d'éveil suprême. Ce fut la troisième comparaison jamais entendue auparavant qui m'apparut spontanément. Ce sont les trois comparaisons jamais entendues auparavant qui m'apparurent spontanément.


18. « Je pensai : 'Supposons qu'avec mes dents serrées et ma langue pressée contre le palais, je batte, contraigne, et écrase l'esprit avec l'esprit. Alors, avec mes dents serrées et ma langue pressée contre le palais, je battis, contraignis, et écrasai l'esprit avec l'esprit. Pendant que je faisais cela, de la sueur coula de mes aisselles. Juste comme un homme fort pourrait attraper un homme plus faible par la tête ou les épaules et le battre, le contraindre, et l'écraser, de même, avec mes dents serrées et ma langue pressée contre le palais, je battis, contraignis, et écrasai l'esprit avec l'esprit, et de la sueur coula de mes aisselles. Mais bien qu'une énergie inépuisable s'était élevée en moi et qu'une pleine conscience incessante était établie, mon corps était à bout et non calme parce que j'étais épuisé par les efforts douloureux.


19. « Je pensai : 'Supposons que je pratique la méditation sans respirer.' Alors j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche et mon nez. Pendant que je faisais cela, de bruyants sons de vent passèrent par mes oreilles. Juste comme lorsqu'il y a un bruyant son quand les soufflets d'un forgeron sont soufflés, de même, comme j'arrêtai les inspirations et les expirations par mon nez, et mes oreilles, de bruyants sont de vent passèrent par mes oreilles. Mais bien qu'une énergie inépuisable s'était élevée en moi et qu'une pleine conscience incessante était établie, mon corps était à bout et non calme parce que j'étais épuisé par les efforts douloureux.


20. « Je pensai : 'Supposons que je pratique plus profondément la méditation sans respirer.' Alors j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles. Pendant que je faisais cela, de violents vents coupèrent à travers ma tête. Juste comme si un homme fort écraserait ma tête avec le bout d'une épée tranchante, de même, comme j'arrêtai les inspirations et les expirations part ma bouche, mon nez, et mes oreilles, de violents vents coupèrent à travers ma tête. Mais bien qu'une énergie inépuisable s'était élevée en moi et qu'une pleine conscience incessante était établie, mon corps était à bout et non calme parce que j'étais épuisé par les efforts douloureux.


21. « Je pensai : 'Supposons que je pratique plus profondément la méditation sans respirer.' Alors j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles. Pendant que je faisais cela, il y avait de violentes douleurs dans ma tête. Juste comme si un homme fort serrait une lanière de cuire autour de ma tête comme un bandeau, de même, comme j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles, il y avait de violentes douleurs dans ma tête. Mais bien qu'une énergie inépuisable s'était élevée en moi et qu'une pleine conscience incessante était établie, mon corps était à bout et non calme parce que j'étais épuisé par les efforts douloureux.


22. « Je pensai : 'Supposons que je pratique plus profondément la méditation sans respirer.' Alors j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles. Pendant que je faisais cela, de violents vents découpaient mon ventre. Juste comme si un habile boucher ou son apprenti découpaient le ventre d'un bœuf avec un couteau de boucher tranchant, de même, comme j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles, de violents vents découpaient mon ventre. Mais bien qu'une énergie inépuisable s'était élevée en moi et qu'une pleine conscience incessante était établie, mon corps était à bout et non calme parce que j'étais épuisé par les efforts douloureux.


23. « Je pensai : 'Supposons que je pratique plus profondément la méditation sans respirer.' Alors j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles. Pendant que je faisais cela, il y avait un violent incendie dans mon corps. Juste comme si deux hommes forts saisissaient un homme faible par les deux bras et le rôtissaient au dessus d'une fosse de charbons brûlants, de même, comme j'arrêtai les inspirations et les expirations par ma bouche, mon nez, et mes oreilles, il y avait un violent incendie dans mon corps. Mais bien qu'une énergie inépuisable s'était élevée en moi et qu'une pleine conscience incessante était établie, mon corps était à bout et non calme parce que j'étais épuisé par les efforts douloureux.


24. « Alors quand des déités me virent, certaines dirent: 'Le reclus Gotama est mort.' D'autre déités dirent : 'Le reclus Gotama n'est pas mort, il est en train de mourir.' Et d'autre déités dirent : 'Le reclus Gotama n'est ni mort ni en train de mourir ; il est un arahant, car c'est ainsi que demeurent les arahants.'


25. « Je pensai : 'Supposons que je pratique la cessation totale de nourriture.' Alors des déités vinrent me voir et dirent : 'Vénérable, ne pratiquez pas la cessation totale de nourriture. Si vous faites ainsi, nous infuserons de la nourriture céleste par les pores de votre peau et vous vivrez de cela.' Je considérai : 'Si j'affirmais que je jeûnais complètement alors que ces déités m'infusaient de la nourriture céleste dans les pores de ma peau et vivais de cela, alors je mentirais.' Alors je renvoyai ces déités, disant : 'Je n'ai pas besoin de cela.'


26. « Je pensai : 'Supposons que je prenne très peu de nourriture, une poignée à chaque fois, que ce soit une soupe de haricots ou une soupe de lentilles ou une soupe de gesse ou une soupe de pois.' Alors je pris très peu de nourriture, une poignée à chaque fois, que ce soit une soupe de haricots ou une soupe de lentilles ou une soupe de gesse ou une soupe de pois. Alors que je faisais cela, mon corps atteignit un état d'amaigrissement extrême. Parce que je mangeais si peu, mes membres devinrent comme les segments joints de tiges de vignes ou de tiges de bambous. Parce que je mangeais si peu mon postérieur devint comme un sabot de chameau. Parce que je mangeais si peu les projections sur ma colonne vertébrale ressortirent comme des perles enfilées. Parce que je mangeais si peu, mes côtes ressortirent aussi décharnées que les chevrons détraqués d'une vieille grange sans toit. Parce que je mangeais si peu, la lueur de mes yeux s'enfonça loin dans leurs orbites, ressemblant à la lueur de l'eau qui s'est enfoncée loin dans un puits profond. Parce que je mangeais si peu, mon cuir chevelu se fripa et se flétrit comme une gourde amère verte se fripe et se ride dans le vent et le soleil. Parce que je mangeais si peu, la peau de mon ventre adhéra à ma colonne vertébrale; ainsi si je voulais toucher la peau de mon ventre je rencontrais ma colonne vertébrale, et si je voulais toucher ma colonne vertébrale je rencontrais la peau de mon ventre. Parce que je mangeais si peu, si je voulais déféquer ou uriner, je tombais par terre sur mon visage. Parce que je mangeais si peu, si j'essayais de soulager mon corps en frottant mes membres avec mes mains, les cheveux, pourris à leurs racines, tombaient de mon corps comme je frottais.


27. « Alors quand des personnes me voyaient, certaines disaient : 'Le reclus Gotama est noir.' D'autre personnes disaient : 'Le reclus Gotama n'est pas noir, il est brun.' D'autres personnes disaient : 'Le reclus Gotama n'est ni noir, ni brun, il a la peau dorée.' À ce point s'était détériorée la couleur claire, éclatante de ma peau en mangeant si peu.


28. « Je pensai : 'Quelles que soient les sensations douloureuses, déchirantes, perçantes que les reclus ou brahmanes aient expérimenté dans le passé en raison des efforts, celle-ci est la plus grande, il n'y en a pas au-delà. Et quelles que soient les sensations douloureuses, déchirantes, perçantes que les reclus ou brahmanes expérimenteront dans le futur en raison des efforts, celle-ci est la plus grande, il n'y en a pas au-delà. Et quelles que soient les sensations douloureuses, déchirantes, perçantes que les reclus ou brahmanes expérimentent à présent en raison des efforts, celle-ci est la plus grande, il n'y en a pas au-delà. Mais par cette atroce pratique des austérités je n'atteignit aucun état surnaturel, aucune distinction en connaissance et vision digne des nobles. Pourrait-il y avoir un autre chemin vers l'éveil ?'


29. « Je pensai: 'Je me souviens que quand mon père le Sakya était occupé, alors que j'étais assis à l'ombre fraîche d'un pommier rose, tout à fait retiré des plaisirs sensuels, retiré des états malsains, j'entrai et restai dans le premier jhâna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Pourrait-ce être le chemin vers l'éveil ?' Alors, suivant ce souvenir, vint la réalisation : 'C'est en effet le chemin vers l'éveil.'


30. « Je pensai : 'Pourquoi ai-je peur de ce plaisir qui n'a rien à voir avec les plaisirs sensuels et les états malsains ?' Je pensai : 'Je n'ai pas peur de ce plaisir puisqu'il n'y rien à voir avec les plaisirs sensuels et les états malsains.'


31. « Je considérai : Ce n'est pas facile d'atteindre ce plaisir avec un corps tellement émacié. Supposons que je mange de la nourriture solide – du riz bouilli et du porridge.' Et je mangeai de la nourriture solide – du riz bouilli et du porridge.' Et je mangeai de la nourriture solide – du riz bouilli et du porridge. Et en ce temps cinq bhikkhus m'attendaient, pensant : 'Si notre reclus Gotama atteint des états élevés, il nous informera.' Mais quand je mangeai le riz bouilli et le porridge, les cinq bhikkhus furent dégoûtés et me quittèrent, pensant : 'Le reclus Gotama vit maintenant luxueusement ; il a abandonné ses efforts et est retourné dans le luxe.'


32. « Quand j'eus mangé de la nourriture solide et regagné ma force, alors, tout à fait retiré des plaisirs sensuels, retiré des états malsains, j'entrai et restai dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Mais une telle sensation agréable s'étant élevée en moi n'envahit pas mon esprit et ne resta pas.


33. « Avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, j'entrai et restai dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Mais une telle sensation agréable s'étant élevée en moi n'envahit pas mon esprit et ne resta pas.


34. « Avec l'évanouissement du ravissement, je restai dans l'équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, j'entrai et restai dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Mais une telle sensation agréable s'étant élevée en moi n'envahit pas mon esprit et ne resta pas.


35. « Avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, j'entrai et restai dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Mais une telle sensation agréable s'étant élevée en moi n'envahit pas mon esprit et ne resta pas.


36. « Lorsque mon esprit concentré fut ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, je le dirigeai vers la connaissance du souvenir des vies passées. Je me souvins de mes multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie ; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi me suis-je souvenu de mes multiples vies passées avec leurs aspects et détails.


37. « Ce fut la première vraie connaissance que j'atteignis pendant la première veille de la nuit. L'ignorance fut chassée et la vraie connaissance apparut, les ténèbres furent chassées et la lumière apparut, comme il arrive à celui qui demeure diligent, ardent et résolu.


38. « Lorsque mon esprit concentré fut ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, je le dirigeai vers la connaissance de la mort et de la réapparition des êtres. Avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, je vis les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Je compris que le passage des êtres dépendait de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer ; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, je vis les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et je compris comment le passage des êtres dépendait de leurs actions.


39. « Ce fut la deuxième vraie connaissance que j'atteignis pendant la deuxième veille de la nuit. L'ignorance fut chassée et la vraie connaissance apparut, les ténèbres furent chassées et la lumière apparut, comme il arrive à celui qui demeure diligent, ardent et résolu.


40. « Lorsque mon esprit concentré fut ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, je le dirigeai vers la connaissance de la destruction des souillures. Je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est la souffrance' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine de la souffrance' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation de la souffrance' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci sont les souillures' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine des souillures' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation des souillures' ; je connus directement comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation des souillures.'


41. « Lorsque je connus et vis ceci, mon esprit fut libéré de la souillure du désir sensuel, de la souillure de l'être, de la souillure de l'ignorance. Lorsqu'il fut libéré est venue la connaissance : 'Il est libéré.' Je connus directement : 'La naissance est détruite, la sainte vie a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n'y a plus de venue dans aucun état d'être.'


42. « Ce fut la troisième vraie connaissance que j'atteignis pendant la troisième veille de la nuit. L'ignorance fut chassée et la vraie connaissance apparut, les ténèbres furent chassées et la lumière apparut, comme il arrive à celui qui demeure diligent, ardent et résolu.


43. « Je considérai : 'Ce Dhamma que j'ai atteint est profond, difficile à voir et difficile à comprendre, paisible et sublime, inatteignable par le simple raisonnement, subtil, à être expérimenté par le sage. Mais cette génération se réjouit dans l'attachement, prend plaisir dans l'attachement, se délecte dans l'attachement. Il est difficile pour une telle génération de voir cette vérité, c'est-à-dire la conditionnalité spécifique, l'origine dépendante. Et il est difficile de voir cette vérité, c'est-à-dire l'apaisement de toutes les formations, la renonciation de toutes les acquisitions, la destruction du désir, la dépassion, la cessation, le Nibbāna. Si je devais enseigner le Dhamma, les autres ne me comprendraient pas, et ce serait épuisant et pénible pour moi.' Sur ce ces stances jamais entendue avant vinrent à moi spontanément :


'Assez avec l'enseignement du Dhamma
Que même moi ai trouvé difficile à atteindre ;
Car il ne sera jamais perçu
Par ceux qui vivent dans la luxure et la haine.


Ceux qui se complaisent dans la luxure, couverts par l'obscurité
Ne discerneront jamais ce Dhamma abstrus
Qui va contre le courant mondain,
Subtil, profond, et difficile à voir.'


Considérant ceci, mon esprit s'inclina vers l'inaction plutôt que vers l'enseignement du Dhamma.


44. « Alors, prince, le Brahmā Sahampati sut avec son esprit la pensée de mon esprit et il considéra : 'Le monde sera perdu, le monde périra, puisque l'esprit du Tathāgata, accompli et pleinement éveillé, s'incline vers l'inaction plutôt que vers l'enseignement du Dhamma.' Alors, aussi rapidement qu'un homme fort peut étendre son bras plié ou plier son bras étendu, le Brahmā Sahampati disparut du monde de Brahma et apparut devant moi. Il arrangea sa robe du dessus sur une épaule, et étendant ses mains en salutation révérencielle vers moi, dit : 'Vénérable, que le Bienheureux enseigne le Dhamma, que le Sublime enseigne le Dhamma. Il y a des êtres avec un peu de poussière dans les yeux qui ont une perte en n'entendant pas le Dhamma. Il y aura ceux qui comprendront le Dhamma.' Le Brahmā Sahampati parla ainsi, et il ajouta alors ceci :


'Sont apparus jusqu'à maintenant à Magadha
Des enseignements impurs conçus par ceux encore souillés.
Ouvrez les portes de la Non-Mort ! Laissez-les entendre
Le Dhamma que le Sans-Souillure a trouvé.


Comme celui qui se tient sur un pic de montagne
Peut voir en bas les personnes tout autour,
De même, Ô Sage, Sage Voyant-Tout,
Montez au palais du Dhamma.
Que le Sans-Chagrin contemple cette race humaine,
Engloutie dans le chagrin, emportée par la naissance et la vieillesse.


Levez-vous, héros victorieux, meneur de caravanes,
Sans dette, et promeneur dans le monde.
Que le Bienheureux enseigne le Dhamma,
Il y aura ceux qui comprendront.'


45. « Alors j'ai écouté la supplication du Brahmā, et par compassion pour les êtres j'ai contemplé le monde avec l'œil d'un Buddha. Contemplant le monde avec l'œil d'un Buddha, j'ai vu des êtres avec un peu de poussière dans les yeux et avec beaucoup de poussière dans les yeux, avec des facultés vives et avec des facultés médiocres, avec de bonnes qualités et avec de mauvaises qualités, faciles à enseigner et difficiles à enseigner, et certains qui voyaient la peur et le blâme dans l'autre monde. Juste comme dans une mare de lotus bleus ou rouges ou blancs, certains lotus qui sont nés et qui grandissent dans l'eau se développent immergés dans l'eau sans en sortir, et certains autres lotus qui sont nés et qui grandissent dans l'eau reposent sur la surface de l'eau, et certains autres lotus qui sont nés et qui grandissent dans l'eau sortent de l'eau et se tiennent, limpides, sans être mouillés par elle ; de même, contemplant le monde avec l'œil d'un Buddha, j'ai vu des êtres avec un peu de poussière dans les yeux et avec beaucoup de poussière dans les yeux, avec des facultés vives et avec des facultés médiocres, avec de bonnes qualités et avec de mauvaises qualités, faciles à enseigner et difficiles à enseigner, et certains qui voyaient la peur et le blâme dans l'autre monde. Alors je répondis au Brahmā Sahampati en stances :


'Ouvertes pour eux sont les portes de la Non-Mort,
Que ceux qui ont des oreilles montrent maintenant leur confiance.
Pensant que ce serait difficile, Ô Brahmā,
Je n'ai pas enseigné le Dhamma subtil et sublime.'


Alors le Brahmā Sahampati pensa : 'Le Bienheureux a consenti à ma requête d'enseigner le Dhamma.' Et après m'avoir rendu hommage, me gardant sur la droite, il disparut soudainement.


46. « Je considérai ceci : 'À qui devrais-je enseigner en premier le Dhamma ? Qui comprendra ce Dhamma rapidement ?' Alors il me vint à l'esprit : 'Ālāra Kālāma est sage, intelligent, et perspicace ; il a depuis longtemps peu de poussière dans les yeux. Supposons que j'enseigne le Dhamma en premier à Ālāra Kālāma. Il le comprendra rapidement.' Alors des déités s'approchèrent de moi et dirent : 'Vénérable, Ālārā Kālāma est mort il y a sept jours.' Et la connaissance et la vision s'élevèrent en moi : 'Ālārā Kālā est mort il y a sept jours.' Je pensai : 'La perte d'Ālāra Kālāma en est une grande. S'il avait entendu ce Dhamma, il l'aurait compris rapidement.'


47. « Je considérai ceci : 'À qui devrais-je enseigner en premier le Dhamma ? Qui comprendra ce Dhamma rapidement ?' Alors il me vint à l'esprit : 'Uddaka Rāmaputta est sage, intelligent, et perspicace ; il a depuis longtemps peu de poussière dans les yeux. Supposons que j'enseigne le Dhamma en premier à Uddaka Rāmaputta. Il le comprendra rapidement.' Alors des déités s'approchèrent de moi et dirent : 'Vénérable, Uddaka Rāmaputta est mort la nuit dernière.' Et la connaissance et la vision s'élevèrent en moi : 'Uddaka Rāmaputta est mort la nuit dernière.' Je pensai : 'La perte d'Uddaka Rāmaputta en est une grande. S'il avait entendu ce Dhamma, il l'aurait compris rapidement.'


48. « Je considérai ceci : 'À qui devrais-je enseigner en premier le Dhamma ? Qui comprendra ce Dhamma rapidement ?' Alors il me vint à l'esprit : 'Les bhikkhus du groupe de cinq qui m'ont assisté alors que j'étais engagé dans mes efforts étaient d'une grande aide. Supposons que j'enseigne le Dhamma en premier à eux.' Alors je pensai : 'Où vivent maintenant les bhikkhus du groupe de cinq ?' Et avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, je vis qu'ils vivaient à Benares dans le Parc des Cerfs à Isipatana.


49. « Alors, prince, quand je fus resté à Uruvelā aussi longtemps que je l'avais voulu, je partis marcher par étapes vers Benares. Entre Gayā et le Palais de l'Illumination, l'Ājīvaka Upaka me vit sur la route et dit : 'Ami, tes facultés sont claires, la couleur de ta peau est pure et radieuse. Qui as-tu suivi, ami ? Qui est ton maître ? Quel Dhamma déclares-tu ?' Je répondis à l'Ājīvaka Upaka en stances :


'Je suis un qui a tout transcendé, un connaisseur de tout,
Intact parmi toutes choses, renonçant à tout,
Par la libération de l'insatiable envie. Ayant connu tout ceci
Par moi-même, qui devrais-je désigner comme maître ?


Je n'ai pas de maître, et quelqu'un comme moi
N'existe nulle part dans tout le monde
Avec tous ses dieux,
Car je n'ai personne comme contrepartie.


Je suis l'Accompli du monde,
Je suis le Maître Suprême.
Moi seul suis Pleinement Éveillé
Dont les feux sont étouffés et éteints.


Je vais maintenant à la ville de Kāsi
Pour mettre en mouvement la Roue du Dhamma.
Dans un monde qui est devenu aveugle
Je vais battre le tambour de la Non-Mort.'


'Par ton affirmation, ami, tu dois être un Victorieux Universel.'


'Les victorieux sont ceux qui comme moi
Ont vaincu par la destruction des souillures.
J'ai conquis tous les états mauvais,
Par conséquent, Upaka, je suis un victorieux.'


« Quand ceci fut dit, l'Ājīvaka Upaka dit : 'Qu'il en soit ainsi, ami.' Secouant sa tête, il prit un chemin de traverse et partit.


50. « Alors, prince, marchant par étapes, j'arrivai finalement à Benares, au Parc des Cerfs à Isipatana, et je me suis approché des bhikkhus du groupe de cinq. Les bhikkhus me virent venir au loin, et ils convinrent entre eux ceci : 'Amis, ici vient le reclus Gotama, qui vit luxueusement, qui a abandonné ses efforts, et est retourné dans le luxe. Nous ne devrions pas lui rendre hommage ou nous lever pour lui ou recevoir son bol et sa robe extérieure. Mais un siège peut être préparé pour lui. S'il le veut, il pourra s'asseoir.' Pourtant, comme j'approchai, ces bhikkhus se trouvèrent incapables de garder leur arrangement. Un vint me rencontrer et prit mon bol et ma robe extérieure, un autre prépara un siège, et un autre présenta de l'eau pour mes pieds ; pourtant, il s'adressèrent à moi par mon nom et comme 'ami'.


51. « Sur ce je leur dis ceci : 'Bhikkhus, ne vous adressez pas au Tathāgata par son nom et comme « ami. » Le Tathāgata est un Accompli, un Pleinement Éveillé. Écoutez, bhikkhus, la Non-Mort a été atteinte. Je vais vous instruire, je vais vous enseigner le Dhamma. En pratiquant comme vous êtes instruits, en réalisant par vous-même ici et maintenant par la connaissance directe vous entrerez rapidement et demeurerez dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.'
« Quand ceci fut dit, les bhikkhus du groupe de cinq me répondirent ainsi : 'Ami Gotama, par la conduite, la pratique, et l'accomplissement des austérités que vous avez entrepris, vous n'avez atteint aucun état surnaturel, aucune distinction dans la connaissance et la vision digne des nobles. Puisque vous vivez maintenant luxueusement, ayant abandonné vos efforts et étant retourné dans le luxe, comment auriez-vous pu atteindre quelconque état surnaturel, quelconque distinction dans la connaissance et la vision digne des nobles ?' Quand ceci fut dit, je leur dit : 'Le Tathāgata ne vit pas luxueusement, il n'a pas abandonné ses efforts et n'est pas retourné dans le luxe. Le Tathāgata est un Accompli, un Pleinement Éveillé. Écoutez, bhikkhus, la Non-Mort a été atteinte. Je vais vous instruire, je vais vous enseigner le Dhamma. En pratiquant comme vous êtes instruits, en réalisant par vous-même ici et maintenant par la connaissance directe vous entrerez rapidement et demeurerez dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.'
« Une seconde fois les bhikkhus du groupe de cinq me dirent : 'Ami Gotama, par la conduite, la pratique, et l'accomplissement des austérités que vous avez entrepris, vous n'avez atteint aucun état surnaturel, aucune distinction dans la connaissance et la vision digne des nobles. Puisque vous vivez maintenant luxueusement, ayant abandonné vos efforts et étant retourné dans le luxe, comment auriez-vous pu atteindre quelconque état surnaturel, quelconque distinction dans la connaissance et la vision digne des nobles ?' Une seconde fois je leur dit : 'Le Tathāgata ne vit pas luxueusement, il n'a pas abandonné ses efforts et n'est pas retourné dans le luxe. Le Tathāgata est un Accompli, un Pleinement Éveillé. Écoutez, bhikkhus, la Non-Mort a été atteinte. Je vais vous instruire, je vais vous enseigner le Dhamma. En pratiquant comme vous êtes instruits, en réalisant par vous-même ici et maintenant par la connaissance directe vous entrerez rapidement et demeurerez dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.'
« Une troisième fois les bhikkhus du groupe de cinq me dirent : 'Ami Gotama, par la conduite, la pratique, et l'accomplissement des austérités que vous avez entrepris, vous n'avez atteint aucun état surnaturel, aucune distinction dans la connaissance et la vision digne des nobles. Puisque vous vivez maintenant luxueusement, ayant abandonné vos efforts et étant retourné dans le luxe, comment auriez-vous pu atteindre quelconque état surnaturel, quelconque distinction dans la connaissance et la vision digne des nobles ?' Une troisième fois je leur dit : 'Le Tathāgata ne vit pas luxueusement, il n'a pas abandonné ses efforts et n'est pas retourné dans le luxe. Le Tathāgata est un Accompli, un Pleinement Éveillé. Écoutez, bhikkhus, la Non-Mort a été atteinte. Je vais vous instruire, je vais vous enseigner le Dhamma. En pratiquant comme vous êtes instruits, en réalisant par vous-même ici et maintenant par la connaissance directe vous entrerez rapidement et demeurerez dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.'


52. « Quand ceci fut dit je leur demandai : 'Bhikkhus, m'avez-vous jamais connu parler comme ceci auparavant?' - 'Non, Vénérable.' - 'Bhikkhus, le Tathāgata est un Accompli, un Pleinement Éveillé. Écoutez, bhikkhus, la Non-Mort a été atteinte. Je vais vous instruire, je vais vous enseigner le Dhamma. En pratiquant comme vous êtes instruits, en réalisant par vous-même ici et maintenant par la connaissance directe vous entrerez rapidement et demeurerez dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.'


53. « Je fus capable de convaincre les bhikkhus du groupe de cinq. Alors j'instruisis quelquefois deux bhikkhus pendant que les trois autres allèrent faire l'aumône, et tous les six vécurent de ce que ces trois bhikkhus ramenaient de leur tournée d'aumône. Quelquefois j'instruisis trois bhikkhus pendant que les deux autres allèrent faire l'aumône, et tous les six vécurent de ce que ces deux bhikkhus ramenaient de leur tournée d'aumône.


54. « Alors les bhikkhus du groupe de cinq, non longtemps après avoir ainsi été enseignés et instruits par moi, en réalisant par eux-même avec la connaissance directe, entrèrent et demeurèrent ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les fils de bonne famille vont à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer. »


55. Quand ceci fut dit, le Prince Bodhi dit au Bienheureux : « Vénérable, quand un bhikkhu trouve le Tathāgata pour le discipliner, combien de temps faut-il jusqu'à ce que, réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les fils de bonne famille vont à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer ? »
« En ce qui concerne ceci, prince, je vais vous poser une question en retour. Répondez comme il vous convient. Qu'en pensez-vous, prince ? Êtes-vous habile dans l'art du maniement de l'aiguillon en conduisant un éléphant ? »
« Oui, Vénérable, je le suis. »


56. « Qu'en pensez-vous, prince ? Supposons qu'un homme vienne ici en pensant : 'Le Prince Bodhi connaît l'art du maniement de l'aiguillon en conduisant un éléphant ; je vais m'entraîner sous sa guidance.' S'il n'avait pas de confiance, il ne pourrait pas réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui a confiance ; s'il avait beaucoup de maladies, il ne pourrait pas réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est libre de la maladie ; s'il était frauduleux ou trompeur, il ne pourrait pas réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est honnête et sincère ; s'il était paresseux, il ne pourrait pas réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est énergique ; s'il n'était pas sage, il ne pourrait pas réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est sage. Qu'en pensez-vous, prince ? Cet homme pourrait-il s'entraîner sous votre guidance dans l'art du maniement de l'aiguillon en conduisant un éléphant ? »
« Vénérable, même s'il avait une seule de ces déficiences, il ne pourrait pas s'entraîner sous ma guidance, alors que dire des cinq ? »


57. « Qu'en pensez-vous, prince ? Supposons qu'un homme vienne ici en pensant : 'Le Prince Bodhi connaît l'art du maniement de l'aiguillon en conduisant un éléphant ; je vais m'entraîner sous sa guidance.' S'il avait confiance, il pourrait réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui a confiance ; s'il était libre de la maladie, il pourrait réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est libre de la maladie ; s'il était honnête et sincère, il pourrait réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est honnête et sincère ; s'il était énergique, il pourrait réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est énergique ; s'il était sage, il pourrait réaliser ce qui peut être réalisé par quelqu'un qui est sage. Qu'en pensez-vous, prince ? Cet homme pourrait-il s'entraîner sous votre guidance dans l'art du maniement de l'aiguillon en conduisant un éléphant ? »
« Vénérable, même s'il avait une seule de ces qualités, il pourrait s'entraîner sous ma guidance, alors que dire des cinq ? »


58. « De même, prince, il y a ces cinq facteur d'efforts. Quels sont ces cinq ? Ici un bhikkhu qui a confiance ; il place sa confiance dans l'éveil du Tathāgata ainsi : 'Le Bienheureux est accompli, pleinement éveillé, parfait en vraie connaissance et en conduite, sublime, connaisseur des mondes, incomparable meneur des personnes à dompter, enseignant des dieux et des humains, éveillé, béni.'
« Aussi il est libre de la maladie et des afflictions, possédant une bonne digestion qui n'est ni trop froide ni trop chaude mais moyenne et il est capable de supporter les efforts.
« Aussi il est honnête et sincère, et se montre tel qu'il est au Maître et ses compagnons dans la sainte vie.
« Aussi il est énergique dans l'abandon des états malsains et dans l'entreprise des états sains, résolu, accomplissant ses efforts avec fermeté et persévérant dans la culture des états sains.
« Aussi il est sage ; il possède la sagesse concernant l'apparition et la disparition qui est noble et pénétrante et conduit à la destruction complète de la souffrance. Ce sont les cinq facteurs de l'effort.


59. « Prince, quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer sept années jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement sept années, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer six années jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement six années, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer cinq années jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement cinq années, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer quatre années jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement quatre années, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer trois années jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement trois années, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer deux années jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement deux années, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer une année jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement une année, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer sept mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement sept mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer six mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement six mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer cinq mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement cinq mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer quatre mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement quatre mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer trois mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement trois mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer deux mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement deux mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer un mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement un mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer un demi-mois jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement un demi-mois, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer sept jours et sept nuits jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement sept jours et sept nuits, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer six jours et sept nuits jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement six jours et six nuits, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer cinq jours et cinq nuits jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement cinq jours et cinq nuits, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer quatre jours et quatre nuits jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement quatre jours et quatre nuits, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer trois jours et trois nuits jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement trois jours et trois nuits, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer deux jours et deux nuits jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement deux jours et deux nuits, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, il pourrait passer un jour et une nuit jusqu'à ce qu'en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, il entre et demeure ici et maintenant dans ce but suprême de la sainte vie pour lequel les hommes de bonne famille partent à juste titre de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Non seulement un jour et une nuit, prince. Quand un bhikkhu qui possède ces cinq facteurs de l'effort trouve un Tathāgata pour le discipliner, étant instruit le soir, il pourrait arriver à la distinction le matin ; étant instruit le matin, il pourrait arriver à la distinction le soir. »


60. Quand ceci fut dit, le Prince Bodhi dit au Bienheureux : « Oh le Buddha ! Oh le Dhamma ! Oh, comme bien proclamé est le Dhamma ! Car quelqu'un instruit le soir pourrait arriver à la distinction le matin, et quelqu'un instruit le matin pourrait arriver à la distinction le soir. »


61. Quand ceci fut dit, l'étudiant brahmane Sañjikāputta dit au prince Bodhi : « Maître Bodhi dit : 'Oh le Buddha ! Oh le Dhamma ! Oh, comme bien proclamé est le Dhamma !' Mais il ne dit pas : 'Je prends refuge dans Maître Gotama et dans le Dhamma et dans la Sangha de bhikkhus.' »
« Ne dites pas cela, mon cher Sañjikāputta, ne dites pas cela. J'ai entendu et appris ceci de la bouche de ma mère : Il y avait une occasion où le Bienheureux se trouvait à Kosambī dans le Parc de Ghosita. Alors ma mère, qui était enceinte, alla voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, elle s'assit sur un côté et lui dit : 'Vénérable, le prince ou la princesse dans mon ventre, qui qu'il soit, prend refuge dans le Bienheureux et dans le Dhamma et dans la Sangha de bhikkhus. Puisse le Bienheureux l'accepter comme disciple laïque ayant pris refuge en lui pour la vie.' Il y avait aussi une occasion où le Bienheureux se trouvait ici dans le pays des Bhaggas à Suṁsumāragira dans le Bosquet de Bhesakaḷā, au Parc des Cerfs. Alors ma nourrice, me portant sur ses hanches, alla voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, elle s'assit sur un côté et lui dit : 'Vénérable, ce Prince Bodhi prend refuge dans le Buddha et dans le Dhamma et dans la Sangha de bhikkhus. Puisse le Bienheureux l'accepter comme disciple laïque ayant pris refuge en lui pour la vie.' Maintenant, mon cher Sañjikāputta, pour la troisième fois je prends refuge dans le Bienheureux et dans le Dhamma et dans la Sangha de bhikkhus. Puisse le Bienheureux m'accepter comme disciple laïque ayant pris refuge en lui pour la vie. »


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.