Majjhima Nikāya 083
Makhādeva Sutta
Le Roi Makhādeva

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Mithilā dans le Bosquet de Bambous Makhādeva.


2. Alors à un certain endroit le Bienheureux sourit. Le vénérable Ānanda se dit : « Quelle est la raison, quelle est la cause du sourire du Bienheureux ? Les Tathāgatas ne sourissent pas sans raison. » Alors il disposa sa robe supérieure sur une épaule, et étendant ses mains en salutation révérencielle vers le Bienheureux, il lui demanda : « Vénérable, quelle est la raison, quelle est la cause du sourire du Bienheureux ? Les Tathāgatas ne sourissent pas sans raison. »


3. « Autrefois, Ānanda, dans cette même Mithilā il y avait un roi nommé Makhādeva. Il était un roi juste qui gouvernait par le Dhamma, un grand roi qui était établi dans le Dhamma. Il se conduisait par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards, et il observait les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine.


4. « Et à la fin de nombreuses années, de nombreuses centaines d'années, de nombreux milliers d'années, le Roi Makhādeva s'adressa à son barbier ainsi : « Bon barbier, quand vous verrez des cheveux gris pousser sur ma tête, dites-le moi.' ‒ 'Oui, Sire,' répondit-il. Et après de nombreuses années, de nombreuses centaines d'années, de nombreux milliers d'années, le barbier vit des cheveux pousser sur la tête du roi Makhādeva. Quand il les vit, il dit au roi : 'Les messagers divins sont apparus, Sire ; on peut voir des cheveux gris pousser sur la tête de Votre Majesté.' ‒ 'Alors, bon barbier, retirez ces cheveux gris soigneusement avec une pince à épiler et mettez-les dans ma paume.' ‒ 'Oui, Sire,' répondit-il, et il retira ces cheveux gris soigneusement avec une pince à épiler et les mit dans la paume du roi.
« Alors le Roi Makhādeva donna la bénédiction d'un village à son barbier, et appelant le prince, son fils aîné, il dit : 'Cher prince, les messagers divins sont apparus ; on peut voir des cheveux gris pousser sur ma tête. Je me suis réjoui des plaisirs sensuels humains ; maintenant il est temps de chercher les plaisirs sensuels divins. Venez, cher prince, succédez-moi à la royauté. Je vais raser mes cheveux et ma barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Et maintenant, cher prince, quand vous aussi verrez des cheveux gris pousser sur votre tête, alors après avoir donné la bénédiction d'un village à votre barbier, et après avoir soigneusement instruit le prince, votre fils aîné, dans la royauté, rasez vos cheveux et votre barbe, mettez la robe jaune, et allez de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme. Cher prince, quand deux hommes vivent, celui sous lequel arrive un manquement de cette bonne pratique est le dernier homme parmi eux. Ainsi, cher prince, je vous dis : continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme.'


5. « Alors, après avoir donné la bénédiction d'un village à son barbier et après avoir soigneusement instruit le prince, son fils aîné, dans la royauté, dans le Bosquet de Bambous Makhādeva il rasa ses cheveux et sa barbe, mit la robe jaune, et alla de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de bonté aimante, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de bonté aimante, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de compassion, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de compassion, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de joie altruiste, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de joie altruiste, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli d'équanimité, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli d'équanimité, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.


6. « Pendant quatre-vingt-quatre milliers d'années le Roi Makhādeva joua à des jeux puérils ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il agit comme vice-régent ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il gouverna le royaume ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il mena la sainte vie dans ce Bosquet de Bambous Makhādeva après avoir rasé ses cheveux et sa barbe, mis la robe jaune, et être allé de la vie de foyer vers la vie sans foyer. En développant les quatre demeures divines, à la dissolution du corps, après la mort, il passa dans le monde de Brahma.


7. « Et à la fin de nombreuses années, de nombreuses centaines d'années, de nombreux milliers d'années, le fils du Roi Makhādeva s'adressa à son barbier ainsi : « Bon barbier, quand vous verrez des cheveux gris pousser sur ma tête, dites-le moi.' ‒ 'Oui, Sire,' répondit-il. Et après de nombreuses années, de nombreuses centaines d'années, de nombreux milliers d'années, le barbier vit des cheveux pousser sur la tête du fils du roi Makhādeva. Quand il les vit, il dit au fils du roi : 'Les messagers divins sont apparus, Sire ; on peut voir des cheveux gris pousser sur la tête de Votre Majesté.' ‒ 'Alors, bon barbier, retirez ces cheveux gris soigneusement avec une pince à épiler et mettez-les dans ma paume.' ‒ 'Oui, Sire,' répondit-il, et il retira ces cheveux gris soigneusement avec une pince à épiler et les mit dans la paume du fils roi.
« Alors le fils du Roi Makhādeva donna la bénédiction d'un village à son barbier, et appelant le prince, son fils aîné, il dit : 'Cher prince, les messagers divins sont apparus ; on peut voir des cheveux gris pousser sur ma tête. Je me suis réjoui des plaisirs sensuels humains ; maintenant il est temps de chercher les plaisirs sensuels divins. Venez, cher prince, succédez-moi à la royauté. Je vais raser mes cheveux et ma barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Et maintenant, cher prince, quand vous aussi verrez des cheveux gris pousser sur votre tête, alors après avoir donné la bénédiction d'un village à votre barbier, et après avoir soigneusement instruit le prince, votre fils aîné, dans la royauté, rasez vos cheveux et votre barbe, mettez la robe jaune, et allez de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme. Cher prince, quand deux hommes vivent, celui sous lequel arrive un manquement de cette bonne pratique est le dernier homme parmi eux. Ainsi, cher prince, je vous dis : Continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme.'


8. « Alors, après avoir donné la bénédiction d'un village à son barbier et après avoir soigneusement instruit le prince, son fils aîné, dans la royauté, dans le Bosquet de Bambous Makhādeva il rasa ses cheveux et sa barbe, mit la robe jaune, et alla de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de bonté aimante, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de bonté aimante, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de compassion, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de compassion, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de joie altruiste, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de joie altruiste, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli d'équanimité, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli d'équanimité, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.


9. « Pendant quatre-vingt-quatre milliers d'années le fils du Roi Makhādeva joua à des jeux puérils ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il agit comme vice-régent ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il gouverna le royaume ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il mena la sainte vie dans ce Bosquet de Bambous Makhādeva après avoir rasé ses cheveux et sa barbe, mit la robe jaune, et être allé de la vie de foyer vers la vie sans foyer. En développant les quatre demeures divines, à la dissolution du corps, après la mort, il passa dans le monde de Brahma.


10. « Les descendants du fils du Roi Makhādeva jusqu'au nombre de quatre-vingt-quatre milliers de rois en successions, après avoir rasé leurs cheveux et leur barbe et mis la robe jaune, allèrent de la vie de foyer vers la vie sans foyer dans ce Bosquet de Bambous Makhādeva. Ils demeurèrent en imprégnant une direction avec un esprit empli de bonté aimante, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, ils demeurèrent en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de bonté aimante, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Ils demeurèrent en imprégnant une direction avec un esprit empli de compassion, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, ils demeurèrent en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de compassion, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Ils demeurèrent en imprégnant une direction avec un esprit empli de joie altruiste, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, ils demeurèrent en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de joie altruiste, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance. Ils demeurèrent en imprégnant une direction avec un esprit empli d'équanimité, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, ils demeurèrent en imprégnant le monde entier avec un esprit empli d'équanimité, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.


11. « Pendant quatre-vingt-quatre milliers d'années ils jouèrent à des jeux puérils ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années ils agirent comme vice-régents ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années ils gouvernèrent le royaume ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il menèrent la sainte vie dans ce Bosquet de Bambous Makhādeva après avoir rasé leurs cheveux et leur barbe, mis la robe jaune, et être allés de la vie de foyer vers la vie sans foyer. En développant les quatre demeures divines, à la dissolution du corps, après la mort, ils passèrent dans le monde de Brahma.


12. « Nimi était le dernier de ces rois. Il était un roi juste qui gouvernait par le Dhamma, un grand roi qui était établi dans le Dhamma. Il se conduisait par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards, et il observait les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine.


13. « Une fois, Ānanda, quand les dieux des Trente-trois se réunirent et étaient assis dans l'Assemblée Sudhamma, cette discussion surgit parmi eux : 'C'est un bienfait, Sires, pour le peuple de Videha, c'est un grand bienfait pour le peuple de Videha que leur Roi Nimi soit un roi juste qui gouverne par le Dhamma, un grand roi qui est établi dans le Dhamma. Il se conduit par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards, et il observe les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine.'
« Alors Sakka, souverain des dieux, s'adressa aux dieux des Trente-trois : 'Bons Sires, voulez-vous voir le Roi Nimi ?' ‒ 'Bon Sire, nous voulons voir le Roi Nimi.'
« Et en cette occasion, le jour Uposatha du quinzième, le Roi Nimi avait lavé sa tête et était monté dans la chambre du palais supérieur, où il était assis pour l'observance Uposatha. Alors, aussi rapidement qu'un homme fort pourrait étendre son bras plié ou plier son bras étendu, Sakka, souverain des dieux, disparut d'entre les dieux des Trente-trois et apparut en la présence du Roi Nimi. Il dit : 'C'est un bienfait pour vous, grand roi, c'est un grand bienfait pour vous, grand roi. Quand les rois des Trente-trois se sont réunis et étaient assis dans l'Assemblée Suprême, cette discussion surgit parmi eux : « C'est un bienfait, Sires, pour le peuple de Videha, c'est un grand bienfait pour le peuple de Videha que leur Roi Nimi soit un roi juste qui gouverne par le Dhamma, un grand roi qui est établi dans le Dhamma. Il se conduit par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards, et il observe les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine. » Grand roi, les dieux veulent vous voir. Je vais envoyer un chariot harnaché à un millier de pur-sang pour vous, grand roi. Grand roi, montez dans le chariot divin sans crainte.'
« Le Roi Nimi consentit en silence. Alors, aussi rapidement qu'un homme fort pourrait étendre son bras plié ou plier son bras étendu, Sakka, souverain des dieux, disparut de la présence du Roi Nimi et apparut parmi les dieux des Trente-trois.


14. « Alors Sakka, souverain des dieux, s'adressa à l'aurige Mātali ainsi : 'Bon Mātali, préparez un chariot harnaché par un millier de pur-sang, et allez voir le Roi Nimi et dites : « Grand roi, ce chariot harnaché par un millier de pur-sang a été envoyé par vous par Sakka, souverain des dieux. Grand roi, montez sur le chariot divin sans crainte. »'
« Oui, Votre Honneur,' répondit l'aurige Mātali. Et ayant préparé un chariot harnaché par un millier de pur-sang, il alla voir le Roi Nimi et dit : 'Grand roi, ce chariot harnaché par un millier de pur-sang a été envoyé par vous par Sakka, souverain des dieux. Grand roi, montez sur le chariot divin sans crainte. Mais, grand roi, par quelle route devrais-je vous conduire : par celle donc ceux qui commettent le mal expérimentent de résultat des mauvaises actions, ou par celle dont ceux qui commettent le bien expérimentent le résultat des bonnes actions ?' ‒ 'Conduisez-moi par les deux routes, Mātali.'


« Mātali apporta le Roi Nimi à l'Assemblée Sudhamma. Sakka, souverain des dieux, vit le Roi Nimi venir au loin et lui dit : 'Venez, grand roi ! Bienvenue, grand roi ! Les dieux des Trente-trois, grand roi, assis dans l'Assemblée Sudhamma, se sont exprimés ainsi : 'C'est un bienfait, Sires, pour le peuple de Videha, c'est un grand bienfait pour le peuple de Videha que leur Roi Nimi soit un roi juste qui gouverne par le Dhamma, un grand roi qui est établi dans le Dhamma. Il se conduit par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards, et il observe les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine. » Grand roi, les dieux des Trente-trois veulent vous voir. Grand roi, réjouissez-vous de la puissance divine parmi les dieux.'
« 'Assez, bon Sire. Laissez l'aurige me reconduire à Mithilā. Là-bas je me conduirai par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards ; là-bas j'observerai les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine.'


16. « Alors Sakka, souverain des dieux, dit à l'aurige Mātali : 'Bon Mātali, préparez le chariot harnaché par un millier de pur-sang et reconduisez le Roi Nimi à Mithilā.'
« 'Oui, Votre Honneur,' répondit l'aurige Mātali. Et ayant préparé le chariot harnaché par un millier de pur-sang, il reconduisit le Roi Nimi à Mithilā. Et là-bas, en effet, le Roi Nimi se conduisit par le Dhamma parmi les brahmanes et les maîtres de maison, parmi les habitants des villes et les campagnards ; et là-bas il observa les jours d'Uposatha au quatorzième, quinzième et huitième jour de la quinzaine.


17. « Alors à la fin de nombreuses années, de nombreuses centaines d'années, de nombreux milliers d'années, le Roi Nimi s'adressa à son barbier ainsi : « Bon barbier, si vous voyez des cheveux gris pousser sur ma tête, dites-le moi.' ‒ 'Oui, Sire,' répondit-il. Et après de nombreuses années, de nombreuses centaines d'années, de nombreux milliers d'années, le barbier vit des cheveux pousser sur la tête du roi Makhādeva. Quand il les vit, il dit au roi : 'Les messagers divins sont apparus, Sire ; on peut voir des cheveux gris pousser sur la tête de Votre Majesté.' ‒ 'Alors, bon barbier, retirez ces cheveux gris soigneusement avec une pince à épiler et mettez-les dans ma paume.' ‒ 'Oui, Sire,' répondit-il, et il retira ces cheveux gris soigneusement avec une pince à épiler et les mit dans la paume du roi.
« Alors le Roi Nimi donna la bénédiction d'un village à son barbier, et appelant le prince, son fils aîné, il dit : 'Cher prince, les messagers divins sont apparus ; on peut voir des cheveux gris pousser sur ma tête. Je me suis réjoui des plaisirs sensuels humains ; maintenant il est temps de chercher les plaisirs sensuels divins. Venez, cher prince, succédez-moi à la royauté. Je vais raser mes cheveux et ma barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Et maintenant, cher prince, quand vous aussi verrez des cheveux gris pousser sur votre tête, alors après avoir donné la bénédiction d'un village à votre barbier, et après avoir soigneusement instruit le prince, votre fils aîné, dans la royauté, rasez vos cheveux et votre barbe, mettez la robe jaune, et allez de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme. Cher prince, quand deux hommes vivent, celui sous lequel arrive une interruption de cette bonne pratique est le dernier homme parmi eux. Ainsi, cher prince, je vous dis : Continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme.'


18. « Alors, après avoir donné la bénédiction d'un village à son barbier et après avoir soigneusement instruit le prince, son fils aîné, dans la royauté, dans le Bosquet de Bambous Makhādeva il rasa ses cheveux et sa barbe, mit la robe jaune, et alla de la vie de foyer vers la vie sans foyer.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de bonté aimante, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de bonté aimante, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de compassion, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de compassion, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli de joie altruiste, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli de joie altruiste, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.
« Il demeura en imprégnant une direction avec un esprit empli d'équanimité, de même pour la deuxième, de même pour la troisième, de même pour la quatrième ; et ainsi au-dessus, au-dessous, autour, et partout, et pour tous comme pour lui-même, il demeura en imprégnant le monde entier avec un esprit empli d'équanimité, abondant, élevé, incommensurable, sans hostilité et sans malveillance.


19. « Pendant quatre-vingt-quatre milliers d'années le Roi Nimi joua à des jeux puérils ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il agit comme vice-régent ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il gouverna le royaume ; pendant quatre-vint-quatre milliers d'années il mena la sainte vie dans ce Bosquet de Bambous Makhādeva après avoir rasé ses cheveux et sa barbe, mis la robe jaune, et être allé de la vie de foyer vers la vie sans foyer. En développant les quatre demeures divines, à la dissolution du corps, après la mort, il passa dans le monde de Brahma.


20. « Et le Roi Nimi eut un fils nommé Kaḷārajanaka. Il n'alla pas de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Il interrompit cette bonne pratique. Il fut le dernier homme parmi eux.


21. « Maintenant, Ānanda, il se peut que vous pensiez ceci : 'Certainement, en cette occasion quelqu'un d'autre était le Roi Makhādeva, qui institua cette bonne pratique.' Mais ceci ne devrait pas être considéré ainsi. J'étais le Roi Makhādeva en cette occasion. J'ai institué cette bonne pratique et les générations suivantes ont continué cette bonne pratique institué par moi. Mais cette sorte de bonne pratique ne conduit pas au désenchantement, à la dépassion, à la cessation, à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil, au Nibbāna, mais seulement à la réapparition dans le monde de Brahma. Mais il y a cette sorte de bonne pratique qui a été instituée par moi maintenant, qui conduit au complet désenchantement, à la dépassion, à la cessation, à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil, au Nibbāna. Et quelle est cette bonne pratique ? C'est ce Noble Sentier Octuple ; c'est à dire, la vue juste, l'intention juste, la parole juste, l'action juste, les moyens d'existences justes, l'effort juste, la pleine conscience juste, et la concentration juste. C'est la bonne pratique instituée par moi maintenant, qui conduit au complet désenchantement, à la dépassion, à la cessation, à la paix, à la connaissance directe, à l'éveil, au Nibbāna.
« Ānanda, je vous dis : continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme. Ānanda, quand deux hommes vivent, celui sous lequel arrive une interruption de cette bonne pratique est le dernier homme parmi eux. Ainsi, Ānanda, je vous dis : continuez cette bonne pratique instituée par moi et ne soyez pas le dernier homme. »


Ainsi parla le Bienheureux. Le vénérable Ānanda fut satisfait des paroles du Bienheureux et s'en réjouit.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.