Majjhima Nikāya 079
Cūlasakuludāyi Sutta
Le court discours à Sakuladāyin

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Rājagaha dans le Bosquet de Bambous, au Sanctuaire des Écureuils. Et en cette occasion le renonçant Sakuladāyin se trouvait dans le Sanctuaire des Paons, avec un grande assemblée de renonçants.


2. Alors, quand c'était le matin, le Bienheureux s'habilla, et prenant son bol et sa robe extérieure, il alla à Rājagaha pour l'aumône. Alors il pensa : « Il est encore trop tôt pour marcher pour l'aumône à Rājagaha. Et si j'allais voir le renonçant Sakuladāyin dans le Sanctuaire des Paons, le parc des renonçants ? »


3. Alors le Bienheureux alla au Sanctuaire des Paons, le parc des renonçants. Et en cette occasion le renonçant Sakuladāyin était assis avec une grande assemblée de renonçants qui faisaient du tapage, prononçant fortement et bruyamment de nombreuses sortes de conversations futiles, comme des conversations sur les rois, sur les voleurs, sur les ministres, sur les armées, sur les dangers, sur les batailles, sur la nourriture, sur la boisson, sur les vêtements, sur les lits, sur les guirlandes, sur les parfums, sur les relatifs, sur les véhicules, sur les villages, sur les villes, sur les cités, sur les pays, sur les femmes, sur les héros, sur les rues, sur les sources, sur les morts, sur les broutilles, sur l'origine du monde, sur l'origine de la mer, sur le fait que ces choses soient ainsi ou ne soient pas ainsi. Alors le renonçant Sakuludāyin vit le Bienheureux venir au loin. Le voyant, il apaisa sa propre assemblée ainsi : « Messieurs, soyez silencieux ; messieurs, ne faites pas de bruit. Ici vient le reclus Gotama. Ce vénérable aime et loue le silence. S'il trouve notre assemblée silencieuse, peut-être pensera-t-il nous joindre. » Alors les renonçants devinrent silencieux.


4. Le Bienheureux alla voir le renonçant Sakuludāyin, qui lui dit : « Que le Bienheureux vienne ! Bienvenue au Bienheureux ! Cela fait longtemps depuis que le Bienheureux a trouvé une opportunité pour venir ici. Que le Bienheureux s'assoit ; ce siège est prêt. »
Le Bienheureux s'assit sur le siège préparé, et le renonçant Sakuludāyin prit un siège bas et s'assit sur un côté. Quand il eut fait ainsi, le Bienheureux lui demanda : « Quelle est la discussion pour laquelle vous assis ensemble maintenant, Udāyin ? Et sur quoi portait votre discussion laissée inachevée ? »


5. « Vénérable, laissons cette discussion pour laquelle nous sommes maintenant assis ensemble. Le Bienheureux pourra en entendre parler plus tard. Vénérable, quand je ne viens pas dans cette assemblée, alors elle est assise, prononçant toutes sortes de conversations futiles. Mais quand je viens dans cette assemblée, alors elle est assise avec respect envers moi, pensant : 'Nous allons entendre le Dhamma que le reclus Udāyin va nous exposer.' Pourtant, quand le Bienheureux vient, alors à la fois moi et cette assemblée sommes assis avec respect envers le Bienheureux, pensant : 'Nous allons entendre le Dhamma que le Bienheureux va nous exposer.' »


6. « Alors, Udāyin, suggérez quelque chose sur quoi je pourrais parler. »
« Vénérable, ces derniers jours il y avait quelqu'un prétendant être omniscient et voir tout, avoir achevé la connaissance et vision ainsi : 'Que je marche ou sois debout ou endormi ou éveillé, la connaissance et la vision sont présentes en moi continuellement et sans interruption.' Lui posant une question sur le passé, il se déroba, laissa la conversation de côté, et montra de la colère, de la haine, et de l'amertume. Alors l'enthousiasme envers le Bienheureux s'éleva en moi ainsi : 'Ah, c'est certainement le Bienheureux, c'est certainement le Bienheureux qui est habile dans ces choses.' »
« Mais, Udāyin, qui a ainsi proclamé être omniscient et voir tout, avoir achevé la connaissance et vision ainsi : 'Que je marche ou sois debout ou endormi ou éveillé, la connaissance et la vision sont présentes en moi continuellement et sans interruption', et qui pourtant, quand on lui posa une question sur le passé, se déroba, laissa la conversation de côté, et montra de la colère, de la haine, et de l'amertume ? »
« C'était le Nigantha Nātaputta, Vénérable. »


7. « Udāyin, si quelqu'un se souvenait de ses multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie ; et mourant ici, je suis réapparu là,' ainsi, s'il se souvenait de ses multiples vies passées avec leurs aspects et détails, alors soit il pourrait me poser une question sur le passé, ou soit je pourrais lui poser une question sur le passé, et il pourrait satisfaire mon esprit avec sa réponse à ma question, ou je pourrais satisfaire son esprit avec ma réponse à sa question. Si quelqu'un avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, voyait les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et comprenait que le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer ; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste,' ainsi, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, s'il voyait les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et comprenait comment le passage des êtres dépend de leurs actions, alors soit il pourrait me poser une question sur le futur, ou soit je pourrais lui poser une question sur le futur, et il pourrait satisfaire mon esprit avec sa réponse à ma question, ou je pourrais satisfaire son esprit avec ma réponse à sa question. Mais laissons le passé, Udāyin, laissons le futur. Je vais vous enseigner le Dhamma : Quand ceci existe, cela survient ; avec l'apparition de ceci, cela apparaît. Quand ceci n'existe pas, cela ne survient pas ; Avec la cessation de ceci, cela cesse. »


8. « Vénérable, je ne peux même pas me souvenir avec leurs aspects et détails tout ce dont j'ai fait l'expérience dans cette existence présente, alors comment pourrais-je me souvenir de mes multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie ; et mourant ici, je suis réapparu là,' avec leurs aspects et détails, comme le fait le Bienheureux ? Et je ne peux même pas voir un lutin, alors comment pourrais-je, avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, voir les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et comprendre que le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer ; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste,' comme le fait le Bienheureux ? Mais, Vénérable, quand le Bienheureux me dit : 'Mais laissons le passé, Udāyin, laissons le futur. Je vais vous enseigner le Dhamma : Quand ceci existe, cela survient ; avec l'apparition de ceci, cela apparaît. Quand ceci n'existe pas, cela ne survient pas ; Avec la cessation de ceci, cela cesse.' - c'est encore plus flou pour moi. Peut-être, Vénérable, pourrais-je satisfaire l'esprit du Bienheureux en répondant à une question à propos de la doctrine de nos propres maîtres. »


9. « Bien, Udāyin, qu'est-il enseigné dans la doctrine de vos propres maîtres ? »
« Vénérable, il est enseigné dans la doctrine de nos propres maîtres : 'Ceci est la parfaite splendeur, ceci est la parfaite splendeur !' »
« Mais, Udāyin, puisqu'il est enseigné dans la doctrine de vos propres maîtres : 'Ceci est la parfaite splendeur, ceci est la parfaite splendeur !' - quelle est cette parfaite splendeur ? »
« Vénérable, cette splendeur est la parfaite splendeur qui n'est surpassée par aucune autre splendeur supérieure ou plus sublime. »


10. « Udāyin, vous pouvez continuer longtemps de cette façon. Vous dites : 'Vénérable, cette splendeur est la parfaite splendeur qui n'est surpassée par aucune autre splendeur supérieure ou plus sublime,' et pourtant vous n'indiquez pas ce que cette splendeur est. Supposons qu'un homme dise : 'Je suis amoureux de la plus belle fille de ce pays.' Et on lui demanderait : 'Homme bon, cette plus belle fille de ce pays dont vous êtes amoureux – savez-vous si elle est de la classe des nobles ou de la classe des brahmanes ou de la classe des marchands ou de la classe des travailleurs ?' et il répondrait : 'Non.' Alors on lui demanderait : 'Homme bon, cette plus belle fille de ce pays dont vous êtes amoureux – connaissez-vous son nom et son clan ?' et il répondrait : 'Non.' Alors on lui demanderait : 'Homme bon, cette plus belle fille de ce pays dont vous êtes amoureux – savez-vous si elle est grande ou petite ou de taille moyenne ?' et il répondrait : 'Non.' Alors on lui demanderait : 'Homme bon, cette plus belle fille de ce pays dont vous êtes amoureux – savez-vous si elle a la peau sombre ou brune ou dorée ?' et il répondrait : 'Non.' Alors on lui demanderait : 'Homme bon, cette plus belle fille de ce pays dont vous êtes amoureux – savez-vous dans quel village ou hameau ou ville elle vit ?' et il répondrait : 'Non.' Alors on lui demanderait : ' Homme bon, aimez-vous donc une fille que vous n'avez jamais connue ou vue ?' et il répondrait : 'Oui.' Qu'en pensez-vous, Udāyin, cela étant, cet homme ne prononcerait-il pas quantité d'inepties ? »
« Certainement, Vénérable, cela étant, cet homme prononcerait quantité d'inepties. »
« Mais de la même manière, Udāyin, vous dites ceci : 'Cette splendeur est la parfaite splendeur qui n'est surpassée par aucune autre splendeur supérieure ou plus sublime,' et pourtant vous n'indiquez pas ce que cette splendeur est. »


11. « Vénérable, juste comme une belle gemme de béryl d'eau pure, à huit facettes, bien coupée, reposant sur du brocard rouge, rayonne, irradie, et brille, d'une telle splendeur est le soi intact après la mort. »


12. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? De cette belle gemme de béryl d'eau pure, à huit facettes, bien coupée, reposant sur du brocard rouge, qui rayonne, irradie, et brille, ou d'un ver luisant dans l'épaisseur de la nuit – de ces deux, qui émet la splendeur la plus excellente et sublime ? » - « Le ver luisant dans l'épaisseur de la nuit, Vénérable. »


13. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? De ce ver luisant dans l'épaisseur de la nuit ou d'une lampe à huile dans l'épaisseur de la nuit – de ces deux, qui émet la splendeur la plus excellente et sublime ? » - « La lampe à huile, Vénérable. »


14. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? De cette lampe à huile dans l'épaisseur de la nuit ou d'un grand feu de joie dans l'épaisseur de la nuit – de ces deux, qui émet la splendeur la plus excellente et sublime ? » - « Le grand feu de joie, Vénérable. »


15. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? De ce grand feu de joie dans l'épaisseur de la nuit ou de l'étoile du matin à l'aube dans un ciel clair sans nuages – de ces deux, qui émet la splendeur la plus excellente et sublime ? » - « L'étoile du matin à l'aube dans un ciel clair sans nuages , Vénérable. »


16. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? De l'étoile du matin à l'aube dans un ciel clair sans nuages ou de la pleine lune à minuit dans un ciel clair sans nuages le jour d'Uposatha du quinzième – de ces deux, qui émet la splendeur la plus excellente et sublime ? » - « La pleine lune à minuit dans un ciel clair sans nuages le jour d'Uposatha du quinzième. »


17. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? De la pleine lune à minuit dans un ciel clair sans nuages le jour d'Uposatha du quinzième ou du disque solaire à midi dans un ciel clair sans nuages en automne dans le dernier mois de la saison des pluies – de ces deux, qui émet la splendeur la plus excellente et sublime ? » - « Le disque solaire à midi dans un ciel clair sans nuages en automne dans le dernier mois de la saison des pluies. »


18. « Au-delà de ceci, Udāyin, je connais un très grand nombre de dieux que l'éclat du soleil et de la lune n'égalent pas, et pourtant je ne dis pas qu'il n'y a aucune autre splendeur supérieure ou plus sublime que cette splendeur. Mais vous, Udāyin, dites de cette splendeur qui est inférieure et plus faible que celle d'un ver luisant : 'Ceci est la parfaite splendeur,' et pourtant vous n'indiquez pas ce que cette splendeur est. »


19. « Le Bienheureux a terminé la discussion ; le Sublime a terminé la discussion. »
« Mais, Udāyin, pourquoi dites-vous cela ? »
« Vénérable, il est enseigné dans la doctrine de nos propres maîtres : 'Ceci est la parfaite splendeur, ceci est la parfaite splendeur.' Mais en étant pressé de questions et interrogé et questionné en tous sens à propos de la doctrine de nos propres maîtres par le Bienheureux, nous nous trouvons vide, creux, et dans l'erreur. »


20. « Qu'en est-il, Udāyin, y a-t-il un monde seulement agréable ? Y a-t-il une façon concrète de réaliser un monde seulement agréable ? »
« Vénérable, il est enseigné dans la doctrine de nos propres maîtres : 'Il y a un monde seulement agréable ; il y a une façon concrète de réaliser un monde seulement agréable.' »


21. « Mais, Udāyin, quelle est cette façon concrète de réaliser un monde seulement agréable ? »
« Ici, Vénérable, arrêtant de tuer des êtres vivants, quelqu'un s'abstient de tuer des êtres vivants ; arrêtant de prendre ce qui n'est pas donné, il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné; arrêtant la mauvaise conduite dans les plaisirs sensuels, il s'abstient de la mauvaise conduite dans les plaisirs sensuels ; arrêtant le mensonge, il s'abstient du mensonge ; ou alors il entreprend et pratique quelque sorte d'ascétisme. Ceci est la façon concrète de réaliser un monde seulement agréable. »


22. « Qu'en pensez-vous, Udāyin ? À l'occasion où il arrête de tuer des êtres vivants et s'abstient de tuer des êtres vivants, son soi ressent-il alors seulement du plaisir ou à la fois du plaisir et de la douleur ? »
« À la fois du plaisir et de la douleur, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Udāyin ? À l'occasion où il arrête de prendre ce qui n'est pas donné et s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné, son soi ressent-il alors seulement du plaisir ou à la fois du plaisir et de la douleur ? »
« À la fois du plaisir et de la douleur, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Udāyin ? À l'occasion où il arrête la mauvaise conduite dans les plaisirs sensuels et s'abstient de la mauvaise conduite dans les plaisirs sensuels, son soi ressent-il alors seulement du plaisir ou à la fois du plaisir et de la douleur ? »
« À la fois du plaisir et de la douleur, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Udāyin ? À l'occasion où il arrête le mensonge et s'abstient du mensonge, son soi ressent-il alors seulement du plaisir ou à la fois du plaisir et de la douleur ? »
« À la fois du plaisir et de la douleur, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Udāyin ? À l'occasion où il entreprend et pratique quelque sorte d'ascétisme, son soi ressent-il alors seulement du plaisir ou à la fois du plaisir et de la douleur ? »
« À la fois du plaisir et de la douleur, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Udāyin ? La réalisation d'un monde seulement agréable survient-elle en suivant un chemin mêlant plaisir et douleur ? »


23. « Le Bienheureux a terminé la discussion ; le Sublime a terminé la discussion. »
« Mais, Udāyin, pourquoi dites-vous cela ? »
« Vénérable, il est enseigné dans la doctrine de nos propres maîtres : 'Il y a un monde seulement agréable ; il y a une façon concrète de réaliser un monde seulement agréable.' Mais en étant pressé de questions et interrogé et questionné en tous sens à propos de la doctrine de nos propres maîtres par le Bienheureux, nous nous trouvons vide, creux, et dans l'erreur. Mais qu'en est-il, Vénérable, y a-t-il un monde seulement agréable ? Y a-t-il une façon de réaliser un monde seulement agréable ? »


24. « Il y a un monde seulement agréable, Udāyin ; il y a une façon concrète de réaliser un monde seulement agréable. »
« Vénérable, quelle est cette façon concrète de réaliser un monde seulement agréable ? »


25. « Ici, Udāyin, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu demeure en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et demeure dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Ceci est la façon concrète de réaliser un monde seulement agréable. »
« Vénérable, ceci n'est pas la façon concrète de réaliser un monde seulement agréable ; à ce point un monde seulement agréable a déjà été réalisé. »
« Udāyin, à ce point un monde seulement agréable n'a pas encore été réalisé ; ceci est seulement la façon concrète de réaliser un monde seulement agréable. »


26. Quand ceci fut dit, l'assemblée du renonçant Sakuludāyin fit du tapage, disant très fort et bruyamment : « Nous sommes perdus dans la doctrine de nos propres maîtres ! Nous sommes perdus dans la doctrine de nos propres maîtres ! Nous ne connaissons rien de plus élevé que ceci ! »
Alors le renonçant Sakuludāyin apaisa ces renonçants et demanda au Bienheureux :


27. « Bienheureux, à quel point un monde seulement agréable est-il réalisé ? »
« Ici, Udāyin, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et demeure dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Il demeure avec ces déités qui sont apparues dans un monde seulement agréable et il parle avec elles et entre en conversation avec elles. C'est à ce point qu'un monde seulement agréable a été réalisé. »


28. « Vénérable, c'est certainement dans le but de réaliser ce monde seulement agréable que ces bhikkhus suivent la sainte vie sous la conduite du Bienheureux. »
« Ce n'est pas dans le but de réaliser ce monde seulement agréable que les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite. Il y a d'autres états, Udāyin, plus élevés et plus sublimes et c'est dans le but de les réaliser que ces bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite. »
« Quels sont ces états plus élevés et plus sublimes, Vénérable, pour lesquels les bhikkhus suivent la sainte vie sous la conduite du Bienheureux dans le but de les réaliser ? »


29. « Ici, Udāyin, un Tathâgata apparaît dans le monde, accompli, pleinement éveillé, parfait en vraie connaissance et en conduite, sublime, connaisseur des mondes, incomparable meneur des personnes à dompter, enseignant des dieux et des humains, éveillé, béni. Il décrit ce monde avec ses dieux, ses Māras, et ses Brahmās, cette génération avec ses reclus et brahmanes, ses princes et ses gens, qu'il a lui-même réalisé avec une connaissance directe. Il enseigne le Dhamma qui est bon au début, bon au milieu, et bon à la fin, de signification et formulation justes, et il révèle une sainte vie qui est complètement parfaite et pure.


30. « Un maître de maison ou un fils de maître de maison ou quelqu'un né dans quelque autre famille entend ce Dhamma. En entendant le Dhamma il obtient la foi dans le Tathâgata. Possédant cette foi, il considère ainsi : 'La vie de maître de maison est chargée et poussiéreuse ; la vie passée au-delà est à l'air libre. Il n'est pas facile, lorsque l'on vit dans une maison, de suivre la sainte vie absolument parfaite et pure comme un coquille polie. Supposons que je rase mes cheveux et ma barbe, mette la robe jaune, et aille de la vie de foyer vers la vie sans foyer.' Par la suite, abandonnant une petite ou grande fortune, abandonnant un petit ou grand cercle de relatifs, il rase ses cheveux et sa barbe, met la robe jaune, et va de la vie de foyer vers la vie sans foyer.


31. « Étant ainsi parti et possédant l'entraînement et la façon de vivre du bhikkhu, arrêtant de tuer des êtres vivants, il s'abstient de tuer des êtres vivants; avec les bâtons et les armes laissées de côté, avec douceur et gentillesse, il reste compatissant envers tous les êtres vivants. Arrêtant de prendre ce qui n'est pas donné, il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné; prenant seulement ce qui est donné, aspirant seulement à ce qui est donné, en ne volant pas il demeure dans la pureté. Abandonnant le non-célibat, il observe le célibat, vivant à l'écart, s'abstenant de la pratique vulgaire de la relation sexuelle.
« Abandonnant la parole fausse, il s'abstient de la parole fausse ; il dit la vérité, adhère à la vérité, est digne de confiance et fiable, n'est pas un trompeur du monde. Abandonnant la parole malveillante, il s'abstient de parole malveillante; il ne répète pas autre part ce qu'il a entendu ici afin de diviser ces personnes-ci de celles-là, et il ne répète pas non plus à ces personnes-là ce qu'il a entendu autre part afin de diviser ces personnes-là de celles-ci; ainsi il est quelqu'un qui réunit ceux qui sont divisés, un créateur d'amitié, qui se réjouit des ententes, un prononceur de mots qui créent l'entente. Abandonnant la parole dure, il s'abstient de parole dure; il prononce des mots doux, plaisants à l'oreille, aimables, qui vont au cœur, sont polis, désirés par beaucoup et agréables à beaucoup. Abandonnant le bavardage, il s'abstient du bavardage; il parle au bon moment, dit ce qui est un fait, parle de ce qui est bon, parle du Dhamma et de la Discipline; au bon moment il dit des mots qui sont dignes d'être souvenus, raisonnables, modérés, et bénéfiques.
« Il s'abstient de faire du mal aux graines et aux plantes. Il mange seulement un repas par jour, s'abstenant de manger la nuit et en dehors du temps approprié. Il s'abstient de danser, de chanter, de musique, et de représentations théâtrales. Il s'abstient de porter des guirlandes, de se parer de parfum, et de s'embellir avec des onguents. Il s'abstient de lits hauts et larges. Il s'abstient d'accepter de l'or et de l'argent. Il s'abstient d'accepter des grains crus. Il s'abstient d'accepter de la viande crue. Il s'abstient d'accepter des femmes et des jeunes filles. Il s'abstient d'accepter des esclaves hommes et femmes. Il s'abstient d'accepter des chèvres et des moutons. Il s'abstient d'accepter des volailles et des cochons. Il s'abstient d'accepter des éléphants, des bovins, des chevaux, et des juments. Il s'abstient d'accepter des champs et des terres. Il s'abstient de faire des commissions et de porter des messages. Il s'abstient d'acheter et de vendre. Il s'abstient des faux poids, des faux métaux, et des mesures fausses. Il s'abstient d'accepter des pots-de-vin, de la duperie, de l'escroquerie, et de la tromperie. Il s'abstient de blesser, de tuer, de lier, de brigander, de piller, et de l'usage de violence.


32. « Il est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Juste comme un oiseau qui partout où il va, vole avec ses ailes comme seule charge, de même le bhikkhu est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Possédant cet agrégat de la noble vertu, il expérimente en lui un bonheur qui est irréprochable.


33. « En voyant une forme avec l'œil, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'œil sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'œil, il entreprend la restreinte de la faculté de l'œil. En entendant un son avec l'oreille, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oreille sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oreille, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oreille. En sentant une odeur avec le nez, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du nez sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du nez, il entreprend la restreinte de la faculté du nez. En goûtant une saveur avec la langue, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de la langue sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de la langue, il entreprend la restreinte de la faculté de la langue. En touchant un tangible avec le corps, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du corps sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du corps, il entreprend la restreinte de la faculté du corps. En connaissant un objet de l'esprit avec l'esprit, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'esprit sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'esprit, il entreprend la restreinte de la faculté de l'esprit. Possédant cette noble restreinte dans les facultés, il expérimente en lui un bonheur qui est sans taches.


34. « Il devient quelqu'un qui agit en pleine conscience lorsqu'il va et vient; qui agit en pleine conscience lorsqu'il regarde devant ou derrière; qui agit en pleine conscience lorsqu'il plie ou étend ses membres; qui agit en pleine conscience lorsqu'il met sa robe et porte sa robe extérieure et son bol; qui agit en pleine conscience lorsqu'il mange, boit, mâche la nourriture, et la savoure; qui agit en pleine conscience lorsqu'il défèque et urine; qui agit en pleine conscience lorsqu'il marche, se tient debout, est assis, s'endort, se réveille, parle ou reste silencieux.


35. « Possédant cet agrégat de la noble vertu, et cette noble restreinte des facultés, et possédant cette noble pleine conscience et pleine attention, il a recours à un refuge isolé : la forêt, le pied d'un arbre, une montagne, un ravin, une cave à flanc de coteau, un fourré de bosquet, un espace ouvert, un tas de paille.


36. « En revenant de sa tournée d'aumônes, après son repas il s'assoit, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et établissant la pleine conscience devant lui. Abandonnant la convoitise pour le monde, il demeure avec un esprit libre de convoitise ; il purifie son esprit de la convoitise. Abandonnant l'aversion et la haine, il demeure avec un esprit libre d'aversion, compassionné pour le bien-être de tous les êtres vivants ; il purifie son esprit de l'aversion et de la haine. Abandonnant la paresse et la torpeur, il demeure libre de la paresse et de la torpeur, percevant de lumière, pleinement conscient et pleinement attentif ; il purifie son esprit de la paresse et de la torpeur. Abandonnant l'agitation et le remords, il demeure non-agité avec un esprit intérieurement paisible ; il purifie son esprit de l'agitation et du remords. Abandonnant le doute, il demeure ayant été au-delà du doute, non perplexe au sujet des états sains ; il purifie son esprit du doute.


37. « Ayant ainsi abandonné ces cinq entraves, imperfections de l'esprit qui affaiblissent la sagesse, tout à fait retiré des plaisirs sensuels, retiré des états malsains, il entre et reste dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Ceci, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.


38. « De plus, avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et reste dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Ceci aussi, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.


39. « De plus, avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu demeure en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et reste dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Ceci aussi, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.


40. « De plus, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et reste dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Ceci aussi, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.


41. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé d'imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance du souvenir des vies passées. Il se souvient de ses multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie ; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi se souvient-il de ses multiples vies passées avec leurs aspects et détails. Ceci aussi, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.


42. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé d'imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la mort et de la réapparition des êtres. Avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Il comprend que le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer ; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l'œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et il comprend comment le passage des êtres dépend de leurs actions. Ceci aussi, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.


43. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé d'imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la destruction des souillures. Il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est la souffrance'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine de la souffrance'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation de la souffrance'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci sont les souillures'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine des souillures'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation des souillures'; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation des souillures.'


44. « Lorsqu'il connaît et voit ceci, son esprit est libéré de la souillure du désir sensuel, de la souillure de l'être, et de la souillure de l'ignorance. Lorsqu'il est libéré vient la connaissance : 'Il est libéré.' Il comprend : 'La naissance est détruite, la sainte vie a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n'y a plus de venue dans aucun état d'être.' Ceci aussi, Udāyin, est un état plus élevé et plus sublime pour lequel les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de le réaliser.
« Ce sont, Udāyin, ces états plus élevés et plus sublimes pour lesquels les bhikkhus suivent la sainte vie sous ma conduite dans le but de les réaliser. »


45. Quand ceci fut dit, le renonçant Sakuladāyin dit au Bienheureux : « Merveilleux, Vénérable ! Merveilleux, Vénérable ! Le Bienheureux a rendu le Dhamma clair de nombreuses façons, comme s'il redressait ce qui a été renversé, révélait ce qui était caché, montrait le chemin à celui qui s'était perdu, ou tenait une lampe dans les ténèbres pour ceux qui ont la vue pour voir les formes. Je prends refuge dans le Bienheureux, et dans le Dhamma et dans la Sangha des bhikkhus. Puissé-je recevoir l'ordination formelle du Bienheureux, puissé-je recevoir la pleine ordination. »


46. Quand ceci fut dit, l'assemblée du renonçant Sakuladāyin s'adressa à lui ainsi : « Ne menez pas la sainte vie sous la conduite du reclus Gotama, Maître Udāyin. Ayant été un maître, Maître Udāyin, ne vivez pas en tant un élève. Pour Maître Udāyin, faire ceci serait comme une cruche d'eau devenant une tasse. Ne menez pas la sainte vie sous la conduite du reclus Gotama, Maître Udāyin. Ayant été un maître, ne vivez pas en tant qu'élève. »


C'est ainsi que l'assemblée du renonçant Sakuladāyin l'empêcha de mener la sainte vie sous la conduite du Bienheureux.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.