Majjhima Nikāya 077
Mahāsakuludāyi Sutta
Le grand discours à Sakuludāyin

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Rājagaha dans le Bosquet de Bambous, au Sanctuaire des Écureuils.


2. Et en cette occasion un nombre de renonçants réputés se trouvaient au Sanctuaire des Paons, le parc des renonçants : Annabhāra, Varadhara, et le renonçant Sakuladāyin, ainsi que d'autres renonçants réputés.


3. Alors, quand c'était le matin, le Bienheureux s'habilla, et prenant son bol et sa robe extérieure, alla à Rājagaha pour l'aumône. Alors il pensa : « Il est encore trop tôt pour aller faire l'aumône à Rājagaha. Allons voir le renonçant Sakuludāyin dans le Sanctuaire des Paons, le parc des renonçants. »


4. Alors le Bienheureux alla au Sanctuaire des Paons, le parc des renonçants. Et en cette occasion le renonçant Sakuludāyin était assis avec une grande assemblée de renonçants qui faisaient du tapage, prononçant fortement et bruyamment de nombreuses sortes de conversations futiles, comme des conversations sur les rois, sur les voleurs, sur les ministres, sur les armées, sur les dangers, sur les batailles, sur la nourriture, sur la boisson, sur les vêtements, sur les lits, sur les guirlandes, sur les parfums, sur les relatifs, sur les véhicules, sur les villages, sur les villes, sur les cités, sur les pays, sur les femmes, sur les héros, sur les rues, sur les sources, sur les morts, sur les broutilles, sur l'origine du monde, sur l'origine de la mer, sur le fait que les choses soient ainsi ou ne soient pas ainsi. Alors le renonçant Sakuludāyin vit le Bienheureux venir au loin. Le voyant, il apaisa sa propre assemblée ainsi : « Messieurs, soyez silencieux ; messieurs, ne faites pas de bruit. Ici vient le reclus Gotama. Ce vénérable aime et loue le silence. S'il trouve notre assemblée silencieuse, peut-être pensera-t-il nous joindre. » Alors les renonçants devinrent silencieux.


5. Le Bienheureux alla voir le renonçant Sakuludāyin, qui lui dit : « Que le Bienheureux vienne ! Bienvenue au Bienheureux ! Cela fait longtemps depuis que le Bienheureux a trouvé une opportunité pour venir ici. Que le Bienheureux s'assoit ; ce siège est prêt. »
Le Bienheureux s'assit sur le siège préparé, et le renonçant Sakuludāyin prit un siège bas et s'assit sur un côté. Quand il eut fait ainsi, le Bienheureux lui demanda : « Quelle est la discussion pour laquelle vous assis ensemble maintenant, Udāyin ? Et sur quoi portait votre discussion laissée inachevée ? »


6. « Vénérable, laissons cette discussion pour laquelle nous sommes maintenant assis ensemble. Le Bienheureux pourra en entendre parler plus tard. Ces derniers jours, Vénérable, quand des reclus et brahmanes de diverses sectes se réunirent et furent assis ensemble dans la salle de débat, ce sujet a surgi : 'C'est un bienfait pour le peuple Anga et Magadha, c'est un grand bienfait pour le peuple Anga et Magadha que ces reclus et brahmanes, à la tête d'ordres, à la tête de groupes, maîtres de groupes, réputés et renommés fondateurs de sectes considérés par beaucoup comme des saints, soient venus passer la saison des Pluies à Rājagaha. Il y a ce Tirana Kassapa, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : il est venu passer la saison des Pluies à Rājagaha. Il y a aussi ce Makkhali Gosāla, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : lui aussi est venu passer la saison des Pluies à Rājagaha. Il y a aussi ce Ajita Kesakambalin, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : lui aussi est venu passer la saison des Pluies à Rājagaha. Il y a aussi ce Pakudha Kaccāyana, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : lui aussi est venu passer les Pluies à Rājagaha. Il y a aussi ce Sanjaya Belatthuputta, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : lui aussi est venu passer la saison des Pluies à Rājagaha. Il y a aussi ce Nigantha Nātaputtala, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : lui aussi est venu passer la saison des Pluies à Rājagaha. Il y a aussi ce reclus Gotama, à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint : lui aussi est venu passer les Pluies à Rājagaha. Maintenant, parmi ces dignes reclus et brahmanes, têtes d'ordres, têtes de groupes, maîtres de groupes, réputés et renommés fondateurs de sectes considérés par beaucoup comme des saints, qui est honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples ? Et comment, l'honorant et le respectant, vivent-ils en dépendance de lui ?'
« À ce sujet certains disent ceci : 'Ce Pūrana Kassapa est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint, pourtant il n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. Une fois Pūrana Kassapa enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples. Alors un certain de ses disciples fit du tapage ainsi : « Messieurs, ne posez pas à Pūrana Kassapa cette question. Il ne sait pas cela. Nous savons cela. Posez-nous cette question. Nous y répondrons pour vous, messieurs. » Pūrana Kassapa ne s'en sortit pas, bien qu'il agita ses bras et gémit : « Soyez silencieux, messieurs, ne faites pas de bruit, messieurs. Ils ne demandent pas cela à vous, messieurs. Il le demandent à nous. Nous leur répondrons. » Et nombreux de ses disciples le quittèrent après avoir rejeté sa doctrine ainsi : « Vous ne comprenez pas ce Dhamma et Discipline. Je comprends ce Dhamma et Discipline. Comment pourriez-vous comprendre ce Dhamma et Discipline ? Votre chemin est faux. Mon chemin est juste. Je suis consistant. Vous êtes inconsistant. Ce qui aurait du avoir été dit en premier, vous l'avez dit en dernier. Ce qui aurait du avoir été dit en dernier, vous l'avez dit en premier. Ce que vous avez pensé si soigneusement a été renversé. Votre doctrine est réfutée. On a prouvé que vous aviez tort. Allez et apprenez mieux, ou dénouez-vous si vous le pouvez ! » Ainsi Pūrana Kassapa n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. En fait, il est dédaigné par le mépris montré à son Dhamma.'
« Et certains disent ceci : 'Ce Makkhali Gosāla est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint, pourtant il n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. Une fois Makkhali Gosāla enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples. Alors un certain de ses disciples fit du tapage ainsi : « Messieurs, ne posez pas à Makkhali Gosāla cette question. Il ne sait pas cela. Nous savons cela. Posez-nous cette question. Nous y répondrons pour vous, messieurs. » Makkhali Gosāla ne s'en sortit pas, bien qu'il agita ses bras et gémit : « Soyez silencieux, messieurs, ne faites pas de bruit, messieurs. Ils ne demandent pas cela à vous, messieurs. Il le demandent à nous. Nous leur répondrons. » Et nombreux de ses disciples le quittèrent après avoir rejeté sa doctrine ainsi : « Vous ne comprenez pas ce Dhamma et Discipline. Je comprends ce Dhamma et Discipline. Comment pourriez-vous comprendre ce Dhamma et Discipline ? Votre chemin est faux. Mon chemin est juste. Je suis consistant. Vous êtes inconsistant. Ce qui aurait du avoir été dit en premier, vous l'avez dit en dernier. Ce qui aurait du avoir été dit en dernier, vous l'avez dit en premier. Ce que vous avez pensé si soigneusement a été renversé. Votre doctrine est réfutée. On a prouvé que vous aviez tort. Allez et apprenez mieux, ou dénouez-vous si vous le pouvez ! » Ainsi Makkhali Gosāla n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. En fait, il est dédaigné par le mépris montré à son Dhamma.'
« Et certains disent ceci : 'Ce Ajita Kesakambalin est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint, pourtant il n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. Une fois Ajita Kesakambalin enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples. Alors un certain de ses disciples fit du tapage ainsi : « Messieurs, ne posez pas à Ajita Kesakambalin cette question. Il ne sait pas cela. Nous savons cela. Posez-nous cette question. Nous y répondrons pour vous, messieurs. » Ajita Kesakambalin ne s'en sortit pas, bien qu'il agita ses bras et gémit : « Soyez silencieux, messieurs, ne faites pas de bruit, messieurs. Ils ne demandent pas cela à vous, messieurs. Il le demandent à nous. Nous leur répondrons. » Et nombreux de ses disciples le quittèrent après avoir rejeté sa doctrine ainsi : « Vous ne comprenez pas ce Dhamma et Discipline. Je comprends ce Dhamma et Discipline. Comment pourriez-vous comprendre ce Dhamma et Discipline ? Votre chemin est faux. Mon chemin est juste. Je suis consistant. Vous êtes inconsistant. Ce qui aurait du avoir été dit en premier, vous l'avez dit en dernier. Ce qui aurait du avoir été dit en dernier, vous l'avez dit en premier. Ce que vous avez pensé si soigneusement a été renversé. Votre doctrine est réfutée. On a prouvé que vous aviez tort. Allez et apprenez mieux, ou dénouez-vous si vous le pouvez ! » Ainsi Ajita Kesakambalin n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. En fait, il est dédaigné par le mépris montré à son Dhamma.'
« Et certains disent ceci : 'Ce Pakudha Kaccāyana est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint, pourtant il n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. Une fois Pakudha Kaccāyana enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples. Alors un certain de ses disciples fit du tapage ainsi : « Messieurs, ne posez pas à Pakudha Kaccāyana cette question. Il ne sait pas cela. Nous savons cela. Posez-nous cette question. Nous y répondrons pour vous, messieurs. » Pakudha Kaccāyana ne s'en sortit pas, bien qu'il agita ses bras et gémit : « Soyez silencieux, messieurs, ne faites pas de bruit, messieurs. Ils ne demandent pas cela à vous, messieurs. Il le demandent à nous. Nous leur répondrons. » Et nombreux de ses disciples le quittèrent après avoir rejeté sa doctrine ainsi : « Vous ne comprenez pas ce Dhamma et Discipline. Je comprends ce Dhamma et Discipline. Comment pourriez-vous comprendre ce Dhamma et Discipline ? Votre chemin est faux. Mon chemin est juste. Je suis consistant. Vous êtes inconsistant. Ce qui aurait du avoir été dit en premier, vous l'avez dit en dernier. Ce qui aurait du avoir été dit en dernier, vous l'avez dit en premier. Ce que vous avez pensé si soigneusement a été renversé. Votre doctrine est réfutée. On a prouvé que vous aviez tort. Allez et apprenez mieux, ou dénouez-vous si vous le pouvez ! » Ainsi Pakudha Kaccāyana n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. En fait, il est dédaigné par le mépris montré à son Dhamma.'
« Et certains disent ceci : 'Ce Sanjaya Belatthiputta est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint, pourtant il n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. Une fois Sanjaya Belatthiputta enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples. Alors un certain de ses disciples fit du tapage ainsi : « Messieurs, ne posez pas à Sanjaya Belatthiputta cette question. Il ne sait pas cela. Nous savons cela. Posez-nous cette question. Nous y répondrons pour vous, messieurs. » Sanjaya Belatthiputta ne s'en sortit pas, bien qu'il agita ses bras et gémit : « Soyez silencieux, messieurs, ne faites pas de bruit, messieurs. Ils ne demandent pas cela à vous, messieurs. Il le demandent à nous. Nous leur répondrons. » Et nombreux de ses disciples le quittèrent après avoir rejeté sa doctrine ainsi : « Vous ne comprenez pas ce Dhamma et Discipline. Je comprends ce Dhamma et Discipline. Comment pourriez-vous comprendre ce Dhamma et Discipline ? Votre chemin est faux. Mon chemin est juste. Je suis consistant. Vous êtes inconsistant. Ce qui aurait du avoir été dit en premier, vous l'avez dit en dernier. Ce qui aurait du avoir été dit en dernier, vous l'avez dit en premier. Ce que vous avez pensé si soigneusement a été renversé. Votre doctrine est réfutée. On a prouvé que vous aviez tort. Allez et apprenez mieux, ou dénouez-vous si vous le pouvez ! » Ainsi Sanjaya Belatthiputta n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. En fait, il est dédaigné par le mépris montré à son Dhamma.'
« Et certains disent ceci : 'Ce Nigantha Nātaputta est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint, pourtant il n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. Une fois Nigantha Nātaputta enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples. Alors un certain de ses disciples fit du tapage ainsi : « Messieurs, ne posez pas à Nigantha Nātaputta cette question. Il ne sait pas cela. Nous savons cela. Posez-nous cette question. Nous y répondrons pour vous, messieurs. » Nigantha Nātaputta ne s'en sortit pas, bien qu'il agita ses bras et gémit : « Soyez silencieux, messieurs, ne faites pas de bruit, messieurs. Ils ne demandent pas cela à vous, messieurs. Il le demandent à nous. Nous leur répondrons. » Et nombreux de ses disciples le quittèrent après avoir rejeté sa doctrine ainsi : « Vous ne comprenez pas ce Dhamma et Discipline. Je comprends ce Dhamma et Discipline. Comment pourriez-vous comprendre ce Dhamma et Discipline ? Votre chemin est faux. Mon chemin est juste. Je suis consistant. Vous êtes inconsistant. Ce qui aurait du avoir été dit en premier, vous l'avez dit en dernier. Ce qui aurait du avoir été dit en dernier, vous l'avez dit en premier. Ce que vous avez pensé si soigneusement a été renversé. Votre doctrine est réfutée. On a prouvé que vous aviez tort. Allez et apprenez mieux, ou dénouez-vous si vous le pouvez ! » Ainsi Nigantha Nātaputta n'est pas honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui ne l'honorent et ne le respectent pas. En fait, il est dédaigné par le mépris montré à son Dhamma.'
« Et certains disent ceci : 'Ce reclus Gotama est à la tête d'un ordre, à la tête d'un groupe, le maître d'un groupe, le fondateur d'une secte réputé et renommé considéré par beaucoup comme un saint. Il est honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui l'honorent et le respectent. Une fois le reclus Gotama enseignait son Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples et un certain de ses disciples se racla la gorge. Alors un de ses compagnons dans la sainte vie le poussa du genou : « Soyez silencieux, vénérable, ne faites pas de bruit ; le Bienheureux, le Maître, nous enseigne le Dhamma. » Quand le reclus Gotama enseigne le Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples, en cette occasion il n'y a aucun son de ses disciples toussant ou se raclant la gorge. Car alors cette grande assemblée est tenue en attente : « Écoutons le Dhamma que le Bienheureux est sur le point d'enseigner. » Juste comme si un homme fort était à un carrefour distribuant du miel pur et qu'un grand groupe de personnes soit tenu en attente, de même, quand le reclus Gotama enseigne le Dhamma à une assemblée de plusieurs centaines de disciples, en cette occasion il n'y a aucun son de ses disciples toussant ou se raclant la gorge. Car alors cette grande assemblée est tenue en attente : « Écoutons le Dhamma que le Bienheureux est sur le point d'enseigner. » Et même ses disciples qui se disputent avec leurs compagnons dans la sainte vie et abandonnent l'entraînement pour revenir à la vie inférieure – même eux louent le Maître et le Dhamma et la Sangha ; ils se blâment plutôt que les autres, disant : « Nous étions malchanceux, nous avons peu de mérites ; car bien que nous soyons allé dans la vie sans foyer dans un tel Dhamma bien enseigné, nous étions incapables de vivre la parfaite et pure sainte vie pour le reste de notre vie. » Étant au service d'un monastère ou devenus pratiquants laïques, ils prennent et observent les cinq préceptes. Ainsi le reclus Gotama est honoré, respecté, révéré, et vénéré par ses disciples, et ses disciples vivant en dépendance de lui l'honorent et le respectent.' »


7. « Mais, Udāyin, combien de qualités voyez-vous en moi pour lesquelles mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant ? »


8. « Vénérable, je vois cinq qualités dans le Bienheureux pour lesquelles ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. Quelles sont ces cinq ? Premièrement, Vénérable, le Bienheureux mange peu et recommande de manger peu ; je vois ceci comme la première qualité du Bienheureux pour laquelle ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. De plus, Vénérable, le Bienheureux se satisfait de n'importe quelle sorte de robe, et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de robe ; je vois ceci comme la deuxième qualité du Bienheureux pour laquelle ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. De plus, Vénérable, le Bienheureux se satisfait de n'importe quelle sorte de nourriture d'aumône, et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de nourriture d'aumône ; je vois ceci comme la troisième qualité du Bienheureux pour laquelle ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. De plus, Vénérable, le Bienheureux se satisfait de n'importe quelle sorte de lieu de repos, et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de lieu de repos ; je vois ceci comme la quatrième qualité du Bienheureux pour laquelle ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. De plus, Vénérable, le Bienheureux est retiré et recommande d'être retiré ; ceci je vois comme la cinquième qualité du Bienheureux pour laquelle ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. Vénérable, ce sont les cinq qualités pour lesquelles ses disciples l'honorent, le respectent, le révèrent, et le vénèrent, et vivent en dépendance de lui, l'honorant et le respectant. »


9. « Supposons, Udāyin, que mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama mange peu et recommande de manger peu.' Il y a certains de mes disciples qui vivent d'une coupe pleine de nourriture ou de la moitié d'une coupe pleine de nourriture, d'un fruit de bilva ou de la moitié d'un fruit de bilva comme quantité de nourriture, tandis que parfois je mange tout le contenu de mon bol d'aumône ou même plus. Alors si mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama mange peu et recommande de manger peu,' alors ces disciples qui vivent d'une coupe pleine de nourriture ou de la moitié d'une coupe pleine de nourriture, d'un fruit de bilva ou de la moitié d'un fruit de bilva comme quantité de nourriture, ne devraient pas m'honorer, me respecter, me révérer, et me vénérer, et ils devraient pas vivre en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.
« Supposons, Udāyin, que mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama se satisfait de n'importe quelle sorte de robe et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de robe.' Il y a certains de mes disciples qui portent des guenilles, des robes grossières ; ils ramassent des haillons dans des charniers, des tas d'ordure, ou des ateliers, en font des robes rapiécées, et les portent. Mais parfois je porte des robes données par des maîtres de maison, des robes si raffinées que la peau de citrouille est grossière en comparaison. Alors si mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama se satisfait de n'importe quelle sorte de robe et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de robe,' alors ces disciples qui portent des guenilles, des robes grossières, qui ramassent des haillons dans des charniers, des tas d'ordure, ou des ateliers, en font des robes rapiécées, et les portent, ne devraient pas m'honorer, me respecter, me révérer, et me vénérer, et ils devraient pas vivre en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.
« Supposons, Udāyin, que mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama se satisfait de n'importe quelle sorte de nourriture d'aumône et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de nourriture d'aumône.' Il y a certains de mes disciples qui vivent de nourriture d'aumône, qui vont en aumône ininterrompues de maison en maison, qui se satisfont de recueillir leur nourriture ; quand ils entrent dans des maisons ils ne consentent pas même s'ils sont invités à s'asseoir. Mais parfois je mange sur invitation des repas de riz de choix, et de nombreuses sauces et curry. Alors si mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama se satisfait de n'importe quelle sorte de nourriture d'aumône et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de nourriture d'aumône,' alors ces disciples qui vivent de nourriture d'aumône, qui vont en aumône ininterrompues de maison en maison, qui se satisfont de recueillir leur nourriture, qui quand ils entrent dans des maisons ne consentent pas même s'ils sont invités à s'asseoir, ne devraient pas m'honorer, me respecter, me révérer, et me vénérer, et ils devraient pas vivre en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.
« Supposons, Udāyin, que mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama se satisfait de n'importe quelle sorte de lieu de repos, et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de lieu de repos.' Il y a certains de mes disciples qui demeurent à des racines d'arbre, qui demeurent en plein air, qui n'utilisent pas de toit pendant huit mois, tandis que parfois je vis dans des résidences à pignon plâtrées dedans et dehors, protégées contre le vent, sécurisées par des portes verrouillées, avec des fenêtres à volet. Alors si mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama se satisfait de n'importe quelle sorte de lieu de repos, et recommande de se satisfaire de n'importe quelle sorte de lieu de repos,' alors ces disciples qui demeurent à des racines d'arbre, qui demeurent en plein air, qui n'utilisent pas de toit pendant huit mois, ne devraient pas m'honorer, me respecter, me révérer, et me vénérer, et ils devraient pas vivre en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.
« Supposons, Udāyin, que mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama est retiré et recommande d'être retiré.' Il y a certains de mes disciples de moi qui habitent dans des forêts, qui habitent dans des lieux de repos isolés, qui vivent seuls dans des fourrés de jungle éloignés, et retournent parmi la Sangha chaque demi-mois pour la récitation du Pātimokkha. Mais je vis parfois entouré de bhikkhus et de bhikkhunīs, par des disciples laïques hommes et femmes, par des rois et des ministres de roi, par d'autres ascètes et leurs disciples. Alors si mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et qu'ils vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant, avec la pensée : 'Le reclus Gotama est retiré et recommande d'être retiré,' alors ces disciples qui sont habitent dans des forêts, qui habitent dans des lieux de repos isolés, qui vivent seul dans des fourrés de jungle éloignés, et retournent parmi la Sangha chaque demi-mois pour la récitation du Pātimokkha, ne devraient pas m'honorer, me respecter, me révérer, et me vénérer, et ils devraient pas vivre en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.


10. « Pourtant, Udāyin, il y a cinq autres qualités pour lesquelles mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant. Quelles sont ces cinq ?


(I. La vertu supérieure)


11. « Ici, Udāyin, mes disciples me respectent pour la vertu supérieure ainsi : 'Le reclus Gotama est vertueux, il possède l'agrégat suprême de la vertu.' Ceci est la première qualité pour laquelle mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.


(II. Connaissance et vision)


12. « De plus, Udāyin, mes disciples me respectent pour mon excellente connaissance et vision ainsi : 'Quand le reclus Gotama dit « Je sais, » il sait vraiment ; quand il dit « Je vois, » il voit vraiment. Le reclus Gotama enseigne le Dhamma par une connaissance directe, pas sans connaissance directe ; il enseigne le Dhamma avec une base solide, pas sans une base solide ; il enseigne le Dhamma d'une manière convaincante, pas d'une manière non convaincante.' Ceci est la deuxième qualité pour laquelle mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.


(III. La sagesse supérieure)


13. « De plus, Udāyin, mes disciples me respectent pour la sagesse supérieure ainsi : 'Le reclus Gotama est sage ; il possède l'agrégat suprême de la sagesse. Il est impossible qu'il ne prévoit pas les implications d'une assertion ou qu'il ne puisse pas réfuter par la raison les doctrines actuelles des autres.' Qu'en pensez-vous, Udāyin ? Mes disciples, sachant et voyant ainsi, me couperaient-ils la parole, m'interrompraient-ils ? » - « Non, Vénérable. » - « Je n'espère pas être instruit par mes disciples ; invariablement, ce sont mes disciples qui attendent d'être instruits par moi. Ceci est la troisième qualité pour laquelle mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.


(IV. Les quatre nobles vérités)


14. « De plus, Udāyin, quand mes disciples ont rencontré la souffrance et sont devenus des victimes de la souffrance, une proie à la souffrance, il viennent me voir et me posent des questions sur la noble vérité de la souffrance. Étant questionné, je leur explique la noble vérité de la souffrance, et je satisfais leur esprit avec mon explication. Il me posent des questions sur la noble vérité de l'origine de la souffrance. Étant questionné, je leur explique la noble vérité de l'origine de la souffrance, et je satisfais leur esprit avec mon explication. Il me posent des questions sur la noble vérité de la cessation de la souffrance. Étant questionné, je leur explique la noble vérité de la cessation de la souffrance, et je satisfais leur esprit avec mon explication. Il me posent des questions sur la noble vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance. Étant questionné, je leur explique la noble vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, et je satisfais leur esprit avec mon explication. Ceci est la quatrième qualité pour laquelle mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.


(V. La façon de développer les états sains)


(1. Les quatre fondations de la pleine conscience)


15. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les quatre fondations de la pleine conscience. Ici un bhikkhu qui demeure dans la contemplation du corps comme corps, ardent, pleinement attentif, et en pleine conscience, ayant abandonné toute convoitise et peine pour ce monde. Il demeure dans la contemplation des sensations comme sensations, ardent, pleinement attentif, et en pleine conscience, ayant abandonné toute convoitise et peine pour ce monde. Il demeure dans la contemplation de l'esprit comme esprit, ardent, pleinement attentif, et en pleine conscience, ayant abandonné toute convoitise et peine pour ce monde. Il demeure dans la contemplation des objets de l'esprit comme objets de l'esprit, ardent, pleinement attentif, et en pleine conscience, ayant abandonné toute convoitise et peine pour ce monde. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(2. Les quatre moyens justes de l'effort)


16. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les quatre justes sortes d'effort. Ici un bhikkhu qui éveille le zèle pour la non-élévation des états malsains non élevés, et il fait des efforts, suscite l'énergie, exerce son esprit, et s'évertue. Il éveille le zèle pour l'abandon des états malsains élevés, et il fait des efforts, suscite l'énergie, exerce son esprit, et s'évertue. Il éveille le zèle pour l'élévation des états sains non élevés, et il fait des efforts, suscite l'énergie, exerce son esprit, et s'évertue. Il éveille le zèle pour la continuation, la non-disparition, le renforcement, l'augmentation, et l'achèvement par le développement des états sains élevés, et il fait des efforts, suscite l'énergie, exerce son esprit, et s'évertue. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(3. Les quatre bases du pouvoir spirituel)


17. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les quatre bases du pouvoir spirituel. Ici un bhikkhu qui développe la base du pouvoir spirituel consistant en la concentration due au zèle et l'effort déterminé. Il développe la base du pouvoir spirituel consistant en la concentration due à l'énergie et l'effort déterminé. Il développe la base du pouvoir spirituel consistant en la concentration due à l'esprit et l'effort déterminé. Il développe la base du pouvoir spirituel consistant en la concentration due à l'examen et l'effort déterminé. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(4. Les cinq facultés)


18. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les cinq facultés spirituelles. Ici un bhikkhu qui développe la faculté de la confiance, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe la faculté de l'énergie, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe la faculté de la pleine conscience, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe la faculté de la concentration, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe la faculté de la sagesse, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(5. Les cinq pouvoirs)


19. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les cinq pouvoirs. Ici un bhikkhu qui développe le pouvoir de la confiance, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe le pouvoir de l'énergie, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe le pouvoir de la pleine conscience, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe le pouvoir de la concentration, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Il développe le pouvoir de la sagesse, qui conduit à la paix, conduit à l'éveil. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(6. Les sept facteurs d'éveil)


20. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les sept facteurs d'éveil. Ici un bhikkhu qui développe le facteur d'éveil de la pleine conscience, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Il développe le facteur d'éveil de l'investigation des états, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Il développe le facteur d'éveil de l'énergie, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Il développe le facteur d'éveil du ravissement, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Il développe le facteur d'éveil de la tranquillité, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Il développe le facteur d'éveil de la concentration, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Il développe le facteur d'éveil de l'équanimité, qui est soutenu par l'isolement, la dépassion, et la cessation, et qui résulte au renoncement. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(7. Le Noble Sentier Octuple)


21. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer le Noble Sentier Octuple. Ici un bhikkhu qui développe la vue juste, l'intention juste, la parole juste, l'action juste, les moyens d'existence justes, l'effort juste, la pleine conscience juste, et la concentration juste. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(8. Les huit libérations)


22. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les huit libérations. Possédant la forme matérielle, on voit les formes : ceci est la première libération. Ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement : ceci est la deuxième libération. On est résolu seulement par ce qui est beau : ceci est la troisième libération. Avec la complète transcendance des perceptions de formes, avec la disparition des perceptions des impacts sensoriels, avec une non-attention aux perceptions de diversité, conscient que 'l'espace est infini', on entre et demeure dans la base de l'espace infini : ceci est la quatrième libération. En transcendant complètement la base de l'espace infini, conscient que 'la conscience est infinie', on entre et demeure dans la base de la conscience infinie : ceci est la cinquième libération. En transcendant complètement la base de la conscience infinie, conscient que 'il n'y a rien', on entre et demeure dans la base du vide : ceci est la sixième libération. En transcendant complètement la base du vide, on entre et demeure dans la base de ni-perception-ni-non-perception : ceci est la septième libération. En transcendant complètement la base de ni-perception-ni-non-perception, on entre et demeure dans la cessation des perceptions et des sensations : ceci est la huitième libération. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(9. Les huit bases de transcendance)


23. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les huit bases de transcendance. Percevant la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, limitées, belles et laides ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la première base de transcendance. Percevant la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, illimitées, belles et laides ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la deuxième base de transcendance. Ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, limitées, belles et laides ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la troisième base de transcendance. Ne percevant la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, illimitées, belles et laides ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la quatrième base de transcendance. Ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, bleues, de couleur bleue, bleues en apparence, avec une luminosité bleue. Juste comme une fleur de lin, qui est bleue, de couleur bleue, bleue en apparence, avec une luminosité bleue, ou juste comme un tissu de Benares lissé des deux côtés, qui est bleu, de couleur bleue, bleu en apparence, avec une luminosité bleue, de même, ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, bleues, de couleur bleue, bleues en apparence, avec une luminosité bleue ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la cinquième base de transcendance. Ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, jaunes, de couleur jaune, jaunes en apparence, avec une luminosité jaune. Juste comme une fleur kannikāra, qui est jaune, de couleur jaune, jaunes en apparence, avec une luminosité jaune, ou juste comme un tissu de Benares lissé des deux côtés, qui est jaune, de couleur jaune, jaune en apparence, avec une luminosité jaune, de même, ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, jaunes, de couleur jaune, jaunes en apparence, avec une luminosité jaune ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la sixième base de transcendance. Ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, rouges, de couleur rouge, rouges en apparence, avec une luminosité rouge. Juste comme une fleur hibiscus, qui est rouge, de couleur rouge, rouge en apparence, avec une luminosité rouge, ou juste comme un tissu de Benares lissé des deux côtés, qui est rouge, de couleur rouge, rouge en apparence, avec une luminosité rouge, de même, ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, rouges, de couleur rouge, rouges en apparence, avec une luminosité rouge ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la septième base de transcendance. Ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, blanches, de couleur blanche, blanches en apparence, avec une luminosité blanche. Juste comme l'étoile du matin, qui est blanche, de couleur blanche, blanche en apparence, avec une luminosité blanche, ou juste comme un tissu de Benares lissé des deux côtés, qui est blanc, de couleur blanche, blanc en apparence, avec une luminosité blanche, de même, ne percevant pas la forme intérieurement, on voit les formes extérieurement, blanches, de couleur blanche, blanches en apparence, avec une luminosité blanche ; en les transcendant, on perçoit ainsi : 'Je sais, je vois.' Ceci est la huitième base de transcendance. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(10. Les dix kasinas)


24. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les bases des dix kasinas. Un contemple le kasina terre au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina eau au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina feu au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina air au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina bleu au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina jaune au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina rouge au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina blanc au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina espace au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Un autre contemple le kasina conscience au-dessus, au-dessous, et en travers, non divisé et incommensurable. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(11. Les quatre jhānas)


25. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de développer les quatre jhānas. Ici, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et reste dans le premier jhānas, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Il fait ce ravissement et ce plaisir nés de la solitude mouiller, tremper, emplir, et imprégner ce corps, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le ravissement et le plaisir nés de la solitude. Juste comme un habile maître de bain ou l'apprenti d'un maître de bain amasserait de la poudre de bain dans une cuvette de métal et, l'aspergeant progressivement avec de l'eau, la pétrirait jusqu'à ce que l'humidité mouille sa balle de poudre de bain, la tremperait, et l'imprégnerait à l'intérieur et à l'extérieur, pourtant la balle elle-même ne suinterait pas ; de même, un bhikkhu fait ce ravissement et ce plaisir nés de la solitude mouiller, tremper, emplir, et imprégner ce corps, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le ravissement et le plaisir nés de la solitude.


26. « De plus, avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et reste dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Il fait ce ravissement et ce plaisir nés de la concentration mouiller, tremper, emplir, et imprégner ce corps, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le ravissement et le plaisir nés de la concentration. Juste comme s'il y avait un lac dont l'eau monterait par en-dessous et qu'il n'aurait aucun afflux de l'est, de l'ouest, du nord, ou du sud, et qu'il ne se remplirait pas de temps en temps par des averses, alors la source d'eau fraîche montant dans le lac ferait mouiller, tremper, emplir et imprégner le lac d'eau fraîche, de façon qu'il n'y ait aucune partie du lac tout entier non imprégnée d'eau fraîche ; de même, un bhikkhu fait ce ravissement et ce plaisir nés de la concentration mouiller, tremper, emplir, et imprégner ce corps, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le ravissement et le plaisir nés de la concentration.


27. « De plus, avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu reste en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et reste dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Il fait ce plaisir dépouillé de ravissement mouiller, tremper, emplir, et imprégner ce corps, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le plaisir dépouillé de ravissement. De même que, dans un étang de lotus bleus ou rouges ou blancs, certains lotus qui sont nés et ont grandi dans l'eau se développent immergés dans l'eau sans en sortir, et l'eau fraîche les mouille, les trempe, les emplit et les imprègne par leur extrémité et leur racine, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ces lotus non imprégnée d'eau fraîche ; de même, un bhikkhu fait ce plaisir dépouillé de ravissement mouiller, tremper, emplir, et imprégner ce corps, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le plaisir dépouillé de ravissement.


28. « De plus, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et reste dans le quatrième jhāna, qui n'a ni-douleur-ni-plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Il s'assoit emplissant ce corps avec un pur esprit lumineux, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le pur esprit lumineux. Juste comme s'il y avait un homme assis couvert de la tête aux pieds par un tissu blanc, de façon qu'il n'y ait aucune partie de son corps tout entier non imprégnée par le tissu blanc ; de même, un bhikkhu s'assoit emplissant ce corps avec un pur esprit lumineux, de façon qu'il n'y ait aucune partie de ce corps tout entier non imprégnée par le pur esprit lumineux. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(12. Conscience liée au corps)


29. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de comprendre ceci : 'Ce corps est mien, fait de forme matérielle, consistant des quatre grands éléments, procréé par une mère et un père, construit de riz bouilli et de porridge, est sujet à l'impermanence, à être usé et à disparaître, à la dissolution et la désintégration, et cette conscience qui est mienne est soutenue par elle et liée à elle.' Supposons qu'il y ait une belle gemme de béryl d'eau pure, à huit facettes, bien coupée, claire et limpide, possédant toutes les bonnes qualités, et par laquelle un fil bleu, jaune, rouge, blanc, ou marron serait enfilé. Alors un homme avec une bonne vue, la prenant dans ses mains, pourrait l'examiner ainsi : 'Ceci est une belle gemme de béryl d'eau pure, à huit facettes, bien coupée, claire et limpide, possédant toutes les bonnes qualités, et par elle un fil bleu, jaune, rouge, blanc, ou marron est enfilé.' De même, j'ai déclaré à mes disciples la façon de comprendre ceci : 'Ce corps est mien, fait de forme matérielle, consistant des quatre grands éléments, procréé par une mère et un père, construit de riz bouilli et de porridge, est sujet à l'impermanence, à être usé et à disparaître, à la dissolution et la désintégration, et cette conscience qui est mienne est soutenue par elle et liée à elle.' Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(13. Le corps fait par l'esprit)


30. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de créer par ce corps un autre corps ayant une forme, fait par l'esprit, avec tous ses membres, ne manquant aucune faculté. Juste comme si un homme retirait un roseau de sa gaine et penserait ainsi : 'Ceci est le roseau, ceci est la gaine ; le roseau est un, la gaine autre ; c'est de la gaine que le roseau a été retiré' ; ou juste comme si un homme enlevait une épée de sa gaine et penserait ainsi : 'Ceci est l'épée, ceci est la gaine ; l'épée est une, la gaine autre ; c'est de la gaine que l'épée a été retirée' ; ou juste comme si un homme retirait un serpent de sa mue et penserait ainsi : 'Ceci est le serpent, ceci est la mue ; le serpent est un, la mue autre ; c'est de la mue que le serpent a été retiré.' De même, j'ai déclaré à mes disciples la façon de créer par ce corps un autre corps ayant une forme, fait par l'esprit, avec tous ses membres, ne manquant aucune faculté. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(14. Les diverses sortes de pouvoir surnaturel)


31. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de manier les diverses sortes de pouvoir surnaturel : ayant été un, ils deviennent plusieurs ; ayant été plusieurs, ils deviennent un ; ils apparaissent et disparaissent ; ils passent à travers les murs, à travers une enceinte, à travers une montagne comme s'ils passaient à travers l'espace ; ils plongent dans la terre et en émergent comme si c'était de l'eau ; ils marchent sur l'eau sans couler comme sur terre ; assis les jambes croisées, ils voyagent dans l'espace comme un oiseau ; avec leurs mains ils touchent et caressent la lune et le soleil si formidables et merveilleux ; ils ont la maîtrise du corps, même aussi loin que le monde de Brahma. Juste comme si un habile potier ou son apprenti pourrait créer et modeler par de l'argile bien préparée toute forme de pot qu'il voudrait ; ou juste comme si un habile travailleur d'ivoire ou son apprenti pourrait créer et modeler par de l'ivoire bien préparé toute œuvre d'art d'ivoire qu'il voudrait ; ou juste comme si un habile orfèvre ou son apprenti pourrait créer et modeler par de l'or bien préparé toute œuvre d'art d'or qu'il voudrait ; de même, j'ai déclaré à mes disciples la façon de manier les diverses sortes de pouvoir surnaturel : ayant été un, ils deviennent plusieurs ; ayant été plusieurs, ils deviennent un ; ils apparaissent et disparaissent ; ils passent à travers les murs, à travers une enceinte, à travers une montagne comme s'ils passaient à travers l'espace ; ils plongent dans la terre et en émergent comme si c'était de l'eau ; ils marchent sur l'eau sans couler comme sur terre ; assis les jambes croisées, ils voyagent dans l'espace comme un oiseau ; avec leurs mains ils touchent et caressent la lune et le soleil si formidables et merveilleux ; ils ont la maîtrise du corps, même aussi loin que le monde de Brahma. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(15. L'élément auditif divin)


32. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon par laquelle avec l'élément auditif divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ils entendent les deux sortes de son, le divin et l'humain, ceux qui sont lointains comme ceux qui sont proches. Juste comme un joueur de trompette vigoureux pourrait se faire entendre sans difficulté dans les quatre directions, de même, j'ai déclaré à mes disciples la façon par laquelle avec l'élément auditif divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ils entendent les deux sortes de sons, le divin et l'humain, ceux qui sont lointains comme ceux qui sont proches. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(16. Comprendre l'esprit des autres)


33. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de comprendre l'esprit des autres êtres, des autres personnes, les ayant embrassés avec leur propre esprit. Ils comprennent un esprit affecté par le désir et un esprit inaffecté par le désir ; il comprennent un esprit affecté par l'aversion et un esprit inaffecté par l'aversion ; ils comprennent un esprit affecté par l'illusion et un esprit inaffecté par l'illusion ; ils comprennent un esprit restreint comme restreint et un esprit distrait comme distrait ; ils comprennent un esprit élevé comme élevé et un esprit non-élevé comme non-élevé ; ils comprennent un esprit égalable comme égalable et un esprit inégalable comme inégalable ; ils comprennent un esprit concentré comme concentré et un esprit non-concentré comme non-concentré ; ils comprennent un esprit libéré comme libéré et un esprit non-libéré comme non-libéré. Juste comme un homme ou une femme – jeune, printanier, appréciant les ornements - en regardant l'image de son propre visage dans un miroir clair et brillant ou dans une bassine d'eau claire, saurait s'il y a une tache ainsi : 'Il y a une tache,' ou saurait s'il n'y a pas de tache ainsi : 'Il n'y a pas de tache' ; de même, j'ai déclaré à mes disciples la façon de comprendre l'esprit des autres êtres, des autres personnes, les ayant embrassés avec leur propre esprit. Ils comprennent un esprit affecté par le désir et un esprit inaffecté par le désir ; il comprennent un esprit affecté par l'aversion et un esprit inaffecté par l'aversion ; ils comprennent un esprit affecté par l'illusion et un esprit inaffecté par l'illusion ; ils comprennent un esprit restreint comme restreint et un esprit distrait comme distrait ; ils comprennent un esprit élevé comme élevé et un esprit non-élevé comme non-élevé ; ils comprennent un esprit égalable comme égalable et un esprit inégalable comme inégalable ; ils comprennent un esprit concentré comme concentré et un esprit non-concentré comme non-concentré ; ils comprennent un esprit libéré comme libéré et un esprit non-libéré comme non-libéré. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(17. Le souvenir des vies passées)


34. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon de se souvenir de leurs multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi ils se souviennent de leurs multiples vies passées avec leurs aspects et détails. Juste comme un homme allant de son propre village vers un autre village et revenant encore à son propre village pourrait penser : 'J'ai été de mon propre village à ce village, et là je me suis tenu debout de telle façon, je me suis assis de telle façon, j'ai parlé de telle façon, je suis resté silencieux de telle façon ; et de ce village je suis allé vers cet autre village et là je me suis tenu debout de telle façon, je me suis assis de telle façon, j'ai parlé de telle façon, je suis resté silencieux de telle façon ; et de ce village je suis revenu à mon propre village.' De même, j'ai déclaré à mes disciples la façon de se souvenir de leurs multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi ils se souviennent de leurs multiples vies passées avec leurs aspects et détails. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(18. L’œil divin)


35. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon par laquelle avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ils voient les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Ils comprennent comment le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer ; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ils voient les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et ils comprennent comment le passage des êtres dépend de leurs actions. Juste comme s'il y avait deux maisons avec des portes et qu'un homme avec une bonne vue se tiendrait là entre elles voyait des personnes entrer dans les maisons et en sortir et aller et venir, de même, j'ai déclaré à mes disciples la façon par laquelle avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ils voient les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Ils comprennent comment le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer ; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ils voient les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et ils comprennent comment le passage des êtres dépend de leurs actions. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


(19. La destruction des souillures)


36. « De plus, Udāyin, j'ai déclaré à mes disciples la façon par laquelle en réalisant par eux-mêmes avec la connaissance directe, ils entrent et demeurent ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse qui sont sans souillure avec la destruction des souillures. Juste comme s'il y avait un lac dans un recoin de montagne, clair, limpide, et tranquille, de façon qu'un homme avec une bonne vue se tenant sur la rive puisse voir des coquillages, des graviers, et des galets, et aussi des bancs de poissons nageant et se reposant, pourrait penser : 'Il y a ce lac, clair, limpide, et tranquille, et il y a ces coquillages, graviers, et galets, et aussi ces bancs de poissons nageant et se reposant.' De même, j'ai déclaré à mes disciples la façon par laquelle en réalisant par eux-mêmes avec la connaissance directe, ils entrent et demeurent ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse qui sont sans souillure avec la destruction des souillures. Et ainsi nombreux de mes disciples demeurent ayant atteint la réalisation et la perfection de la connaissance directe.


37. « Ceci, Udāyin est la cinquième qualité pour laquelle mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant.


38. « Ce sont, Udāyin, les cinq qualités pour lesquelles mes disciples m'honorent, me respectent, me révèrent, et me vénèrent, et vivent en dépendance de moi, m'honorant et me respectant. »


Ainsi parla le Bienheureux. Le renonçant Udāyin fut satisfait des paroles du Bienheureux et s'en réjouit.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.