Majjhima Nikāya 076
Sandaka Sutta
À Sandaka

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Kosambī dans le Parc de Ghosita.


2. Et en cette occasion le renonçant Sandaka se trouvait dans la Grotte de l'Arbre Pilakkha avec une grande assemblée de renonçants.


3. Alors, quand c'était le soir, le vénérable Ānanda se leva de la méditation et s'adressa aux bhikkhus ainsi : « Venez, amis, allons au Bassin de Devakata pour voir la grotte. » - « Oui, ami, » répondirent ces bhikkhus. Alors le vénérable Ānanda alla au Bassin de Devakata avec un nombre de bhikkhus.


4. Et en cette occasion le renonçant Sandaka était assis avec une grande assemblée de renonçants qui faisaient du tapage, prononçant fortement et bruyamment de nombreuses sortes de conversations futiles, comme des conversations sur les rois, sur les voleurs, sur les ministres, sur les armées, sur les dangers, sur les batailles, sur la nourriture, sur la boisson, sur les vêtements, sur les lits, sur les guirlandes, sur les parfums, sur les relatifs, sur les véhicules, sur les villages, sur les villes, sur les cités, sur les pays, sur les femmes, sur les héros, sur les rues, sur les sources, sur les morts, sur les broutilles, sur l'origine du monde, sur l'origine de la mer, sur le fait que les choses soient ainsi ou ne soient pas ainsi. Alors le renonçant Sandaka vit le vénérable Ānanda venir au loin. Le voyant, il apaisa sa propre assemblée ainsi : « Messieurs, soyez silencieux ; messieurs, ne faites pas de bruit. Ici vient le reclus Ānanda, un disciple du reclus Gotama, un des disciples du reclus Gotama se trouvant à Kosambī. Ces vénérables aiment le silence ; ils sont disciplinés dans le silence ; ils louent le silence. S'il trouve notre assemblée silencieuse, peut-être pensera-t-il nous joindre. » Alors les renonçants devinrent silencieux.


5. Le vénérable Ānanda alla voir le renonçant Sandaka qui lui dit : « Que Maître Ānanda vienne ! Bienvenue au Maître Ānanda ! Cela fait longtemps depuis que Maître Ānanda a trouvé une opportunité pour venir ici. Que Maître Ānanda s'assoit ; ce siège est prêt. »
Le vénérable Ānanda s'assit sur le siège préparé, et le renonçant Sandaka prit un siège bas et s'assit sur un côté. Quand il eut fait ainsi, le vénérable Ānanda lui demanda : « Quelle est la discussion pour laquelle vous assis ensemble maintenant, Sandaka ? Et sur quoi portait votre discussion laissée inachevée ? »
« Maître Ānanda, laissons cette discussion pour laquelle nous sommes maintenant assis ensemble. Maître Ānanda pourra en entendre parler plus tard. Ce serait bien si Maître Ānanda pouvait nous donner un discours sur le Dhamma de son propre maître. »
« Alors, Sandaka, écoutez et faites bien attention à ce que je vais dire. »
« Oui, Vénérable, » répondit-il. Le Vénérable Ānanda dit ceci :


6. « Sandaka, ces quatre chemins qui rejettent la vie de la sainte vie ont été déclarés par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, et de même ces quatre sortes de sainte vie sans consolation ont été déclarées, dans lesquelles un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain. »
« Mais, Maître Ānanda, quels sont ces quatre chemins qui rejettent la vie de la sainte vie qui ont été déclarés par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lesquels un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain ? »


7. « Ici, Sandaka, un maître qui tient une telle doctrine et vue ainsi : 'Il n'y a rien de donné, rien d'offert, rien de sacrifié ; pas de fruits ou de résultats de bonnes et mauvaises actions ; il n'y a pas ce monde, pas d'autre monde ; pas de mère, pas de père ; pas d'êtres qui renaissent spontanément ; pas de bons et vertueux reclus et brahmanes dans le monde qui se sont réalisés par la connaissance directe et qui décrivent ce monde et l'autre monde. Une personne consiste en les quatre grands éléments. Quand elle meurt, la terre retourne et revient au corps de la terre, l'eau retourne et revient au corps de l'eau, le feu retourne et revient au corps du feu, l'air retourne et revient au corps de l'air ; les facultés passent dans l'espace. [Quatre] hommes avec un brancard comme cinquième emportent le corps. Les oraisons funèbres durent aussi longtemps que le charnier ; les os blanchissent ; les offrandes de feu finissent en cendres. Donner est une doctrine de fous. Quand quiconque défend la doctrine qu'il y a cela, c'est un bavardage vide et erroné. Les fous et les ages sont pareillement détruits et annihilés avec la dissolution du corps ; après la mort ils n'existent pas.'


8. À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître tient cette doctrine et vue : « Il n'y a rien de donné, rien d'offert, rien de sacrifié ; pas de fruits ou de résultats de bonnes et mauvaises actions ; il n'y a pas ce monde, pas d'autre monde ; pas de mère, pas de père ; pas d'êtres qui renaissent spontanément ; pas de bons et vertueux reclus et brahmanes dans le monde qui se sont réalisés par la connaissance directe et qui décrivent ce monde et l'autre monde. Une personne consiste en les quatre grands éléments. Quand elle meurt, la terre retourne et revient au corps de la terre, l'eau retourne et revient au corps de l'eau, le feu retourne et revient au corps du feu, l'air retourne et revient au corps de l'air ; les facultés passent dans l'espace. [Quatre] hommes avec un brancard comme cinquième emportent le corps. Les oraisons funèbres durent aussi longtemps que le charnier ; les os blanchissent ; les offrandes de feu finissent en cendres. Donner est une doctrine de fous. Quand quiconque défend la doctrine qu'il y a cela, c'est un bavardage vide et erroné. Les fous et les ages sont pareillement détruits et annihilés avec la dissolution du corps ; après la mort ils n'existent pas. » Si les paroles de ce bon maître sont vraies, alors chacun de nous est exactement égal ici, nous nous tenons au même niveau : moi qui n'ai pas pratiqué [cet enseignement] et lui qui l'a pratiqué ; moi qui n'ai pas vécu [la sainte vie] et lui qui l'a vécue. Pourtant je ne dis pas que tous deux sommes détruits et annihilés avec la dissolution du corps, qu'après la mort nous n'existerons pas. Mais il est superflus pour ce bon maître de se promener nu, d'être rasé, de s'exercer dans la posture accroupie, et de s'arracher les cheveux et la barbe, puisque moi, qui vis dans une maison emplie d'enfants, qui utilise du bois de santal de Benares, qui porte des guirlandes, du parfum, et des onguents, et accepte l'or et l'argent, atteindrai exactement la même destination, la même course future, que ce bon maître. Que vois-je et que sais-je pour suivre la sainte vie sous ce maître ?' Alors quand il trouve que ce chemin rejette la vie de la sainte vie, il s'en détourne et la quitte.


9. « Ceci est le premier chemin qui rejette la vie de la sainte vie qui a été déclaré par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lequel un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


10. « De plus, Sandaka, ici un maître qui tient une telle doctrine et vue ainsi : 'Quand on agit ou fait agir d'autres, quand on mutile ou fait que d'autres mutilent, quand on torture ou fait que d'autres torturent, quand on inflige du chagrin ou fait que d'autres infligent du chagrin, quand on oppresse ou fait que d'autres oppressent, quand on intimide ou fait que d'autres intimident, quand on tue des êtres vivants, prend ce qui n'est pas donné, entre par effraction dans des maisons, pille les richesses, commet des cambriolages, fait des embuscades sur les grands chemins, séduit les femmes des autres, prononce des mensonges – aucun mal n'est fait par l'auteur de l'action. Si, avec une roue bordée de rasoirs, on faisait des êtres vivants de cette terre une masse de viande, un tas de viande, à cause de ceci il n'y aurait aucun mal et aucun mauvais résultat. Si on allait le long de la rive sud du Gange tuant et massacrant, mutilant et faisant que d'autres mutilent, torturant et faisant que d'autres torturent, à cause de ceci il n'y aurait aucun mal et aucun mauvais résultat. Si on allait le long de la rive nord du Gange donnant des cadeaux et faisant que d'autres donnent des cadeaux, faisant des offrandes et faisant que d'autres fassent des offrandes, à cause de ceci il n'y aurait aucun mérite et aucun résultat de mérite. En donnant, en s'apprivoisant soi-même, en se restreignant, en disant la vérité, il n'y a aucun mérite et aucun résultat de mérite.'


11. « À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître tient cette doctrine et vue : « Quand on agit ou fait agir d'autres, quand on mutile ou fait que d'autres mutilent, quand on torture ou fait que d'autres torturent, quand on inflige du chagrin ou fait que d'autres infligent du chagrin, quand on oppresse ou fait que d'autres oppressent, quand on intimide ou fait que d'autres intimident, quand on tue des êtres vivants, prend ce qui n'est pas donné, entre par effraction dans des maisons, pille les richesses, commet des cambriolages, fait des embuscades sur les grands chemins, séduit les femmes des autres, prononce des mensonges – aucun mal n'est fait par l'auteur de l'action. Si, avec une roue bordée de rasoirs, on faisait des êtres vivants de cette terre une masse de viande, un tas de viande, à cause de ceci il n'y aurait aucun mal et aucun mauvais résultat. Si on allait le long de la rive sud du Gange tuant et massacrant, mutilant et faisant que d'autres mutilent, torturant et faisant que d'autres torturent, à cause de ceci il n'y aurait aucun mal et aucun mauvais résultat. Si on allait le long de la rive nord du Gange donnant des cadeaux et faisant que d'autres donnent des cadeaux, faisant des offrandes et faisant que d'autres fassent des offrandes, à cause de ceci il n'y aurait aucun mérite et aucun résultat de mérite. En donnant, en s'apprivoisant soi-même, en se restreignant, en disant la vérité, il n'y a aucun mérite et aucun résultat de mérite. » Si les paroles de ce bon maître sont vraies, alors chacun de nous est exactement égal ici, nous nous tenons au même niveau : moi qui n'ai pas pratiqué [cet enseignement] et lui qui l'a pratiqué ; moi qui n'ai pas vécu [la sainte vie] et lui qui l'a vécue. Pourtant je ne dis pas que tous deux sommes détruits et annihilés avec la dissolution du corps, qu'après la mort nous n'existerons pas. Mais il est superflus pour ce bon maître de se promener nu, d'être rasé, de s'exercer dans la posture accroupie, et de s'arracher les cheveux et la barbe, puisque moi, qui vis dans une maison emplie d'enfants, qui utilise du bois de santal de Benares, qui porte des guirlandes, du parfum, et des onguents, et accepte l'or et l'argent, atteindrai exactement la même destination, la même course future, que ce bon maître. Que vois-je et que sais-je pour suivre la sainte vie sous ce maître ?' Alors quand il trouve que ce chemin rejette la vie de la sainte vie, il s'en détourne et la quitte.


12. « Ceci est le deuxième chemin qui rejette la vie de la sainte vie qui a été déclaré par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lequel un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


13. « De plus, Sandaka, ici un maître qui tient une telle doctrine et vue ainsi : 'Il n'y a pas de causes ou de conditions pour la souillure des êtres ; les êtres sont souillés sans causes ou conditions. Il n'y a pas de causes ou de conditions pour la purification des êtres ; les êtres sont purifiés sans causes ou conditions. Il n'y a pas de pouvoir, d'énergie, de force virile, d'endurance virile. Tous les êtres, toutes les choses vivantes, toutes les créatures, tous les principes de vie sont sans contrôle, pouvoir, et énergie ; moulés par le destin, les circonstances, et la nature, ils font l'expérience du plaisir et de la douleur dans les six classes.'


14. À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître tient cette doctrine et vue : « Il n'y a pas de causes ou de conditions pour la souillure des êtres ; les êtres sont souillés sans causes ou conditions. Il n'y a pas de causes ou de conditions pour la purification des êtres ; les êtres sont purifiés sans causes ou conditions. Il n'y a pas de pouvoir, d'énergie, de force virile, d'endurance virile. Tous les êtres, toutes les choses vivantes, toutes les créatures, tous les principes de vie sont sans contrôle, pouvoir, et énergie ; moulés par le destin, les circonstances, et la nature, ils font l'expérience du plaisir et de la douleur dans les six classes. » Si les paroles de ce bon maître sont vraies, alors chacun de nous est exactement égal ici, nous nous tenons au même niveau : moi qui n'ai pas pratiqué [cet enseignement] et lui qui l'a pratiqué ; moi qui n'ai pas vécu [la sainte vie] et lui qui l'a vécue. Pourtant je ne dis pas que tous deux sommes détruits et annihilés avec la dissolution du corps, qu'après la mort nous n'existerons pas. Mais il est superflus pour ce bon maître de se promener nu, d'être rasé, de s'exercer dans la posture accroupie, et de s'arracher les cheveux et la barbe, puisque moi, qui vis dans une maison emplie d'enfants, qui utilise du bois de santal de Benares, qui porte des guirlandes, du parfum, et des onguents, et accepte l'or et l'argent, atteindrai exactement la même destination, la même course future, que ce bon maître. Que vois-je et que sais-je pour suivre la sainte vie sous ce maître ?' Alors quand il trouve que ce chemin rejette la vie de la sainte vie, il s'en détourne et la quitte.


15. « Ceci est le troisième chemin qui rejette la vie de la sainte vie qui a été déclaré par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lequel un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


16. « De plus, Sandaka, ici un maître qui tient une telle doctrine et vue ainsi : 'Il y a ces sept corps qui sont non produits, sans producteur, non créés, sans créateur, stériles, se tenant comme des pics de montagne, se tenant comme des piliers. Ils ne bougent pas ou ne changent pas ou ne s'obstruent pas les uns les autres. Aucun ne peut produire le plaisir ou la douleur ou ni-le-plaisir-ni-la-douleur dans un autre. Quels sont ces sept ? Ce sont le corps-terre, le corps-eau, le corps-feu, le corps-air, le plaisir, la douleur, et le principe de vie comme septième. Ces sept corps sont non produits, sans producteur, non créés, sans créateur, stériles, se tenant comme des pics de montagne, se tenant comme des piliers. En eux, il n'y a pas de tueur, pas de meurtrier, pas d'auditeur, pas d'orateur, pas de connaisseur, pas quelqu'un qui fasse connaître. Même ceux qui coupent la tête de quelqu'un avec une épée tranchante ne dépouillent la vie de personne ; l'épée passe simplement dans l'espace entre ces sept corps. Il y a ces un million quatre cent mille principales sortes de génération, et six mille sortes, et six cents sortes ; il y a cinq cents sortes d'action, et cinq sortes d'action, et trois sortes d'action, et une action et une demi-action ; il y a soixante-deux chemins, soixante-deux éons intermédiaires, six classes, huit plans humains, quatre mille neuf cents sortes de moyens d'existence, quatre mille neuf cents sortes de renonçants, quatre mille neuf cents demeures de serpents, deux mille facultés, trois mille enfers, trente-six éléments de poussière, sept races perceptives, sept races non-perceptives, sept races sans gaine, sept sortes de dieux, sept sortes d'humains, sept sortes de démons, sept lacs, sept nœuds, sept sortes de gouffres, sept cents sortes de gouffres, sept sortes de rêves, sept cents sortes de rêves ; et il y a huit millions quatre cent mille grands éons dans lesquels, en tournant et errant dans la ronde des renaissances, à la fois les fous et les sages mettront une fin à la souffrance. Il n'y a rien de ceci : « Par cette vertu ou observance ou ascétisme ou sainte vie je vais faire mûrir les actions non mûries ou annihiler les actions mûries quand elles viennent. » Le plaisir et la douleur sont distribuées. La ronde des renaissances est bornée, on ne peut pas la raccourcir ou l'étendre, l'augmenter ou la diminuer. Juste comme une pelote de ficelle jetée va aussi loin que la ficelle se déroule, de même, en tournant et errant dans la ronde des renaissances, à la fois les fous et les sages mettront une fin à la souffrance.'


17. « À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître tient cette doctrine et vue : « Il y a ces sept corps qui sont non produits, sans producteur, non créés, sans créateur, stériles, se tenant comme des pics de montagne, se tenant comme des piliers. Ils ne bougent pas ou ne changent pas ou ne s'obstruent pas les uns les autres. Aucun ne peut produire le plaisir ou la douleur ou ni-le-plaisir-ni-la-douleur dans un autre. Quels sont ces sept ? Ce sont le corps-terre, le corps-eau, le corps-feu, le corps-air, le plaisir, la douleur, et le principe de vie comme septième. Ces sept corps sont non produits, sans producteur, non créés, sans créateur, stériles, se tenant comme des pics de montagne, se tenant comme des piliers. En eux, il n'y a pas de tueur, pas de meurtrier, pas d'auditeur, pas d'orateur, pas de connaisseur, pas quelqu'un qui fasse connaître. Même ceux qui coupent la tête de quelqu'un avec une épée tranchante ne dépouillent la vie de personne ; l'épée passe simplement dans l'espace entre ces sept corps. Il y a ces un million quatre cent mille principales sortes de génération, et six mille sortes, et six cents sortes ; il y a cinq cents sortes d'action, et cinq sortes d'action, et trois sortes d'action, et une action et une demi-action ; il y a soixante-deux chemins, soixante-deux éons intermédiaires, six classes, huit plans humains, quatre mille neuf cents sortes de moyens d'existence, quatre mille neuf cents sortes de renonçants, quatre mille neuf cents demeures de serpents, deux mille facultés, trois mille enfers, trente-six éléments de poussière, sept races perceptives, sept races non-perceptives, sept races sans gaine, sept sortes de dieux, sept sortes d'humains, sept sortes de démons, sept lacs, sept nœuds, sept sortes de gouffres, sept cents sortes de gouffres, sept sortes de rêves, sept cents sortes de rêves ; et il y a huit millions quatre cent mille grands éons dans lesquels, en tournant et errant dans la ronde des renaissances, à la fois les fous et les sages mettront une fin à la souffrance. Il n'y a rien de ceci : ' Par cette vertu ou observance ou ascétisme ou sainte vie je vais faire mûrir les actions non mûries ou annihiler les actions mûries quand elles viennent.' Le plaisir et la douleur sont distribuées. La ronde des renaissances est bornée, on ne peut pas la raccourcir ou l'étendre, l'augmenter ou la diminuer. Juste comme une pelote de ficelle jetée va aussi loin que la ficelle se déroule, de même, en tournant et errant dans la ronde des renaissances, à la fois les fous et les sages mettront une fin à la souffrance. » Si les paroles de ce bon maître sont vraies, alors chacun de nous est exactement égal ici, nous nous tenons au même niveau : moi qui n'ai pas pratiqué [cet enseignement] et lui qui l'a pratiqué ; moi qui n'ai pas vécu [la sainte vie] et lui qui l'a vécue. Pourtant je ne dis pas que tous deux sommes détruits et annihilés avec la dissolution du corps, qu'après la mort nous n'existerons pas. Mais il est superflus pour ce bon maître de se promener nu, d'être rasé, de s'exercer dans la posture accroupie, et de s'arracher les cheveux et la barbe, puisque moi, qui vis dans une maison emplie d'enfants, qui utilise du bois de santal de Benares, qui porte des guirlandes, du parfum, et des onguents, et accepte l'or et l'argent, atteindrai exactement la même destination, la même course future, que ce bon maître. Que vois-je et que sais-je pour suivre la sainte vie sous ce maître ?' Alors quand il trouve que ce chemin rejette la vie de la sainte vie, il s'en détourne et la quitte.


18. « Ceci est le quatrième chemin qui rejette la vie de la sainte vie qui a été déclaré par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lequel un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


19. « Ce sont, Sandaka, les quatre chemins qui rejettent la vie de la sainte vie qui ont été déclarés par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lesquels un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain. »


20. « Magnifique, Maître Ānanda, merveilleux, comme les quatre chemins qui rejettent la vie de la sainte vie ont été déclarés par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lesquels un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain. Mais, Maître Ānanda, quelles sont ces quatre sortes de sainte vie sans consolation qui ont été déclarées par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lesquelles un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain ? »


21. « Ici, Sandaka, un maître qui déclare être omniscient et voyant tout, avoir complété la connaissance et vision ainsi : 'Que je marche ou sois debout ou endormi ou éveillé, la connaissance et la vision sont présentes en moi continuellement et sans interruption.' Il entre dans une maison vide, n'obtient pas de nourriture d'aumône, un chien le mord, il rencontre un éléphant sauvage, un cheval sauvage, un taureau sauvage, il demande le nom et le clan d'une femme ou d'un homme, il demande le nom d'un village ou d'une ville, et le chemin pour aller là-bas. Quand on lui demande : 'Pourquoi donc ?' il répond : 'Je devais entrer dans une maison vide, c'est pourquoi j'y suis entré. Je devais ne pas obtenir de nourriture d'aumône, c'est pourquoi je n'en ai pas eu. Je devais être mordu par un chien, c'est pourquoi j'ai été mordu. Je devais rencontrer un éléphant sauvage, un cheval sauvage, un taureau sauvage, c'est pourquoi je les ai rencontrés. Je devais demander le nom et le clan d'une femme ou d'un homme, c'est pourquoi j'ai demandé. Je devais demander le nom d'un village ou d'une ville, c'est pourquoi j'ai demandé.'


22. « À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître déclare être omniscient et voyant tout, avoir complété la connaissance et vision ainsi : « Que je marche ou sois debout ou endormi ou éveillé, la connaissance et la vision sont présentes en moi continuellement et sans interruption. » Il entre dans une maison vide, n'obtient pas de nourriture d'aumône, un chien le mord, il rencontre un éléphant sauvage, un cheval sauvage, un taureau sauvage, il demande le nom et le clan d'une femme ou d'un homme, il demande le nom d'un village ou d'une ville, et le chemin pour aller là-bas. Quand on lui demande : « Pourquoi donc ? » il répond : « Je devais entrer dans une maison vide, c'est pourquoi j'y suis entré. Je devais ne pas obtenir de nourriture d'aumône, c'est pourquoi je n'en ai pas eu. Je devais être mordu par un chien, c'est pourquoi j'ai été mordu. Je devais rencontrer un éléphant sauvage, un cheval sauvage, un taureau sauvage, c'est pourquoi je les ai rencontrés. Je devais demander le nom et le clan d'une femme ou d'un homme, c'est pourquoi j'ai demandé. Je devais demander le nom d'un village ou d'une ville, c'est pourquoi j'ai demandé. »' Alors quand il découvre que cette sainte vie est sans consolation, il s'en détourne et la quitte.


23. « Ceci est la première sorte de sainte vie sans consolation qui a été déclarée par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans laquelle un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


24. « De plus, Sandaka, ici un maître qui est un traditionaliste, un qui considère la tradition orale comme la vérité ; il enseigne le Dhamma par la tradition orale, comme les transmissions, par l'autorité des collections. Mais quand un maître est un traditionaliste, un qui considère la tradition orale comme la vérité, des choses sont bien transmises et d'autres sont mal transmises, des choses sont vraies et des choses sont autres.


25. « À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître est un traditionaliste, un qui considère la tradition orale comme la vérité ; il enseigne le Dhamma par la tradition orale, comme les transmissions, par l'autorité des collections. Mais quand un maître est un traditionaliste, un qui considère la tradition orale comme la vérité, des choses sont bien transmises et d'autres sont mal transmises, des choses sont vraies et des choses sont autres.' Alors quand il découvre que cette sainte vie est sans consolation, il s'en détourne et la quitte.


26. « Ceci est la deuxième sorte de sainte vie sans consolation qui a été déclarée par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans laquelle un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


27. « De plus, Sandaka, ici un maître qui est un raisonneur, un investigateur. Il enseigne un Dhamma martelé par le raisonnement, suivant une ligne de raisonnement telle qu'elle se présente à lui. Mais quand un maître est un raisonneur, un investigateur, des choses sont bien raisonnées et d'autres sont mal raisonnées, des choses sont vraies et des choses sont autres.


28. « À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître est un raisonneur, un investigateur. Il enseigne un Dhamma martelé par le raisonnement, suivant une ligne de raisonnement telle qu'elle se présente à lui. Mais quand un maître est un raisonneur, un investigateur, des choses sont bien raisonnées et d'autres sont mal raisonnées, des sont vraies et des choses sont autres.' Alors quand il découvre que cette sainte vie est sans consolation, il s'en détourne et la quitte.


29. « Ceci est la troisième sorte de sainte vie sans consolation qui a été déclarée par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans laquelle un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


30. « De plus, Sandaka, ici un maître qui est lent d'esprit et confus. Parce qu'il est lent d'esprit et confus, quand on lui pose telle et telle question, ses paroles se tortillent, telle une anguille : 'Je ne dis pas que c'est comme ceci. Et je ne dis pas que c'est comme cela. Et je ne dis pas que c'est autrement. Et je ne dis pas que ce n'est pas comme ceci. Et je ne dis pas que ce n'est pas pas comme ceci.'


31. « À propos de ceci un homme sage considère ceci : 'Ce bon maître est lent d'esprit et confus, quand on lui pose telle et telle question, ses paroles se tortillent, telle une anguille : « Je ne dis pas que c'est comme ceci. Et je ne dis pas que c'est comme cela. Et je ne dis pas que c'est autrement. Et je ne dis pas que ce n'est pas comme ceci. Et je ne dis pas que ce n'est pas pas comme ceci. »' Alors quand il découvre que cette sainte vie est sans consolation, il s'en détourne et la quitte.


32. « Ceci est la quatrième sorte de sainte vie sans consolation qui a été déclarée par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans laquelle un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


33. « Ce sont, Sandaka, les quatre sortes de sainte vie sans consolations qui ont été déclarées par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lesquelles un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain. »


34. « Magnifique, Maître Ānanda, merveilleux, comme les quatre sortes de sainte vie sans consolations ont été déclarées par le Bienheureux qui sait et qui voit, est accompli et pleinement éveillé, dans lesquelles un homme sage ne vivrait certainement pas la sainte vie, ou s'il devait la vivre, n'atteindrait pas le vrai chemin, le Dhamma qui est sain. Mais, Maître Ānanda, qu'affirme ce maître, que déclare-t-il, pour qu'un homme sage vive certainement la sainte vie, et pour qu'il atteigne le vrai chemin, le Dhamma qui est sain, pendant qu'il la vit ? »


35. « Ici, Sandaka, un Tathāgata apparaît dans le monde, accompli, pleinement éveillé, parfait en vraie connaissance et en conduite, sublime, connaisseur des mondes, incomparable meneur des personnes à dompter, enseignant des dieux et des humains, éveillé, béni. Il décrit ce monde avec ses dieux, ses Māras, et ses Brahmās, cette génération avec ses reclus et brahmanes, ses princes et ses gens, qu'il a lui-même réalisé avec une connaissance directe. Il enseigne le Dhamma qui est bon au début, bon au milieu, et bon à la fin, de signification et formulation justes, et il révèle une sainte vie qui est complètement parfaite et pure.


36. « Un maître de maison ou un fils de maître de maison ou quelqu'un né dans quelque autre famille entend ce Dhamma. En entendant le Dhamma il obtient la foi dans le Tathāgata. Possédant cette foi, il considère ainsi : 'La vie de maître de maison est chargée et poussiéreuse ; la vie passée au-delà est à l'air libre. Il n'est pas facile, lorsque l'on vit dans une maison, de suivre la sainte vie absolument parfaite et pure comme un coquille polie. Supposons que je rase mes cheveux et ma barbe, mette la robe jaune, et aille de la vie de foyer vers la vie sans foyer.' Par la suite, abandonnant une petite ou grande fortune, abandonnant un petit ou grand cercle de relatifs, il rase ses cheveux et sa barbe, met la robe jaune, et va de la vie de foyer vers la vie sans foyer.


37. « Étant ainsi parti et possédant l'entraînement et la façon de vivre du bhikkhu, arrêtant de tuer des êtres vivants, il s'abstient de tuer des êtres vivants; avec les bâtons et les armes laissées de côté, avec douceur et gentillesse, il reste compatissant envers tous les êtres vivants. Arrêtant de prendre ce qui n'est pas donné, il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné; prenant seulement ce qui est donné, aspirant seulement à ce qui est donné, en ne volant pas il demeure dans la pureté. Abandonnant le non-célibat, il observe le célibat, vivant à l'écart, s'abstenant de la pratique vulgaire de la relation sexuelle.
« Abandonnant la parole fausse, il s'abstient de la parole fausse ; il dit la vérité, adhère à la vérité, est digne de confiance et fiable, n'est pas un trompeur du monde. Abandonnant la parole malveillante, il s'abstient de parole malveillante; il ne répète pas autre part ce qu'il a entendu ici afin de diviser ces personnes-ci de celles-là, et il ne répète pas non plus à ces personnes-là ce qu'il a entendu autre part afin de diviser ces personnes-là de celles-ci; ainsi il est quelqu'un qui réunit ceux qui sont divisés, un créateur d'amitié, qui se réjouit des ententes, un prononceur de mots qui créent l'entente. Abandonnant la parole dure, il s'abstient de parole dure; il prononce des mots doux, plaisants à l'oreille, aimables, qui vont au cœur, sont polis, désirés par beaucoup et agréables à beaucoup. Abandonnant le bavardage, il s'abstient du bavardage; il parle au bon moment, dit ce qui est un fait, parle de ce qui est bon, parle du Dhamma et de la Discipline; au bon moment il dit des mots qui sont dignes d'être souvenus, raisonnables, modérés, et bénéfiques.
« Il s'abstient de faire du mal aux graines et aux plantes. Il mange seulement un repas par jour, s'abstenant de manger la nuit et en dehors du temps approprié. Il s'abstient de danser, de chanter, de musique, et de représentations théâtrales. Il s'abstient de porter des guirlandes, de se parer de parfum, et de s'embellir avec des onguents. Il s'abstient de lits hauts et larges. Il s'abstient d'accepter de l'or et de l'argent. Il s'abstient d'accepter des grains crus. Il s'abstient d'accepter de la viande crue. Il s'abstient d'accepter des femmes et des jeunes filles. Il s'abstient d'accepter des esclaves hommes et femmes. Il s'abstient d'accepter des chèvres et des moutons. Il s'abstient d'accepter des volailles et des cochons. Il s'abstient d'accepter des éléphants, des bovins, des chevaux, et des juments. Il s'abstient d'accepter des champs et des terres. Il s'abstient de faire des commissions et de porter des messages. Il s'abstient d'acheter et de vendre. Il s'abstient des faux poids, des faux métaux, et des mesures fausses. Il s'abstient d'accepter des pots-de-vin, de la duperie, de l'escroquerie, et de la tromperie. Il s'abstient de blesser, de tuer, de lier, de brigander, de piller, et de l'usage de violence.


38. « Il est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Juste comme un oiseau qui partout où il va, vole avec ses ailes comme seule charge, de même le bhikkhu est satisfait des robes pour protéger son corps et de la nourriture d'aumône pour entretenir son estomac, et partout où il va, il part en prenant seulement cela avec lui. Possédant cet agrégat de la noble vertu, il expérimente en lui un bonheur qui est irréprochable.


39. « En voyant une forme avec l'oeil, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oeil sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oeil, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oeil. En entendant un son avec l'oreille, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'oreille sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'oreille, il entreprend la restreinte de la faculté de l'oreille. En sentant une odeur avec le nez, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du nez sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du nez, il entreprend la restreinte de la faculté du nez. En goûtant une saveur avec la langue, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de la langue sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de la langue, il entreprend la restreinte de la faculté de la langue. En touchant un tangible avec le corps, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté du corps sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté du corps, il entreprend la restreinte de la faculté du corps. En connaissant un objet de l'esprit avec l'esprit, il ne s'accroche pas à ses signes et caractéristiques. Puisque, s'il laisse la faculté de l'esprit sans surveillance, les états mauvais et malsains de convoitise et de peine peuvent l'envahir, il pratique le chemin de sa restreinte, il surveille la faculté de l'esprit, il entreprend la restreinte de la faculté de l'esprit. Possédant cette noble restreinte dans les facultés, il expérimente en lui un bonheur qui est sans taches.


40. « Il devient quelqu'un qui agit en pleine conscience lorsqu'il va et vient ; qui agit en pleine conscience lorsqu'il regarde devant ou derrière; qui agit en pleine conscience lorsqu'il plie ou étend ses membres ; qui agit en pleine conscience lorsqu'il met sa robe et porte sa robe extérieure et son bol; qui agit en pleine conscience lorsqu'il mange, boit, mâche la nourriture, et la savoure ; qui agit en pleine conscience lorsqu'il défèque et urine ; qui agit en pleine conscience lorsqu'il marche, se tient debout, est assis, s'endort, se réveille, parle ou reste silencieux.


41. « Possédant cet agrégat de la noble vertu, et cette noble restreinte des facultés, et possédant cette noble pleine conscience et pleine attention, il a recours à un refuge isolé : la forêt, le pied d'un arbre, une montagne, un ravin, une cave à flanc de coteau, un fourré de bosquet, un espace ouvert, un tas de paille.


42. « En revenant de sa tournée d'aumônes, après son repas il s'assoit, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et établissant la pleine conscience devant lui. Abandonnant la convoitise pour le monde, il demeure avec un esprit libre de convoitise ; il purifie son esprit de la convoitise. Abandonnant l'aversion et la haine, il demeure avec un esprit libre d'aversion, compassionné pour le bien-être de tous les êtres vivants ; il purifie son esprit de l'aversion et de la haine. Abandonnant la paresse et la torpeur, il demeure libre de la paresse et de la torpeur, percevant de lumière, pleinement conscient et pleinement attentif ; il purifie son esprit de la paresse et de la torpeur. Abandonnant l'agitation et le remords, il demeure non-agité avec un esprit intérieurement paisible ; il purifie son esprit de l'agitation et du remords. Abandonnant le doute, il demeure ayant été au-delà du doute, non perplexe au sujet des états sains ; il purifie son esprit du doute.


43. « Ayant abandonné ces cinq obstacles, imperfections de l'esprit qui affaiblissent la sagesse, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, il entre et reste dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


44. « De plus, avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, il entre et reste dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


45. « De plus, avec l'évanouissement du ravissement, il reste en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et reste dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


46. « De plus, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, il entre et reste dans le quatrième jhāna, qui n'a ni-douleur-ni-plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


47. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance du souvenir des vies passées. Il se souvient de ses multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie ; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi se souvient-il de ses multiples vies passées avec leurs aspects et détails. Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


48. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la mort et de la réapparition des êtres. Avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Il comprend comment le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l'oeil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et il comprend comment le passage des êtres dépend de leurs actions. Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


49. «Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la destruction des souillures. Il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est la souffrance' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine de la souffrance' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation de la souffrance' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci sont les souillures' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine des souillures' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation des souillures' ; il comprend comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation des souillures.' Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


50. « Quand il sait et voit ainsi, son esprit est libéré de la souillure du désir sensuel, de la souillure de l'existence, et de la souillure de l'ignorance. Lorsqu'il est libéré vient la connaissance : 'Il est libéré.' Il comprend : 'La naissance est détruite, la sainte vie a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n'y a plus de venue dans aucun état d'être.' Un homme sage vivrait certainement la sainte vie avec un maître sous lequel un disciple atteint une telle distinction élevée, et en la vivant il atteindrait le vrai chemin, le Dhamma qui est sain.


51. « Mais, Maître Ānanda, quand un bhikkhu est un arahant avec les souillures détruites, un qui a vécu la sainte vie, fait ce qui devait être fait, déposé le fardeau, atteint son propre but, détruit les chaînes de l'être, et est complètement libéré par la connaissance finale, peut-il se réjouir des plaisirs sensuels ? »
« Sandaka, quand un bhikkhu est un arahant avec les souillures détruites, un qui a vécu la sainte vie, fait ce qui devait être fait, déposé le fardeau, atteint son propre but, détruit les chaînes de l'être, et est complètement libéré par la connaissance finale, il est incapable de transgression dans cinq cas. Un bhikkhu dont les souillures sont détruites est incapable de délibérément dépouiller un être vivant de sa vie ; il est incapable de prendre ce qui n'est pas donné, c'est à dire de voler ; il est incapable de se livrer aux rapports sexuels ; il est incapable de dire des mensonges délibérément ; il est incapable de se réjouir des plaisirs sensuels en conservant comme il le faisait auparavant dans la vie laïque. Quand un bhikkhu est un arahant avec les souillures détruites, un qui a vécu la sainte vie, fait ce qui devait être fait, déposé le fardeau, atteint son propre but, détruit les chaînes de l'être, et est complètement libéré par la connaissance finale, il est incapable de transgression dans ces cinq cas. »


52. « Mais, Maître Ānanda, quand un bhikkhu est un arahant avec les souillures détruites, un qui a vécu la sainte vie, fait ce qui devait être fait, déposé le fardeau, atteint son propre but, détruit les chaînes de l'être, et est complètement libéré par la connaissance finale, sa connaissance et vision que ses souillures sont détruites sont-elles présentes en lui continuellement et sans interruption, qu'il marche ou soit debout ou endormi ou éveillé ? »
« En ce qui concerne ceci, Sandaka, je vais vous donner une comparaison, car quelques hommes sages ici comprennent la signification d'une déclaration par une comparaison. Supposons que les mains et les pieds d'un homme soient coupés. Qu'il marche ou soit debout ou endormi ou éveillé, ses mains et ses pieds seraient continuellement et sans interruption coupés, mais il le saurait seulement quand il considérerait ce fait. De même, Sandaka, quand un bhikkhu est un arahant avec les souillures détruites, un qui a vécu la sainte vie, fait ce qui devait être fait, déposé le fardeau, atteint son propre but, détruit les chaînes de l'être, et est complètement libéré par la connaissance finale, sa connaissance et vision que ses souillures sont détruites ne sont pas présentes en lui continuellement et sans interruption, qu'il marche ou soit debout ou endormi ou éveillé ; il sait : 'Mes souillures sont détruites' seulement quand il considère ce fait. »


53. « Combien d'émancipateurs y a-t-il dans ce Dhamma et Discipline, Maître Ānanda ? »
« Il y a non seulement cent, Sandaka, ou deux cents, trois cents, quatre cents ou cinq cents, mais beaucoup plus d'émancipateurs que cela dans ce Dhamma et Discipline. »
« Magnifique, Maître Ānanda, merveilleux ! Il n'y a aucune louange de son propre Dhamma et aucune dénigrement du Dhamma des autres ; il y a l'enseignement du Dhamma en tout point, et tellement d'émancipateurs. Mais ces Ājīvakas, ces fils d'une mère dont les enfants sont morts, se louent et dénigrent les autres, et ils reconnaissent seulement trois émancipateurs, à savoir, Nanda Vaccha, Kisa Sankicca, et Makkhali Gosāla. »


54. Alors le renonçant Sandaka s'adressa à sa propre assemblée : « Allez, Messieurs. La sainte vie doit être vécue sous le reclus Gotama. Il n'est pas facile pour nous de renoncer au gain, à l'honneur, et au renom. »


Voici comment le renonçant Sandaka exhorta sa propre assemblée à vivre la sainte vie sous le Bienheureux.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.