Majjhima Nikâya 054
Potaliya Sutta
À Potaliya

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux vivait dans le pays des Anguttarâpans où il y avait une ville nommée Âpana.


2. Alors, quand c'était le matin, le Bienheureux s'habilla, et prenant son bol et sa robe extérieure, il alla à Âpana pour l'aumône. Quand il eut marché dans Âpana pour l'aumône et fut revenu de sa tournée d'aumônes, après son repas il alla vers un certain bosquet pour y passer la journée. Étant entré dans le bosquet, il s'assit au pied d'un arbre.


3. Potaliya le maître de maison, alors qu'il marchait et se promenait pour s'exercer, portant une robe de cérémonie avec un parasol et des sandales, alla aussi vers le bosquet, et quand il fut entré dans le bosquet, il alla voir le Bienheureux et échangea des salutations avec lui. Quand cette courtoise et aimable conversation fut finie, il se tint debout sur un côté. Le Bienheureux lui dit : « Il y a des sièges, maître de maison, assieds-toi si tu veux. »
Quand ceci fut dit, le maître de maison Potaliya pensa : « Le reclus Gotama s'adresse à moi comme 'maître de maison,' » et furieux et mécontent, il resta silencieux.
Une deuxième fois le Bienheureux lui dit : « Il y a des sièges, maître de maison, assieds-toi si tu veux. » Et une deuxième fois le maître de maison Potaliya pensa : « Le reclus Gotama s'est adressé à moi comme 'maître de maison,' » et furieux et mécontent, il resta silencieux.
Une troisième fois le Bienheureux lui dit : « Il y a des sièges, maître de maison, assieds-toi si tu veux. » Et une troisième fois le maître de maison Potaliya pensa : « Le reclus Gotama s'est adressé à moi comme 'maître de maison,' » et furieux et mécontent, il dit au Bienheureux : « Maître Gotama, il n'est ni convenable ni approprié que vous vous addressiez à moi comme 'maître de maison.' »
« Maître de maison, tu as les aspects, marques, et signes d'un maître de maison. »
« Cependant, Maître Gotama, j'ai abandonné tous mes travaux et arrêté toutes mes affaires. »
« De quelle façon, maître de maison, as-tu abandonné tous tes travaux et arrêté toutes tes affaires ? »
« Maître Gotama, j'ai abandonné toutes mes richesses, grains, argent, et or à mes enfants comme héritage. Je ne les conseille ni ne les blâme à propos de telles affaires mais simplement vit de nourriture et de vêtements. Voici comment j'ai abandonné tous mes travaux et arrêté toutes mes affaires. »
« Maître de maison, l'arrêt des affaires comme tu le décris est une chose, mais dans la Discipline du Noble l'arrêt des affaires est différent. »
« Quel est l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble, Vénérable ? Il serait bon, Vénérable, que le Bienheureux puisse nous enseigner le Dhamma, montrant quel est l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble. »
« Alors écoute, maître de maison, et fais bien attention à ce que je vais dire. »
« Oui, Vénérable, » répondit Potaliya le maître de maison. Le Bienheureux dit ceci :


4. « Maître de maison, il y a ces huit choses dans la Discipline du Noble qui conduisent à l'arrêt des affaires. Quelles sont ces huit ? Avec le soutien de la non-tuerie des êtres vivants, la tuerie des êtres est abandonnée. Avec le soutien de prendre seulement ce qui est donné, prendre ce qui n'est pas donné est abandonné. Avec le support de la parole vraie, la parole fausse est abandonnée. Avec le soutien de la parole non-malicieuse, la parole malicieuse est abandonnée. Avec le soutien de la non-avidité et de la non-cupidité, l'avidité et la cupidité sont abandonnées. Avec le soutien du non-reproche et de la non-réprimande, le reproche et la réprimande sont abandonnés. Avec le soutien de la non-colère et de la non-irritation, la colère et l'irritation sont abandonnées. Avec le soutien de la non-arrogance, l'arrogance est abandonnée. Ce sont les huit choses, déclarées en résumé sans avoir été exposées en détail, qui conduisent à l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble. »


5. « Vénérable, il serait bon si, par compassion, le Bienheureux m'exposait en détails ces huit choses qui conduisent à l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble, qui ont été déclarées en résumé par le Bienheureux sans avoir été exposées en détail. »
« Alors écoute, maître de maison, et fais bien attention à ce que je vais dire. »
« Oui, Vénérable, » répondit Potaliya le maître de maison. Le Bienheureux dit ceci :


6. « 'Avec le soutien de la non-tuerie des êtres vivants, la tuerie des êtres est abandonnée.' Ainsi a t-il été dit. Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais tuer des êtres vivants. Si je venais à tuer des êtres vivants, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de la tuerie d'êtres vivants une situation malheureuse serait attendue. Mais cette tuerie d'êtres vivants est elle-même une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par la tuerie d'êtres vivants, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui s'abstient de tuer des êtres vivants.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien de la non-tuerie des êtres vivants, la tuerie des êtres est abandonnée.'


7. « 'Avec le soutien de prendre seulement ce qui est donné, prendre ce qui n'est pas donné est abandonné.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais prendre ce qui n'est pas donné. Si je venais à prendre ce qui n'est pas donné, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de de prendre ce qui n'est pas donné une situation malheureuse serait attendue. Mais prendre ce qui n'est pas donné est lui-même une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par prendre ce qui n'est pas donné, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien de prendre seulement ce qui est donné, prendre ce qui n'est pas donné est abandonné.'


8. « 'Avec le support de la parole vraie, la parole fausse est abandonnée.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais parler faussement. Si je venais à parler faussement, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de la parole fausse une situation malheureuse serait attendue. Mais la parole fausse est elle-même une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par la parole fausse, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui s'abstient de la parole fausse.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le support de la parole vraie, la parole fausse est abandonnée.'


9. « 'Avec le soutien de la parole non-malicieuse, la parole malicieuse est abandonnée.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais parler malicieusement. Si je venais à parler malicieusement, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de la parole malicieuse une situation malheureuse serait attendue. Mais cette parole malicieuse est elle-même une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par la parole malicieuse, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui s'abstient de la parole malicieuse.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien de la parole non-malicieuse, la parole malicieuse est abandonnée.'


10. « 'Avec le soutien de la non-avidité et de la non-cupidité, l'avidité et la cupidité sont abandonnées.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais être avide et cupide Si je venais à être avide et cupide, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de l'avidité et de la cupidité une situation malheureuse serait attendue. Mais cette avidité et cupidité sont elles-mêmes une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par l'avidité et la cupidité, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui n'est pas avide et cupide.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien de la non-avidité et de la non-cupidité, l'avidité et la cupidité sont abandonnées.'


11. « 'Avec le soutien du non-reproche et de la non-réprimande, le reproche et la réprimande sont abandonnées.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais faire des reproches et des réprimandes. Si je venais à faire des reproches et des réprimandes, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison du reproche et de la réprimande une situation malheureuse serait attendue. Mais ces reproches et réprimandes sont en eux-mêmes une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par le reproche et la réprimande, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui s'abstient du reproche et de la réprimande.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien du non-reproche et de la non-réprimande, le reproche et la réprimande sont abandonnés.'


12. « 'Avec le soutien de la non-colère et non-irritation, la colère et l'irritation sont abandonnées.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais être en colère et irrité. Si je venais à être en colère et irrité, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de la colère et de l'irritation une situation malheureuse serait attendue. Mais cette colère et irritation sont en elles-mêmes une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par la colère et l'irritation, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui s'abstient de la colère et de l'irritation.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien de la non-colère et de la non-irritation, la colère et l'irritation sont abandonnées.'


13. « 'Avec le soutien de la non-arrogance, l'arrogance est abandonnée.' Et en référence à quoi ceci a t-il été dit ? Ici un noble disciple considérant ceci : 'Je pratique le chemin d'abandonner et de briser ces chaînes par lesquelles je pourrais être arrogant. Si je venais à être arrogant, je me blâmerais de faire ainsi ; le sage, ayant examiné, me critiquerait de faire ainsi ; et à la dissolution du corps, après la mort, en raison de l'arrogance une situation malheureuse serait attendue. Mais cette arrogance est elle-même une chaîne et un obstacle. Et tandis que les souillures, les ennuis, et la fièvre pourraient s'élever par l'arrogance, il n'y a aucune souillure, ennui, et fièvre pour celui qui n'est pas arrogant.' Ainsi c'est en référence à ce ceci qu'il a été dit : 'Avec le soutien de la non-arrogance, l'arrogance est abandonnée.'


14. « Ces huit choses qui conduisent à l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble ont maintenant été exposées en détail. Mais l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble n'a pas encore été atteint entièrement et par tous les moyens. »
« Vénérable, comment l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble est-il atteint entièrement dans la Discipline du Noble ? Il serait bon si, Vénérable, si le Bienheureux m'enseignait le Dhamma, me montrant comment l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble est atteint entièrement et par tous les moyens. »
« Alors écoute, maître de maison, et fais bien attention à ce que je vais dire. »
« Oui, Vénérable, » répondit Potaliya le maître de maison. Le Bienheureux dit ceci :


15. « Maître de maison, supposons qu'un chien, submergé par la faim et la faiblesse, attende près d'une boucherie. Alors un boucher habile ou son apprenti jetterait au chien un squelette d'os sans viande parsemé de sang. Qu'en penses-tu, maître de maison ? Ce chien se débarrasserait-il de sa faim en rongeant un tel squelette d'os sans viande parsemé de sang ? »
« Non, Vénérable. Pourquoi cela ? Parce que ce serait un squelette d'os sans viande parsemé de sang. Finalement ce chien récolterait lassitude et déception. »
« De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés à un squelette par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


16. « Maître de maison, supposons qu'un vautour, un héron, ou un faucon s'empare d'un morceau de viande et s'envole, et qu'alors des vautours, des hérons, et des faucons le poursuivent et lui donnent des coups de becs et le griffent. Qu'en penses-tu, maître de maison ? Si ce vautour, héron, ou faucon ne laissait pas rapidement tomber ce morceau de viande, ne subirait-il pas la mort ou des souffrances mortelles à cause de cela ? »
« Si, Vénérable. »
« De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés à un morceau de viande par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


17. « Maître de maison, supposons qu'un homme prenne une torche d'herbes enflammées et aille contre le vent. Qu'en penses-tu, maître de maison ? Si cet homme ne lâchait pas rapidement cette torche d'herbes enflammées, cette torche d'herbes enflammées ne brûlerait-elle pas sa main ou son bras ou quelque autre partie de son corps, et ne subirait-il la mort ou des souffrances mortelles à cause de cela ? »
« Si, Vénérable. »
« De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés à une torche d'herbes par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


18. « Maître de maison, supposons qu'il y ait un puits de charbon de bois plus profond que la hauteur d'un homme plein de charbons ardents sans flamme ou fumée. Alors un homme qui voudrait vivre et non mourir viendrait, et deux hommes forts le prendraient par les deux bras et le traîneraient vers cette fosse de charbon. Qu'en penses-tu, maître de maison ? Cet homme tordrait-il son corps en tous les sens ? »
« Oui, Vénérable. Pourquoi cela ? Parce que cet homme saurait que s'il tombait dans cette fosse de charbon, il subirait la mort ou des souffrances mortelles à cause de cela. »
« De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés à une fosse de charbon par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


19. « Maître de maison, supposons qu'un homme rêve d'agréables parcs, d'agréables bosquets, d'agréables prairies, et d'agréables lacs, et qu'en se réveillant il ne voit rien de tout cela. De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés à un rêve par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


20. «Maître de maison, supposons qu'un homme emprunte des biens – un chariot luxueux et des boucles d'oreilles raffinées – et précédé et entouré par ces biens empruntés il aille à la place du marché. Alors les gens, le voyant, diraient : 'Messieurs, c'est cet homme riche ! Voilà comment les riches jouissent de leur fortune !' Alors les propriétaires, quand il le verraient, reprendraient leurs choses. Qu'en penses-tu, maître de maison, serait-ce assez pour cet homme pour être abattu ? »
« Oui, Vénérable. Pourquoi cela ? Parce que les propriétaires auraient repris leurs choses. »
« De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés à des biens empruntés par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


21. « Maître de maison, supposons qu'il y ait un bosquet touffu non loin d'un village ou d'une ville, dans lequel il y aurait un arbre chargé de fruits mais dont aucun de ses fruits ne serait tombé par terre. Alors un homme ayant besoin de fruits viendrait, cherchant des fruits, errant à la recherche de fruits, et il entrerait dans le bosquet et verrait l'arbre chargé de fruits. Sur ce il penserait : 'Cet arbre est chargé de fruits mais aucun de ses fruits n'est tombé par terre. Je sais comment grimper à un arbre, alors que je grimpe à cet arbre, mange autant de fruits que je veux, et remplisse mon sac.' Et il ferait ainsi.. Alors un deuxième homme ayant besoin de fruits viendrait, cherchant des fruits, errant à la recherche de fruits, et prenant une hache tranchante, il entrerait lui aussi dans le bosquet et verrait l'arbre chargé de fruits. Sur ce il penserait : 'Cet arbre est chargé de fruits mais aucun de ses fruits n'est tombé par terre. Je ne sais pas comment grimper à un arbre, alors que je coupe cet arbre à sa racine, mange autant de fruits que je veux, et remplisse mon sac.' Et il ferait ainsi. Qu'en penses-tu, maître de maison ? Si ce premier homme qui aurait grimpé à l'arbre ne descendait pas rapidement, quand l'arbre tomberait, ne casserait-il pas sa main ou son pied ou quelque autre partie de son corps, et ne subirait-il la mort ou des souffrances mortelles à cause de cela ? »
« Si, Vénérable. »
« De même, maître de maison, un noble disciple considère ceci : 'Les plaisirs sensuels ont été comparés aux fruits d'un arbre par le Bienheureux ; ils apportent beaucoup de souffrance et beaucoup de désespoir, et le danger en eux est grand.' Ayant vu ceci comme il en est vraiment avec sa propre sagesse, il évite l'équanimité qui est diversifiée, basée sur la diversité, et développe l'équanimité qui est unifiée, basée sur l'unité, où la saisie des choses matérielles du monde cesse complètement sans reste.


22. « Basé sur cette même suprême pleine conscience dont la purification est due à l'équanimité, ce noble disciple se souvient de ses multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers: 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi se souvient-il de ses multiples vies passées avec leurs aspects et détails.


23. « Basé sur cette même suprême pleine conscience dont la purification est due à l'équanimité, avec l’œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, ce noble disciple voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Il comprend que le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi: 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l’œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et il comprend comment le passage des êtres dépend de leurs actions.


24. « Basé sur cette même suprême pleine conscience dont la purification est due à l'équanimité, en réalisant par lui-même avec la connaissance directe, ce noble disciple entre et demeure ici et maintenant dans la délivrance de l'esprit et la délivrance par la sagesse qui sont sans souillure avec la destruction des souillures.


25. « À ce point, maître de maison, l'arrêt des affaires dans la Discipline du Noble a été atteint entièrement et par tous les moyens. Qu'en penses-tu, maître de maison ? Vois-tu en toi l'arrêt des affaires comme cet arrêt des affaires dans la Discipline du Noble quand il est atteint entièrement et par tous les moyens ? »
« Vénérable, qui suis-je pour posséder un arrêt des affaires atteint entièrement et par tous les moyens comme celui de la Discipline du Noble ? Je suis en fait très loin, Vénérable, de cet arrêt des affaires dans la Discipline du Noble quand il a été atteint entièrement et par tous les moyens. Ainsi, Vénérable, bien que les errants d'autres sectes ne soient pas des pur-sangs, nous imaginons qu'ils sont des pur-sangs ; bien qu'ils ne soient pas des pur-sangs, nous les nourrissons de nourriture de pur-sangs ; bien qu'ils ne soient pas des pur-sangs, nous les mettons dans les endroits des pur-sangs. Mais bien que les bhikkhus soient des pur-sangs, nous imaginons qu'ils ne sont pas des pur-sangs ; bien qu'ils soient des pur-sangs, nous les nourrissons de nourriture de ceux qui ne sont pas des pur-sangs ; bien qu'ils soient des pur-sangs, nous les mettons dans les endroits de ceux qui ne sont pas des pur-sangs. Mais maintenant, Vénérable, puisque les errants d'autres sectes ne sont pas des pur-sangs, nous devrions comprendre qu'ils ne sont pas des pur-sangs ; puisqu'ils ne sont pas des pur-sangs, nous ne devrions pas les nourrir de nourriture de ceux qui sont des pur-sangs ; puisqu'ils ne sont pas des pur-sangs, nous ne devrions pas les mettre dans les endroits de ceux qui sont des pur-sangs. Mais puisque les bhikkhus sont des pur-sangs, nous devrions comprendre qu'ils sont des pur-sangs ; nous devrions les nourrir de nourriture de pur-sangs ; puisqu'ils sont des pur-sangs, nous devrions les mettre dans les endroits de ceux qui sont des pur-sangs. Vénérable, le Bienheureux a inspiré en moi l'amour pour les reclus, la confiance en les reclus, le respect pour les reclus.


26. « Merveilleux, Maître Gotama! Merveilleux, Maître Gotama! Maître Gotama a rendu le Dhamma clair de nombreuses façons, comme s'il redressait ce qui a été renversé, révélait ce qui était caché, montrait le chemin à celui qui s'était perdu, ou tenait une lampe dans les ténèbres pour ceux qui ont la vue pour voir les formes. Je prends refuge dans Maître Gotama et dans le Dhamma et la Sangha des bhikkhus. À partir d'aujourd'hui, que Maître Gotama m'accepte comme disciple laïque qui a pris refuge en lui pour la vie. »


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikâya / original translation by Bhikkhu Ñânamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.