Majjhima Nikāya 066
Latukikopama Sutta
La comparaison de la caille

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait dans le pays des Anguttarāpans où il y avait une ville nommée Āpana.


2. Alors, quand c'était le matin, le Bienheureux s'habilla, et prenant son bol et sa robe extérieure, il alla à Âpana pour l'aumône. Quand il eut marché dans Āpana pour l'aumône et fut revenu de sa tournée d'aumônes, après son repas il alla vers un certain bosquet pour y passer la journée. Étant entré dans le bosquet, il s'assit au pied d'un arbre pour y passer la journée.


3. Quand c'était le matin, le vénérable Udāyin s'habilla, et prenant son bol et sa robe extérieure, il alla aussi dans Āpana pour l'aumône. Quand il eut marché dans Āpana pour l'aumône et fut revenu de sa tournée d'aumônes, après son repas il alla vers ce même bosquet pour y passer la journée. Étant entré dans le bosquet, il s'assit au pied d'un arbre pour y passer la journée.


4. Alors, tandis que le vénérable Udāyin était seul en méditation, la pensée suivante s'éleva dans son esprit : « Il y a tant d'états douloureux dont le Bienheureux nous a débarrassés ! Il y a tant d'états agréables que le Bienheureux nous a apportés ! Il y a tant d'états malsains dont le Bienheureux nous a débarrassés ! Il y a tant d'états sains que le Bienheureux nous a apportés ! »


5. « Alors, quand c'était le soir, le vénérable Udāyin se leva de la méditation, alla voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, il s'assit sur un côté et lui dit :


6. « Vénérable, tandis que j'étais seul en méditation, la pensée suivante s'éleva dans mon esprit : 'Il y a tant d'états douloureux dont le Bienheureux nous a débarrassés ! Il y a tant d'états agréables que le Bienheureux nous a apportés ! Il y a tant d'états malsains dont le Bienheureux nous a débarrassés ! Il y a tant d'états sains que le Bienheureux nous a apportés !' Vénérable, autrefois nous avions l'habitude de manger le soir, le matin, et durant la journée en dehors du temps approprié. Alors il y eut une occasion où le Bienheureux s'adressa aux bhikkhus ainsi : 'Bhikkhus, je vous prie de renoncer à ce repas de la journée, qui est en dehors du temps approprié.' Vénérable, j'étais contrarié et triste, et pensait : 'Des maîtres de maison fidèles nous donnent de la bonne nourriture de diverses sortes durant la journée en dehors du temps approprié, et pourtant le Bienheureux nous demande d'abandonner cela, le Sublime nous demande d'y renoncer.' Par amour et respect pour le Bienheureux, et par honte et peur des méfaits, nous avons renoncé à ce repas de la journée, qui était en dehors du temps approprié.
« Alors nous mangions seulement le soir et le matin. Alors il y eut une occasion où le Bienheureux s'adressa aux bhikkhus ainsi : 'Bhikkhus, je vous prie de renoncer à ce repas du soir, qui est en dehors du temps approprié.' Vénérable, j'étais contrarié et triste, et pensait : 'Le Bienheureux nous demande d'abandonner le plus somptueux de nos deux repas, le Sublime nous demande d'y renoncer.' Une fois, Vénérable, un certain homme obtint un bon repas durant la journée et dit : 'Mettez cela de côté et nous le mangerons tous ensemble dans la soirée.' Presque tous les plats sont préparés le soir, peu dans la journée. Par amour et respect pour le Bienheureux, et par honte et peur des méfaits, nous avons renoncé à ce repas du soir, qui était en dehors du temps approprié.
« Il est arrivé, Vénérable, que des bhikkhus marchant pour l'aumône dans l'épaisseur de la nuit aient marché dans une cloaque, soient tombés dans des égouts, aient marché dans un buisson d'épines, et aient trébuché contre une vache endormie ; qu'ils aient rencontré des voyous ayant déjà commis un crime et ceux ayant l'intention d'en commettre un, et qu'ils aient été attirés sexuellement par des femmes. Une fois, Vénérable, je marchais pour l'aumône dans l'épaisseur de la nuit. Une femme lavant un pot me vit par un éclair et hurla de terreur : 'Ayez pitié de moi, un démon est venu pour moi !' Je lui dit : 'Sœur, je ne suis pas un démon, je suis un bhikkhu attendant pour l'aumône.' - 'Alors c'est un bhikkhu dont la mère est morte et dont le père est mort ! Il serait mieux, bhikkhu, que vous ouvriez votre ventre avec un couteau de boucher tranchant que de rôder ainsi pour l'aumône pour le bien de votre ventre dans l'épaisseur de la nuit !' Vénérable, en me souvenant de ceci je pensais : 'Il y a tant d'états douloureux dont le Bienheureux nous a débarrassés ! Il y a tant d'états agréables que le Bienheureux nous a apportés ! Il y a tant d'états malsains dont le Bienheureux nous a débarrassés ! Il y a tant d'états sains que le Bienheureux nous a apportés !' »


7. « De même, Udāyin, il y a certains hommes malavisés qui, quand je leur dit : 'Abandonnez ceci,' disent : 'Quoi, une telle broutille, une chose si petite ? Ce reclus est trop exigeant !' Et ils n'abandonnent pas cela et montrent un manque de courtoisie envers moi de même qu'envers ces bhikkhus désireux de s'entraîner. Pour eux cette chose devient un lien fort, solide, robuste, imputrescible, et un joug épais.


8. « Supposons, Udāyin, qu'une caille soit attachée par une plante grimpante pourrissante et doive ainsi s'attendre à être blessée, capturée, ou tuée. Maintenant supposons que quelqu'un dise : 'La plante grimpante par laquelle cette caille est attachée, devant ainsi s'attendre à être blessée, capturée, ou tuée, est pour elle un lien faible, fragile, putrescible, sans essence ?' Parlerait-il correctement ? »
« Non, Vénérable. Pour cette caille, la plante grimpante par laquelle elle est attachée, devant ainsi s'attendre à être blessée, capturée, ou tuée, est un lien fort, solide, robuste, putrescible, et un joug épais.
« De même, Udāyin, il y a certains hommes malavisés qui, quand je leur dit : 'Abandonnez ceci,' disent : 'Quoi, une telle broutille, une chose si petite ? Ce reclus est trop exigeant !' Et ils n'abandonnent pas cela et montrent un manque de courtoisie envers moi de même qu'envers ces bhikkhus désireux de s'entraîner. Pour eux cette chose devient un lien fort, solide, robuste, imputrescible, et un joug épais.


9. « Udāyin, il y a certains fils de bonne famille ici qui, quand je leur dit : 'Abandonnez ceci,' disent : 'Quoi, le Bienheureux nous demande d'abandonner, le Sublime nous demande de renoncer à une telle broutille, une chose si petite !' Pourtant ils y renoncent et ne montrent pas un manque de courtoisie envers moi ou envers ces bhikkhus désireux de s'entraîner. Y ayant renoncé, ils vivent rassurés, imperturbables, subsistant des offrandes des autres, l'esprit semblable à un cerf sauvage. Pour eux cette chose devient un lien faible, fragile, putrescible, sans essence.


10. « Supposons, Udāyin, qu'un éléphant royal adulte avec des défenses aussi longues que des brancards de chariot, de pleine maturité, pourvu d'un pedigree, et habitué au combat, soit attaché par d'épaisses lanières de cuir, mais qu'en tournant simplement son corps un petit peu il pourrait rompre et faire éclater les lanières et alors aller où il veut. Maintenant supposons que quelqu'un dise : 'Les épaisses lanières de cuir par lesquelles cet éléphant royal adulte, qui pourrait en tournant simplement son corps un petit peu rompre et faire éclater et alors aller où il veut, est attaché, sont pour lui un lien fort, solide, robuste, imputrescible, et un joug épais.' Parlerait-il correctement ? »
« Non, Vénérable. Les épaisses lanières de cuir par lesquelles cet éléphant royal adulte, qui pourrait en tournant simplement son corps un petit peu rompre et faire éclater et alors aller où il veut, est attaché, sont pour lui un lien faible, fragile, putrescible, sans essence.
« De même, Udāyin, il y a certains fils de bonne famille ici qui, quand je leur dit : 'Abandonnez ceci,' disent : 'Quoi, le Bienheureux nous demande d'abandonner, le Sublime nous demande de renoncer à une telle broutille, une chose si petite !' Pourtant ils y renoncent et ne montrent pas un manque de courtoisie envers moi ou envers ces bhikkhus désireux de s'entraîner. Y ayant renoncé, ils vivent rassurés, imperturbables, subsistant des offrandes des autres, l'esprit semblable à un cerf sauvage. Pour eux cette chose devient un lien faible, fragile, putrescible, sans essence.


11. « Supposons, Udāyin, qu'il y ait un homme pauvre, sans le sou, dans le dénuement, et qu'il ait un taudis délabré ouvert aux corbeaux, pas du meilleur genre, et un châlit en osier délabré, pas du meilleur genre, et quelques graines et semences de courge dans un pot, pas du meilleur genre, et une vieille sorcière de femme, pas du meilleur genre. Il pourrait voir un bhikkhu dans le parc d'un monastère assis à l'ombre d'un arbre, ses mains et pieds bien lavés après qu'il eut mangé un repas délicieux, se dévouant à l'esprit supérieur. Il pourrait penser : 'Comme l'état de reclus est agréable ! Comme l'état de reclus est salutaire ! Si seulement je pouvais raser mes cheveux et ma barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer !' Mais étant incapable d'abandonner son taudis délabré ouvert aux corbeaux, pas du meilleur genre, et son châlit en osier délabré, pas du meilleur genre, et ses quelques graines et semences de citrouille dans un pot, pas du meilleur genre, et sa vieille sorcière de femme, pas du meilleur genre, il serait incapable de raser ses cheveux et sa barbe, de mettre la robe jaune, et d'aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Maintenant supposons que quelqu'un dise : 'Les liens par lesquels cet homme est attaché, de sorte qu'il ne peut pas abandonner son taudis délabré ouvert aux corbeaux, pas du meilleur genre, et son châlit en osier délabré, pas du meilleur genre, et ses quelques graines et semences de citrouille dans un pot, pas du meilleur genre, et sa vieille sorcière de femme, pas du meilleur genre, et ne peut pas raser ses cheveux et sa barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer – pour lui sont un lien faible, fragile, putrescible, sans essence ?' Parlerait-il correctement ? »
« Non, Vénérable. Les liens par lesquels cet homme est attaché, de sorte qu'il ne peut pas abandonner son taudis délabré ouvert aux corbeaux, pas du meilleur genre, et son châlit en osier délabré, pas du meilleur genre, et ses quelques graines et semences de citrouille dans un pot, pas du meilleur genre, et sa vieille sorcière de femme, pas du meilleur genre, et ne peut pas raser ses cheveux et sa barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer – sont pour lui un lien fort, solide, robuste, putrescible, et un joug épais. »
« De même, Udāyin, il y a certains hommes malavisés qui, quand je leur dit : 'Abandonnez ceci,' disent : 'Quoi, une telle broutille, une chose si petite ? Ce reclus est trop exigeant !' Et ils n'abandonnent pas cela et montrent un manque de courtoisie envers moi de même qu'envers ces bhikkhus désireux de s'entraîner. Pour eux cette chose devient un lien fort, solide, robuste, imputrescible, et un joug épais.


12. « Supposons, Udāyin, qu'il y ait un riche maître de maison ou le fils d'un maître de maison, avec de nombreuses richesses et biens, avec un grand nombre de lingots d'or, un grand nombre de greniers, un vaste grand de champs, un grand nombre de terres, un grand nombre de femmes, et un grand nombre d'esclaves hommes et femmes. Il pourrait voir un bhikkhu dans le parc d'un monastère assis à l'ombre d'un arbre, ses mains et pieds bien lavés après qu'il eut mangé un repas délicieux, se dévouant à l'esprit supérieur. Il pourrait penser : 'Comme l'état de reclus est agréable ! Comme l'état de reclus est salutaire ! Si seulement je pouvais raser mes cheveux et ma barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer !' Et étant capable d'abandonner son grand nombre de lingots d'or, son grand nombre de greniers, son grand nombre de champs, son grand nombre de terres, son grand nombre de femmes, et son grand nombre d'esclaves hommes et femmes, il serait capable de raser ses cheveux et sa barbe, de mettre la robe jaune, et d'aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer. Maintenant supposons que quelqu'un dise : 'Les liens par lesquels ce maître de maison ou fils de maître de maison est attaché, de sorte qu'il peut abandonner son grand nombre de lingots d'or, son grand nombre de greniers, son grand nombre de champs, son grand nombre de terres, son grand nombre de femmes, et son grand nombre d'esclaves hommes et femmes, et peut raser ses cheveux et sa barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer – pour lui sont une un lien fort, solide, robuste, imputrescible, et un joug épais.' Parlerait-il correctement ? »
« Non, Vénérable. Les liens par lesquels ce maître de maison ou fils de maître de maison est attaché, de sorte qu'il peut abandonner son grand nombre de lingots d'or, son grand nombre de greniers, son grand nombre de champs, son grand nombre de terres, son grand nombre de femmes, et son grand nombre d'esclaves hommes et femmes, et peut raser ses cheveux et sa barbe, mettre la robe jaune, et aller de la vie de foyer vers la vie sans foyer – sont pour lui un lien faible, fragile, putrescible, sans essence.
« De même, Udāyin, il y a certains fils de bonne famille ici qui, quand je leur dit : 'Abandonnez ceci,' disent : 'Quoi, le Bienheureux nous demande d'abandonner, le Sublime nous demande de renoncer à une telle broutille, une chose si petite !' Pourtant ils y renoncent et ne montrent pas un manque de courtoisie envers moi ou envers ces bhikkhus désireux de s'entraîner. Y ayant renoncé, ils vivent rassurés, imperturbables, subsistant des offrandes des autres, l'esprit semblable à un cerf sauvage. Pour eux cette chose devient un lien faible, fragile, putrescible, sans essence.


13. « Udāyin, il y a quatre sortes de personnes que l'on peut trouver existant dans le monde. Quelles sont ces quatre ?


14. « Ici, Udāyin, quelque personne pratiquant le chemin de l'abandon des acquisitions, du renoncement aux acquisitions. Quand il pratique ce chemin, des souvenirs et intentions associées aux acquisitions l'assaillent. Il les tolère ; il ne les abandonne pas, ne les supprime pas, ne les fait pas disparaître, et ne les annihile pas. Je dis d'une telle personne qu'elle est enchaînée, non sans entraves. Pourquoi cela ? Parce que je connais les différentes particularités de cette personne.


15. « Ici, Udāyin, quelque personne pratiquant le chemin de l'abandon des acquisitions, du renoncement aux acquisitions. Quand il pratique ce chemin, des souvenirs et intentions associées aux acquisitions l'assaillent. Il ne les tolère pas ; il les abandonne, les supprime, les fait disparaître, et les annihile. Je dis aussi d'une telle personne qu'elle est enchaînée, non sans entraves. Pourquoi cela ? Parce que je connais les différentes particularités de cette personne.


16. « Ici, Udāyin, quelque personne pratiquant le chemin de l'abandon des acquisitions, du renoncement aux acquisitions. Quand il pratique ce chemin, des souvenirs et intentions associées aux acquisitions l'assaillent de temps en temps, en raison d'un déclin de pleine conscience. Sa pleine conscience peut être lente à survenir, mais rapidement il les abandonne, les supprime, les fait disparaître, et les annihile. Juste comme si un homme laissait deux ou trois gouttes d'eau tomber dans une assiette en fer chauffée toute la journée, la chute des gouttes d'eau pourrait être lente, mais rapidement elles se vaporiseraient et se dissiperaient. De même, ici quelque personne pratiquant le chemin de l'abandon des acquisitions, du renoncement aux acquisitions. Quand il pratique ce chemin, des souvenirs et intentions associées aux acquisitions l'assaillent de temps en temps en raison d'un déclin de pleine conscience. Sa pleine conscience peut être lente à survenir, mais rapidement il les abandonne, les supprime, les fait disparaître, et les annihile. Je dis aussi d'une telle personne qu'elle est enchaînée, non sans entraves. Pourquoi cela ? Parce que je connais les différentes particularités de cette personne.


17. « Ici, Udāyin, quelque personne, ayant compris que l'acquisition est la racine de la souffrance, qui se débarrasse des acquisitions et est libéré par la destruction des acquisitions. Je dis d'une telle personne qu'elle est sans entraves, non enchaînée. Pourquoi cela ? Parce que je connais les différentes particularités de cette personne.


18. « Il y a, Udāyin, cinq cordes de plaisirs sensuels. Quelles sont ces cinq ? Les formes connaissables par l’œil qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie. Les sons connaissables par l'oreille qui sont souhaités, désirés, agréables et sympathiques, connectés avec le désir sensuel, et provoquant l'envie. Les odeurs connaissables par le nez qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie. Les saveurs connaissables par la langue qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie. Les choses tangibles connaissables par le corps qui sont souhaitées, désirées, agréables et sympathiques, connectées avec le désir sensuel, et provoquant l'envie. Ce sont les cinq cordes des plaisirs sensuels.


19. « Udāyin, le plaisir et la joie qui s'élèvent en dépendance de ces cinq cordes des plaisirs sensuels sont appelés le plaisir sensuel – un plaisir sale, un plaisir grossier, un plaisir ignoble. Je dis de cette sorte de plaisir qu'il ne devrait pas être poursuivi, qu'il ne devrait pas être développé, qu'il ne devrait pas être cultivé, qu'il devrait être craint.


20. « Ici, Udāyin, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu demeure en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et demeure dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et demeure dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité.


21. « Ceci s'appelle la félicité du renoncement, la félicité de la solitude, la félicité de la paix, la félicité de l'éveil. Je dis de cette sorte de plaisir qu'il devrait être poursuivi, qu'il devrait être développé, qu'il devrait être cultivé, qu'il ne devrait pas être craint.


22. « Ici, Udāyin, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Ceci, je l'affirme, appartient au perturbable. Et qu'est-ce qui là-dedans appartient au perturbable ? La pensée appliquée et soutenue qui n'a pas cessée, voici ce qui appartient au perturbable.


23. « Ici, Udāyin, avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Ceci, je l'affirme, appartient au perturbable. Et qu'est-ce qui là-dedans appartient au perturbable ? Le ravissement et le plaisir qui n'ont pas cessés, voici ce qui appartient au perturbable.


24. « Ici, Udāyin, avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu demeure en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et demeure dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Ceci, je l'affirme, appartient au perturbable. Et qu'est-ce qui là-dedans appartient au perturbable ? Le plaisir de l'équanimité qui n'a pas cessé, voici ce qui appartient au perturbable.


25. « Ici, Udāyin, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et demeure dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Ceci, je l'affirme, appartient à l'imperturbable.


26. « Ici, Udāyin, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Ceci, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


27. « Ici, Udāyin, avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, un bhikkhu entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


28. « Ici, Udāyin, avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu demeure en équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et demeure dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent : 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


29. « Ici, Udāyin, avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et demeure dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


30. « Ici, Udāyin, en transcendant complètement les perceptions de formes, avec la complète disparition des perceptions des impacts sensoriels, avec une non-attention aux perceptions de diversité, conscient que 'l'espace est infini', un bhikkhu entre et demeure dans la base de l'espace infini. Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


31. « Ici, Udāyin, en transcendant complètement la base de l'espace infini, conscient que 'la conscience est infinie', un bhikkhu entre et demeure dans la base de la conscience infinie. Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


32. « Ici, Udāyin, en transcendant complètement la base de la conscience infinie, conscient que 'il n'y a rien', un bhikkhu entre et demeure dans la base du vide. Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


33. « Ici, Udāyin, en transcendant complètement la base du vide, un bhikkhu entre et demeure dans la base de ni-perception-ni-non-perception. Ceci le surmonte. Mais cela non plus, je l'affirme, n'est pas assez. Abandonnez-le ; surmontez-le. Et qu'est-ce qui surmonte cela ?


34. « Ici, Udāyin, en transcendant complètement la base de ni-perception-ni-non-perception, un bhikkhu entre et demeure dans la cessation des perceptions et des sensations. Ceci le surmonte. Ainsi je parle d'abandonner même la base de ni-perception-ni-non-perception. Voyez-vous, Udāyin, quelque entrave, petite ou grande, de l'abandon de laquelle je ne parle pas ? »
« Non, Vénérable. »


Ainsi parla le Bienheureux. Le vénérable Udāyin fut satisfait des paroles du Bienheureux et s'en réjouit.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.