Majjhima Nikâya 065
Bhaddāli Sutta
À Bhaddāli

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1. Voici ce que j'ai entendu. En une occasion, le Bienheureux se trouvait à Sāvatthī dans le bosquet de Jeta, dans le Parc d'Anāthapindika. Là il s'adressa aux bhikkhus ainsi : « Bhikkhus. » - « Vénérable, » répondirent-ils. Le Bienheureux dit ceci :


2. « Bhikkhus, je mange en une seule session. En faisant ainsi, je suis libre de la maladie et de l'affliction, et me réjouis de la légèreté, de la force, et d'un séjour agréable. Bhikkhus, mangez en une seule session. En faisant ainsi, vous serez libres de l'affliction et de la souffrance, et vous réjouirez de la légèreté, de la force, et d'un séjour agréable. »


3. Quand ceci fut dit, le vénérable Bhaddāli dit au Bienheureux : « Vénérable, je ne suis pas prêt à manger en une seule session ; si je devais faire cela, je pourrais avoir des inquiétudes et des soucis à ce sujet. »
« Alors, Bhaddāli, mangez une part là où vous êtes invité et emportez une part avec vous. En mangeant de cette façon, vous vous maintiendrez. »
« Vénérable, je ne suis pas prêt à manger de cette façon non plus ; si je devais faire cela, je pourrais avoir des inquiétudes et des soucis à ce sujet. »


4. Alors, quand ce précepte d'entraînement fut rendu connu par Bienheureux, alors que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, le vénérable Bhaddāli déclara son refus [de s'y soumettre]. Alors le vénérable Bhaddāli ne se présenta pas au Bienheureux pendant l'ensemble de la période de trois mois, comme il arrive à ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


5. Et en cette occasion des bhikkhus étaient occupés à confectionner une robe pour le Bienheureux, pensant : « Avec sa robe terminée, à la fin des trois mois, le Bienheureux commencera à voyager. »


6. Alors le vénérable Bhaddāli alla voir ces bhikkhus et échangea des salutations avec eux, et quand cette courtoise et aimable conversation fut finie, il s'assit sur un côté. Quand il eut fait ainsi, ils lui dirent : « Ami Bhaddāli, cette robe est confectionnée pour le Bienheureux. Avec sa robe terminée, à la fin des trois mois, le Bienheureux commencera à voyager. S'il vous plaît, ami Bhaddāli, portez bien attention à ce conseil. Ne laissez pas cela devenir plus difficile pour vous plus tard. »


7. « Oui, amis, » répondit-il, et il alla voir le Bienheureux, et après lui avoir rendu hommage, il s'assit sur un côté et dit : « Vénérable, une transgression m'a dominé, comme chez un insensé, confus et maladroit : alors qu'un précepte a été rendu connu par le Bienheureux, et que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, je déclarai mon refus [de m'y soumettre]. Vénérable, puisse le Bienheureux pardonner ma transgression vue comme telle pour le bien de la restreinte dans le futur. »


8. « Il est certain, Bhaddāli, qu'une transgression vous a dominé, comme chez un insensé, confus et maladroit : alors qu'un précepte a été rendu connu par moi, et que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, vous déclariez votre refus [de vous y soumettre].


9. « Bhaddāli, cette situation n'a pas été reconnue par vous : 'Le Bienheureux vit à Sāvatthī, et le Bienheureux me connaîtra ainsi : « Le bhikkhu nommé Bhaddāli est un de ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. »' Cette situation n'a pas été reconnue par vous. « De plus, cette situation n'a pas été reconnue par vous : 'De nombreux bhikkhus ont pris résidence à Sāvatthī pour la saison des pluies, et eux aussi me connaîtront ainsi : « Le bhikkhu nommé Bhaddāli est un de ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. »' Cette situation n'a pas été reconnue par vous.
« De plus, cette situation n'a pas été reconnue par vous : 'De nombreuses bhikkhunīs ont pris résidence à Sāvatthī pour la saison des pluies, et elles aussi me connaîtront ainsi : « Le bhikkhu nommé Bhaddāli est un de ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. »' Cette situation n'a pas été reconnue par vous.
« De plus, cette situation n'a pas été reconnue par vous : 'De nombreux disciples laïques hommes ont pris résidence à Sāvatthī pour la saison des pluies, et eux aussi me connaîtront ainsi : « Le bhikkhu nommé Bhaddāli est un de ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. »' Cette situation n'a pas été reconnue par vous.
« De plus, cette situation n'a pas été reconnue par vous : 'De nombreuses disciples laïques femmes ont pris résidence à Sāvatthī pour la saison des pluies, et elles aussi me connaîtront ainsi : « Le bhikkhu nommé Bhaddāli est un de ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. »' Cette situation n'a pas été reconnue par vous.
« De plus, cette situation n'a pas été reconnue par vous : 'De nombreux reclus et brahmanes d'autres sectes ont pris résidence à Sāvatthī pour la saison des pluies, et eux aussi me connaîtront ainsi : « Le bhikkhu nommé Bhaddāli, un disciple ancien du reclus Gotama, est un de ceux qui n'observent pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. »' Cette situation n'a pas été reconnue par vous. »


10. « Vénérable, une transgression m'a dominé, comme chez un insensé, confus et maladroit : alors qu'un précepte a été rendu connu par le Bienheureux, et que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, je déclarai mon refus [de m'y soumettre]. Vénérable, puisse le Bienheureux pardonner ma transgression vue comme telle pour le bien de la restreinte dans le futur. »
« Il est certain, Bhaddāli, qu'une transgression vous a dominé, comme chez un insensé, confus et maladroit : alors qu'un précepte a été rendu connu par moi, et que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, vous déclariez votre refus [de vous y soumettre].


11. « Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'ici un bhikkhu soit un libéré-des-deux-façons, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? » « Non, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'ici un bhikkhu soit un libéré-par-la-sagesse, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? »
« Non, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'un bhikkhu ici soit un témoin-du-corps, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? »
« Non, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'un bhikkhu ici soit un ayant-atteint-la-vue, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? »
« Non, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'un bhikkhu ici soit un libéré-par-la-confiance, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? »
« Non, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'un bhikkhu ici soit un disciple-du-Dhamma, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? »
« Non, Vénérable. »
« Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Supposons qu'un bhikkhu ici soit un disciple-de-confiance, et que je lui dise : 'Bhikkhu, faites une planche de votre corps afin que je traverse la boue.' Traverserait-il lui-même, ou disposerait-il son corps autrement, ou dirait-il 'Non' ? »
« Non, Vénérable. »


12. « Qu'en pensez-vous, Bhaddāli ? Étiez-vous en cette occasion un libéré-des-deux-façons ou un libéré-par-la-sagesse ou un témoin-du-corps ou un ayant-atteint-la-vue ou un libéré-par-la-confiance ou un disciple-du-Dhamma ou un disciple-de-confiance ? »
« Non, Vénérable. »
« Bhaddāli , en cette occasion n'étiez-vous pas vide, creux, et dans l'erreur ? »


13. « Si, Vénérable. Vénérable, une transgression m'a dominé, comme chez un insensé, confus et maladroit : alors qu'un précepte a été rendu connu par le Bienheureux, et que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, je déclarai mon refus [de m'y soumettre]. Vénérable, puisse le Bienheureux pardonner ma transgression vue comme telle pour le bien de la restreinte dans le futur. »
« Il est certain, Bhaddāli, qu'une transgression vous a dominé, comme chez un insensé, confus et maladroit : alors qu'un précepte a été rendu connu par moi, et que la Sangha de bhikkhus suivait l'entraînement, vous déclariez votre refus [de vous y soumettre]. Mais puisque vous voyez votre transgression comme telle et que vous vous corrigez en accord avec le Dhamma, nous vous pardonnons ; car c'est une amélioration dans la Discipline du Noble quand on voit sa propre transgression comme telle et que l'on se corrige en accord avec le Dhamma en entreprenant la restreinte dans le futur.


14. « Ici, Bhaddāli, quelque bhikkhu qui n'observe pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. Il réfléchit ainsi : 'Supposons que j'aie recours à un refuge isolé : la forêt, le pied d'un arbre, une montagne, un ravin, une cave à flanc de coteau, un charnier, un fourré de bosquet, un espace ouvert, un tas de paille – peut-être pourrais-je réaliser un état surhumain, une distinction en connaissance et vision digne des nobles.' Il a recours à un tel refuge isolé. Tandis qu'il vit ainsi retiré, le Maître le critique, les sages compagnons dans la sainte vie qui ont investigué le critiquent, les dieux le critiquent, et il se critique lui-même. Étant ainsi critiqué par le Maître, par les sages compagnons dans la sainte vie, par les dieux, et par lui-même, il ne réalise aucun état surhumain, aucune distinction en connaissance et vision digne des nobles. Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui n'observe pas l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


15. « Ici, Bhaddāli, quelque bhikkhu qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître. Il réfléchit ainsi : 'Supposons que j'aie recours à un refuge isolé : la forêt, le pied d'un arbre, une montagne, un ravin, une cave à flanc de coteau, un charnier, un fourré de bosquet, un espace ouvert, un tas de paille – peut-être pourrais-je réaliser un état surhumain, une distinction en connaissance et vision digne des nobles.' Il a recours à un tel refuge isolé. Tandis qu'il vit ainsi retiré, le Maître ne le critique pas, les sages compagnons dans la sainte vie qui ont investigué ne le critiquent pas, les dieux ne le critiquent pas, et il ne se critique pas lui-même. Étant ainsi non critiqué par le Maître, par les sages compagnons dans la sainte vie, par les dieux, et par lui-même, il réalise un état surhumain, une distinction en connaissance et vision digne des nobles.


16. « Tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, il entre et demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la solitude. Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


17. « Avec la tranquillisation de la pensée appliquée et soutenue, il entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la concentration. Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


18. « Avec l'évanouissement du ravissement, il entre et demeure dans l'équanimité, et attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et demeure dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent: 'Il a une demeure agréable, celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


19. « Avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, il entre et demeure dans le quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité. Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


20. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance du souvenir des vies passées. Il se souvient de ses multiples vies passées, c'est à dire une naissance, deux naissances, trois naissances, quatre naissances, cinq naissances, dix naissances, vingt naissances, trente naissances, quarante naissances, cinquante naissances, cent naissances, mille naissances, cent mille naissances, de nombreux éons de contraction de l'univers, de nombreux éons d'expansion de l'univers, de nombreux éons de contraction et d'expansion de l'univers : 'Ici j'avais tel nom, j'étais de telle famille, avec telle apparence, telle était ma nourriture, telle était mon expérience du plaisir et de la douleur, telle était ma durée de vie ; et mourant ici, je suis réapparu là.' Ainsi se souvient-il de ses multiples vies passées avec leurs aspects et détails. Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


21. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la mort et de la réapparition des êtres. Avec l’œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux. Il comprend que le passage des êtres dépend de leurs actions ainsi : 'Ces êtres qui ont adopté une mauvaise conduite du corps, de la parole et de l'esprit, outrageux envers les nobles, de vues fausses, donnant effet à leurs vues fausses dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans des états de privation, dans une mauvaise destination, en perdition, et même en enfer; mais ces êtres qui ont adopté une bonne conduite du corps, de la parole et de l'esprit, non outrageux envers les nobles, de vue juste, donnant effet à leur vue juste dans leurs actes, à la dissolution du corps, après la mort, sont réapparus dans une bonne destination, même dans le monde céleste.' Ainsi avec l’œil divin, qui est purifié et surpasse celui de l'humain, il voit les êtres mourant et réapparaissant, inférieurs et supérieurs, beaux et laids, heureux et malheureux, et il comprend comment le passage des êtres dépend de leurs actions. Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


22. « Lorsque son esprit concentré est ainsi purifié, clair, sans tache, débarrassé de ses imperfections, malléable, flexible, stable, et ayant atteint l'imperturbabilité, il le dirige vers la connaissance de la destruction des souillures. Il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est la souffrance' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine de la souffrance' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation de la souffrance' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation de la souffrance' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci sont les souillures' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est l'origine des souillures' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est la cessation des souillures' ; il connaît directement comme il en est vraiment : 'Ceci est le chemin menant à la cessation des souillures.' Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


23. « Lorsqu'il connaît et voit ceci, son esprit est libéré de la souillure du désir sensuel, de la souillure de l'être, de la souillure de l'ignorance. Lorsqu'il est libéré vient la connaissance : 'Il est libéré.' Il comprend : 'La naissance est détruite, la sainte vie a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n'y a plus de venue dans aucun état d'être.' Pourquoi cela ? Il en est ainsi avec celui qui observe l'entraînement dans l'Enseignement du Maître.


24. Alors le vénérable Bhaddāli demanda : « Vénérable, quelle est la cause, quelle est la raison pour laquelle ils prennent action ici contre quelque bhikkhu en le critiquant à plusieurs reprises ? Quelle est la cause, quelle est la raison pour laquelle ils ne prennent pas telle action ici contre quelque bhikkhu en le critiquant à plusieurs reprises ? »


25. « Ici, Bhaddāli, quelque bhikkhu étant un continuel contrevenant, ayant commis de nombreuses infractions. Quand il est corrigé par les bhikkhus, il tergiverse, met leurs paroles de côté, montre des troubles, de la haine, et de l'amertume ; il n'agit pas correctement, il ne s'explique pas, il ne se justifie pas, il ne dit pas : 'Laissez-moi agir de façon que la Sangha soit satisfaite.' Les bhikkhus, tenant compte de cela, pensent : 'Il serait bien que les vénérables observent ce bhikkhu de telle façon que ce litige contre lui ne soit pas résolu trop rapidement.' Et les bhikkhus observent ce bhikkhu de telle façon que le litige contre lui ne soit pas résolu trop rapidement.


26. « Mais ici quelque bhikkhu étant un continuel contrevenant, ayant commis de nombreuses infractions. Quand il est corrigé par les bhikkhus, il ne tergiverse pas, ne met pas leurs paroles de côté, ne montre pas de troubles, de haine, et d'amertume ; il procède correctement, il s'explique, il se justifie, il dit : 'Laissez-moi agir de façon que la Sangha soit satisfaite.' Les bhikkhus, tenant compte de cela, pensent : 'Il serait bien que les vénérables observent ce bhikkhu de telle façon que ce litige contre lui soit résolu rapidement.' Et les bhikkhus observent ce bhikkhu de telle façon que le litige soit résolu rapidement.


27. « Ici quelque bhikkhu étant un contrevenant occasionnel, n'ayant pas commis de nombreuses infractions. Quand il est corrigé par les bhikkhus, il tergiverse, met leurs paroles de côté, montre des troubles, de la haine, et de l'amertume ; il ne procède pas correctement, il ne s'explique pas, il ne se justifie pas, il ne dit pas : 'Laissez-moi agir de façon que la Sangha soit satisfaite.' Les bhikkhus, tenant compte de cela, pensent : 'Il serait bien que les vénérables observent ce bhikkhu de telle façon que ce litige contre lui ne soit pas résolu trop rapidement.' Et les bhikkhus observent ce bhikkhu de telle façon que le litige contre lui ne soit pas résolu trop rapidement.


28. « Mais ici quelque bhikkhu étant un contrevenant occasionnel, n'ayant pas commis de nombreuses infractions. Quand il est corrigé par les bhikkhus, il ne tergiverse pas, ne met pas leurs paroles de côté, ne montre pas de troubles, de haine, et d'amertume ; il procède correctement, il s'explique, il se justifie, il dit : 'Laissez-moi agir de façon que la Sangha soit satisfaite.' Les bhikkhus, tenant compte de cela, pensent : 'Il serait bien que les vénérables observent ce bhikkhu de telle façon que ce litige contre lui soit résolu rapidement.' Et les bhikkhus observent ce bhikkhu de telle façon que le litige soit résolu rapidement.


29. « Ici quelque bhikkhu se développant par confiance et amour. Dans ce cas les bhikkhus considèrent ceci : 'Amis, ce bhikkhu progresse par confiance et amour. Ne le laissons pas perdre cette confiance et cet amour, comme il le pourrait si nous prenions action contre lui en le critiquant à plusieurs reprises.' Supposons qu'un homme ait seulement un œil ; alors ses amis et compagnons, sa famille et ses relatifs, protègeraient son œil, pensant : 'Ne le laissons pas perdre son unique œil.' De même, ici quelque bhikkhu progressant par confiance et amour. Dans ce cas les bhikkhus considèrent ceci : 'Amis, ce bhikkhu progresse par confiance et amour. Ne le laissons pas perdre cette confiance et cet amour, comme il le pourrait si nous prenions action contre lui en le critiquant à plusieurs reprises.'


30. « Ceci est la cause, ceci est la raison pour laquelle ils prennent action ici contre quelque bhikkhu en le critiquant à plusieurs reprises ; ceci est la cause, ceci est la raison pour laquelle ils ne prennent pas telle action ici contre quelque bhikkhu en le critiquant à plusieurs reprises. »


31. « Vénérable, quelle est la cause, quelle est la raison pour laquelle il y avait auparavant moins de règles d'entraînement et plus de bhikkhus s'établissant dans la connaissance finale ? Quelle est la cause, quelle est la raison pour laquelle il y a maintenant plus de règles d'entraînement et moins de bhikkhus s'établissant dans la connaissance finale ? »


32. « Il en est ainsi, Bhaddāli. Quand les êtres se dégradent et que le vrai Dhamma disparaît, il y a de plus en plus de règles d'entraînement et moins de bhikkhus s'établissent dans la connaissance finale. Le Maître ne fait pas connaître les règles d'entraînement aux disciples tant que certaines choses qui sont le fondement de souillures ne se manifestent pas dans la Sangha ; mais quand certaines choses qui sont le fondement de souillures se manifestent dans la Sangha, alors le Maître fait connaître les règles d'entraînement aux disciples afin d'éviter ces choses qui sont le fondement de souillures.


33. « Ces choses qui sont le fondement de souillures ne se manifestent pas dans la Sangha tant que la Sangha n'a pas atteint la grandeur ; mais quand la Sangha a atteint la grandeur, alors ces choses qui sont le fondement de souillures se manifestent dans la Sangha, et alors le Maître fait connaître les règles d'entraînement aux disciples afin d'éviter ces choses qui sont le fondement de souillures. Ces choses qui sont le fondement de souillures ne se manifestent pas dans la Sangha tant que la Sangha n'a pas atteint l'acmé du gain mondain ; mais quand la Sangha a atteint l'acmé du gain mondain, alors ces choses qui sont le fondement de souillures se manifestent dans la Sangha, et alors le Maître fait connaître les règles d'entraînement aux disciples afin d'éviter ces choses qui sont le fondement de souillures. Ces choses qui sont le fondement de souillures ne se manifestent pas dans la Sangha tant que la Sangha n'a pas atteint l'acmé de la réputation ; mais quand la Sangha a atteint l'acmé de la réputation, alors ces choses qui sont le fondement de souillures se manifestent dans la Sangha, et alors le Maître fait connaître les règles d'entraînement aux disciples afin d'éviter ces choses qui sont le fondement de souillures. Ces choses qui sont le fondement de souillures ne se manifestent pas dans la Sangha tant que la Sangha n'a pas atteint un grand savoir ; mais quand la Sangha a atteint un grand savoir, alors ces choses qui sont le fondement de souillures se manifestent dans la Sangha, et alors le Maître fait connaître les règles d'entraînement aux disciples afin d'éviter ces choses qui sont le fondement de souillures. Ces choses qui sont le fondement de souillures ne se manifestent pas dans la Sangha tant que la Sangha n'a pas atteint une renommée durable ; mais quand la Sangha a atteint une renommée durable, alors ces choses qui sont le fondement de souillures se manifestent dans la Sangha, et alors le Maître fait connaître les règles d'entraînement aux disciples afin d'éviter ces choses qui sont le fondement de souillures.


34. « Vous étiez peu présent, Bhaddāli, quand j'ai exposé un enseignement du Dhamma avec la comparaison du jeune poulain pur-sang. Vous en souvenez-vous, Bhaddāli ? »
« Non, Vénérable. »
« À quelle raison attribuez-vous ceci ? »
« Vénérable, j'ai longtemps été un qui n'observe pas l'Entraînement du Maître. »
« Ce n'est pas la seule cause ou la seule raison. En englobant votre esprit avec mon esprit, je vous ai longtemps connu ainsi : 'Quand j'enseigne le Dhamma, ce homme malavisé n'écoute pas bien, ne fait pas attention, ne s'y engage pas avec tout son esprit, n'entend pas le Dhamma avec des oreilles enthousiastes.' Bhaddāli, je vais encore vous exposer un enseignement du Dhamma par la comparaison du jeune poulain pur-sang. Écoutez et faites bien attention à ce que je vais dire. »
« Oui, Vénérable, » répondit le vénérable Bhaddāli.
Le Bienheureux dit ceci :


35. « Bhaddāli, supposons qu'un habile dresseur de chevaux obtienne un poulain pur-sang raffiné. Il l'habitue d'abord à porter le mors. Tandis le poulain s'habitue à porter le mors, parce qu'il fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait avant, il montre des contorsions, des tortillements, des hésitations, mais par une constante répétition et une pratique graduelle, il s'apaise dans cette action.
« Quand le poulain s'est apaisé dans cette action, le dresseur de chevaux continue en l'habituant à porter le harnais. Tandis le poulain s'habitue à porter le harnais, parce qu'il fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait avant, il montre des contorsions, des tortillements, des hésitations, mais par une constante répétition et une pratique graduelle, il s'apaise dans cette action.
« Quand le poulain s'est apaisé dans cette action, le dresseur de chevaux continue en le faisant marcher au pas, courir en cercle, caracoler, galoper, charger, agir avec des qualités royales, un héritage royal, à la plus grande vitesse, la plus grande vélocité, la plus grande douceur. Tandis le poulain s'habitue à faire ces choses, parce qu'il fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait avant, il montre des contorsions, des tortillements, des hésitations, mais par une constante répétition et une pratique graduelle, il s'apaise dans ces actions.
« Quand le poulain s'est apaisé dans ces actions, le dresseur de chevaux le récompense avec un bouchonnage et un brossage. Quand un poulain pur-sang raffiné possède ces dix facteurs, il est digne du roi, d'être service du roi, et est considéré un des facteurs d'un roi.


36. « De même, Bhaddāli, quand un bhikkhu possède dix qualités, il est digne de dons, digne d'hospitalité, digne d'offrandes, digne de salutation révérencielle, il est un insurpassable champ de mérites pour le monde. Quelles sont ces dix ? Ici, Bhaddāli, un bhikkhu possédant la vue juste d'un au-delà de l'entraînement, l'intention juste d'un au-delà de l'entraînement, la parole juste d'un au-delà de l'entraînement, l'action juste d'un au-delà de l'entraînement, les moyens d'existence justes d'un au-delà de l'entraînement, l'effort juste d'un au-delà de l'entraînement, la pleine conscience juste d'un au-delà de l'entraînement, la concentration juste d'un au-delà de l'entraînement, la connaissance juste d'un au-delà de l'entraînement, et la délivrance juste d'un au-delà de l'entraînement. Quand un bhikkhu possède ces dix qualités, il est digne de dons, digne d'hospitalité, digne d'offrandes, digne de salutation révérencielle, il est un insurpassable champ de mérites pour le monde. »


Ainsi parla le Bienheureux. Le vénérable Bhaddāli fut satisfait des paroles du Bienheureux et s'en réjouit.


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Traduit par Pháp Thân, d'après 'The middle lenght discourses of the Buddha : a new translation of the Majjhima Nikāya / original translation by Bhikkhu Ñānamoli ; translation edited and revised by Bhikkhu Bodhi' avec l'aimable permission de Wisdom Publications et Bhikkhu Bodhi.