Chapitre Dix-huit:
Examen du soi et des phénomènes

Nagarjuna - Versets du Milieu - Vacuité

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Réfutation du moi et du mien

Si le soi était identique aux agrégats,
Alors, comme eux, il se produirait et cesserait.
S'il était différent des agrégats,
Il serait sans relation avec eux, ce qui est irrationnel.


S'il n'y a pas de soi,
Comment ce qui appartient au soi pourrait-il exister?
Lorsque le moi et le mien s'apaisent, on ne les appréhende plus,
Et celui qui n'appréhende pas un «je» et un «mien»
N'existe pas réellement.


Lorsque les vues du moi et du mien sont éteintes,
Les appropriations cessent, et ainsi la naissance cesse.


Par la cessation des actes et des passions vient la libération.
Actes et passions proviennent de la pensée conceptuelle,
Et la pensée conceptuelle cesse par la réalisation de la vacuité.


Conventionnellement, on peut parler de «soi» ou de «non-soi»,
Mais ultimement, ni «soi» ni «non-soi» n'existent.


Caractères de la réalité

Lorsque la pensée conceptuelle cesse,
Ce que le langage exprime n'apparaît plus.
Ni produite, ni détruite, la nature des choses est apaisement.


Tout est réel conventionnellement, tout est irréel ultimement,
Tout est à la fois réel conventionnellement et irréel ultimement,
Tout est à la fois ni réel ultimement ni irréel conventionnellement.


Non transmissible à autrui, apaisement,
Inexprimable, non conceptuel, sans distinctions,
Tels sont les caractères de ce qui est.


Tout ce qui vient à l'existence en dépendance d'autre chose
N'est ni identique à cette chose, ni différent d'elle,
Et n'est donc ni non-existant, ni permanent.


Ni identité, ni diversité, ni non-existence, ni permanence,
Voici le sublime enseignement!